Macron avance masqué sur la suppression de l’aide médicale aux clandestins

Matignon n’assume pas

L’entourage du Premier ministre affirme qu’«il n’a jamais été question de supprimer l’Aide médicale d’Etat» contrairement à ce que fait fuiter Le Point.

Non, une suppression de l’Aide médicale d’Etat (AME) n’est pas dans les tuyaux, maintient Matignon, vendredi, au troisième jour d’un déplacement du Premier ministre dans la région toulousaine.

Après la controversée loi asile-immigration jugée trop répressive par la gauche et une partie de la majorité issue du PS qui ne craint pas de faire vivre la France à crédit, le gouvernement veut afficher un masque plus généreux. Plusieurs mesures ont ainsi été annoncées, notamment le renforcement de l’apprentissage du français, de la formation civique, ou encore l’attribution d’un « pass culture » à chaque jeune étranger disposant d’un titre de séjour… N’empêche que, contraint de faire des économies, Gérald Darmanin s’est montré favorable à la suppression de l’Aide médicale d’État (AME). Ce dispositif, qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins, est jugé « trop coûteux » par le ministre responsable de l’Action et des Comptes publics.

Matignon dément pour le moment

Quelques heures auparavant, Le Point affirmait que la proposition d’en finir avec ce dispositif assurant, sous conditions de ressources, sauf pour les mineurs, une prise en charge médicale aux étrangers présents irrégulièrement sur notre territoire depuis plus de trois mois et en ayant fait la demande, avait été mise sur la table par le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, lors du conseil interministériel sur l’intégration des étrangers qui s’est tenu mardi à Matignon. «Il n’a jamais été question de supprimer l’Aide médicale d’Etat et d’ailleurs ce sujet n’était à l’ordre du jour de la réunion», a affirmé l’entourage d’Edouard Philippe.

Pas à l’ordre du jour, mais néanmoins évoqué de manière informelle à la fin du rendez-vous, assure un témoin de la discussion. La réunion consacrée à l’intégration des étrangers avait accouché de quelques mesures concrètes d’accompagnement. Placée sous le signe de l’humanité, elle devait servir à rééquilibrer la barque après le vote de la loi asile et immigration fustigée par la gauche et jugée trop répressive également par une partie de la majorité. Cela n’a pas empêché Darmanin, soucieux d’un usage beaucoup plus parcimonieux de l’argent public, de défendre un basculement des bénéficiaires de l’AME vers la couverture médicale universelle (la CMU est devenue en 2016 la PUMA pour Protection universelle maladie), moins «coûteuse» et à laquelle ont droit les citoyens français les plus précaires. Pour cette année, le montant programmé pour l’AME, instaurée en 2000, est de 882 millions d’euros.

Selon un récent rapport de la députée LR Véronique Louwagie, le nombre de bénéficiaires de l’AME a connu un léger infléchissement en 2016, avec 311.310 personnes en fin d’année, et celui-ci semblait se confirmer en 2017.

«Plus de pertes que de gains»

Si on en croit Le Point, au moment d’entonner ce vieux refrain des droites gestionnaires – lesquelles plaident pour une suppression de nature à réduire les dépenses publiques et la charge supportée par les contribuables, au bénéfice des allocataires légitimes – Darmanin a trouvé un allié en la personne du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, lequel affirme que «pour accueillir mieux, il faut accueillir moins».
L’ancien sénateur-maire de Lyon ajoute même que conserver l’AME attire des migrants, lesquels, comme il l’avait dit dans un autre cadre, se livrent à un «benchmarking» des aides sociales européennes pour cibler leur destination finale : une « étude de marché » pour déterminer le pays le mieux disant social… Au nom du risque d’un «appel d’air», quand Darmanin défend, lui, l’égalité de traitement.

Collomb, cible du moment

L’entourage de Collomb a démenti les propos que le Point lui a prêtés : « fake news ? ». Présente à cette réunion, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, aurait, pour l’heure, défendu avec vigueur l’AME, rappelant que la supprimer (Darmanin propose le basculement de ses bénéficiaires vers la CMU) générerait «plus de pertes que de gain, car l’Etat ne pourra pas laisser mourir les gens dans la rue et serait obligé de les soigner»
Sans qu’on sache ce que le Premier ministre en pense sur le fond, et a fortiori Macron, il était visiblement urgent de ne pas ouvrir un nouveau front à la veille des Européennes

SNCF : Le Maire veut faire croire que la reprise de la dette n’affectera pas les Français

Si la reprise de 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF « ne pèsera pas sur le déficit public »; alors, sur qui , sur quoi ?

blog -SNCF-reprise de la dette.JPG“Elle [la dette de la SNCF] aura évidemment un impact sur la dette publique, puisque ça accroît la dette publique française (…), mais elle n’aura pas d’impact sur le déficit”, a assuré B. Le Maire au salon des startups VivaTech à Paris, le 24 mai.

Le ministre contredit ainsi le rapporteur général du budget.
Joël Giraud avait estimé vendredi que la reprise de la dette de la SNCF allait provoquer une hausse du déficit par rapport aux prévisions actuelles du gouvernement, et retarderait le retour à l’équilibre des finances publiques prévu jusqu’à maintenant pour 2022.
Selon les projections du rapporteur, le déficit public remontera à 1,9% du PIB en 2020 avec la reprise d’une première tranche de 20 milliards de dette SNCF, au lieu de 0,9% prévu jusqu’à maintenant.
Et il serait de 0,1% de PIB en 2022, alors que le gouvernement escomptait jusqu’alors un excédent de 0,3% du PIB à cette échéance.

Bercy avait publié après la déclaration de J. Giraud un communiqué cinglant.

Il y admettait qu’il “n’est pas possible de se prononcer sur l’impact [de cette reprise de dette] sur la trajectoire des finances publiques”.
L’impact dépendra du traitement comptable de l’opération par l’Insee, « qui a engagé des discussions avec Eurostat sur ce sujet et devrait se prononcer avant la fin de l’année”, avait indiqué le ministère de l’Economie et des finances.

Bruno Le Maire a admis samedi que la reprise de la dette de la SNCF « accroît la nécessité de réduire cette dette progressivement et donc de réduire la dépense publique”.

Le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé vendredi que l’Etat va reprendre 35 milliards d’euros de dette de la SNCF, sans pour autant créer d’impôt pour compenser cette charge. 

Le député radical de gauche et LREM des Hautes-Alpes (élu sous la double étiquette) Joël Giraud, 59 ans, un ex-administrateur des PTT, occupe le poste de rapporteur général du Budget durant la première moitié de la législature, mais il se désistera au profit de Laurent Saint-Martin (Oseo et think tank ‘En Temps Réel’, de centre gauche) à la mi-quinquennat : il a en effet été élu à la commission, mais battu de deux voix à sa présidence face à Laurent Saint-Martin (33 ans, LREM, Paris). Les deux macroniens se sont entendus pour  se relayer…

« Pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette, promet Edouard Philippe

Le Premier ministre a annoncé « un engagement sans précédent » pour la reprise de la dette de l’entreprise ferroviaire par l’Etat : 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF, dont 25 milliards en 2020 et 10 milliards en 2022, afin d’arriver « à l’équilibre », « avant la fin du quinquennat ». « Cette reprise constitue un engagement sans précédent de la nation et du contribuable en faveur de la SNCF », a souligné le Premier ministre, après avoir reçu à Matignon les syndicats représentatifs lors de rencontres bilatérales.

« 35 milliards d’euros, c’est 14 ans de budget d’investissements de l’Etat dans l’ensemble de nos routes, chemins de fer et canaux », a-t-il insisté lors d’une conférence de presse avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

Moins d’investissements de l’Etat, détournés en faveur de la SNCF, c’est plus de retard dans la croissance économique et dans le développement du bien-être de la population.

« Pas d’impôt SNCF »

Le Premier ministre a toutefois assuré qu’il n’y « aura pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette qui « viendra s’ajouter à la dette publique de l’Etat et sera remboursée au même rythme que la dette publique de l’Etat« . « Ce sera bien une charge supplémentaire pour le contribuable », a-t-il relevé en mai 2018. Selon Edouard Philippe, le montant de 35 milliards est le fruit d’arbitrages destinés à ce que la France ne « se place pas en situation de déséquilibre » alors qu’elle « est en train de revenir dans les clous de la maîtrise de ses comptes publics ».

Critiquant l’action des précédents gouvernements qui se sont successivement repassé « la patate chaude », le juppéiste Edouard Philippe a assuré que ce geste de l’Etat s’accompagnera d’une « règle contraignante pour que SNCF Réseau« , endetté à hauteur de 47 milliards d’euros au total, « ne puisse plus à l’avenir s’endetter sans que le Gouvernement ne prenne de mesures de rétablissement ».

Il a par ailleurs annoncé 200 millions d’euros d’investissements supplémentaires dès 2022, en plus des 3,6 milliards actuels.

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Nous voulons plus de trains, qui circulent plus régulièrement, sur un réseau plus performant. En plus des 3,6 Md€ actuels, dès 2022, nous investirons chaque année 200 M€ supplémentaires. <a href= »https://twitter.com/hashtag/SNCF?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#SNCF</a></p>&mdash; Edouard Philippe (@EPhilippePM) <a href= »https://twitter.com/EPhilippePM/status/999990490174025728?ref_src=twsrc%5Etfw »>25 mai 2018</a></blockquote>
https://platform.twitter.com/widgets.js</center>

Et tout va bien puisque, depuis F. Hollande, « ça ne coûte rien (au contribuable), c’est l’Etat qui paie » … Confirmation de Macron et Le Maire !