Quand Hollande reçoit un dictateur arabe en se cachant, mais menace Poutine

Hollande, président vertueux qui choisit ses dictateurs: Hamed, bien, Vladimir, pas bien !
Le président de la République a reçu en catimini le roi Hamed de Bahreïn.
 Le président Hollande a tenu secrète
la visite du roi Hamed de Bahreïn à l’Elysée
Encore un changement que le président socialiste, à peine arrivé au pouvoir, s’est empressé de différer à la faveur de l’été 2012, pendant les vacances des Français, en accueillant sur le perron de l’Elysée celui qui réprime dans le sang la révolte de son peuple. Deux mois après son accession à la tête de l’État, c‘est en catimini que le « président normal » a reçu le 23 juillet dernier le roi de Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, à la tête d’une dynastie sunnite au pouvoir depuis deux cents ans. 
Est-il plus fréquentable que le Lybien Kadhafi ou le Syrien Bachar el-Assad ? Il n’est pourtant ni moins sanguinaire, ni plus légitime en France pour une plus grande proximité avec les Français de confession musulmane. Les Lybiens sont des musulmans à prédominance sunnite, comme les Syriens (à 75 %) et la plupart des musulmans en France. Non soumis à une hiérarchie ecclésiastique, les fidèles peuvent se désigner un imam parmi eux pour diriger la prière.
 
Alors que Laurent Fabius était déjà ministre français des Affaires étrangères, à la diplomatie hexagonale, François Hollande n’a rien changé, mais il y a ajouté opacité et dissimulation.  En effet, aucune mention de cette visite à l’agenda élyséen, aucune alerte à la presse n’a placé cette visite au premier plan de l’actualité estivale. « Cette rencontre était à l’évidence une réception officielle », signale Jean-Paul Burdy, professeur d’histoire à l’Institut d’études politiques de Grenoble, qui relate l’affaire sur son site. Ce spécialiste de Bahreïn en veut pour preuve le fait que le roi a été accueilli à l’aéroport par la garde républicaine française.
 
Pourquoi tant de sournoiserie ? 
Bahreïn nous apparaît comme un pays étrange. L’islam y est religion d’État ce qui n’est pas fait pour rapprocher le royaume de la république laïque française. Or, la proportion de chiites avoisine 70%, alors que la famille régnante Al Khalifa est sunnite.
Et cela fait un an et demi que le royaume est en guerre de religions, réprimant dans le sang la révolte chiite. La communauté majoritaire de ce minuscule état de 1.230.000 habitants (dont 550.000 nationaux) exige du pouvoir sunnite des élections libres et la fin des discriminations à son égard. Selon Amnesty International, au moins 60 personnes avaient été tuées  depuis mars 2011dans les 18 mois précédant l’élection de Hollande, après que l’Arabie saoudite a dépêché sur place un millier de ses soldats pour réfréner toute velléité révolutionnaire.

Un tweet donne l’alerte
Ironie du sort, c’est justement par un tweet (relayé par le Figaro.fr) qu’une journaliste politique de l’AFP, accréditée à l’Élysée, a donné l’alerte, le 23 juillet à 11 heures du matin. Évoquant une « visite-surprise », en tout cas « pour les journalistes AFP », elle joint à son texte une photo montrant François Hollande au côté du roi Hamed ben Issa Al Khalifa, sur le perron de l’Élysée (ci-dessus). Quelques heures plus tard, la présidence de la République expliquait que l’entretien avait porté sur la situation en Syrie ainsi que sur « le risque de prolifération des armes de destruction massive« . Autrement dit sur le dossier nucléaire de l’Iran, pays que Manama (Émirats arabes unis, très majoritairement sunnites) accuse de fomenter les troubles à Bahreïn.

Le lendemain, c’était Laurent Fabius qui recevait son homologue bahreïni Khalid ben Ahmed al-Khalifah. Celui-ci annonçait que la France allait aider Bahreïn à mettre en oeuvre des réformes judiciaires, ainsi que des mesures en faveur de la liberté de la presse et des droits de l’homme, selon l’Agence de presse française, première sur le coup fourré. De son côté, le Quai d’Orsay indiquait que le chef de la diplomatie française aurait eu un couplet sur les droits de l’homme et aurait « encouragé les autorités bahreïnies à poursuivre leurs efforts pour permettre un apaisement durable des tensions que connaît le royaume« …
Des tensions qui, pourtant, restent extrêmement vives. Durant tout le mois de juillet 2012, les forces de sécurité avaient arrêté plus de 240 personnes alors qu’une centaine d’autres avaient été blessées dans des heurts avec la police, selon le principal groupe de l’opposition chiite, Al-Wefaq. Deux semaines avant la visite du roi en France, l’opposant emblématique Nabeel Rajab a été condamné à 3 mois d’emprisonnement pour avoir critiqué dans un tweet le Premier ministre bahreïni, et oncle du roi, Cheikh Khalifa. « Des manifestations ont lieu en permanence dans les quartiers chiites périphériques de Manama« , indique pour sa part Jean-Paul Burdy, selon qui « le régime n’est pas menacé, mais la situation pas normalisée non plus ». Le 1er août, l’ONG des Médecins pour les droits de l’homme (PHR) avait ainsi condamné l’utilisation par le gouvernement bahreïni de grenades lacrymogènes dans un but létal. Dans un rapport, le directeur adjoint de PHR affirmait que des tirs de grenades lacrymogènes visent « directement des civils dans leur voiture, dans leur maison, ou dans d’autres espaces fermés où les effets toxiques sont exacerbés« .

Coopération sécuritaire ?

Hollande a raconté sur France 2 qu’il allait essayer de « convaincre » l’homme fort de la Russie de voter au Conseil de Sécurité des sanctions contre le régime Assad.

S’il demeure la principale cible des manifestants de la Perle [place centrale de Manama], le roi Hamed, alors au pouvoir depuis dix ans, s’inscrivait-il pour autant dans la lignée des Muammar Kadhafi et autres Bachar el-Assad (ci-contre avec Poutine) ? « Absolument pas« , insiste Jean-Paul Burdy. « La répression est bien moins sanglante à Bahreïn et le roi n’en est sans doute pas l’acteur principal. » Conscient de l’impasse politique que traversait son pays, Hamed ben Issa Al Khalifa avait bien tenté d’accorder des concessions à l’opposition. Il avait notamment mis sur pied en juin 2011 une commission d’enquête internationale indépendante sur les incidents qui avaient frappé le pays trois mois plus tôt. Le rapport qui en avait découlé dénonçait un « usage excessif et injustifié de la force » du régime

Problème : l’appareil sécuritaire reste entre les mains du puissant Premier ministre Cheikh Khalifa, véritable chef de l’État depuis près de cinquante ans. « Ce qui est certain, c’est que le roi Hamed est aujourd’hui le dirigeant d’un régime répressif« , souligne le spécialiste du royaume. Voilà qui expliquerait pourquoi l’Élysée s’était contenté d’un « service minimum » pour la venue du souverain… Pas de journalistes, pour ne pas s’attiser de foudre médiatique, mais aussi pour ne pas accorder au royaume une vitrine internationale, ce dont il avait alors grand besoin pour sa propagande intérieure. Si le « silence radio » français s’est révélé efficace, il a été trahi, explique-t-on en France, par la presse bahreïnie, qui a surexploité à l’excès la visite royale en capitale occidentale.
Le « message » de la France

Surtout, l’agence de presse officielle BNA avait tenté d’apporté ses propres justifications à la future coopération entre les deux pays. A l’en croire, les opposants bahreïni avaient de quoi s’inquiéter : outre la presse, la collaboration concernerait « les domaines politique, de la défense, de l’éducation, de la culture et de la technologie ». Une perspective qui a suscité l’inquiétude de six associations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International, la Fédération internationale des droits de l’homme et Human Rights Watch. Dans une lettre commune rendue publique le 2 août, les ONG appelaient François Hollande à collaborer à leur action, en « indiquant clairement que la France déplore l’échec de Bahreïn dans la mise en oeuvre des recommandations les plus importantes de la commission d’enquête indépendante de Bahreïn, à savoir la libération des personnes emprisonnées pour l’unique exercice de leurs droits à la liberté d’expression et de rassemblement pacifique« . Un beau rôle attribué à François Hollande, quoique subalterne, mais dont le bilan n’a jamais été dressé, pas même trois plus tard.

Le président François Hollande a « condamné » le déplacement en Syrie de quatre parlementaires français, dénonçant notamment leur rencontre avec « un dictateur », Bachar al-Assad, lors de son déplacement à Manille, le même mois. Le premier ministre, trempé de sueur devant Apolline de Malesherbe le qualifie de « boucher »:

Contactée par le Point.fr, c’est tout juste si une « source proche du dossier » affirmait que les deux pays avaient simplement discuté de la possibilité de créer une haute autorité s’intéressant à l’ensemble des relations entre les deux pays. « C’est seulement lorsque le comité sera mis en place que les domaines de coopération seront formalisés« , ajoutait-elle. Interrogée sur le bien-fondé d’un tel rapprochement, étant donné la répression en cours à Bahreïn, la source précisait que ce genre de collaboration est un moyen pour Paris de faire passer à Manama le « message selon lequel la France soutient le processus des réformes entreprises dans le pays« . Et alors? On nous cache la vraie raison du déplacement du roi et de l’accueil du « dictateur » par le président socialiste.

Aujourd’hui Hollande adopte en Ukraine la posture du justicier
Hollande et Poutine à l’Élysée,
dès le 1er juin 2012

L’intérêt de Hollande pour les « dictateurs » est troublant. Il n’a jamais traité Vladimir Poutine de dictateur, mais à en croire les media français, Vladimir Poutine s’apparenterait en Tchétchénie à un criminel de guerre opprimant l’aspiration légitime d’une jeune nation à l’indépendance. Jusqu’à l’ancien Premier ministre François Fillon qui, sur France Inter le mardi 29 avril 2014, a réclamé une « initiative autonome des Européens » et un dialogue avec la Russie pour résoudre la crise en Ukraine. Surtout, il a qualifié Vladimir Poutine de « dictateur ». « La Russie, c’est la Russie, Poutine, c’est Poutine, c’est un dictateur », a-t-il dit pour qualifier sa stratégie dans l’est de l’Ukraine.Une déclaration pour le moins étonnante, venant d’un homme politique connu pour entretenir des liens étroits avec le président russe depuis plusieurs années. On se souvient qu’en mai 2013, François Fillon avait été vertement critiqué pour avoir contesté la position française sur le dossier syrien, d’autant plus qu’il l’avait fait en tant qu’invité du Forum de Valdai au côté de… Vladimir Poutine. A cette occasion, l’ancien chef du gouvernement s’était adressé au président russe en ces termes: « C’est donc par notre dialogue, cher Vladimir, que passera la paix ».

Hollande fréquente beaucoup Poutine.
Ainsi, à l’occasion du 70e anniversaire du débarquement en Normandie, le 6 juin 2014, Vladimir Poutine est reçu la veille à l’Elysée. Le président de la Russie, qui était déjà venu à l’Elysée en juin 2012, est pourtant classé par le centre de recherche du magazine britannique The Economist dans la liste des pays « autoritaires ».
Un an tout pile après s’être rendu au Qatar et, en retour, François Hollande reçoit à l’Elysée le nouveau et jeune émir du Qatar Tamim Al-Thani, qui finance les Frères musulmans.

Mercredi 25 février 2015, à propos de la visite privée de parlementaires en Syriedeux sénateurs, l’UMP Jean-Pierre Vial et le centriste François Zocchetto, ainsi que deux députés, l’UMP Jacques Myard, le PS Gérard Baptl’ancien Premier ministre François Fillon avait en revanche assuré: « Ils ont eu raison d’y aller, il faut écouter toutes les parties », « si j’avais l’occasion d’aller en Syrie, j’irais sûrement en Syrie ». Quant à Manuel Valls, visage fermé, il a condamné l’initiative de ces membres des groupes parlementaires d’amitié franco-syrienne: ils ont commis une « faute » qui ne « les honore pas », a-t-il grondé sur BFMTV-RMC. « Les parlementaires représentent la souveraineté nationale, ce qu’est ce pays », a dénoncé le chef du gouvernement. Qu’ils « aient ainsi, sans crier gare, rencontré un boucher« , « je crois que c’est une faute morale« .
De Manille, où il effectue un voyage d’Etat, le président Hollande a proclamé avec solennité: « Cette initiative, je la condamne ». « Il s’agit d’une rencontre entre des parlementaires français qui n’ont été mandatés que par eux-mêmes, avec un dictateur qui est à l’origine d’une des plus graves guerres civiles de ces dernières années, qui a fait 200.000 morts. 200.000 ! »

VOIR et ENTENDRE le candidat Hollande venu « parler » le 12 janvier 2012, en Seine-Saint-Denis et pour faire le point…

A la vérité, le président russe est l’arbitre d’un système oligarchique.

Ce dernier rassemble, pêle-mêle, des hommes d’affaires – explicitement surnommés « oligarques » en Russie –, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques, qui ont tous en commun leur indéfectible loyauté envers le président. A cet égard, il n’y a pas d’un côté une oligarchie corrompue et affairiste, et de l’autre des opposants systématiquement victimes innocentes de l’oppression. Et le peuple est à 60 à 80% derrière leur président qui leur rend leur fierté.


Les déraillements de Hollande plus fréquents que les arrachages de caténaires

Le chef de l’Etat a parfois la langue qui fourche 

C’est fou comme les caténaires sont fragiles pour les départs en vacances
Ligne Paris-Brest

Une rupture de caténaire dans le tunnel sous la Manche a perturbé la circulation des navettes automobile et poids lourds dans les deux sens et le trafic des trains Eurostar le lundi 9 février, a indiqué le Centre régional d’informations et de coordination routière français (CRICR)

Les trains Eurostar reliant Bruxelles et Londres, et Paris et Londres, ont d’abord eu droit à un problème de signalisation. Puis, une partie du tunnel sous la Manche a dû être fermée en raison de la panne d’un train, a indiqué Jasmien Roelens, porte-parole chez Eurostar. « Les trains doivent circuler sur une voie. »   (lien PaSiDupes 2008)
Pour la visite officielle de Hollande au Maroc le pays de Najat Vallaud-Belkacem pavoise de drapeaux… hollandais: logique !

Le hasard a fait que le vendredi 13, le TGV Paris-Brest est tombé en panne, perturbant le trafic ferroviaire toute la journée pendant plusieurs heures. Les 500 passagers du TGV sont restés bloqués pendant près de quatre heures en pleine campagne à cause d’une panne d’alimentation. Vers 9 heures ce matin, le train s’est arrêté brusquement à hauteur de Laval (Mayenne). Les services de la SNCF ont essayé en vain de rétablir le courant. « On a une quinzaine de kilomètres de lignes caténaires qui ont été dégradés suite à l’arrachage de la caténaire par la motrice« , assure le chef d’escadron Terryn de la gendarmerie de Laval. Le train a dû être tracté jusqu’à la gare la plus proche et les passagers ont été acheminés vers leur destination finale par des TER. Ce vendredi, jour de départs en vacances, la plupart des trains au départ de Paris vers la Bretagne ont dû être détournés par Nantes.

 

Et le cerveau de Hollande ne perd pas le contrôle de sa langue seulement aux vacances

Jeudi, François Hollande a commis une boulette. Après que ses conseillers ont passé une nuit blanche de négociations sur l’Ukraine à Minsk, c’est Hollande qui s’est réveillé l’esprit embrumé au moment de s’exprimer sur les ventes de Rafale. Outre ses vagues commentaires en « il y a », « nous devons » et « il faut », le moment des précisions a été aussi chaotique que la zone-tampon entre les rebelles ukrainiens de Kiev et les Ukrainiens russophone de l’Est.

On le savait piètre économiste et piteux historien, mais il ne vaut pas mieux en géographie:  

 il ne s’est pas tout bêtement embrouillé dans des lignes frontières, mais a confondu l’Asie et le Proche Orient, l’Inde et l’Égypte. L’Elysée va maintenant avoir du mal à convaincre que les employés de Dassault Aviation lui doivent la vente de 24 avions Rafale. Bruno Le Roux et Michel Sapin pourraient s’y risquer: ils volent en escadrille… 

La « gauche molle » que la planète nous envie aura-t-elle eu tout loisir de récupérer des heures de sommeil pour conclure avec l’Inde qui poursuit des négociations avec l’entreprise française ? Et si seulement les ringards Mamère et Cosse d’EELV – qui dénigrent l’expertise des ingénieurs et techniciens et la vente de ce fleuron de la technologie française – pouvaient rester au hangar!   
 
Monsieur P’tite Blague a toujours près un nouveau sketch 
La Banque centrale européenne « complote », Sarkozy « prisonnier innocent«  ou encore cette vente de Rafale en Inde: voici le recueil des lapsus de François Hollande depuis son élection à la présidence de la République.

Hollande explique que ce qui le fatigue, c’est l’espoir: l’attente est longue en effet pour les chômeurs…


Les leaders quittent Davos inquiets

(De G à D) Le Pdg de BlackRock Laurence Fink, le ministre brésilien des Finances Joaquim Levy, le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda, Benoit Coeuré, de la BCE, le gouverneur de la Bank of England Mark J. Carney et le vice-directeur général du FMI Min Zhu au Forum de Davos le 24 janvier 2015
Forum de Davos – Le Pdg de BlackRock Laurence Fink, le ministre brésilien des Finances Joaquim Levy, le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda, Benoit Coeuré, de la BCE, le gouverneur de la Bank of England Mark J. Carney et le vice-directeur général du FMI Min Zhu, le 24 janvier 2015 (de gauche à droite)

Le forum économique mondial de Davos 2015 s’est achevé samedi dans la morosité, avec la préoccupation des risques, notamment géopolitique, terroriste et cybernétique, qui pèsent sur une économie mondiale en train de ralentir sa progression et où les facteurs d’incertitudes strictement économiques sont déjà nombreux, que ce soit le ralentissement chinois, l’évolution de la zone euro, ou les prix du pétrole.

Dans ce contexte mitigé, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le président français François Hollande ont exhorté les quelque 2.500 leaders économiques et politiques du monde entier à ne pas négliger la menace que représentent des groupes tels que Boko Haram ou l’organisation Etat islamique.

La délégation ukrainienne, conduite par le président Petro Porochenko, issu de la rébellion de Kiev, a aussi mis un coup de projecteur sur la crise ukrainienne, ajoutant ainsi à la dualité des tendances du Forum de Davos, qui cherche l’équilibre entre les sujets d’actualité et les tendances de long terme.

Au-delà des grands discours en tribune, dans les diverses salles de réunion où des patrons venus du monde entier échangent d’autant plus librement que les accès sont parfois fermés à la presse, le message était aussi à la vigilance.

«Les risques pour les chaînes d’approvisionnement augmentent pour toutes les entreprises», relevait ainsi un chef d’entreprise lors d’une des diverses sessions de ces quatre jours de réunion très intenses, avec en tête les ressources énergétiques au Nigéria et leur acheminement à travers l’Ukraine.

Les cybermenaces ont été particulièrement mises en avant, notamment par des patrons de groupes de sécurité informatique.

«Ce que vous appelez l’internet des objets, je l’appelle l’internet des menaces», a lancé lors d’un débat Eugène Kaspersky, de la société de sécurité informatique Kaspersky Lab, en référence à la multiplication des objets connectés.

Dans une autre session, un patron a estimé que « nous ne sommes plus dans une phase de risque, mais dans une phase d’infection », tant les piratages se multiplient, selon lui.

Décision de la BCE

Au-delà de ces débats sur les tendances de fond, les sujets d’actualité ont aussi accaparé leur part d’attention, notamment la décision historique de la BCE de se lancer dans un programme massif de rachat d’actifs, tombée jeudi en plein milieu du forum et qui a été largement commentée.

Une des idées force sur ce dossier, est que cela ne doit en aucun cas dispenser les pays européens de conduire des réformes structurelles indispensables pour relancer la croissance dans les pays de la monnaie unique.
«Avec une faible croissance, un chômage bien établi, des gens éjectés du marché du travail, nous voyons l’ensemble des fondations du projet européen affaiblies, et cela ne peut pas durer trop longtemps», a prévenu Benoît Coeuré de la BCE.

Le niveau des prix du pétrole a aussi été un des gros sujets de Davos, d’autant que, comme l’a reconnu samedi Laurence Finck, le patron de BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs au monde, les leaders de Davos n’avaient pas prévu cette évolution, illustrant les difficultés des exercices de prospectives conduits chaque année pendant quatre jours dans la bourgade suisse.
«L’an dernier, à cet endroit même, tout intelligents que nous étions, je crois bien que nous n’avons pas dit un mot du pétrole (…), je ne pense pas que nous ayons entenu le mot Isis (l’organisation de l’Etat Islamique, ou Daesh et Daech), nous n’avons évidemment pas parlé de l’Ukraine (…), nous avions confiance, (…) la tendance à Davos était que l’Europe était en train de se rétablir très rapidement. J’espère que nous ferons mieux cette année», a-t-il ironisé.

Pour le gouverneur de la banque centrale du Japon, Haruhiko Kuroda, il y a deux raisons d’avoir de l’espoir: la baisse des prix du pétrole et l’action de la BCE.

Mais Davos est aussi une formidable occasion pour les grands patrons de nouer des contacts pour de futurs contrats. «J’ai eu un ‘carnet de bal’ très rempli; en deux jours, j’ai rencontré 20 grands patrons pour enclencher une dynamique», s’est ainsi flatté le patron de Véolia, Antoine Frérot.

L’intervention de Hollande au Mali fait un 8e militaire mort et deux blessés français

Un militaire meurt, sans autorisation

Le jeudi …8 mai, un militaire français a été tué en opération dans le nord du Mali

révèle l’Elysée. 

Ce sous-officier du 2e régiment étranger de parachutistes de Calvi porte à huit le nombre de pertes françaises au Mali depuis le début des opérations. Le président socialiste ne manque pas de mots… « Le chef de l’Etat exprime son grand respect pour le sacrifice de ce légionnaire français », peut-on lire dans un communiqué de l’Elysée. 

A l’origine de l’envoi de soldats français, Hollande exprime sa « totale confiance » [ce qui, en la circonstance, n’a aucun sens] aux forces françaises engagées dans la lutte « contre les groupes armés terroristes« .

 

Le véhicule du soldat tué a été détruit sous l’effet d’un « engin explosif improvisé » placé par un groupe djihadiste, a affirmé, sans preuve, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, sur BFM-TV et RMC

A l’issue des cérémonies commémorant le 8 mai 1945, le président Hollande a aussi indiqué que deux soldats ont été blessés par cette explosion.

 

Comme la courbe du chômage en France, la situation se serait néanmoins stabilisée dans le sud du Mali. Des groupes islamistes sont toujours actifs dans le Nord, a-t-il admis. « Il est mort pour la liberté du Mali, la sécurité du Mali, mais aussi pour la liberté, la sécurité de l’Europe [rien que ça !] et de la France », a-t-il estimé.

 

Hollande annonce la fin de l’ingérence française

 

Jean-Yves Le Drian a indiqué que l’opération Serval au Mali est « en train de se terminer dans sa phase de guerre frontale contre les groupes djihadistes « .

 

Le ministre annonce un désengagement français. « Nous sommes en train de nous réorganiser pour avoir une conception régionale du contre-terrorisme« , a expliqué le ministre, précisant que 1.000 soldats français vont être concentrés près de Gao et 3.000 autres sur la « bande sahélo-saharienne », face aux islamistes d’Al-Qaïda AQMI.

Pourtant, en novembre 2013, « le calendrier de réduction de présence des forces françaises » n’était pas « remis en cause ». Fixé par François Hollande, lors de sa visite à Bamako le 19 septembre, le chef de l’Etat disait alors : « vous serez environ 2.000 en novembre prochain. Vous aurez à cœur de permettre que le scrutin des élections législatives (24 novembre et 15 décembre) se tienne dans les meilleures conditions. Ensuite, il y aura un désengagement et vous serez 1.000 à la fin du mois de janvier [2014]. » Des sources militaires n’excluaient pas alors qu’il puisse y avoir encore près de 1.500 hommes début février, le temps de plier bagage. En mai 2014, ils sont encore 4.000

La France est intervenue militairement en janvier 2013 aux côtés des forces maliennes, à la façon de la Russie de Poutine, en soutien aux Ukrainiens de l’Est, pour déloger les combattants islamistes (comme les insurgés de Kiev) qui contrôlaient alors les deux tiers du pays et menaçaient la capitale, Bamako.


L’exception démocratique française


Les députés français n’ont pas les pouvoirs de leurs homologues anglo-saxons, mais pas une voix ne s’élève dans la chambre rose actuelle.
 En juillet 2013, les élus de la Chambre des Communes, l’équivalent de l’Assemblée nationale au Royaume-Uni, ont voté « non » à une intervention militaire en Syrie et  le Premier ministre conservateur, David Cameron, a suivi leur avis sans broncher. Rien de tel en France où la presse vient conforter cette passivité des parlementaires complices sur l’envoi de troupes en Afrique. Et les admirateurs du président américain Barack Obama n’ont éprouvé aucun état d’âme lorsqu’il a  ordonné qu’aucune frappe ne soit dirigée contre Damas tant que le Congrès ne lui aurait pas donné son aval. 

Dans l’hexagone, à la différence de Marylise Lebranchu ou J.-J. Urvoas, ses collègues du Finistère, seule la députée socialiste, Patricia Adam, présidente de la Commission de la Défense à l’Assemblée nationale, a regretté que « la France (soit) l’une des rares exceptions en Europe où le Parlement s’exprime a posteriori« . 

En France, où le chef de l’Etat est aussi le « chef des armées » (article 15 de la Constitution) et le seul « garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités«  (article 5) – ce qui n’est pas en cause au Mali – et où le Premier ministre est « responsable de la Défense nationale«  (article 21), c’est l’exécutif qui décide en matière d’intervention militaire et les élus ne sont pas consultés. L’intervention militaire française décidée souverainement par Hollande n’est pourtant pas justifiée par une menace sur « l’intégrité du territoire » ou des Français Dans cette hypothèse, les enlèvements de ressortissants français légitimerait l’attaque de plusieurs états africains, notamment sub-sahariens La cohérence de la politique étrangère de Fabius est prise en défaut, comme sur l’Ukraine où il défend les rebelles du gouvernement transitoire et sans légitimité.