La loi Macron, une peau de chagrin…

Macron, découverte de Hollande est-il une trouvaille ?

A l’origine ambitieuse dans sa présentation, la loi Macron ne cesse de se déliter à la lecture, coupable de ses incertitudes rédactionnelles et dénuées de bon sens, déplore l’économiste Jean-Yves Archer, directeur du Cabinet Archer et animateur du think tank de recherche économique Archer 58 Research.

A lire son libellé ( croissance et activité ) nombre de personnes ont voulu croire en la loi Macron. Autrement dit, en un texte potentiellement ambitieux et d’envergure. Son auteur était précédé d’une réputation flatteuse, mais en grande partie fabriquée par les services de communication de l’Elysée. Une fois pris connaissance du fourre-tout non analytique des quelques 200 articles du texte, « nous avons tous été ébahis par le remodelage que la commission spéciale de l’Assemblée nationale lui a fait subir », avoue l’économiste.

En commission spéciale, ce fût déjà le temps du détricotage. Mais, en séance publique, le dépeçage a continué avec une vigueur égale aux errements rédactionnels de ce projet socialiste de loi, rédigé en une semaine, explique avec désinvolture ce nouveau branquignol, en croyant se justifier.
Prenons ainsi le secret des affaires: ceci partait d’une bonne vieille idée (intelligence économique chère à Bernard Carayon et protection des données sensibles des entreprises), sauf que la tournure de cet article était tellement imparfaite qu’elle transformait les entreprises en boîte noire, en zones de secret et aurait, par exemple, rendu impossible les enquêtes des médias sur le Médiator. Résultat: cet article est désormais abandonné comme une feuille perdue d’un artichaut trop cuit.

Même remarque pour le complexe corridor tarifaire afférent aux notaires qui tombe aussi à la trappe avec un ministre qui reconnaît «s’être trompé». Face à cette remarque aussi désarmante qu’inquiétante pour notre gestion publique, on se plaît à penser qu’heureusement que Monsieur Macron n’a pas choisi de devenir chirurgien. Il y a des professions où ce que l’on nomme la «perte de chance» (voir jurisprudences de la Cour de cassation) n’épargne pas le patient devenu victime.


Or, cette loi Macron rend des milliers de citoyens victimes de son élaboration beaucoup trop ampoulée et pourtant loin des lumières du bon sens comme le rappellent avec des argumentaires intéressants les députés frondeurs Monsieur Hidalgo (Jean-Marc Germain) ou Christian Paul (un proche de Martine Aubry qui soutint Ségolène Royal), voire l’ex-trotskiste et ancien parlementaire Jérôme Guedj lequel ne connaît la vraie vie du travail que par le petit bout de la lorgnette de l’Inspection générale des affaires sociales, niche recherchée recélant nombre de privilégiés de la République.blog -loi Macron-developper syst autobus-Hollande au depot-jan2015-Kak

Si la libéralisation du secteur des autocars ne devrait pas rencontrer d’opposition majeure, il en va autrement du travail dominical où le minimum assuré de 5 dimanches d’ouverture n’est pas acquis. Deux autres sujets risquent de subir l’érosion de la mer des critiques: la réforme de la justice prud’homale et la réforme du droit des licenciements économiques.

blog -peau de chagrin Emmanuel MacronAinsi, l’observateur patient et l’analyste précis se rejoignent pour établir un constat: le premier de cordée, le prodige annoncé, décroche sévèrement. Il suffit d’entendre un de ses mentors, Jacques Attali, s’exclamer sur la chaîne i-télé: «La loi Macron est utile mais c’est une petite loi»…
De surcroît, nous ne sommes qu’au début de l’effeuillage de l’artichaut puisqu’il reste à voter les lois d’habilitation relatives aux ordonnances qui sont prévues par le texte.

D’autre part, la loi ne sera examinée au Sénat qu’en avril, après les élections départementales. Comme il y aura nécessairement des désaccords avec la version adoptée par l’Assemblée, ceci augure d’une commission mixte paritaire en mai et d’une promulgation par le Chef de l’État fin mai ou début juin. Si vous ajoutez le temps de rédaction des décrets d’application (souvent interministériels, dans ce cas précis), alors que nous sommes en plein temps d’urgence économique, cette – petite – loi aura mis un an à cheminer depuis l’esquisse réalisée par Arnaud Montebourg (en juillet dernier) ce qui -pour un résultat de type régime minceur- n’est pas une prouesse.

Sur un autre plan, le ministre a indiqué avoir reçu des menaces de mort de la part d’officiers ministériels publics. Tout ceci est sérieux et mérite attention des services concernés. En revanche, le fait d’avoir déposé plainte a quelque chose de sauvagement incongru quand on songe aux menaces reçues -en leurs temps- par des personnes de la qualité de Pierre Joxe, Charles Pasqua, Simone Veil ou Laurent Fabius.

Slogan des années 70

Décidément, en politique, Emmanuel Macron est respectueusement comparable à un slogan pour une bouteille de Gini: «un goût étrange venu d’ailleurs». Le destin de sa loi en fait foi comme un cachet de La Poste dont certains agents ont découvert par surprise qu’ils allaient parfois devenir inspecteurs du permis de conduire…

Petit, Montebourg: il règle ses comptes avec le monde politique

Le poseur s’affiche en Une d’un magazine pour hommes

Article de QG
Article de QG

Viré du gouvernement, l’ex-ministre de l’Économie et du Redressement productif ne pourrait se satisfaire d’un modeste siège d’élu de Saône-et-Loire et il abandonnera donc ce poste-là aussi, le 25 mars prochain. Réélu depuis 1997, parfois de justesse, Arnaud Montebourg préfère aller vers de nouvelles aventures, pendant que son carnet d’adresses est encore négociable et s’il tourne le dos à la politique, c’est précisément pour se consacrer à ses nouvelles activités d’entrepreneur. Une compétence théorique qui n’a pas fait ses preuves à Bercy et qui a même nécessité une formation accélérée sur le tard, c’est-à-dire après coup. Bien qu’il ait joué un rôle de sniper dans le mouvement des frondeurs l’été dernier, le ministre m’as-tu-vu ne veut plus entendre parler de politique, pour l’instant. Sauf la présidentielle de 2017. Ce qu’à dieu ne plaise.

Nono s’est déboutonné -entre garçons- à un magazine de style au masculin

Arnaud Montebourg s’est dévoilé devant le magazine GQ, sans langue de bois, mais en langue de pute: il déballe en effet toute sa rancoeur envers la classe politique française. Des élus fainéants, dénonce-t-il. « Il y a beaucoup trop de députés. La moitié ne travaille pas. » Ni 40, ni 35 heures?

« Paresse intellectuelle »

« Je suis lassé par la médiocrité du personnel politique, le corporatisme, la paresse intellectuelle », ajoute l’instable, avec son habituel franc-parler. Le fausset de la démondialisation chante les mérites des entreprises qu’il y a quelques mois encore il maltraitait. « La politique est l’école de l’arrogance, l’économie celle de l’humilité », a-t-il lancé. On croit rêver, venant de lui !

« Dans l’entreprise, il y a des règles et de la loyauté »

Fraîchement sorti d’une formation en entrepreneuriat à la prestigieuse école de commerce Insead, Arnaud Montebourg déclare : « En politique, il n’y a pas de règles. Tout est déloyal, tout est mensonge. C’est la jungle. Dans l’entreprise, il y a des règles et de la loyauté, sinon, cela ne fonctionne pas et la sanction est immédiate. » Désormais, « l’essentiel de ma vie consiste à rencontrer des gens », assène-t-il, en pleine crise des cinquante ans.

« Sortir beaucoup ! »

Mag "fashion" dédié aux garçons qui aiment la nourriture, le cinéma, la musique, les voyages, la culture physique, le sexe,  etc
Mag « fashion » dédié aux garçons qui aiment la nourriture, le cinéma, la musique, les voyages, la culture physique, le sexe, etc

A lecteurs de QG que cela pourrait intéresser, l’ancien ministre confie enfin profiter du temps qu’il a retrouvé pour « sortir beaucoup : théâtre, cinéma, concerts, soirées… » Pour les mois à venir, il se souhaite de devenir un « serial entrepreneur ».

Lors de ses voeux traditionnels pour 2015, ça tombait bien, à quelques jours des attentats de djihadistes de France, le président Hollande avait expliqué qu’il entendait en finir « avec le dénigrement ». Il va devoir commencer par travailler sur le cas Montebourg !

Affaire Bettencourt : Mediapart a-t-il acheté les « révélations » de Claire Thibout ?

Elle monnaye tout, l’ex-petite comptable défavorisée de Liliane Bettencourt

Claire Thibout a été entendue la semaine passée par la juge de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez, qui mène un supplément d’information dans l’enquête sur l’abus de faiblesse supposé qui est reproché par Françoise Meyers-Bettencourt à François-Marie Banier, un artiste proche de Liliane Bettencourt.

La comptable fait de l’or de tout

Claire Thibout, l’ex-comptable de Liliane Bettencourt, qui « a évoqué un éventuel financement politique illégal », a reçu 400.000 euros de Françoise Meyers-Bettencourt, sa fille, lors de son licenciement par la milliardaire en 2008, a-t-on appris auprès de son avocat confirmant une information du Canard Enchaîné.

Mythomane et avide
Elle a alors admis avoir « reçu 400.000 euros » de la fille de la milliardaire. Me Antoine Gillot, confirme ainsi une information du Canard enchaîné parue aujourd’hui 21 juillet. « Tout cela résulte d’une lettre d’engagement de Mme Meyers-Bettencourt datant de juillet 2007, avant même qu’elle ait entamé toute procédure judiciaire« , a justifié son avocat.

On respecte seulement les morts
Interrogé par l’hebdomadaire, Me Olivier Metzner, l’avocat de Mme Meyers-Bettencourt, a assuré qu’il s’agit de respecter les « dernières volontés d’André Bettencourt », mort en novembre 2007, au cas où Claire Thibout perdrait son travail. Or, la première plainte déposée par Françoise Meyers-Bettencourt contre François-Marie Banier remonte à décembre 2007. L’ex-comptable, finalement licenciée en 2008, a alors obtenu une indemnité de 500.000 versées par Liliane Bettencourt.

Qui croire, de Mediapart ou de Thibout ?

La source d’Edwy Plenel, Montebourg et Joly s’est rétractée plusieurs fois
« L’article de Mediapart me fait dire que j’aurais déclaré quelque chose concernant la campagne électorale de M. Balladur. C’est totalement faux. C’est de la romance de Mediapart, assure Claire Thibout à la police. De même que je n’ai jamais dit que des enveloppes étaient remises régulièrement à M. Sarkozy. »

Mediapart n’est pas entendu par la juge: le statut de la presse n’est-il pas dangereusement inéquitable et injuste ?
Lire PaSiDupes

Claire Thibout a-t-elle monnayé ses « révélations » ?

L’ex-comptable licenciée a-t-elle cherché à transformer ses accusations en or ?
Leur publication par le site Mediapart sous forme accrocheuse de « révélations » était-il un coup de poker politico-financier ?
Le site Internet a-t-il trouvé acquéreurs politiques de leur entreprise de déstabilisation en la personne d’Arnaud Montebourg (PS) et Eva Joly (Europe Ecologie) ?
Le silence de ces derniers est la porte ouverte à toutes les supputations…

Et, sur la base d’une simple probabilité de véracité avouée par Mediapart, il aura suffi de supputer un financement politique occulte pour qu’une tempête politico-médiatique s’abatte sur le ministre du Travail. Le hasard faisant bien les choses, Eric Woerth était justement chargé de la réforme des retraites.

Comment Mediapart a-t-il pu se fier à une source à la moralité aussi douteuse ?

Dans un entretien à Médiapart, puis devant les enquêteurs, Claire Thibout (ci-contre) a affirmé début juillet que le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, lui avait demandé, lors de la campagne présidentielle de 2007, de retirer 150.000 euros. Sans qu’elle puisse dire pourquoi, elle conclut qu’il comptait les remettre à Eric Woerth, trésorier de l’UMP. Et pourquoi pas à la candidate malheureuse ?
D’ailleurs, Patrice de Maistre a de son côté démenti les accusations, tout comme Eric Woerth.

Pourquoi aurait-elle fait une fleur à Mediapart ?

Jusqu’à quelle montant Mediapart a-t-il pu monter ? Il semble bien que 400.000 euros soient la somme fétiche de Claire T.
Mediapart a gagné 5000 abonnés payants dans le premier mois: ce retour sur investissement suffira-t-il à sauver le site d’Edwy Plenel ?

L’accusatrice est-elle protégée par la loi ?
Comment les media expliquent-ils qu’aucun d’entre eux n’a publié la photo de Claire Thibout ? N’est-elle pas le personnage-clé ?