Migrants : Macron anime un sommet européen qui fait ‘plouf’ …

Après les satisfecit,  l’« accord » migration européen se révèle une coquille vide

blog -Costa croisiere pour migrants-Faujour.jpg
En 2012, le ‘Costa Concordia‘, un navire de la compagnie italienne de croisières Costa, est allé s’échouer sur l’île du Giglio,  en mer Tyrrhénienne, à hauteur de la Corse

Le texte de compromis final conclu dans la nuit de jeudi à vendredi par les Vingt-Huit réunis en sommet à Bruxelles n’apporte pas de réponses opérationnelles très concrètes. La consternation a succédé aux déclarations d’autosatisfactions, suite au pseudo-accord sur les migrations négocié durant la nuit précédente à l’issue du sommet à Vingt-Huit de Bruxelles : cet accord suscite déjà la déception des rêveurs et autres vertueux irresponsables.

Il devait durablement apaiser les tensions entre les pays européens, ceux du bassin méditerranéen, qui réclament davantage de solidarité, et ceux de l’Est qui continuent à protéger leurs populations souvent elles-mêmes défavorisées, mais permettra-t-il d’éviter d’autres scènes désastreuses mises en scène par des organisations qui n’ont d’humanitaire que le nom, puisqu’elles prennent le relais des passeurs sans garantir un port d’accueil aux migrants livrés aux errances de leurs bateaux, tels que l’Aquarius ou le Lifeline, qui ont réussi à médiatiser leur activisme, mais aussi d’autres qui n’ont pas encore organisé, comme eux, d’opération médiatique pour leur promotion et la collecte de dons.  <br>Pour sa fermeté, Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur, est stigmatisé, bien qu’il réponde à la promesse faite à son électorat saturé de clandestins errants partout en Italie : en fermant les ports de son pays aux clandestins, a-t-il déclenché la crise politique dont on l’accuse actuellement en Union européenne, singulièrement en Allemagne, ou a-t-il décillé les yeux de ses membres pour les pousser à une action juste et respectueuse des populations ?

Quelques heures après la conclusion de l’accord, le président du Conseil italien Giuseppe Conte, ci-dessous avec Macron, a fait valoir que la voix de Rome, qui menaçait de bloquer l’ensemble du Conseil européen, a enfin été entendue. « Je suis satisfait. Bien sûr, si j’avais eu à écrire le texte, je l’aurais fait différemment, mais nous étions Vingt-Huit », a-t-il raconté, vendredi matin, avant de lancer, en montant dans sa voiture : « Maintenant, je pars continuer le combat. » Il ne se livre pas à Bruxelles.

« Ce qui m’intéresse ce sont les actes » : encore mieux, s’ils respectent la volonté des peuples !

blog -Conte G-Macron EMais, dès le milieu de matinée, des messages plus négatifs ont afflué : « Aucun engagement contraignant et seulement des choix volontaires pour les demandes italiennes. Un résultat faible. L’Italie affaiblie. Les pays de l’Est crient victoire », analysait le secrétaire par intérim du Parti démocrate (PD, centre gauche). Ainsi, Maurizio Martina, 39 ans, le Hamon péninsulaire, ignorait-il la volonté populaire et le « bien commun » à tous. La défaite de son parti aux élections générales italiennes, le 5 mars 2018, ne lui a rien appris. Seule prévaut la ligne idéologique officielle, intangible : le comble du conservatisme sourd.

A la mi-journée, Salvini lui-même déclarait : « Je ne me fie pas aux paroles, ce qui m’intéresse ce sont les actes. » « Pour une fois, Matteo Salvini a raison. La mission de Conte au Conseil européen a été un véritable flop », répliquait, dans un Tweet, le chef du groupe PD au  Sénat, Andrea Marucci.
 » L’Italie a cédé sur toute la ligne, interprète le socialiste : elle n’a pas obtenu la répartition obligatoire des migrants [sic], mais seulement celle, volontaire, des réfugiés. Elle devra construire des nouveaux camps et elle accepte le principe d’un retour des personnes parties en Allemagne ou en Autriche « , écrivait La Repubblica, quotidien national de gauche. Ces  » hot spots «  de nouvelle génération, avec davantage d’argent européen [lequel? quel montant ? quelle répartition ?] et censés retenir les demandeurs d’asile dont le dossier est à l’examen, devraient être créés sur une base volontaire. Ces structures sont la principale réponse apportée par les Vingt-Huit au refus de l’Italie d’assumer seule la responsabilité des migrants sauvés en mer.

 Les espoirs d’un accord durable sont tombés à l’eau. 

La mise en œuvre de l’accord sera  » difficile « , a admis Donald Tusk, le président du Conseil européen, à Bruxelles. Et d’ajouter, au grand dam des partisans des déficits publics, qu’il est  » bien trop tôt pour parler d’un succès « .

La chancelière allemande, Angela Merkel, reste, elle, dans l’expectative et surtout à l’écoute de son opinion publique :  » C’est un bon signal que nous nous soyons accordés sur un texte commun ; nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue.  » 

L’enthousiasme de Macron, très en pointe pour dégager un compromis acceptable par Rome, était retombé lui aussi, comme un soufflet : désabusé, il a ainsi commenté vendredi après-midi, que le texte  » ne règle en rien, à  lui seul, à la crise que nous vivons, qui est largement politique « .

Résultat de recherche d'images pour "Macron hypocrite"
Mon oeil !

Premier de cordée à prêcher la nécessaire solidarité européenne, tout en refusant fermement d’installer un  » centre contrôlé  » sur son territoireMacron s’est installé dans le carré de tête des hypocrites les plus doués » Quand un bateau doit débarquer – après un sauvetage – , il va vers le port sûr le plus proche. Puis, il y a la règle de Dublin, du pays de première arrivée. C’est pour cela que la France, qui n’est pas un pays de première arrivée, n’ouvrira pas de centre « , a décrété Manu-le-solidaire.

Macron s’est d’ailleurs fait épingler sur ce point sensible, presque en direct, par G. Conte. Celui-ci a démenti que ces centres d’accueil devraient être créés dans les pays de première entrée.  » Macron était fatigué « a raillé le premier ministre de l’Italie, taquinant le petit Qui trop embrasse mal étreint…

Comble de la honte pour Macron, seule la Grèce se serait portée volontaire pour ouvrir des  » centres contrôlés « . Parce qu’elle est déjà passé par là, elle pourrait ainsi  » recycler  » les hot spots qu’elle a dû ouvrir, surtout sur ses îles, au plus fort de la crise de 2015-2016, et recevrait davantage de financement européen.

Les ports italiens seront fermés  » tout l’été «  aux ONG qui assurent le transit de migrants, a prévenu Salvini, vendredi. Résultat de recherche d'images pour "centre ferme"Or, le dénouement de la situation du Lifeline, qui a fini par imposer l’accueil de migrants à Malte, a été mis au point par des diplomates, et non par des techniciens… L’incertitude persiste sur la systématisation de la prise en charge des migrants, que refusent désormais les Italiens.  » L’espoir, c’est surtout que l’on décourage les bateaux des ONG de prendre la mer « lâche un expert. Mais encore faudrait-il encadrer les organisations du type ‘No border’… 

L’idée de  » plates-formes de débarquement  » dans les pays tiers, hors de l’UE, une autre avancée de l’accord – selon les pro-migrants qui ne veulent pas savoir qu’aucun pays n’en veut sur son territoire – semble elle aussi dès à présent mal engagée. Elle se heurte au refus des intéressés du premier rang :  la Tunisie, du Maroc et de la Libye. Pourtant, dans le cadre d’une politique plus générale d’externalisation de l’asile, le Maroc a signé en février 2005 un accord de siège avec l’OIM, l’autorisant à instaurer une représentation sur son territoire, visant à « apporter une contribution efficace à la gestion des questions migratoires au royaume du Maroc ». Les Vingt-Huit ont confié au Conseil et à la Commission l’examen du  » concept « , mais la vérité est que l’issue est plus qu’incertaine. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM, agence intergouvernementale désormais liée à l’ONU) estime que ces centres de gestion des demandeurs d’asile devaient être situés en Europe, et pas à l’extérieur de celle-ci.

Un centre de migrants à Tripoli, le 22 février.Un porte-parole a déclaré que l’agence est  » très heureuse de la solidarité et du consensus qui ont émergé «  du sommet de Bruxelles. Mais  » nous ne parlons pas de centres de traitement à l’étranger, c’est le point crucial « , a ajouté Leonard Doyle. L’OIM a exprimé son inquiétude  » insurmontable «  suscitée par l’ouverture de  » plates-formes de débarquement «  en Libye, du fait de l’insécurité qui y règne et des mauvais traitements qui y sont infligés à des migrants. Il faut rappeler, pour être honnête, que la contribution de la Libye est immense, puisque les Africains du sub-Sahara et les Arabes du Proche-Orient traversent son territoire massivement.  Et que le pays peine à contrôler les réseaux de « passeurs » dont il a été si peu question à Bruxelles.

Résultat de recherche d'images pour "libye carte flux migratoire"Les seuls accords – bilatéraux – un peu concrets pourraient bien être ceux qu’Angela Merkel a commencé à négocier avec deux pays au moins, l’Espagne et la Grèce. Ils devraient permettre de systématiser le renvoi de  » dublinés  » d’Allemagne vers ces deux pays, par lesquels ils sont entrés dans l’Union européenne.
Vendredi après-midi, les corps de trois bébés morts dans un naufrage survenu quelques heures plus tôt, à six kilomètres au large des côtes africaines, ont été récupérés par les gardes-côtes libyens. Seize survivants ont été repêchés et on estime à 100 le nombre de disparus.
<br>

France : les imams du Ramadan ont débarqué

Imams détachés, « pour une coopération intelligente et profitable à tous » ?

Muslim boy performs prayers on the first Friday of the holy fasting month of Ramadan inside a mosque in Bangkok

Mardi 15 et mercredi 16 mai, la veille du mois du Ramadan, l’Union des mosquées de France (UMF) a accueilli, 142 psalmodieurs du Coran, 12 conférencières et 8 conférenciers étrangers, tous venus du Maroc pour officier dans des mosquées françaises durant le mois de jeûne.

Dans le cadre d’une convention bilatérale entre le Royaume du Maroc et la France, côté marocain, le ministère des Habous et des Affaires Islamiques s’est chargé de la préparation du séjour de ces cadres religieux et de leur prise en charge. Côté français, leur venue a été passée au crible de commissions spécialisées et leurs demandes de visas ont été étudiées par les services du ministère de l’Intérieur qui a statué en dernier ressort. In fine, l’UMF est maître d’oeuvre en finançant leur accueil et leur accompagnement sur le sol français. 

L’arrivée massive d’imams étrangers, mais aussi le principe du ramadan en République laïque alimentent un débat entre responsables politiques vigilants qui ne sont évidemment pas d’extrême gauche.

Alors même que, depuis les années 1990, aucun signalement d’un quelconque problème relatif au discours ou aux avis religieux de ces imams n’a été porté à la connaissance du public, il reste que le soupçon de fondamentalisme ou d’extrémisme ou encore d’entrave à l’émancipation des musulmans de France vis-à-vis des pays étrangers – c’est-à-dire que sont dressés des obstacles à leur intégration –  est étayé par la montée du terrorisme en France, et singulièrement parmi des Français d’origine marocaine. Certes, l’UMF dit souhaiter la préparation active du cheminement d’un « islam de France » fait d’indépendance et d’échanges ne refuse pas le principe de ce débat. Mais il émet des conditions pour qu’il soit utile et profitable au pays accueillant et oppose l’existence de postures idéologiques qui résistent à cette prétendue coopération pour un islam de France dans laquelle le microcosme cède constamment du terrain, au nom d’un humanisme aveugle et d’une laïcité à sens unique.

L’échange des expériences et des bonnes pratiques dans la lutte contre l’extrémisme, une nécessité 

Les vertueux de France reçoivent 5/5 la propagande musulmane pour un monde ouvert, où les échanges de savoir-faire , sans exclusive du religieux. Les imams établis voient volontiers en eux des citoyens éclairés distinguant ce qui est utile au pays… Ces « bons » citoyens-là ne seraient pas, comme les autres, sous influence et incapables d’apprendre d’autres cultures, sans crainte aucune d’une mise en péril de leur identité ou de leur civilisation.

La mission essentielle des imams est d’assurer les prières de nuit (tarawih) et d’initier les fidèles aux méthodes de psalmodie du Saint Coran. Les conférenciers et les conférencières, quant à eux, participent à la promotion des valeurs authentiques de l’islam par l’enseignement et l’accompagnement spirituel des fidèles. Leur présence en France est due en partie au manque d’imams bien formés, admet le président de l’Union des mosquées de France (UMF) et à une activité spirituelle plus intense pendant le mois de Ramadan. Il note aussi que, ces dernières années, la demande des mosquées de France porte plus sur les conférencières que les conférenciers…

La lutte contre l’extrémisme islamique est aujourd’hui une cause qui ne mobilise pas activement  les imams. Sur le sujet, ils prônent un échange des expériences et des bonnes pratiques qui les place au centre de la réflexion. L’UMF ne tente pas un instant de s’organiser pour faire barrage, se contentant d’aborder et de discourir sur les différentes thématiques que développent les courants extrémistes, comme si en parler suffisait à éviter les errements et l’imposture de l’idéologie radicale. 

Le ramadan est en France l’occasion de renforcer sa position dominante sur d’autres pays frères et néanmoins concurrents. Le Maroc est en France est puissance invitante des cadres religieux du monde entier pour de nombreuses rencontres spirituelles et scientifiques dans les mosquées marocaines. Certains, dont des Français, participent aux traditionnelles conférences présidées par Sa Majesté le Roi du Maroc et retransmises en direct. 

Seuls 10 % des 3.000 imams de France sont détachés par leur pays d’origine. Pris en charge par leurs pays d’origine, les imams étrangers officiant toute l’année en France -essentiellement le Maroc (30), l’Algérie (120) et la Turquie (150) – représentent environ 10 %, la même proportion que les 1.500 prêtres catholiques étrangers en France sur un clergé de 15.000, souligne l’UMF. Leur présence en France est régie par des accords bilatéraux avec le Maroc, à la différence notamment de l’Algérie, l’Etat chérifien participant à l’encadrement culturel et religieux de leurs résidents en France pour une période limitée et qui n’ont pas vocation à devenir français. La France déploie aussi des moyens importants pour assurer l’éducation des Français musulmans qui résident à l’étranger. De nombreux établissements français dans de nombreux pays, notamment au Maroc, dispensent un enseignement français en phase avec les valeurs et la culture françaises. L’UMF reconnaît donc des divergences…

Les musulmans de France travaillent à amener les Français à s’approprier des savoir-faire que la France n’a pas encore acquis, notamment dans le domaine religieux musulman…. Dans ce qu’ils appellent une telle « coopération », les musulmans de France s’offrent pour qu’ils trouvent l’équilibre qui leur permettrait de répondre à leurs besoins et de réaliser leurs objectifs à moyen et long terme. Leur renoncement des Français à ce cheminement, bon gré, mal gré, serait  contre-productif… L’UMF se considère la mieux placée pour mettre les Français en marche ! 

Cette arrivée de 300 imams marocains et algériens fait débat

A l’heure où la colonie musulmane de France reçoit le renfort de quelque 300 imams marocains et algériens dans ses mosquées françaises, et où le président français Emmanuel Macron entend instaurer un “islam de France”, certains responsables politiques de droite et jusque dans la gauche laïque s’insurgent.  Si cette pratique s’exerce depuis le début des années 1990 sans attirer la moindre discordance, plusieurs vagues d’attentats mortels islamistes ont éveillé quelques consciences.  

Un principe contraire à l’instauration d’un “islam de France”. 

“Une hérésie”, dénonçait l’ancienne secrétaire d’État française Jeannette Bougrab, dans un entretien accordé au journal Le Figaro, le 28 mars 2018. “Les bras m’en sont tombés”, avait-elle ajouté. “Comment, dans un Etat laïque, le ministre de l’Intérieur, certes ministre des Cultes, se préoccupe-t-il de faire venir des imams d’Algérie pour le ramadan?”. Par ces mots, l’élue venait de poser les jalons d’un débat qui agite désormais l’opinion : la France doit-elle être dépendante des pays du Maghreb pour assurer le bon déroulement du mois sacré à l’intérieur de ses frontières? 

Bien qu’il n’ait jamais manifesté une quelconque objection à ce sujet, l’ancien Premier ministre Manuel Valls a renchéri sur les propos de Jeannette Bougrab en déclarant: ”ça ne correspond pas à l’idée qu’on se fait d’un islam des Lumières”, suggérant de “mettre un terme” aux accords bilatéraux permettant la venue de ces imams, et ce “le plus vite possible”. 

De même que dans les colonnes du Figaro, le 11 avril dernier, l’ancien ministre de l’Education nationale Luc Ferry a évoqué une “décision sidérante”. A propos du ministre de l’Intérieur français Gérard Colomb, il s’est insurgé: “Mais pourquoi tant de pusillanimité face à une menace [sous-entendue islamiste] de plus en plus mortelle?”. 

Ces discours viennent dénoncer la contradiction avec les ambitions portées par Emmanuel Macron qui avait annoncé il y a un an vouloir instaurer un “islam de France”, moins lié aux influences des Etats musulmans. Une décision qui avait pour objectif de lutter contre la montée des discours rigoristes voire radicaux en France. Pour venir à bout de ce chantier pharaonique, le président français s’était fixé plusieurs lignes de conduite, à savoir réformer les instances représentatives, le financement des mosquées, du pèlerinage et du halal, ainsi qu’assurer la formation d’imams sur le territoire français.

“Une visite [de 29 jours] passée au crible,” nous assure-t-on

Depuis le début des années 1990,  le service que ces imams délocalisés « nous apporte nous aide beaucoup”, reconnaît Mohammed El Mahdi Krabch, imam et membre du conseil théologique du Conseil français du culte musulman (CFCM), infiltré et noyauté par influence des Frères musulmans. En juin 2017, Emmanuel Macron a pourtant répondu à l’invitation d’Anouar Kbibech, président du CFCM, de rompre le jeûne musulman. Et ce partenariat a été signé par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb lors de sa visite en Algérie, les 14 et 15 mars 2018.

Pour entrer sur le territoire français, la liste des imams est préalablement validée par le ministère de l’Intérieur qui, une fois tous les profils examinés, délivre les autorisations de visas.  A la différence de certains imams français, les Marocains et les Algériens sont capables de réciter l’intégralité du Coran sur le mode psalmodique, car ils l’ont appris par coeur. “S’il y avait des établissements en France qui pouvaient former des imams sur le territoire, alors cet échange n’aurait plus lieu d’être, seulement aucun dispositif n’a été mis en place à cet effet”, explique Mohammed El Mahdi Krabch, recteur de mosquée à Avignon, au coeur d’un quartier sensible, au sud de la cité des Papes. 

Les psalmodieurs envoyés en France ne prêchent pas la parole et, officiellement, ne font donc que psalmodier  les 60 chapitres du Coran en arabe. Sauf qu’il leur reste du temps libre pour l’endoctrinement,  dans les 2.500 lieux de culte musulmans français

En revanche, les conférenciers et les conférencières participent à la promotion des valeurs de l’islam par l’enseignement et l’accompagnement spirituel des fidèles.  Le prêche suscite une énorme méfiance entretenue par la langue arabe utilisée en France et singulièrement  par les mouvements islamiques radicaux pour véhiculer leur pensée et l’apologie du terrorisme. 

La Une « impertinente » d’un journal marocain qui plairait sans doute à Charlie hebdo

Faut-il introduire le « blasphème » dans la loi française ?

Un montage-photo qui vaut bien un dessin de Charlie hebdo

blog -moustache Hitler sur Hollande-el Watan-capture-30jan2015Provocation ? Cet hebdomadaire marocain se demande si la France va « faire renaître les camps de concentration d’Hitler pour exterminer les musulmans ».
François Hollande affublé d’un uniforme nazi, d’une moustache à la Hitler et d’un brassard à croix gammée: c’est le photomontage publié cette semaine en couverture d’un journal arabophone marocain, Al Watan Al Ane. Parue en première page de son édition datée du jeudi 29 janvier, l’illustration est accompagnée de ce titre : « Les Français vont-ils faire renaître les camps de concentration d’Hitler pour exterminer les musulmans ? »

 » ‘Peut-on rire de tout ? Vraiment ? Y-a-t-il un journal français pour imprimer cette image Photoshop ?’  » interroge le journal en légende.
Il tire à environ 12.000 exemplaires par semaine, davantage que Charlie hebdo avant les fusillades à Paris par des djihadistes de France,  a indiqué son directeur de la publication qui assume ce parallèle entre le président français et le régime nazi. « Depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, nous avons beaucoup de témoignages qui nous indiquent que l’islamophobie a pris des proportions très inquiétantes en France« , explique-t-il.

Les relations diplomatiques se tendent.
Les offenses des libertaires français cautionnées par la gauche – au nom d’une liberté d’expression ‘no limits’ – ne devraient pas recréer des relations de bon voisinage entre la France et le Maroc. Le 22 janvier, le ministre marocain des Affaires étrangères a reporté à la dernière minute un déplacement prévu en France. La conséquence d’une série de couacs diplomatiques qui perdure depuis près d’un an et qui a amené le Maroc à suspendre sa coopération judiciaire avec l’Hexagone.

« Ce que nous exigeons dans le cadre de la coopération judiciaire, c’est le respect de notre justice. Il n’y a pas une justice française, une justice européenne et une autre justice marocaine. Comme on respecte la justice des autres, il faut qu’on respecte notre justice, et c’est fondamental si nous voulons que les relations soient apaisées et sereines », a fait savoir Salaheddine Mezouar

Les démocrates de L’Obs ont censuré la photo

La svastika a (presque) disparu:
les moins attentifs ne la verront plus !

Comme au bon vieux temps du stalinisme, la presse de gauche fait disparaître ce qui déplaît au pouvoir. Si François Hollande apparaît vêtu d’une tenue nazie et affublé d’une petite moustache semblable à celle d’Hitler, en revanche, la photo a été coupée pour faire disparaître le brassard à croix gammée… L’hebdomadaire socialiste ajoute néanmoins que son confrère maghrébin a choisi de diffuser ce photomontage douteux en première page de son édition datée du jeudi 29 janvier, accompagné de ce titre : « Les Français vont-ils faire renaître les camps de concentration d’Hitler pour exterminer les musulmans ? »

blog -non au delit de blaspheme-oct2012
« Non au rétablissement du « Délit de blasphème »!
Les Associations Laïques, Humanistes, Athées et de Libre Pensée manifestaient en octobre 2012:
Où en est François Hollande ?

« L’islamophobie a pris des proportions très inquiétantes »
Le directeur de hebdomadaire arabophone marocain Al Watan Al Ane, Abderrahim Ariri, explique que cette comparaison avec le régime nazi « c’est une sonnette d’alarme pour la classe politique, au Maroc et en France ».

Deux jours après les commémorations de la libération du camp d’Auschwitz, le journaliste établit un lien avec « les heures les plus sombres de notre Histoire », comme le font nos journalistes, au moindre prétexte. Il compare en effet le climat actuel en France à la Nuit de cristal de 1938, survenue après l’assassinat d’un responsable du Troisième Reich par un juif réfugié en France. Cette nuit de pogroms en Allemagne et en Autriche se solda par le meurtre de 91 juifs et la déportation de 35.000 d’entre eux. « Hitler a considéré cet assassinat comme un don du ciel et en a profité pour mobiliser les Allemands contre les juifs, assure Abderrahim Ariri. Et d’affirmer encore: L’acte terroriste est un don du ciel pour Hollande, qui en a profité pour se redonner une virginité politique. »

L’offense envers un chef d’Etat punie par la loi marocaine

blog -moustache d Hitler sur Hollande-capture decrane Watan-30jan2015
Que va-t-il bientôt rester de la photo originelle? Plus elle est tronquée, mieux elle passe ?

Scandaleux vu de France, ce discours est « symptomatique », juge Aïcha Akalay, directrice de la publication de TelQuel.ma, magazine indépendant et privé, mais dont la ligne éditoriale est souvent critique du gouvernement marocain. « Cela traduit un malaise au sein de la société marocaine, analyse la journaliste, que francetv info est allée sollicitée pour son hostilité au roi Mohammed VI du Maroc. A la fois un malaise des Marocains vis-à-vis des amalgames qui sont faits entre les musulmans et les terroristes et un malaise dans les relations entre la France et le Maroc. »

Les tensions grandissantes dans les relations diplomatiques d’ordinaire policées ont été alimentées par des dépôts de plainte en France contre de hauts dignitaires marocains, des impairs diplomatiques ou encore le rapprochement franco-algérien. Depuis, la coopération judiciaire a été suspendue par le Maroc et celle sur la sécurité est également fortement affectée. Interrogé à ce sujet par l’UMP Luc Chatel à l’Assemblée mercredi, le Premier ministre Manuel Valls a appellé en langue de bois les deux pays à « dépasser » cet épisode de refroidissement, « basé sur de nombreuses incompréhensions ».

La justice marocaine pourrait avoir recours à l’article 52 du Code de la presse marocain qui prévoit une peine d’un mois à un an de prison, ainsi qu’une amende, en cas d' »offense commise publiquement » envers un chef d’Etat étranger. Peu importe, répond Abderrahim Ariri. « Le rôle du journaliste, c’est de secouer », explique le directeur de la publication d’Al Watan Al Ane.

Qui a osé mettre Valls en… fureur ?

Il persiste et signe dans la comparaison avec le régime nazi, évoquant un « holocauste virtuel » des musulmans de France. « Ils vivent sous la menace, sous une tension, craignant à chaque instant d’être victimes d’un acte criminel », assure-t-il. Abderrahim Ariri accuse le gouvernement français de ne pas les protéger suffisamment. Autant de raisons, selon lui, qui justifient cette Une.