Migrants: Orban, pas décidé à s’en laisser compter chez Merkel

Si tout ce qui n’est pas socialiste est populiste, tout ce qui est excessif est insignifiant

Balog Zoltán; Orbán Viktor; MERKEL, Angela; Matolcsy György
Orban « fait le travail pour nous », se félicite Merkel, avec cynisme

Viktor Orban rencontre jeudi Angela Merkel à Berlin lors d’une visite dans la dynamique de sa victoire. La ligne dure sur l’immigration pourrait finir par triompher en Europe contre la volonté des responsables dominants en place. Ainsi la chancelière allemande a-t-elle dû  s’aligner sur la position ferme de son ministre de l’Intérieur.

« Le vent a changé de direction en Europe », s’est récemment félicité le journal hongrois ‘Magyar Idok’, proche du pouvoir à Budapest, soulignant que la chancelière allemande a  été contrainte à une « retraite » sur la politique d’asile.

Angela Merkel et le chef du gouvernement hongrois se sont longtemps affrontés sur la question au niveau européen et ont incarné des années durant des pôles opposés en matière de maîtrise des flux migratoires en Europe: accueil humanitaire de demandeurs d’asile fuyant la guerre en Syrie en 2015, puis laxisme populiste, d’un côté; refus déterminé de l’immigration, de l’autre, au nom de la défense de la culture chrétienne de l’Europe.

Les deux antagonistes sont désormais contraints de s’écouter et collaborer.  

C’est la première invitation de Viktor Orban à Berlin en presque trois ans, soit depuis la décision controversée de la chancelière d’ouvrir les portes de son pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile en 2015.

Le sens de l’Histoire s’est inversé. Il y a peu, Orban dénonçait « l’impérialisme moral » de la chancelière allemande, tandis qu’Angela Merkel critiquait encore en 2016 la fermeture par Budapest de la « route des Balkans », alors empruntée par la plupart des musulmans opposants à leurs régimes politiques pour gagner depuis la Grèce les pays de la généreuse Union européenne.

Finalement, du bout des lèvres le mois dernier, elle a cyniquement rendu hommage à son homologue hongrois qui, « d’une certaine façon, a fait le travail pour nous«  avec ses contrôles très stricts à la frontière avec la Serbie.

Peu à peu,  les faits – notamment les opinions des populations – sont parvenus à imposer une partie de l’agenda de Viktor Orban au reste de l’UE sur les questions migratoires et de porosité des frontières – quand il ne s’agit pas d’appels d’air – , à la faveur de votes démocratiques qui ont amené au pouvoir  dans plusieurs pays des majorités opposées au laisser-passer, comme en Autriche ou en Italie, et par ses percées dans d’autres comme l’Allemagne.

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Les nuances de brun en Europe, selon Le Monde (mars 2018)

La droite radicale participe en Autriche, en Finlande et en Bulgarie à un gouvernement de coalition, et même dans le cas slovaque… avec un parti de gauche.

Le sommet européen consacré la semaine dernière aux migrations a constitué une forme de consécration pour Viktor Orban

Le Hongrois a parlé d' »immense succès » pour sa ligne politique. L’Europe s’est en effet résolue à mettre l’accent sur le renforcement des contrôles aux frontières et les moyens de conserver les migrants au pays, tels que les plateformes de débarquement en Afrique du Nord.<br>Le 2 juillet, le chancelier autrichien Sebastian Kurz s’est prononcé contre l’option d’ouvrir aux migrants la possibilité de demander l’asile dans l’UE depuis les « plateformes régionales de débarquement » que les dirigeants des 28 envisagent de créer hors du continent européen. « Je fais partie de ceux qui disent que si l’on autorise les demandes d’asile [depuis ces plateformes], cela va créer un facteur d’attraction incroyable« , a déclaré sur la radio Ö1 le chef du gouvernement, dont le pays vient de prendre pour six mois la présidence tournante de l’UE.

Dans le même temps, A. Merkel a dû définitivement enterrer son projet de quotas de répartition des demandeurs d’asile dans l’UE, face notamment à l’opposition des pays d’Europe centrale et de l’Est.

Depuis ce sommet, la position hongroise sur l’immigration est devenue celle « de l’UE », a clamé V. Orban cette semaine dans le quotidien allemand Bild. « C’est lui qui dicte ses conditions » à la chancelière, commenta récemment l’hebdo maire allemand Der Spiegel qui parle d’« orbanisation » de la politique migratoire de Mme Merkel.

La « chancelière des réfugiés » est devenue celle « de la forteresse » Europe, éructe le quotidien Süddeutsche Zeitung, même si l’intéressée se défend d’avoir « hissé le pont-levis« .

M. Orban arrive à Berlin alors que, cette semaine, Angela Merkel a dû remballer sa politique d’accueil généreuse amorcée en 2015, sous la pression du vote populaire qui l’a contrainte à  une coalition gouvernementale.<br>La chancelière a accepté que les migrants déjà enregistrés dans d’autres pays de l’UE soient désormais placés dans des centres de transit à la frontière allemande, puis éventuellement expulsés vers l’Etat d’entrée dans l’UE. Elle a besoin pour cela de passer des accords bilatéraux avec les pays concernés, parmi lesquels la Hongrie.

Merkel a dû céder à son ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, président du CSU bavarois, qui menaça de claquer la porte de la coalition gouvernementale allemande. Chef de file de l’intransigeance en matière migratoire, H. Seehofer entretient depuis des années sa proximité avec Viktor Orban, avec lequel il s’est plusieurs fois affiché en Bavière. Orban qualifie en retour sa relation avec le parti du ministre de « fraternité d’armes extraordinaire« .

Jeudi, H. Seehofer a du reste indiqué s’être entretenu la veille au téléphone avec le Premier ministre hongrois, en prévision de sa rencontre avec la chancelière.

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Les passeurs d’un bateau d’ « Open Arms » introduisent 60 clandestins de plus dans l’UE, via Barcelone

Allemagne ou Espagne, des Etats membres de l’U.-E. assurent le passage de clandestins africains

Le bateau de l’ONG espagnole – plus précisément catalane – Proactiva Open Arms est arrivé mercredi en Espagne, dans le port de Barcelone, avec 60 migrants à bord, après avoir été abandonnés en pleine mer par des camarades « passeurs » au large de la Libye, et refusés par l’Italie.

Deux semaines et demie après l’arrivée de l’Aquarius et de ses 630 migrants débarqués à Valence le 17 juin, ce bateau est entré un peu avant 09h00 du matin dans le port de « la capitale catalane » [sic, l’AFP].

L’Open Arms a effectué le passage de 50 hommes adultes, 5 femmes et 5 mineurs dont 3 non accompagnés  de Libye en Union européenne sur quatre jours.
Il appartient désormais aux autorités catalanes de faire assurer leur examen sanitaire à bord, par l’entremise de trois équipes de la Croix-Rouge, a indiqué le porte-parole des services de l’Etat central en Catalogne.
Logo de l'organisationFormé du Comité international de la Croix-Rouge, créé en 1863, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, créée en 1919, ainsi que des 190 Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge –  dont la Croix-Rouge française (CRf), une association – , le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est le plus important regroupement d’organisations humanitaires au monde.

Résultat de recherche d'images pour "Proactiva Open Arms"Ils seront ensuite débarqués pour y être notamment identifiés par les autorités de la Généralité de Catalogne, présidée par une figure de l’indépendantisme, un élu de ‘Ensemble pour la Catalogne’ de Carles Puigdemont, le président déchu, avant d’être transférés dans des centres d’hébergement.

Ces clandestins imposés à l’U.-E. « vont bien étant donné les circonstances, il n’y a eu aucune urgence médicale « grave » et ils sont contents, car on leur a expliqué que le gouvernement voulait qu’ils viennent ici », a indiqué de son côté Anabel Montes, chef de mission de Proactiva Open Arms. 

Résultat de recherche d'images pour "Proactiva Open Arms"Grâce à des dons de militants internationalistes, sympathisants de ‘No Border’, récoltés sur un site de financement participatif, cette fondation humanitaire catalane privée (‘Bras ouverts‘) s’est fait connaître en , lors de sa première opération mise sur pied à Lesbos pour favoriser le passage sur l’île grecque de réfugiés politiques de Syrie, des opposants au régime légitime et potentiels fauteurs de troubles dans les démocraties européennes. Ces passeurs catalans déploient des embarcations entre la Libye, l’Egypte et l’Italie, ainsi que l’Espagne, désormais.

Après avoir accueilli l’Aquarius, « bateau citoyen » de l’ONG association allemande ‘SOS Méditerranée’, mi-juin, le nouveau gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sanchez a accepté d’ouvrir le port de Barcelone aux migrants de l’Open Arms, eux aussi refusés par l’Italie et son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini (Ligue, extrême droite).

La semaine dernière, le navire de l’ONG association également allemande ‘Lifeline’, cette fois, opérant quant à elle sur la «route des Balkans» (itinéraire suivi par les clandestins qui entrent illégalement en Europe depuis la Turquie, pour rejoindre notamment l’Allemagne, via la péninsule balkanique), avait lui accosté à Malte avec à son bord 234 clandestins. <br>Rome accuse cette organisation de provocation du gouvernement italien, profitant des divisions entre Etats européens et de l’impunité des passeurs, négriers des temps modernes. Le bateau de 32 mètres, construit en 1968, s’est imposé à Malte au soulagement du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur RTL. «La France sera prête, comme elle l’a dit et comme elle l’a fait avec l’Espagne il y a une dizaine de jours, à envoyer une équipe sur place pour traiter les demandes de manière individuelle.»

Après des semaines de tensions, les dirigeants de l’Union européenne assurent être parvenus vendredi à un compromis qui propose la création de « plateformes de débarquements«  de clandestins en dehors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée et encourager le maintien au bled.

Migrants: Merkel leur a tendu la main et ils l’ont mordue…

Le ministre allemand de l’Intérieur, offre de démissionner

Résultat de recherche d'images pour "merkel migrants"Angela Merkel reste sous la menace d’une crise politique intérieure majeure du fait de la pression d’associations supranationales internationalistes illégitimes, en faveur des migrants en tout genre et davantage motivées par la déstabilisation des démocraties européennes que par leurs objectifs humanitaires brandis.

La chancelière allemande et l’aile la plus à droite de sa coalition gouvernementale, l’Union chrétienne-sociale (CSU, Union chrétienne-sociale) bavaroise, doivent se réunir lundi 2 juillet pour une ultime tentative destinée à résoudre le conflit sur les migrants qui menace de faire tomber le gouvernement de coalition.

L’opposition de gauche à la politique  de Merkel instrumentalise les problématiques de flux migratoires.Membre de la coalition gouvernementale mise en place en mars après des mois de difficiles tractations, la CDU (Union chrétienne-démocrate, premier parti de droite) juge Merkel trop laxiste.

Illustration.

Le président de cette formation et ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, qui mène la fronde, a menacé dimanche de démissionner, saisissant l’occasion de l’impasse actuelle, lors d’une réunion de la CSU qui a duré une dizaine d’heures à Munich.<br>Plusieurs de ses proches l’ont toutefois convaincu de ne pas passer immédiatement à l’acte.

H. Seehofer compte donc rencontrer dans le courant de la journée de lundi la chancelière pour une tentative « de la dernière chance » de forger un compromis. A. Merkel et Seehofer devaient se retrouver ce lundi au siège de la CDU, à Berlin.

Le conflit porte sur le traitement des migrants arrivant en Allemagne, mais déjà enregistrés dans d’autres pays de l’Union européenne (UE). Le ministre veut les refouler à la frontière, ce que refuse Angela Merkel pour ne pas créer d’« effet domino » en Europe.

Devant les cadres de son mouvement, Seehofer a évoqué trois scénarios. Il a expliqué qu’il pourrait soit céder à la chancelière et rentrer dans le rang, soit passer outre les objections de cette dernière et imposer de son propre chef les refoulements aux frontières – ce qui entraînerait toutefois son limogeage et l’éclatement du gouvernement de coalition –, soit démissionner. <br>Et il a ajouté, selon des participants, que son choix s’était porté sur cette troisième option.

Les partis politiques allemands rejettent toute « union nationale »

blog -Merkel-Seehofer.jpgS’il devait confirmer lundi son départ, les conséquences pour l’avenir du gouvernement seraient potentiellement graves. La question serait alors de savoir si le parti du ministre quitte la coalition en même temps que son représentant. Dans pareil cas, la chancelière se verrait privée de majorité au Bundestag, avec sans doute à la clé des élections anticipées.

Le parti bavarois pourrait aussi se contenter de remplacer Seehofer, dont les relations avec Angela Merkel étaient devenues exécrables, par une personnalité plus à même de négocier un compromis migratoire avec la chancelière.

Il ne sera pas aisé toutefois lundi de trouver un terrain d’entente entre les deux formations longtemps alliées mais aujourd’hui largement opposées. Angela Merkel reste en effet inflexible. D’autant que, dimanche soir à Berlin, elle a obtenu le soutien quasi unanime des instances dirigeantes de son parti, la CDU. Ces dernières ont, dans une motion, exprimé leur refus de toute décision « unilatérale » nationale pour refouler les migrants, comme celle que souhaite M. Seehofer.

Une chancelière ouvertement contestée

Résultat de recherche d'images pour "merkel migrants"En bloquant le projet de son ministre sur les refoulements de migrants, la  chancelière  a déclenché ce conflit sur les migrants à la fois dans sa coalition précaire et dans le camp conservateur allemand, vers la mi-juin. Mais les frottements sont en réalité quasi permanents depuis la décision controversée prise en 2015 par Angela Merkel d’ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de candidats à l’asile.

Le parti bavarois CSU n’a cessé depuis trois ans de dénoncer ce choix et de peser pour obtenir davantage de fermeté en matière d’asile. Il est, en outre, aiguillonné par la perspective des élections régionales, cruciales pour elle, en Bavière en octobre, où le CSU risque de perdre sa majorité absolue face à la poussée de la droite radicale anti-migrants.

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Le souvenir des agressions sexuelles du Nouvel An 2016 par des migrants à Cologne est resté vif : mobilisation populaire spontanée

Le ministre de l’Intérieur avait fixé un ultimatum au début de juillet à Angela Merkel, prévenant de sa détermination à décider de refoulements aux frontières faute de mesures « équivalentes » au niveau européen. La chancelière, qui tente de gagner du temps jusqu’à l’automne, pensait pouvoir amadouer ce parti rebelle grâce aux mesures espérées lors du dernier sommet européen pour réduire les flux migratoires. Mais le pari est perdu et Seehofer les a qualifiées dimanche d’« insuffisantes ».

Selon l’issue de la crise gouvernementale, Angela Merkel en ressortira forcément plus affaiblie ou politiquement renforcée. Y compris dans le concert européen. Après presque treize années de pouvoir, elle est désormais ouvertement contestée outre-Rhin sur sa politique migratoire et souvent critiquée à l’étranger, notamment en Europe de l’Est et par Donald Trump.<br>Les ONG pourraient donc remporter une victoire.

Migrants : le sondage inattendu qui vient soudain conforter les résistances de Macron à leur accueil

Impensable avant la prise de position de Macron : six Français sur dix estiment que la France accueille trop de migrants

blog -trop de migrants-selon six-Francais-sur-dix-juin2018.jpgLes Français auraient jusqu’ici été montrés du doigt, mais Jupiter aurait fait basculer l’opinion ! 

De mieux en mieux : une majorité encore plus large ne fait pas confiance à l’Union européenne pour régler la crise. Alors que les dirigeants de l’Union européenne ont réussi à boucler vendredi 29 juin un accord de principes sur les migrations, une majorité de Français (60%) estime que la France en accueille trop, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro.

Sondage 18 juin 2018.Ils ne sont que 30 % à trouver que le pays accueille le « bon nombre de migrants » et seulement 10 % déplorent qu’on en accueille « pas assez ». Les commentateurs qui se disent « fins observateurs » de notre société vont-ils changer leur fusil d’épaule ? Encore faudrait-il qu’ils se trouvent une idéologie alternative… 

Les sympathisants du Rassemblement national (ex-FN) sont les plus nombreux à juger que les migrants sont accueillis en nombre excessif (98 %); ils sont 76 % chez Les Républicains (LR)42 % parmi La République en marche (LaREM) et 36 % dans les rangs de la France insoumise.

Les migrants ayant quitté un pays en guerre comme la Syrie ou l’Irak inspirent « de l’inquiétude ou de la peur » à 54 % des personnes interrogées (61 % en 2016) et de « la sympathie ou de la compassion » à 45 % d’entre elles (38 % en 2016).

Le gouvernement « pas à la hauteur »

Les Français jugent très majoritairement (73 %) que l’action du gouvernement n’est « pas à la hauteur » des enjeux de la crise migratoire, ils étaient 82 % à exprimer la même défiance sous le précédent quinquennat.

<br>Ils sont également 73 % « à ne pas faire confiance à l’Union européenne pour régler la question » soit davantage qu’en 2015 (+ 7 points). <br>Enfin, 51 % de nos concitoyens sont opposés à des sanctions financières prises contre des pays de l’UE refusant d’accueillir des migrants,  48 % y étant favorables.

Enquête réalisée par internet les 27 et 28 juin 2018, sur un échantillon de 967 Français représentatif de la population française âgée de 18 et plus, selon la méthode des quotas.

Migrants : les chefs d’Etats européens, dont Macron, vont tenter d’accorder leurs violons humanitaires

Les dirigeants des pays de l’UE vont tenter de surmonter leurs divisions face au risque de submersion par les flux migratoires

blog -Macron-Merkel-embarras commun sur sujet migrants-Bruxelles-juin2018.jpgCe jeudi à Bruxelles, a lieu un sommet sous tension durant lequel Macron va défendre des mesures qui ne sont pas appréciées par l’ensemble de ses voisins. S’il ne s’agit pas du seul thème qui sera abordé – le Brexit, les liens commerciaux avec les Etats-Unis ou le budget de la zone euro, entre autres -, durant deux jours, la crise migratoire devrait diviser les chefs d’Etats, car les 28 avancent en ordre dispersé, chacun ayant à l’esprit des propositions différentes concernant le devenir des migrants déjà sur le sol européen. Quelles sont celles de la France ? 

« Est ce que nous voulons des solutions nationales ou des solutions européennes de coopération ? », a interrogé Emmanuel Macron à son arrivée au sommet.

Des « centres fermés » à l’intérieur de l’UE.<br>Le projet a récemment été proposé par la France, et soutenu par l’Espagne. Il s’agirait de créer des « centres fermés » dans l’UE dans lesquels les migrants attendraient l’examen de leur cas. Ces centres permettraient théoriquement de traiter rapidement les demandes d’asile dans des lieux financés avec des moyens européens, d’où une répartition solidaire de ces personnes dans l’UE pourrait être organisée, plaide Macron. <br>Quant aux migrants économiques, ils pourraient être renvoyés directement vers leur pays d’origine. Selon l’Elysée, Paris et Madrid proposent d’installer ces centres essentiellement en Italie, sachant que ses dirigeants les refusent catégoriquement, mais aussi en Espagne, tandis que la France ne serait pas concernée…

Mais le ‘hic’, c’est que la proposition franco-espagnole a été très mal reçue à Rome. On aura compris que c’est le but recherché par les hypocrites… « Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en camp de réfugiés pour toute l’Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement« , a logiquement réagi l’homme fort du gouvernement italien, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, dont la coalition gouvernementale n’a pas été élue pour ça. Jusqu’ici les migrants qui arrivent en Europe ne doivaient pas obligatoirement passer par des centres, ni ouverts ni fermés. S’il existe des « hotspots » en Grèce, généralement non fermés, il n’en existe pratiquement aucun en Italie, pays de transit permanent depuis la Sicile, qui jusqu’ici les refusait aux passeurs de l’humanitaire facile, pour des questions de souveraineté. 

Empêcher les arrivées. <br>La résistance aux arrivées irrégulières est l’un des seuls consensus européens et elle devrait être confirmée au cours du sommet. Notamment en intensifiant les pressions sur les pays d’Afrique afin qu’ils freinent les départs et acceptent plus de réadmissions de leurs ressortissants refusés par l’UE. <br>Les Européens semblent également prêts à poursuivre le renforcement de l’Agence européenne des gardes-frontières, dont la Commission propose de faire une « véritable police des frontières » de l’UE, forte sur le papier de 10.000 agents (contre 1.300 en 2018).

Outre leur lieu d’implantation, reste à régler la question du financement des centres fermés, encore moins consensuelle, comme le montrent les difficultés à mobiliser les fonds promis à la Turquie.

Autre obstacle dressé par les associations, celui du respect des droits.

Il ne s’agit évidemment pas des droits des peuples européens. Bien que supranationales et illégitimes face aux Etats souverains, six « ONG » (ou assimilées) ont en effet accusé jeudi la France de violations à la frontière avec l’Italie. Ainsi, en deux jours, elles disent avoir vu des migrants enfermés dans un local de la police aux frontières de Menton jusqu’à 14 heures d’affilée avant leur reconduite en Italie, « dépassant largement la durée de 4 heures jugée admissible par le Conseil d’Etat en juillet 2017 ». Elles assurent aussi avoir constaté « des contrôles [qu’elles jugent]  au faciès », pourtant prohibés, dans les trains en provenance de Vintimille.

La Cimade, qui avoue avoir bénéficié de fuites de chiffres officiels, a elle aussi dénoncé cette semaine un bond des refus d’entrée en France : le nombre de « non-admissions » s’est élevé l’an dernier à 85.408, soit 34% de plus qu’en 2016 (63.845 refus d’entrée), assure l’association sur la base de chiffres de la police aux frontières. En 2015, année du rétablissement des contrôles aux frontières, 15.849 non-admissions avaient été prononcées.

Résoudre les « mouvements secondaires » que les ONG et passeurs n’assument pas non plus. A l’issue du mini-sommet qui s’est déroulé dimanche dernier à Bruxelles, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont mis l’accent sur la nécessité de résoudre le problème des « mouvements secondaires », à savoir des demandeurs d’asile qui se déplacent dans l’UE, au lieu de rester dans le pays par lequel ils sont entrés dans l’attente d’une décision sur leur cas: ce sont notamment les adeptes du  « benchmarking » qui choisissent leur point de chute au « faciès social » des états membres de l’UE. <br>Si la France s’est positionnée sur le sujet, c’est notamment en soutien à la chancelière, dont le ministre de l’Intérieur menace d’instaurer un refoulement unilatéral aux frontières. Pour éviter la mise en péril du fragile équilibre gouvernemental allemand, les deux pays devraient prôner au sommet de nouer des accords entre plusieurs pays pour pouvoir procéder à des renvois rapides.

 

Migrants de l’Aquarius : Macron s’est laissé dicter sa conduite par des organisations supranationales et l’Espagne

La France traitera les demandes « au cas par cas, » concède Benjamin Griveaux…

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« Où sont passées mes lingettes, » demande l’ex-banquier qui, pour une fois, se retient de tripoter son interlocuteur de la main gauche

La France accueillera les migrants de l’Aquarius « s’ils répondent aux critères que nous avons fixés dans la loi, » renâcle le porte-parole du gouvernement lors de l’émission ‘Dimanche en politique’ sur France 3.

Benjamin Griveaux a estimé qu’il est « impossible » de déterminer combien de migrants de l’Aquarius seraient accueillis par la France, qui va examiner les situations « au cas par cas« .

« La France a toujours dit que s’il (l’Aquarius) avait été à proximité des côtes françaises, le droit s’imposerait. L’Espagne a pris ses responsabilités, il n’est pas question de concours », a expliqué B. Griveaux dans l’émission de la chaîne de service public.

On se laisse imposer des vies humaines, on réfléchit après

« On va voir quelles sont les différentes situations »… De force plutôt que de gré, la France « souveraine » accueillera des migrants de l’Aquarius que le nouveau gouvernement de Madrid a attirés  dimanche à Valence (Espagne), sans concertation préalable avec ses partenaires européens. 

« Ils viennent d’accoster, ça prend du temps de savoir de quelle nationalité ils sont, à quel titre ils demandent l’asile…« , tergiverse Griveaux. « On va voir quelles sont les différentes situations, on est sur de l’humain« , a-t-il martelé. Les socialistes espagnols l’ont-ils réalisé ?

Il faut selon lui « d’abord (régler) la question du traitement médical, de l’accueil, de remettre ces gens d’aplomb et ensuite l’examen » des situations, a précisé le porte-parole.

« La France prendra sa part, » a promis ce membre du premier cercle de Macron

Tandis que le président Macron se tient en retrait, c’est l’Espagne qui parle pour lui : La France a proposé d’accueillir une partie des migrants de l’Aquarius, a ainsi annoncé samedi le gouvernement espagnol. Une offre saluée par le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez comme un signe de la « coopération » et de la « solidarité » européennes nécessaires face à la crise migratoire.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (ex-FN), s’est dite dimanche « inquiète » que la France en accueille.

<br>Griveaux a par ailleurs répondu vertement aux députés LREM, dont Sonia Krimi, qui ont osé critiqué le silence de Macron dans l’affaire de l’Aquarius : « un responsable politique doit d’abord ne pas céder à l’émotion (…) J’entends beaucoup d’émotion, pas beaucoup de solutions et d’action« , a-t-il taclé. S. Krimi est l’arbre qui cache la forêt réelle macronienne, outrée par le cynisme de Macron : LIEN 

<br>Savoir si, avec le recul, Macron a cédé à l’émotion lorsqu’il a reproché à l’Italie son « attitude irresponsable » et « hypocrite »

Les mots de Laurent Wauquiez n’ont pas été aussi sévères envers Virginie Calmels, fauteuses de troubles juppéiste sur la place publique : le patron de Les Républicains a apporté une solution. On attend la ré-action de Macron face à l’émotion de Krimi.

Les Républicains : Wauquiez se sépare de Virginie Calmels pour manque de loyauté

Nul(le) n’est irremplaçable

blog -Leonetti J-tribuneAncien ministre délégué aux Affaires européennes, actuel maire d’Antibes (Alpes-Maritimes), Jean Leonetti, 69 ans, est nommé vice-président délégué, titre que détenait Mme Calmels : ce modéré a accepté le poste, malgré le procès en sorcellerie mené par la presse qui accuse Wauquiez d’autoritarisme et de dérive droitière.

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez a mis fin aux fonctions de la vice-présidente déléguée Virginie Calmels, en conflit ouvert avec lui, et a nommé à sa place l’ancien  vice-président du Parti radical valoisien, dimanche. Ce médecin cardiologue est connu pour  la loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie.

La presse engagée fait parler une source anonyme de l’entourage de Wauquiez, pour dire, dimanche 17 juin dans la soirée : « la dérive continue dans le jeu personnel n’est plus acceptable ». Virginie Calmels avait réitéré ses critiques dans un entretien accordé au quotidien macronien Le Parisien, dans lequel elle jugeait que le président de LR semblait être « uniquement là pour défendre sa propre ligne ».

Une sensibilité libérale au sein de LR

Résultat de recherche d'images pour "leonetti Calmels"Première adjointe d’Alain Juppé à Bordeaux, parmi les représentantes de la sensibilité libérale au sein de LR, Virginie Calmels en a les comportements. Elle avait surpris en rejoignant L. Wauquiez à l’été 2017, lors de sa campagne pour la présidence du parti.

Mais la juppéiste n’a bientôt plus cessé de jouer un jeu personnel depuis qu’elle sait qu’elle ne sera pas tête de liste aux Européennes.

Ainsi avait-elle récemment critiqué un tract de LR intitulé « Pour que la France reste la France », distribué le week-end précédent lors d’une opération de mobilisation : elle l’avait jugé « anxiogène », évoquant de surcroît un « dysfonctionnement » au sommet du parti. <br>Depuis, plusieurs centaines de migrants ont été débarqués par des passeurs humanistes à Valence, à l’invitation de l’Espagne socialiste, sans concertation avec ses partenaires européens.

<br>A 47 ans, l’ancienne dirigeante des groupes de media Canal+ et Endemol avait maintenu sa position mardi lors d’une réunion de direction.

Jean Leonetti a été ministre délégué de Nicolas Sarkozy aux Affaires européennes, poste précédemment occupé par Laurent Wauquiez et avait soutenu Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016.

L’Espagne accepte les migrants africains de l’Aquarius pour les repasser aux pays du Nord

‘SOS Méditerranée’ assure la livraison, mais ne garantit pas le suivi

 

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Un risque sanitaire non négligeable

Les passeurs ont débarqué leur cargaison dans le port de Valence, mais, après son coup de com’, le gouvernement socialiste tout juste de retour aux affaires appelle les pays du nord à les décharger du fardeau de la pression migratoire qu’il s’est mis.

 

Maintenant que les passagers de l’Aquarius sont arrivés à bon port dimanche matin, après huit jours de périple, navire supranational sans légitimité, flanqué de deux bateaux des garde-côtes italiens qui avaient pris en charge une partie de ses passagers durant les 1.500 kilomètres de traversée, les tensions ne sont pas retombées c’est finalement Madrid qui a débloqué la situation en ouvrant le port de Valence, « pour raisons humanitaires » – mais surtout politiciennes : elles rebondissent.

« Servir de catalyseur », selon les activistes du gouvernement socialiste

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Pourquoi le Datillo italien assure-t-il le débarquement de 274 clandestins à Valence, Espagne, et non pas l’Aquarius ?

 

Le gouvernement socialiste espagnol ignore encore quel sort elle réserve à ces 630 nouveaux clandestins non désirés en Espagne. La porte-parole du gouvernement, Isabel Celaa, avoue que « leur situation sera étudiée au cas par cas », sans exclure d’éventuelles expulsions.

 

Les socialistes espagnols attirent les migrants, mais tentent l’externalisation du 

contrôle des flux migratoires. « Nous espérons que l’initiative espagnole servira de catalyseur qui poussera l’Europe à prendre ses responsabilités, insiste-t-elle, une fois le coup médiatique réalisé. Ce n’est pas une question espagnole, italienne ou grecque. C’est une question européenne qu’il faut affronter entre tous », se dérobe l’Espagnole, après l’initiative gouvernementale, sans concertation avec l’Union européenne.

En revanche très engagé contre les indépendantistes catalans, le ministre espagnol des Affaires extérieures, Josep Borrell, 71 ans, rétropédale : il s’agit d’une décision symbolique , qui vise à provoquer « un électrochoc politique », pour forcer l’Union européenne à « cesser de regarder ailleurs », lâche, cyniquement, cet ancien délégué syndical, en plaidant pour un meilleur travail en amont. 
Et de citer en exemple  la stratégie de l’Espagne au Sénégal, où les aides à l’économie locale, en échange d’une meilleure coopération sur le contrôle des frontières, ont permis de barrer la route à l’immigration irrégulière vers les îles Canaries.

Troisième voie d’accès en Europe par le Sud

Des migrants à bord de «l'Aquarius», le 12 juin.
Une mise en scène promotionnelle de ‘SOS Méditerranée’

L’Espagne est la troisième voie d’accès en Europe par le sud, après la Grèce et l’Italie, avec plus de 22.000 personnes entrées par la mer en 2017, en transit. Pendant que toutes les caméras se focalisent sur l’arrivée de l’Aquarius, encore près de 1.000 migrants à la dérive sur de petites embarcations ont été repêchés au large de la côte andalouse ces derniers jours, loin des projecteurs. L’opération menée par SOS Méditerranée n’était qu’un coup de pub d’activistes qui ne règlent rien : les passeurs se déchargent sur les instances institutionnelles.
D’autres sont à venir : un appel d’air médiatisé par des irresponsables sans moralité, ça fait des dégâts humains qui n’ont rien de symboliques…

Que l’accueil de l’Aquarius se confirme ou non être un coup d’éclat sans lendemain, il n’annonce pas nécessairement un virage dans la politique espagnole en matière d’immigration. « La tendance a été au renforcement et à la militarisation des frontières ces dernières années, avec un système de surveillance électronique dans le détroit de Gibraltar et des patrouilles conjointes pour faciliter le retour dans les pays émetteurs », constate Itziar Ruiz-Gomez, professeur de sciences politiques à l’université autonome de Madrid. 

Mais le gouvernement Sanchez sait-il où il va et comment il va se sortir seul de ce mauvais pas ? L’Europe n’est pas obligée de céder à tous les coups de pub de ses membres.

Protection universelle

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Tout laisse à penser que la ligne sécuritaire de Rajoy ne va pas varier avec Sanchez, même si les socialistes du nouveau gouvernement viennent de donner des signes d’assouplissement, pour les uns, mais d’inconscience, pour les autres.

Madrid a annoncé vendredi le rétablissement du droit à la protection universelle, qui donnera accès à la santé pour les sans-papiers et peut fixer les Africains en péninsule ibérique.<br>Il pourrait aussi donner satisfaction aux organisations de défense des droits de l’homme en décidant du retrait les lames tranchantes sur les hauts barbelés frontières de Ceuta et Melilla, les deux enclaves espagnoles en Afrique du nord. Mais les internationalistes des Droits de l’homme et le gouvernement populiste de Pedro Sanchez trouveront-ils le soutien de la population espagnole ?

Reste qu’en toute hypothèse, les Espagnols passeront le relais à la France et aux autres européens. <br>D’ores et déjà, certains adeptes du « benchmarking » dénoncé par Gérard Collomb doivent être accueillis en France, après l’examen de leur situation en Espagne, avait annoncé le gouvernement espagnol samedi. L’Espagne a annoncé ce samedi qu’elle accepte l’offre de la France [sic] d’accueillir les clandestins de l’Aquarius « qui répondraient aux critères du droit d’asile ». La France acceptera les migrants qui « exprimeront leur désir de rejoindre ce pays », a annoncé Madrid !

Les villes portuaires à gauche, portes ouvertes aux migrants méditerranéens

Les 629 migrants de l’«Aquarius» vont être conduits en Espagne

19260334_1969061346700180_2671281506149445672_nA peine le premier ministre Mariano Rajoy a-t-il été renversé le 2 juin que, le 11, le socialiste Pedro Sánchez (50,3% des voix socialistes) invite plus de 600 migrants en Espagne où la plupart ne resteront pas.

Les 629 clandestins de l’«Aquarius» étaient bloqués en mer, dans l’attente d’un port d’accueil… Parmi eux, sept femmes enceintes : pour le droit du sol ? Le sort des migrants de l’Aquarius est donc enfin fixé.  Avant de choisir leur destination finale, quelque part en Union Européenne, ils vont être transbordés sur des navires italiens pour être conduits en Espagne, où le gouvernement de Pedro Sanchez a proposé de les accueillir, sans recevoir l’accord de ses partenaires européens.

Le port de Valence devrait accueillir les migrants de l’Aquarius dans les prochains jours

SOS Méditerranée

Des navires italiens vont prendre le relais de l’Aquarius, navire de l’association européenne de sauvetage en mer depuis la Libye ‘SOS Méditerranée’, qui ne réunissait pas les conditions de sécurité suffisantes pour aller jusqu’en Espagne.
L’Aquarius est géré par la compagnie maritime allemande Jasmund Shipping, en partenariat avec ‘Médecins du Monde’ jusqu’en avril 2016, puis avec ‘Médecins sans Frontières’ (section Amsterdam) depuis mai 2016. Seize députés français, principalement issus du Parti socialiste et du Parti radical de gauche, donnèrent alors une partie de leur réserve parlementaire à SOS Méditerranée et financèrent ainsi une semaine d’intervention.
‘SOS Méditerranée’ est un réseau international créé le 9 mai 2015 et présidé par Francis Vallat, président d’honneur fondateur du Cluster Maritime Français
, qui coordonne 18 clusters nationaux de l’Union européennequi dynamise les solidarités entre 400 entités maritimes françaises et co-organise les Assises de la mer, rassemblant 1.800 responsables de la vie maritime française, dont le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement), ainsi que le Salon « Euromaritime ».

Francis VallatFrancis Vallat, 72 ans, a derrière lui cinquante ans de carrière dans le domaine de la mer. Bien qu’après trente ans, il fut licencié en 1997 de la présidence de Van Ommeren Tankers, un important armateur pétrolier néerlandais, il est la personnalité la plus importante du monde maritime français : on le retrouve au conseil national de la Lloyd’s, la célèbre compagnie d’assurances britannique, ou au comité international du bureau Veritas, le leader mondial de la certification des normes, et a été vice-président d’Intertanko, le groupement mondial des tankers pétroliers.
Francis Vallat a été vice-président de l’Agence européenne de sécurité maritime. Il a fondé en 2006 le Cluster maritime français (CMF), regroupement de toutes les entreprises du secteur. Plus de 5.000 cadres et dirigeants d’entreprises sont passés par le Cluster. 400 entreprises ou entités maritimes y adhèrent. Ses Assises de la mer ont attiré jusqu’à 2.000 personnes, dont des ministres.
Depuis quatre ans, Francis Vallat a passé la main. Mais
 il est toujours président d’une autre « grappe maritime », l’European Network of Maritime Clusters, qui rassemble les clusters de dix-sept pays européens… Francis Vallat a aussi été président de l’Institut français de la mer. Sans compter ses SCI, ses multiples engagements associatifs ou sportifs toujours dans le même domaine de la mer.

Rien d’étonnant à retrouver Francis Vallat dans les allées du pouvoir. Au tournant du millénaire, c’est le ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot, qui le décore de la Légion d’honneur. En janvier 2012, il prend la parole à une journée thématique de l’UMP où il explique entre autres aux organisateurs « qu’ils sont nuls en communication »… On peut aussi croiser Francis Vallat dans les couloirs de Bruxelles : il a même droit à une page entière sur le site internet de la Commission européenne avec sa biographie en anglais.
C’est donc cet homme qui préside SOS Méditerranée, que la presse présente comme une association citoyenne, une initiative militante née entre la poire et le fromage, quelque part entre Berlin et Marseille. Son association revendique 11.200 donateurs.

« Des vivres seront livrés sous peu à l’Aquarius par un navire italien », a précisé l’association sur Twitter. Le centre de commandement des secours de Rome « planifie de transborder les rescapés plus tard sur des navires italiens après quoi nous mettrons le cap ensemble sur Valence », a-t-elle ajouté.
L’Aquarius était bloqué en mer à la suite d’un bras de fer entre l’Italie et Malte, qui refusaient tous deux d’ouvrir leurs ports aux migrants en situation irrégulière. Dans l’impasse, l’Aquarius avait alors reçu une proposition du socialiste Pedro Sanchez, nouveau premier ministre espagnol pour accoster au port de Valence.

<br>Le maire de Palerme ouvre l’Europe aux migrants, mais en garde très peu en Sicile

Pour éviter de garder à sa charge des milliers d’Africains passés par la Libye, une seule solution pour le maire de la capitale sicilienne, dès 2015 : la liberté d’entrer légalement dans l’UE. « Si les Syriens, en tant que personnes provenant d’un pays en guerre, ont droit de toute façon au statut de réfugié, pourquoi leur interdire de prendre un billet d’avion Istanbul-Paris, par exemple et les obliger de passer par la Libye, la traversée de la Méditerranée« , s’était-il interrogé.
En 2017, Leoluca Orlando, un maire de centre-gauche, en était à vouloir « abolir le titre de séjour pour les migrants ». Il se justifie : « Je ne comprends pas pourquoi les frontières existent. L’Union européenne était l’occasion rêvée pour dire « nous sommes au delà des nations, nous ne sommes qu’un ensemble de minorités. » Selon lui, chacun doit pouvoir décider de ce que devrait être sa terre natale

La Corse propose l’ouverture de ses ports

Ce mardi, le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a également proposé d’accueillir sur l’île le navire affrété par l’ONG SOS Méditerranée. « Manque de vivres, mauvaises conditions météo, et port espagnol trop éloigné : face à l’urgence, le conseil exécutif de Corse propose à @SOSMedFrance d’accueillir l’#Aquarius dans un port #corse », a tweeté l’élu nationaliste qui a été l’avocat d’Yvan Colonna, condamné pour l’assassinat du préfet en exercice Claude Erignac.

Une offre appuyée par le président nationaliste de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, ancien avocat spécialisé dans la défense de  nationalistes corses,  notamment des militants ayant participé à la lutte armée à travers le FLNC.

En revanche, le nouveau ministre italien de l’Intérieur avait mené sa campagne des législatives sur le thème de la fermeture des frontières aux migrants

Le ministre, Matteo Salvini, ex-patron de la Ligue, a prévenu qu’une fois au pouvoir, il ferait tout pour empêcher ces débarquements, particulièrement lorsqu’ils sont le fait des ONG qui patrouillent au large de la Libye.

L’Italie, qui a vu quelque 700.000 migrants débarquer sur ses côtes depuis 2013, a régulièrement reproché aux Européens d’avoir détourné les yeux et de l’avoir laissée seule face à la crise migratoire.

<br>Mélenchon est-il candidat à Marseille pour ouvrir les vannes ?

Le principal opposant d’extrême gauche entretient le suspense sur sa candidature, mais son parachutage sur cette ville ouverte sur la Méditerranée suggère un plan politique de facilitation de l’entrée de tous les migrants venus d’Afrique et du Proche Orient.

Né à Tanger, Mélenchon, qui se considère comme un « indépendantiste français » face à l’Union européenne, condamne la volonté d’Emmanuel Macron d’appliquer pleinement l’accord avec la Turquie sur les migrants.  Dans un communiqué, le député des Bouches-du-Rhône a estimé le chef de l’Etat « poursuit la fuite en avant sur les conditions d’accueil des réfugiés » : il confie, selon lui, le traitement des demandeurs d’asile à un régime dictatorial ». Mélenchon accuse « l’Union européenne [qui] continue de pousser les populations africaines au départ en forçant les États à signer des accords et libre-échange« . 

L’ancien sénateur renvoie dos à dos ceux, à droite ou au gouvernement, qu’il juge trop fermés et ceux, plus à gauche, ses alliés de l’extrême gauche, dont il dénonce l’idéalisme naïf. «Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire? Le rejeter à la mer? Non, c’est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu’ils restent chez eux. Je suis fatigué de ces discussions où les fantasmes s’affrontent les uns et des autres. Entre ceux qui hurlent sans réfléchir et s’en remettent à des expédients sécuritaires sans consistance et ceux pour qui il est normal que tout le monde puisse venir où il veut, quand il veut». Des propos qui prolongent ceux tenus par le fondateur du parti de gauche dans Le Monde le 24 août dernier : «Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Mais est-ce que s’il venait 10.000 médecins s’installer en France, ce serait une chance? Oui».  Entre l’immigration au « faciès » universitaire de Mélenchon et le « benchmarking » de Collomb, la France va devoir choisir…

 

J.-F. Copé : « On tape beaucoup sur Donald Trump, mais il ne fait qu’appliquer son programme »…

Macron aussi ne fait qu’appliquer son programme… 

blog -trudeau-trump main tendueEmmanuel Macron ne parviendra pas à influencer Donald Trump « avec des tapes dans le dos », estime Jean-François Copé qui demande une diplomatie européenne forte.

L’issue du G7 en queue de poisson est terrible rappel à la réalité. Alors qu’il avait consenti à signer le communiqué commun du G7 samedi, Donald Trump a retiré le sceau américain à la dernière minute, vexé par des propos du Premier ministre canadien: après le départ de son invité, Justin Trudeau avait persisté à qualifier d' »insultants » les tarifs douaniers américains et le président américain avait répliqué en jugeant Justin Trudeau « très malhonnête et faible »

Un coup de pied de l’âne canadien qui doit alerter le jeune Macron, selon Jean-François Copé. « La diplomatie de la tape dans le dos, des embrassades devant les caméras et des invitations à dîner à la Tour Eiffel, c’est bien gentil mais ça ne marche pas« , a mis en garde le maire de Meaux, invité du Grand Rendez-Vous d’Europe 1 dimanche.

Trump, adepte de la « realpolitik »

blog -presidents et le sport-J Trudeau-boxing-patrick-brazeau.jpgL’échec du G7 doit pousser la France à reconsidérer sa façon de dialoguer avec les États-Unis, estime Jean-François Copé, « Tout ce qui compte en diplomatie, c’est l’alignement des intérêts. Or, nos intérêts et ceux de Donald Trump ne sont clairement pas les mêmes« , souligne Jean-François Copé, 54 ans. « En France, on tape sur Donald Trump à longueur de journée. Mais il fait simplement ce pour quoi il a été élu. Il avait un programme extrémiste et il le met en place. Il avait promis de torpiller 70 ans de libre-échange transatlantique et 25 ans de commerce nord-américain. Pour le même prix, il insulte Poutine avant de se réconcilier avec lui. Tout cela a un nom : c’est de la realpolitik« , explique l’ancien ministre à son cadet de 14 ans. 

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L’ancien président de l’UMP incite désormais Emmanuel Macron à se tourner vers ses partenaires européens et à cesser de faire cavalier seul. « Le message de ce fiasco, c’est que jamais on a autant eu besoin d’Europe. Nos intérêts sont alignés avec l’Allemagne, la zone euro, l’UE et même au-delà », martèle Jean-François Copé. « Emmanuel Macron a eu raison de mettre les pieds dans le plat sur l’Europe, maintenant il faut que les Allemands acceptent de bouger, notamment sur la création d’un vrai fonds d’investissement européen. Le deuxième grand sujet, c’est la défense. On ne peut pas rêver d’une grand diplomatie européenne si on n’a pas de politique de défense digne de ce nom. »

Justin Trudeau fait capoter le G7

Le G7 au Canada a tourné au fiasco samedi.

Les propos du Premier ministre canadien Justin Trudeau ont provoqué une réaction instantanée de Donald Trump qui, d’un tweet vengeur, a retiré son soutien au communiqué commun obtenu dans la douleur,  qualifiant la déclaration du Canadien de “très malhonnête”.

Le président américain a tweeté depuis Air Force One: En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j’ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain!”.

La réaction est spectaculaire. Déjà parti au moment de la publication de ce fameux communiqué, Donald Trump avait fait savoir à la presse voyageant avec lui à bord d’Air Force One qu’il y souscrivait, mais c’était avant d’avoir connaissance des propos de Trudeau.  Un haut responsable de la Maison Blanche a confirmé que le président était “en colère”.

Taxes “insultantes”

Lors de sa conférence de presse de clôture, après deux jours de débats laborieux à La Malbaie (Québec), le Canadien a continué à utiliser le terme d’“insultantes” pour qualifier les taxes tout juste imposées par les Etats-Unis sur l’acier et l’aluminium importés. Et il avait promis d’y répliquer “sans sourciller”.

Embarrassé, le cabinet du Premier ministre canadien s’est limité à une réponse minimale : “Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7. Le premier ministre n’a rien dit qu’il n’avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu’en conversations privées” avec le président américain, mais c’était avant que ne soit trouvé un accord.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a appris la nouvelle au décollage de son avion. Ses services n’ont pas voulu aggraver la situation dans l’immédiat.

A l’origine de la colère de Donald Trump, les propos de Justin Trudeau rendent de facto caduque la déclaration commune sur le commerce grâce à laquelle le “Groupe des sept” (Etats-Unis, Canada, Italie, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon) avait tenté de sauver la face. Ce texte critique le “protectionnisme”, qu’incarne le président américain, et s’engage à “moderniser” l’Organisation mondiale du commerce.

Coup pour coup

Les quelques lignes difficilement négociées ne pesaient pas lourd face à un Donald Trump déterminé à ne rien lâcher pour défendre les intérêts américains. Au prix d’une guerre commerciale ouverte avec ses partenaires, comme le montre sa volonté réitérée de taxer les importations de voitures étrangères à un taux plus équitable, entre partenaires.

Donald Trump dénonce en effet le protectionnisme de l’Union européenne sur les importations de voitures en provenance des pays hors UE. Les taxes européennes s’élèvent à 10%, quand les droits de douanes américains ne s’élèvent qu’à 2,5%.

“Nous sommes la tirelire que le monde entier pille. Cela va cesser”, avait déjà tempêté le président républicain, au cours du sommet.

Justin Trudeau n’est donc pas le seul à vouloir maintenir le statu quo en matière tarifaire. Le président français Emmanuel Macron a ainsi prévenu, lors de sa propre conférence de presse à La Malbaie, qu’il n’y a “pas de changement” en ce qui concerne les menaces de contre-mesures européennes annoncées sur le bourbon ou les motos américaine, en riposte aux taxes américaines sur l’acier et l’aluminium.

Malgré les sourires des dirigeants à la fin du sommet, le G7 a donc été dynamité par un hôte canadien qui préfère les longues négociations multilatérales en meute aux négociations bilatérales. Jusqu’à provoquer le fiasco final de la rencontre.

Le président américain était arrivé le dernier et reparti le premier, se faisant porter absent à une réunion sur le climat. Le président des États-Unis s’est envolé du Canada pour Singapour après le déjeuner de travail consacré à l’égalité des sexes. Donald Trump n’a jamais caché qu’il donne  la priorité à sa rencontre de mardi avec M. Kim. “C’est une occasion unique” d’arriver à un accord nucléaire avec Pyongyang qui “ne se représentera jamais”, a-t-il expliqué.

 

Washington impose des taxes sur l’acier et l’aluminium européens dès vendredi

Trump veut ré-équilibrer les tarifs douaniers avec l’U.-E.

blog -taxes douanieres-Bourbon-sanctions a Trump-juin2018.jpgComme annoncé en mars, le texte impose des taxes de 25 % sur toutes les importations d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium. Les mesures devaient épargner temporairement le Canada et le Mexique, avec qui Washington a négocié la refonte des accords de libre-échange en Amérique du Nord (Aléna), seront ainsi épargnés dans un premier temps. D’autres pays pourraient être exemptés.  L’Australie, qui est un « pays formidable » et « un partenaire de longue date », selon Trump, pourrait aussi bénéficier d’un traitement différencié, ainsi que « d’autres pays ». La Chine est en revanche visée.
Les droits de douane pour l’importation de produits aux Etats-Unis sont particulièrement faibles, au regard des impositions pratiquées par les autres pays.

Les menaces de Trump étaient une riposte aux propos tenus la veille par Jean-Claude Juncker
Le président de la Commission européenne s’était dit prêt à imposer de sanctions contre l’importation « de bourbon, de Harley Davidson et de jeans Levi’s » si les Etats-Unis mettaient en œuvre leurs taxes douanières sur l’aluminium et le fer.
 La chronologie de l’escalade des menaces est souvent escamotée par la presse française
.

A représailles, représailles et demi, donc. Dans un tweet posté samedi 3 mars, Donald Trump a menacé d’imposer des tarifs douaniers sur l’importation des voitures européennes, en plus des taxes qu’il a promises. 

Les Etats-Unis appliquent un tarif douanier d’en moyenne 3,5 %, l’un des plus attractifs au monde. Mais ce taux  comporte des exceptions : certains produits sont soumis à des droits de douane plus élevés. C’est le cas des produits laitiers, des sucreries et confiseries, des boissons et du tabac, des vêtements, etc. 

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a annoncé ce jeudi l’instauration de droits de douane sur l’acier et l’aluminium importés aux États-Unis par l’Union européenne (UE), le Canada et le Mexique à compter de vendredi 1er juin.

Juste après l’annonce des Etats-Unis, la Commission européenne a promis de répliquer à la décision américaine. Outre ces mesures de rétorsion, l’UE va saisir l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). «C’est un mauvais jour pour le commerce mondial», a déclaré le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lors d’un discours à Bruxelles. «Nous allons donc immédiatement engager une procédure devant l’OMC et annoncerons dans les prochaines heures des contre-mesures.» «Il est totalement inacceptable qu’un pays impose des mesures unilatérales en matière de commerce mondial», a-t-il ajouté.

L’UE va «annoncer dans les prochaines heures des contre-mesures», a clamé Jean-Claude Juncker

«L’Union européenne ne peut pas rester sans réagir (…) Ce qu’ils peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement la même chose», a-t-il affirmé lors d’une conférence à Bruxelles.

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a dénoncé l’attitude des Etats-Unis. «Les Etats-Unis ont cherché à utiliser la menace de restrictions commerciales comme levier pour obtenir des concessions de la part de l’UE. Ce n’est pas la manière que nous avons de faire des affaires, et certainement pas entre partenaires, amis et alliés de longue date», a-t-elle raconté.


trop-shareDès la fin avril, au moment de la montée en puissance du conflit commercial, l’UE avait préparé une liste de produits américains, dont le tabac, le bourbon, les jeans ou les motos, qu’elle avait l’intention de taxer lourdement si elle était frappée par les droits de douane. Cette liste d’articles emblématiques établie par la Commission européenne cible, dans certains cas, des Etats américains, souvent agricoles, ayant voté pour Donald Trump en 2016.


Ces taxes ou contre-mesures sur les produits de cette liste portent sur un total de 2,8 milliards
d’euros qui ne couvrent pas la totalité des dommages infligés à l’industrie européenne, mais permettent à l’UE d’être dans le cadre de l’OMC.

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat français à l’Europe et aux Affaires étrangères, a appuyé la décision européenne de répliquer à ces décisions, notamment en frappant certains produits américains. «Cette liste est en cours d’examen à l’OMC, mais d’ici la mi-juin cet examen sera terminé et nous serons alors en mesure de pouvoir mettre en place ces mesures de rééquilibrage», a-t-il dit à des journalistes.


Le gouvernement allemand
a prévenu, jeudi, que la réponse à «l’Amérique d’abord» sera «l’Europe unie» ajoutant que «les guerres commerciales ne connaissent aucun vainqueur».


De son côté, le gouvernement mexicain a aussi annoncé des représailles commerciales alors que les États-Unis sont son principal partenaire commercial. «Le Mexique imposera des mesures équivalentes sur divers produits» dont certains aciers, des fruits et des fromages, a annoncé dans un communiqué le ministère de l’Économie, et celles-ci «seront en vigueur tant que le gouvernement américain n’éliminera pas les taxes imposées».


Les droits de douane sur l’acier atteindront 25%, ceux sur l’aluminium 10%


Wilbur Ross, qui a annoncé cette décision lors d’un briefing au téléphone avec des journalistes, a déclaré que les droits de douane entreraient en vigueur à minuit heure de Washington (vendredi 4h GMT). «Nous sommes impatients de poursuivre les négociations, d’une part avec le Canada et le Mexique, d’autre part avec la Commission européenne, car il y a d’autres questions qui doivent être réglées», a-t-il déclaré.


En décidant d’imposer ces droits de douane, les Etats-Unis invoquent la section 232 du Trade Expansion Act de 1962, qui permet de restreindre les importations de biens jugés préjudiciables à la sécurité nationale.

Mais il avait accordé une exemption à l’UE, au Canada et au Mexique, qui courait jusqu’à vendredi, afin d’encourager des négociations commerciales sur d’autres dossiers. Wilbur Ross a estimé que les négociations commerciales avec l’Union européenne avaient progressé, mais pas assez pour justifier une prolongation des exemptions de droits de douane au-delà du 1er juin. «A l’Union européenne de décider si elle souhaite prendre des mesures de représailles. La question suivante sera: comment le président [Trump] répondra? Vous avez vu sa réaction quand la Chine a décidé de riposter. S’il y a une escalade, ce sera parce que l’UE aura décidé de riposter», avait-il mis en garde dans un entretien accordé au Figaro, ce jeudi.

L’UE, tout comme le Canada et le Mexique, avait bénéficié d’une exemption temporaire sur ces droits de douane annoncés en mars par le président américain Donald Trump mais Wilbur Ross a estimé que les négociations commerciales avec l’UE n’avaient pas suffisamment progressé depuis pour justifier une prolongation de cette dérogation au-delà du 1er juin. Washington a jugé que la renégociation de l’Alena (Accord de libre-échange nord-américain) traînait trop en longueur, a encore expliqué Wilbur Ross.

Taxes sur les voitures

L’administration Trump menace également de taxer les importations de voitures, jusqu’à 25%, ce qui serait un coup dur pour des pays exportateurs comme l’Allemagne et le Japon.

L’UE et le Japon, qui sont d’importants exportateurs automobiles, redoutent de «sérieuses turbulences» sur les marchés si les USA taxent les voitures importées.


La Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et le ministre japonais au Commerce, Hiroshige Seko, ont également estimé, dans un communiqué commun diffusé jeudi à Paris, qu’une telle initiative américaine pourrait mener à la «disparition du système commercial multilatéral» actuel, placé sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et demandé à d’autres pays partageant la même opinion de se joindre à eux. Le communiqué est paru en marge d’une réunion de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à Paris.


Jean-Baptiste Lemoyne a estimé que «le thème de la sécurité nationale s’agissant des automobiles peut prêter à sourire. On est là dans l’habillage de mesures véritablement protectionnistes». «Aujourd’hui en matière de commerce international, nous dansons tous au bord du gouffre, on est un peu au bord du précipice et donc ça nécessite beaucoup de maîtrise pour montrer aux Etats-Unis qu’ils se fourvoyent», a-t-il ajouté, soulignant l’importance de réformer l’OMC comme le souhaite Emmanuel Macron.


Le président français a souhaité mercredi l’ouverture d’une négociation
sur une telle réforme entre l’Union européenne, les Etats-Unis, la Chine et le Japon, ouverte ensuite aux autres partenaires, en réponse aux attaques de Donald Trump.

Wall Street sur ses gardes

Après la confirmation de cette mesure, Wall Street faisait preuve de prudence. Vers 14H15 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 0,78% à 24.476,05 points. Le Nasdaq, à forte composante technologique, s’appréciait de 0,03% à 7.464,39 points après avoir démarré dans le rouge. L’indice élargi S&P 500 perdait 0,43% à 2.712,35 points. La Bourse de New York avait nettement rebondi mercredi, au lendemain d’une chute importante des secteurs de l’énergie et de la finance, alors que s’atténuaient un peu les craintes sur la crise italienne: le Dow Jones avait gagné 1,26% et le Nasdaq 0,89%.


«Ces annonces ne prennent pas les marchés de court mais elles remettent de nouveau en avant les craintes de guerre commerciale», a souligné Peter Cardillo de Spartan Capital Securities. Plusieurs entreprises américaines spécialisées dans l’acier et l’aluminium en profitaient, US Steel montant par exemple de 2,98%, AK Steel de 1,31% et Alcoa de 0,74%.

 

Migrants : une ministre LREM regrette d’avoir évoqué leur « shopping de l’asile »

La ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a tenté de rattraper sa bavure

blog -Loiseau N perron Elysee.jpgElle a reconnu, jeudi, son emploi « malheureux »de l’expression « shopping de l’asile« , qui a suscité de nombreuses réactions d’indignation. « J’ai utilisé hier (mercredi) lors d’un débat au Sénat l’expression ‘shopping de l’asile’. Cette expression est malheureuse », écrit la ministre, 54 ans, dans une réaction transmise à l’AFP.

« Lorsqu’on arrive du Sud-Soudan, on peut décider de faire du shopping de l’asile et décider qu’on est mieux en Suède qu’en Italie. Mais enfin tout de même !« avait déblatéré N Loiseau au Sénat.

Ces propos ont aussitôt suscité de vives réactions.

La sénatrice écologiste Esther Benbassa, universitaire franco-turco-israélienne, qui avait posé la question à la ministre, a dénoncé sur Twitter un « vocabulaire indécent ». « Le mépris de la misère, une constante de ce gouvernement », a-t-elle ajouté, quand son collègue Bernard Jomier qualifiait les propos de « choquants et déplacés ».

« Non, Mme Loiseau, les réfugiés ne font pas du shopping de l’asile, mais fuient la mort, les persécutions et la misère », a réagi la maire PS de Lille Martine Aubry, quand Boris V

allaud, porte-parole du PS, a fustigé des propos « honteux ».

Tête de liste d’Europe Ecologie Les Verts aux élections régionales 2010, le député LREM Matthieu Orphelin n’a, quant à lui, eu qu’indulgence pour l’expression, la qualifiant de « formule très malheureuse et surtout si lointaine de la réalité de ces destins brisés« …

« Votre expression n’est pas malheureuse, elle est honteuse », a pour sa part tweeté Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis.

Demandeur d’asile, réfugié, migrant ou clandestin, c’est kif-kif ?

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L’expression « est pourtant communément utilisée par les institutions et les spécialistes européens du droit d’asile », a cependant soutenu Loiseau. « Elle désigne une pratique constatée, a-t-elle insisté : le fait que contrairement au droit européen en vigueur, certains demandeurs d’asile effectuent leurs démarches non pas dans le pays européen dans lequel ils sont entrés mais dans un autre Etat-membre, en fonction des conditions d’accueil ou de la probabilité de succès de leur démarche. Elle désigne aussi la pratique consistant pour un demandeur d’asile débouté dans un Etat-membre à introduire une demande dans un autre« , ajoute-t-elle. La misère du monde a le choix de son coin de paradis.

« La lutte contre ce qui est désigné par l’expression « shopping de l’asile » est considérée et affichée comme un objectif de la révision du régime européen d’asile. La France est favorable à une réforme du droit européen en matière d’asile qui permette d’harmoniser les procédures, de préciser les responsabilités de chacun et la solidarité entre Etats-membres pour une politique de l’asile humaine et efficace« , indique la ministre dans un courriel de ses services.

Cette perruche a exercé la plus grande partie de sa carrière au ministère français des Affaires étrangères. Elle est même devenue directrice générale de l’administration du Quai d’Orsay, par la grâce d’Alain Juppé, avant  d’accepter la direction de l’Ecole nationale d’administration à Strasbourg, proposée par Hollande, qui n’en est pas à une gaffe près.  Cerise sur le gâteau, cette « cynique » est lauréate du Prix de la Femme d’Influence 2014, dans la catégorie Politique…

Conférence de presse de Hollande: le président reste sur « une logique d’austérité », souligne Mailly

Le secrétaire général de FO a observé jeudi qu’il n’y a aucun « changement d’orientation » économique dans les propos de Hollande

Jean-Claude Mailly (FO) déplore que François Hollande reste sur « une logique d’austérité »

« Sur le fond de la ligne économique, je ne sens pas de modification de l’orientation.
Il a rappelé la loi Macron, le pacte de responsabilité, on en parlait déjà l’année dernière« , a ironisé J.-Cl. Mailly devant la presse, après la conférence de presse du président François Hollande.

« FO a mis en garde contre « un sentiment d’abandon républicain » dans les départements ruraux.

« On est dans une logique d’austérité. C’est bien gentil de dire qu’il faut assurer le service public dans les territoires ruraux: oui mais il faut arrêter de fermer des bureaux de poste, de fermer des écoles (…) Il y a aujourd’hui dans les départements ruraux un véritable sentiment d’abandon républicain« , a-t-il ajouté, interrogé en marge du congrès de FO.

Evoquant la situation de l’emploi, Jean-Claude Mailly a estimé qu’il faut « savoir taper du poing sur la table au niveau européen ». « Il faut soutenir une activité économique, soutenir une croissance, y compris avec du bon endettement », a-t-il dit, en appelant à « redonner confiance pas seulement aux entreprises mais aussi aux citoyens« .

Plus tôt dans la matinée, Mailly avait défendu devant les militants de FO le principe d' »au moins une journée de grève interprofessionnelle » pour faire « bouger » le gouvernement et le patronat.