« Les grévistes à la SNCF sont-ils payés à l’heure ? »

Vrai ou faux ? 

blog -argent noir des syndicats-coverCertains ont pu entendre un syndicaliste de la SNCF déclarer que les grévistes sont payés 7 euros de l’heure C’était dans l’émission ‘Bourdin Direct’, sur RMC-BFMTV, lors du passage du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, le 5 avril

VOIR et ENTENDRE le passage évoqué (à 19’41 »), dans la vidéo : lien

En fait, tous les grévistes de la SNCF ne sont pas « payés ».

Résultat de recherche d'images pour "caisse nationale d'action syndicale"Seuls les adhérents CFDT cheminots sont « indemnisés par une caisse de grève propre à la Confédération, dénommée caisse nationale d’action syndicale (CNAS). Cette caisse, créée en 1974, atteint aujourd’hui 125 millions d’euros.

Au micro, Laurent Berger explique ainsi son mécanisme : « Une partie de la cotisation mensuelle [des adhérents] va alimenter cette caisse, pour que au minimum tous nos adhérents soient couverts pour dix jours de grève« .
Et Bourdin de préciser: « ils touchent 7,30 euros de l’heure… ». Berger: « Oui. Ce n’est évidemment pas au niveau de leur salaire, mais c’est pour compenser leur action. [Et] je suis très fier que le système interne de solidarité au sein de la CFDT fonctionne. C’est une politique d’action syndicale. Ça permet de compenser les jours de grève, mais aussi de mener des actions en direction des travailleurs pour ouvrir dans tel ou tel lieu des permanences, ou [mener] toute autre action de proximité« .

En 2017, 685 adhérents de la CFDT ont ainsi été indemnisés, pour un montant total de 130.218 euros.

Force ouvrière possède également un fonds confédéral pour indemniser ses adhérents en grève, tandis que le syndicat révolutionnaire et anarcho-syndicaliste, la CNT privilégie des caisses locales.

Et la CGT ou Solidaires (Sud-rail) ?

Manifestation politique : Mélenchon va-t-il réussir à rassembler, samedi 26 mai ?

Mélenchon va-t-il réussir à rassembler une « marée populaire » samedi ?

Jean-Luc Mélenchon, ici manifestant à Marseille mi-avril, remet ça samedi.

Une soixantaine d’organisations est appelée à manifester son opposition à la politique sociale d’Emmanuel Macron.

Alors que la contestation joue la durée et l’usure, tout se jouera sur le nombre de participants : une démonstration de force ferait taire ceux qui clament que la mobilisation s’essouffle ou n’a jamais eu une chance.

Mélenchon met en jeu son statut de « principal opposant » à Macron

Tout l’enjeu est là : combien de personnes défileront samedi dans plusieurs villes de France à l’appel de plus de 60 organisations, syndicats et partis de la gauche de la gauche mêlés ? Après l’échec des mobilisations de l’automne contre la réforme du Code du travail et celles des cheminots et des fonctionnaires, les opposants à la politique d’Emmanuel Macron tentent une nouvelle fois d’inverser le rapport de force le 26 mai.

Jean-Luc Mélenchon veut croire que c’est une « marée populaire » qui va descendre dans la rue, notamment à Paris, entre la gare de l’Est et la place de la Bastille. Le député de La France insoumise Alexis Corbière a même salué sur Public Sénat une « montée en puissance » de la mobilisation, fait « nouveau », selon lui.

En soi, le rendez-vous est déjà une réussite pour la gauche radicale : 60 syndicats, associations ou partis qui s’unissent le temps d’une manifestation, ce n’est pas concevable. « C’est pas vrai de dire que ça ne s’est jamais passé dans l’Histoire, mais c’est un petit événement« , s’est félicité le révolutionnaire trotskiste Olivier Besancenot, l’homme aux deux casquettes anti-républicaines NPA et SUD (Solidaires) sur RTL. « Quand d’un côté vous avez la politique qui (…) consiste à donner aux plus riches parmi les plus riches et qu’au reste de la population vous demandez de se serrer la ceinture, ça agace, ça énerve et de fait ça crée une convergence« , a-t-il estimé. Dans ce contexte, « les mobilisations, elles sont encore devant nous, pas derrière ».

Mélenchon veut un « Front populaire »

Réussite dérangeante, la CGT, syndicat  aux abois, a accepté de défiler avec un parti politique, la France insoumise, ce qu’elle refusait de faire jusqu’alors. Un petit succès qui fait que Jean-Luc Mélenchon évite de tirer la couverture à lui.

Une première depuis des décennies, mais qui vaut à ses alliés syndicalistes d’être accusés de franchissement de la ligne blanche qui sépare le syndical et le politique. Un Rubicon.

Présenté comme premier opposant à Emmanuel Macron, selon la presse et selon un sondage commercial Ifop pour le JDD, qui arrange Macron, le député des Bouches-du-Rhône prétend la jouer collectif. Ainsi, il défilera sur le Vieux-Port, à Marseille dont il vise la mairie, et non pas à Paris : autre démonstration qu’il joue sa carte personnelle, la dernière de sa carrière.

Dans sa « Revue de la semaine » diffusée sur YouTube, il a récusé la « caricature » selon laquelle le vieux routier de la politique ne pense plus qu’à sauver une carrière personnelle tapageuse émaillée d’erreurs et d’échecs. « Je n’ai jamais dit que je ne voulais m’entendre avec personne, ni que les membres de la France insoumise ne veulent s’entendre avec personne, c’est le contraire, ils passent leur temps à s’entendre avec tout le monde« , a-t-il raconté. Mais il a tout dit et son contraire…

Sur son blog, mardi, le leader insoumis estime que « le décloisonnement du social et du politique se réalise le 26 mai. Mieux, dans le respect de l’identité et des finalités d’action de chacun » ! Surtout, pour Mélenchon, samedi, c’est donc une « marée populaire », « massive » qui défilera et qui « déclenchera une onde de choc », et d’évoquer même la probable constitution d’un « Front populaire ».

Le problème, c’est que Mélenchon et les Insoumis se sont trompés plusieurs fois dans leurs prédictions sur l’ampleur des mobilisations :

  •  – Pour la « Fête à Macron », il avait salué un « immense élan populaire », avec « 160.000 participants ». Ils étaient 40.000 selon la police.
  • – En septembre, lors d’une mobilisation contre la réforme du droit du travail, la France insoumise avait comptabilisé 130.000 manifestants et Mélenchon avait noté un « succès ». Ils étaient 30.000 selon les forces de l’ordre.
  • Mélenchon avait alors espéré « un million » de personnes sur les Champs-Elysées, manifestation qui n’a jamais pu être organisée.

Pour marquer un point samedi, il faudra donc être bien plus nombreux.

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