Clandestins : 52 réfugiés du navire ‘Lifeline’ (illégitime, voire dans l’illégalité) sont entrés en France

Un titre de réfugié leur sera délivré à bref délai, clame le patron de l’Ofpra.

FRANCE-EUROPE-MIGRATION-ASYLUMLe bateau allemand ‘Lifeline’ impose 52 clandestins à Macron et aux Français.
Les cinquante-deux réfugiés sont arrivés par avion jeudi matin à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, un peu après 9 heures. Parce que Lifeline a refusé de ramener les 233 migrants à bord de son navire de secours aux gardes-côtes libyens. Et d’autres pris en charge cette fois par l’Aquarius sont également attendus prochainement. 

Les passeurs avaient cristallisé les tensions européennes en instrumentalisant les clandestins, en collaboration avec les « négriers » qui abandonnent les Africains en pleine mer après leur avoir ponctionné leurs économies. Il est donc reproché  aux associations  de faciliter et entretenir le trafic des passeurs. Tous avaient été identifiés dès leur arrivée à Malte par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) comme relevant d’un besoin de protection au titre de l’asile, selon un communiqué.

La «Mission Lifeline Search and Rescue» a été créée à Dresde (Allemagne) à la fin de l’année 2015. Cette association allemande s’était réparti la tâche avec l’Allemand ‘SOS Méditerranée’. En effet, à l’origine, elle n’intervenait pas en relais des passeurs au large de la Libye, mais sur la «route des Balkans»,  suivie par les clandestins qui pénètrent en Europe depuis la Turquie et qui rejoignent notamment l’Allemagne via la péninsule balkanique. Les activistes de cette organisation en communion d’esprit avec les ‘No border’ prenait la suite des « négriers »  dans les «hotspots» grecs, ces centres d’enregistrement créés par l’Union européenne pour repérer et identifier les personnes en situation irrégulières susceptibles de bénéficier du droit d’asile.

Rapidement, «Lifeline Search and Rescue» a diversifié son activité, d’une part dans les camps à terre et, d’autre part, en mer, à compter d’avril 2016. Le bateau, qui porte le même nom que l’organisation, est devenu opérationnel en septembre 2017. Selon le cahier des charges, le Lifeline doit pouvoir naviguer en haute mer et avoir «assez de places pour des centaines de personnes» sur ses 32m, selon l’organisation, qui précise que «leur mission est seulement possible grâce aux généreuses contributions de personnes physiques et de communautés». Sur son site, Lifeline déclare avoir perçu 41.675 euros sur les 48.000 euros qu’elle espère. 

Il y a quelques jours, Matteo Salvini a parlé sur Facebook de la cargaison de «chair humaine» que transporte le Lifeline. Et d’ajouter: «Rejoindre l’Italie, ils peuvent oublier. Je veux en finir avec le business du trafic et la mafia ». Macron continue… «Nous vous invitons cordialement à vous convaincre que ce sont des êtres humains que nous sauvons de la noyade. Venez voir, vous êtes le bienvenu !», lui ont répliqué dimanche les activistes allemands. 

L’ambiguïté de Lifeline ne concerne pas seulement son action en mer, mais également son pays de rattachement. L’Italie estime en effet que, outre qu’il a été construit en 1968, le bateau bat « illégalement, illégitimement pavillon néerlandais », a indiqué le mouvement Cinq étoiles, l’un des deux mouvements au pouvoir à Rome, avec la Ligue. Or, la représentation des Pays-Bas auprès de l’Union européenne a confirmé dans un tweet que le Lifeline ne navigue pas sous pavillon néerlandais. Avec un autre navire d’une ONG allemande, le Seefuchs, «ils n’apparaissent pas dans les registres navals des Pays-Bas», a-t-elle écrit. Deux sites internet de référence – l’entreprise de crowdsourcing Marine Traffic et la base de données Equasis – estiment quant à eux que le Lifeline est bien néerlandais.  Sans doute savent-ils mieux que le pays concerné au premier chef. La première entreprise a fourni des données diverses sur la crise migratoire méditerranéenne, les mouvements suspects de pétroliers dans le territoire contrôlé par l’Etat islamique, les oligarques russes avec les officiels américains, les allégations de sanctions et les mouvements des investissements maritimes du membre du cabinet américain. La seconde regroupe des informations concernant la sécurité des navires, mais l’Allemagne n’est pas au nombre de ses 10 pays contributeurs.

«Il n’y a pas de mensonge», certifie le porte-parole de l’association, qui précise: «Il existe différents registres dans lesquels on peut enregistrer un navire. Aux Pays-Bas, le Lifeline est enregistré dans le registre des embarcations de plaisance [sic] et non dans celui des navires néerlandais. Par conséquent, il n’a pas le droit d’utiliser les Pays-Bas comme Etat du pavillon, mais le seul drapeau, ça va», explique-t-il, froidement. Me Perrine Gaston, avocate au cabinet d’avocats Raison et associés (Marseille) spécialisé en droit maritime, juge simplement «le pavillon néerlandais … tout à fait recommandable», à la différence de «pavillons dits de complaisance», comme celui «du Panama ou des îles Marshall», polémique-t-elle. «Le pavillon des Pays-Bas est très libéral, » admet-elle toutefois (…) C’est un pays de grande tradition maritime, et les exigences légales sont très limitées», lâche quant à lui un site spécialisé.

Cette opération montre « la solidarité très concrète de la France envers ses voisins européens en première ligne pour les arrivées par voie maritime »s’est expliqué le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, en estimant que la France a été « l’un des premiers pays à s’engager pour cet accueil. »

A la différence de Madrid qui a autorisé le navire Aquarius à accoster à Valence en Espagne, l’Italie a fait opposition à l’accès du Lifeline aux ports italiens et à l’UE. Au terme d’un périple qui a mis sur la place publique les divergences européennes sur l’accueil forcé de clandestins, la France avait proposé, avec le soutien de la solidarité européenne, d’accueillir une partie d’entre eux. Environ 80 illégaux de l’Aquarius sont attendues prochainement.

La France, entre deux eaux

Parmi les 52 arrivants se trouvent « 42 Soudanais et 3 Erythréens », ainsi que (en nombre indéterminé) des ressortissants de Somalie, du Tchad, du Cameroun, du Togo et de Côte d’Ivoire, a précisé Pascal Brice, le directeur général de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), établissement public administratif dont le directeur (depuis 2012) vient d’être reconduit par Macron. Venu les accueillir à Roissy, « Monsieur Pascal », comme l’appellent les migrants, était déjà sur l’île grecque de Lesbos en 2015 pour mesurer par lui-même le dispositif d’entrée en Union européenne des illégaux.  « C’est un vrai militant de l’asile », qui chuchotait à l’oreille des migrants, comme à celle de Bernard Cazeneuve ou de Manuel Valls, avec un objectif : redorer le lustre de l’asile en France. On notera que tous les pays d’origine des 52 ne sont pas des dictatures… Mieux, la France réunit sur son territoire des citoyens du Tchad ami et d’autres de la province soudanaise en guerre du Darfour… En 2013, le Tchad a envoyé des troupes au nord du Mali pour participer à l’opération Serval.

Les arrivants devraient gagner dans la journée des centres d’accueil, l’un à Toulouse et l’autre en Ile de France, « où ils vont rester de dix à quinze jours ». Ils seront ensuite orientés vers des centres d’accueil plus pérennes, mais non précisés, a indiqué Raphaël Sodini, directeur de l’asile à la Direction générale des étrangers en France, précisant a priori qu’ils obtiendront « très rapidement » le statut de réfugié.

Ils bénéficieront également « d’une formation linguistique et aux valeurs de la République dans le cadre du contrat d’intégration républicaine », sous la houlette de l’Office français d’immigration et d’intégration (Ofii,  placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur), selon le communiqué. L’OFII propose des aides au retour et des aides à la réinsertion dans le pays d’origine. 

Macron a cédé dans une annonce du mardi 26 juin

« Le président de la République a eu des mots très durs à l’encontre de l’ONG propriétaire du Lifeline puisqu’il a dit que le bateau n’a respecté aucune règle, qu’il avait coupé ses radars pour ne pas être visibles des garde-côtes libyens, » rappelle à Rome, le journaliste François Beaudonnet. C’est là le cœur du problème. Jusqu’à présent, les sauvetages en Méditerranée étaient coordonnés par un centre qui se trouve à Rome. Dorénavant, ils seront coordonnés par la Libye.« 

Les ONG s’insurgent contre les décisions de l’Union européenne. Bien qu’elles soient illégitimes, ces ONG associations supranationales ripostent aux Etats souverains et à Macron. Elles portent plusieurs accusations, selon le journaliste : « D’abord, les garde-côtes ont souvent fait preuve de violence au cours des sauvetages. Ensuite, les réfugiés sont ramenés vers la Libye et retournent vers l’enfer qu’ils ont quitté. C’est en tout cas la nouvelle politique européenne, celle qui sera appliquée. »

Migrants : Macron anime un sommet européen qui fait ‘plouf’ …

Après les satisfecit,  l’« accord » migration européen se révèle une coquille vide

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En 2012, le ‘Costa Concordia‘, un navire de la compagnie italienne de croisières Costa, est allé s’échouer sur l’île du Giglio,  en mer Tyrrhénienne, à hauteur de la Corse

Le texte de compromis final conclu dans la nuit de jeudi à vendredi par les Vingt-Huit réunis en sommet à Bruxelles n’apporte pas de réponses opérationnelles très concrètes. La consternation a succédé aux déclarations d’autosatisfactions, suite au pseudo-accord sur les migrations négocié durant la nuit précédente à l’issue du sommet à Vingt-Huit de Bruxelles : cet accord suscite déjà la déception des rêveurs et autres vertueux irresponsables.

Il devait durablement apaiser les tensions entre les pays européens, ceux du bassin méditerranéen, qui réclament davantage de solidarité, et ceux de l’Est qui continuent à protéger leurs populations souvent elles-mêmes défavorisées, mais permettra-t-il d’éviter d’autres scènes désastreuses mises en scène par des organisations qui n’ont d’humanitaire que le nom, puisqu’elles prennent le relais des passeurs sans garantir un port d’accueil aux migrants livrés aux errances de leurs bateaux, tels que l’Aquarius ou le Lifeline, qui ont réussi à médiatiser leur activisme, mais aussi d’autres qui n’ont pas encore organisé, comme eux, d’opération médiatique pour leur promotion et la collecte de dons.  <br>Pour sa fermeté, Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur, est stigmatisé, bien qu’il réponde à la promesse faite à son électorat saturé de clandestins errants partout en Italie : en fermant les ports de son pays aux clandestins, a-t-il déclenché la crise politique dont on l’accuse actuellement en Union européenne, singulièrement en Allemagne, ou a-t-il décillé les yeux de ses membres pour les pousser à une action juste et respectueuse des populations ?

Quelques heures après la conclusion de l’accord, le président du Conseil italien Giuseppe Conte, ci-dessous avec Macron, a fait valoir que la voix de Rome, qui menaçait de bloquer l’ensemble du Conseil européen, a enfin été entendue. « Je suis satisfait. Bien sûr, si j’avais eu à écrire le texte, je l’aurais fait différemment, mais nous étions Vingt-Huit », a-t-il raconté, vendredi matin, avant de lancer, en montant dans sa voiture : « Maintenant, je pars continuer le combat. » Il ne se livre pas à Bruxelles.

« Ce qui m’intéresse ce sont les actes » : encore mieux, s’ils respectent la volonté des peuples !

blog -Conte G-Macron EMais, dès le milieu de matinée, des messages plus négatifs ont afflué : « Aucun engagement contraignant et seulement des choix volontaires pour les demandes italiennes. Un résultat faible. L’Italie affaiblie. Les pays de l’Est crient victoire », analysait le secrétaire par intérim du Parti démocrate (PD, centre gauche). Ainsi, Maurizio Martina, 39 ans, le Hamon péninsulaire, ignorait-il la volonté populaire et le « bien commun » à tous. La défaite de son parti aux élections générales italiennes, le 5 mars 2018, ne lui a rien appris. Seule prévaut la ligne idéologique officielle, intangible : le comble du conservatisme sourd.

A la mi-journée, Salvini lui-même déclarait : « Je ne me fie pas aux paroles, ce qui m’intéresse ce sont les actes. » « Pour une fois, Matteo Salvini a raison. La mission de Conte au Conseil européen a été un véritable flop », répliquait, dans un Tweet, le chef du groupe PD au  Sénat, Andrea Marucci.
 » L’Italie a cédé sur toute la ligne, interprète le socialiste : elle n’a pas obtenu la répartition obligatoire des migrants [sic], mais seulement celle, volontaire, des réfugiés. Elle devra construire des nouveaux camps et elle accepte le principe d’un retour des personnes parties en Allemagne ou en Autriche « , écrivait La Repubblica, quotidien national de gauche. Ces  » hot spots «  de nouvelle génération, avec davantage d’argent européen [lequel? quel montant ? quelle répartition ?] et censés retenir les demandeurs d’asile dont le dossier est à l’examen, devraient être créés sur une base volontaire. Ces structures sont la principale réponse apportée par les Vingt-Huit au refus de l’Italie d’assumer seule la responsabilité des migrants sauvés en mer.

 Les espoirs d’un accord durable sont tombés à l’eau. 

La mise en œuvre de l’accord sera  » difficile « , a admis Donald Tusk, le président du Conseil européen, à Bruxelles. Et d’ajouter, au grand dam des partisans des déficits publics, qu’il est  » bien trop tôt pour parler d’un succès « .

La chancelière allemande, Angela Merkel, reste, elle, dans l’expectative et surtout à l’écoute de son opinion publique :  » C’est un bon signal que nous nous soyons accordés sur un texte commun ; nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue.  » 

L’enthousiasme de Macron, très en pointe pour dégager un compromis acceptable par Rome, était retombé lui aussi, comme un soufflet : désabusé, il a ainsi commenté vendredi après-midi, que le texte  » ne règle en rien, à  lui seul, à la crise que nous vivons, qui est largement politique « .

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Mon oeil !

Premier de cordée à prêcher la nécessaire solidarité européenne, tout en refusant fermement d’installer un  » centre contrôlé  » sur son territoireMacron s’est installé dans le carré de tête des hypocrites les plus doués » Quand un bateau doit débarquer – après un sauvetage – , il va vers le port sûr le plus proche. Puis, il y a la règle de Dublin, du pays de première arrivée. C’est pour cela que la France, qui n’est pas un pays de première arrivée, n’ouvrira pas de centre « , a décrété Manu-le-solidaire.

Macron s’est d’ailleurs fait épingler sur ce point sensible, presque en direct, par G. Conte. Celui-ci a démenti que ces centres d’accueil devraient être créés dans les pays de première entrée.  » Macron était fatigué « a raillé le premier ministre de l’Italie, taquinant le petit Qui trop embrasse mal étreint…

Comble de la honte pour Macron, seule la Grèce se serait portée volontaire pour ouvrir des  » centres contrôlés « . Parce qu’elle est déjà passé par là, elle pourrait ainsi  » recycler  » les hot spots qu’elle a dû ouvrir, surtout sur ses îles, au plus fort de la crise de 2015-2016, et recevrait davantage de financement européen.

Les ports italiens seront fermés  » tout l’été «  aux ONG qui assurent le transit de migrants, a prévenu Salvini, vendredi. Résultat de recherche d'images pour "centre ferme"Or, le dénouement de la situation du Lifeline, qui a fini par imposer l’accueil de migrants à Malte, a été mis au point par des diplomates, et non par des techniciens… L’incertitude persiste sur la systématisation de la prise en charge des migrants, que refusent désormais les Italiens.  » L’espoir, c’est surtout que l’on décourage les bateaux des ONG de prendre la mer « lâche un expert. Mais encore faudrait-il encadrer les organisations du type ‘No border’… 

L’idée de  » plates-formes de débarquement  » dans les pays tiers, hors de l’UE, une autre avancée de l’accord – selon les pro-migrants qui ne veulent pas savoir qu’aucun pays n’en veut sur son territoire – semble elle aussi dès à présent mal engagée. Elle se heurte au refus des intéressés du premier rang :  la Tunisie, du Maroc et de la Libye. Pourtant, dans le cadre d’une politique plus générale d’externalisation de l’asile, le Maroc a signé en février 2005 un accord de siège avec l’OIM, l’autorisant à instaurer une représentation sur son territoire, visant à « apporter une contribution efficace à la gestion des questions migratoires au royaume du Maroc ». Les Vingt-Huit ont confié au Conseil et à la Commission l’examen du  » concept « , mais la vérité est que l’issue est plus qu’incertaine. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM, agence intergouvernementale désormais liée à l’ONU) estime que ces centres de gestion des demandeurs d’asile devaient être situés en Europe, et pas à l’extérieur de celle-ci.

Un centre de migrants à Tripoli, le 22 février.Un porte-parole a déclaré que l’agence est  » très heureuse de la solidarité et du consensus qui ont émergé «  du sommet de Bruxelles. Mais  » nous ne parlons pas de centres de traitement à l’étranger, c’est le point crucial « , a ajouté Leonard Doyle. L’OIM a exprimé son inquiétude  » insurmontable «  suscitée par l’ouverture de  » plates-formes de débarquement «  en Libye, du fait de l’insécurité qui y règne et des mauvais traitements qui y sont infligés à des migrants. Il faut rappeler, pour être honnête, que la contribution de la Libye est immense, puisque les Africains du sub-Sahara et les Arabes du Proche-Orient traversent son territoire massivement.  Et que le pays peine à contrôler les réseaux de « passeurs » dont il a été si peu question à Bruxelles.

Résultat de recherche d'images pour "libye carte flux migratoire"Les seuls accords – bilatéraux – un peu concrets pourraient bien être ceux qu’Angela Merkel a commencé à négocier avec deux pays au moins, l’Espagne et la Grèce. Ils devraient permettre de systématiser le renvoi de  » dublinés  » d’Allemagne vers ces deux pays, par lesquels ils sont entrés dans l’Union européenne.
Vendredi après-midi, les corps de trois bébés morts dans un naufrage survenu quelques heures plus tôt, à six kilomètres au large des côtes africaines, ont été récupérés par les gardes-côtes libyens. Seize survivants ont été repêchés et on estime à 100 le nombre de disparus.
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Les villes portuaires à gauche, portes ouvertes aux migrants méditerranéens

Les 629 migrants de l’«Aquarius» vont être conduits en Espagne

19260334_1969061346700180_2671281506149445672_nA peine le premier ministre Mariano Rajoy a-t-il été renversé le 2 juin que, le 11, le socialiste Pedro Sánchez (50,3% des voix socialistes) invite plus de 600 migrants en Espagne où la plupart ne resteront pas.

Les 629 clandestins de l’«Aquarius» étaient bloqués en mer, dans l’attente d’un port d’accueil… Parmi eux, sept femmes enceintes : pour le droit du sol ? Le sort des migrants de l’Aquarius est donc enfin fixé.  Avant de choisir leur destination finale, quelque part en Union Européenne, ils vont être transbordés sur des navires italiens pour être conduits en Espagne, où le gouvernement de Pedro Sanchez a proposé de les accueillir, sans recevoir l’accord de ses partenaires européens.

Le port de Valence devrait accueillir les migrants de l’Aquarius dans les prochains jours

SOS Méditerranée

Des navires italiens vont prendre le relais de l’Aquarius, navire de l’association européenne de sauvetage en mer depuis la Libye ‘SOS Méditerranée’, qui ne réunissait pas les conditions de sécurité suffisantes pour aller jusqu’en Espagne.
L’Aquarius est géré par la compagnie maritime allemande Jasmund Shipping, en partenariat avec ‘Médecins du Monde’ jusqu’en avril 2016, puis avec ‘Médecins sans Frontières’ (section Amsterdam) depuis mai 2016. Seize députés français, principalement issus du Parti socialiste et du Parti radical de gauche, donnèrent alors une partie de leur réserve parlementaire à SOS Méditerranée et financèrent ainsi une semaine d’intervention.
‘SOS Méditerranée’ est un réseau international créé le 9 mai 2015 et présidé par Francis Vallat, président d’honneur fondateur du Cluster Maritime Français
, qui coordonne 18 clusters nationaux de l’Union européennequi dynamise les solidarités entre 400 entités maritimes françaises et co-organise les Assises de la mer, rassemblant 1.800 responsables de la vie maritime française, dont le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement), ainsi que le Salon « Euromaritime ».

Francis VallatFrancis Vallat, 72 ans, a derrière lui cinquante ans de carrière dans le domaine de la mer. Bien qu’après trente ans, il fut licencié en 1997 de la présidence de Van Ommeren Tankers, un important armateur pétrolier néerlandais, il est la personnalité la plus importante du monde maritime français : on le retrouve au conseil national de la Lloyd’s, la célèbre compagnie d’assurances britannique, ou au comité international du bureau Veritas, le leader mondial de la certification des normes, et a été vice-président d’Intertanko, le groupement mondial des tankers pétroliers.
Francis Vallat a été vice-président de l’Agence européenne de sécurité maritime. Il a fondé en 2006 le Cluster maritime français (CMF), regroupement de toutes les entreprises du secteur. Plus de 5.000 cadres et dirigeants d’entreprises sont passés par le Cluster. 400 entreprises ou entités maritimes y adhèrent. Ses Assises de la mer ont attiré jusqu’à 2.000 personnes, dont des ministres.
Depuis quatre ans, Francis Vallat a passé la main. Mais
 il est toujours président d’une autre « grappe maritime », l’European Network of Maritime Clusters, qui rassemble les clusters de dix-sept pays européens… Francis Vallat a aussi été président de l’Institut français de la mer. Sans compter ses SCI, ses multiples engagements associatifs ou sportifs toujours dans le même domaine de la mer.

Rien d’étonnant à retrouver Francis Vallat dans les allées du pouvoir. Au tournant du millénaire, c’est le ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot, qui le décore de la Légion d’honneur. En janvier 2012, il prend la parole à une journée thématique de l’UMP où il explique entre autres aux organisateurs « qu’ils sont nuls en communication »… On peut aussi croiser Francis Vallat dans les couloirs de Bruxelles : il a même droit à une page entière sur le site internet de la Commission européenne avec sa biographie en anglais.
C’est donc cet homme qui préside SOS Méditerranée, que la presse présente comme une association citoyenne, une initiative militante née entre la poire et le fromage, quelque part entre Berlin et Marseille. Son association revendique 11.200 donateurs.

« Des vivres seront livrés sous peu à l’Aquarius par un navire italien », a précisé l’association sur Twitter. Le centre de commandement des secours de Rome « planifie de transborder les rescapés plus tard sur des navires italiens après quoi nous mettrons le cap ensemble sur Valence », a-t-elle ajouté.
L’Aquarius était bloqué en mer à la suite d’un bras de fer entre l’Italie et Malte, qui refusaient tous deux d’ouvrir leurs ports aux migrants en situation irrégulière. Dans l’impasse, l’Aquarius avait alors reçu une proposition du socialiste Pedro Sanchez, nouveau premier ministre espagnol pour accoster au port de Valence.

<br>Le maire de Palerme ouvre l’Europe aux migrants, mais en garde très peu en Sicile

Pour éviter de garder à sa charge des milliers d’Africains passés par la Libye, une seule solution pour le maire de la capitale sicilienne, dès 2015 : la liberté d’entrer légalement dans l’UE. « Si les Syriens, en tant que personnes provenant d’un pays en guerre, ont droit de toute façon au statut de réfugié, pourquoi leur interdire de prendre un billet d’avion Istanbul-Paris, par exemple et les obliger de passer par la Libye, la traversée de la Méditerranée« , s’était-il interrogé.
En 2017, Leoluca Orlando, un maire de centre-gauche, en était à vouloir « abolir le titre de séjour pour les migrants ». Il se justifie : « Je ne comprends pas pourquoi les frontières existent. L’Union européenne était l’occasion rêvée pour dire « nous sommes au delà des nations, nous ne sommes qu’un ensemble de minorités. » Selon lui, chacun doit pouvoir décider de ce que devrait être sa terre natale

La Corse propose l’ouverture de ses ports

Ce mardi, le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a également proposé d’accueillir sur l’île le navire affrété par l’ONG SOS Méditerranée. « Manque de vivres, mauvaises conditions météo, et port espagnol trop éloigné : face à l’urgence, le conseil exécutif de Corse propose à @SOSMedFrance d’accueillir l’#Aquarius dans un port #corse », a tweeté l’élu nationaliste qui a été l’avocat d’Yvan Colonna, condamné pour l’assassinat du préfet en exercice Claude Erignac.

Une offre appuyée par le président nationaliste de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, ancien avocat spécialisé dans la défense de  nationalistes corses,  notamment des militants ayant participé à la lutte armée à travers le FLNC.

En revanche, le nouveau ministre italien de l’Intérieur avait mené sa campagne des législatives sur le thème de la fermeture des frontières aux migrants

Le ministre, Matteo Salvini, ex-patron de la Ligue, a prévenu qu’une fois au pouvoir, il ferait tout pour empêcher ces débarquements, particulièrement lorsqu’ils sont le fait des ONG qui patrouillent au large de la Libye.

L’Italie, qui a vu quelque 700.000 migrants débarquer sur ses côtes depuis 2013, a régulièrement reproché aux Européens d’avoir détourné les yeux et de l’avoir laissée seule face à la crise migratoire.

<br>Mélenchon est-il candidat à Marseille pour ouvrir les vannes ?

Le principal opposant d’extrême gauche entretient le suspense sur sa candidature, mais son parachutage sur cette ville ouverte sur la Méditerranée suggère un plan politique de facilitation de l’entrée de tous les migrants venus d’Afrique et du Proche Orient.

Né à Tanger, Mélenchon, qui se considère comme un « indépendantiste français » face à l’Union européenne, condamne la volonté d’Emmanuel Macron d’appliquer pleinement l’accord avec la Turquie sur les migrants.  Dans un communiqué, le député des Bouches-du-Rhône a estimé le chef de l’Etat « poursuit la fuite en avant sur les conditions d’accueil des réfugiés » : il confie, selon lui, le traitement des demandeurs d’asile à un régime dictatorial ». Mélenchon accuse « l’Union européenne [qui] continue de pousser les populations africaines au départ en forçant les États à signer des accords et libre-échange« . 

L’ancien sénateur renvoie dos à dos ceux, à droite ou au gouvernement, qu’il juge trop fermés et ceux, plus à gauche, ses alliés de l’extrême gauche, dont il dénonce l’idéalisme naïf. «Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire? Le rejeter à la mer? Non, c’est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu’ils restent chez eux. Je suis fatigué de ces discussions où les fantasmes s’affrontent les uns et des autres. Entre ceux qui hurlent sans réfléchir et s’en remettent à des expédients sécuritaires sans consistance et ceux pour qui il est normal que tout le monde puisse venir où il veut, quand il veut». Des propos qui prolongent ceux tenus par le fondateur du parti de gauche dans Le Monde le 24 août dernier : «Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Mais est-ce que s’il venait 10.000 médecins s’installer en France, ce serait une chance? Oui».  Entre l’immigration au « faciès » universitaire de Mélenchon et le « benchmarking » de Collomb, la France va devoir choisir…

 

BDS prône le boycottage des produits israéliens : mouvement communiste ou fasciste ?

C’est quoi le mouvement BDS, qui prône le boycottage des produits israéliens ?

boycott_israelSont notamment partisans du boycottage d’Israël
Alternative libertaire (issue de l’Union des travailleurs communistes libertaires), Association des Palestiniens en France (APF), Américains contre la guerre (AAW FRANCE), Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (AURDIP), Association nationale des communistes (ANC), Association des Tunisiens en France (ATF), ATTACCGT Educ’Action, Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE), Collectif judéo-arabe et citoyen pour la Palestine, Collectif des musulmans de France (CMF), Comités palestiniens pour le droit au retour, Commission Proche-Orient de Pax Christi, CNT (confédération syndicale de type syndicaliste révolutionnaire et anarcho-syndicaliste), Confédération paysanne (cf. altermondialiste José Bové), Emergences (association pour un monde plus altruiste, plus solidaire et plus conscient), Ensemble! (Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire), Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Génération Palestine (GP), le Parti de gauche, Les Désobéissants, Mouvement immigrations banlieues (MIB, contre  le racisme institutionnel dont sont victimes les enfants d’immigrés et en particulier les bavures policières), Mouvement pour une alternative non violente (MAN, anti-nucléaire), Nouveau parti anti-capitaliste (NPA, révolutionnaire trotskiste Olivier Besancenot), Organisation communiste libertaire (mouvementiste), Parti des indigènes de la République (PIR, antisémite, homophobe, identitaire, islamo-gauchiste, racialiste et raciste anti-Blancs; porte-parole Houria Bouteldja, salariée de l’Institut du monde arabe, mise en examen pour injure raciale à la suite de son emploi du terme ‘souchien’, « proche du Hamas tête de pont du lobby khomeiniste », soutien de Tariq Ramadan, mis en examen pour viols), Réseau Sortir du colonialisme, Union des associations de Palestiniens en France, Union française des consommateurs musulmans, Union syndicale solidaires (SUD), UJFP, organisation juive laïqueuniversaliste opposée à l’occupation des territoires palestiniens, qui milite notamment dans le Collectif Palestine pour un Etat palestinien),…

dsc09295-1024x768Le mouvement « Boycott, désinvestissement, sanctions » milite pour le boycottage des produits israéliens. De ce fait, des élus français de la France insoumise et du Parti communiste sont désormais interdits d’entrée en Israël pour leur proximité avec BDS. Ce mouvement, créé en 2005, appelle au rejet de produits israéliens pour contester la politique de colonisation israélienne.

Sept élus français qui devaient se rendre en Israël, samedi, dans le cadre d’une délégation de vingt parlementaires, ont appris qu’ils n’en auraient pas le droit.

Le ministère israélien de la Sécurité intérieure a fait part de sa volonté, lundi 13 novembre, de leur interdire l’entrée : parmi eux, quatre députés – Clémentine Autain, Michel Larive, Danièle Obono et Muriel Ressiguier – tous issus du Parti communiste ou de la France insoumise. «Nous n’autoriserons pas l’accès au territoire à ceux qui appellent activement à s’en prendre à Israël», a-t-il affirmé.


Une source ministérielle a indiqué que la décision
 a été prise «après une enquête rapide du bureau des Affaires stratégiques». Or cette structure surveille notamment les activités de la campagne internationale ‘Boycott, désinvestissement et sanctions’ (BDS), un mouvement pro-palestinien régulièrement sujet à controverse, avec lequel plusieurs des élus concernés, issus de la France insoumise et du Parti communiste, pourraient avoir des liens.

Un mouvement initié en 2005

La campagne palestinienne Boycott, désinvestissement, sanctions est née en 2005 à Ramallah, à l’initiative d’Omar Barghouti, sans lien de parenté avec le prisonnier Marwane Barghouti que souhaitaient rencontrer les parlementaires. Ce mouvement se fonde sur un appel au boycottage des produits confectionnés en Israël et des activités liées au pays afin d’exercer une pression publique contre les colonies israéliennes en territoires palestiniens, dont celles implantées depuis 1967 ouvrent un débat sur sa légalité en droit international. L’appel initial invitait «à imposer de larges boycotts et à mettre en application des initiatives de retrait d’investissement contre Israël semblables à ceux appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’Apartheid».


Les champs d’action du BDS se veulent multiples: l’économie donc, avec la diffusion de listes de produits à éviter ou encore une référence fréquente au chiffre censé permettre de reconnaître les code-barres de produits originaires d’Israël, mais aussi la culture, le sport ou l’éducation en appelant, par exemple, des filières académiques à cesser les partenariats avec des universités israéliennes, ou des groupes de musique à ne pas se produire en Israël. Cette action dans plusieurs domaines et à plusieurs niveaux se retrouve dans le nom du mouvement. Le boycottage touche à la consommation quand l’idée de désinvestissement renvoie aux pressions exercées sur les entreprises et institutions pour ne plus coopérer avec Israël.
Les sanctions font référence aux demandes de réactions internationales, et notamment la remise en cause des accords économiques avec l’Union européenne.

Quelles revendications?

Le boycottage «se poursuivra jusqu’à ce qu’Israël s’engage clairement dans le respect du droit international, la fin de l’occupation et de la colonisation», affirme BDS France. De fait, le mouvement demande «le droit au retour pour tous les réfugiés» palestiniens maintenus à l’extérieur des frontières israéliennes, «la fin de la colonisation, de l’occupation, du blocus de Gaza et le démantèlement du Mur» qui entoure la Cisjordanie, ainsi que «la fin de l’apartheid pour les Palestiniens de 1948». Cette dernière revendication est parmi les plus polémiques.


Le BDS se défend de tout antisémitisme. Son action  «ne vise pas des personnes ou des groupes en raison de leur origine ou de leur religion juive, ni leurs entreprises ou leurs produits», prétend le mouvement, qui assure ne pas viser «la société israélienne ni les individus qui la composent, en tant que tels», mais bien «la politique coloniale d’occupation israélienne et ses partisans». Or, l’une des critiques les plus fréquemment adressées aux militants BDS est précisément de vouloir s’attaquer à la population israélienne dans son ensemble, et pas seulement à une politique en particulier.

Une branche BDS France formée en 2009

Quatre ans après le lancement du mouvement, dans la foulée de l’offensive israélienne «Plomb durci» sur Gaza, un appel à une campagne de ce type en France donne naissance à la branche française du BDS. A ce jour, un peu plus d’une cinquantaine d’organisations nationales y participent, dont des syndicats et des partis politiques révolutionnaires et d’extrême gauche.
Ce développement a donné lieu à une série de procédures judiciaires, notamment en raison d’une circulaire de février 2010 demandant aux Parquets d’assurer une «répression ferme» contre les militants pro-boycottage. Si ces derniers revendiquent leur droit à la liberté d’expression, les poursuites en justice à leur encontre associent en effet leur discours à de la «provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne en raison de son origine ou de son appartenance ou non-appartenance à une ethnie, nation, race ou religion».

Plusieurs militants de BDS ont ainsi été poursuivis devant la justice française, avec des conséquences variées. En octobre 2015, la Cour de cassation a confirmé la condamnation à des dommages et intérêts et une amende de 14 personnes qui avaient appelé au boycottage des produits israéliens dans un supermarché de Colmar. L’année précédente, la relaxe de trois autres militants avait été confirmée en appel, fautes d’éléments de preuve. Plus récemment, en février 2017, la cour d’Appel de Montpellier a également relaxé deux militants poursuivis pour un message publié sur leur page Facebook, jugeant que les faits n’étaient pas qualifiés.

Un impact limité, mais supérieur à une 3e intifada

Outre les 171 ONG palestiniennes soutenant le mouvement, des personnalités ont également approuvé publiquement la démarche à son lancement, tel Stéphane Hessel. Sur son site, le mouvement BDS international revendique d’ailleurs le soutien de personnalités, parmi lesquelles le Nobel de la paix sud-africain Desmond Tutu. Le mouvement estime par ailleurs avoir une capacité à «influencer la façon dont la cause palestinienne est perçue publiquement». Mais le président François Hollande avait tenu à rassurer Tel-Aviv en rappelant son « opposition ferme à toute forme de boycott » de l’Etat hébreu. 


L’influence économique et politique réelle du BDS reste difficile à évaluer et fait l’objet de débats. D’autant que le boycottage revendiqué de tous les produits d’Israël peut être contesté par des partisans d’un boycottage des seuls produits des colonies. Mais une chose est sûre, l’impact politique de cette campagne est mis en avant par les autorités israéliennes. Signe de leur préoccupation et de leur fermeté sur ce sujet, en mars 2017, le Parlement israélien a adopté une loi visant à empêcher l’attribution de visas ou de permis de résidence à des ressortissants étrangers qui appellent au boycottage, suscitant une controverse dans le pays.

Le boycottage, une question qui a pris une ampleur limitée

PALESTINIAN-ISRAEL-CONFLICT-BOYCOTT
Bethléem

La question d’un boycottage de certains ou de la totalité des produits israéliens a pris de l’ampleur au cours de la dernière décennie. En 2010, la décision de Veolia de se retirer du chantier de tramway à Jérusalem avait été perçue comme une possible réaction aux pressions politiques liées au fait que la ligne devait s’étendre à Jérusalem-Est. Une information toutefois démentie par l’opérateur français, dans lequel l’Etat est actionnaire par le biais notamment de la Caisse des Dépôts.

En 2015, l’annonce par le patron d’Orange d’une rupture possible d’un accord de licence avec l’opérateur israélien Partner avait suscité un début de crise diplomatique. Stéphane Richard avait par la suite prétendu avoir «totalement sous-estimé» le caractère sensible, en Israël, de la question du boycottage de l’Etat hébreu. Le sujet était pourtant brûlant, à l’évidence: quelques mois plus tard, l’Union européenne imposait un étiquetage spécifique sur les produits fabriqués dans les colonies israéliennes, une décision qui remontait à 2012, mais n’avait jamais été concrétisée. D’autres campagnes d’envergure avaient déjà eu lieu contre les boissons Sodastream, les produits de beauté Ahava ou les médicaments Teva.


Le think tank pro-israélien NGO Monitor reproche au Quai d’Orsay d’avoir accordé, via l’Agence française de développement (AFD) et le Consulat général de France à Jérusalem, des millions d’euros à des ONG françaises et palestiniennes qui appuient le boycottage. Le rapport, publié l’an dernier, conclut que les autorités françaises se rendent indirectement complices d’une entreprise qu’elles jugent illégale.

L’effet de la campagne BDS reste cependant difficile à mesurer.

En 2014, le boycottage des produits des colonies aurait fait chuter de 21 % le revenu des agriculteurs israéliens, en particulier dans la vallée du Jourdain, poumon économique de l’État hébreu en Cisjordanie. Mais, selon les experts, l’impact du boycottage serait avant tout symbolique. Un récent rapport de la Knesset relève que les échanges commerciaux avec l’Europe ont doublé depuis 2005, passant d’une moyenne de 7,8 milliards à 15,6 milliards de dollars par an. En outre, les investissements étrangers ont atteint 88,2 milliards de dollars en 2013, soit une hausse de 58 % par rapport aux années 2000. Plus étonnant encore, le PIB a progressé de 2,9 % en 2014, malgré une guerre de cinquante jours pour contrôler le Hamas dans la bande de Gaza.

Parallèlement, l’Autorité palestinienne ne partage pas le jusqu’au-boutisme des militants BDS. « Nous demandons à chacun de boycotter les produits des colonies parce qu’elles se trouvent sur nos territoires. Mais nous ne demandons à personne de boycotter Israël, avec qui nous avons des relations et signé un accord de reconnaissance mutuelle », déclarait le président Mahmoud Abbas, le 13 décembre 2013, en marge des funérailles de Nelson Mandela, à Johannesburg. Ces propos libérèrent la haine des islamistes de Gaza, qui oublient que l’Etat hébreu demeure, à ce jour, le principal fournisseur de l’économie palestinienne. Tandis que les importations de produits israéliens en Cisjordanie avoisinent chaque année 800 millions de dollars, l’Etat hébreu absorbe près de 80 % des exportations palestiniennes. Abbas sait par ailleurs que des dizaines de milliers de Palestiniens sont employés en Israël et qu’il n’est pas en mesure de leur fournir de meilleure alternative.

Reste que, à défaut de peser réellement, l’objectif du mouvement BDS de boycotter l’Etat hébreu, ultime a ouvert la voie à l’idée de sanctions économiques internationales. La première étape devrait être l’étiquetage en Europe de produits israéliens fabriqués en Cisjordanie. Selon des fuites émanant de Bruxelles, Federica Mogherini, membre du parti Démocrate italien de Renzi et chef de la diplomatie de l’Union européenne, aurait ordonné la préparation d’un document répertoriant toutes les entreprises concernées par cette mesure. Les responsables israéliens redoutent un effet boule de neige qui, à terme, risquerait de renforcer la perception de leur pays comme un Etat paria.

Cette tendance s’illustre par la crainte de nombreux artistes internationaux de se produire à Tel-Aviv ces dernières années. Une délégitimation croissante qui a conduit le président israélien, Reuven Rivlin, à qualifier la campagne de boycottage de « menace stratégique », une terminologie habituellement réservée au programme nucléaire iranien. La  ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a décidé de contre-attaquer avec un arsenal de mesures contre le BDS et les partisans du boycottage. A ce titre, un budget de 25 millions de dollars vient d’être alloué par le gouvernement. Le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, qui compare cette campagne « aux pratiques nazies », a mobilisé son ami le milliardaire juif américain Sheldon Adelson, qui vient de réunir des dizaines de philanthropes à Las Vegas. Avec l’aide de sa future ministre, Muriel Pénicaud, le candidat Macron était lui-même passé par Las Vegas avec le même objectif philanthropique…

Après la tentative avortée de la FIFA – présidée par le suisse-sicilien Gianni Infantino (qui en mai 2017, destitua 2 coresponsables de son comité d’éthique, lequel mène plusieurs enquêtes contre lui) – d’exclure Israël en Cisjordanie, , la gauche israélienne s’inquiète des risques d’un engrenage susceptible de mettre le pays au ban des nations. « La personne qui sert le boycott est Netanyahou, s’emporte Zahava Gal-On, chef du Meretz, parti politique israélien de la gauche, laïc et socialiste, membre de l’Internationale socialiste. Ses politiques destructrices et irresponsables ont placé Israël au bord de l’isolement. » Et de conclure : « Netanyahou doit prendre des mesures pour repousser la menace du boycott, à commencer par l’arrêt de la colonisation. »

Dijon: agression d’une femme pour tenue « trop décolletée en période de ramadan »

Deux Afghans de 20 et 23 ans ont agressé une femme dans un train, jugeant sa tenue « trop décolletée en période de ramadan » 

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Femmes afghanes

Les deux hommes sont des demandeurs d’asile résidant à Dole (Jura), a indiqué le parquet de Dijon. Ils auraient « insulté » la jeune femme de 33 ans, une Dijonnaise d’origine égyptienne, et l’auraient poussée « pour qu’elle décroise ses jambes« , a précisé la même source. Les faits se sont déroulés mercredi à Dijon vers 22h45 dans un TER en provenance de Paris.
De source policière, les deux musulmans auraient également voulu faire descendre la victime du train.

Alertés par des témoins, les contrôleurs ont prévenu la police qui a interpellé les deux individus lors de l’arrêt en gare de Dijon.

Placés en garde à vue, les interpellés ont contesté les faits disant avoir simplement voulu lui demander l’heure.

Remis en liberté, ils devront répondre en octobre devant le tribunal correctionnel de « violences en réunion » dans le cadre d’une convocation par officier de police judiciaire (COPJ), selon le parquet, qui précise qu’il « n’y a pas eu de coup et (que) la victime ne présentait aucune blessure ».

En France, le nombre de ressortissants afghans a augmenté en 2015 de 349,6%, passant de 472 à 2.122, selon l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). La plupart arrivent par l’Allemagne, parce qu’ils n’y sont pas pris en charge sur la durée.
31e au rang des pays de provenance des demandeurs d’asile en 2014, l’Afghanistan se hissait ainsi au 10e rang en 2015. En 2016, cette augmentation perdure. L’Afghanistan est par ailleurs le premier pays de provenance des mineurs non accompagnés (ou mineurs isolés étrangers). Pourtant, la couverture médiatique de l’Afghanistan est faible, laissant supposer que depuis le départ des troupes de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique nord) en 2014, la situation sécuritaire se serait stabilisée. Au contraire, ces dernières années, les victimes civiles n’ont jamais été aussi nombreuses que depuis 2009, et les Talibans progressent sur le terrain. Plus de 2 millions d’Afghans seraient réfugiés au Pakistan, près d’un million en Iran : l’Iran et le Pakistan sont les deux pays qui accueillent le plus de réfugiés de cette nationalité. Chaque jour, 5.000 Afghans quitteraient le Pakistan en raison des pressions exercées par les autorités pakistanaises. Ils seraient ainsi 200 000 à être retournés en Afghanistan depuis le début de l’année 2016, ce qui représente un enjeu important pour les autorités afghanes et qui inquiète les organisations humanitaires. En Iran, où les réfugiés sont souvent victimes de violences, des milliers d’Afghans ont même été recrutés de force pour combattre en Syrie aux côtés des troupes de Bachar al-Assad. Majoritairement issus de la minorité chiite des Hazaras, ils seraient entre 10.000 et 20.000.
Les Afghans ne sont « que » 70% à obtenir l’asile au niveau européen… contre 80,3% en France en 2015. 

Migrant noyé à Paris: le maire adjoint communiste au logement met en cause l’Etat

« Nous demandons une opération de mise à l’abri (…) sinon il y aura d’autres morts »

blog -migrants-campement Paris canal St Martin-fev2018Ian Brossat, adjoint PCF au Logement à la mairie de Paris a fait ce misérable chantage le vendredi 11 mai, alors que la noyade accidentelle d’un migrant – la deuxième – exacerbe les tensions entre la Ville et l’exécutif.

« Bien sûr que ça aurait pu être évité », s’est exclamé l’élu communiste récupérateur de tous les drames du monde, sur RMC, interrogé sur la noyade d’un homme, survenue dans la nuit de lundi à mardi dans le canal Saint-Martin, haut lieu des actions dites « humanitaires » auprès des sans-abris du monde.

D’après les témoignages recueillis par la police, le jeune homme, probablement âgé de 20 à 25 ans, serait de nationalité afghane. « Fortement alcoolisé« , il aurait « par jeu ou par défi » voulu traverser le canal.
« Nous demandons une opération de mise à l’abri (…) Ca ne peut pas continuer comme ça sinon il y aura d’autres morts« , a prévenu Brossat.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo avait déjà interpellé le gouvernement dans la semaine, dans les mêmes termes que son aboyeur, appelant à mener « au plus vite » une opération de « mise à l’abri des migrants » des campements du nord de la capitale.

Le ministre de l’Intérieur a répondu mercredi à l’ex-« frondeuse » socialiste

blog -migrants-campements Canal St Martin et canal St DenisDéfendant la mobilisation « sans faille » de l’Etat, l’ex-socialiste Gérard Collomb a invité la maire socialiste Anne Hidalgo à faire usage de ses « compétences » et à « entamer les procédures judiciaires«  pour permettre à l’Etat de « mener à bien » l’évacuation.

« C’est une compétence de l’État, personne ne peut nous dire (…) que c’est à nous de faire le job », s’est défendu Brossat, dont on rappelle qu’il est l’adjoint d’Aubry au Logement. « La maire de Paris a écrit au préfet en identifiant six sites qui permettraient de créer des centaines de places d’hébergement, pourquoi l’Etat ne fait rien ?« , a-t-il contre-attaqué.

L’adjoint à la maire, a également cité un décompte de France Terre d’Asile « mardi » selon lequel « 2.348 réfugiés »  – ou plutôt des clandestins – vivraient dans ces campements »« Bon nombre de gens dorment à même le sol, n’ont même pas de tente, même pas de matelas« , a observé le populiste Brossat, les bras ballants.

« Je finis par me dire qu’un certain nombre de responsables politiques jouent le pourrissement, » a violemment accusé l’élu d’extrême gauche. (…) Le rôle de l’Etat, c’est pas de compter les morts, c’est de faire en sorte qu’on en finisse avec le chaos », a pointé Brossat, en évitant de préciser, en revanche,  ce qu’est le rôle d’un adjoint au logement.

La mairie de gauche et l’Etat en sont à leur deuxième clandestin mort par noyade

Les Enfants de Don Quichotte amenaient déjà des SDF au bord du Canal Saint-Martin : le 15 décembre 2006, l’association y  installa un village de 200 tentes 

Ce campement inédit du Canal Saint-Martin avait été médiatisé, à l’initiative de Jean-Baptiste Legrand, président des « Enfants de Don Quichotte », avec le soutien (désintéressé ?) de plusieurs personnalités politiques (Hollande, Bayrou, Delanoë…), ainsi que des personnalités du monde du spectacle, comme l’acteur nanti Jean Rochefort, notamment le jour de Noël 2006, en pleine pré-campagne présidentielle. Ce campement finira par être définitivement levé trois mois et demi plus tard, début avril 2007, après l’ouverture de 27.100 places pour les SDF et le vote de la loi sur le droit au logement opposable (DALO).
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vec la crise migratoire et l’intensification des flux Sud-Nord, la fermeture de la « Jungle » de Calais et les multiples démantèlements de campements de migrants à Paris ont entraîné la mise à l’abri de quelque 35.000 migrants en un peu plus d’un an. Résultat, le débat s’est installé entre ceux qui affirment que l’accueil des migrants se fait désormais au détriment des SDF nationaux et ceux qui demandent l’accueil pour tous, quelle que soit la situation et le passif du demandeur . « Dire que ce qu’on fait pour les migrants, on ne le fait pas pour les SDF, c’est un mythe, » se défendit Emmanuelle Cosse dans une interview au Dauphiné libéré le 20 novembre. 

Dans une lettre datant du 27 octobre adressée aux préfets, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse écrivait ainsi, en toute inconscience et irresponsabilité: « Sans-abri, mal logés, migrants, nous devons et nous pouvons offrir à chacune et chacun un accueil digne et humain. »  Elle avait bien parlé…

Les migrants clandestins ne meurent pas seulement en mer, entre la Libye et la Sicile.

Résultat de recherche d'images pour "Ian Brossat migrants"En l’espace de trois jours, deux hommes ont été retrouvés morts dans le canal Saint-Denis et le canal Saint-Martin, à Paris. L’identité du premier, dont le « corps flottant [a été] trouvé dans un état de décomposition avancé », dimanche, selon la préfecture, n’a pas encore été élucidée. L’homme n’avait pas de papiers sur lui. Le deuxième est l’Afghan déjà cité dont France Bleu a révélé la perte de la vie mardi après-midi.  Le point commun entre les deux hommes : leurs corps ont été découverts à proximité de campements de migrants conduits en ces lieux historiquement symboliques par les associations.

Crime contre l’humanité: les islamistes de Boko Haram frappent à nouveau le Cameroun

Boko Haram mène un raid au Cameroun et kidnappe 60 personnes

Boko Haram attaque à nouveau au Cameroun, étendant son emprise dans la région.
La secte islamiste nigériane a lancé un nouveau raid meurtrierdans la zone de Tourou, dans l’extrême-nord du pays, une semaine après avoir visé une base militaire à Kolofata.

Une soixantaine de personnes, dont des femmes ou des enfants, ont été enlevées, selon des policiers basés dans la région. Malgré l’absence de bilan sur d’éventuels décès, il s’agirait du plus important rapt perpétré dans cette région par les combattants de Boko Haram, dont les incursions dans ce secteur sont récurrentes depuis des mois. Un grand nombre d’habitants de la région est forcé à l’exode. De même que la plupart de policiers et gendarmes des localités proches de la frontière, ils ont fui à l’intérieur des terres.

Les méthodes de Boko Haram pour semer la terreur au Nigéria

En octobre 2014, on estimait que l’insurrection de Boko Haram et la répression militaire au Nigeria ont fait plus de 10.000 morts, depuis 2009.

<br>Attentats et enlèvements perpétrés par la secte islamiste se multiplient. En octobre dernier, des membres de la secte islamiste Boko Haram avaient déjà enlevé une trentaine d’adolescents dans l’Etat de Borno, au nord-est du Cameroun.
Il y a six mois, plus de 200 lycéennes subissaient le même sort au Nigéria et 119 d’entre elles restent toujours introuvables, malgré la mobilisation internationale autour de la campagne #Bring back our girls.

Depuis son apparition au début des années 2000 sous la forme d’une secte islamiste menée par Mohammed Yusuf, les méthodes du groupe ont évolué, signe d’un basculement de la rébellion au terrorisme.

Pendant que les djihadistes assassinaient dix-sept personnes en France, les islamistes de Boko Haram menaient dans le nord-est du Nigeria leur offensive la plus « destructrice » en six années d’insurrection, signale Amnesty international. L’ampleur de ce que le secrétaire d’état américain John Kerry a qualifié de « crime contre l’humanité » a été documentée par de saisissantes photos satellites fournies par des ONG. Quant au nombre exact de victimes, il reste toujours à déterminer.

Deux villes quasiment détruites
Les photos des villes de Baga et Doron Baga, prises à cinq jours d’écart – la veille de l’attaque et quatre jours après – montrent de nombreuses habitations et commerces rasés. Plus de 3700 bâtiments ont été endommagés ou détruits: 620 à Baga et 3100 à Doron Baga, selon Amnesty. Mais d’après Human Rights Watch (HRW), la ville de Doron Baga, qui se trouve à 2,5 km à la sortie de Baga et qui abritait la base d’une force armée régionale, la Multinational Joint Task Force (MJTF), a été la plus durement touchée. Au total, 16 localités auraient été attaquées et partiellement brûlées.

L’armée nigériane, qui a tendance à minimiser les bilans de victimes, a affirmé cette semaine que 150 personnes avaient été tuées, qualifiant de « sensationnalistes » les estimations évoquant 2000 morts.
Mais au fil des récits des survivants, de nouveaux détails émergent sur les atrocités. Un témoin cité par Amnesty International rapporte, sous couvert d’anonymat, qu’une femme enceinte aurait été abattue en plein accouchement, en même temps que plusieurs jeunes enfants. « La moitié du bébé (était) sortie et elle est morte dans cette position« , raconte le témoin. « Ils ont tué tellement de gens. J’ai peut-être vu 100 personnes tuées à un moment à Baga. J’ai couru dans la brousse. Alors que nous courions, ils mitraillaient et tuaient », décrit un quinquagénaire non identifié. Une autre femme confirme: « Il y avait des cadavres partout où je regardais« . Un homme échappé de Baga après être resté caché trois jours avait ainsi déclaré avoir « marché sur des cadavres« sur cinq kilomètres, dans sa fuite à travers la brousse.
Ces témoignages corroborent les propos de responsables locaux, selon qui le nombre de victimes est extrêmement élevé, ainsi que de témoins qui décrivaient des rues parsemées de cadavres en décomposition. Bien que ces témoignages soient croisés par la presse, ils sont anonymes et donc sujets à caution, mais il semble bien que la secte islamiste sème la terreur.

Le Tchad en renfort

20.000 réfugiés ont dû fuir la région, ont indiqué des responsables locaux. A lui seul, le Tchad voisin a accueilli 11.320 réfugiés nigérians en quelques jours, selon le Haut commissariat aux réfugiés des Nations Unies, tandis que Médecins sans frontières (MSF) a déclaré aider quelque 5000 survivants de l’attaque réfugiés à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, à quelque 200 kilomètres.
Des témoins ont aussi rapporté à Amnesty que 300 femmes avaient été enlevées. Détenues dans une école, les plus âgées, les mères et les enfants ont ensuite été libérées, mais les jeunes femmes seraient toujours captives. Les 200 lycéennes enlevées en avril dernier n’ayant toujours pas été retrouvées.

Depuis le début de son insurrection en 2009, Boko Haram a fait plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés. L’attaque de Baga est survenue à un peu plus d’un mois des élections présidentielle et législatives prévues le 14 février.

L’armée tchadienne se déploie dans cette zone pour tenter de stopper les attaques et de reprendre Baga, la ville nigériane détenue par le groupe islamiste après une offensive macabre. Samedi, un convoi de 400 véhicules militaires tchadiens (chars, véhicules blindés, pick-ups…), accompagné d’hélicoptères de combat MI-24, a quitté N’Djamena pour pénétrer au Cameroun. Le président Idriss Deby Itno, qui a accompagné ses troupes jusqu’à la frontière, a souligné qu’elles devaient être « opérationnelles » dès dimanche. Ce contingent s’est installé à Maltam, située juste en face de N’Djamena, à l’ouest de Kousseri, et devrait bénéficier de travaux d’aménagement engagés par le génie militaire camerounais.

Baga abritait un temps le quartier général d’une force armée régionale regroupant des détachements nigérians, tchadiens et nigériens. Mais Tchadiens et Nigériens s’étaient retirés bien avant l’attaque, et les forces africaines de coalition sot en réalité peu actives. Le déploiement de l’armée tchadienne n’impressionne pas les terroristes de Boko Haram. « Tout soutien à nos opérations sera bienvenu mais il doit se conformer à nos propres opérations en cours étant donné qu’il s’agit du territoire nigérian », a déclaré Chris Olukolade, porte-parole de l’armée nigériane.