Guerre commerciale – Les Etats-Unis tentent de mettre un coup d’arrêt à l’invasion des produits chinois

Les communistes chinois appellent l’OMC à l’aide

CHINE: LES EXPORTATIONS AUGMENTENT BEAUCOUP PLUS QUE PRÉVUPékin a saisi vendredi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester l’entrée en vigueur de droits de douane américains sur certaines importations chinoises, accusant l’administration Trump  du déclenchement de « la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique ». Le ministère chinois du Commerce a fait vendredi de son recours à l’OMC, dont l’une des tâches est de réduire les obstacles au libre-échange, après avoir la mise en oeuvre  immédiate de droits de douane de 25% sur un montant « égal » de quelque 540 produits américains, .

Pékin réagit ainsi à l’entrée en vigueur de droits de douane américains de 25% sur 34 milliards d’importations chinoisesLa Chine avait promis « de ne pas tirer la première », puisque ce n’était pas l’intérêt de l’agresseur, mais avait prévenu: « pour défendre les intérêts fondamentaux du pays et de sa population« , elle sera contrainte de riposter. C’est ce qu’a fait Trump, pour défendre les intérêts fondamentaux des Etats-Unis et de sa population.

Il ne s’agit que d’un addendum à la plainte qu’avait déjà déposée le géant asiatique pour contester l’imposition, en mars dernier, des taxes américaines de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium, a précisé une source à Genève. 

Les nouveaux tarifs douaniers américains, entrés en vigueur vendredi, affectent 818 produits chinois dont des automobiles, des disques durs ou des composants d’avions, mais épargnent des produits populaires comme les télévisions et téléphones.
Une deuxième série de taxes sur 16 milliards d’importations entrera prochainement en vigueur, a rappelé jeudi Donald Trump, évoquant un délai de « deux semaines ».

Les exportations chinoises avaient progressé de 44,5% sur un an, en février 2018, dépassant de très loin les pronostics (+13,6% !)

Au total, ce sont 50 milliards de dollars d’importations chinoises annuelles qui seront donc affectées par les mesures américaines, destinées à compenser le « vol » de propriété intellectuelle et de technologies par la Chine dénoncé par l’administration Trump, mais une pratique que laisse perdurer Bercy en France.

Les Etats-Unis ne devraient pas faire les choses à moitié, puisque Donald Trump envisage de porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés, soit la grande majorité des importations venues du géant asiatique (505,6 milliards de dollars en 2017).

Taxes américaines sur les marchandises chinoises

Ces mesures douanières américaines ont fait tomber le déficit commercial des Etats-Unis en mai à 43,1 milliards, son plus bas niveau depuis octobre 2016 en dopant les exportations de soja vers la Chine (+89,6%), avant que cette denrée ne soit taxée en représailles.

Les anti-Trump soutiennent le dumping commercial chinois qui pénalise pourtant aussi l’économie française

Depuis des mois, les experts anti-américains développent la crainte d’une guerre commerciale et d’un coup d’arrêt des échanges de produits à travers la planète, actuels moteurs de la croissance mondiale.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang, actuellement en Bulgarie, a estimé vendredi qu’une « guerre commerciale ne profite à personne ». La presse française à l’écoute des rues de Pékin raconte que des consommateurs s’inquiétent par ailleurs de possibles hausses des prix consécutives aux taxes sur les produits américains. Ils se disent solidaires des autorités, insiste l’AFP. Cette agence de presse fait parler un chinois moyen fantasmé :  M. Yang (sic), client d’une supérette, lui aurait déclaré : « je ferai de mon mieux pour acheter chinois »… L’agence de presse hexagonale serait-elle devenue une adepte du patriotisme économique, sous réserve qu’il soit chinois ?

A la faveur du « secret des sources », la même agence se serait trouvée, à la fédération des détaillants, un homologue américain de Monsieur Yang (ou Chang !) pour affirmer que plusieurs produits vendus aux Etats-Unis pourraient voir leurs prix augmenter, « les étudiants devant débourser plus pour le mini-réfrigérateur dont ils auront besoin à l’université à l’automne« . Quand aux vieux, n’en parlons même pas: ce n’est pas vendeur…

Nos  pro-chinois ajoutent à la psychose

Les partisans revanchards d’Hillary Clinton dénoncent les mesures protectionnistes 

>prises par Donald Trump depuis le début de l’année. Selon eux, il ne défendrait pas l’emploi des travailleurs américains et sa balance commerciale, mais agirait à l’encontre de ses partenaires commerciaux, « suscitant exaspération et inquiétude, » commentaire partisan non étayé : une ‘infox’ non chiffrée ne serait donc pas une ‘fake news’ ?

La Maison Blanche impose depuis le 1er juin des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, de l’Union européenne, du Mexique ou de la Russie qui ont porté l’affaire devant l’OMC. Comme Pékin.

Dans le sillage de ces mêmes pays, Moscou a annoncé vendredi l’introduction de surtaxes sur une série de produits américains en réponse aux barrières douanières imposées à l’acier et l’aluminium.

Des experts mettent en garde contre les dégâts potentiels d’une telle politique, non seulement sur l’économie américaine mais aussi sur l’économie mondiale.
L’imposition de taxes réciproques « va peser sur la croissance, la confiance (des ménages) et les marchés financiers », ont réagi vendredi les économistes d’Oxford Economics. Pour information (1er juillet 2018), un rapport du cabinet Oxford Economics prévoit un possible rattrapage économique de Paris sur Londres, du fait du Brexit au Royaume-Uni et de l’élection d’Emmanuel Macron en France… : « la compétition entre les deux capitales européennes tend à se resserrer ».  Ce cabinet se fonde sur des prévisions ! Celles d’une croissance du PIB de 1,6 % prévue d’ici à 2021. En attendant, et après 14 mois (voire plus de 6 ans, en comptant les temps de services de Macron à Hollande, depuis 2012),
Paris se positionne en 18e position dans le classement des villes d’Europe réalisé par le cabinet « indépendant » anglo-saxon. Loin derrière Londres à la 8e place et ses 2,3 % de croissance escomptés au cours des prochaines années : un rattrapage de dix places ?…. Oxford Economics considérait jusqu’ici que l’Elysée – sans rien faire – pourrait trouver avec le Brexit une fenêtre d’opportunité et devenir un refuge prisé pour les salariés quittant la City. Trump brise les rêves jupitériens de succès les doigts dans le nez. A la tête du classement d’Oxford Economics, c’est plutôt Varsovie qui affiche la plus forte croissance pour les cinq prochaines années (+3,5 %). Chez les ouvriers de Whirlpool, le protectionnisme fait recette : les ouvriers de l’usine d’Amiens bientôt délocalisée en Pologne, hésitent entre  colère, résignation et espoir : pour protéger l’emploi, il faut plus de protectionnisme.

Trump réagit aux menaces de ces dernières semaines : des entreprises américaines ont averti qu’elles pourraient licencier, faute de rester compétitives, voire mettre la clé sous la porte. « L’économie se porte probablement bien mieux que par le passé, avant que nous réglions le problème des accords commerciaux inéquitables passés avec chaque pays », a-t-il estimé.

Du côté chinois, « la guerre commerciale va ralentir la croissance du PIB chinois de 0,2 point de pourcentage » en 2018, a estimé un responsable de la Banque centrale, jugeant toutefois l’impact « limité ».

Les exportations chinoises augmentaient beaucoup plus que prévu

 

Le péril jaune s’est accru à un rythme le plus rapide en trois ans en février, ce qui donne à penser que la croissance économique chinoise reste solide, malgré la possible détérioration des relations commerciales avec les Etats-Unis et la propagande macronienne.

Dépassant largement les anticipations des économistes, les exportations chinoises ont progressé de 44,5%, tandis que les importations n’ont avancé que de 6,3%, montrent les statistiques douanières sur un an,  publiées jeudi. Cela fait ressortir un excédent commercial de 33,74 milliards de dollars (26,9 milliards d’euros), pour le mois.  Réuni en janvier-février, il  a même crû de 43,6% sur un an à 54,32 milliards de dollars.

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La France va pouvoir acheter du pétrole de schiste à l’Algérie…

Sonatrach et Exxon Mobil ont signé un accord sur le gaz de schiste cette année

La compagnie pétrolière algérienne Sonatrach entend signer un accord avec l’américain Exxon Mobil pour le développement du gaz de schiste, a-t-on appris de source officielle cette semaine. Devant intervenir d’ici la fin de l’année, d’après la même source, cet accord permettra la mise en valeur des réserves de schiste de l’Algérie.  Ce pays est le troisième au monde en potentiel de gaz de schiste. Donc de pétrole de schiste.

Résultat de recherche d'images pour "petrole de schiste"Le pétrole de schiste (en anglais shale oil) est un pétrole léger contenu dans des formations géologiques poreuses de faible perméabilité, souvent du schiste ou du grès. <br>Selon l’AIE (Agence internationale de l’énergie), les Etats-Unis deviendront le premier producteur mondial d’hydrocarbures liquides (pétrole et liquides de gaz naturel) entre 2020 et 2025 avec 12,5 Mbbl/j, devant l’Arabie saoudite (10,8 Mbbl/j) et la Russie (11 Mbbl/j).

A la tête de l’une des plus importantes réserves mondiales de roches schisteuses, l’Algérie veut procéder au développement du gaz de schiste. Pour ce faire, la compagnie pétrolière algérienne, Sonatrach, envisage de signer un accord avec le géant américain Exxon Mobil. 

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«Nous verrons probablement bientôt un accord avec Exxon, avant la fin de l’année … Nous regardons leur expérience dans le schiste et nous voudrions qu’ils soient impliqués avec nous», a déclaré Abdelmoumen Ould Kaddour, le président directeur général de la Sonatrach, cette semaine, en marge de la Conférence mondiale sur le gaz, tenue à Washington.

Selon lui, les échanges portant sur un potentiel accord entre les deux compagnies ont démarré au début de cette année. Le patron de la Sonatrach a indiqué ensuite qu’une mission de sept experts de la compagnie américaine avec pour objectif d’inspecter la géologie du pays ainsi que d’autres facteurs en vue de la signature de l’accord, a séjourné récemment en territoire algérien. 

Mais la Sonatrach discute également avec d’autres compagnies toujours pour le développement du gaz de schiste.

«Nous avons besoin que beaucoup plus de compagnies viennent pour explorer», a déclaré Ould Kaddour à Bloomberg. «Nous discutons avec toutes les grandes compagnies». 

Résultat de recherche d'images pour "petrole de schiste"Le PDG de la Sonatrach pense à Chevro, par exemple, deuxième compagnie pétrolière américaine derrière Exxon Mobil. Mais celle-ci part avec un avantage sur ses concurrentes, étant très appréciée par les autorités pétrolières algériennes. «Exxon Mobil est Exxon Mobil», a insisté Ould Kaddour. «Ils ont une grande expérience dans ce domaine, et ils utilisent une technologie qui pourrait être positive pour notre développement», a ajouté le patron de la Sonatrach.

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Les gisements potentiels en France

Pour des raisons idéologiques sous la pression des lobbies environnementalistes, la France n’est pas au nombre des experts en gaz de schiste et s’est exclue de ce marché.

 

Ralentissement économique plus marqué que prévu, depuis début 2018

La magie des paroles de Macron n’opère pas

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Macron est passé de « Yes, we can ! » à « Yes, we might »…

Le ralentissement se confirme: l‘INSEE a dû réviser à la baisse les prévisions de croissance économique française du premier trimestre, mercredi, soulevant quelques inquiétudes, alors que des problèmes s’annoncent à l’horizon.

 

La hausse du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 0,2% sur les trois premiers mois de l’année, soit 0,1 point de moins que ce qui avait été préalablement annoncé, selon une deuxième estimation publiée mercredi par l’Institut national de la statistique dépendant de Bercy.

L’exécutif accuse un ralentissement plus net que prévu de l’investissement des entreprises et de la consommation des ménages, selon l’Insee, qui précise pourtant avoir révisé ses méthodes de calcul de l’évolution du PIB.

L’activité économique a ainsi marqué un coup d’arrêt par rapport à la croissance du quatrième trimestre 2017 (0,7%) et des trimestres précédents

L’INSEE avait pris le risque d’adopter la méthode Coué en révisant à la hausse (+0,8%) pour le premier trimestre et +0,7% pour les deuxième et troisième trimestres. « Le fait qu’il y ait une révision à la baisse n’a en soit rien de dramatique; c’est assez habituel au premier trimestre« , banalise Alexandre Vincent, économiste à l’institut Coe-Rexecode, premier centre privé français de recherche en économiedont l’actuel directeur est Michel Didier, également membre du Conseil d’analyse économique depuis 1997 et membre du Cercle des Economistes, un cercle de réflexion présidé par un ex du directoire du Groupe Edmond de Rothschild, dont Macron fut associé-gérant. Il est aussi le père de l’homme politique LR Geoffroy Didier.

« On avait encaissé la nouvelle que le premier trimestre n’était pas très bon dès la première estimation, raconte-t-il après coup : le ralentissement se profilait, il est maintenant engagé », avoue-t-il néanmoins.

Les investissements des entreprises se sont ainsi effondrés, passant de +1,2% au dernier trimestre 2017 à +0,1% le trimestre suivant. En cause essentiellement, le repli de l’investissement en biens manufacturés (−1,3% après +1,6% au dernier trimestre 2017).<br>« Il y a eu un ajustement au premier trimestre après une fin 2017 pas soutenable en termes d’évolution », estime Philippe Waechter,  directeur de la recherche économique chez Natixis AM, selon lequel les entreprises « reprennent leur souffle ».

L’investissement des ménages a lui aussi fléchi, avec une croissance de 0,2% contre 0,6% au trimestre précédent, « en raison d’un ralentissement dans le secteur de la construction, » selon l’Insee. Macron aurait-il sous-estimé l’incidence de sa hausse de la CSG et de sa baisse des APL ?

La consommation est pour sa part restée « atone », progressant de 0,1% entre janvier et mars, contre 0,2% lors des trois mois précédents. La politique de Macron ne stimule ni les fonctionnaires, ni les retraités qu’il maltraite.

« Le chômage reste élevé, il n’y a pas eu d’accélération des salaires, et le pouvoir d’achat a été écorné par certaines mesures fiscales » entrées en vigueur début 2018 (hausse de la contribution sociale généralisée, CSG, et de la fiscalité sur les carburants et le tabac), explique Alexandre Vincent (Coe-Rexecode). 

Le commerce extérieur, qui s’était fortement redressé entre octobre et décembre, a eu, quant à lui,  un effet nul sur la croissance : les exportations ont ainsi reculé de 0,3% (après +2,3%), mais ce recul a été compensé par une baisse similaire des importations (-0,3% après +0,1%). Nul ne sait qui est en charge du Commerce dans le gouvernement Philippe. L’inconnu(e) ne peut être viré(e), mais le ministre de tutelle pourrait bien être Bruno Le Maire qui cumule tant d’attributions qu’à l’évidence, désormais, il n’a sans doute pas les épaules aussi larges qu’imaginées à l’Elysée.

Ce coup de mou ne remet toutefois pas en cause à ce stade l' »acquis de croissance » pour 2018

Le niveau que le PIB atteindrait si l’activité stagnait d’ici à la fin de l’année est tenu pour acquis… <br>Selon l’INSEE, ce dernier se maintient à 1,2%, en raison de la dynamique des pays voisins dans l’année 2017, marquée par une croissance soutenue de 2,2%, soit le plus haut niveau de croissance en France depuis 10 ans. 

Reste que ces statistiques envoient un signal inquiétant, d’autant que la tendance qui se dégage pour le deuxième trimestre n’est guère encourageante: selon la Banque de France, la croissance devrait en effet continuer à patiner au printemps, sur un rythme de 0,3%.

Plusieurs indicateurs ont confirmé ces derniers jours le ralentissement économique à l’oeuvre dans l’Hexagone. Le climat des affaires, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprises, s’est ainsi replié de deux points en mai, pour le cinquième mois consécutif. Quant aux dépenses de consommation des ménages en biens, elles ont diminué de 1,5% en avril, d’après l’Insee.<br>« Ces évolutions indiquent que la croissance française devrait rapidement redescendre vers 1,5%« , s’est alarmé sur Twitter l’économiste Marc Touati, enseignant à Sciences Po, tout en étant directeur général délégué et directeur des Etudes Economiques de Global Equities, jugeant la croissance « en danger ».

Plus politique pour sa part, Philippe Waechter tend déjà à rendre le bouleversement politique en Italie responsable des malheurs de Bercy. « Il y a l’idée que l’économie européenne est engluée de nouveau dans quelque chose de préoccupant« , distille-t-il, tout en restant dans le flou. Et de supputer que cela « peut modifier les anticipations et pénaliser la croissance », attendue par le gouvernement à 2% cette année.

Résultat de recherche d'images pour "stagnation"Bref, Macron n’est pas mauvais: ce sont les pays voisins qui ne l’aident pas ! <br>Mais notre chance sera que, quand ils vont avoir connaissance du niveau de performance du  » premier de cordée  » de l’Elysée…, le ‘benchmarking‘  des migrants marche à fond.

Hidalgo a voulu sa mort :  » ‘Autolib’ devrait s’arrêter dans les tout prochains jours, » confirme Marie Bolloré

Alors que le Syndicat Autolib’ Métropole va proposer, jeudi, de résilier le contrat de délégation de service public qui le lie avec le groupe Bolloré,

la directrice de Blue Solutions, entreprise qui s’occupe des Autolib’  était l’invité de Jean Leymarie, mercredi 20 juin. <br>Autolib’ est un service d’autopartage de voitures électriques en libre-service disponible dans l’agglomération parisienne. Initié par Yves Contassot, le projet a été porté par le maire socialiste Bertrand Delanoé qui en a fait un de ses chevaux de bataille lors des municipales de 2008 à Paris.  C’est son conseil municipal qui a confié la conception des Bluecar utilisées, ainsi que l’exploitation du service, pour une durée de 12 ans, au groupe industriel Bolloré par le syndicat Autolib’ et Vélib’ Métropole (SAVM), un syndicat mixte ouvert, regroupant des collectivités et des établissements publics. La société Blue Solutions, filiale du groupe Bolloré, remporta en effet la procédure l’appel d’offres.

 

Lancé en 2011, le service Autolib’ est assuré, en août 2017, au moyen de 3.907 véhicules répartis dans 1.100 stations couvrant à l’origine 102 communes de l’agglomération parisienne.

Image associéeAlors que l’autopartage de véhicules électriques fonctionne correctement ailleurs en Europe, en France Autolib’ se révèle fortement déficitaire dès 2017.

Image associéeLe prestataire ne devait pas avoir à solliciter d’aides publiques et devait même apporter 56 millions d’euros de bénéfices par an, mais l’entretien des véhicules s’est révélé plus coûteux que prévu, du fait notamment de l’état de saleté et de dégradation dans lequel les usagers laissent les voitures, quand ils ne les squattent pas, ce qui pourrait interpeller la Mairie de Paris. En 2018, le groupe Bolloré annonce que le service public produit 50 millions de pertes annuelles. En juin 2018, en raison de la dette considérable, la mairie de Paris déclare envisager une alternative à Autolib’. Selon Le Monde, la dette d’Autolib’ et du groupe Bolloré s’élève à 293,6 millions d’euros. Des chiffres confirmés au quotidien par la mairie de Paris. 

Il y a « encore un léger espoir » du côté de Blue Solutions, l’entreprise du groupe Bolloré  – bête noire de la gauche – que le service ne s’interrompe pas. Marie Bolloré, sa directrice, a expliqué, mercredi 20 juin sur franceinfo, qu’en cas de résiliation du contrat d’Autolib’, le service s’arrêtera « dans les prochains jours »

Anne Hidalgo rejette l’entière responsabilité des surcoûts sur le groupe Bolloré. 

Image associéeOr, celui-ci lui a demandé, ainsi qu’aux autres collectivités utilisatrices du service, d’éponger la majorité de la dette d’ici à la fin de la concession avec la mairie, en 2023, singulièrement en conséquence des incivilités non maîtrisées à Paris et les communes affiliées au service. Si le contrat d’exploitation d’Autolib’ prévoit que le concessionnaire apure une dette maximale de 60 millions d’euros, Vincent Bolloré a demandé aux collectivités publiques de payer 46 millions d’euros par an pour combler le reste du gouffre budgétaire. Une exigence « abracadabrantesque » pour la maire de Paris. Résultat : « la délégation de service public » pour Autolib’ à Paris « n’est plus à l’ordre du jour », a-t-elle expliqué mercredi dans un entretien au Journal de l’automobile.

Résultat de recherche d'images pour "autolib deterioré"Mais dans un communiqué de vendredi dans la soirée, le groupe Bolloré a rappelé que l’autre option, celle d’une résiliation du contrat par le syndicat gestionnaire, coûterait 300 millions d’euros aux collectivités, soit encore plus cher, en raison de clauses prévues dans ce contrat.

Le syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole proposera jeudi 21 juin aux 98 communes qui le composent, dont Paris, de résilier le contrat conclu avec le groupe Bolloré pour gérer ce dispositif. Cette annonce intervient alors qu’Autolib’ est confronté à une dette abyssale, que les collectivités locales ne veulent pas absorber.

franceinfo : Est-ce que c’est fini Autolib’ ?

Résultat de recherche d'images pour "autolib deterioré"Marie Bolloré : Nous avons encore un léger espoir. Nous allons attendre le vote demain. C’est l’intérêt d’avoir toutes les communes. La proposition de résiliation vient du syndicat mixte. Nous verrons si toutes les communes sont d’accord avec cette proposition.

Si le service s’interrompt, qu’en est-il des abonnés ?

Le service s’arrêtera au jour de la résiliation. Nous recevrons sans doute dans les prochains jours la notification de résiliation de la part du syndicat mixte Autolib’ Vélib’ métropole (SAVM) et ensuite le service s’arrête. Si le syndicat le souhaite, nous pouvons opérer en régie, c’est-à-dire que nous serons mandatés comme un prestataire et rémunérés pour cette fonction le temps qu’ils le souhaitent. Nous y sommes prêts.

Est-ce que ce n’est pas un chantage que vous êtes en train de faire ? Parce qu’aujourd’hui vous leur dites : « Soit vous payez, soit on arrête ».

Une borne Autolib à Paris. Ce&nbsp;service de voitures électriques en autopartage avait été lancé en 2011 sous Bertrand Delanoë.&nbsp;&nbsp;

Ce n’est pas un chantage. Nous tirons la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. Il y avait quand même un troisième choix, ce dont ne parle pas le syndicat, qui était une négociation. Nous avons fait un comité de conciliation, nous n’avons pas trouvé d’accord. Nous avons continué à négocier, nous avons trouvé en avril un accord de principe que nous a donné le syndicat pour la poursuite du service avec des accords à la fois financier et de modalité. Puis, tout à coup, retour en arrière et le groupe Bolloré ne comprend pas : plus de nouvelles, c’est-à-dire qu’ils ne nous répondent plus. Ils ne sont plus à la table des négociations. Malheureusement, nous n’avions donc pas d’autres choix afin de ne pas creuser le déficit jour après jour parce qu’on perd presque 2 millions d’euros par mois, que d’envoyer cette notification de défaut d’intérêt économique.

Vous reprendriez les 250 salariés qui travaillent directement pour Autolib’ comme le demande la mairie de Paris ?

Pour nous, ce n’est pas un problème de savoir à qui sont les salariés. Est-ce qu’ils seront transférés ou pas ? Dans le contrat, ils seront transférés s’il y a une continuité d’exploitation. Aujourd’hui, on a entendu que les voitures allaient peut-être être supprimées, on n’a pas encore entendu que le service de recharge pour les véhicules tiers va être non opéré demain. Nous attendons une notification. Bien sûr, nous allons les reprendre mais pour les salariés le problème n’est pas ‘qui va les payer à la fin du mois’, c’est de dire ‘est-ce que je vais avoir un travail’ ? Vous savez très bien que le groupe Bolloré n’a pas d’activité automobile ou d’ambassadeur, de mécanicien ou d’électronicien en Ile-de-France.

Macron s’acharne sur les fonctionnaires : il gèle leur salaire en 2019

Le gouvernement n’a annoncé aucune hausse du point d’indice : ne parlons donc même plus de rattrapage !…

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La rencontre qui s’est tenue lundi, entre les neuf syndicats de fonctionnaires et le secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique: «c’est une catastrophe !», s’écrie Christian Grolier (FO) qui ne trouvait plus ses mots lundi après la sortie de ce «rendez-vous salarial» avec le secrétaire d’État chargé de la Fonction publique, Olivier Dussopt (photo). «Les annonces ne sont pas à la hauteur», abondait Mylène Jacquot (CFDT).

Cet abandon des serviteurs de l’Etat n’empêche pas le traitement des agents d’augmenter à la marge, assure le pouvoir, via des primes, l’ancienneté, etc., mais il est perçu comme du mépris par les syndicats qui tiennent à des hausses générales pour tous.

D’autant que de 2010 à 2019, en près de dix ans, le point d’indice n’a été relevé que de 0,6 % en 2016 et en 2017.

La reprise de l’application de l’accord sur les salaires (PPCR), après sa suspension en 2018, coûte assez cher, selon le gouvernement : 840 millions d’euros l’an prochain pour les finances publiques.
«Nous tenons nos engagements sur PPCR», se défend l’entourage de Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, un « élément de langage » éculé, tellement il a servi en seulement un an.
S’y ajoutent des mesures sur le remboursement des frais de mission, la compensation de la CSG et celle de l’inflation (Gipa), l’ouverture de discussions sur le logement et la complémentaire santé.

L’exécutif prend tout son temps pour repenser la rémunération des fonctionnaires, à leurs dépens, pour accroître la part au …mérite. Et cibler les hausses sur certaines professions, en l’occurrence dans la fonction publique hospitalière. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, fera prochainement des annonces en ce sens.

Le gouvernement veut aussi améliorer la mobilité des 5,5 millions agents (la concertation s’ouvre ce mardi sur ce thème), recruter davantage de contractuels et simplifier les instances de représentation du personnel.

Ces réformes heurtent des syndicats déjà échaudés par les 120.000 suppressions de postes prévues d’ici à 2022 et le rétablissement du jour de carence. Ils se retrouveront en intersyndicale le 5 juillet. Mais il leur sera impossible de bâtir une riposte avant les congés d’été. Les militants fonctionnaires FO et CGT se contenteront de participer à la journée d’action du 28 juin, pilotée par leurs confédérations.

Carrefour : l’ancien PDG renonce à (une partie de) son indemnité de départ

Le « premier de cordée » dévisse sous les yeux de Macron

blog -matelas de billetsL’ancien PDG de Carrefour Georges Plassat a renoncé à son indemnité de départ : elle avait été jugée “choquante” par le gouvernement Philippe, ont annoncé samedi le groupe de distribution et le patronat.

Il a “décidé de renoncer à l’application de la clause de non concurrence qui lui avait été octroyée et donc au versement de l’indemnité de départ correspondante”, soit 3,9 millions d’euros, précise Carrefour dans un communiqué.

L’ancien dirigeant a pris cette décision “en raison de l’incompréhension qui entoure les conditions financières de son départ”, poursuit Carrefour.

En 2017, alors que Macron était ministre de l’Economie, les actionnaires de Carrefour avaient voté vendredi à 68% l’octroi à Georges Plassat d’une rémunération de 13,17 millions d’euros .

Cette somme comportait près de 4 millions d’euros d’indemnité de départ sous forme d’un engagement de non-concurrence. Cette clause devait en théorie empêcher Georges Plassat de devenir dirigeant d’un groupe concurrent de Carrefour, un cas de figure pourtant peu probable compte tenu de son âge (68 lors de son départ à la retraite) et de ses problèmes de santé.

Le ministre de l’Economie avait sommé samedi le patronat de prendre des “mesures fortes”

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La femme de Bruno Le Maire, Pauline Doussau de Bazignan, une artiste qui fait bouillir la marmite ?

Bruno Le Maire avait publiquement jugé la » rémunération de M. Plassat “choquante”. Carrefour est engagé dans un sévère plan de restructuration sous la direction du nouveau PDG, Alexandre Bompard. « Que l’échec soit récompensé par des rémunérations très élevées, c’est incompréhensible et choquant », a jugé le ministre étatique qui a ainsi exercé des pressions gouvernementales sur le secteur privé.

« Les anciens dirigeants de Carrefour ont laissé une situation très dégradée, cette situation a amené la nouvelle direction à prendre des mesures de restructuration qui vont se traduire par des pertes d’emplois et des fermetures de magasins. On ne peut sanctionner cet échec par des rémunération élevées et une telle prime de départ », a ajouté le ministre.

« Carrefour, à mon sens, doit changer la structure de fin de contrat de ses dirigeants et ses dirigeants doivent se conformer au code Afep-Medef », a-t-il estimé.

De leur côté, l’Association française des entreprises privées (Afep) et le Medef publieront “une version renforcée du code de gouvernement d’entreprise dans les prochains jours” afin d’éviter les écarts constatés récemment,” ont-ils annoncé.

L’Assemblée vote l’indemnisation chômage des démissionnaires; la gauche la juge dérisoire

C’est la représentation nationale que la gauche met en cause

blog -assurance chomage-reformer l emploi-JM.jpgDans la nuit de vendredi à samedi, à l’issue de l’examen du projet de loi avenir professionnel et de ses quelque 2.000 amendements vers 04h00 samedi matin, les députés ont approuvé notamment l’extension de l’indemnisation chômage aux démissionnaires, une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, moquée par la gauche pour le nombre « dérisoire » de bénéficiaires potentiels, évalué à 30.000. Le vote solennel sur le texte aura pourtant lieu mardi.

Le candidat Emmanuel Macron avait évoqué une assurance chômage « universelle » permettant aux indépendants et démissionnaires de toucher des allocations, avec en « contrepartie » un contrôle renforcé des chômeurs, soupçonnés d’être des profiteurs du système en vigueur. Il avait ensuite chargé la barque des demandeurs de cette indemnisation chômage en ajoutant l’obligation, pour les démissionnaires, d’avoir un projet professionnel.

Le texte « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » est porté par la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Le gouvernement le présente comme le complément des ordonnances travail, entend créer de nouveaux « filets de sécurité ». « Quand on prend le risque de la mobilité professionnelle, les filets de sécurité sont très déficients », a défendu Muriel Pénicaud, jugeant nécessaire d’aller vers « une approche universaliste de l’assurance chômage ». Pour Michèle Peyron, députée LREM de Seine-et-Marne ( Brie-Comte-Robert),  diplômée du …brevet des collèges et membre de la commission des Affaires sociales, la réforme « facilitera les transitions professionnelles ».

Macron ne vise plus une universalité totale, mais une indemnisation, sous conditions, en cas de démission avec un projet de reconversion ou de création ou reprise d’entreprise.

« Il ne faut pas pousser les gens à démissionner mais accompagner ceux qui ont un projet », a justifié Pénicaud. Cette indemnisation sera limitée aux démissionnaires ayant travaillé sans interruption au cours des cinq années précédant la démission.

Le gouvernement pourrait éventuellement l’élargir par décret

Les bénéficiaires serait les personnes qui, lors des cinq dernières années, auraient connu une courte interruption, avait récemment indiqué le rapporteur de ce volet Aurélien Taché (LREM),  un ex-apprenti en plomberie, qui à 19 ans s’inscrit en droit public à l’université de Limoges pour y militer dans le syndicalisme étudiant. C’est  l’UNEF – socialiste – qui lui trace sa route… 

Résultat de recherche d'images pour Selon Le Monde, Taché fait partie d’une petite dizaine de députés qui forment « la garde avancée d’Emmanuel Macron, au Palais-Bourbon comme dans les media. Des janissaires [esclaves d’origine européenne et de confession chrétienne qui constituaient l’élite de l’infanterie de l’armée ottomane] dévoués corps et âme à l’ex-banquier, qui ne dépendent que de lui, ne rendent de comptes qu’à lui ».  On peut avoir été conseiller auprès des ministres du Logement Sylvia Pinel et Emmanuelle Cosse  et se découvrir des convictions libérales !  Il était chargé des dossiers relatifs à l’hébergement des sans-abris, du logement des personnes défavorisées, de l’habitat des gens du voyage et de l’accueil des réfugiés et responsable de la lutte contre l’exclusion comme attaché territorial au Conseil régional socialiste d’Ile-de-France, en 2010, mais rester coi sur l’accueil des migrants clandestins de l’Aquarius que SOS Méditerranée tient à débarquer à Valence, ville conservatrice espagnole, en Union européenne plutôt qu’à Tunis.

L’élargissement de la couverture pour les démissionnaires doit concerner 20 à 30.000 bénéficiaires, estime Muriel Pénicaud. Quelque 70.000 démissions par an donnent déjà lieu aujourd’hui à une indemnisation chômage.

Les indépendants doivent bénéficier d’une allocation forfaitaire (800 euros par mois pendant six mois) en cas de liquidation judiciaire et de départ dans le cadre d’un redressement judiciaire. Les conjoints associés devaient aussi être indemnisés en cas de divorce ou rupture de Pacs, mais un amendement gouvernemental est revenu sur ce point. Ces périodes d’indemnisation chômage permettront de valider des trimestres pour la retraite.

Une promesse électorale « réduite comme peau de chagrin » 

blog -chomeurs a egalitéLa gauche dénonce une promesse « piétinée » du candidat Macron. Le socialiste Boris Vallaud juge notamment « dérisoire » le nombre de démissionnaires et d’indépendants qui pourront être indemnisés. « De la parole aux actes, le gap est considérable », selon ce porte-parole (bilingue !), qui dénonce une réforme qui « fait pschitt ».
La promesse de campagne « est réduite à peau de chagrin », lui a fait écho Bastien Lachaud (LFI), mais le ‘gap’ entre Vallaud (époux Vallaud-Belkacem et ex-collaborateur de Hollande à l’Elysée, comme Macron) et la gauche extrême est infime…

Sur l’abus de contrats courts, le gouvernement se décharge sur les entreprises jusqu’à 2019. Mais elles doivent s’y attaquer, sous la menace, sinon, d’un alourdissement de cotisations patronales en cas de ruptures de contrats excessivement nombreuses, que permet ce texte. A l’inverse, celles qui ont peu recours à ces contrats courts auront une réduction de leurs cotisations, selon un bonus-malus. La carotte et le bâton !

« C’est le principe du pollueur payeur : il n’est pas normal que les uns payent pour les autres », a lancé Pénicaud, s’en prenant aux employeurs « qui renvoient indéfiniment à l’assurance chômage alors qu’ils ont des besoins permanents« . Si 85% des salariés sont en CDI aujourd’hui, 80% des embauches se font en CDD de moins d’un mois, l’un des taux les plus élevés d’Europe.

Autre volet épineux, critiqué à droite et à gauche, à l’unisson des partenaires sociaux.

La modification du pilotage du régime autorise l’Etat à encadrer plus strictement des renégociations des règles d’indemnisation par les partenaires sociaux.

Endetté depuis le début des années 2000, l’UNEDIC repasse dans le vert. Les comptes de l’organisme gestionnaire de l’assurance chômage  devraient atteindre l’équilibre en 2019, selon ses propres prévisions publiées mercredi

Résultat de recherche d'images pour "Macron a Pole emploi"Mais la réforme en cours pourrait générer « un surcoût de 280 à 570 millions d’euros en régime de croisière », selon l’Unédic,  Union nationale interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce, co-gestionnaire (par  par délégation de service public) de l’assurance chômage avec Pôle emploi (établissement public à caractère administratif dont le directeur général est nommé par le président de la République), et si elle annonce des excédents « à partir de 2020 », ce n’est pas gagné !

Le texte prévoit aussi des mesures pour l’emploi des handicapés, contre le détachement illégal de travailleurs ou pour l’égalité femmes-hommes.

Le gouvernement a par ailleurs fait voter des amendements pour permettre d’embaucher des contractuels à des postes de hauts fonctionnaires (quelque 10.000 postes au total). Une dose de précarité manquait probablement au sommet de l’Etat, mais les parachutes dorés seront déployés, soyons en sûrs, lors de leur reclassement…

Pour pousser les plateformes de mise en relations (Uber, Deliveroo…) à s’engager pour la protection sociale de leurs travailleurs, en évitant une requalification en salariat, la majorité a défendu un compromis : la possibilité d’une charte sociale, où elles s’engagent notamment sur les conditions d’emploi. « Vous risquez d’affaiblir le droit social existant et vous allez légitimer le système des plateformes », a dénoncé le communiste de Martigues-Port-de-Bouc) Pierre Dharréville, ex-journaliste à L’Humanité. Il est membre de la commission des affaires sociales et fait partie de la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale.

Justin Trudeau fait capoter le G7

Le G7 au Canada a tourné au fiasco samedi.

Les propos du Premier ministre canadien Justin Trudeau ont provoqué une réaction instantanée de Donald Trump qui, d’un tweet vengeur, a retiré son soutien au communiqué commun obtenu dans la douleur,  qualifiant la déclaration du Canadien de “très malhonnête”.

Le président américain a tweeté depuis Air Force One: En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j’ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain!”.

La réaction est spectaculaire. Déjà parti au moment de la publication de ce fameux communiqué, Donald Trump avait fait savoir à la presse voyageant avec lui à bord d’Air Force One qu’il y souscrivait, mais c’était avant d’avoir connaissance des propos de Trudeau.  Un haut responsable de la Maison Blanche a confirmé que le président était “en colère”.

Taxes “insultantes”

Lors de sa conférence de presse de clôture, après deux jours de débats laborieux à La Malbaie (Québec), le Canadien a continué à utiliser le terme d’“insultantes” pour qualifier les taxes tout juste imposées par les Etats-Unis sur l’acier et l’aluminium importés. Et il avait promis d’y répliquer “sans sourciller”.

Embarrassé, le cabinet du Premier ministre canadien s’est limité à une réponse minimale : “Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7. Le premier ministre n’a rien dit qu’il n’avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu’en conversations privées” avec le président américain, mais c’était avant que ne soit trouvé un accord.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a appris la nouvelle au décollage de son avion. Ses services n’ont pas voulu aggraver la situation dans l’immédiat.

A l’origine de la colère de Donald Trump, les propos de Justin Trudeau rendent de facto caduque la déclaration commune sur le commerce grâce à laquelle le “Groupe des sept” (Etats-Unis, Canada, Italie, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon) avait tenté de sauver la face. Ce texte critique le “protectionnisme”, qu’incarne le président américain, et s’engage à “moderniser” l’Organisation mondiale du commerce.

Coup pour coup

Les quelques lignes difficilement négociées ne pesaient pas lourd face à un Donald Trump déterminé à ne rien lâcher pour défendre les intérêts américains. Au prix d’une guerre commerciale ouverte avec ses partenaires, comme le montre sa volonté réitérée de taxer les importations de voitures étrangères à un taux plus équitable, entre partenaires.

Donald Trump dénonce en effet le protectionnisme de l’Union européenne sur les importations de voitures en provenance des pays hors UE. Les taxes européennes s’élèvent à 10%, quand les droits de douanes américains ne s’élèvent qu’à 2,5%.

“Nous sommes la tirelire que le monde entier pille. Cela va cesser”, avait déjà tempêté le président républicain, au cours du sommet.

Justin Trudeau n’est donc pas le seul à vouloir maintenir le statu quo en matière tarifaire. Le président français Emmanuel Macron a ainsi prévenu, lors de sa propre conférence de presse à La Malbaie, qu’il n’y a “pas de changement” en ce qui concerne les menaces de contre-mesures européennes annoncées sur le bourbon ou les motos américaine, en riposte aux taxes américaines sur l’acier et l’aluminium.

Malgré les sourires des dirigeants à la fin du sommet, le G7 a donc été dynamité par un hôte canadien qui préfère les longues négociations multilatérales en meute aux négociations bilatérales. Jusqu’à provoquer le fiasco final de la rencontre.

Le président américain était arrivé le dernier et reparti le premier, se faisant porter absent à une réunion sur le climat. Le président des États-Unis s’est envolé du Canada pour Singapour après le déjeuner de travail consacré à l’égalité des sexes. Donald Trump n’a jamais caché qu’il donne  la priorité à sa rencontre de mardi avec M. Kim. “C’est une occasion unique” d’arriver à un accord nucléaire avec Pyongyang qui “ne se représentera jamais”, a-t-il expliqué.

 

Fermetures de magasins Carrefour : un appel à la grève à partir du 4 juin

Le 4 juin, sera connu le nombre précis de fermetures de magasins en France

Fermetures de Carrefour : un appel à la grève lancé à partir du 4 juin dans les magasins

Après examen des dernières offres, le 18 mai, 227 magasins n’en avaient reçu aucune. Menant la politique du pire, la CGT tente de torpiller le Plan Bompard de restructuration avec un nouvel appel à la grève dans les rangs des salariés du géant français de la distribution à partir du 4 juin.  La CGT entend ainsi dénoncer les fermetures annoncées de magasins et « les licenciements qui vont en découler ».

Sur les 273 supermarchés en sursis, des anciens magasins Dia devenus Carrefour Contact, City et Marché, 227 n’avaient pas reçu d’offres concrètes lors du relevé de compteur, le 18 mai, a révélé Midi Libre le 19 mai. Ce chiffre est confirmé par le géant de la distribution qui annonce leur fermeture cet été, sauf offre surprise de dernière minute.

Recherche de repreneurs : des garanties exigées

Midi Libre publie la liste des Carrefour qui doivent fermer leurs portes en FranceLe 4 juin, ont été publiées les fermetures après examen des dernières offres de reprise qui étaient attendues, un chiffre qui sera officialisé en Comité central d’entreprise  (communes classées par ordre alphabétique dans chacune des zones ):

Centre Ouest : Bagneux, Bonneuil-sur-Marne, Breuillet, Brie Comte Robert, Château Thierry, Chilly Mazarin rue d’Athis, Coulommiers, Epernay, Fontenay-sur-Loing, La Courneuve Vaillant Couturier, Les Pavillons sous Bois, Malesherbes, Migennes, Montevrain, Nanterre République, Neuilly-sur-Marne Maltournée, Orléans-la-Source, Reims Nationale, Rosny-sous-Bois Hoffmann, Saints-Julien-les-Villas, Savigny-sur-Orge, Troyes, Villeneuve-Saint-George Appel du 18 Juin, Vulaines-sur-Seine.

Région parisienne : Clichy 117/119 Jean-Jaurès, Clichy 23 bd Jean-Jaures, Colombes Stalingrad, Herblay Thévenin, Longjumeau Docteur-Roux, Malakoff, Malakoff Brossolette, Paris Daumesnil-Legraverend, Paris Ducouedic-Dumoncel, Paris Montyon, Paris Nemours, Paris Ordener, Paris Poinsot, Paris Rivoli, Paris Vaugirard 236.

Est : Belfort, Bonneville, Bourg-en-Bresse Kennedy, Bourg-Saint-Maurice, Chalons-sur-Saône Kennedy, Chanas, Charvieu Chavagneux, Clermont-Ferrand Pourchon, Firminy, Gap Orient (Tokoro), Givors, Guillestre, Hericourt, Jassans Riottier, La Bresse, La Broque, La Ricamarie, La Talaudière, Le Creusot Jean-Garnier, Livron-sur-Drôme, Lons-le-Saunier Saint Désiré, Luxeuil-les-Bains, Lyon Bloch, Mably, Morestel, Moulins, Oyonnax, Pierre-Bénite, Pont-de-Roide, Pontcharra, Riom, Romagnat, Saint-Dizier, Saint-Pourcain-sur-Sioule, Saint-Vallier, Scionzier, Seynod, Thonon-les-Bains, Tigneu, Tulle, Ussel, Vandoeuvre-les-Nancy, Veauche, Villeurbanne Hyppolite-Khan, Villeurbanne Jean-Voillot, Voiron.

Nord : Aniche Vaillant-Couturier, Armentières, Auchel Georges-Bernard, Auchel route de Lillers, Avion Thumerelle, Bailleul, Béthune Barbusse, Béthune Rue d’Aires, Bohain-en-Vermandois, Bruay-la-Buissière Desseilligny, Bruay-la-Buissière Jules-Guesdes, Bruay-la-Buissière Raymond-Deruy, Caudry, Chauny, Comines, Denain Pyramide, Estaires, Fouquières-les-Lens Fusillés, Gravelines, Haillicourt, Haisnes la Bassée Humblot, Halluin, Henin-Beaumont,  Hersin-Coupigny, Hirson, Houplines, La Sentinelle, Laon, Lesquin Jean-Jaurès, Lievin Jean-Jaurès, Lievin Résidence Aurore, Linselles, Loos-en-Gohelle, Lumbres. Montigny-en-Gohelle, Nieppe rue d’Armentières, Noeux-les-Mines, Oignies, Rousies, Sains-en-Gohelle, Saint-Amand-les-Eaux, Saint-André-lez-Lille, Saint-Martin-au-Laert, Saint-Michel-sur-Ternoise, Saint-Pol-sur-Mer, Saint-Quentin Alexandre-Dumas, Saint-Quentin Cordier, Sallaumines, Sin-le-Noble Maréchal-Leclerc, Soissons avenue de Compiègne, Somain, Tourcoing rue des Francs, Tourcoing Testelin, Wambrechies, Wattignies, Wattrelos Martinoire, Waziers, Wizernes.

Nord-Ouest : Alençon, Amiens Henocque, Argenteuil Fosse-aux-Loups, Beaucouze, Beauvais Jean-Rostand, Beauvais Rue de Clermont, Bois-Guillaume Route de Neufchatel, Caen Demi-Lune, Chanteloup Les Vignes, Cholet, Compiègne, Coulaines, Coutances, Dreux, Evreux Lepouze (lots 1 et 3), Friville-Escarbotin, Garges-les-Gonesse, Gonesse, Gournay-en-Bray, Grand-Couronne, Jumel, La Courneuve La Tour, Le Havre rue de Cayeux,  Lisieux, Luce, Meru Louis-Lumière, Mezidon-Canon, Mezy-sur-Seine, Mouy, Noyon Carnot, Penvenan, Periers, Peronne, Pontoise, Rennes, Saint-Etienne-du-Rouvray, Saint-Marcel, Saint-Vigor-le-Grand, Saint-Malo.

Sud-Est (hors Occitanie) : Apt, Arles, Aubenas, Avignon-Sémard, Bollène Maréchal-Leclerc, Bollène Saint-Pierre, Château Arnoux, Istres, La Ciotat, Le Pradet, Marseille Belle-de-Mai, Marseille Crimée, Marseille Jeanne-d’Arc, Marseille Le Merlan, Marseille Sainte-Marthe, Miramas, Nice Pasteur-Gassin, Orange Lattre-de-Tassigny, Peyruis, Port-de-Bouc, Privas, Senas, Valréas.

Mais plus de 200 magasins s’apprêtent à fermer leurs portes et Carrefour tente donc, parallèlement, de reclasser des salariés en interne. « La direction des ressources humaines est mobilisée pour favoriser le reclassement interne des salariés concernés, dans le cadre d’un Plan de sauvegarde pour l’emploi, qui a fait l’objet d’un accord signé avec les partenaires sociaux en avril dernier« , souligne Carrefour.

Mais, la CGT exige désormais, dans un communiqué daté du 1er juin, que la direction de Carrefour « apporte des preuves » des recherches de repreneurs et « démontre que tout a été mis en oeuvre pour reclasser ces salariés en interne avec des conditions qu’ils seraient susceptibles d’accepter ». 

La Fédération CGT Commerce Distribution Services a saisi, parallèlement, la Direccte d’Ile-de-France, dans un courrier daté du 1er juin, en pointant ce qu’elle estime être des irrégularités dans la procédure suivie par Carrefour Proximité France.

La CGT demande, notamment, la reprise de certaines procédures, ainsi que des négociations qui avaient abouti à un accord majoritaire avec les syndicats et le report du Comité central d’entreprise du 4 juin, faute, assure-t-elle, d' »informations complètes sur la recherche de repreneurs ».

2.100 emplois sont en jeu

2100 emplois sont en jeu, mais les fermetures de magasins sont désormais imminentes. Les rideaux de ces supérettes de proximité doivent être baissés les uns après les autres en France, en l’espace de trois semaines, à partir du 30 juin.

 

Washington impose des taxes sur l’acier et l’aluminium européens dès vendredi

Trump veut ré-équilibrer les tarifs douaniers avec l’U.-E.

blog -taxes douanieres-Bourbon-sanctions a Trump-juin2018.jpgComme annoncé en mars, le texte impose des taxes de 25 % sur toutes les importations d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium. Les mesures devaient épargner temporairement le Canada et le Mexique, avec qui Washington a négocié la refonte des accords de libre-échange en Amérique du Nord (Aléna), seront ainsi épargnés dans un premier temps. D’autres pays pourraient être exemptés.  L’Australie, qui est un « pays formidable » et « un partenaire de longue date », selon Trump, pourrait aussi bénéficier d’un traitement différencié, ainsi que « d’autres pays ». La Chine est en revanche visée.
Les droits de douane pour l’importation de produits aux Etats-Unis sont particulièrement faibles, au regard des impositions pratiquées par les autres pays.

Les menaces de Trump étaient une riposte aux propos tenus la veille par Jean-Claude Juncker
Le président de la Commission européenne s’était dit prêt à imposer de sanctions contre l’importation « de bourbon, de Harley Davidson et de jeans Levi’s » si les Etats-Unis mettaient en œuvre leurs taxes douanières sur l’aluminium et le fer.
 La chronologie de l’escalade des menaces est souvent escamotée par la presse française
.

A représailles, représailles et demi, donc. Dans un tweet posté samedi 3 mars, Donald Trump a menacé d’imposer des tarifs douaniers sur l’importation des voitures européennes, en plus des taxes qu’il a promises. 

Les Etats-Unis appliquent un tarif douanier d’en moyenne 3,5 %, l’un des plus attractifs au monde. Mais ce taux  comporte des exceptions : certains produits sont soumis à des droits de douane plus élevés. C’est le cas des produits laitiers, des sucreries et confiseries, des boissons et du tabac, des vêtements, etc. 

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a annoncé ce jeudi l’instauration de droits de douane sur l’acier et l’aluminium importés aux États-Unis par l’Union européenne (UE), le Canada et le Mexique à compter de vendredi 1er juin.

Juste après l’annonce des Etats-Unis, la Commission européenne a promis de répliquer à la décision américaine. Outre ces mesures de rétorsion, l’UE va saisir l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). «C’est un mauvais jour pour le commerce mondial», a déclaré le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lors d’un discours à Bruxelles. «Nous allons donc immédiatement engager une procédure devant l’OMC et annoncerons dans les prochaines heures des contre-mesures.» «Il est totalement inacceptable qu’un pays impose des mesures unilatérales en matière de commerce mondial», a-t-il ajouté.

L’UE va «annoncer dans les prochaines heures des contre-mesures», a clamé Jean-Claude Juncker

«L’Union européenne ne peut pas rester sans réagir (…) Ce qu’ils peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement la même chose», a-t-il affirmé lors d’une conférence à Bruxelles.

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a dénoncé l’attitude des Etats-Unis. «Les Etats-Unis ont cherché à utiliser la menace de restrictions commerciales comme levier pour obtenir des concessions de la part de l’UE. Ce n’est pas la manière que nous avons de faire des affaires, et certainement pas entre partenaires, amis et alliés de longue date», a-t-elle raconté.


trop-shareDès la fin avril, au moment de la montée en puissance du conflit commercial, l’UE avait préparé une liste de produits américains, dont le tabac, le bourbon, les jeans ou les motos, qu’elle avait l’intention de taxer lourdement si elle était frappée par les droits de douane. Cette liste d’articles emblématiques établie par la Commission européenne cible, dans certains cas, des Etats américains, souvent agricoles, ayant voté pour Donald Trump en 2016.


Ces taxes ou contre-mesures sur les produits de cette liste portent sur un total de 2,8 milliards
d’euros qui ne couvrent pas la totalité des dommages infligés à l’industrie européenne, mais permettent à l’UE d’être dans le cadre de l’OMC.

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat français à l’Europe et aux Affaires étrangères, a appuyé la décision européenne de répliquer à ces décisions, notamment en frappant certains produits américains. «Cette liste est en cours d’examen à l’OMC, mais d’ici la mi-juin cet examen sera terminé et nous serons alors en mesure de pouvoir mettre en place ces mesures de rééquilibrage», a-t-il dit à des journalistes.


Le gouvernement allemand
a prévenu, jeudi, que la réponse à «l’Amérique d’abord» sera «l’Europe unie» ajoutant que «les guerres commerciales ne connaissent aucun vainqueur».


De son côté, le gouvernement mexicain a aussi annoncé des représailles commerciales alors que les États-Unis sont son principal partenaire commercial. «Le Mexique imposera des mesures équivalentes sur divers produits» dont certains aciers, des fruits et des fromages, a annoncé dans un communiqué le ministère de l’Économie, et celles-ci «seront en vigueur tant que le gouvernement américain n’éliminera pas les taxes imposées».


Les droits de douane sur l’acier atteindront 25%, ceux sur l’aluminium 10%


Wilbur Ross, qui a annoncé cette décision lors d’un briefing au téléphone avec des journalistes, a déclaré que les droits de douane entreraient en vigueur à minuit heure de Washington (vendredi 4h GMT). «Nous sommes impatients de poursuivre les négociations, d’une part avec le Canada et le Mexique, d’autre part avec la Commission européenne, car il y a d’autres questions qui doivent être réglées», a-t-il déclaré.


En décidant d’imposer ces droits de douane, les Etats-Unis invoquent la section 232 du Trade Expansion Act de 1962, qui permet de restreindre les importations de biens jugés préjudiciables à la sécurité nationale.

Mais il avait accordé une exemption à l’UE, au Canada et au Mexique, qui courait jusqu’à vendredi, afin d’encourager des négociations commerciales sur d’autres dossiers. Wilbur Ross a estimé que les négociations commerciales avec l’Union européenne avaient progressé, mais pas assez pour justifier une prolongation des exemptions de droits de douane au-delà du 1er juin. «A l’Union européenne de décider si elle souhaite prendre des mesures de représailles. La question suivante sera: comment le président [Trump] répondra? Vous avez vu sa réaction quand la Chine a décidé de riposter. S’il y a une escalade, ce sera parce que l’UE aura décidé de riposter», avait-il mis en garde dans un entretien accordé au Figaro, ce jeudi.

L’UE, tout comme le Canada et le Mexique, avait bénéficié d’une exemption temporaire sur ces droits de douane annoncés en mars par le président américain Donald Trump mais Wilbur Ross a estimé que les négociations commerciales avec l’UE n’avaient pas suffisamment progressé depuis pour justifier une prolongation de cette dérogation au-delà du 1er juin. Washington a jugé que la renégociation de l’Alena (Accord de libre-échange nord-américain) traînait trop en longueur, a encore expliqué Wilbur Ross.

Taxes sur les voitures

L’administration Trump menace également de taxer les importations de voitures, jusqu’à 25%, ce qui serait un coup dur pour des pays exportateurs comme l’Allemagne et le Japon.

L’UE et le Japon, qui sont d’importants exportateurs automobiles, redoutent de «sérieuses turbulences» sur les marchés si les USA taxent les voitures importées.


La Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et le ministre japonais au Commerce, Hiroshige Seko, ont également estimé, dans un communiqué commun diffusé jeudi à Paris, qu’une telle initiative américaine pourrait mener à la «disparition du système commercial multilatéral» actuel, placé sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et demandé à d’autres pays partageant la même opinion de se joindre à eux. Le communiqué est paru en marge d’une réunion de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à Paris.


Jean-Baptiste Lemoyne a estimé que «le thème de la sécurité nationale s’agissant des automobiles peut prêter à sourire. On est là dans l’habillage de mesures véritablement protectionnistes». «Aujourd’hui en matière de commerce international, nous dansons tous au bord du gouffre, on est un peu au bord du précipice et donc ça nécessite beaucoup de maîtrise pour montrer aux Etats-Unis qu’ils se fourvoyent», a-t-il ajouté, soulignant l’importance de réformer l’OMC comme le souhaite Emmanuel Macron.


Le président français a souhaité mercredi l’ouverture d’une négociation
sur une telle réforme entre l’Union européenne, les Etats-Unis, la Chine et le Japon, ouverte ensuite aux autres partenaires, en réponse aux attaques de Donald Trump.

Wall Street sur ses gardes

Après la confirmation de cette mesure, Wall Street faisait preuve de prudence. Vers 14H15 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 0,78% à 24.476,05 points. Le Nasdaq, à forte composante technologique, s’appréciait de 0,03% à 7.464,39 points après avoir démarré dans le rouge. L’indice élargi S&P 500 perdait 0,43% à 2.712,35 points. La Bourse de New York avait nettement rebondi mercredi, au lendemain d’une chute importante des secteurs de l’énergie et de la finance, alors que s’atténuaient un peu les craintes sur la crise italienne: le Dow Jones avait gagné 1,26% et le Nasdaq 0,89%.


«Ces annonces ne prennent pas les marchés de court mais elles remettent de nouveau en avant les craintes de guerre commerciale», a souligné Peter Cardillo de Spartan Capital Securities. Plusieurs entreprises américaines spécialisées dans l’acier et l’aluminium en profitaient, US Steel montant par exemple de 2,98%, AK Steel de 1,31% et Alcoa de 0,74%.

 

Ce que Macron va faire de nos retraites

Le gouvernement veut construire un système par points

Cette réforme « se fera à enveloppe constante ; elle maintiendra et consolidera les solidarités », annonce Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites.

Il donne ce jeudi le coup d’envoi d’une vaste consultation auprès des Français.
C’est le prochain grand bouleversement qui attend les Français. Après les ordonnances Travail, la loi sur la formation, l’apprentissage et l’assurance chômage, place à l’acte 3 du projet de société voulu par Emmanuel Macron : la retraite par points. « Nous créerons un système universel des retraites où un euro cotisé donne les mêmes droits, quel que soit le moment où il a été versé, quel que soit le statut de celui qui a cotisé », avait promis le candidat d’En Marche sur son site de campagne. Une promesse et un engagement : « Nous ne toucherons pas à l’âge de la retraite, ni au niveau des pensions ».

Salariés, fonctionnaires, agents des 42 régimes spéciaux… Tout le monde sera logé à la même enseigne. Ce vaste big bang doit permettre au citoyen d’avoir un compte individuel de droits à la retraite – selon des règles identiques pour tous – acquis via un système de points (un peu sur le modèle des caisses de retraite complémentaires) accumulés tout au long de sa vie.

« Ma crainte, ce n’est pas le risque des manifestations, c’est que le système ne soit pas juste »
Pour l’heure, c’est Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire à la réforme des retraites, qui pilote le chantier des discussions prévues jusqu’à la fin de l’année. C’est l’homme clé de cette réforme à hauts risques.

« Ma crainte, ce n’est pas le risque des manifestations, c’est que le système ne soit pas juste, pas simple et pas équilibré financièrement », nous confie-t-il dans son bureau niché dans un des étages du ministère de la Santé et des Affaires sociales où trône une lithographie de l’un de ses mentors, Philippe Seguin. Ancien président du CESE (Conseil économique et social), mais aussi ex-médiateur de la République, il a également à ses galons la réforme Fillon de 2003.

« C’était lui le grand horloger, une sorte de ministre du Travail bis de l’ombre, celui qui a fait passer la réforme auprès des syndicats », affirme un ancien conseiller social de la droite. Sa méthode est lestée de décennies d’habiletés et de rondeurs. « J’appelle ça du dialogue constructif basé sur l’intelligence collective », revendique Jean-Paul Delevoye.

« Faire tomber les inquiétudes et écouter les Français »
Son calendrier est éminemment chargé pour 2018. D’avril à la fin de l’année, il reçoit à tour de bras syndicats, patronat et parlementaires. A partir de ce jeudi, il lance un vaste dispositif de « participation citoyenne » pour prendre le pouls des Français, via une plateforme sur Internet. « Tout l’intérêt de ces consultations est de faire tomber les inquiétudes et d’écouter ».

Après, viendra le temps des décisions et des annonces sur une réforme qui reste pour le moins très floue. Le gouvernement doit lever le voile début 2019, pour un projet de loi discuté à l’été 2019. Et une mise mise en œuvre différée à 2025, conformément à la promesse d’Emmanuel Macron.

En attendant, le haut-commissaire à la réforme des retraites revient sur la méthode, le système par points pour tous, les gagnants et les perdants de la future réforme, l’âge de la retraite et la capitalisation.

LA MÉTHODE

Vous lancez ce jeudi une participation citoyenne sur la future réforme des retraites. Pourquoi une telle démarche ?

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JEAN-PAUL DELEVOYE. La réforme que nous préparons n’est pas une simple réforme. Toutes celles conduites depuis 30 ans avaient pour but de réduire un déficit colossal. Aujourd’hui, nous n’avons pas le couteau sous la gorge. La mise en place d’un système universel de retraite s’inscrit dans le projet de société souhaité par Emmanuel Macron : libérer le travail, protéger les salariés et renforcer la solidarité intergénérationnelle. Les jeunes ne croient plus dans le système des retraites, les retraités pensent que leur retraite va baisser et les futurs retraités s’interrogent sur les conditions dans lesquelles ils partiront. Cela concerne donc chacun d’entre nous. Notre méthode de dialogue basé sur l’intelligence collective consiste à permettre à chacun des acteurs de contribuer à la réflexion. Nous menons des discussions pendant toute l’année 2018. C’est dans ce cadre que s’inscrit la consultation avec les citoyens.

N’est-ce pas paradoxal de demander aux Français de se prononcer sur une réforme très complexe, alors même qu’ils n’en connaissent pas le contenu ?

Les citoyens ne croient plus aux discours politiques. Pour changer de comportement, ils ont besoin de s’approprier les enjeux et que les décideurs puissent les associer aux décisions. Du 31 mai au 25 octobre, une plateforme propose à chacun de réfléchir aux différents scénarios, aux enjeux de la mise en œuvre pratique du principe « un euro cotisé = même droits ». Ce sont des questions simples avec des réponses simples. Les internautes pourront voter, commenter et faire des propositions. Des ateliers en région, ouverts à tous, seront organisés entre juillet et octobre. En fin d’année, l’ensemble des contributions seront recueillies et je présenterai une synthèse aux décideurs politiques.

LE SYSTÈME PAR POINTS POUR TOUS

Quelles seront les caractéristiques du système par points, le pilier de la réforme ?

Dans un monde qui bouge à toute vitesse, il s’agit de bâtir un nouveau système le plus adaptable au parcours de chacun. Le système par points permettra de le rendre plus lisible, plus juste et adapté à la société de demain. Le revenu donnera un droit à points, vous aurez une portabilité des droits quel que soit le type d’employeur et le secteur. L’objectif est qu’à carrière identique, revenu identique, la retraite soit identique. Aujourd’hui, si vous avez un parcours dans la fonction publique ou dans le privé, vous n’avez pas la même retraite. Cela concourt à un sentiment d’inégalités profondes dans la société française. Si nous pouvons bâtir un régime dans lequel sont englobés tous les salariés du privé et du public, en faisant en sorte que chacun ne se sente pas lésé, cela renforcera une solidarité et la solidité du système.

Quand les grandes lignes de la réforme seront-elles présentées  ?

Nous avons d’abord un an de discussions. L’année 2018 est divisée en deux : au premier semestre nous bâtissons le « schéma cible » de ce nouveau régime universel. Autrement dit, est-ce que dans le même régime de base on met 98 % des actifs, soit tous les fonctionnaires, quasiment tous les salariés du privé et les indépendants. Avec une convergence des taux de rendement, des taux de cotisations employeurs et des taux de cotisations employés. Pour les fonctionnaires, on intègre les primes dans le calcul de la retraite. L’objectif est d’arriver à un schéma simple : qu’il s’agisse d’un fonctionnaire, d’un salarié du privé ou d’un indépendant, s’ils gagnent la même somme d’argent pendant 40 ans, l’un et l’autre auront la même retraite. Le système par points s’appuiera uniquement sur la durée totale de carrière avec des règles identiques pour tous.

Que vont devenir les 42 régimes spéciaux ?

Cette question sera abordée au deuxième semestre. On va regarder quelles sont les différences avec le régime universel, les convergences possibles et les spécificités qu’il est justifié de maintenir comme par exemple pour les militaires ou pour les régimes des indépendants. Tout le monde oublie que les régimes spéciaux ont déjà été réformés. Le pas qui reste à faire est abordable. Mon rôle sera de dire comment on justifie une différence, visant à donner des points supplémentaires à certains et pas à d’autres, et comment on accélère les convergences quand c’est possible.

L’AGE DE LA RETRAITE

L’âge de départ à la retraite à 62 ans va-t-il disparaître ?

Dans un système à points, la notion de durée disparaît. C’est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel : j’ai assez de points, ma retraite me paraît suffisante, donc je pars. A l’inverse, je n’ai pas assez de points, je reste. Cela permet de respecter la liberté de choix. Mais nous pensons que si l’on supprime toute référence nous pouvons nous retrouver avec un certain nombre de personnes qui, comme en Suède, partiront plus tôt mais se retrouveront avec de toutes petites retraites. Nous avons besoin de garder un seuil en-dessous duquel ils ne peuvent pas partir pour éviter que cela pèse sur la solidarité nationale. L’âge actuel de 62 ans devrait être conservé.

LA CAPITALISATION

La réforme prévoit-elle une part de capitalisation, comme en Suède ?

Je suis allé en Suède [qui n’est pas membre de l’UE], comme en Allemagne et en Italie. Ma conviction est qu’il faut construire un système qui correspond à l’ADN français, avec le maintien d’un système de répartition par cotisation couvrant un maximum d’actifs. Le système suédois est difficilement applicable en France. Là-bas, il y a une part importante de capitalisation avec 800 fonds de pension. Ce n’est pas du tout notre philosophie. Mais, dans notre futur régime universel, la question se pose pour les plus gros salaires qui excéderaient un certain plafond (au-dessus de 120 000 € de revenus, 160 000 € ou plus) qui doit encore être arbitré. Plusieurs scénarios sont sur la table : faut-il alors un régime complémentaire obligatoire ? Ou une épargne individuelle, éventuellement en capitalisation ? Le débat est posé. Cela concernerait au plus 200 000 à 300 000 personnes. Ce sera traité au second semestre.

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Après, viendra le temps des décisions et des annonces sur une réforme qui reste pour le moins très floue. Le gouvernement doit lever le voile début 2019, pour un projet de loi discuté à l’été 2019. Et une mise mise en œuvre différée à 2025, conformément à la promesse d’Emmanuel Macron.

En attendant, le haut-commissaire à la réforme des retraites revient sur la méthode, le système par points pour tous, les gagnants et les perdants de la future réforme, l’âge de la retraite et la capitalisation.

LES GAGNANTS ET LES PERDANTS

Dans toute réforme, il y a des perdants et des gagnants…

On est en train de faire ces simulations qui seront traitées au second semestre. Il est parfaitement possible de mettre en place ce nouveau système en renforçant le niveau de solidarité, pour ceux qui éventuellement seraient perdants ou gagnants.

Le système par points est basé sur les revenus du travail. Y aura-t-il des compensations pour les chômeurs, les personnes handicapées, les mères qui s’arrêtent pour élever les enfants…

Il n’y aura pas de dérapage budgétaire. Cette réforme se fera à enveloppe constante ; elle maintiendra et consolidera les solidarités qui seront l’un des piliers du nouveau système : cela concerne les droits familiaux, la majoration pour enfants, les périodes d’invalidité, les séquences de chômage, les minima de pension et la pension de réversion. Cela représente aujourd’hui 20 % du volume des retraites, soit 60 milliards d’euros. Mais il faudra clarifier et déterminer la nature du financement. Par exemple, si l’on estime que la majoration pour enfants est une politique de caractère familial, doit-elle être financée par la solidarité des salariés ou par la solidarité nationale via l’impôt ? Voilà un des débats que nous devrons avoir.

Et pour les précaires ?

Nous sommes en train d’en discuter. Avec l’évolution des métiers, nous voyons apparaître de plus en plus de métiers d’ubérisation avec de faibles rémunérations et sans droits. Comment faire en sorte d’accorder l’octroi de points, sachant qu’il n’y aura pas de points gratuits ? Tous ces sujets sont sur la table.

L’AGE DE LA RETRAITE

L’âge de départ à la retraite à 62 ans va-t-il disparaître ?

Dans un système à points, la notion de durée disparaît. C’est votre nombre de points qui vous permet un arbitrage personnel : j’ai assez de points, ma retraite me paraît suffisante, donc je pars. A l’inverse, je n’ai pas assez de points, je reste. Cela permet de respecter la liberté de choix. Mais nous pensons que si l’on supprime toute référence nous pouvons nous retrouver avec un certain nombre de personnes qui, comme en Suède, partiront plus tôt mais se retrouveront avec de toutes petites retraites. Nous avons besoin de garder un seuil en-dessous duquel ils ne peuvent pas partir pour éviter que cela pèse sur la solidarité nationale. L’âge actuel de 62 ans devrait être conservé.

LA CAPITALISATION

La réforme prévoit-elle une part de capitalisation, comme en Suède ?

Je suis allé en Suède, comme en Allemagne et en Italie. Ma conviction est qu’il faut construire un système qui correspond à l’ADN français, avec le maintien d’un système de répartition par cotisation couvrant un maximum d’actifs. Le système suédois est difficilement applicable en France. Là-bas, il y a une part importante de capitalisation avec 800 fonds de pension. Ce n’est pas du tout notre philosophie. Mais, dans notre futur régime universel, la question se pose pour les plus gros salaires qui excéderaient un certain plafond (au-dessus de 120 000 € de revenus, 160 000 € ou plus) qui doit encore être arbitré. Plusieurs scénarios sont sur la table : faut-il alors un régime complémentaire obligatoire ? Ou une épargne individuelle, éventuellement en capitalisation ? Le débat est posé. Cela concernerait au plus 200 000 à 300 000 personnes. Ce sera traité au second semestre.

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SNCF : Le Maire veut faire croire que la reprise de la dette n’affectera pas les Français

Si la reprise de 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF « ne pèsera pas sur le déficit public »; alors, sur qui , sur quoi ?

blog -SNCF-reprise de la dette.JPG“Elle [la dette de la SNCF] aura évidemment un impact sur la dette publique, puisque ça accroît la dette publique française (…), mais elle n’aura pas d’impact sur le déficit”, a assuré B. Le Maire au salon des startups VivaTech à Paris, le 24 mai.

Le ministre contredit ainsi le rapporteur général du budget.
Joël Giraud avait estimé vendredi que la reprise de la dette de la SNCF allait provoquer une hausse du déficit par rapport aux prévisions actuelles du gouvernement, et retarderait le retour à l’équilibre des finances publiques prévu jusqu’à maintenant pour 2022.
Selon les projections du rapporteur, le déficit public remontera à 1,9% du PIB en 2020 avec la reprise d’une première tranche de 20 milliards de dette SNCF, au lieu de 0,9% prévu jusqu’à maintenant.
Et il serait de 0,1% de PIB en 2022, alors que le gouvernement escomptait jusqu’alors un excédent de 0,3% du PIB à cette échéance.

Bercy avait publié après la déclaration de J. Giraud un communiqué cinglant.

Il y admettait qu’il “n’est pas possible de se prononcer sur l’impact [de cette reprise de dette] sur la trajectoire des finances publiques”.
L’impact dépendra du traitement comptable de l’opération par l’Insee, « qui a engagé des discussions avec Eurostat sur ce sujet et devrait se prononcer avant la fin de l’année”, avait indiqué le ministère de l’Economie et des finances.

Bruno Le Maire a admis samedi que la reprise de la dette de la SNCF « accroît la nécessité de réduire cette dette progressivement et donc de réduire la dépense publique”.

Le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé vendredi que l’Etat va reprendre 35 milliards d’euros de dette de la SNCF, sans pour autant créer d’impôt pour compenser cette charge. 

Le député radical de gauche et LREM des Hautes-Alpes (élu sous la double étiquette) Joël Giraud, 59 ans, un ex-administrateur des PTT, occupe le poste de rapporteur général du Budget durant la première moitié de la législature, mais il se désistera au profit de Laurent Saint-Martin (Oseo et think tank ‘En Temps Réel’, de centre gauche) à la mi-quinquennat : il a en effet été élu à la commission, mais battu de deux voix à sa présidence face à Laurent Saint-Martin (33 ans, LREM, Paris). Les deux macroniens se sont entendus pour  se relayer…

« Pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette, promet Edouard Philippe

Le Premier ministre a annoncé « un engagement sans précédent » pour la reprise de la dette de l’entreprise ferroviaire par l’Etat : 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF, dont 25 milliards en 2020 et 10 milliards en 2022, afin d’arriver « à l’équilibre », « avant la fin du quinquennat ». « Cette reprise constitue un engagement sans précédent de la nation et du contribuable en faveur de la SNCF », a souligné le Premier ministre, après avoir reçu à Matignon les syndicats représentatifs lors de rencontres bilatérales.

« 35 milliards d’euros, c’est 14 ans de budget d’investissements de l’Etat dans l’ensemble de nos routes, chemins de fer et canaux », a-t-il insisté lors d’une conférence de presse avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

Moins d’investissements de l’Etat, détournés en faveur de la SNCF, c’est plus de retard dans la croissance économique et dans le développement du bien-être de la population.

« Pas d’impôt SNCF »

Le Premier ministre a toutefois assuré qu’il n’y « aura pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette qui « viendra s’ajouter à la dette publique de l’Etat et sera remboursée au même rythme que la dette publique de l’Etat« . « Ce sera bien une charge supplémentaire pour le contribuable », a-t-il relevé en mai 2018. Selon Edouard Philippe, le montant de 35 milliards est le fruit d’arbitrages destinés à ce que la France ne « se place pas en situation de déséquilibre » alors qu’elle « est en train de revenir dans les clous de la maîtrise de ses comptes publics ».

Critiquant l’action des précédents gouvernements qui se sont successivement repassé « la patate chaude », le juppéiste Edouard Philippe a assuré que ce geste de l’Etat s’accompagnera d’une « règle contraignante pour que SNCF Réseau« , endetté à hauteur de 47 milliards d’euros au total, « ne puisse plus à l’avenir s’endetter sans que le Gouvernement ne prenne de mesures de rétablissement ».

Il a par ailleurs annoncé 200 millions d’euros d’investissements supplémentaires dès 2022, en plus des 3,6 milliards actuels.

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Nous voulons plus de trains, qui circulent plus régulièrement, sur un réseau plus performant. En plus des 3,6 Md€ actuels, dès 2022, nous investirons chaque année 200 M€ supplémentaires. <a href= »https://twitter.com/hashtag/SNCF?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#SNCF</a></p>&mdash; Edouard Philippe (@EPhilippePM) <a href= »https://twitter.com/EPhilippePM/status/999990490174025728?ref_src=twsrc%5Etfw »>25 mai 2018</a></blockquote>
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Et tout va bien puisque, depuis F. Hollande, « ça ne coûte rien (au contribuable), c’est l’Etat qui paie » … Confirmation de Macron et Le Maire !

 

Déficit public : le satisfecit de Bruxelles à la France doit être nuancé

Moscovici s’est précipité, mais la Commission européenne va déchanter

blog -Macron-Moscovici-connivenceLa Commission de Bruxelles a proposé, mercredi 23 mai, de sortir la France de la procédure de déficit excessif, un trompe-l’oeil qui interdit tout triomphalisme. 

Moscovici est-il crédible lorsqu’il estime que la France a désormais remis ses finances publiques en ordre ? C’est vrai qu’en apparence, les choses vont mieux. Notre déficit s’affiche désormais à   2,6% du PIB –  c’est le dernier chiffre connu, celui de 2017. L’année d’avant, c’était 3,4% du PIB. On pourrait se laisser gagner par l’enthousiasme des milieux macroniens puisque nous sommes donc en-dessous de la limite des 3% fixée par Maastricht, dont le dépassement avait motivé le déclenchement de la procédure à Bruxelles.

Mais l’amélioration entre 2016 et 2017 n’a pas été réalisée par des moyens très réconfortants. Elle n’est due qu’à des facteurs exceptionnels : en tout premier lieu, à l’amélioration des recettes fiscales, c’est-à-dire des rentrées d’impôts, grâce à la reprise économique, essentiellement contextuelle. Ensuite, des contributions à Bruxelles plus faibles que d’habitude. Et enfin la persistance de taux d’intérêt bas, ce qui a permis de contenir la charge de la dette. Rien, don, qui autorise Bercy à pavoiser. 

Que les taux d’intérêt remontent – comme c’est probable -, que la reprise s’affaiblisse – comme c’est possible -, et le solde budgétaire français viendra à tangenter à nouveau les 3%. Le Haut conseil des finances publiques, dirigé par le premier président de la Cour des comptes, a d’ailleurs rendu un avis sans nuances. Il estime que le passage en dessous de 3% a été obtenu « sans aucun effort budgétaire » en 2017. C’est un concours de circonstances, par définition non reproductible.

La facture laissée par Hollande

En réalité, le Conseil et la Cour des comptes visent explicitement la première partie de l’année : celle de François Hollande, où l’on a desserré tous les freins : augmentation des dépenses, du nombre et du salaire des fonctionnaires. Pour cause de campagne électorale.

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-cards= »hidden » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Pour la première fois depuis 10 ans, la France sort de la procédure de déficit excessif !<br><br>Un point de départ essentiel pour retrouver notre crédibilité en <a href= »https://twitter.com/hashtag/Europe?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#Europe</a&gt;. Nous sommes déterminés avec <a href= »https://twitter.com/GDarmanin?ref_src=twsrc%5Etfw »>@GDarmanin</a&gt; à poursuivre avec ce redressement de nos finances publiques. <a href= »https://t.co/gNzmDf8Spu »>pic.twitter.com/gNzmDf8Spu</a></p>&mdash; Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) <a href= »https://twitter.com/BrunoLeMaire/status/999265804750290944?ref_src=twsrc%5Etfw »>23 mai 2018</a></blockquote>
https://platform.twitter.com/widgets.js</center>

La nouvelle administration, arrivée après l’élection présidentielle, a dû geler des crédits, et a profité du surcroît de recettes fiscales bienvenues pour corriger la trajectoire. En fait, Hollande avait hypothéqué la petite cagnotte en la dépensant avant même qu’elle ne rentre dans les caisses. Il l’a subtilisée à son successeur, Emmanuel Macron.

Pour 2018, la prévision officielle est de 2,3%. Et 2,4% pour 2019. Elles ont été améliorées récemment, encore une fois grâce à la croissance. Aux prévisions de croissance, faudrait-il dire plutôt. Prévisions qui suscitent d’ailleurs la méfiance de la Cour des comptes.

D’autant que d’autres dépenses se profilent, comme de nouvelles aides aux entreprises avec la transformation du fameux crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse des charges. Et probablement, pour les années ultérieures, la reprise d’une bonne partie de la dette de la SNCF, qui va aussi grever les comptes, parce que l’opération devra transiter par le déficit budgétaire. Quant aux dépenses courantes, elles devraient continuer à augmenter très légèrement en volume.

Bruxelles cajole son meilleur allié

blog -Moscovici-Macron-Le MairePersonne n’est dupe à Bruxelles sur les fragilités françaises. Même à 2,6% de déficit en 2017, nous restons loin de la moyenne de l’Union européenne, qui est à 1% de déficit. Sans parler de l’Allemagne, qui va dégager 1,3% du PIB d’excédent.

D’autant que l’heure n’est plus à la fermeté européenne. La France est l’un des rares pays dont le gouvernement croit encore à l’approfondissement de l’Europe. On voit mal comment Bruxelles pourrait malmener son meilleur allié.

Or, les élections européennes sont pour dans un an, mai 2019 et le commissaire européen aux Affaires économiques n’est autre que le socialiste français Pierre Moscovici qui, à 60 ans,  a amorcé sa Grande Marche vers la macronie.

C’est en fait davantage la presse macronienne qui joue le  rôle puant de thuriféraire, car, à y bien regarder, si le  commissaire européen se réjouit que la France ait réussi à passer sous la barre fatidique en 2017, il se dit prêt à acter la sortie de la France de la procédure de déficit excessif à la condition qu’elle confirme ses efforts en 2018 et 2019. Des encouragements mais pas de félicitations.

 

Fonctionnaires : tous les syndicats (9) appellent à la grève le mardi 22 mai

Des milliers de fonctionnaires ont défilé de Bercy à la place de la Bastille à Paris, le 22 mars 2018

Les fonctionnaires veulent protester contre les plans de départ volontaire.

Ce sera la troisième journée de mobilisation dans la fonction publique. L’UNSA n’avait pas appelé à se joindre à la mobilisation du 22 mars, mais cette fois, après avoir écouté Macron, soi-disant star de la communication à l’Elysée, le quatrième syndicat représentatif dans la fonction publique, appelle ses adhérents à faire grève le 22 mai prochain, aux côtés des huit autres organisations de fonctionnaires, indique son secrétaire général Luc Farré. « Nous avons écouté avec attention le président de la République et nous avons noté son silence sur la fonction publique« , a-t-il dit à l’issue d’un bureau national extraordinaire, réuni lundi matin.

Le chef de l’Etat n’aborde les services publics que sous « l’angle budgétaire », a-t-il reproché à l’ex-banquier. « Nous considérons aujourd’hui qu’il est important d’agir avec l’ensemble des agents, comme nous l’avions estimé le 10 octobre, pour peser sur le gouvernement, alors que des discussions s’ouvrent« , a déclaré Luc Farré, en faisant référence à la concertation ouverte fin mars entre les syndicats de la fonction publique, les représentants d’employeurs et le gouvernement.
Après la CFDT vendredi, l’Unsa est la dernière organisation à rejoindre cet appel à une journée de grève et de manifestations
Il est lancé par l’intersyndicale FO, CGT, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA-FP, pour protester contre la réforme de la fonction publique et pour défendre le pouvoir d’achat.
Un appel unitaire à la grève avait déjà été lancé le 10 octobre, ci-dessus, pour la première fois depuis dix ans.
Le 22 mars, en revanche, CFDT et Unsa, photo ci-dessous, s’étaient abstenues. 
Les syndicats s’opposent notamment au plan de départs volontaires de 120.000 postes dans la fonction publique d’ici la fin du quinquennat. Le plan projette de négocier des ruptures à l’amiable contre des indemnités de départ incitatives, mais aussi des aides à la reconversion ou encore à la création d’entreprise, tout en conservant la possibilité de toucher l’allocation-chômage, même si ces départs ne concerneront pas « des plans massifs » de la fonction publique, a simplement assuré Olivier Dussopt, mais des services précis, « où il y aura des restructurations« , « des rapprochements » et d’éventuels « sureffectifs« . « Ce n’est pas la fin de la fonction publique, ce sont les conditions de sa pérennité véritable », a de son côté promis Emmanuel Macron, en déplacement en Tunisie. Mais jamais, en France, le secteur public ne s’est vu proposer à si grande échelle cette modalité très courante dans le privé.
<br>Selon l’Unsa, la concertation ouverte fin mars entre les syndicats de la fonction publique, les représentants d’employeurs et le gouvernement n’a pas « pour l’instant montré une réelle ouverture du gouvernement ».
Education, transports ferroviaires et aériens… : de très nombreux secteurs fonctionneront au ralenti.

Macron à un an : « Pour l’instant, il n’y a pas de résultats, » souligne Montebourg

Nono a quitté la politique il y a un peu plus d’un an, après la dernière élection présidentielle qui a promu à l’Elysée son successeur à Bercy, mais le revoilà !

blog -Montebourg-Macron-effusions.jpgMais l’ancien ministre de l’Economie garde toutefois un oeil critique braqué sur son ancien domaine d’activitéAlors qu’il s’apprête à lancer une école de hautes études …apicoles, en janvier 2019, il s’est fait inviter sur Europe 1 samedi, à l’occasion de l’inauguration mercredi dernier d’une rue (éphémère) du « Made in France » – thème dont il s’est fait médiatiser – à Paris, il conserve un regard revolver sur la première année du quinquennat d’Emmanuel Macron. « Les résultats ne sont pas là », observe-t-il.

« Il va falloir donner un coup de collier »

blog -Macron accepte une poule au salon-de-l-agriculture-samedi-24-fevrier-a-paris (1).jpg« Pour l’instant, il n’y pas de résultats. La croissance n’est pas au rendez-vous. On a toujours autant de chômage« , souligne Arnaud Montebourg. « L’industrie [Nono était ministre du « redressement productif, » rappelez-vous !] est complètement abandonnée. On a vendu Alstom et d’autres entreprises à des puissances économiques étrangères, moi ça me gêne. [Et le volailler breton Doux a été vendu à un Saoudien] On ne finance pas suffisamment le système productif. Il y a beaucoup de choses à faire qui ne sont pas faites. Il va falloir donner un coup de collier sur le plan économique. »

« es « conséquences perverses » de la suppression de l’ISF.

Résultat de recherche d'images pour "Montebourg Macron"Arnaud Montebourg évoque aussi des « conséquences perverses » après la suppression de l’ISF. « D’abord, c’est un impôt qui ne prélève pas beaucoup d’argent sur les fortunes. Ensuite, on pouvait le conserver tout en le faisant évoluer« , asssure-t-il. Résultat de recherche d'images pour "Montebourg Macron"« Surtout, il y avait un milliard de déductions fiscales qui s’investissaient dans les PME et les TPE parce que les gens voulaient payer moins d’impôts. Ils rendaient service à l’économie, à la société. Là, ça a disparu. C’est ça la conséquence », explique l’ancien ministre de l’Economie, qui conclut, plus globalement : « Je crois qu’il y a beaucoup à dire, en effet. »

 

Quand Marisol Touraine annonça que le trou de la Sécurité sociale serait bouché en 2017…

La ministre des Affaires sociales et de la Santé de Hollande annonça un miracle à la Sécurité sociale  

blog -Touraine- un trou de la SecuMarisol Touraine allait nous en boucher un coin en 2017 : elle allait réaliser 4 milliards d’économies sur l’assurance-maladie. La magicienne pouvait le faire, mais au prix de nouvelles taxes sur l’industrie du tabac et du même coup sur les fumeurs. Non seulement ils ne creuseraient plus leur trou, mais ils combleraient celui de la Sécu : la magie Marisol ! Déjà avec la participation de Les Echosle 22 septembre 2016, dans le contexte de la primaire à gauche

Vous aviez indiqué que le déficit de la Sécurité sociale serait moins élevé que prévu cette année. Qu’en sera-t-il en 2017 ?

En 2017, le « trou de la Sécu » aura disparu. Le régime général, qui affichait 17,4 milliards de déficit en 2011, sera à 400 millions de l’équilibre. Pour un budget de 500 milliards, c’est l’épaisseur du trait. L’histoire de ce quinquennat, c’est la fin des déficits sociaux, grâce à des réformes de structure pour mieux répondre aux besoins des Français, et ce sont des droits sociaux nouveaux. La droite avait multiplié les franchises et creusé le déficit. Nous aurons sauvé la Sécu. L’équilibre de la Sécurité sociale, ce n’est pas qu’une affaire comptable. C’est un gage de confiance dans l’avenir de la protection sociale face aux risques de la vie. C’est rassurant pour les Français.

Comment se décomposent les comptes ?

Dès 2016, l’amélioration est forte : 3,4 milliards de déficit, au lieu de 5,2 milliards annoncés en juin. En 2017, trois branches sur quatre seront à l’équilibre, l’assurance-vieillesse dégagera un excédent de 1,6 milliard. Et l’assurance-maladie est en très nette amélioration, avec un déficit qui passe de 4,1 à 2,6 milliards. Cela est dû à des réformes de structure, parfois difficiles, que j’assume, car elles ont permis d’améliorer les droits sociaux des Français. Je pense à la création du compte pénibilité, aux départs anticipés à la retraite, à l’augmentation jusqu’à 1.000 euros par an des prestations familiales pour les plus pauvres, à la généralisation du tiers payant, à la suppression des franchises médicales pour les plus modestes, à l’accès élargi à la CMU, à la hausse du RSA, à la prime d’activité. La droite, elle, annonce la couleur du retour en arrière. [Quelle est la troisième branche qui devait être en équilibre (branche maladie) ? Et surtout celle qui ne le serait pas (Fonds de solidarité Vieillesse, FSV) ?]

Vous visez les candidats à la primaire…

Oui, tous les candidats à la primaire annoncent des déremboursements, des franchises et même des amendes pour les malades qui vont aux urgences. Ils jouent sur les peurs, en niant les résultats. Pourquoi continuer à alimenter les inquiétudes sur l’avenir des retraites alors que l’équilibre est rétabli durablement ? Désormais, on ne peut plus brandir l’argument du déficit pour justifier des politiques de régression sociale. La droite, en fait, porte une vision de la société qui privilégie l’assurance privée plutôt que la solidarité. [La ministre en fonction était-elle en campagne ?]

Le Fonds de solidarité vieillesse reste néanmoins dans le rouge… N’est-ce pas erroné de parler d’équilibre ?

Le déficit du FSV sera stabilisé à 3,8 milliards d’euros en 2016 et en 2017, sachant qu’en période de sortie de crise [du fait du contexte économique européen favorable] les dépenses de solidarité pour les retraites sont plus élevées. Mais regardons le chemin parcouru : en 2011, le déficit du régime général était de 17,5 milliards, nous l’aurons réduit de 17 milliards sous ce quinquennat ! La dette sociale a commencé de diminuer depuis 2015 et elle sera plus faible fin 2017 que fin 2011. Et cela, j’insiste, grâce à des réformes structurelles : allongement de la durée de cotisation pour les retraites [le socialisme garantit-il le vieillissement des populations?], modulation des allocations familiales en fonction du revenu [politique familiale discriminant certains Français], réorganisation hospitalière sans précédent, via les groupements hospitaliers de territoire [mais les regroupements de secteurs au profit des GHT contribuent à la désertification des campagnes – à l’encontre de la nécessaire proximité et du respect de l’humain et des familles, pas seulement rurales – et à une gestion comptable accrue néfastes au système de santé], meilleure maîtrise du prix des médicaments [et accroissement du nombre de ceux qui ne sont pas remboursables]

Une grande partie de la gauche ne semble pas partager ce diagnostic et considère que François Hollande a mené une politique de droite…

Ce qu’annonce la droite [selon Touraine, ministre et militante] n’a rien à voir avec ce que nous avons fait. Ce procès n’a pas de sens. La période électorale qui s’ouvre va nous permettre de mettre en valeur ce bilan [les résultats sortis des urnes contredisent la socialiste : Hollande n’a pas pris le risque de se représenter et Benoît Hamon a obtenu 6%]. Le président de la République saura aussi évoquer les exigences qui sont les siennes pour l’avenir. Vu le grand bond en arrière que nous proposent les candidats de la droite – retraite à taux plein à 70 ans [grâce à Macron, ex-conseiller et ministre de Hollande, PSA peut, aujourd’hui, proposer à ses salariés de travailler plus – au-delà des 35 heures de Martine Aubry – pour gagner moins], suppression du tiers payant, disparition des hôpitaux de proximité [cf. le progrès proposé par les socialistes avec les GHT !] , etc. -, il n’y aura pas photo ! Les programmes qui sont proposés, c’est l’irresponsabilité budgétaire et la régression sociale.

Le retour à l’équilibre est conditionné à des hypothèses de croissance assez optimistes…

Le scénario économique est le même que celui que nous connaissons cette année. On me disait la même chose l’an dernier à la même époque, et nous avons fait mieux que prévu.

Il n’y aura donc selon vous aucun besoin de mener une nouvelle réforme des retraites ?

Aucune ne s’impose aujourd’hui pour des raisons financières. Et puis, la réforme des retraites que j’ai portée va continuer de s’appliquer : la durée de cotisation augmentera avec l’espérance de vie, tout en permettant à ceux qui ont travaillé jeunes et dans des conditions pénibles de partir plus tôt.

Michel Sapin a indiqué que 1,5 milliard d’euros d’économies supplémentaires devront être trouvées sur les régimes sociaux. Comment seront-elles réalisées ?

Il s’agira d’économies de gestion des caisses de Sécurité sociale, de mesures de lutte contre la fraude, de recettes nouvelles (notamment sur le tabac).

La Cour des comptes craint un dérapage des dépenses d’assurance-maladie en 2017…

Chaque année la Cour tire la sonnette d’alarme et chaque année nous faisons mieux que prévu. Les réformes structurelles, moi, je ne me contente pas d’en parler, je les fais.

Sur l’assurance-maladie, nous aurons réalisé 12 milliards d’économies en trois ans, avec 4 milliards d’économies nouvelles en 2017. Mais nous avons décidé de relever l’objectif de dépenses à +2,1 % l’année prochaine, car je veux pouvoir donner à la communauté des professionnels de santé une reconnaissance financière pour leurs efforts. Les médecins libéraux vont voir le prix de la consultation augmenter. Les revalorisations à l’hôpital sont engagées : elles passent par le point de la fonction publique et des hausses en fonction des carrières, de 250 à 500 euros par an pour un infirmier, jusqu’à 480 euros pour un aide-soignant. Par ailleurs, un plan d’investissement pour l’hôpital va être lancé, dont une première tranche de 250 millions sera débloquée l’année prochaine. [avant les élections ou après ?]

Vous prévoyez certes 4 milliards d’économies, mais celles-ci sont toujours difficiles à identifier…

Les efforts sont réels par rapport à la tendance naturelle de hausse des dépenses. Les économies attendues sur la mutualisation des achats hospitaliers, la promotion des génériques, le développement de la chirurgie ambulatoire, la maîtrise des prescriptions d’actes afin d’éviter la redondance… sont précisément chiffrées.

Comment ferez-vous face à l’arrivée des traitements innovants contre le cancer, après ceux contre l’hépatite C ?

L’innovation est une chance pour les Français, et une source de transformation majeure de notre système de santé. Nous généralisons la télémédecine dans tous les territoires [pour plus de proximité et de convivialité]. Pour financer dans la durée les traitements innovants, nous allons créer un fonds pour l’innovation médicale qui permettra de lisser les pics de dépense. Nous pourrons ainsi accompagner la montée en puissance des nouveaux traitements, dont le bénéfice est majeur, en particulier contre le cancer, l’hépatite C, etc. Ce fonds sera doté de 800 millions d’euros à sa création, dont 200 millions seront dépensés dès 2017 pour absorber le choc de l’arrivée des immunothérapies contre le cancer. Ce fonds devra se reconstituer au fil des ans.

Se substitue-t-il aux mécanismes législatifs de régulation des prix des médicaments ?

Non, nous allons reconduire les mécanismes de régulation existants en 2017.

La Cour des comptes pointe la dégradation de l’accès aux soins dentaires…

J’ai demandé à l’Assurance-maladie il y a plusieurs semaines de négocier de nouvelles règles avec les dentistes. Je lancerai l’année prochaine un plan national pour renforcer l’accessibilité des soins dentaires. Je veux plafonner le tarif des prothèses et revaloriser les soins conservateurs. J’espère que la négociation qui vient de s’ouvrir permettra d’aboutir, sinon j’assumerai mes responsabilités.

Le « geste fiscal » aurait pu passer par une baisse de la CSG des retraités modestes ou une hausse de la prime d’activité. Ces propositions pourraient-elles revenir au Parlement ?

Le président et le Premier ministre ont décidé de procéder à une réduction d’impôt sur le revenu qui bénéficiera à 5 millions de foyers [une partie : ils sont …37,4 millions] , ce qui est considérable. Je serai attentive aux propositions des parlementaires, mais si l’on décide de dépenses nouvelles, il faudra les financer.

Seuls 17 % des Britanniques fument, contre près d’un tiers des Français. Avez-vous été suffisamment loin dans la lutte contre le tabagisme ?

S’il y a bien un combat que j’ai porté, c’est la lutte contre le tabagisme. Le paquet neutre est là et sera vraiment visible le 1er janvier après la période de transition dans les bureaux de tabac. J’ai promu l’information et la prévention, j’ai triplé l’aide au sevrage tabagique pour certaines populations…

En novembre, nous lançons la campagne « mois sans tabac », inspirée des méthodes anglo-saxonnes, où chacun encourage son voisin pour arrêter de fumer. En 2017, nous allons  rapprocher la fiscalité du tabac à rouler de celle des cigarettes, ce qui augmentera le prix de 15 %.

Des députés de la majorité réclament une forte hausse du prix des cigarettes…

Ils m’ont dit leur satisfaction avec cette mesure sur le tabac à rouler. J’ajoute que nous allons créer une taxe sur le chiffre d’affaires des distributeurs. Elle rapportera 130 millions par an, qui iront au nouveau fonds de lutte contre le tabagisme.

VIDEO : Ce qu’il faut retenir de l’interview de Marisol Touraine en 1 minute

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 Juillet 2017 : les comptes de la Sécurité sociale s’éloignent de l’équilibre

Le déficit se réduirait plus lentement que prévu en 2017, à 5,5 milliards, du fait des mécomptes de la branche maladie.

Les comptes sociaux sont, eux aussi, en train de déraper. Après l’audit de la Cour des comptes, la Commission des comptes de la Sécurité sociale remet les pendules à l’heure. Selon son rapport présenté ce jeudi [6j uillet 2017], le déficit du régime général de la Sécurité sociale en 2017 atteindra 5,5 milliards d’euros, Fonds de solidarité vieillesse (FSV) inclus. C’est 1,3 milliard de plus que la prévision inscrite dans le budget de la Sécurité sociale.

Alors que la ministre des Affaires sociales du gouvernement précédent, Marisol Touraine, se réjouissait d’avoir  » sauvé la Sécu «  avec un déficit du régime général ramené à 400 millions d’euros en 2017, hors FSV, celui-ci sera encore de 1,6 milliard. C’est certes bien mieux que l’année précédente (4,1 milliards), et surtout que la situation que la gauche avait trouvée à son arrivée en 2012 [aux sortirs de la crise économique et financière internationale de 2008], mais cela reste une mauvaise surprise. « Cet écart ne fait que renforcer l’exigence de maîtrise des comptes de la Sécurité sociale pour atteindre l’objectif de rétablissement de l’équilibre que s’est fixé le gouvernement à horizon 2020 », ont réagi les deux ministres concernés, Agnès Buzyn et Gérald Darmanin.

Résultat de recherche d'images pour "Touraine a sauvé la Sécu"Des économies ont été réalisées en matière de prestations ou de gestion administrative [en dépit de leur cortège de risques pour la santé publique]. Mais le solde prévisionnel de 2017 est plombé par un effet de base négatif de 700 millions d’euros, les recettes de fin 2016 ayant été plus faibles qu’attendu. « Le déficit de la branche maladie représente à lui seul plus que la totalité du déficit du régime général et son écart avec la prévision explique la totalité du dérapage du régime général », souligne la Commission des comptes. En effet, il atteindra 4,1 milliards, soit 1,5 milliard de plus que la prévision. En outre, si le déficit de cette branche devrait se réduire par rapport à l’année précédente, « cette réduction est largement artificielle », car elle est due au trompe-l’oeil d’une recette exceptionnelle de 900 millions d’euros, tirée du FSV, souligne la commission.

Les résultats de la branche retraite devraient aussi être inférieurs de 500 millions d’euros aux attentes, avec tout de même un excédent de 1,1 milliard. Mais, en parallèle, le déficit du FSV, qui finance des prestations de retraite solidaires (minimum vieillesse, etc.), se « creuserait » à 4 milliards d’euros. Cela confirme les besoins de financement persistants des régimes de retraite.

La branche famille retrouverait quant à elle l’équilibre pour la première fois en dix ans, du fait des réformes ayant réduit les prestations (mise sous condition des allocations familiales).

En Corse, les cheminots bénéficient d’avantages encore plus scandaleux

Un rapport de la Cour des comptes arrive à point nommé pour le pouvoir

blog -Corse chemin de fer-mapL’institution chargée du contrôle des comptes publics critique vivement la gestion des chemins de fer de la Corse (Société anonyme d’économie mixte locale, Seml), avec en point de mire les avantages acquis des 272 employés, qui s’occupent des 232 kilomètres de voie (plus d’un cheminot au kilomètre de ligne) et des 16 gares de l’île.

Tenez-vous bien, certains salariés ne travailleraient que cinq heures par jour. Le ton du rapport reste mesuré mais, sur le fond, la récente étude de la Cour des comptes sur la gestion de la société des chemins de fer corses fourmille de détails fâcheux sur la situation de l’entreprise ferroviaire à capitaux publics. Temps de travail parfois dérisoire, primes exorbitantes, absence de contrôle…

Depuis 2012, lorsque la collectivité territoriale de Corse a repris les activités de la SNCF sur l’île, les conditions de travail semblent en effet s’être quelque peu relâchées, même si la fréquentation a augmenté sur les deux magnifiques lignes (Bastia-Ajaccio, et Calvi-Ponte-Leccia) du pays. La réforme Macron s’attaque-t-elle aux lignes déficitaires ?

Un soutien financier « inconditionnel » de la collectivité territoriale corse

Avec une dotation annuelle de plus de 20 millions d’euros de la part de la collectivité (actionnaire majoritaire),  une « bienveillance financière » extravagante règne en effet, permettant quelques irrégularités de gestion. A la fin de l’année, la société parvient à générer des excédents et garde une trésorerie d’environ dix millions d’euros depuis lors.

Les analyses de la Cour des comptes ont d’ailleurs été compliquées par l’absence d’indicateurs opérationnels précis et les analystes ne sont pas au clair : les temps de travail des salariés ne sont pas contrôlés, les stocks ne sont que partiellement inventoriés, le nombre de voyageurs est inconnu… Le soutien financier qualifié « d’inconditionnel » – la collectivité s’est engagée à prendre à sa charge tout déséquilibre financier – aurait amené les gérants à négliger certaines pistes d’économies ou d’amélioration du résultat.

Selon la Cour des comptes, aucun effort concret n’a été entrepris pour valoriser le parc immobilier, et même les activités touristiques. Les rédacteurs du rapport concluent sobrement que « les conditions de gestion n’ont pas favorisé la réduction des coûts de service« .

Les salariés ne sont pas menacés de ‘burn out »

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Et pourtant, un projet de développement du réseau

La générosité de l’actionnaire de référence – l’Etat et donc le contribuable (entité rare sur l’île) – bénéficie surtout aux employés, et ce sur tous les plans. D’abord, en termes financiers, via des primes pléthoriques et parfois surestimées, comme la prime kilométrique, qui correspond à 2,68 millions de kilomètres indemnisés, alors que la production annuelle (avec le nombre normal de personnel dans chaque train) n’atteint en fait que 1,89 millions de kilomètres. Le personnel bénéficie d’heures supplémentaires même si les agents ne réalisent pas les 37 heures et 10 minutes par semaine réglementaires. Les cheminots ont par ailleurs droit à des indemnités « irrégulièrement attribuées », soulignent les Sages, comme par exemple des repas, alors qu’ils travaillent uniquement le matin, ou l’après-midi, etc. Les montants des primes sont par ailleurs supérieurs aux plafonds exonérés, engendrant de vrais surcoûts pour l’entreprise.

Sur le travail en lui-même, la Cour des comptes relève de belles marges de manœuvre pour améliorer les choses. Malgré l’absence de contrôles, les contrôleurs des dépenses publiques estiment que certains agents fournissent un travail effectif d’environ cinq heures chaque jour, ce qui n’empêche pas une souffrance au travail dépassant la moyenne continentale, puisque les agents sont absents en moyenne 28 jours par an, pour maladie ou accidents du travail.

Comble du comble: malgré ces conditions de travail à faire rêver le métropolitain, l’entreprise a connu onze préavis de grèves et trois grèves réelles en quatre ans… Des mouvements qui n’ont pas systématiquement donné lieu à retenues sur salaires !

Les recommandations de la Cour des comptes

Nos comptables publics se sentent obligés de faire plusieurs recommandations à la compagnie corse.

D’abord, elle doit « mettre en place un comptage efficace du nombre de voyageurs », et « modifier le système de validation des billets pour ne plus faire reposer sur le contrôleur le paiement effectif des voyages ». Le moment de sa sieste serait-il propice à la resquille ?

 Ce qui peut sembler évident ne l’est sans doute pas pour le rail corse. Plus surprenant pour une société d’économie mixte, gérée selon les standards du privé, l’entreprise « se doit de développer une comptabilité analytique [et] des indicateurs opérationnels » pour mieux comprendre son fonctionnement et améliorer sa productivité. Car in fine, l’argent gaspillé est bien celui des Français. Mais les Corses ont leur propre fibre nationale… 

Consultation des cheminots : la ministre Pénicaud envenime la situation

La consultation des cheminots sur la réforme ferroviaire n’empêchera pas la poursuite des discussions, a prévenu Pénicaud.

blog -Penicaud-tete de pioche.jpgMuriel Pénicaud a répliqué jeudi à l’annonce de l’intersyndicale SNCF, mercredi : elle  estime qu’il revient au Parlement et au gouvernement de décider. « Cette réforme ne concerne pas simplement la SNCF, en interne, mais tous les Français » et, dans ce cas, « les décisions se prennent au Parlement avec le gouvernement », a lancé la ministre du Travail sur RTL.

Si « les organisations syndicales ont le droit de prendre les initiatives qu’elles veulent », « le dialogue social n’est pas le lieu où tout se décide » et l' »Assemblée nationale s’est déjà prononcée en faveur de cette réforme », a-t-elle opposé.

Affichant son unité contre le projet gouvernemental, l’intersyndicale de la SNCF a annoncé mercredi une consultation du 14 au 21 mai pour demander aux cheminots s’ils sont « pour ou contre » la réforme ferroviaire.

Les syndicats de la compagnie ferroviaire ont débuté début avril un mouvement de grève contre la réforme ferroviaire. 

xvm924ee976-5435-11e8-8900-ffb45010558fPour M. Pénicaud, si le non l’emporte massivement, « cela voudra dire qu’il y a encore beaucoup de travail d’explication à faire et qu’une grande partie des salariés de la SNCF ne comprennent pas encore que (cette réforme) va sauver la SNCF« . Des « fainéants » doublés d' »illettrés », selon la « cynique » ?

Le prochain épisode de deux jours de grève « scandée » sur sept doit reprendre samedi soir. Une journée « sans cheminots » est prévue lundi.

Chômage : le « fou » de la Maison blanche réussit où échoue le prétentieux de l’Elysée

Trump réussit à faire passer le chômage sous le seuil de 4%

Résultat de recherche d'images pour "Trump chomage US"Le président américain Donald Trump peut s’enorgueillir de la chute du taux de chômage aux Etats-Unis. Après avoir stagné depuis six mois, à la suite de deux mandats du président démocrate Obama, le taux de chômage est finalement tombé à 3,9 % aux Etats-Unis. Dans un tweet, Donald Trump a salué ce redressement de la situation de l’emploi en avril. « Vient de tomber: 3,9 % de chômage », fait savoir le président américain en ajoutant « 4 % is broken! », ce que l’on peut traduire par « le plancher de 4 % est crevé« . Et de terminer son tweet par: « Et pendant ce temps, la chasse aux sorcières! » en allusion à la poursuite de l’enquête du procureur Mueller sur l’ingérence russe pendant la campagne présidentielle.

Voilà six mois que le taux de chômage était resté inchangé, restant bloqué à 4 %. Pour trouver un taux aussi bas, il faut remonter à dix-sept ans et demi et George W. Bush (2001-2009), un autre Républicain. Les envieux de ce reflux historique opposent la sortie du marché du travail de 236.000 personnes. Ils ajoutent aussi que les créations nettes d’emplois recensées par le département du Travail sont un peu moins élevées que prévu en avril, atteignant 164.000. C’est presque deux fois moins que le volume considérable des embauches estimé en février. 

Deux tendances positives s’imposent aux pisse-vinaigre démocrates

La mesure du chômage la plus sévère, qui tient compte des personnes employées à temps partiel faute de poste à temps plein, recule à nouveau: elle plonge à 7,8 %, ce qui ne s’était pas vu depuis juillet 2001. Par ailleurs, le taux de chômage parmi les Noirs – recensés en tant que tels dans le système statistique américain – chute à 6,6 %, ce qui est un cinglant désaveu pour les supporteurs d’Hillary Clinton. Il s’agit de son plus bas niveau jamais mesuré.

Résultat de recherche d'images pour "Trump chomage"Le rappeur Jay-Z a nié toute avancée économique et le président lui a répondu par tweet « Quelqu’un peut-il expliquer à Jay-Z que grâce à ma politique, le chômage des Noirs vient d’être signalé au PLUS BAS NIVEAU JAMAIS ENREGISTRE! »...<br>Prié ensuite de dire si Donald Trump est un bon dirigeant, notamment à la lumière de la hausse du pouvoir d’achat et de la baisse du chômage chez les Noirs comme dans l’ensemble de la population américaine, Jay-Z, 48 ans, a répondu: « Non. L’argent ne fait pas le bonheur, ce n’est pas vrai. Ça passe complètement à côté du sujet ». En 2017, le magazine Forbes a estimé la fortune de Jay Z à près de $810 millions.

Les démocrates maintiennent qu’ils sont déçus du fait de la maigreur de la hausse moyenne des rémunérations horaires: + 0,1 % seulement, contre 0,2 % en mars. Une hausse même faible, mais mieux partagée ne satisfait pas les démocrates… Les Cassandre étalent leur crainte d’une envolée de l’inflation par les coûts de la main-d’œuvre en raison de la pénurie d’employés qualifiés retombe donc un peu. La politique de relèvement très progressif du taux directeur par la Réserve fédérale se trouve confortée.  Ces fonds sont déposés par les banques commerciales et autres institutions financières américaines ayant des exigences de réserves obligatoires auprès des Réserves fédérales régionales (et ils sont non rémunérés), à disposition des détenteurs de ‘fonds fédéraux’ dont les réserves obligatoires sont temporairement insuffisantes. Or, on ne cesse d’annoncer pour le mois suivant une majoration du taux des ‘Fed Funds’. De quoi entretenir un climat d’inquiétude sur l’avenir…

Résultat de recherche d'images pour "Trump chomage"Et la croissance américaine a augmenté de 3%. Celle de la France selon Macron se fera-t-elle aspirer vers le haut ? Pour l’heure, Trump bizute le gamin devant les caméras et Jupiter est rentré bredouille de Washington, la queue entre les jambes.

En France, les derniers chiffres du chômage (avril 2018) ne font apparaître qu’une légère baisse du nombre d’inscrits à Pôle-Emploi. 

Le nombre d’inscriptions à Pôle Emploi n’a baissé que de 0,9 % au 1er trimestre : 32.000 chômeurs de moins. C’est simple, à ce rythme là, il faudrait attendre plus de 100 trimestres, donc 25 ans, pour ne plus avoir de chômeurs en France !

Certes, on a libéralisé le marché du travail et les patrons n’ont plus peur d’embaucher, mais la précarité a augmenté. On a beaucoup de CDD très courts: moins de 1 mois. Ca représente 70 % des offres d’emplois. D’ailleurs, le nombre de personnes qui travaillent de temps en temps, augmente et les demandeurs d’un vrai emploi restent inscrits à Pôle Emploi. 

Et puis, le chômage de longue durée – lui non plus – ne baisse pas: alors, il augmente !<br>

La croissance a ralenti à 0,1% au 4e trimestre, constate l’INSEE

La croissance plafonne toujours à 0,4% en 2014

La croissance de l’économie française a ralenti à 0,1% au quatrième trimestre 2014

Mais l’INSEE positive: cette baisse est conforme aux attentes !
C’est cette direction générale du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie qui le dit. Dans ses premiers résultats publiés vendredi, l’institut assure que les exportations sont un peu plus dynamiques et la consommation des… administrations (!) et des ménages en hausse, en cette période exceptionnelle des fêtes de fin d’années. L’INSEE voit un sujet de satisfaction dans le fait que les prévisions pessimistes de trente-trois économistes n’ont pas été démenties quand ils ne prévoyaient en moyenne qu’une hausse de 0,1% du PIB de la France au 4e trimestre, leurs estimations allant de -0,2% à +0,2%. Le produit intérieur brut français a en effet augmenté de 0,1% au quatrième trimestre 2014, après 0,3% au troisième, -0,1 au deuxième et 0 au premier, a précisé l’Institut national de la statistique et des études économiques dans une première estimation.
La Banque de France escomptait également une hausse de 0,1% du PIB de la période octobre-décembre sur la base de ses enquêtes de conjoncture mensuelles.

Ainsi l’institut se satisfait-il d’une stagnation, observant dans le même temps un niveau de croissance de +0,3% au troisième trimestre, ce qui fait que, sur l’ensemble de 2014, le produit intérieur brut de la France progresse en moyenne de 0,4%, « en ligne avec les prévisions du gouvernement », quand on accepte la mission militante de positiver, mais pas mieux, sinon, qu’en 2013 et 2012.
L’INSEE prend ainsi à son compte les éléments de langage de son patron, le ministre des Finances Michel Sapin, qui a rappelé que le gouvernement avait revu à la fin de l’été sa prévision pour l’année 2014 à 0,4%, contre 1,0% auparavant. « En 2014, la croissance aura été de 0,4%, comme nous l’avions prévu et annoncé dès la fin de l’été« , a immédiatement déclaré Sapin à quelques journalistes. « C’est évidemment encore trop faible », concède Michou Sapin à propos du chiffre définitif, « mais les conditions sont réunies pour permettre un redémarrage plus net de l’activité en 2015« , assure le marchand de sable de Bercy. Une musique douce déjà entendue sur toutes ses partitions économiques, notamment au temps du redressement de la courbe de l’emploi prévu pour décembre 2013.
« Les derniers signaux économiques sont encourageants et confortent notre prévision de croissance de 1% en 2015 », continue-t-il de raconter à qui veut l’entendre, en soulignant que les chefs d’entreprise dans l’industrie manufacturière ont revu récemment à la hausse leurs projets d’investissements pour l’année.

La contribution de la demande intérieure finale à la croissance du quatrième trimestre a été positive de 0,1 point et celle de la variation des stocks négative de 0,2 point. Le commerce extérieur y a contribué positivement à hauteur de 0,1 point, du fait d’une progression des exportations plus forte que des importations. Les dépenses de consommation des ménages ont résisté avec une hausse de 0,2% et celles des administrations publiques ont augmenté de 0,4%, indique l’INSEE. Sur l’année, les premières ont progressé de 0,6%, après 0,3% en 2014, et les secondes, de 1,9% après 2,0%. Mais les diverses sources n’ont encore pas accordé leurs violons.

L’investissement, facteur clé de croissance, reste en panne

blog -indicateurs economiques sont bons-PS en Porsche-WingzPoint noir des statistiques publiées vendredi, l’investissement total a reculé de 1,6% sur l’ensemble de l’année 2014, à -0,8%, deux fois plus qu’en 2013. Ce recul serait essentiellement imputable aux ménages (-1,5%) du fait de la baisse du pouvoir d’achat et de la politique désastreuse menée par Cécile Duflot (EELV), l’ex-ministre du Logement, et de la faiblesse persistante des achats immobiliers.
L’investissement des seules entreprises a également reculé de 0,2% après avoir été stable au troisième trimestre. L’INSEE ne trouve plus les mots pour positiver…

Ce « repli », quand on répugne à parler de « baisse », est particulièrement marqué par la consommation des ménages (-5,8%), autre moteur très surveillé de la croissance française, mais « compensé », dans la présentation des faits, par un soi-disant frémissement chez les entreprises non financières (« 0,3% après -0,6% en 2013).
Or, les analyses divergent et certaines assurent que les éléments jouent contre Hollande: l’augmentation de 2014 (« 0,6%, après « 0,3% en 2013) aurait pu être plus sensible si elle n’avait été ralentie au dernier trimestre en raison notamment d’un hiver doux limitant les dépenses en énergie…

Autre discordance sur le commerce extérieur qui, selon d’autres, contribue négativement (-0,4 point, après « 0,1 en 2013) à la croissance en 2014, malgré une accélération des exportations au quatrième trimestre (« 2,3% après « 0,7% au troisième trimestre), selon la période de référence considérée.
Les stocks en revanche contribuent en 2014 pour 0,3 point à l’activité en 2014 (-0,2 point en 2013). Les stocks, ce sont les réserves et leur contribution n’est pas le signe d’une reprise de l’activité…

La manipulation des chiffres, l’embrouillage des esprits sur les périodes considérées et la présentation trompeuse d’éléments confus rend difficile à tous le décryptage de la réalité passée. Ne parlons donc pas de la bouteille à l’encre des prévisions…<br>

Valls invite la Chine à investir en France où on peut…licencier !

« L’image selon laquelle nous ne réformons pas notre marché du travail, et qu’il est impossible de licencier en France, est fausse », lâche Valls

« Je le dis ici à Shanghai: Huanying lai Faguo » (« bienvenue en France »),

Le VRP qui fait la gueule au centre, c’est Valls, vendeur de la France à la Chine,
en vantant nos facilités de licenciement social…

a ânonné Premier ministre Manuel Valls dans un discours prononcé devant les milieux d’affaires franco-chinois. Cinquante ans après John Fitzgerald Kennedy, alors président des États-Unis qui, le premier, dans un discours à Berlin-Ouest, le 26 juin 1963, à l’occasion des quinze ans du blocus de Berlin, eut cette formule « Ich bin ein Berliner«  (« Je suis Berlinois »), le démagogue de Matignon s’est ainsi livré à l’exercice répétitif des trois mots en langue étrangère. Après son « My government is pro-business » à Londres et le « Ich mag die Unternehmen » (J’aime les entreprises) à Berlin, a tenté de se faire passer pour Chinois….

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Et les plaisanteries les meilleures étant les plus courtes, d’ajouter: « Je crois que le message est clair« . Sur le fond, le Premier ministre a pratiqué le comique de répétition, martelant un seul et même message répété ad nauseam depuis son arrivée jeudi 29 janvier 2015: « La France, plus que jamais, est désireuse d’accueillir les entreprises chinoises », qui sont les « bienvenues ».
 
Même si la France a des « défis lourds » à relever, elle est compétitive, a-t-il assuré. « L’image selon laquelle nous ne réformons pas notre marché du travail, et qu’il est impossible de licencier en France, est fausse », a fait valoir Manuel Valls comme argument majeur de vente. 
Et, avec finesse, Valls a enfoncé le clou. « La protection de l’emploi est plus élevée en Allemagne qu’en France ».
Il s’est enfin vanté que les 35 heures ne sont « qu’une durée de référence »… Valls a ainsi démontré qu’il a vraiment la stature d’un chef d’Etat avisé !
 
Arrivé dans la matinée depuis Pékin, le Premier ministre a commencé sa journée dans la capitale économique chinoise par l’inauguration officielle des chrysanthèmes d’un centre de recherche et développement du géant français des pneumatiques Michelin. Il a eu droit à la photo souvenir avec un employé costumé en Bibendum, provoquant les rires de la salle. Il y a rencontré des cadres d’entreprises francaises dans le pays, qui lui ont fait part de leurs doléances diverses, mais aussi de points de progrès, dans leurs relations avec l’administration chinoise.
Après son discours, le Premier ministre a rencontré à la mi-journée huit entrepreneurs chinois, dont le nouveau patron du Club Med, Fosun, et le fondateur du site de commerce en ligne jd.com. 

Au terme d’une entrevue avec le maire de Shanghai, Yang Xiong, il est allé se promener dans le quartier du Bund, emblématique de la mégalopole, déambulant avec Laurent Fabius sur les quais, face aux immenses gratte-ciels de Pudong, sur l’autre rive. La promenade s’est poursuivie dans les locaux design de l’agence de communication française Fred&Farid, pour une discussion avec de jeunes entrepreneurs français.

Le calendrier diplomatique franco-chinois restera bien chargé pour l’année, avec la visite à Paris du négociateur chinois sur le climat, Xie Zhen Hua. Le Premier ministre chinois Li Keqiang se rendra lui en France avant l’été, Laurent Fabius ayant évoqué le mois de juin.
 
Quant au voyage de François Hollande, il devrait avoir lieu « plutôt au second semestre » en amont des grandes négociations sur le climat à Paris fin 2015. Même s’il faut encore « lever un certain nombre d’obstacles », « les choses bougent », a assuré Manuel Valls, comme Michel Sapin sous Ayrault à propos du redressement de la courbe de l’emploi… A son arrivée en Chine, il avait toutefois demandé une plus grande « réciprocité » dans les relations commerciales entre l’Europe et la Chine.
 

Bilan du « pro-business »: Manuel Valls termine sa visite en Chine quasi-bredouille…

Le Premier ministre s’est entretenu vendredi avec le président chinois Xi Jinping au Grand palais du peuple, place Tiananmen, où il avait été déjà reçu la veille par son homologue, Li Keqiang, avec lequel il aurait signé une douzaine d’accords, chiffre fou et contenu imprécis, car aucun n’aura un impact majeur. 

Après s’être adressé à la communauté française de Shanghai, le Premier ministre devait reprendre l’avion pour Paris, tout penaud, mais… frémissant.


La fiscalité française ou la double peine sur une petite majorité

Le degré d’inventivité fiscale est une exception culturelle française méconnue. 

Et cette créativité ne cesse de s’épanouir dans l’austérité

En matière de nouveaux impôts, de nouvelles taxes, la France socialiste a la palme ! 
Mais sa population mérite l’ordre du mérite. 
Si vous êtes propriétaires, les nombreux occupants d’un logement dont ils sont propriétaires ne sont pas mieux traités que les automobilistes. Les uns et les autres sont matraqués à tous les coins de rues. Loin de moi l’idée d’envier les sans-abris et les mal-logés, mais ces derniers entrent parfois dans la catégorie des propriétaires de leur logement et, comme de plus aisés, ils doivent acquitter deux fois l’impôt qui donne le droit d’habiter chez soi: la taxe foncière et la taxe d’habitation.
Et c’est la même chose pour les autres impôts, même quand on leur donne un nom différent. Les prélèvements sociaux par exemple. Ils s’élèvent à 15,5% sur les placements et à 8% sur les revenus du travail. Ils viennent s’ajouter au l’impôt sur le revenu et aux revenus catégoriels.

Un impôt sur l’impôt

Pour tromper son monde, Bercy déduit partiellement une petite fraction des prélèvements sociaux,  mais cela n’empêche pas sans qu’on s’en rende bien compte qu’avec ce système on paie un impôt sur l’impôt

Prenons l’exemple des loyers. Si on perçoit 100 de revenus fonciers, on va payer des prélèvements sociaux de 15,5%. Il reste net 100 moins 15, donc 84,5. La justice fiscale voudrait qu’on soit imposé sur ce revenu sur la base de 84,5%. Mais, comme on ne peut déduire que 5,1% sur les 15,5 % versés, on est imposé sur 94, 9%…

En somme, l’Etat nous prélève l’impôt même sur nos contributions sociales. 
Et cela vaut pour les traitements et salaires, comme le confirme Frédéric Douet, professeur de droit fiscal à l’Université de Bourgogne. Et la note risque d’être encore plus lourde demain si, comme préconise le Conseil des prélèvements obligatoires, le gouvernement socialiste supprime aussi la déduction actuelle. Ca fait du bien d’avoir des frondeurs dans le parti aux affaires !
Sans compter que les salaires des actifs sont ponctionnés sous forme de cotisation à une pension de retraite, laquelle est à son tour soumise chaque mois à l’impôt, quand est venue la retraite…
Elle est pas belle, la fiscalité française ? Ceux qui votent ces lois y sont-ils soumis?…


Les vieux coûtent cher,
mais l’Etat tient à eux

Ce qui manque à la loi Macron

Pourquoi l’UMP va voter contre le « projet de loi croissance »

Bombe à fragmentation ou pétard mouillé ?

Les députés UMP « sont bien évidemment contre » la loi Macron, a confirmé dimanche leur chef de file Christian Jacob. Ce projet de loi pointilliste qui porte le nom du ministre de l’Économie, est arrivé lundi à l’Assemblée nationale et promet de « faire sauter les verrous » qui bloquent l’économie française: la bombe à fragmentation de Hollande apparaît pourtant comme un pétard mouillé et à part quelques optimistes, l’UMP devrait le rejeter en bloc. »Cette loi, l’UMP aurait pu la faire », assure le député UMP Hervé Mariton, qui se dit prêt à voter pour l’extension de 5 à 12 dimanches travaillés, la libéralisation du marché des autocars, le rétrécissement des délais de passage du permis de conduire ou la facilitation des licenciements…

Que manque-t-il donc au texte pour qu’il vaille le vote du principal parti d’opposition ?

Cette loi ne va pas assez loin. Le 16 décembre, devant les députés de son camp, Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, a mis en garde contre la loi Macron. Selon lui, elle ne va pas assez loin pour la croissance. « Est-ce que cette loi permet de baisser les charges et contraintes qui pèsent sur les entreprises? Le coût du travail? La pression fiscale qui pèse sur les Français? « La réponse est non et bien évidemment on ne votera pas ce texte », explique Christian Jacob. En clair, pour l’UMP, la situation est trop grave et urgente pour faire le travail à moitié.

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Les sénateurs vont lui ré-écrire sa loi: elle n’est même pas assez « Macron ». D’ailleurs, revenu majoritairement à droite, le Sénat a déjà fait savoir qu’il va réécrire le texte. Le groupe des sénateurs UMP a en effet remis sur la table toutes les déclarations d’Emmanuel Macron sur l’assouplissement des 35 heures, sur les seuils sociaux. Avec les centristes, ils vont modifier le texte en commission et mettre au point une autre loi croissance, plus complète. « Nous allons écrire la vraie loi dont a rêvé Emmanuel Macron et nous voterons pour », annonce le patron des sénateurs UMP, Bruno Retailleau.

En août, le ministre de l’Économie s’était en effet dit prêt à autoriser « les entreprises à déroger » sur les 35h. Mais Macron a reculé sur cette la mesure qui ne figure finalement pas dans la loi qui porte son nom. Reportée aux calendes grecques aussi, la réforme des seuils sociaux!

Fillon-Jouyet : ces pénalités de Sarkozy au cœur de l'affaireOu alors elle va trop loin. Si pour Christian Jacob et les sénateurs UMP, elle ne va pas assez loin, pour Henri Guaino, au contraire, elle contient beaucoup trop de mesurettes. Le député en faisait l’observation mi-décembre sur Europe 1: « Ce n’est pas une loi, c’est un monstre. On mélange dans le même texte les notaires, les huissiers, les experts-comptables, les bus, les déchets nucléaires« , déplorait-il. Et de faire valoir qu’ « on ne peut pas discuter d’une loi qui touche autant de sujets, qui pourraient faire l’objet d’une dizaine de lois qu’on pourrait tranquillement discuter l’une après l’autre« .

La loi s’en prend aux professions réglementées. En outre, le texte s’attaque aux professions réglementées, qu’il veut déréguler. La loi Macron prévoit par exemple la liberté d’installation « contrôlée » des notaires, huissiers et commissaires-priseurs, et fixe désormais aussi une limite d’âge (70 ans) pour ces professions. « Pourquoi s’attaquer à des professions qui remplissent leurs missions et génèrent de l’emploi ? Notre système notarial est le plus efficace au monde« , a expliqué Nicolas Sarkozy, le 16 décembre.

Cette loi est partisane. Enfin, « au-delà du fond décevant, Macron, Valls et Hollande ont fait de ce texte un ‘objet politique’. Il est donc pour nous impossible de le voter », a expliqué dans L’Opinion l’ex-ministre du Budget et député Eric Woerth.

Si cette loi Macron suscite des remous en France, elle intéresse aussi beaucoup à l’étranger, où elle est interprétée comme un test de la capacité à réformer d’un gouvernement déjà mis sous surveillance par la Commission européenne pour ses dérapages budgétaires.
L’hebdomadaire The Economist ironisait ainsi mercredi: M. Macron « doit convaincre Bruxelles que ses réformes sont libérales, et les socialistes français qu’elles ne le sont pas« .

A Davos, Hollande fait un cours d’anti-terrorisme aux décideurs économiques

Hollande sait toujours ce qu’ « il faut » faire et interpelle les décideurs économiques 

La posture du leader d’opérette

Face au terrorisme «la réponse doit être globale, internationale, partagée entre les Etats qui sont en première ligne, les gouvernements, mais aussi les entreprises, notamment les plus grandes, qui ont aussi à intervenir», selon François Hollande admonestant vendredi les participants au Forum économique de Davos. Parce que Hollande était social démocrate quand Jean-Marc Ayrault occupait Matignon, mais socio-libéral depuis que Valls l’a remplacé, c’est la première fois qu’un président socialiste intervenait dans cette réunion annuelle des décideurs économiques.

Quinze jours après les attentats sanglants d’islamistes de France à Paris contre les offenses des dessinateurs libertaires de Charlie hebdo et une supérette casher, Très arrogant et critique, François Hollande a interpellé la communauté internationale pour qu’elle prenne ses responsabilités en Libye, en Syrie, en Irak, en Afrique partout où le terrorisme prospère. «La France ne peut agir seule, mais elle montrera l’exemple. La France sera en avant-garde quand ce sera nécessaire», mais «la France appelle une nouvelle fois la communauté internationale à être à la hauteur de la menace».

«Investir massivement dans l’économie verte»

Devant tout ce que compte la finance d’acteurs économiques -et non pas de prêcheurs- le moralisateur a surtout exhorté les décideurs de l’économie à agir. A «couper» les «flux financiers considérables» qui alimentent le terrorisme, et donc à lutter contre le blanchiment d’argent et les paradis fiscaux. Aux entreprises numériques, il a demandé d’agir rapidement et efficacement pour mettre hors ligne tous les contenus liés au terrorisme. «Ne laissez pas agir une bête qui vous frappera» un jour.
Plus globalement, et pour donner satisfaction à sa gauche hexagonale, le socialiste a rappelé que parmi les terreaux du terrorisme se trouvent la pauvreté et les inégalités. Et que si les Etats doivent prendre leur part pour les réduire, les entreprises aussi. «Le risque le plus grand à l’échelle du monde, c’est celui des inégalités entre les pays, inégalités à l’intérieur même des pays», a-t-il ajouté, insistant sur le fait que «l’économie est une réponse contre la désespérance».

Sa venue à Davos était surtout guidée par son intérêt personnel. Le chef de l’Etat souhaitait poser des jalons en préparation à la Conférence de Paris en décembre sur le Climat. François Hollande a donc rappelé qu’il souhaite un «accord contraignant». «La terre n’est ni une marchandise ni une rente, c’est un patrimoine que nous avons en commun», a-t-il lancé, demandant là aussi aux entreprises de prendre part à ce défi vers la transition énergétique. Il a demandé aux entreprises d’«investir massivement dans l’économie verte», mais aussi plaidé pour la création d’un «marché d’obligations vertes».

«Il n’y aura pas de prospérité s’il n’y a pas de sécurité»

Sur le sujet du climat, Hollande a pointé le fonds vert de l’ONU qui doit financer des actions contre le réchauffement climatique dans les pays émergents et pauvres mais n’a recueilli que 10 milliards de dollars, alors que «100 sont nécessaires» chaque année. Les entreprises pourraient abonder ce fonds, a-t-il suggéré.

En somme, le chef de l’Etat a mis en cause les Etats, mais surtout les entreprises, car «dans la lutte contre le réchauffement climatique et contre le terrorisme, beaucoup dépendra des Etats, mais aussi de vous», a-t-il lancé aux 2.000 personnes qui écoutaient son discours. «Il n’y aura pas de prospérité s’il n’y a pas de sécurité», a-t-il encore insisté.

Les bavures du bouffon

Hollande était le dernier à pouvoir prêcher la croisade.
Outre qu’il a dû se débarrasser d’un ministre fraudeur, Jérôme Cahuzac, qui pendant de longues années avait pratiqué plusieurs paradis fiscaux avant de se faire nommer au ministère du…Budget, Hollande a confirmé la réputation d’arrogance des Français dans le monde.
Les « global leaders », comme on nomme les participants au forum mondial de Davos, ont certes eu la courtoisie de saluer le chef d’Etat comme ils se devaient, mais ont moyennement apprécié les encouragements en forme de remontrances que Hollande leur a adressés dans un discours accusateur mais vide de propositions. Les Davoisiens ont salué celui qui a eu à faire face à Paris à son terrorisme intérieur.
Cela dit, il en faut plus à Davos pour être sacré grand chef d’Etat.  Il ne faut surtout pas pêcher par arrogance ou maladresse. Or, François Hollande a multiplié les bourdes et les erreurs.

1- Erreur d’arriver en retard, faute d’éducation que d’obliger les organisateurs à changer le protocole en prétextant que c’est de la faute de la neige. De la neige à Davos, c’était prévisible: il y en a tous les ans!

2- Erreur encore que de parler en français sans s’en excuser. Ce n’est pas la bonne manière de s’inscrire fortement dans le concert des nations mondiales. On peut parler dans sa langue nationale à Davos, mais on explique « en anglais » pour quelle raison on n’a pas d’autre choix. Il y a toujours une raison noble et politique surtout. Les chinois savent faire cela merveilleusement bien. Les Allemands aussi.

3- Erreur aussi que de s’adresser aux milieux financiers internationaux en flattant leur puissance, leur efficacité après les avoir traités de voyous et désignés comme les ennemis pendant toute une campagne présidentielle. Les milieux financiers internationaux de Davos auraient appréciés que le Président de la république s’expliquât sur la nécessité française d’avoir deux langages ; que la démocratie est au prix de ce type de posture. Une langue de bois à Davos et une langue de vipère à Paris en période d’élections quand on est de gauche mais pas seulement. La vérité n’est pas à l’avantage du socialiste qui les a boudés pendant deux ans avant de venir leur tirer les oreilles…

Les leaders quittent Davos inquiets

(De G à D) Le Pdg de BlackRock Laurence Fink, le ministre brésilien des Finances Joaquim Levy, le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda, Benoit Coeuré, de la BCE, le gouverneur de la Bank of England Mark J. Carney et le vice-directeur général du FMI Min Zhu au Forum de Davos le 24 janvier 2015
Forum de Davos – Le Pdg de BlackRock Laurence Fink, le ministre brésilien des Finances Joaquim Levy, le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda, Benoit Coeuré, de la BCE, le gouverneur de la Bank of England Mark J. Carney et le vice-directeur général du FMI Min Zhu, le 24 janvier 2015 (de gauche à droite)

Le forum économique mondial de Davos 2015 s’est achevé samedi dans la morosité, avec la préoccupation des risques, notamment géopolitique, terroriste et cybernétique, qui pèsent sur une économie mondiale en train de ralentir sa progression et où les facteurs d’incertitudes strictement économiques sont déjà nombreux, que ce soit le ralentissement chinois, l’évolution de la zone euro, ou les prix du pétrole.

Dans ce contexte mitigé, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le président français François Hollande ont exhorté les quelque 2.500 leaders économiques et politiques du monde entier à ne pas négliger la menace que représentent des groupes tels que Boko Haram ou l’organisation Etat islamique.

La délégation ukrainienne, conduite par le président Petro Porochenko, issu de la rébellion de Kiev, a aussi mis un coup de projecteur sur la crise ukrainienne, ajoutant ainsi à la dualité des tendances du Forum de Davos, qui cherche l’équilibre entre les sujets d’actualité et les tendances de long terme.

Au-delà des grands discours en tribune, dans les diverses salles de réunion où des patrons venus du monde entier échangent d’autant plus librement que les accès sont parfois fermés à la presse, le message était aussi à la vigilance.

«Les risques pour les chaînes d’approvisionnement augmentent pour toutes les entreprises», relevait ainsi un chef d’entreprise lors d’une des diverses sessions de ces quatre jours de réunion très intenses, avec en tête les ressources énergétiques au Nigéria et leur acheminement à travers l’Ukraine.

Les cybermenaces ont été particulièrement mises en avant, notamment par des patrons de groupes de sécurité informatique.

«Ce que vous appelez l’internet des objets, je l’appelle l’internet des menaces», a lancé lors d’un débat Eugène Kaspersky, de la société de sécurité informatique Kaspersky Lab, en référence à la multiplication des objets connectés.

Dans une autre session, un patron a estimé que « nous ne sommes plus dans une phase de risque, mais dans une phase d’infection », tant les piratages se multiplient, selon lui.

Décision de la BCE

Au-delà de ces débats sur les tendances de fond, les sujets d’actualité ont aussi accaparé leur part d’attention, notamment la décision historique de la BCE de se lancer dans un programme massif de rachat d’actifs, tombée jeudi en plein milieu du forum et qui a été largement commentée.

Une des idées force sur ce dossier, est que cela ne doit en aucun cas dispenser les pays européens de conduire des réformes structurelles indispensables pour relancer la croissance dans les pays de la monnaie unique.
«Avec une faible croissance, un chômage bien établi, des gens éjectés du marché du travail, nous voyons l’ensemble des fondations du projet européen affaiblies, et cela ne peut pas durer trop longtemps», a prévenu Benoît Coeuré de la BCE.

Le niveau des prix du pétrole a aussi été un des gros sujets de Davos, d’autant que, comme l’a reconnu samedi Laurence Finck, le patron de BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs au monde, les leaders de Davos n’avaient pas prévu cette évolution, illustrant les difficultés des exercices de prospectives conduits chaque année pendant quatre jours dans la bourgade suisse.
«L’an dernier, à cet endroit même, tout intelligents que nous étions, je crois bien que nous n’avons pas dit un mot du pétrole (…), je ne pense pas que nous ayons entenu le mot Isis (l’organisation de l’Etat Islamique, ou Daesh et Daech), nous n’avons évidemment pas parlé de l’Ukraine (…), nous avions confiance, (…) la tendance à Davos était que l’Europe était en train de se rétablir très rapidement. J’espère que nous ferons mieux cette année», a-t-il ironisé.

Pour le gouverneur de la banque centrale du Japon, Haruhiko Kuroda, il y a deux raisons d’avoir de l’espoir: la baisse des prix du pétrole et l’action de la BCE.

Mais Davos est aussi une formidable occasion pour les grands patrons de nouer des contacts pour de futurs contrats. «J’ai eu un ‘carnet de bal’ très rempli; en deux jours, j’ai rencontré 20 grands patrons pour enclencher une dynamique», s’est ainsi flatté le patron de Véolia, Antoine Frérot.

L’insécurité des petites maternités enfin reconnue par la Cour des comptes

Que leur reproche la Cour des comptes depuis la mobilisation de de la gauche, en 2010 ?

Faut-il s’inquiéter pour nos bébés et leurs mamans ?

Le taux de mortalité néonatale a légèrement diminué depuis 2004, du fait des progrès de l’obstétrique. Et, pourtant, dans le même temps, la sécurisation des naissances a reculé du 6e rang au 17e rang européen, alors même que les effectifs médicaux n’ont jamais été aussi nombreux.
« La sécurité de la naissance doit encore être améliorée », écrit la Cour des comptes, dans un rapport publié vendredi 23 janvier, pointant du doigt des dysfonctionnements dans de nombreux établissements, notamment dans les petites structures qui sont particulièrement montrées du doigt. Elles sont treize, où le nombre d’accouchements est inférieur à 300 par an. Depuis 1998, il est interdit de descendre en-deça de ce seuil, sauf dérogation contraire pour des raisons d’éloignement géographique.

Des dérogations abusives malgré des contrôles insatisfaisants

« Il ne s’agit pas de stigmatiser ces petites maternités », précise le sénateur UDI Jean-Marie Vanlerenberghe, rapporteur général de la commission des Affaires sociales, qui a commandé le rapport. Il précise qu’une maternité française sur cinq a fermé en quinze ans. « Ce qu’on constate, c’est que certaines ont échappé à des contrôles ou n’ont pas mis en œuvre des recommandations. Sans compter qu’un certain nombre de maternités de niveau 1 et 2 ont des taux de mortalité néonatale supérieurs à la moyenne. »

Le document dénonce aussi un manque de personnel qui met les patientes en danger, comme à Ussel (Corrèze) ou Die (Drôme), plus petite maternité de France, avec ses 137 accouchements. En juillet 2011, les autorités sanitaires s’opposent même pour cet établissement au renouvellement de « l’autorisation d’obstétrique, à cause de dysfonctionnements dans la gestion d’urgences vitales, d’erreurs de diagnostic et de retards à la décision », sans davantage de précision. Avant de finalement sauver provisoirement la structure.
Il n’y a jamais eu le moindre incident en vingt ans », soupire Jean-Pierre Rambaud, président du collectif de défense de l’hôpital de Die, sous-préfecture, 4.500 habitants. Selon lui, les risques sont limités, puisque la maternité est en niveau 1. « Toutes les parturientes sont chouchoutées, il faut voir comme la maternité est agréable, » commente-t-il sans surprise, alors que l’ARS doit étudier le renouvellement de la dérogation.
 

Des difficultés pour assurer des permanences 24h/24

Les grossesses à risque sont systématiquement redirigées vers la maternité de niveau 2 ou 3, soit à 70 km de Die à Valence, en une heure de route, voiture médicalisée prise en charge. « Nous n’avons pas de problème de personnel », répond à son tour Brigitte Linard, sage-femme cadre à Privas , préfecture de l’Ardèche, 8.500 habitants, qui dénonce des motivations plus terre-à-terre. « En fait, nous coûtons très cher. Je pense que c’est plutôt ça le problème de la Cour des comptes. Pour être rentable, une maternité doit réaliser 1000 accouchements. » Ce n’est pas le cas à Ussel, UMP, moins de 10.000 habitants en Corrèze, tandis que Tulle (PS), 14.000 habitants dans le même département, n’est pas concernée: c’est la ville d’élection du président Hollande…

La Cour des comptes dénombre donc « 35 maternités de petite taille confrontées à des difficultés sérieuses sur le plan financier et sur le plan des personnels ». Avec là encore, des conséquences sur la qualité de l’accueil et de la sécurité. En région parisienne, la maternité d’Argenteuil (Val-d’Oise) peine à recruter des pédiatres, tandis que celle de Mantes-la-Jolie (Yvelines) manque d’internes en gynécologie-obstétrique. A Montluçon (Allier), 38.000 habitants, la Cour des comptes estime que le sous-effectif est« particulièrement préoccupant au regard de la continuité et de la sécurité des soins ».

La maternité de Cognac « ne respecte pas la norme de présence des sages-femmes de nuit », ajoute encore le document. En théorie, pour respecter les textes, elle devrait recruter plus de 3 équivalents temps plein de sages-femmes, ce qui fait bondir Jacques Vacquier, chef du pôle maternité de Cognac, sous-préfecture de la Charente, chère à Ségolène Royal : « Il y a toujours une sage-femme sur place. L’équipe assure une permanence 24h/24. » Avec un taux de césariennes limité à 10%, il vante le travail de sa maternité, citant le cas récent d’une hémorragie de la délivrance traité sur place.« Nous affichons les résultats sur les murs, c’est un devoir. Moi, je réclame au ministère que les patientes soient informées de l’endroit où elles mettent les pieds, grâce à des sites régionaux d’information. »

Des recours aux diplômés étrangers et aux intérimaires

En attendant, certaines maternités recourent aux services de médecins étrangers, pour garantir une permanence 24h/24 et réduire les coûts. Le souci, quand ils sont titulaires de diplômes extra-communautaires, c’est qu’ils doivent les faire valider par le Conseil de l’ordre. En attendant, « puisqu’un autre médecin doit être présent pour les ‘sénioriser’, ils ne peuvent pas participer à la permanence des soins« , ce qui occasionne des absences dans l’accueil.

Pour compléter leurs équipes, les établissements font aussi appel à des médecins intérimaires, pour un coût élevé. Auteur d’un rapport sur cette question en décembre 2013, le députe PS de l’Isère Olivier Véran pointe de graves dérives. « Il existe des boîtes de mise en relation – certaines basées à l’étranger – qui peuvent contacter des médecins à l’autre bout de l’Europe pour venir travailler le lendemain en France. » Difficile, dès lors, de mener des évaluations dans ces conditions, après deux ou trois jours passés dans une structure.« Des médecins et des infirmières m’ont raconté avoir déjà travaillé avec des intérimaires sans même avoir de garantie sur l’existence réelle de diplôme. Parfois, certains parlent à peine français.« 

L’élu en convient lui-même, il est difficile de faire entendre ces arguments dans des territoires où la maternité représenterait parfois le dernier service public. Argument aussi classique que douteux quand il s’agit de maternités privées, comme les polycliniques privées de Die et de Privat. Par ailleurs, il faudrait mesurer l’influence éventuelle de la distance entre le domicile et la maternité sur le taux de mortalité néonatale. A ce jour, aucune étude n’a été menée sur la question.

La « sous-occupation importante » des établissements, avec un taux moyen d’occupation de 70 %.

En 2012, un tiers des maternités ont eu un taux d’occupation inférieur à 60 %.
A ce taux d’occupation « médiocre » s’ajoute une durée moyenne de séjour « significativement plus élevée que chez nos principaux voisins » (4,2 jours en France pour un accouchement normal en 2011 contre trois jours en moyenne dans l’OCDE). Conséquence : un « manque persistant d’efficience ».
Pour les magistrats de la rue Cambon, la « faiblesse » de l’intervention des pouvoirs publics dans cette recomposition « confine à la passivité et revient à attendre des accidents graves pour engager des restructurations ponctuelles ». Le décès accidentel d’une parturiente, le 26 septembre, à la maternité d’Orthez (Pyrénées-Atlantiques), avait précipité la fermeture de l’établissement (344 naissances en 2013 pour 11.000 habitants) qui était en discussion depuis plusieurs mois.

La Cour des Comptes s’inscrit en faux contre la mobilisation des personnels hospitaliers de 2010-2011 

Entre 1995 et 2005, 126 maternités ont été fermées.
Le 30 Mars 2010, la CGT et SUD, mais aussi la… CFDT, appelaient les hospitaliers à se mobiliser contre le projet de rationalisation des dépenses de santé.

2011
2011

Pour réaliser des économies, alors que les hôpitaux publics enregistraient un déficit de 440 millions d’euros, dès 2007, Nicolas Sarkozy avait exercé une forte pression budgétaire sur l’hôpital, réclamant le retour à l’équilibre à l’horizon 2012. Il avait aussi voulu réformer la gouvernance du système. Votée en juillet 2009, la loi hôpital, patients, santé, territoires (HPST) de Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, visait à limiter l’influence des médecins, mais aussi des élus locaux, qui jusqu’alors présidaient systématiquement les conseils d’administration. Le 15 octobre 2010, plus de 44 hôpitaux étaient en gréve…

En août 2011, Ségolène Royal, candidate à la primaire socialiste, dénonçait « un désordre sanitaire » et promettait de geler les fermetures d’hôpitaux. Lors d’une visite à la maternité de La Seyne-sur-Mer (Var) le mercredi 17 août, l’actuelle ministre de l’environnement avait lancé que « la maternité doit être maintenue. Je n’accepte pas les déserts médicaux qui coûtent beaucoup plus cher. Je sauverai les hôpitaux publics de proximité menacés de fermeture ». Et royale, Ségolène de dénoncer, par communiqué, « un désordre sanitaire« .

Davos: Hollande décolle dans les sondages, mais la neige le bloque au sol

Hollande commande aux media, mais non à la météo

La neige à Davos contraint Hollande à décaler son discours sur… le climat

Le grand sorcier français fait tomber la neige sur la station de Davos !

Le président socialiste français aurait pu faire bonne figure au sommet de Davos. Les attentats islamistes de Paris ont en effet jeté un coup de projecteur sur sa personne et il croyait bien rester dans la lumière au sommet des pays riches en Suisse. Mais, les riches que, dans sa campagne de la présidentielle de 2012, il disait ne pas aimer, lui ont répondu, ce 23 janvier 2015, qu’ils ne l’aiment pas non plus.

Le chef de l’Etat est encore arrivé en retard. Il avait prévu de se rendre à Davos par hélicoptère, mais la neige s’est abattue sur la région des Grisons et le bras cassé a dû se résoudre à rejoindre la station suisse en voiture, après tous ses confrères.

Une certaine presse se plaît à rappeler qu’en 2005, Jacques Chirac avait connu une mésaventure semblable, puisqu’une tempête de neige à Paris l’avait obligé à intervenir par visio-conférence. Mais à la différence de son aîné, le socialiste voit enfler son contentieux avec le ciel. La foudre avait salué son accession surprise au pouvoir en foudroyant l’avion de Flamby en plein vol vers Berlin, le contraignant à revenir sur Paris. Pour son investiture, le micro-climat avait pourri son apparition sur les Champs-Elysées. Et en août 2014, pour le 70ème anniversaire de la Libération, sur l’île de Sein dans le Finistère, le capitaine de pédalo avait pris l’eau, alors que coulait le gouvernement Ayrault.

Il a encore fallu que ce soit lui qui peine à trouver le chemin de la Suisse et fasse attendre l’ensemble des délégations. La rencontre de François Hollande avec le président égyptien a été annulée et son discours prévu à 11h30 a été reporté en début d’après-midi, à 14h15. Ironie de l’histoire, le Président devait prononcer une allocution axée sur le climat…

 

La conférence climat au centre de son discours

Hollande ne passe pas pour motivé par les questions environnementales au centre des préoccupations de ce 45e Forum de Davos, mais le chef de l’Etat ne pouvait le zapper alors qu’il voudrait pouvoir se prévaloir de résultats de la conférence mondiale hébergée par la France fin 2015 dont il avoue attendre un accord « ambitieux, universel et contraignant« .

Or, les géants de l’économie mondiale rassemblés dans la très sélecte station de sports d’hiver helvétique sont d’ores et déjà doublement concernés par des avancées: ils ne sauraient « prospérer dans un monde déchiré » et ont tout intérêt à concourir au développement durable, porteur d' »opportunités technologiques » et de croissance économique. D’autant que cinq ans après l’échec cuisant de la conférence de Copenhague, les grandes entreprises des pays industrialisés ou émergents n’ guère d’autre choix que de se « mobiliser » en faveur d’un accord à Paris. « Mon message sera de dire que la responsabilité est globale à l’égard des menaces terroriste et climatique« , a confié le président français cette semaine à des visiteurs.

Hollande ne peut mépriser la finance, son ennemi désigné de 2012

Le président socialiste avait dédaigné les éditions 2013 et 2014, mais l’état des finances de la France vaut bien une messe et il s’est donc résolu à faire le déplacement en Suisse en 2015 car il a désormais grand besoin de la finance. Il doit en effet convaincre les investisseurs du monde entier d’abonder le fonds vert de l’ONU contre le réchauffement climatique. Censé atteindre 100 milliards de dollars, il est pour l’heure bloqué à une dizaine de milliards. D’où l’appel du chef de l’Etat à des « financements innovants et d’entreprises ». « La finance ne peut pas se mettre de côté, elle sera sollicitée« , a-t-il commenté en privé.

C’est un renoncement à ses promesses de campagne. Parmi les détracteurs de sa politique, Florian Philippot, vice-président du FN, n’a pas manqué de dénoncer un double discours, rappelant que pendant la présidentielle, lors de son discours au Bourget, François Hollande avait désigné la finance comme son ennemi. Tel Henri IV du Saint-Empire, le pénitent François Hollande se rend à Canossa, cédant sur ses engagements de campagne et s’humiliant devant les banques, les riches.

Armées: Hollande rétro-pédale sur la baisse des effectifs

Le gouvernement PS recrée des postes de militaires qu’il avait supprimés

En avril 2013, Hollande voulait faire disparaître 20.000 postes supplémentaires d’ici 2019

L’Armée, à la croisée des chemins

Le Livre blanc de la Défense remis à François Hollande prévoyait une baisse des effectifs de l’armée française de 5.000 postes par an entre 2016 et 2019. Les effectifs de l’ armée devaient ainsi diminuer de 20.000 personnels au total, rapportait le quotidien Les Echos.

Selon le quotidien, ce Livre blanc prévoyait en outre un budget de la Défense de 179,2 milliards d’euros hors pensions sur la période 2014-2019 couverte par la loi de programmation militaire suivante. Les Echos soulignait béatement que ce montant était à peu près conforme à la promesse faite le mois précédent (mars 2013) par François Hollande de geler les crédits militaires 2014 à leur niveau de 2013.

Mais cette enveloppe « cache en fait une baisse réelle des crédits budgétaires puisqu’elle va incorporer au moins 4,5 milliards de recettes exceptionnelles« , affirmait tranquillement le journal, sans se préoccuper de la provenance de ces « recettes exceptionnelles« .
Or, début juillet 2014, les deux commissions chargées de la défense, à l’Assemblée et au Sénat alertèrent sur le manque de 1,5 milliards d’euros de recettes exceptionnelles (REX) en 2015, alors qu’elles étaient prévues par le loi de programmation militaires (LPM) 2014-19.
Et la majeure partie de ces ressources devait provenir en 2015 et 2016 de la mise aux enchères de la bande de fréquences hertziennes des 700 MHz, qui devait être affectée à la téléphonie mobile des amis du pouvoir (Free et Numéricable). Mais il y eût encore un ‘mais, car les contrôles des députés et des sénateurs firent apparaître que les recettes de cession des fréquences de la bande des 700 MHz ne seraient pas disponibles avant, au mieux, la fin 2015. D’où un manque de 1,5 milliard d’euros pour financer l’exécution de la LPM en 2015, en particulier le programme d’équipement des forces armées.

Le Livre blanc cherchait une justification à ses estimations en rappelant que la baisse des effectifs de l’armée avait été amorcée par Nicolas Sarkozy, qui avait prévu la suppression de 54.000 postes sur la période 2008-2015.
Or, la politique extérieure de Sarkozy était au désengagement. En 2008, Sarkozy avait  assuré la protection de l’aéroport de N’Djamena lors de l’évacuation des ressortissants français au Tchad. En décembre 2008, des militaires français avaient apporté leur participation à l’opération européenne « Atalante » contre la piraterie au large des côtes de Somalie. Le 4 avril 2011,  des forces françaises (Licorne) à Abidjan (Côte d’Ivoire) se mobilisèrent en appui des forces de l’ONU (ONUCI) contre le président sortant Laurent Gbagbo, membre de l’Internationale socialiste, accusé d’utiliser des armes lourdes contre des populations civiles. En octobre 2011,  Sarkozy mit un terme à l’Opération « Harmattan » en Libye. En 2012, le coût des opération extérieures (OPEX) de la France s’étaient chiffrées à 870 millions d’euros, contre 1, 2 milliard en 2011. Le projet 2012 de la loi de finances pour 2013 prévoyait une dépense de 630 millions, avant l’intervention au Mali…


Les Echos ne précisent pas en revanche que Hollande a lancé trois interventions extérieures en deux ans: au Mali, l’opération « Serval » en janvier 2013, suivie de l’opération Barkhane, le 1er août 2014, en République centrafricaine, l’opération Sangaris, le 5 décembre 2013. Le 18 septembre 2014, le président Hollande engagea encore des troupes française en appui aérien aux autorités irakiennes pour « porter des coups à l’organisation terroriste« , Daesh.

Opération Centrafrique : le VBCI au service de la force Sangaris

Selon Europe 1, le détail des coupes dans le budget aux armées devait être le suivant :
– Armée de terre : 7.000 hommes en moins, soit l’équivalent d’une brigade de combat.
– Armée de l’air : grosse réduction d’effectif également comme pour l’armée de terre et 50 avions de moins, soit 20% de ses capacités
– Marine : peu de coupes, car détentrice de la dissuasion nucléaire.
– Forces spéciales : peu de coupes puisqu’elles ont montré leur intérêt sur les champs de bataille à l’étranger, comme récemment au Mali. Les forces stationnées en Afrique sont aussi épargnées.

A noter encore que ce Livre Blanc (décidément très flou) ne rentrait pas dans le détail précis des régiments supprimés. De crainte de déclencher la colère des municipalités et des commerçants frappés par ces pertes de revenus. C’était la Loi de programmation militaire (LPM) qui s’en chargerait.

Hollande veut maintenant freiner la baisse des effectifs qu’il avait lui-même décidée

Coup de tonnerre, le 14 janvier après-midi, sur le porte-avions « Charles-de-Gaulle » en partance pour le Golfe, puis l’océan Indien. Le chef de guerre socialiste y a présenté ses voeux aux forces armées, y annonçant sa décision de mettre un frein aux restructurations au sein de la Grande Muette, mais « à budget constant ». « La situation exceptionnelle que nous connaissons doit nous conduire à revenir sur le rythme des réductions d’effectifs qui avait été programmé dans la loi de programmation militaire sur les trois prochaines années. Ce rythme doit être revu et adapté« , a-t-il déclaré devant plusieurs centaines de marins.

France: projet de loi de finances rectificative 2013

Et Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, va avancer à marche forcée, assure-t-on, indépendamment de la capacité de ses conseillers à lui remettre des propositions substantielles d’ici à la fin de la semaine, dans l’optique d’un Conseil de défense planifié mercredi prochain. « Je prendrai aussitôt mes décisions », a lancé le chef de l’Etat, d’un ton martial.

Des armées en état de surchauffe et aux matériels obsolètes

Les militaires ont le moral au plus bas, voyant les régiments et les bases aériennes fermer les unes après les autres, d’autant que, dans le même temps, le pouvoir politique leur demande toujours plus, bien qu’ils aient dû subir des retards de paiements de soldes dûs aux bugs du logiciel de Louvois.

François Hollande a alourdi la facture des Armées de 24.500. Cette année, ce sont 7.500 postes qui devaient être supprimés, et à peu près autant les deux années suivantes.

Si François Hollande a décidé de battre en retraite sur les coupes sombres, c’est sous la pression des événements, les attentats terroristes de djihadistes de France qui ont endeuillé le pays. En moins de trois jours, 10.500 militaires ont été déployés pour participer au renforcement du plan Vigipirate. « Un rythme inédit », a-t-il salué, mais qui a exténué l’ensemble des forces laissées à disposition sur le sol national. Avec les 8.500 hommes ou femmes en opérations extérieures, le constat est sans appel : l’armée est au bord de l’implosion.

Dans une lettre adressée mardi, le député UMP de l’Aisne Xavier Bertrand a demandé à François Hollande de « surseoir » aux baisses d’effectifs. « Je suis convaincu qu’une telle décision serait largement approuvée et que vous pourriez compter sur le soutien de l’opposition dans un esprit d’unité nationale », a-t-il écrit dans le texte révélé par Le Figaro.

Reste le problème du financement

En décembre 2014, la France empruntait à des taux historiquement faibles, nous disait-on. Sur dix ans on avait  atteint le plancher de 0,845%, malgré une conjoncture économique toujours aussi morose et des perspectives d'amélioration plutôt faibles. Alors ?
En décembre 2014, la France empruntait à des taux historiquement faibles, nous disait-on. Sur dix ans on avait atteint le plancher de 0,845%, malgré une conjoncture économique toujours aussi morose et des perspectives d’amélioration plutôt faibles. Alors ?

Les contraintes budgétaires pèsent en effet très fortement sur les crédits militaires. Moins de suppressions de postes, ce sont évidemment des charges plus lourdes. François Hollande a réaffirmé hier que les 31,4 milliards d’euros prévus pour 2015 seraient au rendez-vous, mais il n’en a pas promis davantage et il manque 400 millions d’euros. Il va donc falloir serrer la ceinture des fonctionnaires et des vieux…

Le chef de l’Etat a aussi décrété que soit « mis en oeuvre cette année » le projet de location de matériels militaires, (via la création de sociétés de projet public-privé) destiné à pallier l’absence des 2,2 milliards de recettes exceptionnelles. Faute de quoi la trésorerie de l’armée va passer dans le rouge. Le Parlement va devoir actualiser la loi de programmation militaire pour 2015 de toute urgence. Les promesses de François Hollande font monter la pression sur les élus.

SNCM : la mauvaise cogestion coûtera 800 millions d’euros aux Français

Pour sauver l’entreprise, l’Etat tentera de contourner les règles européennes

L’interventionnisme de l’Etat pourrait conduire l’Europe à sanctionner la SNCM, Société nationale maritime Corse Méditerranée. Un défi que l’Etat pourrait essayer de relever en déboursant discrètement jusqu’à 800 millions d’euros pour permettre à la SNCM de financer quatre nouveaux navires, selon le Canard enchaîné.

Selon l’hebdomadaire, un rapport « remis confidentiellement le 29 avril » au secrétaire d’Etat aux Transports d’alors, Frédéric Cuvillier, par la Caisse des dépôts, institution financière publique , et Bpifrance, la Banque publique d’investissement, recommande cette intervention de l’Etat. Le Canard enchaîné précise que le document a été « rédigé avec l’aide du cabinet d’avocats d’affaire Linklaters », cabinet international d’avocats d’affaires britannique.

L’entourage du ministre avait confirmé qu’un rapport lui a bien été remis, mais aussi à l’actionnariat salarié et au directoire en mai, mais qu’il ne contient pas les conclusions détaillées par Le Canard. « Reste alors la main secourable des pouvoirs publics qui veulent à tout prix éviter l’explosion d’une bombe sociale à Marseille« , rapporte l’hebdomadaire, rappelant que la compagnie emploie 2.500 salariés.

Les syndicats co-gestionnaires qui ont conduit la société publique au redressement judiciaire (avec une période d’observation de 6 mois) le 28 novembre 2014.

Tromper la vigilance de l’Union européenne

Parmi les pistes envisagées pour dégager prêt d’un million d’euros à l’arrivée qui permettraient de remettre à flot la compagnie française de navigation maritime capitaux publics et privés, le rapport écarte l’arrivée d’un investisseur « en raison de la déliquescence avancée de la compagnie« . Selon le journal, il écarte également la reprise par le Norvégien Siem, qui est pourtant en discussion depuis plus d’un an avec la SNCM.

La difficulté est également de réaliser un montage qui permettrait d’éviter une nouvelle sanction de l’Europe.La SNCM, dont le siège est à Marseille, a déjà été condamnée par Bruxelles à rembourser 440 millions d’euros d’aides publiques, jugées illégales, qu’elle avait perçues lors de sa privatisation en 2006.

La région Corse pourrait servir d’intermédiaire

Selon l’hebdomadaire, « le rapport privilégie la constitution d’une société publique locale (SPL) ou d’une société d’économie mixte (SEM) par la région Corse, qui achèterait elle-même les navires pour les louer à prix d’ami à la SNCM ». A noter que Corsica Ferries, la compagnie privée concurrente, est franco-italienne. Son président est toujours un Bastiais…
En échange, l’Etat -ou plus exactement les contribuables français – compenserait avec une subvention à la région. « En aucun cas, il n’est fait mention dans le rapport d’une subvention qui serait versée à la région Corse« , a assuré l’entourage de Frédéric Cuvillier, rappelant que « l’objectif est de trouver une solution pérenne » et « conforme aux traités » européens.

Au moyen d’un montage confidentiel et discret, l’Etat français, on l’a compris, tente de circonvenir l’Union européenne.