L’armée française cherche 2 milliards désespérément

Hollande met l’armée française au rata

Retour de la « boîte de singe » aux Armées de Hollande, fameux chef de guerre au Mali

Le gouvernement cherche 2 milliards d’euros de « recettes exceptionnelles » pour assumer la politique de Hollande..
Et ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval de la Garde républicaine… Pour combler le déficit, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, propose d’externaliser la gestion des matériels militaires. La sécurité de nos soldats en mission à l’étranger, qui dépend du budget de la Défense, est donc plus que jamais en cause.

Le ministre de la Défense s’était engagé au respect de la loi de programmation militaire 2014-2019. Votée en décembre 2013, elle devait être « scrupuleusement respectée« ; du jamais-vu pour ce genre de texte. Mais Jean-Yves Le Drian aura le plus grand mal à tenir sa promesse devant le Parlement: auditionné le 1er octobre à huis clos par la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, le ministre a reconnu qu’il n’a pas assuré les « recettes exceptionnelles » attendues de la vente de fréquences ­hertziennes aux opérateurs de téléphonie.

Une austérité importante
Les Armées sont dans le rouge à hauteur de 2,1 milliards d’euros, sur les 150 milliards prévus pour l’exécution du budget sur cinq ans. Il était prévu de les porter au crédit du budget 2015 (31,4 milliards d’euros). Aujourd’hui, pour avoir  imprudemment parié  sur le développement du marché de la téléphonie, le gouvernement n’est plus assuré de disposer de ces sommes dans les prochaines années.
Ce manque de rentrées est lourd de conséquences. Lors du vote de la loi,les états-majors avaient déjà tiré le signal d’alarme, mais ni le gouvernement, ni son parlement godillot n’a pris en compte  la chute des moyens financiers de l’armée, son niveau étant alors jugé « juste suffisant ».
Il était pourtant prévisible que les interventions de l’armée française en Centrafrique, au Sahel et en Irak devaient conduire à faire au moins doubler le montant prévu (450 millions d’euros) qui a été insuffisamment budgetté pour les opérations à l’étranger en 2014.
Un gouvernement de parieurs 
Face à cette imprévoyance, le ministre a prévenu qu’il va devoir trouver d’autres recettes et le gouvernement attend des députés une « solution innovante« .
La création d’une ou plusieurs « sociétés de projet » est envisagée pour des opérations de prospection de clients de matériels militaires en location, au bénéfice du ministère de la Défense. Ces sociétés, qui seraient créées avec des capitaux privés et publics (des banques!), auraient pour mission d’assurer des profits à l’État, car elles rachèteraient aux armées des équipements déjà existants (et déjà obsolètes) ou en cours de fabrication à destination de la location: le pouvoir socialiste maintient le tabou sur les ventes d’armes, mais ne répugne plus à la « location-vente » de matériels de guerre…
Ces locations-ventes de matériels boucheraient-elles le trou du budget des Armées ?
Le gouvernement veut y croire. Et les industriels y voient un espoir de commandes. Les négligences et l’autisme du gouvernement créent des opportunités nouvelles les aident à oublier combien ils ont été vilipendés par Montebourg et Ayrault. Ils soulignent d’ailleurs que, s’il est inattendu, ce recours au partenariat public-privé pour réaliser certains projets étatiques n’est pas nouveau : il est à l’origine, par exemple, de la construction par le groupe Bouygues, décidée sous la présidence de Nicolas Sarkozy et en voie d’achèvement, d’un vaste QG pour le ministère de la Défense et les états-majors, place Balard à Paris (15e arrondissement). La Défense à Balard sera « un modèle pour la maîtrise de la dépense publique et la modernisation des équipements« , a assuré Jean-Yves Le Drian lors d’une visite du chantier. Il s’est toutefois abstenu de s’en attribuer le mérite…
La proposition ministérielle, qui aurait obtenu le feu vert de l’Élysée et pourrait être appliquée en urgence dès 2015, provoque en revanche des craintes parmi les parlementaires, y compris de droite. Jean-François Lamour, député UMP de Paris, qui est devenu le « monsieur Défense » du premier parti d’opposition à l’Assemblée, n’est « pas hostile par principe » aux sociétés de projet. Mais il a la sagesse de demander aux bras cassés du gouvernement « des garanties pour que l’endettement de l’État ne soit pas aggravé lors de la constitution de ces sociétés et pour que l’indépendance nationale ne soit pas remise en cause dans le domaine sensible des matériels à vocation militaire ».
Pour l’heure, alors que l’abondance des crédits de l’Education nationale reste un tabou controversé, nos troupes engagées par Hollande sur des théâtres d’opérations  internationales de prestige, sont plus que jamais exposées.