Les villes portuaires à gauche, portes ouvertes aux migrants méditerranéens

Les 629 migrants de l’«Aquarius» vont être conduits en Espagne

19260334_1969061346700180_2671281506149445672_nA peine le premier ministre Mariano Rajoy a-t-il été renversé le 2 juin que, le 11, le socialiste Pedro Sánchez (50,3% des voix socialistes) invite plus de 600 migrants en Espagne où la plupart ne resteront pas.

Les 629 clandestins de l’«Aquarius» étaient bloqués en mer, dans l’attente d’un port d’accueil… Parmi eux, sept femmes enceintes : pour le droit du sol ? Le sort des migrants de l’Aquarius est donc enfin fixé.  Avant de choisir leur destination finale, quelque part en Union Européenne, ils vont être transbordés sur des navires italiens pour être conduits en Espagne, où le gouvernement de Pedro Sanchez a proposé de les accueillir, sans recevoir l’accord de ses partenaires européens.

Le port de Valence devrait accueillir les migrants de l’Aquarius dans les prochains jours

SOS Méditerranée

Des navires italiens vont prendre le relais de l’Aquarius, navire de l’association européenne de sauvetage en mer depuis la Libye ‘SOS Méditerranée’, qui ne réunissait pas les conditions de sécurité suffisantes pour aller jusqu’en Espagne.
L’Aquarius est géré par la compagnie maritime allemande Jasmund Shipping, en partenariat avec ‘Médecins du Monde’ jusqu’en avril 2016, puis avec ‘Médecins sans Frontières’ (section Amsterdam) depuis mai 2016. Seize députés français, principalement issus du Parti socialiste et du Parti radical de gauche, donnèrent alors une partie de leur réserve parlementaire à SOS Méditerranée et financèrent ainsi une semaine d’intervention.
‘SOS Méditerranée’ est un réseau international créé le 9 mai 2015 et présidé par Francis Vallat, président d’honneur fondateur du Cluster Maritime Français
, qui coordonne 18 clusters nationaux de l’Union européennequi dynamise les solidarités entre 400 entités maritimes françaises et co-organise les Assises de la mer, rassemblant 1.800 responsables de la vie maritime française, dont le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement), ainsi que le Salon « Euromaritime ».

Francis VallatFrancis Vallat, 72 ans, a derrière lui cinquante ans de carrière dans le domaine de la mer. Bien qu’après trente ans, il fut licencié en 1997 de la présidence de Van Ommeren Tankers, un important armateur pétrolier néerlandais, il est la personnalité la plus importante du monde maritime français : on le retrouve au conseil national de la Lloyd’s, la célèbre compagnie d’assurances britannique, ou au comité international du bureau Veritas, le leader mondial de la certification des normes, et a été vice-président d’Intertanko, le groupement mondial des tankers pétroliers.
Francis Vallat a été vice-président de l’Agence européenne de sécurité maritime. Il a fondé en 2006 le Cluster maritime français (CMF), regroupement de toutes les entreprises du secteur. Plus de 5.000 cadres et dirigeants d’entreprises sont passés par le Cluster. 400 entreprises ou entités maritimes y adhèrent. Ses Assises de la mer ont attiré jusqu’à 2.000 personnes, dont des ministres.
Depuis quatre ans, Francis Vallat a passé la main. Mais
 il est toujours président d’une autre « grappe maritime », l’European Network of Maritime Clusters, qui rassemble les clusters de dix-sept pays européens… Francis Vallat a aussi été président de l’Institut français de la mer. Sans compter ses SCI, ses multiples engagements associatifs ou sportifs toujours dans le même domaine de la mer.

Rien d’étonnant à retrouver Francis Vallat dans les allées du pouvoir. Au tournant du millénaire, c’est le ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot, qui le décore de la Légion d’honneur. En janvier 2012, il prend la parole à une journée thématique de l’UMP où il explique entre autres aux organisateurs « qu’ils sont nuls en communication »… On peut aussi croiser Francis Vallat dans les couloirs de Bruxelles : il a même droit à une page entière sur le site internet de la Commission européenne avec sa biographie en anglais.
C’est donc cet homme qui préside SOS Méditerranée, que la presse présente comme une association citoyenne, une initiative militante née entre la poire et le fromage, quelque part entre Berlin et Marseille. Son association revendique 11.200 donateurs.

« Des vivres seront livrés sous peu à l’Aquarius par un navire italien », a précisé l’association sur Twitter. Le centre de commandement des secours de Rome « planifie de transborder les rescapés plus tard sur des navires italiens après quoi nous mettrons le cap ensemble sur Valence », a-t-elle ajouté.
L’Aquarius était bloqué en mer à la suite d’un bras de fer entre l’Italie et Malte, qui refusaient tous deux d’ouvrir leurs ports aux migrants en situation irrégulière. Dans l’impasse, l’Aquarius avait alors reçu une proposition du socialiste Pedro Sanchez, nouveau premier ministre espagnol pour accoster au port de Valence.

<br>Le maire de Palerme ouvre l’Europe aux migrants, mais en garde très peu en Sicile

Pour éviter de garder à sa charge des milliers d’Africains passés par la Libye, une seule solution pour le maire de la capitale sicilienne, dès 2015 : la liberté d’entrer légalement dans l’UE. « Si les Syriens, en tant que personnes provenant d’un pays en guerre, ont droit de toute façon au statut de réfugié, pourquoi leur interdire de prendre un billet d’avion Istanbul-Paris, par exemple et les obliger de passer par la Libye, la traversée de la Méditerranée« , s’était-il interrogé.
En 2017, Leoluca Orlando, un maire de centre-gauche, en était à vouloir « abolir le titre de séjour pour les migrants ». Il se justifie : « Je ne comprends pas pourquoi les frontières existent. L’Union européenne était l’occasion rêvée pour dire « nous sommes au delà des nations, nous ne sommes qu’un ensemble de minorités. » Selon lui, chacun doit pouvoir décider de ce que devrait être sa terre natale

La Corse propose l’ouverture de ses ports

Ce mardi, le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a également proposé d’accueillir sur l’île le navire affrété par l’ONG SOS Méditerranée. « Manque de vivres, mauvaises conditions météo, et port espagnol trop éloigné : face à l’urgence, le conseil exécutif de Corse propose à @SOSMedFrance d’accueillir l’#Aquarius dans un port #corse », a tweeté l’élu nationaliste qui a été l’avocat d’Yvan Colonna, condamné pour l’assassinat du préfet en exercice Claude Erignac.

Une offre appuyée par le président nationaliste de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, ancien avocat spécialisé dans la défense de  nationalistes corses,  notamment des militants ayant participé à la lutte armée à travers le FLNC.

En revanche, le nouveau ministre italien de l’Intérieur avait mené sa campagne des législatives sur le thème de la fermeture des frontières aux migrants

Le ministre, Matteo Salvini, ex-patron de la Ligue, a prévenu qu’une fois au pouvoir, il ferait tout pour empêcher ces débarquements, particulièrement lorsqu’ils sont le fait des ONG qui patrouillent au large de la Libye.

L’Italie, qui a vu quelque 700.000 migrants débarquer sur ses côtes depuis 2013, a régulièrement reproché aux Européens d’avoir détourné les yeux et de l’avoir laissée seule face à la crise migratoire.

<br>Mélenchon est-il candidat à Marseille pour ouvrir les vannes ?

Le principal opposant d’extrême gauche entretient le suspense sur sa candidature, mais son parachutage sur cette ville ouverte sur la Méditerranée suggère un plan politique de facilitation de l’entrée de tous les migrants venus d’Afrique et du Proche Orient.

Né à Tanger, Mélenchon, qui se considère comme un « indépendantiste français » face à l’Union européenne, condamne la volonté d’Emmanuel Macron d’appliquer pleinement l’accord avec la Turquie sur les migrants.  Dans un communiqué, le député des Bouches-du-Rhône a estimé le chef de l’Etat « poursuit la fuite en avant sur les conditions d’accueil des réfugiés » : il confie, selon lui, le traitement des demandeurs d’asile à un régime dictatorial ». Mélenchon accuse « l’Union européenne [qui] continue de pousser les populations africaines au départ en forçant les États à signer des accords et libre-échange« . 

L’ancien sénateur renvoie dos à dos ceux, à droite ou au gouvernement, qu’il juge trop fermés et ceux, plus à gauche, ses alliés de l’extrême gauche, dont il dénonce l’idéalisme naïf. «Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire? Le rejeter à la mer? Non, c’est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu’ils restent chez eux. Je suis fatigué de ces discussions où les fantasmes s’affrontent les uns et des autres. Entre ceux qui hurlent sans réfléchir et s’en remettent à des expédients sécuritaires sans consistance et ceux pour qui il est normal que tout le monde puisse venir où il veut, quand il veut». Des propos qui prolongent ceux tenus par le fondateur du parti de gauche dans Le Monde le 24 août dernier : «Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Mais est-ce que s’il venait 10.000 médecins s’installer en France, ce serait une chance? Oui».  Entre l’immigration au « faciès » universitaire de Mélenchon et le « benchmarking » de Collomb, la France va devoir choisir…

 

Comptes de campagne: Mélenchon a-t–il « arrosé » des proches ?

Le Parquet de Paris a ouvert une enquête pour «vérifications»

Jean-Luc Mélenchon lors d'un rassemblement organisé par ATTAC à Paris, le 12 février 2018Le Parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour mener des « vérifications sur une éventuelle violation» des règles de financement liées à la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2017. Saisi par un signalement de la commission nationale des comptes de campagne, le Parquet de Paris a confié en avril aux policiers anti-corruption de l’office central de la lutte contre les infractions fiscales et financières (Oclciff) « le soin de procéder à des vérifications sur une éventuelle violation des prescriptions du code électoral relatives au financement des campagnes électorales », a précisé la source judiciaire.

Mélenchon « garantit » avoir agi « honnêtement et scrupuleusement »

blog -Melenchon-monsieur Propre.jpgJean-Luc Mélenchon crie son innocence dans « la conduite financière » de sa campagne de 2017, mardi dans un communiqué.

« Je garantis que je ne comprends pas comment la Commission nationale des comptes de campagne a pu à la fois valider mes comptes et faire un signalement. Ni pourquoi elle ne m’en a jamais informé auparavant, alors que cette démarche date du 18 mars dernier (…). Ni pourquoi elle l’a fait, alors qu’elle a au contraire fait un communiqué pour défendre les rabais dont a bénéficié le candidat Macron« , affirme le dirigeant de La France insoumise. « Un communiqué pour lui, un signalement judiciaire pour moi ! »

Mélenchon affirme ne « pas comprendre » pourquoi cette commission « n’a pas demandé elle-même davantage de vérifications alors que c’était sa mission et qu’elle a posé à mon mandataire financier plus de deux mille questions orales ou écrites sur ce compte ».

Un communiqué, qui contient onze fois les mots « je garantis ». « Je garantis que je ne sais pas pourquoi ce genre d’histoire apparaît soudainement. Je demande à mes amis qui croient à une diversion avant que des problèmes plus sérieux et autrement réels ne se confirment ou n’apparaissent dans les comptes de mes concurrents, d’être patients« , poursuit-il, dans une anaphore.

« Je garantis que je n’ai jamais bénéficié d’aucun rabais à cent pour cent sur une prestation », « que je n’ai jamais bénéficié de l’aide d’aucune collectivité locale« , « que je n’ai jamais organisé de collecte de financement auprès de dirigeants d’entreprise ».

Il « garanti(t) » également n’avoir « jamais surpayé aucun collaborateur de cette campagne », « que les prêts par la banque qui m’ont été consentis sont exempt de toute suspicion« , qu’il n’a « voyagé en jet dans aucun pays étranger« , qu’il est « favorable à toute vérification sur mon compte comme sur celui des autres candidats« .

Et d’insister : « Et je garantis » que je ne suis pas dupe de l’intention de nuire à mon honorabilité qui est contenue dans la façon dont cette information surgit. 

Accusée de surfacturation, l’équipe de Mélenchon livre sa vérité 

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Dès le 13 février déjà, les Insoumis de « La France insoumise » (LFI) avaient apporté deux types d’explication aux reproches financiers qui leur étaient faits. Ils avaient expliqué que, de peur de laisser penser à une dissimulation de certaines dépenses, ils avaient préféré toutes les déclarer, même celles n’ouvrant pas sur un remboursement.

L’association « L’Ere du peuple » (après avoir été un bouquin) était également au centre des attentions. Déclarée active il y a seulement 2 ans (mars 2016), cette officine de un ou deux salariés, déclarée compétente en « conseil pour les affaires et autres conseils de gestion » a ainsi facturé à la campagne un montant de dépenses de 440.027 euros correspondant à des locations de salles, des locations de matériels informatiques et audiovisuels, et à des prestations intellectuelles de quatre de ses salariés dont trois étaient également membres de l’équipe de campagne« , relevait la CNCCFP dans sa décision du 21 décembre 2017 publiée le 13 février dernier au Journal officiel.

Or, a souligné l’autorité, « l’association ‘l’Ere du peuple’ relève de la loi sur les associations de 1901 et n’a pas d’activité commerciale déclarée ». Ses bureaux (43 rue de Dunkerque, 75010 Paris, arrondissement dont la maire PS apporta son soutien à la candidature du ‘frondeur’ Benoît Hamon) étaient par ailleurs « situés à la même adresse que l’association de financement électorale », Mediascop.

blog -Melenchon-Chikirou-2012Mediascop est la très rentable société de la dircom’ du candidat Mélenchon, soupçonnée de surfacturations au profit de structures proches des Insoumis et propriété de Sophia Chikirou, une proche de Caroline Fourest et de la revue et site web ‘ProChoix’ -originellement pro-avortement- soutenus par la Mairie de Paris, dédiés aux questions politiques et religieuses (contre l’essentialisme, le racisme, l’intégrisme et toute idéologie …totalitaire, ça ne s’invente pas !), mais surtout connue pour sa candidature dissidente du PS contre Michel Charzat. Mediascop est de toutes les campagnes électorales de Mélenchon depuis 2012 et Chikirou est la fondatrice, avec Sébastien Vilgrain, Henri Poulain et Gérard Miller de ‘Le Média‘, site d’actualité gratuit, lancé à la mi-janvier 2018 et dont elle « garantit » « l’indépendance éditoriale totale« .

En 2016, le chiffre d’affaires de Mediascop est de 162.899 euros, avec un bénéfice net de 76.550 euros, soit 47 % de marge. Au terme de la campagne, Mediascop reçoit une rémunération de 1.161.768 euros. La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques estime que 54.600 euros auraient été indûment payés.Image associée

Les proches de Jean-Luc Mélenchon avaient déclaré que cette structure avait été lancée pour pouvoir enregistrer des dons, alors qu’il n’était pas encore possible d’ouvrir des comptes de campagne. Arrivé en quatrième position au premier tour de la présidentielle, Mélenchon percevra au total 6.031.304 euros de remboursement de l’Etat.  C’est-à-dire le peuple des contribuables. Les riches…

Manifestation politique : Mélenchon va-t-il réussir à rassembler, samedi 26 mai ?

Mélenchon va-t-il réussir à rassembler une « marée populaire » samedi ?

Jean-Luc Mélenchon, ici manifestant à Marseille mi-avril, remet ça samedi.

Une soixantaine d’organisations est appelée à manifester son opposition à la politique sociale d’Emmanuel Macron.

Alors que la contestation joue la durée et l’usure, tout se jouera sur le nombre de participants : une démonstration de force ferait taire ceux qui clament que la mobilisation s’essouffle ou n’a jamais eu une chance.

Mélenchon met en jeu son statut de « principal opposant » à Macron

Tout l’enjeu est là : combien de personnes défileront samedi dans plusieurs villes de France à l’appel de plus de 60 organisations, syndicats et partis de la gauche de la gauche mêlés ? Après l’échec des mobilisations de l’automne contre la réforme du Code du travail et celles des cheminots et des fonctionnaires, les opposants à la politique d’Emmanuel Macron tentent une nouvelle fois d’inverser le rapport de force le 26 mai.

Jean-Luc Mélenchon veut croire que c’est une « marée populaire » qui va descendre dans la rue, notamment à Paris, entre la gare de l’Est et la place de la Bastille. Le député de La France insoumise Alexis Corbière a même salué sur Public Sénat une « montée en puissance » de la mobilisation, fait « nouveau », selon lui.

En soi, le rendez-vous est déjà une réussite pour la gauche radicale : 60 syndicats, associations ou partis qui s’unissent le temps d’une manifestation, ce n’est pas concevable. « C’est pas vrai de dire que ça ne s’est jamais passé dans l’Histoire, mais c’est un petit événement« , s’est félicité le révolutionnaire trotskiste Olivier Besancenot, l’homme aux deux casquettes anti-républicaines NPA et SUD (Solidaires) sur RTL. « Quand d’un côté vous avez la politique qui (…) consiste à donner aux plus riches parmi les plus riches et qu’au reste de la population vous demandez de se serrer la ceinture, ça agace, ça énerve et de fait ça crée une convergence« , a-t-il estimé. Dans ce contexte, « les mobilisations, elles sont encore devant nous, pas derrière ».

Mélenchon veut un « Front populaire »

Réussite dérangeante, la CGT, syndicat  aux abois, a accepté de défiler avec un parti politique, la France insoumise, ce qu’elle refusait de faire jusqu’alors. Un petit succès qui fait que Jean-Luc Mélenchon évite de tirer la couverture à lui.

Une première depuis des décennies, mais qui vaut à ses alliés syndicalistes d’être accusés de franchissement de la ligne blanche qui sépare le syndical et le politique. Un Rubicon.

Présenté comme premier opposant à Emmanuel Macron, selon la presse et selon un sondage commercial Ifop pour le JDD, qui arrange Macron, le député des Bouches-du-Rhône prétend la jouer collectif. Ainsi, il défilera sur le Vieux-Port, à Marseille dont il vise la mairie, et non pas à Paris : autre démonstration qu’il joue sa carte personnelle, la dernière de sa carrière.

Dans sa « Revue de la semaine » diffusée sur YouTube, il a récusé la « caricature » selon laquelle le vieux routier de la politique ne pense plus qu’à sauver une carrière personnelle tapageuse émaillée d’erreurs et d’échecs. « Je n’ai jamais dit que je ne voulais m’entendre avec personne, ni que les membres de la France insoumise ne veulent s’entendre avec personne, c’est le contraire, ils passent leur temps à s’entendre avec tout le monde« , a-t-il raconté. Mais il a tout dit et son contraire…

Sur son blog, mardi, le leader insoumis estime que « le décloisonnement du social et du politique se réalise le 26 mai. Mieux, dans le respect de l’identité et des finalités d’action de chacun » ! Surtout, pour Mélenchon, samedi, c’est donc une « marée populaire », « massive » qui défilera et qui « déclenchera une onde de choc », et d’évoquer même la probable constitution d’un « Front populaire ».

Le problème, c’est que Mélenchon et les Insoumis se sont trompés plusieurs fois dans leurs prédictions sur l’ampleur des mobilisations :

  •  – Pour la « Fête à Macron », il avait salué un « immense élan populaire », avec « 160.000 participants ». Ils étaient 40.000 selon la police.
  • – En septembre, lors d’une mobilisation contre la réforme du droit du travail, la France insoumise avait comptabilisé 130.000 manifestants et Mélenchon avait noté un « succès ». Ils étaient 30.000 selon les forces de l’ordre.
  • Mélenchon avait alors espéré « un million » de personnes sur les Champs-Elysées, manifestation qui n’a jamais pu être organisée.

Pour marquer un point samedi, il faudra donc être bien plus nombreux.

Convoqué par un juge, Mélenchon se réfugie derrière son immunité parlementaire…

Avant, le matamore était opposé au maintien de ce privilège…

blog -Melenchon-innocent-8-fevrier-2013.jpgJean-Luc Mélenchon a invoqué son immunité parlementaire pour refuser de répondre aux convocations de la justice, rapportent des policiers. Or, pendant la campagne, il avait pourtant fait signer une charte qui préconisait la suppression de l’immunité parlementaire. « Nous, quand on est convoqué, on n’a pas d’immunité ouvrière, on y va. » C’était la formule du candidat du NPA, Philippe Poutou, à l’adresse de Marine Le Pen, lors d’un débat télévisé durant la campagne présidentielle. Elle pourrait désormais s’appliquer à Jean-Luc Mélenchon.

En effet, le député de la France insoumise (LFI) refuse de se rendre aux convocations de la justice dans une affaire de diffamation l’opposant à un journaliste du Monde au Brésil Paulo Paranaguá, qu’il a qualifié de « terroriste repenti » sur son blog en 2012.

Jean-Luc Mélenchon a ainsi réussi à éviter trois convocations.

Dans les deux premiers cas, son avocate Raquel Garrido, épouse Alexis Corbière, a évoqué un problème d’agenda.La troisième fois, son conseil a évoqué son immunité parlementaire. « Me Raquel Garrido nous informe que son client ne répondra pas à la présente convocation, au regard de son statut de député, invoquant l’immunité parlementaire« , ont rapporté les policiers de la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Par conséquent, l’avocat du journaliste du Monde Paulo Paranaguá, a demandé mardi 22 mai à la juge d’instruction Carine Rosso une levée de l’immunité parlementaire du député.

Le meneur de l’extrême gauche avait fait signer une charte qui préconise la suppression de l’immunité parlementaire

La posture de Jean-Luc Mélenchon semble assez paradoxale puisque durant la campagne présidentielle, il avait demandé à tous les candidats aux législatives de la France insoumise de signer la charte éthique de l’association Anticor qui préconisait la suppression de l’immunité parlementaire. « Supprimer l’inviolabilité dont bénéficient le Président de la République et les parlementaires (qui les empêche de faire l’objet de mesures privatives ou restrictives de liberté pendant la durée de leur mandat, même pour des actes étrangers à l’exercice de leurs fonctions)« , est-il écrit dans cette charte.

Visé par une procédure en diffamation de la Société générale, Jean-Luc Mélenchon avait renoncé en juin 2017 à invoquer son immunité parlementaire alors qu’il venait d’être élu député. « Le procès aura lieu. Ce que veut la banque, c’est faire peur. Mais moi je ne me tairai pas, ni cette fois-ci, ni aucune autre« , expliquait-il alors.

Mélenchon ne s’est pas davantage rendu aux convocations de la justice dans le contentieux l’opposant à Bernard Cazeneuve. L’ancien Premier ministre avait décidé de l’attaquer à la suite des agressions verbales du populiste Mélenchon qui l’avait décrit comme « le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse« .

Malek Boutih accuse Jean-Luc Mélenchon de « biberonner » la jeunesse « à la haine »

L‘ancien député socialiste a lié le discours des militants de La France insoumise de Mélenchon à la radicalisation de certains jeunes en soutiens à l’EI  

blog -Boutih M-2018« Ça peut être un sas. Quand monsieur Mélenchon biberonne à la haine une jeunesse (…), oui, ça amène à ça… Quand toute la tonalité est violente, tout vous amène à la violence« , a-t-il lancé sur France 2,  samedi 19 mai, dans l’émission de divertissement politique « On n’est pas couché ».

« Les jeunes d’aujourd’hui qui partent vers le radicalisme ont croisé des militants politiques. Mais ces mecs-là, au lieu de leur parler positivement, les ont caressés dans le sens du poil : ‘T’as raison d’avoir la haine, ouais c’est un pays pourri, ouais vous êtes maltraités…’«  a témoigné Malek Boutih.

L’extrême gauche réagit par le mépris et l’insulte 

blog -Melenchon sombre

« Je ne perdrai pas une seconde à répondre à Malek Boutih. D’abord Malek Boutih n’est pas dans mes moyens. Qui veut l’achète, pas moi », a riposté Jean-Luc Mélenchon au « Grand Jury » de RTL, dimanche 20 mai.

Le député Alexis Corbière, ex-squatteur d’un logement social de la Ville de Paris, a également réagi sur Twitter : « Pauvre Malek Boutih ! Après ses délires anti-FI, comparée à un possible ‘sas vers Daech’, et sa haine anti-Mélenchon, il a dit néanmoins une chose juste : ‘Plus on est minoritaire, plus on se radicalise’. C’est exactement son cas. »

De son côté, Manuel Valls a affiché son soutien à Malek Boutih. « Toujours formidable Malek Boutih… à [« On n’est pas couché »] vrai, juste et si français« , a écrit l’ancien premier ministre socialiste sur Twitter, Catalan français de fraîche date par naturalisation.