Corse : Gourault valide la notion de «prisonnier politique»

Le terme est tabou : grosse bourde ou volonté délibérée?

blog -Gourault J-MoDem et sous ministre de CollombC’est celui utilisé par les nationalistes qui revendiquent le rapprochement dans l’île de ces détenus  n’est pas reconnu par le gouvernement. Depuis quelques années, les dirigeants français – Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Manuel Valls… – n’ont de cesse de rappeler qu’il n’y a pas de « prisonnier politique » en France, et encore moins lié à l’île de Beauté. Une notion de droit lourde de sens, jusqu’à ce mardi où, tout en légèreté, Jacqueline Gourault, la Miss Corse « Madame Corse » du gouvernement, dépassé son seuil d’incompétence, en validant la sémantique des nationalistes qui demandent régulièrement le rapprochement – voire l’amnistie – de ces détenus. Du parlement  au gouvernement, le principe de Peter fait des ravages.

Dans un entretien  avec France Inter sur l’inscription de la région dans la Constitution, la ministre auprès du ministre de l’Intérieur a tenté de démontrer à quel point il est faux de dire qu’aucune des revendications des élus corses n’a encore été entendue. Et de lâcher cet exemple : « Il y a eu récemment des prisonniers politiques rapprochés en Corse » même si, a-t-elle précisé, « on n’a pas non plus à fanfaronner sur les toits quand des prisonniers rentrent sur le territoire corse, comme trois récemment (…) La Corse est un territoire français comme d’autres territoires français, ce n’est pas un Etat, c’est une région. » Une précision d’autant plus utile qu’au même moment, sur Twitter, bon nombre notaient son égarement.

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Magnifique bourde de Jacqueline Gourault ce matin, qui met le gouvernement dans un merdier improbable. Le terme de prisonnier politique dans la bouche de Jacqueline Gourault va faire parler.</p>&mdash; Julien Pernici (@JulienPernici) <a href= »https://twitter.com/JulienPernici/status/1014048240973631489?ref_src=twsrc%5Etfw »>3 juillet 2018</a></blockquote>
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La gourance de Gourault n’est pas prise pour une simple erreur de grosse gourde.

« S’ils existent, c’est un scandale d’état. Si c’est, comme je le pense, une erreur de la ministre, c’est qu’elle ne connaît pas ses dossiers et qu’elle n’est pas apte à remplir sa fonction ! » commente un internaute, quand d’autres parlent de « grosse bourde ». <br><br>Il n’a pas échappé non plus aux réseaux sociaux que cette vice-présidente du MoDem de François Bayrou  reprend à son compte l’expression « d’abord utilisée par Léa Salamé », la journaliste franco-libanaise qui vient de rappeler que l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni a boycotté la réunion parisienne de la veille avec Edouard Philippe.

L’ex-frontiste Florian Philippot prend très au sérieux le ralliement de Madame Corse aux indépendantistes.  Il a demandé « une condamnation rapide du Premier ministre », jugeant le propos de la ministre « honteux ». D’autant qu’il fut un temps où la gaffeuse était professeur d’histoire-géographie…

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>La ministre <a href= »https://twitter.com/hashtag/Gourault?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#Gourault</a&gt; évoque des « prisonniers politiques » en Corse, soit exactement les contes, le vocabulaire des séparatistes ! « Prisonniers politiques » les assassins du préfet Erignac ?…<br>Propos honteux qui appelle une condamnation rapide du 1er ministre. <a href= »https://t.co/GSZck2gNAZ »>https://t.co/GSZck2gNAZ</a></p>&mdash; Florian Philippot (@f_philippot) <a href= »https://twitter.com/f_philippot/status/1014041640795811841?ref_src=twsrc%5Etfw »>3 juillet 2018</a></blockquote>
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La ministre a tenté de corriger le tir : « Evidemment, je ne m’approprie pas l’expression « prisonniers politiques » ! Il s’agit de détenus de droit commun. Les rapprochements se font au cas par cas, la Chancellerie examine un par un chacun des dossiers. »

Et le président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, de se féliciter des propos de l’adjointe de Collomb<br> « La reconnaissance par Jacqueline Gourault de la notion de « prisonniers politiques », à mi-chemin entre le lapsus freudien et le coup de chapeau involontaire à Gramsci [membre fondateur du Parti communiste italien] (« il faut remporter la bataille des idées »)… »

<br>Sur le fond, l’autonomiste est ressorti déçu la veille de son rendez-vous à Matignon. Gilles Simeoni a en effet déploré lundi soir « une situation de crise et de blocage » entre la Corse et Paris malgré le fameux rapprochement de certains détenus concernés – jusqu’alors maintenus loin de leur famille – et une avancée sur le statut fiscal de l’île.

Le nationaliste s’est en effet réjoui de voir cette « revendication historique ( …) validée pour la première fois par le Premier ministre » car « le statut fiscal permet de prendre en compte les contraintes liées à l’insularité ». Mais de préciser : « Cela ne veut pas dire systématiquement des exonérations ou des privilèges ! » Plutôt « des dispositifs qui vont encourager l’activité productive, qui vont soutenir l’exportation, compenser les contraintes liées à la continuité territoriale… » a-t-il raconté.

Gourault, de l’ombre à la lumière

Comme Jacques Mézard, Stéphane Travert ou Agnès Buzyn, l’ex-sénatrice (et  vice-présidente du Sénat !) Jacqueline Gourault (67 ans) était une inconnue des électeurs. Mais les uns comme les autres auraient gagné à rester dans l’ombre : le président de la République et son premier ministre les ont choisis pour « réparer » la France, selon les termes du premier ministre Edouard Philippe, qui n’est pas non plus le dernier en termes de gaffes. Ce ne sont « pas des professionnels de la parole politique », avait toutefois admis Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, estimant qu’il a fallu le temps pour qu’ils « s’accaparent et s’approprient leur délégation ». Philippe et Castaner ont donc ainsi commis une autre erreur de jugement. <br>Or, à la constitution de ce gouvernement de branquignols, Le Courrier Picard avait estimé que si « les Mézard, Travert, Buzyn et Gourault restent des anonymes pour le grand public, Macron aura échoué. »  Ils sont entrés dans la lumière pour le pire et, dans ce cas de figure aussi, Macron a échoué.

Pour mémoire, la sous-ministre n’en est pas à son premier dérapage.

Alors que le débat sur le projet de loi Asile et immigration provoquait de grosses turbulences à l’Assemblée nationale, dans la soirée du mercredi 19 avril 2018, la ministre auprès du ministre de l’Intérieur avait perdu son sang-froid au douzième coup de minuit.

Des élus LR, notamment Fabien Di Philippo (Moselle) et Pierre-Henri Dumont (Pas-de-Calais), avaient eu l’audace de vouloir  savoir si le gouvernement avait un « plan caché de 40.000 régularisations » de sans-papiers, un chiffre évoqué par un élu de la majorité dans un article du Monde

<blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Asile et immigration : la grosse colère de la ministre <a href= »https://twitter.com/j_gourault?ref_src=twsrc%5Etfw »>@j_gourault</a&gt; face aux &quot;méthodes autoritaires&quot; des députés LR.<br>&gt;&gt; <a href= »https://t.co/lYvP9M6EPa »>https://t.co/lYvP9M6EPa</a&gt; <a href= »https://twitter.com/hashtag/DirectAN?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#DirectAN</a&gt; <a href= »https://twitter.com/hashtag/PJLAsileImmigration?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#PJLAsileImmigration</a&gt; <a href= »https://t.co/L3SdKBPfnB »>pic.twitter.com/L3SdKBPfnB</a></p>&mdash; LCP (@LCP) <a href= »https://twitter.com/LCP/status/986744168352329728?ref_src=twsrc%5Etfw »>18 avril 2018</a></blockquote>
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Une demande d’un complément d’information qui avait irrité Jacqueline Gourault, laquelle a disjoncté en s’adressant au chef de file des députés Les Républicains : « Monsieur Jacob, vous allez laisser continuer ces méthodes pendant longtemps ? Obliger un ministre à répondre ? Ce sont des méthodes autoritaires qui ne sont pas acceptables en démocratie. Qu’est-ce que c’est que ces méthodes ?« , avait-elle lancé. 

Les députés LREM absents, responsables de l’échec de la limitation des amendements

Ferrand, le patron des députés de la majorité, face à la fronde de ses recrues

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En l’absence d’un nombre suffisant d’élus macroniens vendredi, les membres de la commission parlementaire ad hoc ont supprimé  un des articles clés du projet de révision constitutionnelle qui prévoit de limiter le droit d’amendement, un « revers » selon l’opposition.

Ce vote manqué pour cause de départ anticipé en week-end n’a toutefois pas de conséquence sur le contenu du projet de loi, la commission donnant un simple avis sur les amendements, avant leur examen dans l’hémicycle à partir du 10 juillet. Les élus macroniens ont choisi d’aller à la plage : c’est leur conscience professionnelle qui veut ça…

Par 7 voix contre 6, la commission des Lois a adopté des amendements LR, PS, PCF, LFI, FN, de quelques LREM (Paul Molac et François-Michel Lambert) et de la quasi totalité du groupe allié MoDem, prévoyant la suppression de cet article 3 du projet de loi constitutionnelle qui prévoit des nouveaux cas d’irrecevabilité… des amendements (quand ils sont hors du “domaine de la loi”, “dépourvus de portée normative”…).

La mesure avait été critiquée très tôt par les oppositions comme un “bâillonnement du Parlement“.

“La majorité LREM cherche à écorner la démocratie en réduisant le droit d’amendement des parlementaires.

Les députés de droite comme de gauche ont taclé « une majorité qui rêve de toute puissance », s’est félicité sur Twitter Arnaud Viala (LR), son collègue Julien Aubert estimant que “la majorité a donné son avis… en votant avec ses pieds… et en désertant”.

« Nous continuerons de tout faire pour que le Parlement ne devienne pas croupion, comme le veut Emmanuel Macron », a assuré Fabien Di Filippo (LR), y voyant un “sacré revers” pour la majorité.

Le droit d’amendement est « à la base du travail parlementaire et constitue une garantie démocratique », a aussi souligné sur Twitter Michel Castellani, un des députés de Corse (non-inscrit) qui avait aussi demandé la suppression de l’article litigieux.

En commission, le rapporteur général Richard Ferrand (LREM) a plaidé que l’inflation des amendements depuis plusieurs années a plutôt porté “atteinte à la qualité de la loi”…Je ne suis pas favorable au statu quo, a lancé le président du groupe majoritaire (ex-PS), invoquant l’exemple des règles d’irrecevabilité appliquées au Sénat.

De son côté, le socialiste David Habib a dénoncé avec le projet d’Emmanuel Macron une « stratégie de cadenassage de l’action parlementaire », qui, a-t-il glissé à l’égard de son ancien collègue R. Ferrand, “ne vous correspond pas”.

Porte-parole des macroniens pour la réforme des institutions, Sacha Houlié a critiqué un “faux procès” des oppositions, et relevé que par l’article 3, c’est aussi “la première fois que le gouvernement accepte une limite à ses propres amendements”, avec des règles identiques aux parlementaires.

Le groupe LREM avait prévu de modifier le projet pour “admettre les amendements (du gouvernement comme des parlementaires, ndlr) dès lors qu’ils présentent un lien direct ou indirect” avec le texte étudié, mais du fait du vote accidentel de suppression de l’article, la proposition n’a pu être débattue.

Richard Ferrand ne croit pas parvenir à former les bleu-bites vaniteux de LREM d’ici la mi-mandat

Un an après l’arrivée massive de députés néophytes LREM à l’Assemblée, leur chef de file Richard Ferrand a avoué qu’il réfléchit à « passer la main » à mi-mandat 

blog calin-ferrand-macron.jpgLe candidat Macron avait annoncé son intention de renouveler son personnel d’encadrement à la mi-quinquennat, soit fin décembre 2019. « Il faudra remettre à plat et en cause l’ensemble des responsabilités » exercées par des « marcheurs » à l’Assemblée, conformément à l’engagement pris il y a un an, a rappelé R. Ferrand, prévenant toutefois, dans un entretien lundi au Figaro, que cela « ne veut pas dire organiser une vidange intégrale ».

Le député du Finistère et ancien ministre déplacé pour cause de problèmes judiciaires sera-t-il candidat à sa succession à la tête du groupe LREM ?

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« Ça, nous verrons en son temps (…) Reparlons-en dans un an ! L’esprit des choses serait que je passe la main« , répond-il. Présider le groupe majoritaire, « ce n’est pas un chemin pavé de roses tous les jours », mais « les choses sont bien partagées entre difficultés et satisfactions« , nuance Ferrand, visiblement incertain sur son avenir.

Il y a un an, « on nous promettait les pires difficultés. Or, les textes de transformation adoptés démontrent qu’il y a bien, après débats, une unité de pensée et d’action qui s’élabore au sein de notre groupe » de 312 membres, se flatte-t-il : puisque, pendant un mois, il a été ministre de la Cohésion des territoires, jusqu’à la révélation d’une magouille politico-financière, il n’a pas participé directement au recrutement des godillots de la majorité présidentielle. 

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La Commission Nationale d’Investiture d’En marche!, présidée par Jean-Paul Delevoye, était composée de 9 membres et 2 suppléants (Catherine Barbaroux, Jean-Marc Borello, Christine de Veyrac, Anne Emery-Dumas, Jean Launay, Audrey Manuby, Cédric O, Agnès Pannier-Runacher, François Patriat, Margaux Pech, Marlène Schiappa), réunie pour la première fois le 16 février 2017.

Il existe dans le groupe « des sincérités divergentes, mais aucune volonté de nuire au travail commun ».

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Ferrand ne peut le nier et c’est pourquoi il compare la démarche d’Emmanuel Macron, « la création d’un rassemblement autour d’un socle de valeurs, d’une vision et d’une démarche », à « ce que le général de Gaulle a cherché à faire en 1958 ».

Avec le groupe MoDem allié (47 membres), Ferrand reconnaît que « parfois, il y a des divergences » mais « les collègues ont appris à se connaître, à s’apprécier, et les échanges s’améliorent chaque jour ». D’autres diront que les fortes têtes sont rares, mais qu’elles sont matées. Le vote du député Jean-Michel Clément, 63 ans, contre le projet de loi asile-immigration en avril  a entraîné sa mise en retrait du groupe LREM. Et, depuis ce lundi, jour anniversaire de l’élection de la nouvelle Assemblée, cet ex-socialiste de la Vienne siège parmi les non-inscrits, est-il écrit sur le site de l’Assemblée.

Son groupe « n’est pas caporalisé, »

 

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a nié la porte-parole des députés LREM, Olivia Grégoire, 40 ans, chargée de mission auprès du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, sur Europe. Il « n’y a pas une ligne doctrinaire à laquelle nous serions contraints de nous tenir, assure-t-elle bien qu’elle soit l’illustration du contraire ». « Je me rappelle des procès en ‘godillerie’ qu’on nous faisait il y a un an; force est de constater qu’aujourd’hui on est capable de s’émanciper un peu« , a ajouté la députée de Paris.<br>Maintenant, « j’ai le sentiment d’un groupe très énergique et c’est plutôt sain, même si parfois ça peut frotter un peu« , a conclu O. Grégoire, qui est désormais en couple avec …Manuel Valls, 56 ans.<br>Les godillots, c’est les autres?<br>Résultat de recherche d'images pour "grégoire Olivia"Le président de la République a foiré son opération séduction devant les Mutuelles de France. Dans une vidéo d’une réunion de travail à l’Elysée, diffusée sur les réseaux, le chef de l’Etat s’agace du « pognon de dingue » dépensé pour des aides sociales. Mais qui plaide avec assurance à la matinale d’Europe 1 que « la forme peut froisser, mais que l’essentiel c’est le fond, », c’est une députée LREM de Paris …Olivia Grégoire.

« Une honte » : Jean Lassalle pique une grosse colère à l’Assemblée nationale en plein débat

Le député Jean Lassalle s’est indigné mercredi soir d’avoir été empêché de s’exprimer à l’Assemblée nationale lors d’un débat sur la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU). « C’est une honte !« , a dénoncé Jean Lassalle, debout, en pleine séance de débat parlementaire.

L’ancien candidat à la présidentielle a débattu pendant plusieurs minutes avec la présidente de séance, Carole Bureau-Bonnard (députée LREM de l’Oise, vous l’aviez deviné). Celui qui est député de la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques a fustigé le fait de ne pas pouvoir s’exprimer comme il le souhaitait.

Député « non-inscrit » au sein d’un groupe parlementaire, il dispose d’un temps de parole différent de celui de ses pairs « inscrits« . Mais cette fois-ci, les députés « non-inscrits » n’étaient pas autorisés à prendre la parole…du tout. « 

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Une sortie théâtrale

Les rappels à l’ordre et les tentatives d’apaisement de Carole Bureau-Bonnard n’ont pas suffi à apaiser Jean Lassalle. « Si vous aviez été là au tout début de la séance, vous auriez entendu que les ‘non-inscrits’ n’ont plus de droit de parole et vous faites partie des ‘non-inscrits’« , a-t-elle maladroitement reproché. « Je ne sers à rien ! Il y a 50 députés ici qui ne servent à rien !« , a alors tonné le député. Jean Lassalle a finalement été poussé à quitter l’hémicycle avec un dernier mot empreint de théâtralité : « Mesdames et messieurs les censeurs, bonsoir ! « . On peut être journaliste (‘Brut’ est son nom : de décoffrage?) du service public (France Télévisions) et manquer totalement de références culturelles.

En fait, ‘Brut’ est un média fondé par le producteur Renaud Le Van Kim et destiné exclusivement aux réseaux sociaux: pour passer avec eux un accord, nul besoin, selon la régie publicitaire de France Télévisions, de placer haut la barre ? A quoi bon leur dire que ce cri de gueule est une citation de Maurice Clavel à la télévision française en 1971: la presse institutionnelle n’a que mépris pour les blogueurs et les réseaux sociaux…

Jean Lassalle est un député sexagénaire qui a conservé la confiance de son électorat pendant quatre législatures : respect, non ?

SNCF : Le Maire veut faire croire que la reprise de la dette n’affectera pas les Français

Si la reprise de 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF « ne pèsera pas sur le déficit public »; alors, sur qui , sur quoi ?

blog -SNCF-reprise de la dette.JPG“Elle [la dette de la SNCF] aura évidemment un impact sur la dette publique, puisque ça accroît la dette publique française (…), mais elle n’aura pas d’impact sur le déficit”, a assuré B. Le Maire au salon des startups VivaTech à Paris, le 24 mai.

Le ministre contredit ainsi le rapporteur général du budget.
Joël Giraud avait estimé vendredi que la reprise de la dette de la SNCF allait provoquer une hausse du déficit par rapport aux prévisions actuelles du gouvernement, et retarderait le retour à l’équilibre des finances publiques prévu jusqu’à maintenant pour 2022.
Selon les projections du rapporteur, le déficit public remontera à 1,9% du PIB en 2020 avec la reprise d’une première tranche de 20 milliards de dette SNCF, au lieu de 0,9% prévu jusqu’à maintenant.
Et il serait de 0,1% de PIB en 2022, alors que le gouvernement escomptait jusqu’alors un excédent de 0,3% du PIB à cette échéance.

Bercy avait publié après la déclaration de J. Giraud un communiqué cinglant.

Il y admettait qu’il “n’est pas possible de se prononcer sur l’impact [de cette reprise de dette] sur la trajectoire des finances publiques”.
L’impact dépendra du traitement comptable de l’opération par l’Insee, « qui a engagé des discussions avec Eurostat sur ce sujet et devrait se prononcer avant la fin de l’année”, avait indiqué le ministère de l’Economie et des finances.

Bruno Le Maire a admis samedi que la reprise de la dette de la SNCF « accroît la nécessité de réduire cette dette progressivement et donc de réduire la dépense publique”.

Le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé vendredi que l’Etat va reprendre 35 milliards d’euros de dette de la SNCF, sans pour autant créer d’impôt pour compenser cette charge. 

Le député radical de gauche et LREM des Hautes-Alpes (élu sous la double étiquette) Joël Giraud, 59 ans, un ex-administrateur des PTT, occupe le poste de rapporteur général du Budget durant la première moitié de la législature, mais il se désistera au profit de Laurent Saint-Martin (Oseo et think tank ‘En Temps Réel’, de centre gauche) à la mi-quinquennat : il a en effet été élu à la commission, mais battu de deux voix à sa présidence face à Laurent Saint-Martin (33 ans, LREM, Paris). Les deux macroniens se sont entendus pour  se relayer…

« Pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette, promet Edouard Philippe

Le Premier ministre a annoncé « un engagement sans précédent » pour la reprise de la dette de l’entreprise ferroviaire par l’Etat : 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF, dont 25 milliards en 2020 et 10 milliards en 2022, afin d’arriver « à l’équilibre », « avant la fin du quinquennat ». « Cette reprise constitue un engagement sans précédent de la nation et du contribuable en faveur de la SNCF », a souligné le Premier ministre, après avoir reçu à Matignon les syndicats représentatifs lors de rencontres bilatérales.

« 35 milliards d’euros, c’est 14 ans de budget d’investissements de l’Etat dans l’ensemble de nos routes, chemins de fer et canaux », a-t-il insisté lors d’une conférence de presse avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

Moins d’investissements de l’Etat, détournés en faveur de la SNCF, c’est plus de retard dans la croissance économique et dans le développement du bien-être de la population.

« Pas d’impôt SNCF »

Le Premier ministre a toutefois assuré qu’il n’y « aura pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette qui « viendra s’ajouter à la dette publique de l’Etat et sera remboursée au même rythme que la dette publique de l’Etat« . « Ce sera bien une charge supplémentaire pour le contribuable », a-t-il relevé en mai 2018. Selon Edouard Philippe, le montant de 35 milliards est le fruit d’arbitrages destinés à ce que la France ne « se place pas en situation de déséquilibre » alors qu’elle « est en train de revenir dans les clous de la maîtrise de ses comptes publics ».

Critiquant l’action des précédents gouvernements qui se sont successivement repassé « la patate chaude », le juppéiste Edouard Philippe a assuré que ce geste de l’Etat s’accompagnera d’une « règle contraignante pour que SNCF Réseau« , endetté à hauteur de 47 milliards d’euros au total, « ne puisse plus à l’avenir s’endetter sans que le Gouvernement ne prenne de mesures de rétablissement ».

Il a par ailleurs annoncé 200 millions d’euros d’investissements supplémentaires dès 2022, en plus des 3,6 milliards actuels.

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Nous voulons plus de trains, qui circulent plus régulièrement, sur un réseau plus performant. En plus des 3,6 Md€ actuels, dès 2022, nous investirons chaque année 200 M€ supplémentaires. <a href= »https://twitter.com/hashtag/SNCF?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#SNCF</a></p>&mdash; Edouard Philippe (@EPhilippePM) <a href= »https://twitter.com/EPhilippePM/status/999990490174025728?ref_src=twsrc%5Etfw »>25 mai 2018</a></blockquote>
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Et tout va bien puisque, depuis F. Hollande, « ça ne coûte rien (au contribuable), c’est l’Etat qui paie » … Confirmation de Macron et Le Maire !

 

Chicaya entre de Rugy et les députés « insoumis » de LFI

Les députés LFI font de la provoc et Rugy fait le coq au perchoir

Les députés de la France insoumise font n’importe quoi dans l’hémicycle

blog -Rugy en cravatte-Ruffin poing leve
François de Rugy, simple député en cravate et en début de législature, assis côte à côte avec le prolétaire débraillé François Ruffin (LFI)

Une dispute entre le groupe de la France insoumise (LFI) et le président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, est une nouvelle fois venue perturber les débats : c’est devenu un exemple, parmi d’autres, du harcèlement incessant du président par l’extrême gauche, ironiquement cette fois, dans le cadre de l’examen du projet de loi contre les violences sexuelles porté par Marlène Schiappa et adopté par les députés tard dans la nuit de mercredi à jeudi.

VIDÉO – Baisse des APL : Jean-Luc Mélenchon brandit un panier de courses à cinq euros en plein hémicycle

Dès juillet 2017, les députés de La France insoumise avait ouvert les hostilités anti-républicaines. Lien PaSiDupes « Baisse des APL : Mélenchon se livre à une vente au déballage de ses idées à l’Assemblée » Bafouant le règlement, Mélenchon avait brandi un panier de courses à cinq euros en plein hémicycle, attitude qui lui rallia les anars.

Rugy gronde les députés insoumis  sur les selfies à l’Assemblée

Voir l'image sur TwitterL’incident de séance a débuté lorsque François de Rugy s’est senti défié. Alors que l’examen des amendements avait accumulé du retard, il reprocha à la députée Clémentine Autain de jouer les prolongations avec une prise de parole pas assez rapide à son goût. « Il faut quand même suivre Mme Autain. Vous avez passé beau

blog -Obono-agitee de AssNat

coup de temps à prendre des photos de groupe. C’est bien sympathique mais,  dans l’hémicycle, on est surtout là pour présenter les amendements qu’on a déposés« , a râlé le président LREM de l’Assemblée, dont le groupe de Jean-Luc Mélenchon échauffe les oreilles depuis plusieurs mois.

 

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Ruffin, « mauvais élève » de la classe parlementaire 

Les photos prises par les députés et postées sur les réseaux sociaux sont traditionnellement tolérées dans l’hémicycle. Certains élus en profitent pour prouver leur présence jusque tard dans la nuit, mais le temps d’un selfie, comme ici le député Insoumis Alexis Corbière, un partisan du squat de HLM, logement social, de la ville de Paris, pour sa famille et lui-même, ainsi qu’un adepte des horaires de fonctionnaire, à moins que ce ne soit des cheminots corses. Lien PaSiDupes

Et, pour mémoire, « Raquel Garrido accablée par de nouvelles révélations sur ses revenus non déclarés à l’Urssaf »

Apparemment vexée, Clémentine Autain n’a pas manqué de réclamer une suspension de séance. « Je trouve que la façon dont vous traitez les élus de l’opposition avec condescendance et mépris… Cela fait trois jours que nous sommes là. Je n’ai quasiment pas quitté l’hémicycle. C’est indécent« , a-t-elle déploré, alors que l’examen du projet de loi porté par Marlène Schiappa a fait l’objet d’un examen marathon depuis le début de la semaine. « Arrêtez avec vos leçons de morale, on n’est pas à l’école », a-t-elle conclu.

Lien PaSiDupes, pour rafraîchir la mémoire de l’exemplaire Autain sur son camarade Ruffin : « François Ruffin (LFI), élu député en trichant ? « 

Coup de pompe

Tout en acceptant une suspension de séance, François de Rugy s’est laissé gagner par la colère face aux accusations de la députée de Seine-Saint-Denis. « On ne peut pas laisser passer que vous disiez que l’opposition est maltraitée. Tous vos amendements ont été appelés de la façon la plus claire qui soit. […] Ca suffit ! A un moment donné, on ne peut pas tout dire sur le bon déroulement des débats« , a-t-il grondé.

Un affrontement de deux totalitarismes. Et pourtant, l’intransigeance obtuse de François de Rugy ne devrait pas hérisser les soutiens historiques de l’empire soviétique. Lien PaSiDupes « Rugy, hué par les députés après avoir coupé le micro de la ministre des Armées« 

« A votre disposition M. le président pour une photo également. Cela ira très vite », a peu après provoqué le député Insoumis Alexis Corbière, ironique. « C’est évidemment la mission première des députés dans l’hémicycle« , a grincé sans un sourire François de Rugy, face à la cabale des anti-républicains.

La représentation nationale commence à regimber, suite aux séances de nuit relativement fréquentes  à l’Assemblée nationale compte tenu de la saturation de l’agenda législatif : les séances sont en effet régulièrement émaillées d’incidents. Et la personnalité hautaine et cassante du président participe de ces frictions, ne contribuant pas à apaiser les tensions.

La veille, la ministre Marlène Schiappa avait elle-même manifesté son intolérance à la critique en réagissant avec véhémence à l’interpellation d’un député LR qui avait évoqué ses préférences « libertaires« . La sous-ministre avait accusé le député LR Fabien di Filippo de « misogynie crasse« , se réfugiant derrière sa condition de femme pour éviter le débat à armes égales. Pas très en harmonie avec sa fonction gouvernementale en faveur de l’égalité des sexes.

Exemple de parti-pris féministe de la sous-ministre – Lien PaSiDupes « Les féministes Schiappa et de Haas s’emplâtrent » (‘Fact checking’ de la ministre : un homme sur deux est un agresseur » ?)

Voir aussi ces antécédents socialistes et LFI d’atteinte au règlement

Lien PaSiDupes – « Tout est-il permis aux élus du fait de leur genre, de leur croyance et/ou de leur couleur de peau ?  » 

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Parmi ces ‘insoumis’ socialistes, un futur premier ministre, Ayrault,   et plusieurs ministres de Hollande, absent à la séance