La croissance a ralenti à 0,1% au 4e trimestre, constate l’INSEE

La croissance plafonne toujours à 0,4% en 2014

La croissance de l’économie française a ralenti à 0,1% au quatrième trimestre 2014

Mais l’INSEE positive: cette baisse est conforme aux attentes !
C’est cette direction générale du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie qui le dit. Dans ses premiers résultats publiés vendredi, l’institut assure que les exportations sont un peu plus dynamiques et la consommation des… administrations (!) et des ménages en hausse, en cette période exceptionnelle des fêtes de fin d’années. L’INSEE voit un sujet de satisfaction dans le fait que les prévisions pessimistes de trente-trois économistes n’ont pas été démenties quand ils ne prévoyaient en moyenne qu’une hausse de 0,1% du PIB de la France au 4e trimestre, leurs estimations allant de -0,2% à +0,2%. Le produit intérieur brut français a en effet augmenté de 0,1% au quatrième trimestre 2014, après 0,3% au troisième, -0,1 au deuxième et 0 au premier, a précisé l’Institut national de la statistique et des études économiques dans une première estimation.
La Banque de France escomptait également une hausse de 0,1% du PIB de la période octobre-décembre sur la base de ses enquêtes de conjoncture mensuelles.

Ainsi l’institut se satisfait-il d’une stagnation, observant dans le même temps un niveau de croissance de +0,3% au troisième trimestre, ce qui fait que, sur l’ensemble de 2014, le produit intérieur brut de la France progresse en moyenne de 0,4%, « en ligne avec les prévisions du gouvernement », quand on accepte la mission militante de positiver, mais pas mieux, sinon, qu’en 2013 et 2012.
L’INSEE prend ainsi à son compte les éléments de langage de son patron, le ministre des Finances Michel Sapin, qui a rappelé que le gouvernement avait revu à la fin de l’été sa prévision pour l’année 2014 à 0,4%, contre 1,0% auparavant. « En 2014, la croissance aura été de 0,4%, comme nous l’avions prévu et annoncé dès la fin de l’été« , a immédiatement déclaré Sapin à quelques journalistes. « C’est évidemment encore trop faible », concède Michou Sapin à propos du chiffre définitif, « mais les conditions sont réunies pour permettre un redémarrage plus net de l’activité en 2015« , assure le marchand de sable de Bercy. Une musique douce déjà entendue sur toutes ses partitions économiques, notamment au temps du redressement de la courbe de l’emploi prévu pour décembre 2013.
« Les derniers signaux économiques sont encourageants et confortent notre prévision de croissance de 1% en 2015 », continue-t-il de raconter à qui veut l’entendre, en soulignant que les chefs d’entreprise dans l’industrie manufacturière ont revu récemment à la hausse leurs projets d’investissements pour l’année.

La contribution de la demande intérieure finale à la croissance du quatrième trimestre a été positive de 0,1 point et celle de la variation des stocks négative de 0,2 point. Le commerce extérieur y a contribué positivement à hauteur de 0,1 point, du fait d’une progression des exportations plus forte que des importations. Les dépenses de consommation des ménages ont résisté avec une hausse de 0,2% et celles des administrations publiques ont augmenté de 0,4%, indique l’INSEE. Sur l’année, les premières ont progressé de 0,6%, après 0,3% en 2014, et les secondes, de 1,9% après 2,0%. Mais les diverses sources n’ont encore pas accordé leurs violons.

L’investissement, facteur clé de croissance, reste en panne

blog -indicateurs economiques sont bons-PS en Porsche-WingzPoint noir des statistiques publiées vendredi, l’investissement total a reculé de 1,6% sur l’ensemble de l’année 2014, à -0,8%, deux fois plus qu’en 2013. Ce recul serait essentiellement imputable aux ménages (-1,5%) du fait de la baisse du pouvoir d’achat et de la politique désastreuse menée par Cécile Duflot (EELV), l’ex-ministre du Logement, et de la faiblesse persistante des achats immobiliers.
L’investissement des seules entreprises a également reculé de 0,2% après avoir été stable au troisième trimestre. L’INSEE ne trouve plus les mots pour positiver…

Ce « repli », quand on répugne à parler de « baisse », est particulièrement marqué par la consommation des ménages (-5,8%), autre moteur très surveillé de la croissance française, mais « compensé », dans la présentation des faits, par un soi-disant frémissement chez les entreprises non financières (« 0,3% après -0,6% en 2013).
Or, les analyses divergent et certaines assurent que les éléments jouent contre Hollande: l’augmentation de 2014 (« 0,6%, après « 0,3% en 2013) aurait pu être plus sensible si elle n’avait été ralentie au dernier trimestre en raison notamment d’un hiver doux limitant les dépenses en énergie…

Autre discordance sur le commerce extérieur qui, selon d’autres, contribue négativement (-0,4 point, après « 0,1 en 2013) à la croissance en 2014, malgré une accélération des exportations au quatrième trimestre (« 2,3% après « 0,7% au troisième trimestre), selon la période de référence considérée.
Les stocks en revanche contribuent en 2014 pour 0,3 point à l’activité en 2014 (-0,2 point en 2013). Les stocks, ce sont les réserves et leur contribution n’est pas le signe d’une reprise de l’activité…

La manipulation des chiffres, l’embrouillage des esprits sur les périodes considérées et la présentation trompeuse d’éléments confus rend difficile à tous le décryptage de la réalité passée. Ne parlons donc pas de la bouteille à l’encre des prévisions…<br>

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Valls invite la Chine à investir en France où on peut…licencier !

« L’image selon laquelle nous ne réformons pas notre marché du travail, et qu’il est impossible de licencier en France, est fausse », lâche Valls

« Je le dis ici à Shanghai: Huanying lai Faguo » (« bienvenue en France »),

Le VRP qui fait la gueule au centre, c’est Valls, vendeur de la France à la Chine,
en vantant nos facilités de licenciement social…

a ânonné Premier ministre Manuel Valls dans un discours prononcé devant les milieux d’affaires franco-chinois. Cinquante ans après John Fitzgerald Kennedy, alors président des États-Unis qui, le premier, dans un discours à Berlin-Ouest, le 26 juin 1963, à l’occasion des quinze ans du blocus de Berlin, eut cette formule « Ich bin ein Berliner«  (« Je suis Berlinois »), le démagogue de Matignon s’est ainsi livré à l’exercice répétitif des trois mots en langue étrangère. Après son « My government is pro-business » à Londres et le « Ich mag die Unternehmen » (J’aime les entreprises) à Berlin, a tenté de se faire passer pour Chinois….

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Et les plaisanteries les meilleures étant les plus courtes, d’ajouter: « Je crois que le message est clair« . Sur le fond, le Premier ministre a pratiqué le comique de répétition, martelant un seul et même message répété ad nauseam depuis son arrivée jeudi 29 janvier 2015: « La France, plus que jamais, est désireuse d’accueillir les entreprises chinoises », qui sont les « bienvenues ».
 
Même si la France a des « défis lourds » à relever, elle est compétitive, a-t-il assuré. « L’image selon laquelle nous ne réformons pas notre marché du travail, et qu’il est impossible de licencier en France, est fausse », a fait valoir Manuel Valls comme argument majeur de vente. 
Et, avec finesse, Valls a enfoncé le clou. « La protection de l’emploi est plus élevée en Allemagne qu’en France ».
Il s’est enfin vanté que les 35 heures ne sont « qu’une durée de référence »… Valls a ainsi démontré qu’il a vraiment la stature d’un chef d’Etat avisé !
 
Arrivé dans la matinée depuis Pékin, le Premier ministre a commencé sa journée dans la capitale économique chinoise par l’inauguration officielle des chrysanthèmes d’un centre de recherche et développement du géant français des pneumatiques Michelin. Il a eu droit à la photo souvenir avec un employé costumé en Bibendum, provoquant les rires de la salle. Il y a rencontré des cadres d’entreprises francaises dans le pays, qui lui ont fait part de leurs doléances diverses, mais aussi de points de progrès, dans leurs relations avec l’administration chinoise.
Après son discours, le Premier ministre a rencontré à la mi-journée huit entrepreneurs chinois, dont le nouveau patron du Club Med, Fosun, et le fondateur du site de commerce en ligne jd.com. 

Au terme d’une entrevue avec le maire de Shanghai, Yang Xiong, il est allé se promener dans le quartier du Bund, emblématique de la mégalopole, déambulant avec Laurent Fabius sur les quais, face aux immenses gratte-ciels de Pudong, sur l’autre rive. La promenade s’est poursuivie dans les locaux design de l’agence de communication française Fred&Farid, pour une discussion avec de jeunes entrepreneurs français.

Le calendrier diplomatique franco-chinois restera bien chargé pour l’année, avec la visite à Paris du négociateur chinois sur le climat, Xie Zhen Hua. Le Premier ministre chinois Li Keqiang se rendra lui en France avant l’été, Laurent Fabius ayant évoqué le mois de juin.
 
Quant au voyage de François Hollande, il devrait avoir lieu « plutôt au second semestre » en amont des grandes négociations sur le climat à Paris fin 2015. Même s’il faut encore « lever un certain nombre d’obstacles », « les choses bougent », a assuré Manuel Valls, comme Michel Sapin sous Ayrault à propos du redressement de la courbe de l’emploi… A son arrivée en Chine, il avait toutefois demandé une plus grande « réciprocité » dans les relations commerciales entre l’Europe et la Chine.
 

Bilan du « pro-business »: Manuel Valls termine sa visite en Chine quasi-bredouille…

Le Premier ministre s’est entretenu vendredi avec le président chinois Xi Jinping au Grand palais du peuple, place Tiananmen, où il avait été déjà reçu la veille par son homologue, Li Keqiang, avec lequel il aurait signé une douzaine d’accords, chiffre fou et contenu imprécis, car aucun n’aura un impact majeur. 

Après s’être adressé à la communauté française de Shanghai, le Premier ministre devait reprendre l’avion pour Paris, tout penaud, mais… frémissant.


La fiscalité française ou la double peine sur une petite majorité

Le degré d’inventivité fiscale est une exception culturelle française méconnue. 

Et cette créativité ne cesse de s’épanouir dans l’austérité

En matière de nouveaux impôts, de nouvelles taxes, la France socialiste a la palme ! 
Mais sa population mérite l’ordre du mérite. 
Si vous êtes propriétaires, les nombreux occupants d’un logement dont ils sont propriétaires ne sont pas mieux traités que les automobilistes. Les uns et les autres sont matraqués à tous les coins de rues. Loin de moi l’idée d’envier les sans-abris et les mal-logés, mais ces derniers entrent parfois dans la catégorie des propriétaires de leur logement et, comme de plus aisés, ils doivent acquitter deux fois l’impôt qui donne le droit d’habiter chez soi: la taxe foncière et la taxe d’habitation.
Et c’est la même chose pour les autres impôts, même quand on leur donne un nom différent. Les prélèvements sociaux par exemple. Ils s’élèvent à 15,5% sur les placements et à 8% sur les revenus du travail. Ils viennent s’ajouter au l’impôt sur le revenu et aux revenus catégoriels.

Un impôt sur l’impôt

Pour tromper son monde, Bercy déduit partiellement une petite fraction des prélèvements sociaux,  mais cela n’empêche pas sans qu’on s’en rende bien compte qu’avec ce système on paie un impôt sur l’impôt

Prenons l’exemple des loyers. Si on perçoit 100 de revenus fonciers, on va payer des prélèvements sociaux de 15,5%. Il reste net 100 moins 15, donc 84,5. La justice fiscale voudrait qu’on soit imposé sur ce revenu sur la base de 84,5%. Mais, comme on ne peut déduire que 5,1% sur les 15,5 % versés, on est imposé sur 94, 9%…

En somme, l’Etat nous prélève l’impôt même sur nos contributions sociales. 
Et cela vaut pour les traitements et salaires, comme le confirme Frédéric Douet, professeur de droit fiscal à l’Université de Bourgogne. Et la note risque d’être encore plus lourde demain si, comme préconise le Conseil des prélèvements obligatoires, le gouvernement socialiste supprime aussi la déduction actuelle. Ca fait du bien d’avoir des frondeurs dans le parti aux affaires !
Sans compter que les salaires des actifs sont ponctionnés sous forme de cotisation à une pension de retraite, laquelle est à son tour soumise chaque mois à l’impôt, quand est venue la retraite…
Elle est pas belle, la fiscalité française ? Ceux qui votent ces lois y sont-ils soumis?…


Les vieux coûtent cher,
mais l’Etat tient à eux

Ce qui manque à la loi Macron

Pourquoi l’UMP va voter contre le « projet de loi croissance »

Bombe à fragmentation ou pétard mouillé ?

Les députés UMP « sont bien évidemment contre » la loi Macron, a confirmé dimanche leur chef de file Christian Jacob. Ce projet de loi pointilliste qui porte le nom du ministre de l’Économie, est arrivé lundi à l’Assemblée nationale et promet de « faire sauter les verrous » qui bloquent l’économie française: la bombe à fragmentation de Hollande apparaît pourtant comme un pétard mouillé et à part quelques optimistes, l’UMP devrait le rejeter en bloc. »Cette loi, l’UMP aurait pu la faire », assure le député UMP Hervé Mariton, qui se dit prêt à voter pour l’extension de 5 à 12 dimanches travaillés, la libéralisation du marché des autocars, le rétrécissement des délais de passage du permis de conduire ou la facilitation des licenciements…

Que manque-t-il donc au texte pour qu’il vaille le vote du principal parti d’opposition ?

Cette loi ne va pas assez loin. Le 16 décembre, devant les députés de son camp, Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, a mis en garde contre la loi Macron. Selon lui, elle ne va pas assez loin pour la croissance. « Est-ce que cette loi permet de baisser les charges et contraintes qui pèsent sur les entreprises? Le coût du travail? La pression fiscale qui pèse sur les Français? « La réponse est non et bien évidemment on ne votera pas ce texte », explique Christian Jacob. En clair, pour l’UMP, la situation est trop grave et urgente pour faire le travail à moitié.

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Les sénateurs vont lui ré-écrire sa loi: elle n’est même pas assez « Macron ». D’ailleurs, revenu majoritairement à droite, le Sénat a déjà fait savoir qu’il va réécrire le texte. Le groupe des sénateurs UMP a en effet remis sur la table toutes les déclarations d’Emmanuel Macron sur l’assouplissement des 35 heures, sur les seuils sociaux. Avec les centristes, ils vont modifier le texte en commission et mettre au point une autre loi croissance, plus complète. « Nous allons écrire la vraie loi dont a rêvé Emmanuel Macron et nous voterons pour », annonce le patron des sénateurs UMP, Bruno Retailleau.

En août, le ministre de l’Économie s’était en effet dit prêt à autoriser « les entreprises à déroger » sur les 35h. Mais Macron a reculé sur cette la mesure qui ne figure finalement pas dans la loi qui porte son nom. Reportée aux calendes grecques aussi, la réforme des seuils sociaux!

Fillon-Jouyet : ces pénalités de Sarkozy au cœur de l'affaireOu alors elle va trop loin. Si pour Christian Jacob et les sénateurs UMP, elle ne va pas assez loin, pour Henri Guaino, au contraire, elle contient beaucoup trop de mesurettes. Le député en faisait l’observation mi-décembre sur Europe 1: « Ce n’est pas une loi, c’est un monstre. On mélange dans le même texte les notaires, les huissiers, les experts-comptables, les bus, les déchets nucléaires« , déplorait-il. Et de faire valoir qu’ « on ne peut pas discuter d’une loi qui touche autant de sujets, qui pourraient faire l’objet d’une dizaine de lois qu’on pourrait tranquillement discuter l’une après l’autre« .

La loi s’en prend aux professions réglementées. En outre, le texte s’attaque aux professions réglementées, qu’il veut déréguler. La loi Macron prévoit par exemple la liberté d’installation « contrôlée » des notaires, huissiers et commissaires-priseurs, et fixe désormais aussi une limite d’âge (70 ans) pour ces professions. « Pourquoi s’attaquer à des professions qui remplissent leurs missions et génèrent de l’emploi ? Notre système notarial est le plus efficace au monde« , a expliqué Nicolas Sarkozy, le 16 décembre.

Cette loi est partisane. Enfin, « au-delà du fond décevant, Macron, Valls et Hollande ont fait de ce texte un ‘objet politique’. Il est donc pour nous impossible de le voter », a expliqué dans L’Opinion l’ex-ministre du Budget et député Eric Woerth.

Si cette loi Macron suscite des remous en France, elle intéresse aussi beaucoup à l’étranger, où elle est interprétée comme un test de la capacité à réformer d’un gouvernement déjà mis sous surveillance par la Commission européenne pour ses dérapages budgétaires.
L’hebdomadaire The Economist ironisait ainsi mercredi: M. Macron « doit convaincre Bruxelles que ses réformes sont libérales, et les socialistes français qu’elles ne le sont pas« .

A Davos, Hollande fait un cours d’anti-terrorisme aux décideurs économiques

Hollande sait toujours ce qu’ « il faut » faire et interpelle les décideurs économiques 

La posture du leader d’opérette

Face au terrorisme «la réponse doit être globale, internationale, partagée entre les Etats qui sont en première ligne, les gouvernements, mais aussi les entreprises, notamment les plus grandes, qui ont aussi à intervenir», selon François Hollande admonestant vendredi les participants au Forum économique de Davos. Parce que Hollande était social démocrate quand Jean-Marc Ayrault occupait Matignon, mais socio-libéral depuis que Valls l’a remplacé, c’est la première fois qu’un président socialiste intervenait dans cette réunion annuelle des décideurs économiques.

Quinze jours après les attentats sanglants d’islamistes de France à Paris contre les offenses des dessinateurs libertaires de Charlie hebdo et une supérette casher, Très arrogant et critique, François Hollande a interpellé la communauté internationale pour qu’elle prenne ses responsabilités en Libye, en Syrie, en Irak, en Afrique partout où le terrorisme prospère. «La France ne peut agir seule, mais elle montrera l’exemple. La France sera en avant-garde quand ce sera nécessaire», mais «la France appelle une nouvelle fois la communauté internationale à être à la hauteur de la menace».

«Investir massivement dans l’économie verte»

Devant tout ce que compte la finance d’acteurs économiques -et non pas de prêcheurs- le moralisateur a surtout exhorté les décideurs de l’économie à agir. A «couper» les «flux financiers considérables» qui alimentent le terrorisme, et donc à lutter contre le blanchiment d’argent et les paradis fiscaux. Aux entreprises numériques, il a demandé d’agir rapidement et efficacement pour mettre hors ligne tous les contenus liés au terrorisme. «Ne laissez pas agir une bête qui vous frappera» un jour.
Plus globalement, et pour donner satisfaction à sa gauche hexagonale, le socialiste a rappelé que parmi les terreaux du terrorisme se trouvent la pauvreté et les inégalités. Et que si les Etats doivent prendre leur part pour les réduire, les entreprises aussi. «Le risque le plus grand à l’échelle du monde, c’est celui des inégalités entre les pays, inégalités à l’intérieur même des pays», a-t-il ajouté, insistant sur le fait que «l’économie est une réponse contre la désespérance».

Sa venue à Davos était surtout guidée par son intérêt personnel. Le chef de l’Etat souhaitait poser des jalons en préparation à la Conférence de Paris en décembre sur le Climat. François Hollande a donc rappelé qu’il souhaite un «accord contraignant». «La terre n’est ni une marchandise ni une rente, c’est un patrimoine que nous avons en commun», a-t-il lancé, demandant là aussi aux entreprises de prendre part à ce défi vers la transition énergétique. Il a demandé aux entreprises d’«investir massivement dans l’économie verte», mais aussi plaidé pour la création d’un «marché d’obligations vertes».

«Il n’y aura pas de prospérité s’il n’y a pas de sécurité»

Sur le sujet du climat, Hollande a pointé le fonds vert de l’ONU qui doit financer des actions contre le réchauffement climatique dans les pays émergents et pauvres mais n’a recueilli que 10 milliards de dollars, alors que «100 sont nécessaires» chaque année. Les entreprises pourraient abonder ce fonds, a-t-il suggéré.

En somme, le chef de l’Etat a mis en cause les Etats, mais surtout les entreprises, car «dans la lutte contre le réchauffement climatique et contre le terrorisme, beaucoup dépendra des Etats, mais aussi de vous», a-t-il lancé aux 2.000 personnes qui écoutaient son discours. «Il n’y aura pas de prospérité s’il n’y a pas de sécurité», a-t-il encore insisté.

Les bavures du bouffon

Hollande était le dernier à pouvoir prêcher la croisade.
Outre qu’il a dû se débarrasser d’un ministre fraudeur, Jérôme Cahuzac, qui pendant de longues années avait pratiqué plusieurs paradis fiscaux avant de se faire nommer au ministère du…Budget, Hollande a confirmé la réputation d’arrogance des Français dans le monde.
Les « global leaders », comme on nomme les participants au forum mondial de Davos, ont certes eu la courtoisie de saluer le chef d’Etat comme ils se devaient, mais ont moyennement apprécié les encouragements en forme de remontrances que Hollande leur a adressés dans un discours accusateur mais vide de propositions. Les Davoisiens ont salué celui qui a eu à faire face à Paris à son terrorisme intérieur.
Cela dit, il en faut plus à Davos pour être sacré grand chef d’Etat.  Il ne faut surtout pas pêcher par arrogance ou maladresse. Or, François Hollande a multiplié les bourdes et les erreurs.

1- Erreur d’arriver en retard, faute d’éducation que d’obliger les organisateurs à changer le protocole en prétextant que c’est de la faute de la neige. De la neige à Davos, c’était prévisible: il y en a tous les ans!

2- Erreur encore que de parler en français sans s’en excuser. Ce n’est pas la bonne manière de s’inscrire fortement dans le concert des nations mondiales. On peut parler dans sa langue nationale à Davos, mais on explique « en anglais » pour quelle raison on n’a pas d’autre choix. Il y a toujours une raison noble et politique surtout. Les chinois savent faire cela merveilleusement bien. Les Allemands aussi.

3- Erreur aussi que de s’adresser aux milieux financiers internationaux en flattant leur puissance, leur efficacité après les avoir traités de voyous et désignés comme les ennemis pendant toute une campagne présidentielle. Les milieux financiers internationaux de Davos auraient appréciés que le Président de la république s’expliquât sur la nécessité française d’avoir deux langages ; que la démocratie est au prix de ce type de posture. Une langue de bois à Davos et une langue de vipère à Paris en période d’élections quand on est de gauche mais pas seulement. La vérité n’est pas à l’avantage du socialiste qui les a boudés pendant deux ans avant de venir leur tirer les oreilles…

Les leaders quittent Davos inquiets

(De G à D) Le Pdg de BlackRock Laurence Fink, le ministre brésilien des Finances Joaquim Levy, le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda, Benoit Coeuré, de la BCE, le gouverneur de la Bank of England Mark J. Carney et le vice-directeur général du FMI Min Zhu au Forum de Davos le 24 janvier 2015
Forum de Davos – Le Pdg de BlackRock Laurence Fink, le ministre brésilien des Finances Joaquim Levy, le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda, Benoit Coeuré, de la BCE, le gouverneur de la Bank of England Mark J. Carney et le vice-directeur général du FMI Min Zhu, le 24 janvier 2015 (de gauche à droite)

Le forum économique mondial de Davos 2015 s’est achevé samedi dans la morosité, avec la préoccupation des risques, notamment géopolitique, terroriste et cybernétique, qui pèsent sur une économie mondiale en train de ralentir sa progression et où les facteurs d’incertitudes strictement économiques sont déjà nombreux, que ce soit le ralentissement chinois, l’évolution de la zone euro, ou les prix du pétrole.

Dans ce contexte mitigé, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le président français François Hollande ont exhorté les quelque 2.500 leaders économiques et politiques du monde entier à ne pas négliger la menace que représentent des groupes tels que Boko Haram ou l’organisation Etat islamique.

La délégation ukrainienne, conduite par le président Petro Porochenko, issu de la rébellion de Kiev, a aussi mis un coup de projecteur sur la crise ukrainienne, ajoutant ainsi à la dualité des tendances du Forum de Davos, qui cherche l’équilibre entre les sujets d’actualité et les tendances de long terme.

Au-delà des grands discours en tribune, dans les diverses salles de réunion où des patrons venus du monde entier échangent d’autant plus librement que les accès sont parfois fermés à la presse, le message était aussi à la vigilance.

«Les risques pour les chaînes d’approvisionnement augmentent pour toutes les entreprises», relevait ainsi un chef d’entreprise lors d’une des diverses sessions de ces quatre jours de réunion très intenses, avec en tête les ressources énergétiques au Nigéria et leur acheminement à travers l’Ukraine.

Les cybermenaces ont été particulièrement mises en avant, notamment par des patrons de groupes de sécurité informatique.

«Ce que vous appelez l’internet des objets, je l’appelle l’internet des menaces», a lancé lors d’un débat Eugène Kaspersky, de la société de sécurité informatique Kaspersky Lab, en référence à la multiplication des objets connectés.

Dans une autre session, un patron a estimé que « nous ne sommes plus dans une phase de risque, mais dans une phase d’infection », tant les piratages se multiplient, selon lui.

Décision de la BCE

Au-delà de ces débats sur les tendances de fond, les sujets d’actualité ont aussi accaparé leur part d’attention, notamment la décision historique de la BCE de se lancer dans un programme massif de rachat d’actifs, tombée jeudi en plein milieu du forum et qui a été largement commentée.

Une des idées force sur ce dossier, est que cela ne doit en aucun cas dispenser les pays européens de conduire des réformes structurelles indispensables pour relancer la croissance dans les pays de la monnaie unique.
«Avec une faible croissance, un chômage bien établi, des gens éjectés du marché du travail, nous voyons l’ensemble des fondations du projet européen affaiblies, et cela ne peut pas durer trop longtemps», a prévenu Benoît Coeuré de la BCE.

Le niveau des prix du pétrole a aussi été un des gros sujets de Davos, d’autant que, comme l’a reconnu samedi Laurence Finck, le patron de BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs au monde, les leaders de Davos n’avaient pas prévu cette évolution, illustrant les difficultés des exercices de prospectives conduits chaque année pendant quatre jours dans la bourgade suisse.
«L’an dernier, à cet endroit même, tout intelligents que nous étions, je crois bien que nous n’avons pas dit un mot du pétrole (…), je ne pense pas que nous ayons entenu le mot Isis (l’organisation de l’Etat Islamique, ou Daesh et Daech), nous n’avons évidemment pas parlé de l’Ukraine (…), nous avions confiance, (…) la tendance à Davos était que l’Europe était en train de se rétablir très rapidement. J’espère que nous ferons mieux cette année», a-t-il ironisé.

Pour le gouverneur de la banque centrale du Japon, Haruhiko Kuroda, il y a deux raisons d’avoir de l’espoir: la baisse des prix du pétrole et l’action de la BCE.

Mais Davos est aussi une formidable occasion pour les grands patrons de nouer des contacts pour de futurs contrats. «J’ai eu un ‘carnet de bal’ très rempli; en deux jours, j’ai rencontré 20 grands patrons pour enclencher une dynamique», s’est ainsi flatté le patron de Véolia, Antoine Frérot.

L’insécurité des petites maternités enfin reconnue par la Cour des comptes

Que leur reproche la Cour des comptes depuis la mobilisation de de la gauche, en 2010 ?

Faut-il s’inquiéter pour nos bébés et leurs mamans ?

Le taux de mortalité néonatale a légèrement diminué depuis 2004, du fait des progrès de l’obstétrique. Et, pourtant, dans le même temps, la sécurisation des naissances a reculé du 6e rang au 17e rang européen, alors même que les effectifs médicaux n’ont jamais été aussi nombreux.
« La sécurité de la naissance doit encore être améliorée », écrit la Cour des comptes, dans un rapport publié vendredi 23 janvier, pointant du doigt des dysfonctionnements dans de nombreux établissements, notamment dans les petites structures qui sont particulièrement montrées du doigt. Elles sont treize, où le nombre d’accouchements est inférieur à 300 par an. Depuis 1998, il est interdit de descendre en-deça de ce seuil, sauf dérogation contraire pour des raisons d’éloignement géographique.

Des dérogations abusives malgré des contrôles insatisfaisants

« Il ne s’agit pas de stigmatiser ces petites maternités », précise le sénateur UDI Jean-Marie Vanlerenberghe, rapporteur général de la commission des Affaires sociales, qui a commandé le rapport. Il précise qu’une maternité française sur cinq a fermé en quinze ans. « Ce qu’on constate, c’est que certaines ont échappé à des contrôles ou n’ont pas mis en œuvre des recommandations. Sans compter qu’un certain nombre de maternités de niveau 1 et 2 ont des taux de mortalité néonatale supérieurs à la moyenne. »

Le document dénonce aussi un manque de personnel qui met les patientes en danger, comme à Ussel (Corrèze) ou Die (Drôme), plus petite maternité de France, avec ses 137 accouchements. En juillet 2011, les autorités sanitaires s’opposent même pour cet établissement au renouvellement de « l’autorisation d’obstétrique, à cause de dysfonctionnements dans la gestion d’urgences vitales, d’erreurs de diagnostic et de retards à la décision », sans davantage de précision. Avant de finalement sauver provisoirement la structure.
Il n’y a jamais eu le moindre incident en vingt ans », soupire Jean-Pierre Rambaud, président du collectif de défense de l’hôpital de Die, sous-préfecture, 4.500 habitants. Selon lui, les risques sont limités, puisque la maternité est en niveau 1. « Toutes les parturientes sont chouchoutées, il faut voir comme la maternité est agréable, » commente-t-il sans surprise, alors que l’ARS doit étudier le renouvellement de la dérogation.
 

Des difficultés pour assurer des permanences 24h/24

Les grossesses à risque sont systématiquement redirigées vers la maternité de niveau 2 ou 3, soit à 70 km de Die à Valence, en une heure de route, voiture médicalisée prise en charge. « Nous n’avons pas de problème de personnel », répond à son tour Brigitte Linard, sage-femme cadre à Privas , préfecture de l’Ardèche, 8.500 habitants, qui dénonce des motivations plus terre-à-terre. « En fait, nous coûtons très cher. Je pense que c’est plutôt ça le problème de la Cour des comptes. Pour être rentable, une maternité doit réaliser 1000 accouchements. » Ce n’est pas le cas à Ussel, UMP, moins de 10.000 habitants en Corrèze, tandis que Tulle (PS), 14.000 habitants dans le même département, n’est pas concernée: c’est la ville d’élection du président Hollande…

La Cour des comptes dénombre donc « 35 maternités de petite taille confrontées à des difficultés sérieuses sur le plan financier et sur le plan des personnels ». Avec là encore, des conséquences sur la qualité de l’accueil et de la sécurité. En région parisienne, la maternité d’Argenteuil (Val-d’Oise) peine à recruter des pédiatres, tandis que celle de Mantes-la-Jolie (Yvelines) manque d’internes en gynécologie-obstétrique. A Montluçon (Allier), 38.000 habitants, la Cour des comptes estime que le sous-effectif est« particulièrement préoccupant au regard de la continuité et de la sécurité des soins ».

La maternité de Cognac « ne respecte pas la norme de présence des sages-femmes de nuit », ajoute encore le document. En théorie, pour respecter les textes, elle devrait recruter plus de 3 équivalents temps plein de sages-femmes, ce qui fait bondir Jacques Vacquier, chef du pôle maternité de Cognac, sous-préfecture de la Charente, chère à Ségolène Royal : « Il y a toujours une sage-femme sur place. L’équipe assure une permanence 24h/24. » Avec un taux de césariennes limité à 10%, il vante le travail de sa maternité, citant le cas récent d’une hémorragie de la délivrance traité sur place.« Nous affichons les résultats sur les murs, c’est un devoir. Moi, je réclame au ministère que les patientes soient informées de l’endroit où elles mettent les pieds, grâce à des sites régionaux d’information. »

Des recours aux diplômés étrangers et aux intérimaires

En attendant, certaines maternités recourent aux services de médecins étrangers, pour garantir une permanence 24h/24 et réduire les coûts. Le souci, quand ils sont titulaires de diplômes extra-communautaires, c’est qu’ils doivent les faire valider par le Conseil de l’ordre. En attendant, « puisqu’un autre médecin doit être présent pour les ‘sénioriser’, ils ne peuvent pas participer à la permanence des soins« , ce qui occasionne des absences dans l’accueil.

Pour compléter leurs équipes, les établissements font aussi appel à des médecins intérimaires, pour un coût élevé. Auteur d’un rapport sur cette question en décembre 2013, le députe PS de l’Isère Olivier Véran pointe de graves dérives. « Il existe des boîtes de mise en relation – certaines basées à l’étranger – qui peuvent contacter des médecins à l’autre bout de l’Europe pour venir travailler le lendemain en France. » Difficile, dès lors, de mener des évaluations dans ces conditions, après deux ou trois jours passés dans une structure.« Des médecins et des infirmières m’ont raconté avoir déjà travaillé avec des intérimaires sans même avoir de garantie sur l’existence réelle de diplôme. Parfois, certains parlent à peine français.« 

L’élu en convient lui-même, il est difficile de faire entendre ces arguments dans des territoires où la maternité représenterait parfois le dernier service public. Argument aussi classique que douteux quand il s’agit de maternités privées, comme les polycliniques privées de Die et de Privat. Par ailleurs, il faudrait mesurer l’influence éventuelle de la distance entre le domicile et la maternité sur le taux de mortalité néonatale. A ce jour, aucune étude n’a été menée sur la question.

La « sous-occupation importante » des établissements, avec un taux moyen d’occupation de 70 %.

En 2012, un tiers des maternités ont eu un taux d’occupation inférieur à 60 %.
A ce taux d’occupation « médiocre » s’ajoute une durée moyenne de séjour « significativement plus élevée que chez nos principaux voisins » (4,2 jours en France pour un accouchement normal en 2011 contre trois jours en moyenne dans l’OCDE). Conséquence : un « manque persistant d’efficience ».
Pour les magistrats de la rue Cambon, la « faiblesse » de l’intervention des pouvoirs publics dans cette recomposition « confine à la passivité et revient à attendre des accidents graves pour engager des restructurations ponctuelles ». Le décès accidentel d’une parturiente, le 26 septembre, à la maternité d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques), avait précipité la fermeture de l’établissement (344 naissances en 2013 pour 11.000 habitants) qui était en discussion depuis plusieurs mois.

La Cour des Comptes s’inscrit en faux contre la mobilisation des personnels hospitaliers de 2010-2011 

Entre 1995 et 2005, 126 maternités ont été fermées.
Le 30 Mars 2010, la CGT et SUD, mais aussi la… CFDT, appelaient les hospitaliers à se mobiliser contre le projet de rationalisation des dépenses de santé.

2011
2011

Pour réaliser des économies, alors que les hôpitaux publics enregistraient un déficit de 440 millions d’euros, dès 2007, Nicolas Sarkozy avait exercé une forte pression budgétaire sur l’hôpital, réclamant le retour à l’équilibre à l’horizon 2012. Il avait aussi voulu réformer la gouvernance du système. Votée en juillet 2009, la loi hôpital, patients, santé, territoires (HPST) de Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, visait à limiter l’influence des médecins, mais aussi des élus locaux, qui jusqu’alors présidaient systématiquement les conseils d’administration. Le 15 octobre 2010, plus de 44 hôpitaux étaient en gréve…

En août 2011, Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, dénonçait « un désordre sanitaire » et promettait de geler les fermetures d’hôpitaux. Lors d’une visite à la maternité de La Seyne-sur-Mer (Var) le mercredi 17 août, l’actuelle ministre de l’environnement avait lancé que « la maternité doit être maintenue. Je n’accepte pas les déserts médicaux qui coûtent beaucoup plus cher. Je sauverai les hôpitaux publics de proximité menacés de fermeture ». Et royale, Ségolène de dénoncer, par communiqué, « un désordre sanitaire« .

Davos: Hollande décolle dans les sondages, mais la neige le bloque au sol

Hollande commande aux media, mais non à la météo

La neige à Davos contraint Hollande à décaler son discours sur… le climat

Le grand sorcier français fait tomber la neige sur la station de Davos !

Le président socialiste français aurait pu faire bonne figure au sommet de Davos. Les attentats islamistes de Paris ont en effet jeté un coup de projecteur sur sa personne et il croyait bien rester dans la lumière au sommet des pays riches en Suisse. Mais, les riches que, dans sa campagne de la présidentielle de 2012, il disait ne pas aimer, lui ont répondu, ce 23 janvier 2015, qu’ils ne l’aiment pas non plus.

Le chef de l’Etat est encore arrivé en retard. Il avait prévu de se rendre à Davos par hélicoptère, mais la neige s’est abattue sur la région des Grisons et le bras cassé a dû se résoudre à rejoindre la station suisse en voiture, après tous ses confrères.

Une certaine presse se plaît à rappeler qu’en 2005, Jacques Chirac avait connu une mésaventure semblable, puisqu’une tempête de neige à Paris l’avait obligé à intervenir par visio-conférence. Mais à la différence de son aîné, le socialiste voit enfler son contentieux avec le ciel. La foudre avait salué son accession surprise au pouvoir en foudroyant l’avion de Flamby en plein vol vers Berlin, le contraignant à revenir sur Paris. Pour son investiture, le micro-climat avait pourri son apparition sur les Champs-Elysées. Et en août 2014, pour le 70ème anniversaire de la Libération, sur l’île de Sein dans le Finistère, le capitaine de pédalo avait pris l’eau, alors que coulait le gouvernement Ayrault.

Il a encore fallu que ce soit lui qui peine à trouver le chemin de la Suisse et fasse attendre l’ensemble des délégations. La rencontre de François Hollande avec le président égyptien a été annulée et son discours prévu à 11h30 a été reporté en début d’après-midi, à 14h15. Ironie de l’histoire, le Président devait prononcer une allocution axée sur le climat…

 

La conférence climat au centre de son discours

Hollande ne passe pas pour motivé par les questions environnementales au centre des préoccupations de ce 45e Forum de Davos, mais le chef de l’Etat ne pouvait le zapper alors qu’il voudrait pouvoir se prévaloir de résultats de la conférence mondiale hébergée par la France fin 2015 dont il avoue attendre un accord « ambitieux, universel et contraignant« .

Or, les géants de l’économie mondiale rassemblés dans la très sélecte station de sports d’hiver helvétique sont d’ores et déjà doublement concernés par des avancées: ils ne sauraient « prospérer dans un monde déchiré » et ont tout intérêt à concourir au développement durable, porteur d' »opportunités technologiques » et de croissance économique. D’autant que cinq ans après l’échec cuisant de la conférence de Copenhague, les grandes entreprises des pays industrialisés ou émergents n’ guère d’autre choix que de se « mobiliser » en faveur d’un accord à Paris. « Mon message sera de dire que la responsabilité est globale à l’égard des menaces terroriste et climatique« , a confié le président français cette semaine à des visiteurs.

Hollande ne peut mépriser la finance, son ennemi désigné de 2012

Le président socialiste avait dédaigné les éditions 2013 et 2014, mais l’état des finances de la France vaut bien une messe et il s’est donc résolu à faire le déplacement en Suisse en 2015 car il a désormais grand besoin de la finance. Il doit en effet convaincre les investisseurs du monde entier d’abonder le fonds vert de l’ONU contre le réchauffement climatique. Censé atteindre 100 milliards de dollars, il est pour l’heure bloqué à une dizaine de milliards. D’où l’appel du chef de l’Etat à des « financements innovants et d’entreprises ». « La finance ne peut pas se mettre de côté, elle sera sollicitée« , a-t-il commenté en privé.

C’est un renoncement à ses promesses de campagne. Parmi les détracteurs de sa politique, Florian Philippot, vice-président du FN, n’a pas manqué de dénoncer un double discours, rappelant que pendant la présidentielle, lors de son discours au Bourget, François Hollande avait désigné la finance comme son ennemi. Tel Henri IV du Saint-Empire, le pénitent François Hollande se rend à Canossa, cédant sur ses engagements de campagne et s’humiliant devant les banques, les riches.

Armées: Hollande rétro-pédale sur la baisse des effectifs

Le gouvernement PS recrée des postes de militaires qu’il avait supprimés

En avril 2013, Hollande voulait faire disparaître 20.000 postes supplémentaires d’ici 2019

L’Armée, à la croisée des chemins

Le Livre blanc de la Défense remis à François Hollande prévoyait une baisse des effectifs de l’armée française de 5.000 postes par an entre 2016 et 2019. Les effectifs de l’ armée devaient ainsi diminuer de 20.000 personnels au total, rapportait le quotidien Les Echos.

Selon le quotidien, ce Livre blanc prévoyait en outre un budget de la Défense de 179,2 milliards d’euros hors pensions sur la période 2014-2019 couverte par la loi de programmation militaire suivante. Les Echos soulignait béatement que ce montant était à peu près conforme à la promesse faite le mois précédent (mars 2013) par François Hollande de geler les crédits militaires 2014 à leur niveau de 2013.

Mais cette enveloppe « cache en fait une baisse réelle des crédits budgétaires puisqu’elle va incorporer au moins 4,5 milliards de recettes exceptionnelles« , affirmait tranquillement le journal, sans se préoccuper de la provenance de ces « recettes exceptionnelles« .
Or, début juillet 2014, les deux commissions chargées de la défense, à l’Assemblée et au Sénat alertèrent sur le manque de 1,5 milliards d’euros de recettes exceptionnelles (REX) en 2015, alors qu’elles étaient prévues par le loi de programmation militaires (LPM) 2014-19.
Et la majeure partie de ces ressources devait provenir en 2015 et 2016 de la mise aux enchères de la bande de fréquences hertziennes des 700 MHz, qui devait être affectée à la téléphonie mobile des amis du pouvoir (Free et Numéricable). Mais il y eût encore un ‘mais, car les contrôles des députés et des sénateurs firent apparaître que les recettes de cession des fréquences de la bande des 700 MHz ne seraient pas disponibles avant, au mieux, la fin 2015. D’où un manque de 1,5 milliard d’euros pour financer l’exécution de la LPM en 2015, en particulier le programme d’équipement des forces armées.

Le Livre blanc cherchait une justification à ses estimations en rappelant que la baisse des effectifs de l’armée avait été amorcée par Nicolas Sarkozy, qui avait prévu la suppression de 54.000 postes sur la période 2008-2015.
Or, la politique extérieure de Sarkozy était au désengagement. En 2008, Sarkozy avait  assuré la protection de l’aéroport de N’Djamena lors de l’évacuation des ressortissants français au Tchad. En décembre 2008, des militaires français avaient apporté leur participation à l’opération européenne « Atalante » contre la piraterie au large des côtes de Somalie. Le 4 avril 2011,  des forces françaises (Licorne) à Abidjan (Côte d’Ivoire) se mobilisèrent en appui des forces de l’ONU (ONUCI) contre le président sortant Laurent Gbagbo, membre de l’Internationale socialiste, accusé d’utiliser des armes lourdes contre des populations civiles. En octobre 2011,  Sarkozy mit un terme à l’Opération « Harmattan » en Libye. En 2012, le coût des opération extérieures (OPEX) de la France s’étaient chiffrées à 870 millions d’euros, contre 1, 2 milliard en 2011. Le projet 2012 de la loi de finances pour 2013 prévoyait une dépense de 630 millions, avant l’intervention au Mali…


Les Echos ne précisent pas en revanche que Hollande a lancé trois interventions extérieures en deux ans: au Mali, l’opération « Serval » en janvier 2013, suivie de l’opération Barkhane, le 1er août 2014, en République centrafricaine, l’opération Sangaris, le 5 décembre 2013. Le 18 septembre 2014, le président Hollande engagea encore des troupes française en appui aérien aux autorités irakiennes pour « porter des coups à l’organisation terroriste« , Daesh.

Opération Centrafrique : le VBCI au service de la force Sangaris

Selon Europe 1, le détail des coupes dans le budget aux armées devait être le suivant :
– Armée de terre : 7.000 hommes en moins, soit l’équivalent d’une brigade de combat.
– Armée de l’air : grosse réduction d’effectif également comme pour l’armée de terre et 50 avions de moins, soit 20% de ses capacités
– Marine : peu de coupes, car détentrice de la dissuasion nucléaire.
– Forces spéciales : peu de coupes puisqu’elles ont montré leur intérêt sur les champs de bataille à l’étranger, comme récemment au Mali. Les forces stationnées en Afrique sont aussi épargnées.

A noter encore que ce Livre Blanc (décidément très flou) ne rentrait pas dans le détail précis des régiments supprimés. De crainte de déclencher la colère des municipalités et des commerçants frappés par ces pertes de revenus. C’était la Loi de programmation militaire (LPM) qui s’en chargerait.

Hollande veut maintenant freiner la baisse des effectifs qu’il avait lui-même décidée

Coup de tonnerre, le 14 janvier après-midi, sur le porte-avions « Charles-de-Gaulle » en partance pour le Golfe, puis l’océan Indien. Le chef de guerre socialiste y a présenté ses voeux aux forces armées, y annonçant sa décision de mettre un frein aux restructurations au sein de la Grande Muette, mais « à budget constant ». « La situation exceptionnelle que nous connaissons doit nous conduire à revenir sur le rythme des réductions d’effectifs qui avait été programmé dans la loi de programmation militaire sur les trois prochaines années. Ce rythme doit être revu et adapté« , a-t-il déclaré devant plusieurs centaines de marins.

France: projet de loi de finances rectificative 2013

Et Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, va avancer à marche forcée, assure-t-on, indépendamment de la capacité de ses conseillers à lui remettre des propositions substantielles d’ici à la fin de la semaine, dans l’optique d’un Conseil de défense planifié mercredi prochain. « Je prendrai aussitôt mes décisions », a lancé le chef de l’Etat, d’un ton martial.

Des armées en état de surchauffe et aux matériels obsolètes

Les militaires ont le moral au plus bas, voyant les régiments et les bases aériennes fermer les unes après les autres, d’autant que, dans le même temps, le pouvoir politique leur demande toujours plus, bien qu’ils aient dû subir des retards de paiements de soldes dûs aux bugs du logiciel de Louvois.

François Hollande a alourdi la facture des Armées de 24.500. Cette année, ce sont 7.500 postes qui devaient être supprimés, et à peu près autant les deux années suivantes.

Si François Hollande a décidé de battre en retraite sur les coupes sombres, c’est sous la pression des événements, les attentats terroristes de djihadistes de France qui ont endeuillé le pays. En moins de trois jours, 10.500 militaires ont été déployés pour participer au renforcement du plan Vigipirate. « Un rythme inédit », a-t-il salué, mais qui a exténué l’ensemble des forces laissées à disposition sur le sol national. Avec les 8.500 hommes ou femmes en opérations extérieures, le constat est sans appel : l’armée est au bord de l’implosion.

Dans une lettre adressée mardi, le député UMP de l’Aisne Xavier Bertrand a demandé à François Hollande de « surseoir » aux baisses d’effectifs. « Je suis convaincu qu’une telle décision serait largement approuvée et que vous pourriez compter sur le soutien de l’opposition dans un esprit d’unité nationale », a-t-il écrit dans le texte révélé par Le Figaro.

Reste le problème du financement

En décembre 2014, la France empruntait à des taux historiquement faibles, nous disait-on. Sur dix ans on avait  atteint le plancher de 0,845%, malgré une conjoncture économique toujours aussi morose et des perspectives d'amélioration plutôt faibles. Alors ?
En décembre 2014, la France empruntait à des taux historiquement faibles, nous disait-on. Sur dix ans on avait atteint le plancher de 0,845%, malgré une conjoncture économique toujours aussi morose et des perspectives d’amélioration plutôt faibles. Alors ?

Les contraintes budgétaires pèsent en effet très fortement sur les crédits militaires. Moins de suppressions de postes, ce sont évidemment des charges plus lourdes. François Hollande a réaffirmé hier que les 31,4 milliards d’euros prévus pour 2015 seraient au rendez-vous, mais il n’en a pas promis davantage et il manque 400 millions d’euros. Il va donc falloir serrer la ceinture des fonctionnaires et des vieux…

Le chef de l’Etat a aussi décrété que soit « mis en oeuvre cette année » le projet de location de matériels militaires, (via la création de sociétés de projet public-privé) destiné à pallier l’absence des 2,2 milliards de recettes exceptionnelles. Faute de quoi la trésorerie de l’armée va passer dans le rouge. Le Parlement va devoir actualiser la loi de programmation militaire pour 2015 de toute urgence. Les promesses de François Hollande font monter la pression sur les élus.

SNCM : la mauvaise cogestion coûtera 800 millions d’euros aux Français

Pour sauver l’entreprise, l’Etat tentera de contourner les règles européennes

L’interventionnisme de l’Etat pourrait conduire l’Europe à sanctionner la SNCM, Société nationale maritime Corse Méditerranée. Un défi que l’Etat pourrait essayer de relever en déboursant discrètement jusqu’à 800 millions d’euros pour permettre à la SNCM de financer quatre nouveaux navires, selon le Canard enchaîné.

Selon l’hebdomadaire, un rapport « remis confidentiellement le 29 avril » au secrétaire d’Etat aux Transports d’alors, Frédéric Cuvillier, par la Caisse des dépôts, institution financière publique , et Bpifrance, la Banque publique d’investissement, recommande cette intervention de l’Etat. Le Canard enchaîné précise que le document a été « rédigé avec l’aide du cabinet d’avocats d’affaire Linklaters », cabinet international d’avocats d’affaires britannique.

L’entourage du ministre avait confirmé qu’un rapport lui a bien été remis, mais aussi à l’actionnariat salarié et au directoire en mai, mais qu’il ne contient pas les conclusions détaillées par Le Canard. « Reste alors la main secourable des pouvoirs publics qui veulent à tout prix éviter l’explosion d’une bombe sociale à Marseille« , rapporte l’hebdomadaire, rappelant que la compagnie emploie 2.500 salariés.

Les syndicats co-gestionnaires qui ont conduit la société publique au redressement judiciaire (avec une période d’observation de 6 mois) le 28 novembre 2014.

Tromper la vigilance de l’Union européenne

Parmi les pistes envisagées pour dégager prêt d’un million d’euros à l’arrivée qui permettraient de remettre à flot la compagnie française de navigation maritime capitaux publics et privés, le rapport écarte l’arrivée d’un investisseur « en raison de la déliquescence avancée de la compagnie« . Selon le journal, il écarte également la reprise par le Norvégien Siem, qui est pourtant en discussion depuis plus d’un an avec la SNCM.

La difficulté est également de réaliser un montage qui permettrait d’éviter une nouvelle sanction de l’Europe.La SNCM, dont le siège est à Marseille, a déjà été condamnée par Bruxelles à rembourser 440 millions d’euros d’aides publiques, jugées illégales, qu’elle avait perçues lors de sa privatisation en 2006.

La région Corse pourrait servir d’intermédiaire

Selon l’hebdomadaire, « le rapport privilégie la constitution d’une société publique locale (SPL) ou d’une société d’économie mixte (SEM) par la région Corse, qui achèterait elle-même les navires pour les louer à prix d’ami à la SNCM ». A noter que Corsica Ferries, la compagnie privée concurrente, est franco-italienne. Son président est toujours un Bastiais…
En échange, l’Etat -ou plus exactement les contribuables français – compenserait avec une subvention à la région. « En aucun cas, il n’est fait mention dans le rapport d’une subvention qui serait versée à la région Corse« , a assuré l’entourage de Frédéric Cuvillier, rappelant que « l’objectif est de trouver une solution pérenne » et « conforme aux traités » européens.

Au moyen d’un montage confidentiel et discret, l’Etat français, on l’a compris, tente de circonvenir l’Union européenne.