La Une « impertinente » d’un journal marocain qui plairait sans doute à Charlie hebdo

Faut-il introduire le « blasphème » dans la loi française ?

Un montage-photo qui vaut bien un dessin de Charlie hebdo

blog -moustache Hitler sur Hollande-el Watan-capture-30jan2015Provocation ? Cet hebdomadaire marocain se demande si la France va « faire renaître les camps de concentration d’Hitler pour exterminer les musulmans ».
François Hollande affublé d’un uniforme nazi, d’une moustache à la Hitler et d’un brassard à croix gammée: c’est le photomontage publié cette semaine en couverture d’un journal arabophone marocain, Al Watan Al Ane. Parue en première page de son édition datée du jeudi 29 janvier, l’illustration est accompagnée de ce titre : « Les Français vont-ils faire renaître les camps de concentration d’Hitler pour exterminer les musulmans ? »

 » ‘Peut-on rire de tout ? Vraiment ? Y-a-t-il un journal français pour imprimer cette image Photoshop ?’  » interroge le journal en légende.
Il tire à environ 12.000 exemplaires par semaine, davantage que Charlie hebdo avant les fusillades à Paris par des djihadistes de France,  a indiqué son directeur de la publication qui assume ce parallèle entre le président français et le régime nazi. « Depuis l’attentat contre Charlie Hebdo, nous avons beaucoup de témoignages qui nous indiquent que l’islamophobie a pris des proportions très inquiétantes en France« , explique-t-il.

Les relations diplomatiques se tendent.
Les offenses des libertaires français cautionnées par la gauche – au nom d’une liberté d’expression ‘no limits’ – ne devraient pas recréer des relations de bon voisinage entre la France et le Maroc. Le 22 janvier, le ministre marocain des Affaires étrangères a reporté à la dernière minute un déplacement prévu en France. La conséquence d’une série de couacs diplomatiques qui perdure depuis près d’un an et qui a amené le Maroc à suspendre sa coopération judiciaire avec l’Hexagone.

« Ce que nous exigeons dans le cadre de la coopération judiciaire, c’est le respect de notre justice. Il n’y a pas une justice française, une justice européenne et une autre justice marocaine. Comme on respecte la justice des autres, il faut qu’on respecte notre justice, et c’est fondamental si nous voulons que les relations soient apaisées et sereines », a fait savoir Salaheddine Mezouar

Les démocrates de L’Obs ont censuré la photo

La svastika a (presque) disparu:
les moins attentifs ne la verront plus !

Comme au bon vieux temps du stalinisme, la presse de gauche fait disparaître ce qui déplaît au pouvoir. Si François Hollande apparaît vêtu d’une tenue nazie et affublé d’une petite moustache semblable à celle d’Hitler, en revanche, la photo a été coupée pour faire disparaître le brassard à croix gammée… L’hebdomadaire socialiste ajoute néanmoins que son confrère maghrébin a choisi de diffuser ce photomontage douteux en première page de son édition datée du jeudi 29 janvier, accompagné de ce titre : « Les Français vont-ils faire renaître les camps de concentration d’Hitler pour exterminer les musulmans ? »

blog -non au delit de blaspheme-oct2012
« Non au rétablissement du « Délit de blasphème »!
Les Associations Laïques, Humanistes, Athées et de Libre Pensée manifestaient en octobre 2012:
Où en est François Hollande ?

« L’islamophobie a pris des proportions très inquiétantes »
Le directeur de hebdomadaire arabophone marocain Al Watan Al Ane, Abderrahim Ariri, explique que cette comparaison avec le régime nazi « c’est une sonnette d’alarme pour la classe politique, au Maroc et en France ».

Deux jours après les commémorations de la libération du camp d’Auschwitz, le journaliste établit un lien avec « les heures les plus sombres de notre Histoire », comme le font nos journalistes, au moindre prétexte. Il compare en effet le climat actuel en France à la Nuit de cristal de 1938, survenue après l’assassinat d’un responsable du Troisième Reich par un juif réfugié en France. Cette nuit de pogroms en Allemagne et en Autriche se solda par le meurtre de 91 juifs et la déportation de 35.000 d’entre eux. « Hitler a considéré cet assassinat comme un don du ciel et en a profité pour mobiliser les Allemands contre les juifs, assure Abderrahim Ariri. Et d’affirmer encore: L’acte terroriste est un don du ciel pour Hollande, qui en a profité pour se redonner une virginité politique. »

L’offense envers un chef d’Etat punie par la loi marocaine

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Que va-t-il bientôt rester de la photo originelle? Plus elle est tronquée, mieux elle passe ?

Scandaleux vu de France, ce discours est « symptomatique », juge Aïcha Akalay, directrice de la publication de TelQuel.ma, magazine indépendant et privé, mais dont la ligne éditoriale est souvent critique du gouvernement marocain. « Cela traduit un malaise au sein de la société marocaine, analyse la journaliste, que francetv info est allée sollicitée pour son hostilité au roi Mohammed VI du Maroc. A la fois un malaise des Marocains vis-à-vis des amalgames qui sont faits entre les musulmans et les terroristes et un malaise dans les relations entre la France et le Maroc. »

Les tensions grandissantes dans les relations diplomatiques d’ordinaire policées ont été alimentées par des dépôts de plainte en France contre de hauts dignitaires marocains, des impairs diplomatiques ou encore le rapprochement franco-algérien. Depuis, la coopération judiciaire a été suspendue par le Maroc et celle sur la sécurité est également fortement affectée. Interrogé à ce sujet par l’UMP Luc Chatel à l’Assemblée mercredi, le Premier ministre Manuel Valls a appellé en langue de bois les deux pays à « dépasser » cet épisode de refroidissement, « basé sur de nombreuses incompréhensions ».

La justice marocaine pourrait avoir recours à l’article 52 du Code de la presse marocain qui prévoit une peine d’un mois à un an de prison, ainsi qu’une amende, en cas d' »offense commise publiquement » envers un chef d’Etat étranger. Peu importe, répond Abderrahim Ariri. « Le rôle du journaliste, c’est de secouer », explique le directeur de la publication d’Al Watan Al Ane.

Qui a osé mettre Valls en… fureur ?

Il persiste et signe dans la comparaison avec le régime nazi, évoquant un « holocauste virtuel » des musulmans de France. « Ils vivent sous la menace, sous une tension, craignant à chaque instant d’être victimes d’un acte criminel », assure-t-il. Abderrahim Ariri accuse le gouvernement français de ne pas les protéger suffisamment. Autant de raisons, selon lui, qui justifient cette Une.

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« Le multiculturalisme m’a tuer », haut-le-coeur de la France et de Natacha Polony

Si la France est multi-ethnique, elle n’a pas pour autant de tradition multiculturelle

« Abandonner l’exigence d’une culture commune, c’est tuer l’idéal d’émancipation français » explique Natacha Polony.

Caricature ou représentation signifiante: cette répartition ethnique
-où le Blanc est minoritaire-
anticipe l’avenir de la population française

Dans le flot ininterrompu des déclarations qui invitent à mettre en œuvre le «plus jamais comme avant» imposé par les événements, une petite musique se fait entendre, qui ne laisse pas d’inquiéter. Déjà, nous avions appris que, le 11 janvier, nous devions marcher, au choix, «contre le Front national» (selon la direction de Mediapart), «contre les attaques envers les musulmans» (Clémentine Autain). Nous avions compris, à force de l’entendre, que tout cela «n’a rien à voir avec l’islam» (Allah akbar, le Prophète… non, non, rien à voir). Nous avions même fini par savoir que c’était le «totalitarisme laïcard» qui tuait, puisque Benoist Apparu appelait à l’éradiquer. Désormais, nous savons que des jeunes gens peuvent justifier des meurtres atroces, ou du moins les comprendre, parce que «dans leur culture», l’image du Prophète est ce qu’il y a de plus sacré. Et nous entendons de la part de Français inquiets qu’il «ne faut pas dessiner de caricatures parce qu’il faut respecter les autres cultures».

Avec son air de bienveillance, cette phrase, nous raconte ce qu’est devenue la France. Ainsi, au pays de Rabelais, de Voltaire et d’Hugo, on estime que des enfants français, nés en France, ayant suivi leur scolarité dans l’école de la République, appartiennent à une culture «autre», une culture à ce point différente de la «nôtre» (mais qui est ce «nous»?) qu’ils sont incapables de s’émanciper des dogmes d’une religion déclinée dans sa version la plus rigoriste et la plus éloignée de notre modernité laïque.

Qui s’en étonnera puisqu’on entend à longueur de journée des discours de gentils animateurs de banlieue ou de professeurs bienveillants nous expliquer sur les plateaux de télévision que la France est «multiculturelle», et qu’il faut bien l’admettre (sinon, l’on est un affreux raciste). Aussi, disons-le clairement, ce dont la France souffre aujourd’hui est avant tout une absence totale de maîtrise de la langue (ce qui, de la part de professeurs, pose tout de même un certain problème).

Non, la France n’a jamais été un pays «multiculturel»

Mort de la culture française

C’est  un pays «multi-ethnique». On peut avoir toutes les couleurs de peau, venir des confins du monde, et être citoyen français. Mais ce qui distingue la République française des autres démocraties libérales est justement qu’elle est un peu moins libérale puisqu’elle unit ces gens de toutes les origines en un peuple partageant une même culture.

Les mots de la chroniqueuse du journal Le Figaro tempèrent sa pensée, mais, dans ce contexte de pauvreté langagière du plus grand nombre, le pouvoir joue sur du velours.

Ex-porte-parole du gouvernement Ayrault, promue ministre de l’Education, parce que femme et bi-nationale, Najat Vallaud-Belkacem joue de cette ignorance pour développer les manipulations sémantiques du gouvernement…

Un syndicat de police dénonçait une protection lourde de Charlie hebdo

Les provocations sous haute protection policière, dès octobre 2012

Détournement de moyens publics pour la protection d’une entreprise privée

En 2013, avant la montée dans l’hexagone de l’islamisme radicale, le syndicat Alliance Police nationale ne trouvait pas juste d’encourager Charlie Hebdo à l’agression textuelle et graphique. A l’époque, il qualifiait cette protection policière d »‘inadmissible » et de « luxe« . Ce tract rendu public par le Canard enchaîné met en question l’usage des contributions fiscales des Français imposables quand on sait que les moyens policiers n’ont pas empêché l’exécution djihadiste de douze personnes le 7 janvier 2015 dans les locaux du journal satirique…

Bien que le contexte n’ait pas été encore celui des menaces islamistes actuelles sur l’ensemble du territoire, le journal satirique cousin de Charlie hebdo fait le procès du syndicat Alliance Police nationale qui, dans un contexte autre, réclamait l’arrêt de « la mission Charlie Hebdo » en avril 2013. Selon l’extrait publié du tract, il  trouvait « inadmissible » que « depuis plus de sept mois, les compagnies d’intervention fournissent jusqu’à neuf collègues par jour pour la protection des locaux privés d’un journal ».
Alliance dénonçait une  « tâche indue » et à un « luxe ». « Le 4 avril, lors d’une audience auprès du directeur de la DOPC, nous avons exigé l’arrêt immédiat de la mission Charlie Hebdo, peut-on lire sur le tract du syndicat.

Le préfet de Paris, Bernard Boucault

Le préfet n’a pas accédé à la demande.
Mais depuis quelques mois, le ministère de l’Intérieur avait assoupli le dispositif, comme l’a confirmé dans les colonnes de Libération Antonio Fischetti,  journaliste à Charlie Hebdo qui n’était pas présent le jour du drame. « Après l’incendie qui avait détruit nos locaux en 2011 – suite à une deuxième atteinte à la sensibilité des croyants musulmans, après la publication des caricatures danoise en 2006 il y a eu pendant longtemps une voiture de police en bas du journal. D’abord tout le temps, puis pendant la réunion de rédaction, le mercredi matin [comme le jour du carnage du 7 janvier dernier]. Mais depuis quelque temps, un mois ou deux, il n’y en avait plus. » Une mesure manifestement prise par l’Intérieur et son ministre, Bernard Cazeneuve, sur requête du préfet de Paris, depuis mai 2012, Bernard Boucault.
Luc Poignant, du syndicat Unité SGP Police (FO), précise toutefois que « des rondes se tenaient régulièrement devant le siège du journal satirique« .

Contacté par Rue89 (groupe L’Obs, classé à gauche), Pascal Disant du syndicat Alliance ne voit « aucune erreur d’appréciation », mais un coup bas du syndicat rival. « C’est une fausse polémique qui vient de la concurrence syndicale. Et sachez de toute façon que si trois, quatre ou cinq policiers avaient été postés devant les locaux de Charlie Hebdo, il y aurait simplement eu plus de policiers tués« , fait-il observer.

« Charlie Hebdo, c’est pas mes copains. Qu’ils crèvent ! » Guy Bedos a été exaucé…

Sombre idiot, Guy Bedos regrette en évoquant le contexte.

Cette agression verbale avait consterné les amis de ce clown triste, tout comme les provocateurs de Charlie Hebdo.
Bizarrement, ces voeux de mort de fin 2012 avaient été étouffés par la presse pourtant si prompte à buzzer, mais le massacre de 12 personnes par des djihadistes dans les locaux du journal, le 7 janvier 2015, a fait soudain ressortir et l’offense et son caractère odieux.

Le 19 septembre 2012, une vive polémique naît à la suite de la publication de caricatures du prophète Mahomet, en pleine polémique causée par la diffusion du film L’Innocence des musulmans, avec la volonté délibérée, donc, de jeter de l’huile sur le feu. Des instances religieuses tels que le Conseil français du culte musulman (CFCM) ou encore le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) les avaient condamnées. Certains dirigeants politiques aussi, avec parfois l’ambiguïté d’un Jean-Marc Ayrault, premier ministre socialiste qui rappela à la fois que « la liberté d’expression constitue l’un des principes fondamentaux de la République» et que « sa désapprobation face à tout excès» n’a pas faibli.

Interrogé par Varmatin.com, l’humoriste avait exprimé son ras-le-bol de l’équipe de Charlie à propos de la publication à caractère provoquant de caricatures de Mahomet.


Elles constituaient une récidive à la publication en France en 2006 d’une série… danoise par douze dessinateurs parue le 30 septembre 2005 dans le quotidien danois Jyllands-Posten : elles avaient produit l’effet escompté pour les finances du journal satirique, enflammant la France et bien au-delà.
« Charlie Hebdo, ce n’est pas mes copains ! » avait alors lançé Bedos en 2012, avec véhémence. « Qu’ils crèvent ! Ils ont pris des risques sur la peau des autres, et en plus, ce n’est pas drôle… »

VOIR et ENTENDRE l’imbécile heureux de 78 ans en 2012:

Bedos explique que c’était leur manière de se parler, une façon un peu trop directe, certes, mais sans penser à mal ! « C’était le langage de Charlie , le mien… On se disait des horreurs, mais on était copains et on pouvait boire un coup juste après. »

La crise de Bedos avait de multiples raisons

L’une d’entre elles est le départ de Siné de Charlie hebdo qui l’avait brouillé avec l’équipe en 2012: l’humoriste confus et le journal anarcho-révolutionnaire n’étaient plus sur la même longueur d’onde : Bedos ne se reconnaissait plus dans l’humour antisémite de Charlie Hebdo, déplorant notamment le licenciement du dessinateur Siné, un vieil ami qui provoqua un psychodrame dans le petit milieu libertaire. En 1982, la LICRA avait pourtant accusé Siné d’incitation à la haine raciale pour des propos jugés antisémites. Les relations des deux hommes se distendirent donc avec Cabu et Wolinski, des anti-sionistes et pro-palestiniens avérés.

« Depuis que Reiser est mort, depuis que Siné n’est plus là, ils ne me font pas rire », se justifie Guy Bedos dans Varmatin.com. L’humoriste n’accepte pas non plus la trahison, à ses yeux, de Philippe Val, qui a dirigé le journal pendant des années avant de rejoindre l’équipe de Radio France au côté de Jean-Luc Hees. « Je n’ai pas de leçon d’insolence à recevoir de gens qui se sont couchés, poursuit le comique. Notamment Philippe Val, qui s’est couché devant Nicolas Sarkozy pour devenir directeur de France Inter. Dans la résistance, on n’aurait pas été dans le même réseau. »

blog -Bedos G-clown tristeLe clown se repent

Bedos estime aujourd’hui que les brouilles de 2012 sont une vieille histoire.Il parle d’éthique et se dit profondément affecté par les assassinats islamistes de ceux qu’ils considéraient comme faisant partie de « sa famille« , celle qui prône la liberté d’expression. A tel point qu’il n’avait pas envie de s’épancher, après le drame, à la télé ou à la radio. « Je pleu­rais comme un gosse de douze ans, avoue-t-il. Ça m’a boule­versé. Je le suis toujours et je n’avais pas envie d’aller me montrer…« 

Et puis l’humoriste est encore subitement revenu sur ses propos cette semaine, en déplorant qu’on ait pu le soupçonner de vouloir vraiment la peau de la rédaction du journal satirique.

Les provocateurs pardonnent aux tireurs et aux humoristes

« Je regrette d’avoir dit ça, évidemment, a-t-il reconnu sur BFM TV. Mais ça n’a pas le sens qu’on veut lui donner aujourd’hui. Qu’ils crèvent ! Ah bon !? J’aurais pensé ça ? Pas du tout, ça voulait dire qu’ils aillent se faire foutre ! » Une expression malheureuse, donc, lancée sans arrière-pensée pour signifier qu’il n’avait plus rien à leur dire à cette époque. A 80 ans, Guy Bedos n’a toujours pas trouvé équilibre et sérénité.

Afghanistan : des manifestants brûlent le drapeau français en réaction aux caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo

Les provocations des dessinateurs de Charlie Hebdo blessent aussi les Afghans

Au cours de la manifestation, organisée par de jeunes activistes, les participants ont scandé notamment « mort à la France ».

Entre 500 et 600 manifestants ont défilé lundi à Jalalabad, dans l’Est de l’Afghanistan, et brûlé un drapeau français pour protester contre la publication d’une nouvelle caricature du prophète Mahomet par le journal anarcho-révolutionnaire français Charlie Hebdo.

Les manifestants se sont rassemblés lundi matin dans les rues de cette ville frontalière du Pakistan pour dénoncer la publication d’une nouvelle caricature de Mahomet en une du numéro de Charlie Hebdo paru mercredi. Cette nouvelle provocation en Une du numéro dit des « survivants » a été publié après que les frères Saïd et Chérif Kouachi, des djihadistes de France ont fait irruption le 7 janvier dans les locaux du journal parisien, assassinant douze personnes.

Au cours de la manifestation, de jeunes activistes musulmans s’en sont pris à la France. Matiullah Ahmadzai, l’un des organisateurs, a demandé au gouvernement afghan et aux autres pays musulmans de rompre leurs liens diplomatiques avec la France. « Nous sommes musulmans. Nous sommes prêts à nous sacrifier pour l’islam et notre prophète Mahomet. Nous voulons la fermeture de l’ambassade de France à Kaboul. La France devrait présenter ses excuses aux pays musulmans« , a-t-il déclaré. Abdul Rahman, un autre manifestant, arborait une banderole avec le slogan « Mahomet, je t’aime », en scandant : « Je ne me tairai pas. »

Le drapeau français brûlé et le président Hollande conspué

Dimanche déjà, quelques dizaines d’étudiants avaient manifesté, sans incident, à l’intérieur du campus de l’université de Jalalabad. Samedi, le président afghan Ashraf Ghani avait condamné la publication d’une nouvelle caricature du prophète, la jugeant « irresponsable ».

Les caricatures du prophète avaient déjà agité l’Afghanistan par le passé.
En septembre 2012, entre 200 et 300 personnes avaient marché à Kaboul pour dénoncer la publication par Charlie Hebdo de nouvelles caricatures de Mahomet.

Au Pakistan voisin, des milliers de personnes ont manifesté entre vendredi et dimanche, certains brûlant des drapeaux français , des effigies du président français, ainsi que des dessinateurs de l’hebdomadaire satirique.

Vendredi, après la traditionnelle prière, la contestation avait tourné à l’affrontement devant le consulat français de Karachi (sud) où un photographe avait été grièvement blessé par balle.

 

Les Français sont partagés sur les caricatures infâmes de Mahomet

Les Français n’apprécient pas autant qu’on le dit les caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo

Charb n'est pas raciste et il n'a pas été poursuivi: à la différence des autres,  il fonctionne dans le second degré;;;
Charb n’est pas raciste et il n’a pas été poursuivi: à la différence des autres, il fonctionne dans le second degré…

Alors que neuf personnes sont toujours en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur les attentats sanglants commis par des djihadistes de France la semaine dernière et que <font style = »purple »les tueurs, Chérif Kouachi a été enterré à Gennevilliers et Amedy Saïd, l’aîné, à Reims,neuf gardes à vue ont été prolongées ce dimanche dans le cadre de l’enquête sur les 17 victimes du terrorisme.12 personnes avaient été arrêtées dans la nuit de jeudi à vendredi. Ces 8 hommes et 4 femmes ont été interrogés sur le possible soutien logistique (armes, véhicules…) qu’ils sont susceptibles d’avoir apporté à Amédy Coulibaly, le preneur d’otages de la supérette casher de la porte de Vincennes, à Paris. <br>Ce dimanche, à Sainte-Marie (Martinique), est également marqué par l’hommage rendu à Clarissa Jean-Philippe, la policière municipale abattue à Montrouge (Hauts-de-Seine) par les fanatiques religieux. Une marche silencieuse et une veillée étaient prévues.

Il demeure que caricaturer le prophète Mahomet suscite un débat en France.Un sondage paru ce dimanche révèle que les Français n’apprécient guère les provocations des anarcho-libertaires du journal, dans le même temps où la nouvelle Une de Charlie Hebdo caricaturant Mahomet provoque au Niger de violentes manifestations qui ont fait 10 morts vendredi et samedi.

Le « rassemblement républicain » n’a pas fait long feu

Le patron du PS fait l’apologie de Hollande et charge Le Pen. Sur i-télé et Europe 1, Jean-Christophe Cambadélis a le sentiment que « le président de la République a « incarné la France dans l’épreuve ». Bien que Julien Dray et d’autres socialistes aient par avance exclu Marine Le Pen de la « marche républicaine du 11 janvier, Cambadélis estime  depuis que la présidente du Front national « n’était pas dans l’union nationale; elle était dans la séparation nationale.  « Il estime même qu’ elle ne se nourrit que de la division nationale. » Et il ajoute pourtant qu’il « souhaite aussi maintenir l’esprit du 11 janvier ». « Il me semble essentiel de maintenir le plus longtemps possible l’esprit du 11 janvier », déclare Jean-Christophe Cambadélis, sur i-télé et Europe 1. Le premier secrétaire du PS stigmatise enfin certains Français sans les nommer: « Je suis inquiet de ceux qui veulent la grande séparation des musulmans avec la République. Je suis inquiet de ceux qui professent qu’il faut se mobiliser contre les musulmans ».<br>Cambadélis rejette d’un revers de main l’idée de la déchéance de nationalité. Il  prétend en effet que « nous ne pouvons pas constituer des apatrides », ignorant ainsi  que nombre de menaces sur la sécurité des Français émanent de bi-nationaux. Le socialiste s’est en revanche découvert une appétence inattendue pour le fichage, malgré les critiques de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés ): Il faut ;mieux ficher, mieux coordonner, mieux surveiller« , estime soudainement cet (ex-)trotskiste. Dans l’opposition, le PS ne dénonçait-il pas le Stic (Système de traitement des infractions constatées,  fichier de police informatisé du ministère de l’Intérieur), Edvige (dans l’optique de l’antiterrorisme et du contre-espionnage, 2008), Fnaeg ( gestion des empreintes génétiques), etc….? « On doitpouvoir mieux faire sans porter atteinte aux libertés individuelles« , s’aventure-t-il. « Ce gouvernement protège les Français face à des attaques terroristes», tient-il à se justifier.

https://dailymotion.com/video/x2ezc7j

Cambadélis montre les muscles : Il faut être intransigeants sur nos valeurs et nos principes », mais ménage la chèvre et le chou en précisant qu' »on peut moquer, mais on ne peut pas insulter ». Arthur, l’animateur de TF1, ne dit pas autrement… <br>Or, le même jours que les « il faut » et « on doit » du PS, des arrestations anti-terroristes ont lieu <u>en Grèce</u> et la cellule djihadiste est démantelée <u>en Belgique</u>, alors qu’elle était sur le point de commettre des attentats, mais « ON » dément tout lien avec des arrestations samedi dans le centre d’Athènes (Grèce)… <br><u>Au Pakistan</u>, « Reprenez vos mosquées », un mouvement contre les mosquées radicales,  tente de convaincre le pouvoir de sévir contre les institutions religieuses liées à la mouvance talibane. La récente attaque talibane contre une école de Peshawar, fatale à 150 personnes, a réactivé la vigilance de citoyens qui cherchent à « reprendre » le contrôle du pays et de ses mosquées. Là où les islamistes paradent parfois en scandant « Mort à l’Amérique », ils tiennent, à la tombée de la nuit, des veillées à la bougie dans les grandes villes du pays, et s’activent sur les media sociaux. Certains tentent de minimiser l’importance de ces républicains en les limitant  aux jeunes éduqués ds grandes universités étrangères.

blog -Mahomet maltraite par Coco-LHumanite et LObsAlors, le rédacteur en chef de Charlie Hebdo, Gérard Biard, qui sent monter la colère, tente samedi de justifier les caricatures controversées du prophète Mahomet sur la chaîne américaine NBC . « Chaque fois que nous faisons un dessin de Mahomet, chaque fois que nous faisons un dessin de prophètes, chaque fois que nous faisons un dessin de Dieu, nous défendons la liberté de religion« , assure-t-il. « Nous disons que Dieu ne doit pas être une figure politique ou publique. Il doit être une figure privée. Nous défendons la liberté de religion », maintient-il. Et c’est pourquoi, en réaction à cette contre-vérité d’un athée hostiles à toutes les Eglises, nous montrons un dessin de Coco pour L’Humanité qui a rendu un vibrant hommage à Tignous, dessinateur emblématique de Charlie Hebdo, s’en prenant au passage aux « culs bénis ». Pour leur bien, selon Biard ?

Déchéance de nationalité, interdiction de retour et de sortie du territoire.<br>Le PS est déconnecté du terrain<br>Outre Cambadélis, comme nous l’avons constaté plus haut, Michel Rocard, ancien Premier ministre (PS) de François Mitterrand, met en garde contre une remise en cause de la politique d’immigration en France. « On ne peut pas mettre des barbelés et des miradors à toutes nos frontières. C’est une vision du monde qu’il faut éviter à tout prix », déclare-t-il au JDD. « La vérité, c’est qu’il y a une corrélation forte entre l’importance et la durée du chômage et la délinquance », ajoute-t-il, accroché au sacro-saint dogme du social responsable de tous nos maux. Sur la lutte antiterroriste, il estime que « nous avons à notre disposition l’arsenal législatif qui convient ». Selon l’octogénaire, « c’est une idée concentrationnaire de vouloir se prémunir à tout prix (…) Soyons conscients que le Patriot Act a fait aux Etats-Unis des dégâts considérables ».

Or, dans un sondage paru ce dimanche dans le JDD, plusieurs mesures pour lutter contre le terrorisme rassemblent une majorité assez large. 81% des sondés sont ainsi favorables à « la déchéance de nationalité française pour les binationaux condamnés pour des actes de terrorisme sur le sol français », n’en déplaise à Cambadélis. <br>68% approuvent « l’interdiction du retour en France de citoyens français que l’on soupçonne d’être allés se battre dans des pays ou régions contrôlés par des groupes terroristes ».<br>Egalement 68% sont favorables à « l’interdiction de sortie du territoire aux citoyens français soupçonnés de vouloir se rendre dans des pays ou régions contrôlés par des groupes terroristes ». (sondage réalisé par téléphone les 16 et 17 janvier auprès d’un échantillon de 1003 personnes, représentatif de la population française adulte (méthode des quotas).

Faut-il faire la promotion d’un journal, tandis qu’un autre exclut Philippe Tesson et une chaîne de télévision, Zemmour ?

blog -Charlie hebdo-Mgr Vingt-Trois a 3 papas-Luz« Personne n’est tenu de lire Charlie Hebdo. Personne n’est tenu de trouver Charlie Hebdo drôle. On n’est pas tenu au rire.  En revanche, on est tenu au respect de l’ordre républicain et du droit. La loi républicaine prime en toute occasion sur la loi religieuse. Les gens font ce qu’ils veulent chez eux, mais en France on a le droit de caricaturer. Le délit de blasphème n’existe pas », raisonne Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente déléguée de l’UMP, dans le JDD. Ce souci politicien de ne pas se faire assimiler au FN fait tenir ce type de discours consensuel qui engage la responsabilité de tous, sans apporter de réponse claire.

Un gage à la violence

blog -Charlie hebdo-amour plus fort que haine-pour rire-SniffOn peut insulter ceux qui respectent les lois de la République; ceux qui recourent à l’auto-défense sont confortés. A une question rappelant que « certains musulmans se sentent blessés ou agressés par la publication de caricatures du prophète Mahomet », 42% des Français  estiment qu’il « faut tenir compte de ces réactions et éviter de publier ce type de caricatures », mais une nette majorité de 57% (sous l’influence du matraquage des media de gauche) est d’un avis contraire, selon le sondage Ifop publié dans le JDD. <br>50% des personnes interrogées se déclarent par ailleurs favorables à « une limitation de la liberté d’expression sur internet et les réseaux sociaux » contre 49% qui n’y sont pas favorables. <br>Le sondage IFOP ne pose aucune question sur la liberté d’expression des imams qui prêchent en langue arabe dans les mosquées.

blog -Charlie hebdo pourrit les rapports-BaudryGuy Béart : « Ils ne connaissent rien de Mahomet »
« Je faisais mes chansons en toute innocence. Parfois elles étaient interdites. Aujourd’hui, il y a une liberté remarquable, sauf pour nos malheureux amis de Charlie Hebdo (…) victimes d’une fusillade déconnante par des musulmans qui ne connaissent rien de Mahomet. Il faut continuer le rire malgré tout. »

Alger : Charlie hebdo stimule les islamistes

Ce réveil des islamistes les plus radicaux pourrait faire tache d’huile.


De nombreux Algériens sont descendus dans les rues pour clamer leur foi et leur colère contre la provocation d’une nouvelle caricature du prophète, publiée mercredi en Une du « numéro des survivants » de Charlie Hebdo, suivant le mot d’ordre des partis islamistes à la sortie de la mosquée et de la grande prière du vendredi. Au cri de « Il n’y a Dieu qu’Allah et Mahomet est son messager », le cortège s’est ébranlé du quartier populaire Belouizdad à la fontaine du 1er mai.
Ali Belhadj, ancienne figure du Front islamique du salut (FIS), avait lancé un appel aux Algérois à se rendre à l’une des nombreuses mosquées de l’ancien quartier Belcourt. Considéré comme l’un des « prêcheurs de mort », il a été arrêté avec un imam salafiste. Les arrestations de Belhadj sont assez courantes paradoxalement, depuis que la concorde civile lui a permis de vivre en dehors des prisons.

Le pouvoir de la parole des imams

Marche « Je suis Mohamed » à Borj Bou Arreridj, Algérie

Le journal satirique n’a en effet été distribué dans aucun point de vente, mais des hommes, des femmes et aussi des enfants, tous étaient rassemblés pour affirmer leur conviction contre un journal interdit de parution en Algérie, comme au Maroc.

« Kouachi, martyr »

Arrivés au 1er mai, à quelques pas d’un bâtiment officiel, les manifestants ont été stoppés par le dispositif policier. Les petites rues adjacentes ont été prises d’assaut et les forces de police pourtant nombreuses ont vite été débordées par la foule. D’autant que le cortège a été rejoint par des habitants des hauts quartiers algérois. Après avoir occupé la rue au cri d' »Allah Akbar », les manifestants se sont dispersés dans le désordre, mais un gros groupe d’irréductibles s’est constitué devant l’Assemblée nationale. Le slogan avait changé. Cette fois, la foule criait : « Kouachi, martyr ! »

Ils sont alors plus d’un millier à faire face aux forces de l’ordre qui ont pour consigne de défendre le bâtiment officiel. Après une demi-heure de sitting des activistes islamistes, des slogans en faveur de l’instauration d’un État islamiste ont resurgi. Or, c’était précisément un des leitmotivs des partis islamistes des années 1990. les policiers ont alors chargé, à coup de balles en caoutchouc et de gaz lacrymogènes. La manifestation a alors dégénéré: les manifestants ont répliqué avec des caillasses et le drapeau français a été brûlé.
Le mouvement « Je suis Mohamed » a, en fait, commencé le jour de la publication du dernier numéro de Charlie.

Les voitures, bus et vitrines ont affiché cette profession de foi. Dans toute l’Algérie, des citoyens se sont sentis offensés par les caricatures subversives des anarchistes de Charlie hebdo et ont réagi dans un réflexe identitaire, voulant du même coup affirmer leur religion. Dès le soir de l’attentat, quelques Algériens fêtaient ouvertement l’assassinat de leurs offenseurs français. Le ministre des Affaires religieuses avait lui-même demandé que les prêches du vendredi condamnent les caricatures du prophète. Les pays musulmans ne sont pas laïcs et les libre penseurs qui les provoquent ne respectent pas leur culture. Les Français qui, sous le coup de l’émotion, ont massivement soutenu leurs dessinateurs, participent à la montée de la crainte que ce rassemblement ne fédère les islamistes les plus radicaux du pays, voire les musulmans modérés.

"Je suis Mohamed", banderole brandie en plein match des Bleus au Qatar, le 18 janvier 2015
« Je suis Mohamed », banderole brandie en plein match des Bleus au Qatar, le 18 janvier 2015

Niger: les athées de Charlie hebdo provoquent des représailles sur des églises

Les Français du Niger sont invités à rester chez eux

Dans le monde, les manifestations anti-libertaires secouent plusieurs capitales, notamment à Niamey, au Niger, où huit églises ont été incendiées.

Au Nigéria, les communautés chrétiennes du Nord-est du Nigeria sont prises dans la guerre menée par les islamistes de Boko Haram.

L’inconséquence du président socialiste irrite les milieux catholiques

En effet, « la vie continue », estime néanmoins François Hollande en déplacement à Tulle ce samedi.

Il s’est rangé du côté des provocateurs, rappelant aux pays qui condamnent la caricature de Mahomet en Une de Charlie Hebdo que « la France a des principes et des valeurs, et ces valeurs, c’est, notamment, la liberté d’expression« .
Les Français du Niger sont invités à rester chez eux…

« Il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes (…) », selon Rokhaya Diallo

Manifeste de 2011 après les caricatures de Mahomet et l’incendie de Charlie Hebdo

La Liberté D’Expression N’Est Pas À Défendre : Elle Est À Conquérir

Sébastien Fontenelle avait publié ce texte le 5 novembre 2011 dans Politis
(Le collectif signataire de ce texte est composé de Saïd Bouamama, Youssef Boussoumah (PIR et militant de la cause palestinienne), Houria Bouteldja (appointée par l’Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, et pourtant auteure de l’ « ouvrage » ci-contre), Henri Braun, Abdelaziz Chaambi, Ismahane Chouder, Olivier Cyran, Christine Delphy, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo, Sébastien Fontenelle, Nawel Gafsia, Laurent Lévy, Hassina Mechaï, Ndella Paye, Faysal Riad, Arielle Saint Lazare, Karim Tbaili, Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, et Najate Zouggari.)
Sont-ils les invités de Julien Dray et défileront-ils dimanche?

Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias.
Nous affirmons :

• qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetière musulman.

• que la disproportion entre les unes alarmistes sur l’incendie de Charlie Hebdo et les brèves de dix lignes sur les saccages de lieux de culte musulmans entretient une vision du monde raciste : si un saccage est plus grave qu’un autre, c’est que les biens des uns sont plus précieux que les biens des autres, et c’est en définitive que les uns valent plus que les autres.

• que le climat d’état d’urgence et d’union sacrée qui s’instaure aujourd’hui autour de Charlie Hebdo est d’autant plus odieux qu’il tombe au même moment qu’un silence et une indifférence quasi générale face à un autre incendie, lui aussi parisien, lui aussi d’origine criminelle, à ceci près qu’il visait un bâtiment occupé par des Roms et qu’il a entraîné une mort d’homme : Ion Salagean.

• que Charlie Hebdo, en acceptant la visite intéressée de Claude Guéant, qui incrimine avec empressement des « extrémistes musulmans », en l’absence du moindre élément de preuve, participe, comme il l’a déjà fait dans le passé en publiant des articles ou des dessins antimusulmans, à la confusion générale, à la sarkozisation et à la lepénisation des esprits.

• qu’il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo, que les dégâts matériels seront pris en charge par leur assurance, que le buzz médiatique et l’islamophobie ambiante assureront certainement à l’hebdomadaire, au moins ponctuellement, des ventes décuplées, comme cela s’était produit à l’occasion de la première « affaire des caricatures » – bref : que ce fameux cocktail molotov risque plutôt de relancer pour un tour un hebdomadaire qui, ces derniers mois, s’enlisait en silence dans la mévente et les difficultés financières.

• que, contrairement à ce qui dit et se répète jusqu’à la nausée à la faveur de ce nouveau buzz antimusulman, la liberté de critiquer l’islam est tout sauf menacée, et que toute personne dotée d’un minimum de bon sens peut même constater, en inspectant semaine après semaine la devanture de son kiosque ou les programmes de télévision, que concernant l’islam, non seulement la critique mais aussi la caricature et l’injure prospèrent en toute tranquillité et en toute bonhomie depuis au moins une décennie.

• qu’en revanche, il est une liberté d’expression qui est bel et bien menacée, et même plus d’une : celle pour commencer des femmes qui voudraient s’habiller comme bon leur semble, sans qu’un État national-laïque [laïc] leur impose par la loi un dress-code de bonne musulmane cheveux aux vents ; celle de ces mêmes femmes lorsqu’elles voudraient faire entendre leur ras-le-bol des regards, injures et discriminations qu’elles subissent quotidiennement au motif qu’elles portent un foulard ; celle des sans-papiers qui aimeraient avoir la parole et informer le public sur la réalité de leurs conditions de vie ; celle des SDF, des chômeurs, des précaires, qui sont les perpétuels recalés de l’espace public officiel – cet espace de « libre expression » qu’il s’agirait aujourd’hui de défendre, main dans la main avec Charb, Luz, Riss et leurs supporteurs [Claude Guéant, Ivan Rioufol et Marine Le Pen].

• que les leçons de tolérance adressées par l’élite blanche aux musulmans, présumés coupables de l’incendie, sont pour le moins malvenues puisque, contrairement à ce qui se dit et se répète, le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute « offense au drapeau ou à l’hymne national ».

• que la liberté d’expression consiste à donner la parole aussi à la masse de celles et ceux, musulmans ou pas, qui n’éprouvent absolument aucune sympathie pour Charlie Hebdo, y compris « dans ce moment difficile », à toutes celles et ceux qui n’ont, depuis des années, aucun espace dans les grands médias pour dire leur écoeurement face à la nouvelle marque de fabrique de cet hebdomadaire : un anticléricalisme primaire doublé d’une obsession islamophobe.

• que, pour commencer, la liberté d’expression consisterait, pour que les amis de Charlie Hebdo retrouvent une once d’honneur, à donner abondamment la parole aux proches de Ion Salagean, à ses amis résidents du 163 rue des Pyrénées, et plus largement aux Roms qui subissent depuis de nombreux mois, et depuis bien plus longtemps en fait, le plus brutal et le plus assumé des racismes d’État.
P.-S.

Saïd Bouamama estsociologue et militantantiraciste ; Youssef Boussoumah et Houria Bouteldja (sa compagne franco-algérienne) sont membres du Parti des Indigènes de la République ;Abdelaziz Chaambi est porte parole du Collectif contre le racisme et l’islamophobie ; Ismahane Chouder et Ndella Paye sont membres duCollectif des Féministes Pour l’Egalité, de Mamans Toutes égales et de Participation et Spiritualité musulmanes ; Christine Delphy est sociologue et militante féministe ; Olivier Cyran, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo (photo ci-dessus: suggestion que Marianne devrait être blanche…), Sébastien Fontenelle et Hassina Mechaï sont journalistes ; Henri Braun et Nawel Gafsia sont avocats ; Sylvie Tissot est sociologue et militante féministe ; Arielle Saint Lazare est militante féministe ; Laurent Lévy, Faysal Riad, Karim Tbaili, Pierre Tevanian et Najate Zouggari sont militants antiracistes.

« Il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes (…) », selon Rokhaya Diallo (PIR)

Manifeste de 2011 après les caricatures de Mahomet et l’incendie de CharlieHebdo

La Liberté D’Expression N’Est Pas À Défendre : Elle Est À Conquérir

Sébastien Fontenelle avait publié ce texte le 5 novembre 2011 dans Politis
(Le collectif signataire de ce texte est composé de Saïd Bouamama, Youssef Boussoumah (PIR et militant de la cause palestinienne), Houria Bouteldja (appointée par l’Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, et pourtant auteure de l’ « ouvrage » ci-contre), Henri Braun, Abdelaziz Chaambi, Ismahane Chouder, Olivier Cyran, Christine Delphy, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo, Sébastien Fontenelle, Nawel Gafsia, Laurent Lévy, Hassina Mechaï, Ndella Paye, Faysal Riad, Arielle Saint Lazare, Karim Tbaili, Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, et Najate Zouggari.)
Sont-ils les invités de Julien Dray et défileront-ils dimanche?

Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias.
Nous affirmons :
• qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetière musulman.
• que la disproportion entre les unes alarmistes sur l’incendie de Charlie Hebdo et les brèves de dix lignes sur les saccages de lieux de culte musulmans entretient une vision du monde raciste : si un saccage est plus grave qu’un autre, c’est que les biens des uns sont plus précieux que les biens des autres, et c’est en définitive que les uns valent plus que les autres.
• que le climat d’état d’urgence et d’union sacrée qui s’instaure aujourd’hui autour de Charlie Hebdo est d’autant plus odieux qu’il tombe au même moment qu’un silence et une indifférence quasi générale face à un autre incendie, lui aussi parisien, lui aussi d’origine criminelle, à ceci près qu’il visait un bâtiment occupé par des Roms et qu’il a entraîné une mort d’homme : Ion Salagean.
• que Charlie Hebdo, en acceptant la visite intéressée de Claude Guéant, qui incrimine avec empressement des « extrémistes musulmans », en l’absence du moindre élément de preuve, participe, comme il l’a déjà fait dans le passé en publiant des articles ou des dessins antimusulmans, à la confusion générale, à la sarkozisation et à la lepénisation des esprits.
• qu’il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo, que les dégâts matériels seront pris en charge par leur assurance, que le buzz médiatique et l’islamophobie ambiante assureront certainement à l’hebdomadaire, au moins ponctuellement, des ventes décuplées, comme cela s’était produit à l’occasion de la première « affaire des caricatures » – bref : que ce fameux cocktail molotov risque plutôt de relancer pour un tour un hebdomadaire qui, ces derniers mois, s’enlisait en silence dans la mévente et les difficultés financières.
• que, contrairement à ce qui dit et se répète jusqu’à la nausée à la faveur de ce nouveau buzz antimusulman, la liberté de critiquer l’islam est tout sauf menacée, et que toute personne dotée d’un minimum de bon sens peut même constater, en inspectant semaine après semaine la devanture de son kiosque ou les programmes de télévision, que concernant l’islam, non seulement la critique mais aussi la caricature et l’injure prospèrent en toute tranquillité et en toute bonhomie depuis au moins une décennie.
• qu’en revanche, il est une liberté d’expression qui est bel et bien menacée, et même plus d’une : celle pour commencer des femmes qui voudraient s’habiller comme bon leur semble, sans qu’un État national-laïque [laïc] leur impose par la loi un dress-code de bonne musulmane cheveux aux vents ; celle de ces mêmes femmes lorsqu’elles voudraient faire entendre leur ras-le-bol des regards, injures et discriminations qu’elles subissent quotidiennement au motif qu’elles portent un foulard ; celle des sans-papiers qui aimeraient avoir la parole et informer le public sur la réalité de leurs conditions de vie ; celle des SDF, des chômeurs, des précaires, qui sont les perpétuels recalés de l’espace public officiel – cet espace de « libre expression » qu’il s’agirait aujourd’hui de défendre, main dans la main avec Charb, Luz, Riss et leurs supporteurs [Claude Guéant, Ivan Rioufol et Marine Le Pen].
• que les leçons de tolérance adressées par l’élite blanche aux musulmans, présumés coupables de l’incendie, sont pour le moins malvenues puisque, contrairement à ce qui se dit et se répète, le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute « offense au drapeau ou à l’hymne national ».
• que la liberté d’expression consiste à donner la parole aussi à la masse de celles et ceux, musulmans ou pas, qui n’éprouvent absolument aucune sympathie pour Charlie Hebdo, y compris « dans ce moment difficile », à toutes celles et ceux qui n’ont, depuis des années, aucun espace dans les grands médias pour dire leur écoeurement face à la nouvelle marque de fabrique de cet hebdomadaire : un anticléricalisme primaire doublé d’une obsession islamophobe.
• que, pour commencer, la liberté d’expression consisterait, pour que les amis de Charlie Hebdo retrouvent une once d’honneur, à donner abondamment la parole aux proches de Ion Salagean, à ses amis résidents du 163 rue des Pyrénées, et plus largement aux Roms qui subissent depuis de nombreux mois, et depuis bien plus longtemps en fait, le plus brutal et le plus assumé des racismes d’État.
P.-S.

Saïd Bouamama estsociologue et militantantiraciste ; Youssef Boussoumah et Houria Bouteldja (sa compagne franco-algérienne) sont membres du Parti des Indigènes de la République ;Abdelaziz Chaambi est porte parole du Collectif contre le racisme et l’islamophobie ; Ismahane Chouder et Ndella Paye sont membres duCollectif des Féministes Pour l’Egalité, de Mamans Toutes égales et de Participation et Spiritualité musulmanes ; Christine Delphy est sociologue et militante féministe ; Olivier Cyran, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo (photo ci-dessus: suggestion que Marianne devrait être blanche…), Sébastien Fontenelle et Hassina Mechaï sont journalistes ; Henri Braun et Nawel Gafsia sont avocats ; Sylvie Tissot est sociologue et militante féministe ; Arielle Saint Lazare est militante féministe ; Laurent Lévy, Faysal Riad, Karim Tbaili, Pierre Tevanian et Najate Zouggari sont militants antiracistes.

Insulte à la chrétienté: l’art impertinent verse dans le pot de chambre

Les Chrétiens ne commentent pas d’attentats pour autant…

Piss Christ: Mgr. Barbarin déplore « une offense »…

Les artistes scato provoquent les cathos.
Les musulmans avaient subi des atteintes avec les caricatures de Mahomet, leurs intégristes avaient lancé une fatwa, et les locaux de Charlie hebdo avaient été incendiés, mais les chrétiens ne s’en prennent pas aux hommes, fussent-ils traditionnalistes.

Le méchant jeu de mot: Piss Christ / Peace Christ n’émeut pas les mécréants

Certains commentateurs impies admettent que le traitement infligé par l’artiste à un crucifix, symbole religieux fort, peut blesser et offusquer des fidèles, et que ceux-ci peuvent légitimement exprimer leur indignation, mais ils contestent qu’une agression puisse en appeler une autre. Ce parti-pris conduit à accuser ce recours au blasphème de défaite de l’intelligence et de la raison, et aussi d’incapacité à entrer en dialogue avec ses contemporains. Ce que l’artiste fait en revanche magnifiquement… Les bons apôtres ajoutent même que la foi chrétienne n’a besoin ni de défenseurs, ni d’une « sorte de police religieuse chargée de la faire respecter« . N’aurait-elle besoin que de martyrs ?

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon et Primat des Gaules, a qualifié d' »offense » la photographie de l’artiste américain Andres Serrano en mal d’inspiration.
 » C’est une blessure profonde pour nous, surtout en cette Semaine Sainte, car elle touche ‘Celui qui nous a aimés jusqu’à l’extrême’ « , a-t-il estimé.
Il a également demandé le « retrait » de l’oeuvre, ainsi que l’avait fait l’évêque d’Avignon, Mgr Jean-Pierre Cattenoz.

Un millier de catholiques s’est retrouvé à Avignon samedi 16 avril pour réclamer le retrait de la photo de l’artiste
Porte-parole de la conférence des évêques de France, qui avait fustigé le débat sur la laïcité, Mgr Poidvin est soudainement bien silencieux…

 

Bien entendu, M. Yvon Lambert, propriétaire de cette collection, est mécontent !
Il s’est plaint quedes catholiques « intégristes » n’avaient cessé de le harceler depuis le début de l’exposition et a considéré que la destruction de cette œuvre était un signe du retour du Moyen Age. L’oeuvre elle-même est un retour à l’âge des cavernes, sans vouloir offenser les hommes en peaux de bêtes.<strong>Aux pissotières, la « république du respect »

On a droit à tous les poncifs habituels de l’intelligentsia à sec d’émotions et d’élévation de l’âme. Dans la destruction de cette tinette qu’elle valorise en œuvre d’art, elle voit une régression culturelle, de même que toute atteinte à la liberté d’expression. Amen !
Mais, en admettant que nous soyons en présence d’une oeuvre d’art ou d’une manifestation de la liberté de l’esprit, cela justifierait-il tout et n’importe quoi ? Ne s’agit-il pas d’une insulte à l’intelligence ?

La vérité est qu’il est navrant d’avoir à reposer cette question aussi vieille que la liberté aux tenants de la modernité. Depuis plus de deux siècles que les Lumières ont vaincu l’obscurantisme, les plus fervents défenseurs de la liberté s’accordent à dire que celle-ci ne doit pas franchir la frontière de l’humiliation d’autrui ni de l’incitation à la haine et acceptent que les tribunaux fassent respecter cette frontière. Trop subtil pour les touche-pipi ?

Aurait-on évoqué un retour au Moyen Age si les autorités publiques avaient interdit l’exposition d’une « œuvre » montrant la photo d’un Noir, d’un Juif ou d’un Musulman, plongée dans un bocal d’urine ? On ose imaginer qu’il aurait pu être musulman…
Notre société ne tient debout et ne maintient la paix civile entre ses membres qu’à la condition de préserver un minimum de respect à l’égard des convictions et de l’identité de chacun. Les artistes laïcs, libertaires et anarcho-révolutionnaires ne sont pas dispensés de cette règle en république du respect.

Quand l’art pue la pisse

Le «Piss Christ» avait déjà été vandalisée à coups de marteau en Australie en 1997
Cette « œuvre » de l’artiste américain incontinent, Andres Serrano (ci-contre), montrant un crucifix immergé dans unpot de chambre bocal d’urine a été détruite. Cette déjection vieille de 14 ans devait sentir fort. Dans la journée de dimanche 17 avril, des visiteurs indignés lui ont réservé le sort qu’elle mérite. Le photographe aura ainsi réussi à refaire parler de lui.
Quant aux partisans des caricatures de Mahomet, où sont-ils quand le foi catholique est en cause ?