Clandestins de l’Aquarius : « la panique gagne » l’Europe, raille Taubira

Mais c’est pour la Guyanaise l’occasion de critiquer l’UE qui résiste à la pression des ONG cherchant à lui imposer des migrants non désirés

blog -Taubira-colereChristiane Taubira dénonce l’attitude de l’Europe vis-à-vis de l’Aquarius. Dans une tribune parue dans le JDD, elle assure que, par le passé, « la société ne s’est pas effondrée » en accueillant des migrants.

Les migrants clandestins de l’Aquarius, qui ne sont pas victimes d’abord d’un imbroglio diplomatique entre l’Italie et Malte, mais avant tout de conditions de vie difficiles dans leurs pays de naissance – essentiellement l’Erythrée – , vont débarquer en Union européenne par l’Espagne, à Valence, dimanche. Or, l’altermondialiste Christiane Taubira trouve le moyen de déplorer l’attitude de l’Europe, via une tribune parue au Journal du dimanche.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsPays de langues arabe et du tigrinia et de religions, pour moitié, chrétienne et musulmane (sunnite), le territoire érythréen a accepté  en 1962 son annexion par l’Ethiopie qui connut une révolution militaire socialiste, avec le soutien des Soviétiques. Une fois le régime d’Hailé Sélassié renversé en 1974, elle instaura en  la République populaire démocratique d’Éthiopie qui n’empêcha pas la poursuite de la guerre civile éthiopienne et qui fut de surcroît marquée par la guerre érythréenne de sécession. Suite à la victoire des mouvements de guérilla contre le régime militaire du du Derg, le Gouvernement de Transition d’Ethiopie (GTE) s’installa en mai 1991 et proclama l’indépendance de l’Erythrée en 1993. En, fut proclamée la République fédérale démocratique d’Ethiopie. Depuis le début des années 2000, l’Erythrée  dirigé par Isaias Afwerki, né en Erythrée italienne sous administration britannique, exerce une gouvernance répressive et autoritaire envers sa population, notamment via son service militaire, qui provoque un mouvement d’émigration important et aboutit à plusieurs descriptions du pays comme une « prison à ciel ouvert ». L’Erythrée n’a aucun lien historique avec l’Espagne ou la France, mais bien avec le Royaume Uni et l’Italie qui donne à la France des leçons que Macron accepte.

« La panique gagne » l’Europe, estime Taubira, militante indépendantiste

Partisane du « non » lors du référendum français sur le traité établissant une constitution pour l’Europe, elle déclare aujourd’hui que « l’Europe avait une occasion d’exister, de retrouver son magistère éthique sur une scène internationale pleine de fracas, où prospèrent la crânerie, la fourberie, l’ivresse de l’impunité, le désarroi. Elle avait l’opportunité et la capacité de prouver que ses chartes et conventions ne sont pas que chiffons de papier« , écrit l’ex-garde des Sceaux contestée des socialistes François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

Christiane Taubira pointe du doigt notamment l’Allemagne qui « recule », l’Italie qui « bascule », et la France qui « fait des gammes sur la misère du monde ». « La panique gagne » le continent, résume-t-elle. « Dans toute l’Europe, cette impuissance fait la courte échelle aux extrémistes irresponsables et fanfarons, » assure-t-elle, méprisante des peuples qui manifestent leurs rejets de la dictature des ONG en leur imposant une immigration non choisie. L’ancienne ministre socialiste parle de l’Espagne, dont le gouvernement socialiste a accepté d’accueillir l’Aquarius, comme de « notre lueur ». <br>Ce gouvernement a accédé au pouvoir sur une motion de censure déposée par le socialiste Pedro Sánchez, dont  le secrétaire général du parti centriste Ciudadanos, José Manuel Villegas, dit que « la solution n’est pas l’opportunisme de Sánchez, qui semble vouloir arriver à La Moncloa par n’importe quel moyen ».

« La société ne s’est pas effondrée ». « Jamais dans l’histoire, lorsqu’il fallut accueillir une part du monde, la société ne s’est effondrée ni même affaiblie », raconte Christiane Taubira, rappelant à grands traits l’histoire des Espagnols fuyant le franquisme, mais occultant que l’Espagne a dû résister à plusieurs invasions mauresques, les « boat people » venus du fuyant le Vietnam [maoïstes] et le Cambodge [Khmers rouges], ou encore les victimes de la guerre des Balkans [empire ottoman], qui ont pu trouver un accueil en dehors de leur pays d’origine. Mais c’était avant les ravages de la Grande Guerre ou durant la Guerre froide et avant la crise financière et économique de 2008 ou la montée de l’islamisme avec son cortège de morts innocents par attentats terroristes.

« Il n’est pas question de dire ici qu’il est simple d’accueillir. Il ne s’agit ni d’enjoliver, ni de banaliser, ni même de dédramatiser (…) Mais le fait est : la société ne s’est ni effondrée ni même affaiblie, » selon elle. Elle absorba une part du monde et s’en épanouit, dans sa langue, sa gastronomie, ses arts, ses artisanats, sa littérature… », en conclut Christiane Taubira, sans sourciller.<br>Quand, en  avril 2002, elle ne craint déjà pas le ridicule en se portant candidate du Parti radical de gauche à l’élection présidentielle, elle obtint 2,32 % des voix au premier tour, réalisant l’essentiel de son score en France d’outre-mer, notamment en Guyane. <br>Selon un sondage Yougov/Le Huffington Post/CNEWS des 27-28 septembre 2017, elle obtient 13% d’opinions positives.

Macron raille ceux et celles qui sont à 50 euros près

Le président des (très) riches s’en prend à « ceux qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL »
blog -Macron moite-Nlle Caledonie-mai2018Pour avoir critiqué dans un documentaire « ceux qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL » Emmanuel Macron s’est attiré les foudres de l’opposition lundi : elle dénonce son mépris social en leur opposant les « valeurs » morales pour lesquelles le colonel Beltrame a donné sa vie lors des attentats islamistes de Trèbes.
« Le colonel Beltrame est mort parce que la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d’une guerre qui le dépasse« , explique le chef de l’Etat, dans un documentaire qui doit être diffusé lundi soir sur France 3.
Or, selon lui, « les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus (sic =  trop fade !), une République dont on ne connaît plus l’odeur », et où l' »on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL… Ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays, » estime-t-il.

Pour définir cette histoire, le président énumère « une histoire d’absolu, (…) un amour de la liberté au-delà de tout, c’est une volonté de l’égalité réelle : c’est ça, la France », dit-il dans ce documentaire réalisé par Bertrand Delais, intitulé « Emmanuel Macron, la fin de l’innocence ».
« Nous sommes la France, et la France est un pays qui ne se réforme pas. On est un pays qui se cabre« , constate-t-il encore, avec le sentiment qu' »il y a en nous un goût romantique pour la lutte qui fait que, quand bien même ces statuts ne sont pas pour nous, on vit dans l’idée de pouvoir un jour les obtenir; on aime la lutte de celui qui les protège ». « Ça fait partie de la vie politique française, il faut le regarder avec respect et amour de notre histoire », estime-t-il.

« Petit », « misérable », selon  l’ex-banquier

Avant même sa diffusion, les propos que tient Macron dans le documentaire suscitent la polémique.
« Emmanuel Macron méprise les gens qui se sont indignés pour la baisse des APL. C’est petit et indigne de sa fonction« , a tweeté le député de La France insoumise, Alexis Corbière sur Twitter.

« Se servir de la magnifique figure du colonel Beltrame pour salir ceux qui luttent pour leurs droits est misérable« , a tweeté de son côté le PCF, tandis que le porte-parole du PS, Boris Vallaud, juge « petit d’opposer les héros des plus pauvres », estimant que « ceux qui sont à 20 euros près ne méritent pas ce mépris« .

Pour le président LR du Sénat Gérard Larcher, « on ne peut pas avoir des mots raccourcis. L’APL est un sujet important pour des millions de familles françaises et il faut qu’on le traite avec équité », a-t-il insisté sur LCI.
<br>Sur Radio Classique, la présidente du FN, Marine Le Pen, y voit une « indécence. Les préoccupations de ceux qui n’arrivent à pas à finir leurs fins de mois ne l’intéressent pas. Ce n’est pas son monde« .

« La petite phrase (…) montre sa haute considération pour les gens qui ont peu ou pas grand-chose », note Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, sur BFMTV, ce qui est « à l’image de sa première année. »

La baisse à l’automne dernier des aides personnalisées au logement (APL), de 5 euros mensuels pour 6,5 millions de ménages bénéficiaires, avait été vivement critiquée par les ONG – supranationales et illégitimes – de défense des mal-logés, les bailleurs sociaux et certains syndicats.

Dimanche, le secrétaire d’État à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, a reconnu que cette baisse a été une « mauvaise décision » et promis qu’il n’y « aurait plus aucun perdant » en matière d’APL.

blog -Schiappa Marlene rondeLe Premier ministre Edouard Philippe avait qualifié de « pas intelligent » ce coup de rabot, qui représente une économie mensuelle de 32,5 millions d’euros pour l’Etat. Il l’avait justifié par la nécessité de réaliser les économies prévues dans le budget 2017 par la majorité précédente, argument évidemment repris par Richard Ferrand, chef de file des députés de La République en marche (LREM), lundi, pour qui la mesure était « une connerie inévitable ».

Dans les propos fustigés lundi, Macron dénonce « les gens qui instrumentalisent cela politiquement », a synthétisé la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes (ci-contre) l’inculte Marlène Schiappa sur …France Culture.