Biocarburants: le ministre reste « en Travert » des agriculteurs insatisfaits

La présidente de la FNSEA a jugé insuffisantes les propositions de Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture

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Blocage de la bioraffinerie Total de La Mède, sur la commune de Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône), le 11 juin 2018

Les blocages de raffineries et dépôts de pétrole continuent, alors que Stéphane Travert se déclare « optimiste » sur une issue au conflit. 13 des 14 raffineries et dépôts bloqués ce lundi matin par des agriculteurs opposés aux importations d’huile de palme et de produits ne respectant pas les normes imposées en France sont toujours à l’arrêt cet après-midi. Sur RTL, le ministre a dénoncé des « blocages illégaux ».
« Le compte n’y est pas », a déclaré Christiane Lambert, dirigeante du premier syndicat agricole français, à l’issue de plus de trois heures de négociations au ministère dans la nuit de mardi à mercredi.

« Il y a quelques avancées qui ne suffisent pas à dire maintenant que nous levons le camp », a expliqué Christiane Lambert qui, au côté du président des Jeunes Agriculteurs (JA) Jérémy Decerle, a négocié avec M. Travert et son équipe de 23h30 mardi à peu après 03h00 du matin mercredi.

Mercredi 13 à 07h30, les instances de la FNSEA devaient se réunir pour décider de la suite à donner au mouvement. Une conférence de presse est prévue à 09h30. « Nous allons partager les documents de restitution de la négociation et déciderons (…) de ce que nous allons faire », a expliqué Ch. Lambert, mais « nous sommes déçus sur le contenu global de ce qui a été annoncé« .

Une suspension des blocages est toutefois en cours, le temps d’éplucher les propositions gouvernementales. « C’est une action coup de poing qui a atteint son objectif en alertant l’opinion publique sur les distorsions de concurrence de nos produits par rapport aux produits étrangers qui ne respectent pas l’environnement, nos standards de production et nos charges sociales », avait expliqué le secrétaire général de la FNSEA PACA, Patrick Lévêque.

FNSEA et JA ont lancé dès dimanche soir un mouvement de blocage pour protester notamment contre l’importation de produits agricoles, et plus particulièrement l’huile de palme, ne respectant pas les normes françaises et européennes. Mardi après-midi, 18 raffineries et dépôts de carburant étaient bloqués.

Reconnaissant des points de friction persistants avec les syndicats, S. Travert a néanmoins envisagé une fin de ces blocages. « Je suis plutôt optimiste (…) je pense que nous pouvons trouver une voie de levée des barrages », a-t-il déclaré aux journalistes derrière Ch. Lambert.

« Sur un certain nombre de points, nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d’accord, mais sur la question des engagements internationaux, sur la question des normes, sur la question du travail que nous faisons pour défendre nos filières, nous sommes au rendez-vous« , a assuré Travert.

Syndicats et ministre avaient déjà négocié mardi après-midi, sans succès. 

Blocage de la raffinerie de Vatry dans la Marne? le 11 juin 2018

« Nous demandons une parole publique plus claire pour défendre l’agriculture. Quand 3.000 agriculteurs descendent dans la rue bloquer 18 sites, c’est que quelque chose ne va pas« , avait alors indiqué Mme Lambert. Sur le terrain, les agriculteurs sont restés mobilisés mardi.

« On attend de savoir ce qu’il va ressortir de la réunion entre le ministre et notre présidente nationale. Ce qui est sûr c’est que l’on va rester encore au moins cette nuit et la journée de demain (mercredi) », a indiqué le président de la FNSEA de l’Eure, Fabrice Moulard, qui bloquait la raffinerie de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime) avec une quarantaine d’agriculteurs et quelques tracteurs. 

La FNSEA demande au gouvernement de légiférer pour interdire les importations qui ne répondent pas aux normes françaises, « des engagements sur le coût du travail » et les cotisations sociales, , et « des études sociales et économiques », des réponses concrètes sur l’accompagnement financier des plans de filière, avant la mise en place de toute nouvelle norme.

FNSEA et JA dénoncent aussi « les contradictions » du gouvernement qui incite les agriculteurs français à monter en gamme tout en concluant des accords de commerce international qui provoquent des distorsions de concurrence. En somme, que Macron protège ses concitoyens, comme le fait Trump, notamment au G7 au Canada.

La FNSEA et les JA, premières organisations syndicales de la profession, dénoncent un  symbole de ces « incohérences » qui a été l’autorisation donnée au groupe pétrolier Total d’importer jusqu’à 300.000 tonnes par an d’huile de palme pour alimenter sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) qui doit commencer à fonctionner cet été.

Les deux syndicats affirment que l’agriculture française peut fournir davantage d’huile de tournesol ou de colza à cette usine que les 50.000 tonnes promises, mais à un prix supérieur à celui de l’oléagineux importé d’Asie du Sud-Est. Ils font valoir que ces prix attractifs à court terme seront inévitablement revus à la hausse à moyen terme.  

Interrogé à l’Assemblée nationale par le député LR Christian Jacob, le Premier ministre a défendu la décision de l’Etat d’autoriser Total à importer de l’huile de palme pour La Mède. « Nous ne dévierons pas d’une voie qui est claire : nous défendons les intérêts des filières agricoles. Nous faisons en sorte que l’ouverture des marchés soit respectueuse des intérêts de l’ensemble des filières agricoles« , a assuré Edouard Philippe, semblant convaincre la Confédération paysanne, marquée à gauche, mais inerte.

Lundi, Total s’était voulu rassurant sur l’approvisionnement des stations-service, appelant ses clients à « conserver leurs habitudes de consommation de carburant ».

Cliquer sur l’image pour être dirigé vers un reportage de France 3 pour

VOIR et ENTENDRE une présentation de la problématique ( LIEN ) :

Biocarburants : menace de blocage sur les raffineries

 

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Biocarburant : l’huile de palme enflamme Total

Le gouvernement a donné son autorisation au pétrolier français de convertir une raffinerie de pétrole au biocarburant

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L’Etat Macron fait ainsi hurler aussi bien les écolos que la FNSEA,  mettant en lumière les défauts d’un carburant qui n’a de «bio» que le nom.

Résultat de recherche d'images pour "huile de palme biocarburant"Le feu vert accordé par l’Etat le 16 mai 2018 à la «bioraffinerie» de Total, à La Mède (Bouches-du-Rhône), qui carburera dès cet été à l’huile de palme pour produire 500. 000 tonnes par an de biodiesel, réussit l’exploit de ne satisfaire personne ou presque. Ni la FNSEA, qui a annoncé le blocage de raffineries et dépôts de carburant dans toute la France à partir de dimanche 10 juin et pour trois jours reconductibles, afin de protester contre la concurrence faite par cette huile à l’huile de colza française, dont le biodiesel est le premier débouché ; ni le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, dans le sillage du puissant syndicat ; ni les ONG environnementales, vent debout contre le site au nom de la protection de la biodiversité et du climat ; ni le ministre de la Transition écologique : particulièrement gêné aux entournures, Nicolas Hulot a dû admettre que «ce n’est pas de gaieté de cœur [qu’il a] autorisé la raffinerie à rouvrir». Pour lui, ce dossier «peau de banane» tombe on ne peut plus mal.
Le 18 mai, deux jours à peine après l’officialisation de l’autorisation accordée à Total, le ministre lançait en grande pompe la «mobilisation de la France en faveur de la préservation de la biodiversité» et justement à Marseille, non loin de la bioraffinerie. Une volte-face, qui a valu à Hulot une pluie de critiques et de procès en «incohérence», tandis que la tête de l’Etat regarde ailleurs et pointe du doigt Trump 
sur le climat et le commerce au G7 qui a eu lieu ce week-end au Canada avec les 6 autres pays, dont la France et …Macron présent (avec sa femme).

Car la culture intensive des palmiers à huile ravage les dernières forêts équatoriales primaires, en particulier en Asie du Sud-Est, avec pour effets, une faune décimée, dont les orangs-outangs, gibbons ou tigres de Sumatra, et un bilan carbone catastrophique : les agrocarburants (dits «biocarburants») à base d’huile de palme sont trois fois plus nocifs pour le climat que le diesel fossile (ceux à base de soja le sont deux fois plus, et de colza, 1,2 fois, selon l’ONG bruxelloise Transport & Environment).
Le malaise est d’autant plus profond que, dans son plan climat présenté en juillet 2017, Nicolas Hulot avait annoncé la publication, d’ici mars 2018, d’une stratégie nationale visant à mettre fin à l’importation de produits forestiers ou agricoles contribuant à la déforestation (notamment l’huile de palme ou le soja OGM destiné à nourrir le bétail). Une erreur gravissime, puisque la déforestation est responsable de plus de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. «Cette décision est très importante, car nous allons fermer une fenêtre qui donnait la possibilité d’incorporer de l’huile de palme dans les biocarburants», avait alors insisté Hulot.
Or, cette possibilité est déjà allègrement utilisée : plus de 75 % des 900 000 tonnes d’huile de palme consommée en France servent aujourd’hui à faire rouler les véhicules, et seul le reste entre dans la composition de pâtes à tartiner, biscuits ou cosmétiques.

Gages

Depuis, le ministre de la Transition écologique étant censé présenter sa stratégie nationale contre la déforestation importée (SNDI) début juillet, Macron a pressé Hulot de mettre de l’huile dans son eau de source. D’un côté, la Malaisie et l’Indonésie, principaux producteurs d’huile de palme au monde, ont menacé de ne plus acheter d’avions militaires français. De l’autre, le géant pétrolier Total a fait savoir à l’exécutif qu’il n’a ps renoncé à concrétiser son projet de reconvertir son site de La Mède, qui a cessé de raffiner du pétrole brut fin 2016, en «première bioraffinerie de taille mondiale» carburant à l’huile végétale, la moins chère du marché grâce à des coûts de production très bas et des droits de douane bien inférieurs aux autres huiles.
A peine l’aval donné par le préfet de la région Paca, Nicolas Hulot a tenté de sauver la face dans un communiqué de presse, le 16 mai. Soulignant avec insistance que le projet avait été «décidé en 2015» et «soutenu par le gouvernement précédent» (en échange du maintien de 250 emplois sur le site, sur 430), il a assuré que l’utilisation d’huile de palme dans la bioraffinerie serait «encadrée».

Total aurait «accepté de réduire significativement les quantités d’huile de palme utilisées et de prendre des engagements très précis sur la certification de leur origine et de leur mode de production», selon le ministre de l’Ecologie. Ainsi, le gouvernement a demandé à l’industriel de «réduire autant que possible l’approvisionnement en huiles végétales brutes, et notamment en huile de palme, afin de consommer des quantités inférieures aux 450 000 tonnes [d’huile végétale brute : palme, soja, colza, tournesol, maïs…] que l’usine est autorisée à utiliser». Et Total devra «utiliser au moins 25 % de matières premières issues du recyclage des huiles (huiles alimentaires usagées, graisses animales, distillats d’acide gras)». Le même jour, le géant pétrolier faisait mine d’acquiescer, assurant prendre «l’engagement de limiter l’approvisionnement en huile de palme brute à un volume inférieur à 50 % des volumes de matières premières qui seront traitées sur le site [650 000 tonnes au total], soit au plus 300 000 tonnes par an».

Mais la confiance n’est pas revenue. Au contraire. Les Amis de la Terre doutent du respect par Total de ce plafond de 300 000 tonnes d’huile de palme brute. L’ONG estime même que la bioraffinerie de La Mède «pourrait importer jusqu’à deux fois plus d’huile de palme qu’annoncé par Total», et donc «fonctionner pratiquement à 100 %» avec cette huile, de quoi réquisitionner «une surface de forêt tropicale équivalente à plus de cinq fois [celle] de la ville de Marseille».

Comment l’ONG se justifie-t-elle ? D’abord, elle constate que l’«autolimitation» du pétrolier à 300.000 tonnes d’huile végétale est «absente de l’autorisation officielle, ce qui permet à Total d’importer jusqu’à 450 000 tonnes d’huiles végétales brutes sans autre précision». Pour les Amis de la Terre, qui viennent de déposer cette semaine devant le tribunal administratif de Marseille un recours contre l’autorisation d’exploitation délivrée à Total, l’arrêté préfectoral du 16 mai devait, en vertu de la loi, comporter un plan détaillé d’approvisionnement en matières premières de la raffinerie pour les trois premières années de fonctionnement. Or, cela n’y figure pas : l’arrêté se contente de mentionner que les 650.000 tonnes de matières utilisées annuellement à La Mède comprendront «au maximum 450.000 tonnes d’huiles végétales brutes de toutes natures».

Trafic

Les Amis de la Terre relèvent par ailleurs qu’outre l’huile brute, Total peut utiliser de l’huile de palme de qualité secondaire, dite «PFAD» (distillats d’acides gras de palme), que l’industriel «essaye de faire passer pour un produit résiduel à caractère de déchet, alors que le ministère de l’Ecologie a reconnu que son impact est le même que l’huile de palme brute» dans un mail envoyé à l’association en avril. Celle-ci estime que «Total prévoit initialement d’importer 100.000 tonnes de PFAD mais pourrait en importer bien davantage (jusqu’à 250.000 tonnes) si l’entreprise était contrainte d’importer moins d’huile de palme brute». Quant aux 100.000 tonnes d’huiles alimentaires usagées que le pétrolier prévoit d’utiliser, «il s’agit du gisement maximum disponible en France, déjà utilisé pour moitié par d’autres opérateurs», remarque l’ONG, qui en conclut que Total devra donc importer des huiles usagées «alors que les certificats censés encadrer ce type d’huile sont fortement suspectés par la Cour des comptes européenne de permettre d’importer frauduleusement des quantités massives d’huile de palme»«Il existe un énorme trafic : des cargos d’huile de palme arrivent en Chine, on y verse une bouteille d’huile de friture usagée, et hop, les papiers indiquent que ce sont des cargos d’huiles usagées», illustre Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes de l’ONG. Enfin, l’argument selon lequel Total utilisera de l’huile de palme certifiée «durable» ne convainc pas. La certification RSPO (pour «Roundtable on Sustainable Palm Oil», «Table ronde pour une huile de palme durable») n’interdit pas la destruction des forêts sur sols tourbeux ou de celles dites «secondaires», pointe l’ONG.

«Effet domino»

16527696Le vrai problème est ailleurs. «Même certifiée, la quantité massive d’huile de palme qui sera transformée en agrocarburants aura un effet domino : il faudra toujours déforester de nouvelles surfaces pour continuer à satisfaire la demande mondiale en huile de palme alimentaire», explique Alain Karsenty, économiste au Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement. Un phénomène reconnu par la Commission européenne sous l’appellation «changement d’affectation des sols indirect» (Casi), et dont le chercheur souhaite l’intégration dans le calcul du bilan carbone des agrocarburants. Si c’était le cas, «ceux à base d’huile de palme présenteraient le pire bilan carbone du marché», avec ceux à base de soja.

Discriminer ces agrocarburants à «fort impact Casi» permettrait d’éviter qu’une surface de forêts tropicales de 45.000 km2 selon lui, équivalente à celle des Pays-Bas, ne disparaisse d’ici 2030 rien qu’en Asie du Sud-Est. D’autant que d’autres secteurs, comme le transport aérien, pourraient s’intéresser aux carburants à base de palme ou de soja, ce qui serait catastrophique. Une position que la direction du Cirad ne soutient pas, voire contredit en minimisant en haut lieu les dégâts écologiques de l’huile de palme. Sans doute parce que cet établissement public possède des intérêts dans cette filière (vente de graines, etc), notamment via sa filiale PalmElit… créée en association avec le conglomérat Avril-Sofiprotéol. Proche de la FNSEA, ce dernier a bâti sa fortune (plus de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires) grâce aux agrocarburants à base de colza, certes moins climaticides que ceux à base de palme mais dopés aux pesticides, sans toutefois se priver d’importer de grosses quantités d’huile de palme.

Qui remportera le bras de fer et pèsera in fine le plus lourd auprès de l’exécutif ? L’alliance improbable de la FNSEA et Stéphane Travert avec les écologistes et Nicolas Hulot ? Ou Total, poids lourd du CAC 40 dont le patron, Patrick Pouyanné, répète que la bioraffinerie de La Mède est «soutenue par l’Etat au plus haut niveau», et qui s’est trouvé un allié de circonstance dans les industriels hexagonaux de l’armement soucieux de ne pas perdre de marchés en Asie du Sud-Est ?

A moins qu’une autre issue ne se dessine : un «en même temps» tout macronien. Nicolas Hulot a répété ces derniers jours dans les media que l’«avenir n’appartient pas à l’huile de palme» et que la France «soutient une position forte» au niveau européen pour sortir progressivement des agrocarburants les plus nocifs. Allusion aux discussions en cours à Bruxelles, après un vote du Parlement de l’UE en janvier en faveur de la suppression de l’huile de palme dans les moteurs d’ici 2021. Voilà qui permettrait au gouvernement de contraindre Total à abandonner cette matière première sans remettre en cause les engagements de l’exécutif précédent ni créer de distorsion de concurrence en Europe – le groupe redoute surtout une interdiction franco-française -, tout en permettant au pétrolier de s’assurer de confortables marges en attendant.

Plan de sortie

«Total fera probablement comme ses concurrents ENI [en Italie] et Neste Oil [en Finlande], qui ont fait tourner leurs raffineries avec le maximum d’huile de palme pendant deux ou trois ans, avant de diversifier leur approvisionnement avec des huiles plus chères, notamment parce que l’opinion publique n’est pas favorable à l’huile de palme», estime Fabien Cros, représentant CGT à La Mède. Le syndicaliste ne s’oppose pas à d’autres voies de reconversion de la raffinerie, ce que préconisent les Amis de la Terre. «Pourquoi ne pas développer ici des activités de recherche-développement autour des carburants et de l’hydrogène ? L’important, c’est que l’activité soit pérenne», dit-il. Total, qui affiche sa volonté d’être d’ici 2035 «LA major de l’énergie responsable intégrant le climat dans sa stratégie», n’a pas non plus intérêt à plomber son image avec l’huile de palme.

Déjà, plusieurs distributeurs de carburant se détournent de celle-ci. Leclerc l’a interdite, même si «en fait, c’est suite à des problèmes d’encrassement des moteurs quand le distributeur avait tenté d’en intégrer davantage à la fin des années 2000, avant la rupture technologique, l’hydrotraitement, qui permet le boom actuel», indique Sylvain Angerand, des Amis de la Terre. L’ONG a obtenu qu’Intermarché s’engage sur un plan de sortie d’ici trois ans. Et de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD, qui regroupe Casino, Auchan, Cora ou Carrefour) qu’elle demande au gouvernement de prendre en compte l’effet Casi pour distinguer les pires biocarburants.

De leur côté, 13 députés LREM ont adressé le 21 mai une lettre ouverte au PDG de Total –   dont Matthieu Orphelin et François-Michel Lambert – pour lui demander de renoncer à l’huile de palme. «Vous avez su faire un geste pour vos actionnaires en augmentant largement les dividendes […]. Vous seriez visionnaire en faisant à présent un geste fort pour la planète», polémiquent-ils en pointant les excellents résultats financiers du groupe. Les « premiers de cordée » ne sont pas toujours les bienvenus hors du champs des micros et caméras. 

 

Le géant de l’agrochimie Bayer a racheté Monsanto pour l’éradiquer

Apres l’avoir achetée, Bayer compte supprimer la marque très controversée Monsanto.

Une annonce faite ce lundi 4 juin dans la matinée par le groupe allemand de pharmacie et d’agrochimie.

Bayer ne donne aucune explication sur la suppression du nom Monsanto, le géant américain des OGM et des pesticides. Le groupe indiqué seulement qu’une fois l’opération de l’achat bouclée le 7 juin, Bayer demeurera le seul nom de l’entreprise. En revanche, les marques des produits vendus par Monsanto ne vont pas disparaître.

Cette suppression de la marque est peut être lié aux attaques incessantes contre Monsanto, bête noire des écologistes mais plébiscité par les agriculteurs : les produits de l’entreprise du Missouri sont utilisés partout dans le monde et son nom est souvent associé à l’utilisation de produits agricoles jugés néfastes à l’environnement et à la santé des agriculteurs et des consommateurs, comme le Roundup, lorsqu’ils sont employés sans précautions. 

Cet herbicide vient d’ailleurs d’être interdit de vente en Belgique, par précaution, en dépit de l’absence d’alternative satisfaisante. Et un débat est en cours en France sur une interdiction du glyphosate, le principe actif du Roundup. Interdire – sans substitut efficace – pourrait avoir des effets préjudiciables sur les rendements et l’approvisionnement alimentaire des populations, bien que prévisibles.

La fusion des deux géants est maintenant très critiquée

Les défenseurs de l’environnement dénoncent désormais la position dominante qu’aura Bayer sur ce secteur d’activité.

Les autorités de la concurrence aux Etats-Unis et en Europe ont donné leur feu vert, en imposant à Bayer de céder quelques activités. L’achat du groupe américain est jugé la plus grosse acquisition de l’histoire allemande à l’étranger.

On ne jette pas ses lingettes dans les toilettes

Pas plus que dans la nature : alors, faut-il les interdire ?

Les lingettes ne sont pas aussi biodégradables que dans la pub

C’est un produit tellement utile et pratique au quotidien qu’il peut paraître indispensable : multi-usages, il permet de nettoyer les surfaces, se démaquiller ou encore faire la toilette des bébés.

Pourtant, c’est une catastrophe pour l’environnement. Le groupe allemand KSB, qui assure notamment le pompage des eaux usées au Mont-Saint-Michel ou à la Philharmonie de Paris, tire la sonnette d’alarme. «Ce sont des lingettes qui sont vendues comme jetables dans les sanitaires, explique une responsable de l’entreprise. Elles sont présentées par les fabricants comme biodégradables au contact de l’eau, mais ce n’est pas du tout le cas Ainsi, les lingettes jetées dans la cuvette des toilettes se retrouvent dans les stations d’épuration de l’eau et créent un «encombrement».
«Ces stations sont conçues pour recevoir des matières organiques et pas des matières textiles», abonde Catherine Rolin de l’association France nature environnement.
Conséquence : un surplus de travail pour les employés de manutention et de maintenance dans ces stations, qui se répercute sur la facture d’eau des consommateurs.

Les lingettes sont chargées en produits chimiques

Plus grave encore est l’impact sur l’environnement. «Ces lingettes contiennent des produits chimiques qui se répandent dans les eaux propres ou usées», ajoute Catherine Rolin. Et même lorsque ces lingettes ne sont pas jetées dans les sanitaires mais à la poubelle (la majorité des cas), «comme il n’y a pas de filière de tri pour ces produits, ça va dans les ordures ménagères. Soit ils sont incinérés, soit ils vont au stockage donc à la décharge, soit on les utilise pour le compost, et donc les produits chimiques vont se répandre dans les champs et dans les sols». D’après l’organisation internationale WWF, les lingettes domestiques génèrent dans le monde 23 kilos de déchets par an et par personne, contre 1,2 kilo pour les nettoyants traditionnels, soit vingt fois plus. Elles seraient par ailleurs seize fois plus chères.

Microfibres et vinaigre blanc

Pour «mieux pouvoir contrôler l’impact de ces lingettes», France nature environnement a appelé en 2014 le gouvernement à intégrer les «textiles sanitaires», dont elles font partie, aux filières à responsabilité élargie du producteur (REP). Il s’agit d’un dispositif qui existe dans la loi française depuis 1975 et renvoie au producteur la responsabilité, y compris financière, de la gestion des déchets finaux.

Les piles ou encore les pneumatiques en font partie.

A ce jour, l’association n’est pas parvenue à étendre les filières REP aux lingettes. A l’échelle européenne, la Commission envisage toutefois de s’y atteler dans un projet de directive présenté lundi.

En attendant, des alternatives plus écologiques existent et sont connues depuis longtemps, notamment pour l’entretien ménager. «Ces lingettes jetables ne sont pas si vieilles que ça, avant on s’en passait, souligne Catherine Rolin. Dans les années après-guerre, le culte du marketing et de la consommation a changé nos habitudes, dans le mauvais sens. Il y a plein de choses que nos grands-mères utilisaient et que nos mères ont délaissées pour choisir des produits plus « modernes ».»
Ainsi, un chiffon en microfibres de bonne qualité couplé avec de l’eau, du vinaigre ou du bicarbonate de soude peut se révéler très efficace pour nettoyer les surfaces de sa cuisine.

Sensibiliser les usagers ne suffit pas. Encore faut-il contraindre les producteurs à retirer les produits qui ne respectent pas l’environnement.

VOIR et ENTENDRE la VIDEO d’Emmanuel Macron dans ses oeuvres : LIEN

Cantines scolaires – Greenpeace renonce à militer pour la viande pour tous : la santé est-elle sa motivation première ?

Greenpeace accuse les cantines scolaires de servir trop de viande

blog -regime vegetarienL’organisation supranationale dénonce des repas trop riches en protéines animales…L’ONG Greenpeace s’est penchée sur les consignes de l’Etat concernant le contenu des assiettes à l’école. Résultat, un apport en protéines de 2 à 4 fois supérieur aux recommandations des nutritionnistes, observe-t-elle.

Finies les revendications pour une alimentation non carencée pour tous ? Il y a quelques années, le repas de midi à la cantine était présenté comme le seul de la journée servi à certains enfants exposés à la malnutrition. Tous les enfants devaient avoir droit à une alimentation riche et équilibrée, mais la priorité est désormais environnementale… 

Nos enfants souffriraient désormais d’apports en protéines démesurés

Greenpeace estime que l’Etat exagère les quantités de protéines animales servies aux enfants à la cantine. Ce n’est bon ni pour la santé, ni pour l’environnement, assure l’ONG qui a passé en revue les recommandations du Groupe d’étude des marchés restauration collective et nutrition (GEM-RCN : guide pratique concernant la qualité nutritionnelle des repas servis en restauration collective sociale) qui dépend du ministère de l’Economie. Cet organisme gère les achats publics de la restauration collective.
Selon l’organisation supra-nationale (et illégitime), le GEM-RCN recommanderait des « apports en protéines démesurés en comparaison des recommandations édictées par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).« 

La dernière lubie écologiste en date : un repas végétarien par semaine

Résultat de recherche d'images pour "élevage émissions de gaz à effet de serre"Un repas comporte de la viande, des légumes, des pâtes, un laitage et un peu de pain. « On arrive à un apport de protéines entre deux et quatre fois supérieur aux recommandations des nutritionnistes, » s’alarme Laure Ducos, chargée de mission agriculture chez Greenpeace.

En outre, l’étude ne tient compte que du repas de midi. « Il faut compter 30 g par jour de viande, poisson ou œuf à 3 ans {référence d’âge la plus basse]; 70 g à 7 ans pour arriver à 100 g à 10 ans, » rappelle la nutritionniste Laurence Plumey. Peu de danger d’un oubli : les correspondances sautent aux yeux (3 ans = 30 gr et 10 ans = 100 gr !), ce qui apparaît comme des normes plus médiatiques et schématiques que scientifiques…

La médecin nutritionniste à l’hôpital Necker salue d’autant plus volontiers l’initiative du ministre de l’Ecologie, Nicolas Hulot, de proposer un repas végétarien par semaine dans les cantines scolaires, qu’elle lui a elle-même suggéré cette idée… Ce docteur prêche en réalité les poncifs éternels, occultant des alternatives alimentaires saines (le végétarisme, par exemple), ou le b-a-ba des habitudes simples (complet plutôt que raffiné, entier plutôt qu’en jus, etc.) et nous mitraille avec de risques mortels : blog -lait a ecole 1854.JPGla viande est mauvaise pour nos artères, mais le poisson est également dangereux, car pollué par des métaux lourds, ainsi que les fruits et légumes qui seraient immangeables, car « bourrés de pesticides ». Le lait est tout aussi méchant car il donnerait de l’arthrose. En 1954 (ci-contre), l’intouchable Pierre Mendès-France croyait bien faire en faisant distribuer un verre de lait dans les écoles pour lutter contre la dénutrition, les carences en calcium et l’alcoolisme au sortir de la guerre, mais il a en fait contribué à la construction d’une génération de  rhumatisants.

Réduire la consommation de viande, mais pour des raisons environnementales et agricoles, en vérité 

Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture souhaite inscrire dans la loi l’objectif de 50 % de produits bio et locaux dans la restauration collective d’ici à 2022. Certaines villes françaises ont d’ailleurs pris les devants. Saint-Etienne (Loire) et Mouans-Sartoux (Alpes-Maritimes) servent ainsi des repas 100 % bio et locaux.

Greenpeace rappelle que l’élevage produit 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre (et la déforestation) sur la planète. En 2015, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait classé la charcuterie industrielle « cancérogène », et les viandes rouges « probablement cancérogènes, » pour inciter les gens à  « réduire la consommation de ces produits ».

Notre-Dame-des-Landes : un extrémiste amputé de la main droite, suite à son affrontement avec des gendarmes

L’activiste nie s’être blessé en ramassant une grenade

Les fourgons de CRS déployés sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, le 18 mai. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)Un homme a été blessé grièvement en ramassant une grenade dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), a indiqué la procureure de la République de Saint-Nazaire, Sylvie Canovas, mardi 22 mai. L’incident s’est déroulé vers midi au cours de heurts avec des gendarmes, en marge des travaux de déblaiement de squats détruits.

150717691Une cinquantaine d’opposants s’en sont pris aux gendarmes mobiles qui sécurisaient les travaux de déblaiement de squats, lançant de pierres et des cocktails molotovs, selon les premiers éléments de l’enquête. Pour « défendre leur intégrité physique » et disperser les opposants, les gendarmes mobiles ont répliqué aux jets de cockails molotov en utilisant des grenades lacrymogènes de type F4, « une munition à triple effet lacrymogène, sonore et de souffle« , a précisé le ministre de l’Intérieur , Gérard Collomb.

Son pronostic vital n’est pas engagé

« Selon les premiers éléments, un des opposants aurait tenté de ramasser une grenade tombée au sol en vue de la relancer sur les gendarmes. C’est alors que cette grenade a explosé, blessant gravement à la main un individu âgé d’une vingtaine d’années« , indique le communiqué du ministère de l’Intérieur qui précise que le blessé « a été immédiatement secouru par les gendarmes mobiles » et évacué vers le CHU de Nantes.

« Au regard des blessures occasionnées, il a été amputé de la main droite et demeure hospitalisé. Ses jours ne sont pas en danger », écrit le procureur de la Cour d’appel de Rennes. Selon des sources proches du dossier, le blessé a également été touché à l’abdomen. Deux opposants ont été interpellés.

Le procureur de la République de Saint-Nazaire a ouvert une enquête de flagrance confiée à la section de recherches d’Angers. De son côté, l’inspection générale de la gendarmerie nationale a été saisie, afin de préciser les circonstances exactes dans lesquelles les militaires de la gendarmerie nationale sont intervenus.

Les zadistes contredisent la version des autorités

Dans un communiqué, les squatteurs de la ZAD racontent que le jeune homme « ramassait des affaires, alors qu’une trentaine de personnes criaient leur dégoût aux gendarmes« . Selon eux, « il ne se passait rien de significatif à cet instant », « bien que quelques cailloux aient pu être lancés auparavant ».

Ils affirment que, soudainement, « une pluie de grenades s’est abattue sur le groupe qui s’est enfui en courant ». Et d’insister : « Il n’est pas possible que leur camarade ait ramassé une grenade alors qu’elle courait dos aux gendarmes ». D’après eux, « il est bien plus probable que la grenade se soit coincée dans ses vêtements ou qu’il soit tombé dessus »…

Qualité de l’air : Macron n’est pas en position de faire la leçon à Trump

Bruxelles renvoie 6 pays – dont la France et l’Allemagne – devant la justice

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Vert = bon; jaune = modéré; ocre = à risques

Alors que la Suisse est sacrée meilleur pays du monde en 2018, la France est 9e derrière les Etats-Unis et la Commission européenne a décidé jeudi de renvoyer six Etats membres, dont la France et l’Allemagne, devant la Cour de justice de l’UE pour avoir manqué à leurs obligations en matière de qualité de l’air.

Bruxelles sanctionne ainsi les manquements répétés de la France, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie, de la Hongrie et de la Roumanie pour dépassement des valeurs limites de qualité de l’air fixées et manquement à l’obligation de prendre des mesures appropriées pour écourter le plus possible les périodes de dépassement”. 
Neuf pays au total étaient sous la menace d’être renvoyés devant la justice européenne. L’Espagne, la Slovaquie et la République tchèque ont échappé à la punition.

Résultat de recherche d'images pour "Macron Trump pollution"L’Allemagne, la France et le Royaume-Uni sont sanctionnées pour le non-respect des valeurs fixées pour le dioxyde d’azote issu des pots d’échappement, principalement dans les agglomérations

La Hongrie, l’Italie et la Roumanie sont mises en cause pour la concentration élevée et persistante de particules (PM10), ces matières (poussière, fumée, suie, pollen) présentes naturellement dans l’air mais dont la concentration est aggravée par la pollution.

Bruxelles avait accordé une “dernière chance” aux neuf Etats membres considérés comme les mauvais élèves de l’UE 

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Environmental Performance Index selon l’Université de Yale

Selon l’Agence européenne de l’environnement, la pollution aux particules fines est responsable de près de 400.000 décès prématurés par an, dont 66.000 en Allemagne, 60.000 en Italie et 35.000 en France.
Pour le NO2, dioxyde d’azote produit par les moteurs à combustion interne et les centrales …thermiques, les morts prématurées sont estimées à 75.000 par an en Europe, dont 14.000 au Royaume-Uni, 12.800 en Allemagne et 9.300 en France.

Résultat de recherche d'images pour "Macron  pollution"La décision avait été annoncée dans un premier temps pour la mi-mars, mais la Commission aura finalement pris le temps de la réflexion. Elle avait accordé une “dernière chance” aux neuf États membres considérés comme les mauvais élèves de l’UE, dont les cinq premières économies de l’Union. Le Bureau européen de l’environnement (BEE), une ONG basée à Bruxelles, les avait surnommé le “bloc toxique”.

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L’exécutif européen exigeait d’eux “des mesures additionnelles crédibles, opportunes et efficaces”. Les neuf pays ciblés ont dû présenter un plan d’action. “Trop peu, trop tard”, selon l’avis du BEE. 
Le ministre français Nicolas Hulot avait estimé que la plan d’action présenté par Paris pour les 14 zones les plus polluées de France était “à la hauteur des enjeux”.

Ce n’est pas la première fois que la Commission prend ce type de décision. Deux États membres ont déjà été reconnus coupables d’avoir manqué à leurs obligations pour les émissions de particules fines: la Bulgarie et la Pologne. Toutefois, à ce stade, aucune sanction financière n’a été prise à leur encontre.

NDDL : le gouvernement n’en a pas fini avec les expulsions de zadistes

Des gendarmes à nouveau mobilisés pour une deuxième opération d’expulsions de squatteurs

Les gendarmes mobiles visent les zadistes qui n’ont pas déposé de dossier de régularisation.

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Squat de la Wardine

Une deuxième opération d’évacuation est en cours, jeudi 17 mai, dans la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Une dizaine de « squats », lieux d’occupation illégaux par des activistes officiellement écologistes, mais plus sûrement anarchistes, sont concernés par l’arrivée des gendarmes. Des tirs de grenades lacrymogènes ont été entendus près de la forêt de Rohane et un hélicoptère et un drone survolaient la zone. Plusieurs barricades ont été érigées sur la départementale 81, dont une était en feu.


ddzaq_zwkaa0-wkLe général Richard Lizurey, directeur général de la Gendarmerie nationale, est sur place. Il a eu un échange avec les zadistes auxquels il a communiqué la liste des « squats » qui vont être évacués, « de manière à ce qu’il n’y ait pas de surprise« , a-t-il fait savoir à la presse chargée de diffuser les précautions prises par les militaires. Le général a précisé que 19 escadrons de gendarmerie, dont deux en réserve, sont présents sur le secteur, soit 1.500 à 1.700 militaires. Selon la Gendarmerie, il n’y aurait pourtant eu ce matin que 80 zadistes. Contre 700 au plus fort lors de la première opération.

Expulsions au faciès

« Nous prévenons les personnes en cours de régularisation qu’elles ne sont pas concernées par la manœuvre », a-t-il précisé. Ne sont pas concernés ceux dont le dossier a été accepté et ceux dont le dossier est en cours d’instruction ». 

 

 

Parmi les lieux d’occupation ciblés, le général Lizurey a notamment montré sur une carte les sites du « Chat Teigne », « Plui Plui », « la Vosgerie » et « la Lande de Rohane », tous situés à l’ouest de la D81.

ddy6bnjx4aexc9q« On est là pour expulser les gens qui n’ont pas déposé de dossier et qui manifestement ne souhaitent pas régulariser leur situation (…) , a-t-il dit. « L’objectif pour nous c’est que les choses se passent bien », a insisté l’officier – un général 5 étoiles ! –  qui avait eu auparavant un échange avec une militante anti-aéroport d’une soixantaine d’années devant la Rolandière.

Selon la gendarmerie, quatre à cinq lieux de vie sont visés jeudi matin et une dizaine au total durant l’opération qui « va durer quelques jours, mais sera allégée pour le week-end », selon cette source. Une première série d’évacuations sur le site initialement prévu pour un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, auquel le gouvernement avait annoncé renoncer en janvier, avait été lancée le 9 avril dernier. 

Les opérations de déblaiement ont commencé.

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#Zad #NDDL La cabane de la Vogerie, dans la forêt de Rohanne, vit ses dernières heures pic.twitter.com/4oFol9r2Lh

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »><a href= »https://twitter.com/hashtag/Zad?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#Zad</a&gt; <a href= »https://twitter.com/hashtag/NDDL?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#NDDL</a&gt; Opération déblaiement et remblaiement <a href= »https://t.co/rPGTeN7dZO »>pic.twitter.com/rPGTeN7dZO</a></p>&mdash; JFMartin (@JFrancoisMartin) <a href= »https://twitter.com/JFrancoisMartin/status/997016113606266881?ref_src=twsrc%5Etfw »>17 mai 2018</a></blockquote>
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Dépitée, Duflot se tourne vers Mélenchon

Europe écologie-les Verts suivra-t-il comme un seul homme?

L’extrême gauche est en cours de restructuration

Duflot, verte morose

Duflot se révèle plus rouge que verte…

La victoire de Syriza en Grèce donne des ailes à la gauche extrême en France. Au point d’aller vers une alliance entre le Parti de gauche et les écologistes radicaux ?
Au lendemain de la victoire d’Alexis Tsipras et de Syriza, son parti d’extrême gauche, aux élections législatives grecques, le PS affecte la satisfaction, bien que le Pasok (son homologue socialiste grec) l’ait laminé – il ne recueille que… 5% – la gauche anti-républicaine affiche sa jubilation en France. « Une très bonne nouvelle », a salué le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, lundi au micro d’Europe 1.

Mais Syriza pourrait-il faire des émules dans l’Hexagone ? Et s’allier Debout la France (DLF), comme le parti « Grecs indépendants« , souverainiste et anti-immigration, allié de circonstance de Syriza ? Et dans ce cas, qui sera le Tsipras français ? Dupont-Aignan ?…
Jean-Luc Mélenchon, qui rêve d’une grande coalition de gauche alternative au PS, s’y voit déjà. Quant à l’écologiste Cécile Duflot, elle se dit prête à le rejoindre, en vue de l’élection présidentielle de 2017.
Mais est-elle capable d’entraîner derrière elle la majorité des membres d’EELV ?

La gauche se tsiprasera-t-elle ?

« Envisager une candidature commune » en 2017.
Les appels du pied sont venus de Mélenchon. « Je veux que nous gouvernions ce pays pour refonder l’Europe. J’ai toujours voulu gouverner. Ça, je l’ai en commun avec Cécile Duflot : nous ne sommes pas de cette vieille gauche purement protestataire« , a confié l’eurodéputé au Journal du dimanche. « En 2017, on peut envisager une candidature commune de ce nouvel espace ».

Qu’en pense Cécile Duflot, qui avait participé lundi dernier à Paris à un meeting de soutien à Syriza, au côté de Mélenchon, du Parti communiste et de certains élus de la gauche du PS ? En novembre, l’ancienne ministre s’était trouvé « les épaules » pour être candidate à l’élection présidentielle. Son bilan au logement dans le gouvernement Ayrault ne plaide pourtant pas en sa faveur… Abattue, la députée EELV serait prête à se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon.
« L’effet Duflot ». En coulisses, Cécile Duflot ironise : « Est-ce que vous avez vu l’effet Duflot ? Jean-Luc a arrêté d’insulter Hollande ». L’alliance reste dans les cartons. En ressortira-t-elle lors des premiers résultats des élections départementales de mars ?

Elysée: pas un pot, pas un euro offert à l’imprimerie saccagée lors de l’attentat djihadiste

L’Elysée emploie encore bizarrement l’argent public

Une collecte de fonds pour aider l’imprimerie à se remettre sur pied

Depuis quand l’Etat n’a-t-il plus de « caisse noire »
pour venir en aide à ses sinistrés ?

«La France a fait face», estima, mais un peu vite, Hollande.
Très endommagée, suite à la prise d’otages dont elle a été à son corps défendant le théâtre, l’imprimerie de Dammartin-en-Goële en région parisienne rencontre les plus grandes difficultés à reprendre ses activités et l’entreprise est menacée de dépôt de bilan. 

L’assurance ne prend pas en charge les dégâts occasionnés lors de l’assaut déclenché par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, contre les frères Kouachi, alors la ville et les entreprises voisines organisent des collectes de fonds pour sauver l’imprimerie et pallier la défection de l’Etat.

L’exécutif gère les ministères de la parole et de de la communication

«Nous sommes face à un défi terroriste sans précédent », clamait Manuel Valls sur TF1. « Je n’ai cessé de le dire depuis deux ans et demi, clama-t-il alors. Mais qu’a fait le Premier ministre pour accorder la parole et le geste? Et d’ajouter, très en verve : nous avons un «devoir de vérité aux victimes et aux familles. Il y aura un avant et un après». Or, nous y sommes…

Les invités de Hollande à l’Elysée

Tandis que l’imprimeur et ses employés se débattent avec les difficultés et attendent de l’aide, Hollande leur propose des cacahuètes au Château, peanuts !« Les locaux ont été en partie endommagés » lors de l’assaut et certaines machines sont « hors d’usage », précise Jean-Pierre Mateo, premier adjoint au maire de cette commune de Seine-et-Marne. Quant au patron de l’entreprise, Michel Catalano, il « a été atteint moralement et dans son outil de production. Il faut aider les salariés à retrouver leur outil de travail le plus vite possible« , ajoute l’élu qui se félicite de « l’élan de générosité » manifesté à l’occasion de la collecte. Mise en ligne sur le site de cagnotte en ligne leetchi.com, cette collecte affichait dimanche midi quelque 37.000 euros de dons, pour 954 participants.

Outre l’appel aux dons en ligne, deux urnes ont été mises en place dans la mairie. La municipalité a par ailleurs décidé de rebaptiser la rue de l’imprimerie « rue du 9-janvier-2015 », date de l’assaut contre les frères Kouachi.

De l’Elysée, aucun signe d’empathie n’est parvenu à Dammartin. Et le ministricule de l’Intérieur, quoique grandi par les actions du RAID et du GIGN, n’envisage pas un instant de dédommager l’imprimerie. Si la caisse noire de l’Etat ne sert pas à indemniser les citoyens, où fonds les fonds spéciaux?

Hollande régale aux frais de la princesse Marianne

Joey Starr, de profil, au second rang à gauche du président Hollande sur la photo

Depuis qu’il est célibataire, François Hollande répugne à dîner seul, face à lui-même. Pour occuper ses soirées et tromper la solitude, le chef de l’Etat multiplie les invitations.
C’est ainsi qu’il a convié une dizaine de députés socialistes au Château à la mi-décembre 2014, brisant ainsi une fois de plus sa promesse de ne pas inviter de parlementaires de la majorité au Château. Ont entre autres accouru à la soupe populaire, Razzie Hammadi, député de Seine-Saint-Denis, Sébastien Denaja, député de l’Hérault, Olivier Véran, député en Isère, et un autre Isérois, Erwan Binet parlementaire venu de Vienne, mais aucun frondeur… « C’est une autre voix qu’il a besoin d’entendre », explique Luc Bélot un néo-député qui n’est pas à une contre-vérité près.

Le rappeur Joey Starr, à 47 ans (ci-dessus) et en dépit de son lourd passif judiciaire (décembre 2014).

"Les Rendez-vous d'après minuit", film culturel d'Eric Cantona: la scène ne se passe pas à l'Elysée...
« Les Rendez-vous d’après minuit », film culturel d’Eric Cantona: la scène ne se passe pas à l’Elysée…

Le footballeur «King size» Eric Cantona

Le footballeur E. Cantona, habillé à l'Elysée
Le footballeur E. Cantona, habillé à l’Elysée

La « gauche molle » a également fait venir Monsieur Muscle, Arnold Schwarzenegger
La presse a souligné que l’Américain est une ex-gloire du cinéma, mais a évité d’indiquer que le locataire de l’Elysée l’a utilisé à sa gloire.

blog -Schwarzenegger et Hollande-perron Elysee-2014Peu lui chaut le réchauffement climatique à Hollande, mais le sujet tient particulièrement à coeur à l’ancien gouverneur – Républicain ! -de Californie, puisqu’il est le fondateur et vice-président du réseau des régions pour le climat « R20 » et la France a été choisie du temps de Nicolas Sarkozy pour accueillir le Sommet mondial du Climat fin 2015.
C’était avant les attentats d’islamistes de France il y a une quinzaine de jours…

Le groupe EELV se déchire à l’Assemblée nationale

La crise entre écologistes éclate au grand jour

Les terroristes ne sont pas tous musulmans et les ayatollahs d’EELV le prouvent.

Waterloo de Cécile Duflot, au banc des accusés à l'Assemblée nationale
Waterloo de Cécile Duflot, au banc des accusés à l’Assemblée nationale

Les tomates bio des écologistes volaient bas jeudi 23 janvier à l’Assemblée nationale. Réuni en « séminaire » (sic) toute la matinée, le groupe de députés EELV a échangé des mots extrêmement durs sur la position à tenir lors du vote de la loi Macron. Une partie des députés reproche son totalitarisme à Cécile Duflot qui met la pression pour que l’ensemble du groupe s’oppose à la loi du ministre de l’Économie. « Ça a beaucoup crié et chacun a vidé son sac« , raconte un participant anonyme. Plusieurs d’entre eux reprochent tout haut à l’ancienne ministre d’avoir des arrières-pensées. Sa cible ne serait pas Emmanuel Macron, mais Manuel Valls.
L’objectif des écologistes rouges d’un accord électoral avec le Front de gauche,
alliance des communistes et des partisans de Jean-Luc Mélenchon, rencontre l’opposition des écologistes roses, partisans d’une entente avec le PS, et plus si affinités.

Le groupe Europe écologie-les Verts écartelé entre le gouvernement et Cécile Duflot

EELV est fracturé en deux. D’un côté, les pro-Valls, en quête de maroquin et de l’autre côté, les partisans de Cécile Duflot, allergiques à la politique socio-libérale du Premier ministre du président socialiste.

Au cours de cet attentat terroriste, certains islamistes verts auraient réclamé un vote pour changer les présidents de groupe François de Rugy et Barbara Pompili, jugés trop préoccupés de leur carrière gouvernementale,mais rien ne devrait bouger. Les écologistes ont aujourd’hui 17 députés. Il en faut 15 pour faire un groupe. Si trois d’entre eux font sécession, l’écologie ne sera plus représentée à l’Assemblée nationale.

Davos: Hollande décolle dans les sondages, mais la neige le bloque au sol

Hollande commande aux media, mais non à la météo

La neige à Davos contraint Hollande à décaler son discours sur… le climat

Le grand sorcier français fait tomber la neige sur la station de Davos !

Le président socialiste français aurait pu faire bonne figure au sommet de Davos. Les attentats islamistes de Paris ont en effet jeté un coup de projecteur sur sa personne et il croyait bien rester dans la lumière au sommet des pays riches en Suisse. Mais, les riches que, dans sa campagne de la présidentielle de 2012, il disait ne pas aimer, lui ont répondu, ce 23 janvier 2015, qu’ils ne l’aiment pas non plus.

Le chef de l’Etat est encore arrivé en retard. Il avait prévu de se rendre à Davos par hélicoptère, mais la neige s’est abattue sur la région des Grisons et le bras cassé a dû se résoudre à rejoindre la station suisse en voiture, après tous ses confrères.

Une certaine presse se plaît à rappeler qu’en 2005, Jacques Chirac avait connu une mésaventure semblable, puisqu’une tempête de neige à Paris l’avait obligé à intervenir par visio-conférence. Mais à la différence de son aîné, le socialiste voit enfler son contentieux avec le ciel. La foudre avait salué son accession surprise au pouvoir en foudroyant l’avion de Flamby en plein vol vers Berlin, le contraignant à revenir sur Paris. Pour son investiture, le micro-climat avait pourri son apparition sur les Champs-Elysées. Et en août 2014, pour le 70ème anniversaire de la Libération, sur l’île de Sein dans le Finistère, le capitaine de pédalo avait pris l’eau, alors que coulait le gouvernement Ayrault.

Il a encore fallu que ce soit lui qui peine à trouver le chemin de la Suisse et fasse attendre l’ensemble des délégations. La rencontre de François Hollande avec le président égyptien a été annulée et son discours prévu à 11h30 a été reporté en début d’après-midi, à 14h15. Ironie de l’histoire, le Président devait prononcer une allocution axée sur le climat…

 

La conférence climat au centre de son discours

Hollande ne passe pas pour motivé par les questions environnementales au centre des préoccupations de ce 45e Forum de Davos, mais le chef de l’Etat ne pouvait le zapper alors qu’il voudrait pouvoir se prévaloir de résultats de la conférence mondiale hébergée par la France fin 2015 dont il avoue attendre un accord « ambitieux, universel et contraignant« .

Or, les géants de l’économie mondiale rassemblés dans la très sélecte station de sports d’hiver helvétique sont d’ores et déjà doublement concernés par des avancées: ils ne sauraient « prospérer dans un monde déchiré » et ont tout intérêt à concourir au développement durable, porteur d' »opportunités technologiques » et de croissance économique. D’autant que cinq ans après l’échec cuisant de la conférence de Copenhague, les grandes entreprises des pays industrialisés ou émergents n’ guère d’autre choix que de se « mobiliser » en faveur d’un accord à Paris. « Mon message sera de dire que la responsabilité est globale à l’égard des menaces terroriste et climatique« , a confié le président français cette semaine à des visiteurs.

Hollande ne peut mépriser la finance, son ennemi désigné de 2012

Le président socialiste avait dédaigné les éditions 2013 et 2014, mais l’état des finances de la France vaut bien une messe et il s’est donc résolu à faire le déplacement en Suisse en 2015 car il a désormais grand besoin de la finance. Il doit en effet convaincre les investisseurs du monde entier d’abonder le fonds vert de l’ONU contre le réchauffement climatique. Censé atteindre 100 milliards de dollars, il est pour l’heure bloqué à une dizaine de milliards. D’où l’appel du chef de l’Etat à des « financements innovants et d’entreprises ». « La finance ne peut pas se mettre de côté, elle sera sollicitée« , a-t-il commenté en privé.

C’est un renoncement à ses promesses de campagne. Parmi les détracteurs de sa politique, Florian Philippot, vice-président du FN, n’a pas manqué de dénoncer un double discours, rappelant que pendant la présidentielle, lors de son discours au Bourget, François Hollande avait désigné la finance comme son ennemi. Tel Henri IV du Saint-Empire, le pénitent François Hollande se rend à Canossa, cédant sur ses engagements de campagne et s’humiliant devant les banques, les riches.

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