Seine-Saint-Denis: la solidarité nationale continuera de financer son RSA

Le département le plus pauvre de la France métropolitaine se porte volontaire (sic) pour une « renationalisation » du revenu de solidarité active.

Macron dit les Français prêts à prendre en charge le revenu de solidarité active versé aux travailleurs pauvres et un minimum social pour ceux qui ne travaillent pas. Bien que la Seine-Saint-Denis soit bénéficiaire de toutes les aides sociales (et infrastructures d’Etat pourvoyeuses d’emploi et de richesse: Stade de France et Jeux Olympiques, tribunaux ou écoles de formation, telle E2C pour l’accompagnement individualisé et en alternance vers l’emploi pour les jeunes sans qualification (Rosny-sous-Bois, La Courneuve ou Bobigny), ou ainsi que des filières ou des convention spéciales comme celles entre le 9.3 et l’IEP), le premier ministre, Jean Castex, n’a pas hésité à assurer que le département est un « excellent candidat » à la renationalisation du financement du RSA. Il s’agit du département le plus pauvre de métropole. En fait, un puits sans fond pour les aides, allocations et autres subvention, un scandale de mauvaise gestion populiste.

L’Etat a décidé d’ouvrir la porte à l’expérimentation d’une « renationalisation du financement du RSA » en Seine-Saint-Denis, une décision saluée comme une « grande victoire après des années de bataille » par le département le plus pauvre de métropole, une idée reçue qui assure la paix sociale et l’impunité des décideurs et des gestionnaires.

Comment effacer la dette d’un département suceur du sang des travailleurs

Macron traite le 9.3 comme un pays africain.

Dans un courrier envoyé le 23 octobre aux élus de Seine-Saint-Denis, Jean Castex récite un conte pour endormir les contribuables : la Seine-Saint-Denis est un « excellent candidat », ce qui conduit à l’effacement de la dette de la Seine-Saint-Denis par « renationalisation du financement du RSA« , pérennisant une légende urbaine tenace, « les difficultés sociales exceptionnelles auxquelles est confronté le département ». Pour mémoire, quand l’ex-président PS du Conseil général de Seine-Saint-Denis, Claude Bartolone, avait contracté des emprunts à risques, dits « toxiques », il avait attaqué en justice les banques qui lui avaient consenti les emprunts qu’il quémandait pour son département, fortement endetté. En 2008, 93 % de la dette du département était constituée d’emprunts toxiques. Si les élus ont été bernés, les autorités de surveillance auraient dû, quant à elles, tirer la sonnette d’alarme. Son successeur, Stéphane Troussel, a annoncé en décembre 2014 être parvenu à sortir « du piège mortifère des emprunts toxiques » en renégociant les 331 millions d’euros de créances risquées contractées auprès des banques. La Seine-Saint-Denis a bénéficié d’un fonds de soutien spécifique mis en place par l’Etat. Hollande est alors président et il assènera:  » c’est pas cher c’est l’état qui paye. «  Si les élus ont été bernés, les autorités de surveillance auraient dû, quant à elles, tirer la sonnette d’alarme. Quel que soit l’angle choisi, le 9.3 est livré à des margoulin assoiffés d’aides.

Les perles de la gestion de Bartolone, c’est par ICI

De cette « zone de non-droit », Macron et Castex font une  » zone blanche »

« Je considère que l’on ne peut pas continuer à faire peser sur le contribuable local une dépense de solidarité nationale », débloque Jean Castex, qui s’était rendu le 25 septembre dans le département pour y présenter la mise en œuvre du plan « L’Etat plus fort en Seine-Saint-Denis », une visite interrompue par l’attentat visant les anciens locaux de Charlie Hebdo à Paris.

Un antécédent qui interpelle l’Aude (21%), le Pas-de-Calais (20,7%) et les Pyrénées-Orientales (20,4%), autres départements pauvres, qui peuvent désormais réclamer ce même régime discriminatoire.

Déjà le cas à Mayotte, La Réunion et en Guyane

La Seine-Saint-Denis est le premier département métropolitain à se faire soulager du versement du RSA: l’Etat a la faiblesse de le prendre en charge, mais injustement, car c’est une lourde charge pour tous les autres départements de l’Hexagone : depuis 2007, cette prestation sociale est en effet gérée par les conseils départementaux et versée par les caisses d’allocations familiales (CAF) et la mutualité sociale agricole (MSA) à quelque 2 millions de plus de 25 ans (18-24 ans en cas d’enfant), en 2020, mais possiblement 3 millions en 2021, du fait de la crise sanitaire) . C’est déjà le cas depuis 2019 à Mayotte et en Guyane, et depuis le début de l’année à la Réunion.

Partout en France, les enfants paieront la dette de l’Etat pour les zones à problèmes. « Même si cela ne règle pas les difficultés pour 2021, c’est un soulagement pour l’avenir, alors que l’Etat nous faisait toujours plus payer le RSA à sa place », a réagi le président PS du département, Stéphane Troussel, sur Twitter, évoquant une « grande victoire après des années de bataille ».

En 2017, le 9.3 avait refusé de verser le RSA de décembre, attendant de l’Etat qu’il mette la main à la poche. Les départements qui ne pratiquent pas la mendicité – qu’ils donnent ou non des leçons de civisme socialiste – peuvent en revanche choisir la facilité: les mauvais-payeurs savent désormais comment faire supporter leurs charges par leurs voisins…

A partir du 1er janvier 2022

Cette expérimentation pourrait se faire dans le cadre d’une loi en cours d’examen (projet de loi organique sur les expérimentations: un sommet ubuesque de la technocratie macronnarde) ou d’un autre texte en préparation (projet de loi 3D: on n’est pas en manque à l’Elysée), a indiqué Matignon, sans préciser la date de mise en application. Pour l’heure, les projets ne filtrent pas, mais ils sont en débat !

Selon Stéphane Troussel, cette expérimentation pourrait entrer en vigueur à partir du 1er janvier 2022 et « donne mandat à la direction générale du département pour y travailler avec les services de l’Etat », précise le président du Conseil départemental dans sa réponse datée du 5 novembre.

L’agenda officiel du Premier président de la Cour départementale des comptes est vide

Ce Premier président, c’est Pierre Moscovici et ça fait peur… Le président de la CRC de l’Ile-de-France est Christian Martin, qui est à la tête, avec sa vice-présidente, de huit présidents de section. La pénurie d’effectifs, c’est à l’hôpital, mais les résultats, ce n’est clairement pas au Conseil départemental des Comptes. Aucun de ces sept personnages ne constate jamais aucun gaspillage. Tous valident les appels incessants à toutes les demandes d’aides formulées par le président du Département,

Une «taupe» chez les magistrats de la Chambre régionale des comptes ?Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, a débusqué une «taupe» chez les magistrats de la chambre régionale des comptes (CRC), en la personne de Bruno Sentenac, militant LREM de l’Essonne. Pécresse parle de « conflit d’intérêts. » et de « situation extrêmement grave ». La présidente (Libres!) de la région Ile-de-France l’accuse de partialité auprès de Didier Migaud, alors premier président de la CRC, qui a quitté ses fonctions le 31 janvier dernier. « A ce titre, il a même été un opposant politique d’un agent mis en cause dans le rapport et d’une conseillère régionale de la majorité. Cette situation est constitutive d’un conflit d’intérêts manifeste. » Ainsi va le contrôle des comptes de la Région.

Le couvre-feu coûtera un milliard d’euros aux jeunes qui veulent vivre leur vie

La facture sera bien moins salée qu’un reconfinement, promet Bruno Le Maire aux générations montantes

Pénalisation du milieu urbain: qu’il ne vienne pas polluer la ruralité pendant les fêtes de la Toussaint…

Un couvre-feu coûterait cinq milliard d’euros à l’Etat (!) et 15 à 20 milliards d’euros par mois en cas de reconfinement généralisé.

C’est ainsi que le ministre de l’Economie vend les mesures de restrictions au « vivre ensemble » annoncées par Macron pour combattre le coronavirus dans les zones concernées par la mise en place du « confinement nocturne«  dès vendredi soir de 0h00 jusqu’à 6h00 du matin, avant de passer à 21h00, samedi soir.

Paris et la grande couronne, comme huit autres métropoles en alerte maximale, s’apprêtent à vivre une dernière soirée de liberté – comme formulé par une certaine presse soucieuse de plaire à la gauche radicale et à ses élites anti-masques qui passent leurs vies dans les bars, restaurants et théâtres en pétard contre l’exécutif – avant l’entrée en vigueur des couvre-feux, à partir de vendredi 16 octobre minuit.

Une mesure effective « pour une durée minimale de quatre semaines » voire « au-delà, si le Parlement le valide » et avec des nuances possibles fixées par les maires, en accord avec les préfets: la bouteille à l’encre, Macron ayant évoqué la date du 1er décembre, qui ne sera une nouvelle fois pas sans conséquences économiques. Mais si la population est décimée, qui, pour faire tourner l’économie dont on nous dit, à l’inverse, que c’est elle qui finance l’hôpital ?

L’Etat fait l’avance: la facture sera payée par les jeunes, qu’ils disent non à la solidarité ou pas

Pour soutenir les entreprises, notamment dans la restauration, la culture, l’événementiel ou le sport, des secteurs destinataires de subventions sociales, bien que tout-à-fait subsidiaires – qui peuvent être compensés par la lecture, ou l’activité de pleine nature – en période de pandémie mortelle, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a annoncé jeudi une extension des aides. Toutes les entreprises de moins de 50 salariés situées dans les zones de couvre-feu seront éligibles au fonds de solidarité, jusqu’à 1.500 euros, si leur perte de chiffre d’affaires atteint 50%. Ces nouvelles aides représentent « un milliard d’euros pour la durée du couvre-feu », a précisé vendredi matin le ministre, lequel ne peut pourtant savoir quelle sera sa durée…

« C’est une somme très importante », a reconnu Le Maire, avant de donner « un élément de comparaison. Si nous procédions à un vrai reconfinement dans les zones où le virus circule activement (…), le coût serait de l’ordre de 5 milliards d’euros. Si nous avions un reconfinement généralisé, le coût serait – en fonction de la réaction du monde économique – de 15 à 20 milliards d’euros par mois ».

Il a ajouté préférer que « nous prenions des mesures fortes, rapides, circonscrites, immédiates et que nous soutenions fortement les secteurs qui sont les plus concernés, plutôt que d’être dans cette situation de reconfinement général qui serait insupportable psychologiquement, socialement et pour les finances publiques« . Rendez-vous dans dix et trente anas…

Pour toutes ces entreprises, « c’est un drame, on en a conscience! C’est très dur, je comprends à quel point c’est dur pour eux », a assuré Bruno Le Maire.  Le monde du spectacle est constitué d’influenceurs ancrés à gauche et, si le pouvoir a peur du virus, il a également peur d’une révolte sociale fomentée par les gauches, quelle que soit la nuance de gris, de noir ou de rouge.

Alerte de Moscovici face à l’explosion de la dette française

Le président de la Cour des comptes avertit des risques à long terme de l’aggravation de l’endettement public.

Dette française : Moscovici tire la sonnette d'alarme

Alors que l’endettement public a explosé avec l’épidémie de coronavirus, le premier président de la Cour des comptes Pierre Moscovici tire la sonnette d’alarme dans Le Parisien. « La dette a autant augmenté en quelques mois qu’au cours des dix années précédentes », avertit l’ancien ministre socialiste qui met en garde : sans un retour à une maîtrise de la dépense publique, la dette française pourrait à terme atteindre 140% du PIB annuel. Un poids qui ne serait pas neutre et représenterait « un facteur de vulnérabilité pour notre économie et qui risque de peser sur les prochaines générations, notamment sur la jeunesse déjà durement éprouvée », estime Moscovici. Déjà, le coût des mesures économiques et sanitaires prises pour juguler l’impact de la crise a contribué à une augmentation de la dette de l’ordre de 6.500 euros par Français selon les calculs de la Cour des comptes.

L’ancien ministre de l’Economie en poste au moment de la crise grecque de la dette souveraine sait quelque chose du sujet. Il ne remet toutefois pas en cause les choix du gouvernement français. « A périodes exceptionnelle, réponses exceptionnelles. Il était nécessaire de sauvegarder l’économie et la cohésion sociale. » Tout comme il se garde de cibler une administration en particulier sur l’aggravation des finances publiques, renvoyant à la « volonté collective » des Français. « Evitons la petitesse des règlements de comptes politiques et prenons la mesure de la situation », lance-t-il.

Face à ceux qui rêvent d’une annulation de la dette publique, notamment à gauche, le patron de la Cour des comptes met en garde : « Cela entraînerait des pertes considérables pour les épargnants. » Quant à la monétisation de la dette par la BCE – « il faut être conscient des limites de son mandat et de ses ressources – ou sa mutualisation à l’échelle européenne, Pierre Moscovici invite à ne pas verser dans de faux espoirs : « Les Françaises et les Français, qui ont du bon sens, le savent. Une dette peut être allégée, différée, gérée mais, à la fin, il faut bien qu’elle soit remboursée. »

La dette publique de la France s’envole : crèvera-t-elle le plafond de verre ?

Elle a atteint fin juin un nouveau sommet historique

La dette publique française s’élevait à 2.638,3 milliards d’euros, il y a trois mois, plombant le PIB à – 114,1% ! La majorité présidentielle et tentent de la minimiser le problème la problématique (!), quand elle devrait être prise très au sérieux, met en garde notre chroniqueur Marc Touati, président du cabinet ACDEFI.

L’épidémie de covid-19 explique toutes les dérives. Après avoir déjà fortement augmenté au premier trimestre 2020, la dette publique française a explosé au deuxième trimestre, atteignant un nouveau sommet historique de 2.638,3 milliards d’euros : 114,1% du PIB français, soit 12,7 points de plus qu’au premier trimestre 2020 et 49,6 points de plus qu’en 2007. Il faut dire que nous avons pour président un ancien ministre de l’Economie de Macron…

Et malheureusement, ce n’est qu’un début, car d’ici trois mois, à la fin 2020, la dette atteindra certainement la barre des 125% du PIB. Le plus fou, c’est qu’en dépit de ces niveaux stratosphériques, les taux d’intérêt des obligations de l’Etat français restent bas et même négatifs jusqu’aux échéances de dix ans. Face à cette anomalie, de plus en plus de voix continuent de s’élever pour appeler à continuer d’augmenter la dette publique. L’argument est simple : puisque s’endetter ne coûte rien, autant en profiter et advienne que pourra ! Les générations de nos enfants et petits enfants auront des idées lumineuses, s’ils n’ont plus de pétrole, que de l’électrique… D’ailleurs, le Japon n’est-il pas à près de 240% de dette publique / PIB et personne ne s’en plaint !

Pendant ce temps, Macron s’occupe de la Biélorussie… A priori imparable (face à l’opinion, la tête dans le guidon la Covid), ce raisonnement de nos responsables – vous savez, ceux qui assument – oublie cependant l’essentiel : ce n’est pas parce que les taux d’intérêt sont bas que la dette baisse. Autrement dit, même si elle ne coûte pas cher, il faudra bien finir par la rembourser. Un argument de bon sens qui est pourtant de plus en plus oublié tant l’aveuglement collectif autour de la dette publique est grand. Certes, compte tenu de l’ampleur dramatique de la pandémie et de la dépression économique actuelle (qui est malheureusement loin d’être terminée, comme en témoigne la baisse des indicateurs avancés de septembre), cette débauche de moyens semble justifiée : lorsque la maison brûle, il faut tout faire pour éteindre l’incendie. Pour autant, face à cette valse des milliards, ou plutôt des trilliards, une question à la fois simple et lourde de conséquences s’impose : qui va payer ?

Que ceux qui veulent payer lèvent la main

TRIBUNE LIBRE de Marc Touati

En fait, il existe quatre réponses possibles, qui peuvent d’ailleurs se cumuler. La meilleure consisterait en un retour rapide de la croissance forte. En effet, n’oublions pas qu’une dette publique élevée n’est pas forcément catastrophique, si et seulement si elle est soutenable, c’est-à-dire qu’elle génère une croissance suffisamment forte pour payer au moins les échéances de la dette. Le problème est que pour le moment et dans le contexte actuel de récession, rares sont les pays qui paraissent susceptibles d’y arriver. Pour mémoire, rappelons que la France n’y est jamais parvenue depuis 2007.

D’où une deuxième réponse palliative : l’augmentation de l’inflation. L’Histoire a effectivement montré que, très souvent, une forte inflation permettait de payer la dette de façon quasiment indolore. Il y a néanmoins deux problèmes. D’une part, on ne peut pas décréter l’inflation. D’autre part, si l’inflation augmente trop fortement alors que la récession et le chômage élevé persistent, les revenus ne pourront suivre, ce qui aggravera la récession, donc le chômage, les déficits et la dette…

C’est pourquoi, certains Etats pourraient choisir une troisième solution, qui a d’ailleurs quasiment toujours été utilisée, en particulier en France, en l’occurrence l’augmentation des impôts. Le premier ministre et le Président français ont beau claironner qu’il n’en sera rien, peut-on raisonnablement les croire ?

D’ores et déjà, les suppressions de la CRDS et de la taxe d’habitation qui étaient prévues cette année ont été reportées sine die. Le drame est que la France étant déjà numéro un mondial de la pression fiscale, accroître encore cette dernière reviendra à casser davantage la croissance, ce qui réduira l’assiette fiscale, donc accroîtra les déficits et la dette.

C’est alors qu’une quatrième solution semble faire l’unanimité : l’annulation de la dette. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait tous les pays surendettés et / ou en défaut de paiement à travers l’Histoire. Evidemment, il ne faudrait pas annuler la dette publique détenue par les épargnants, sinon cela susciterait l’effondrement du système. D’où l’idée “géniale” de ne supprimer que la dette publique détenue par les banques centrales. Pour la simple raison qu’en théorie, une banque centrale ne peut pas faire faillite.

Mais là aussi trois problèmes surviennent. Primo, il y a souvent un fossé entre la pratique et la théorie. Ainsi, les statuts des banques centrales des pays développés, et en particulier ceux de la BCE, interdisent une telle annulation. Et il paraît très peu probable que l’on puisse changer rapidement cette règle de base, par ailleurs indispensable à l’indépendance des instituts d’émission.

Secundo, à compter que l’on puisse passer par miracle ce premier obstacle, il n’est pas certain que la zone euro, déjà particulièrement bancale, puisse survivre à l’annulation des dettes détenues par la BCE, surtout parce que cela créera une distorsion entre les Etats “sérieux” et les autres.

Tertio, cette stratégie est un fusil à un coup. Cela signifie qu’après avoir annulé les dettes d’un Etat ou d’une somme d’États, ceux-ci perdront durablement en crédibilité. Dès lors, une phase de remontée massive des taux d’intérêt des obligations se produirait, ce qui aggraverait la récession, augmenterait le chômage, suscitant une nouvelle flambée des déficits et des dettes, sans parler des risques financiers, sociaux et sociétaux qui en découleraient.

En conclusion, à l’exception de la première solution, les trois autres engendreraient des dégâts collatéraux considérables et certainement destructeurs. Dans ce cadre, il nous faut donc une fois encore rappeler le bon sens : augmenter les dettes publiques, oui, mais pas seulement pour éteindre l’incendie, cela doit aussi favoriser l’investissement, l’innovation et, in fine, le retour de la croissance forte. La solution existe, reste à savoir si, pour une fois, nos dirigeants auront l’intelligence de la mettre en musique.

Marc Touati, économiste et président du cabinet ACDEFI. Son nouveau livre RESET – Quel nouveau monde pour demain ? est en tête des ventes des essais économiques depuis sa sortie le 2 septembre 2020.

Macron a nommé Pierre Moscovici à la tête de la Cour des Comptes: tout devrait donc s’arranger ! Rappelez-vous comment, comme ministre de Hollande, Moscovici a géré le chômage qui devait baisser à la fin du trimestre suivant…

SNCF : Le Maire veut faire croire que la reprise de la dette n’affectera pas les Français

Si la reprise de 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF « ne pèsera pas sur le déficit public »; alors, sur qui , sur quoi ?

blog -SNCF-reprise de la dette.JPG“Elle [la dette de la SNCF] aura évidemment un impact sur la dette publique, puisque ça accroît la dette publique française (…), mais elle n’aura pas d’impact sur le déficit”, a assuré B. Le Maire au salon des startups VivaTech à Paris, le 24 mai.

Le ministre contredit ainsi le rapporteur général du budget.
Joël Giraud avait estimé vendredi que la reprise de la dette de la SNCF allait provoquer une hausse du déficit par rapport aux prévisions actuelles du gouvernement, et retarderait le retour à l’équilibre des finances publiques prévu jusqu’à maintenant pour 2022.
Selon les projections du rapporteur, le déficit public remontera à 1,9% du PIB en 2020 avec la reprise d’une première tranche de 20 milliards de dette SNCF, au lieu de 0,9% prévu jusqu’à maintenant.
Et il serait de 0,1% de PIB en 2022, alors que le gouvernement escomptait jusqu’alors un excédent de 0,3% du PIB à cette échéance.

Bercy avait publié après la déclaration de J. Giraud un communiqué cinglant.

Il y admettait qu’il “n’est pas possible de se prononcer sur l’impact [de cette reprise de dette] sur la trajectoire des finances publiques”.
L’impact dépendra du traitement comptable de l’opération par l’Insee, « qui a engagé des discussions avec Eurostat sur ce sujet et devrait se prononcer avant la fin de l’année”, avait indiqué le ministère de l’Economie et des finances.

Bruno Le Maire a admis samedi que la reprise de la dette de la SNCF « accroît la nécessité de réduire cette dette progressivement et donc de réduire la dépense publique”.

Le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé vendredi que l’Etat va reprendre 35 milliards d’euros de dette de la SNCF, sans pour autant créer d’impôt pour compenser cette charge. 

Le député radical de gauche et LREM des Hautes-Alpes (élu sous la double étiquette) Joël Giraud, 59 ans, un ex-administrateur des PTT, occupe le poste de rapporteur général du Budget durant la première moitié de la législature, mais il se désistera au profit de Laurent Saint-Martin (Oseo et think tank ‘En Temps Réel’, de centre gauche) à la mi-quinquennat : il a en effet été élu à la commission, mais battu de deux voix à sa présidence face à Laurent Saint-Martin (33 ans, LREM, Paris). Les deux macroniens se sont entendus pour  se relayer…

« Pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette, promet Edouard Philippe

Le Premier ministre a annoncé « un engagement sans précédent » pour la reprise de la dette de l’entreprise ferroviaire par l’Etat : 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF, dont 25 milliards en 2020 et 10 milliards en 2022, afin d’arriver « à l’équilibre », « avant la fin du quinquennat ». « Cette reprise constitue un engagement sans précédent de la nation et du contribuable en faveur de la SNCF », a souligné le Premier ministre, après avoir reçu à Matignon les syndicats représentatifs lors de rencontres bilatérales.

« 35 milliards d’euros, c’est 14 ans de budget d’investissements de l’Etat dans l’ensemble de nos routes, chemins de fer et canaux », a-t-il insisté lors d’une conférence de presse avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

Moins d’investissements de l’Etat, détournés en faveur de la SNCF, c’est plus de retard dans la croissance économique et dans le développement du bien-être de la population.

« Pas d’impôt SNCF »

Le Premier ministre a toutefois assuré qu’il n’y « aura pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette qui « viendra s’ajouter à la dette publique de l’Etat et sera remboursée au même rythme que la dette publique de l’Etat« . « Ce sera bien une charge supplémentaire pour le contribuable », a-t-il relevé en mai 2018. Selon Edouard Philippe, le montant de 35 milliards est le fruit d’arbitrages destinés à ce que la France ne « se place pas en situation de déséquilibre » alors qu’elle « est en train de revenir dans les clous de la maîtrise de ses comptes publics ».

Critiquant l’action des précédents gouvernements qui se sont successivement repassé « la patate chaude », le juppéiste Edouard Philippe a assuré que ce geste de l’Etat s’accompagnera d’une « règle contraignante pour que SNCF Réseau« , endetté à hauteur de 47 milliards d’euros au total, « ne puisse plus à l’avenir s’endetter sans que le Gouvernement ne prenne de mesures de rétablissement ».

Il a par ailleurs annoncé 200 millions d’euros d’investissements supplémentaires dès 2022, en plus des 3,6 milliards actuels.

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Nous voulons plus de trains, qui circulent plus régulièrement, sur un réseau plus performant. En plus des 3,6 Md€ actuels, dès 2022, nous investirons chaque année 200 M€ supplémentaires. <a href= »https://twitter.com/hashtag/SNCF?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#SNCF</a></p>&mdash; Edouard Philippe (@EPhilippePM) <a href= »https://twitter.com/EPhilippePM/status/999990490174025728?ref_src=twsrc%5Etfw »>25 mai 2018</a></blockquote>
https://platform.twitter.com/widgets.js</center>

Et tout va bien puisque, depuis F. Hollande, « ça ne coûte rien (au contribuable), c’est l’Etat qui paie » … Confirmation de Macron et Le Maire !

 

« Retraite-chapeau »: Hollande nomme préfet « hors cadre » le chef de cabinet de… Manuel Valls

Le gouvernement socialiste récompense ses serviteurs au détriment de la dette publique

Valls donne l’exemple avec la promotion de son chef de cabinet à Matignon.

blog -Gros Sebastien-homme a tt faire de Valls
Sébastien Gros, homme à tout faire de Manuel Valls,
d’Evry à Matignon

Valls recrée les prébendes ecclésiastiques en république laïque
Le premier ministre a nommé préfet hors cadre ce fidèle conseiller apporté dans ses bagages de sa mairie d’Evry, selon le compte rendu du Conseil des ministres publié mercredi.

Copinage socialiste
A 34 ans, Sébastien Gros, conserve ses fonctions à Matignon, en cumulant les nouveaux avantages de « préfet hors cadre, chargé d’une mission de service public relevant du gouvernement », « sur proposition du ministre de l’Intérieur », c’est-à-dire la complicité de Bernard Cazeneuve, selon le compte rendu.

Un préfet hors-sol
Cette promotion « hors cadre » dans « la préfectorale » signifie que le bénéficiaire n’est nullement affecté à un département, comme c’est le cas de la plupart des autres préfets.

L’ombre de Valls, à toute heure

Le chef du gouvernement de Hollande sait apprécier les capacités des serviteurs de l’Etat…
En tant que chef de cabinet à Matignon – fonction subalterne au poste de directeur de cabinet – Sébastien Gros veille notamment à l’organisation des déplacements du Premier ministre. Valls salue donc les hautes compétences de son protégé lors des deux épisodes marseillais, tirs de rafales de kalachnikov à son arrivée dans la cité phocéenne et huées de jeunes lycéens au lycée Victor Hugo…

Le privilégié est aussi un parachuté

Il fut un temps où Jospin, connaisseur en la matière, voyait en effet dans ces promotions une méthode d’entrismeGros était déjà le chef de cabinet de Manuel Valls à Evry (2008-2012) avant de le devenir au ministère de l’Intérieur (2012-2014). Le voilà préfet disponible à toute mission de confiance -officielle ou officieuse- du pouvoir socialiste.

Et le conseiller de Valls est allé se faire élire conseiller municipal PS à… Nîmes (UMP) aux élections municipales. et au conseil communautaire Nîmes Métropole sur la liste de la députée PS et conseillère municipale Françoise Dumas (2012), Sébastien Gros a démissionné de ses fonctions électives. C’est l’écologiste Alain Fabre-Pujol, ancien premier adjoint de la municipalité Clary (PCF), qui prend la place du protégé de Valls.

Une carrière éclair faite de protections
Sébastien commença modestement avec un petit master professionnel en « administration du politique », mais devint Gros avec un master « Recherche en sociologie du droit », délivré à… Evry  (Université d’Évry-Val d’Essonne), où précisément il a rendu de petits services au député-maire de la ville (2001-2012), au point de devenir également coordinateur de sa campagne pour les primaires de 2011.

Matignon se défend
« C’est une nomination qui vient confirmer un parcours administratif et politique », raconte-t-on dans l’entourage du Premier ministre qui ne peut pas faire moins. Sébastien Gros « a rempli des fonctions de hautes responsabilités auprès de Manuel Valls depuis plusieurs années, ce qui lui donne une importante expérience des institutions et de la haute fonction publique« , insiste-t-on.
Il est par ailleurs « d’usage que le chef de cabinet du Premier ministre soit nommé préfet, si les conditions le permettent et que son parcours le justifient », se justifie-t-on encore à Matignon.

Sa rémunération à 5.162 euros bruts -pour commencer et sans prendre en compte les années d’ancienneté- viendra se substituer, et non s’ajouter à celle de membre de cabinet.

Perd-il au change ?
A la demande de Manuel Valls, le socialiste élu au conseil municipal de Nîmes passe donc du statut de contractuel à celui de fonctionnaire. Une situation bien plus sûre et confortable, en cas de changement de Premier ministre, et à l’heure de… la retraite.

Pas de changement à attendre avec Hollande

Nicolas Sarkozy s’était vu reprocher la promotion de conseillers dans la préfectorale, tel Laurent Solly, nommé en 2012 à 36 ans, ou Brice Hortefeux, nommé en 1995 à 37 ans alors qu’il était au cabinet de N. Sarkozy, ministre du Budget.
Aujourd’hui, ils s’en prévalent pour continuer…
Ainsi, les chantres de l’exemplarité socialiste évoquent-t-il aussi le résistant et futur ministre Pierre Sudreau qui avait été nommé, à 32 ans seulement… après-guerre.

Mais, ils occultent les pratiques de Mitterrand et Jospin
Ces nominations de « faux préfets » ou de « préfets fantômes » se pratiquent depuis la création du corps par Napoléon 1er, en 1800. Cependant le général de Gaulle, assez strict avec tout ce qui touchait aux finances du pays et à la morale publique, y avait mis un terme.
blog -Vauzelle-prefet fantome-France SoirMais François Mitterrand, en arrivant à l’Élysée en 1981, s’était empressé de rétablir ce système, souvent fondé sur des relations maçonniques. C’est ainsi qu’un décret du 23 décembre 1982 autorisa la nomination de « préfets en mission de service public » relevant du gouvernement, à hauteur de 5% de l’effectif budgétaire de ce corps. La relance du système par François Mitterrand a duré avec ses successeurs.
Ces privilégiés sont nommés préfets hors cadre après quelques mois, avec environ 6.000 euros bruts mensuels pour voir venir, en attendant d’être élu sénateur, député ou l’âge de la retraite, soit une pension mensuelle d’environ 4.000 euros bruts, et en cas d’échec électoral ou de non-ré-élection, avec toutefois la garantie de leurs indemnités d’élus. Selon l’ancien ministère de l’Intérieur, Claude Guéant, la République dispose ainsi d’une niche de 66 préfets hors cadre qui ont effectivement exercé la fonction de préfet, mais sans indication du nombre de faux préfets de la République.

Citons pour mémoire quelques-uns de ces préfets hors cadre célèbres dont les media militants taisent l’existence:
– Michel Delebarre : ancien ministre socialiste de Mitterrand pendant sept fois ministre de gouvernements de gauche et député-maire de Dunkerque, il n’avait pas des fins de mois difficiles, mais fut nommé préfet hors-cadre en 1983. Depuis le 25 septembre 2011, sénateur du Nord. Préfet en retraite depuis le 28 avril 2011. En 2005, il a été condamné dans le cadre de l’affaire des écoutes de l’Elysée et a été notamment reconnu coupable du placement sur écoutes de Jean-Edern Hallier.

– Michel Vauzelle : directeur-adjoint de cabinet de François Mitterrand, candidat à la présidence de la République (1981) ; porte-parole de la présidence de la République (1981-1986) ; préfet hors cadre (1985).

Sylvie Andrieux, ( fille de baron PS des BdR )
et Michel Vauzelle (Président PS de PACA)

Préfet honoraire depuis le 15 août 2010. Le 8 septembre 2010, il est entendu comme témoin assisté dans l’enquête sur le détournement de 740.000 euros par des associations présumées fictives et subventionnées par le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur entre 2005 et 2007.
Il est pourtant président de la Région PACA depuis 1998 et, à 70 ans, ne compte pas, dit-il, se présenter pour un quatrième mandat…
La mise en examen de Sylvie Andrieux, le 8 septembre 2010, n’y est peut-être pas étrangère, car Vauzelle est entendu comme témoin assisté dans l’enquête sur le détournement de 740.000 euros par des associations présumées fictives et subventionnées par son Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur entre 2005 et 2007, dans le but d’acheter les services de responsables associatifs dans des quartiers populaires de Marseille où sa vice-présidente, S. Andrieux était candidate.

Ces faux préfets sont un scandale français qui bénéficie d’un habillage légal, un scandale qui serait inadmissible chez nos voisins comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne et auquel François Hollande pouvait -comme promis- mettre un terme pour réaliser des économies substantielles et d’un simple coup de trait.

Au son des trompettes médiatiques, le président Hollande avait baissé de 30% les rémunérations du Président et des ministres. En fanfare, mais une esbroufe, au vu du nombre de ministres resté élevé et malgré le coût de chacun d’entre eux, évalué par René Dosière, député apparenté PS, à 17 millions d’euros en moyenne, tout compris avec son personnel et ses locaux. La moralisation de la vie politique promise par Hollande attend DONC toujours, notamment l’arrêt des nominations de faux préfets…Un ou plusieurs faux préfets, chargés d’une soi-disant mission de service public relevant du gouvernement, peuvent en effet être nommés, de manière totalement discrétionnaire, chaque mercredi en conseil des ministres. Des hauts fonctionnaires qui reçoivent le titre de préfet sans avoir jamais exercé la fonction et sans avoir le moindre titre ou diplôme approprié au poste. Il suffit d’avoir rendu certains services ou d’un potentiel reconnu, un certain savoir-faire non reconnu par l’Université mais apprécié des politiciens, les rend aptes à rendre sur le terrain des services non officiels, voire sous-terrains…

L’armée française cherche 2 milliards désespérément

Hollande met l’armée française au rata

Retour de la « boîte de singe » aux Armées de Hollande, fameux chef de guerre au Mali

Le gouvernement cherche 2 milliards d’euros de « recettes exceptionnelles » pour assumer la politique de Hollande..
Et ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval de la Garde républicaine… Pour combler le déficit, Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, propose d’externaliser la gestion des matériels militaires. La sécurité de nos soldats en mission à l’étranger, qui dépend du budget de la Défense, est donc plus que jamais en cause.

Le ministre de la Défense s’était engagé au respect de la loi de programmation militaire 2014-2019. Votée en décembre 2013, elle devait être « scrupuleusement respectée« ; du jamais-vu pour ce genre de texte. Mais Jean-Yves Le Drian aura le plus grand mal à tenir sa promesse devant le Parlement: auditionné le 1er octobre à huis clos par la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, le ministre a reconnu qu’il n’a pas assuré les « recettes exceptionnelles » attendues de la vente de fréquences ­hertziennes aux opérateurs de téléphonie.

Une austérité importante
Les Armées sont dans le rouge à hauteur de 2,1 milliards d’euros, sur les 150 milliards prévus pour l’exécution du budget sur cinq ans. Il était prévu de les porter au crédit du budget 2015 (31,4 milliards d’euros). Aujourd’hui, pour avoir  imprudemment parié  sur le développement du marché de la téléphonie, le gouvernement n’est plus assuré de disposer de ces sommes dans les prochaines années.
Ce manque de rentrées est lourd de conséquences. Lors du vote de la loi,les états-majors avaient déjà tiré le signal d’alarme, mais ni le gouvernement, ni son parlement godillot n’a pris en compte  la chute des moyens financiers de l’armée, son niveau étant alors jugé « juste suffisant ».
Il était pourtant prévisible que les interventions de l’armée française en Centrafrique, au Sahel et en Irak devaient conduire à faire au moins doubler le montant prévu (450 millions d’euros) qui a été insuffisamment budgetté pour les opérations à l’étranger en 2014.
Un gouvernement de parieurs 
Face à cette imprévoyance, le ministre a prévenu qu’il va devoir trouver d’autres recettes et le gouvernement attend des députés une « solution innovante« .
La création d’une ou plusieurs « sociétés de projet » est envisagée pour des opérations de prospection de clients de matériels militaires en location, au bénéfice du ministère de la Défense. Ces sociétés, qui seraient créées avec des capitaux privés et publics (des banques!), auraient pour mission d’assurer des profits à l’État, car elles rachèteraient aux armées des équipements déjà existants (et déjà obsolètes) ou en cours de fabrication à destination de la location: le pouvoir socialiste maintient le tabou sur les ventes d’armes, mais ne répugne plus à la « location-vente » de matériels de guerre…
Ces locations-ventes de matériels boucheraient-elles le trou du budget des Armées ?
Le gouvernement veut y croire. Et les industriels y voient un espoir de commandes. Les négligences et l’autisme du gouvernement créent des opportunités nouvelles les aident à oublier combien ils ont été vilipendés par Montebourg et Ayrault. Ils soulignent d’ailleurs que, s’il est inattendu, ce recours au partenariat public-privé pour réaliser certains projets étatiques n’est pas nouveau : il est à l’origine, par exemple, de la construction par le groupe Bouygues, décidée sous la présidence de Nicolas Sarkozy et en voie d’achèvement, d’un vaste QG pour le ministère de la Défense et les états-majors, place Balard à Paris (15e arrondissement). La Défense à Balard sera « un modèle pour la maîtrise de la dépense publique et la modernisation des équipements« , a assuré Jean-Yves Le Drian lors d’une visite du chantier. Il s’est toutefois abstenu de s’en attribuer le mérite…
La proposition ministérielle, qui aurait obtenu le feu vert de l’Élysée et pourrait être appliquée en urgence dès 2015, provoque en revanche des craintes parmi les parlementaires, y compris de droite. Jean-François Lamour, député UMP de Paris, qui est devenu le « monsieur Défense » du premier parti d’opposition à l’Assemblée, n’est « pas hostile par principe » aux sociétés de projet. Mais il a la sagesse de demander aux bras cassés du gouvernement « des garanties pour que l’endettement de l’État ne soit pas aggravé lors de la constitution de ces sociétés et pour que l’indépendance nationale ne soit pas remise en cause dans le domaine sensible des matériels à vocation militaire ».
Pour l’heure, alors que l’abondance des crédits de l’Education nationale reste un tabou controversé, nos troupes engagées par Hollande sur des théâtres d’opérations  internationales de prestige, sont plus que jamais exposées.