Des musulmans menacés par des militants de l’ultra droite : la violence appelle-t-elle la violence ?

Quand des musulmans se disent menacés, l’Intérieur lance un coup de filet contre le groupuscule soupçonné 

afo_0_0.jpegQue nous dit-on de ce coup de filet ?

Les interpellations ont été menées par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 23 juin 2018, lors d’un vaste coup de filet antiterroriste.  Dix personnes soupçonnées de projeter des actions violentes contres des musulmans ont été interpellées samedi dans plusieurs endroits en France.

Elles gravitaient dans l' »ultra droite radicale », « ultra » signifiant déjà « radical »…  Dimanche soir, ces individus étaient encore en garde à vue. Lorsqu’ils appartiennent à l’ultra gauche, ces « individus » sont des « personnes »… Comme le prévoient les textes en matière de lutte antiterroriste, leurs gardes à vue peuvent durer jusqu’à 96 heures. 

Qui sont les personnes interpellées ?

Selon les informations du  service public de France 2, les suspects se regroupaient autour d’un groupuscule baptisé AFO, pour « Action des forces opérationnelles« . Parmi eux se trouvent des trentenaires, des quinquagénaires et des sexagénaires : une indication qui ne fait guère sens ! Aucun des interpellés n’est actuellement encarté au Rassemblement national (ex-FN), déplorent les sources proches de l’enquête à France 2.

Un retraité de la police figure parmi les dix personnes arrêtées. Sans doute l’arbre qui cache une forêt… D’après des sources proches de l’enquête citées par l’AFP,  il s’agit du chef de file de ce réseau. Il « avait la volonté d’en faire un groupe plus dur« , croit pouvoir affirmer une des sources anonymées ou fantasmées. Il est âgé de 65 ans et vit en Charente-Maritime, avance Le Parisien.

Où ces interpellations ont-elles eu lieu ?

Les suspects ont été arrêtés en Ile-de-France, en Charente-Maritime, dans la Vienne et en Corse, par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L’opération antiterroriste s’est également déroulée dans le Cher, d’après Le Parisien. Une géolocalisation qui suggère une menace diffuse dans quatre des coins de l’hexagone…

Que leur reproche-t-on ?

Ces « individus » envisageaient un passage à l’acte qualifié de « violent », malgré des « contours mal définis à ce stade« , selon des sources proches – mais non précisées – de l’enquête, mais celles-ci affirment toutefois qu’ils projetaient de s’attaquer à des musulmans. Ils étaient surveillés depuis plusieurs semaines après avoir commencé à effectuer des repérages autour de mosquées et établi une liste d’imams à cibler, suppute l’AFP. Des explosifs et des grenades artisanales auraient été retrouvés dans un appartement de la région parisienne, avancent des sources toujours aussi « proches », mais inconnues, de l’enquête, selon France 2.

Dans un communiqué, comme il en produit chaque mois pour donner l’illusion de son efficacité à détecter des « projets avortés », le ministre de l’Intérieur a précisé qu’une information judiciaire était ouverte depuis le 14 juin. « Après un important travail de renseignement conduit par la DGSI, la section antiterroriste du parquet de Paris décidait le 13 avril dernier d’ouvrir une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes contre les personnes », assure Gérard Collomb.

Selon TF1-LCI, qui a révélé le coup de filet, les suspects ciblaient notamment des imams radicaux, des détenus islamistes sortant de prison, mais aussi des femmes voilées, choisies au hasard dans la rue : la réponse du berger à la bergère radicalisée.

L’Agence française de presse ne nous dit pas tout…

blog -guerre civile a craindre-embrasement Tour Eiffel-VA.jpgDes mercenaires au premier plan de l’image ci-dessus, des avions et des bombes au second, des chars d’assaut sur l’esplanade du Trocadéro, la Tour Eiffel noyée dans une fumée noire : le site internet qui héberge AFO est sans équivoque, tout comme son titre – «Guerre de France. Préparation des citoyens-soldats français au combat sur le territoire national», mais rien qui précise jusqu’ici la cible désignée par la presse aux ordres du pouvoir.

Des onglets y désignent «les adversaires», détaillent une «formation militaire» (mais les Femen’ font de même) et les méthodes de «renseignement» à adopter, proposent divers liens bibliographiques et vidéos. <br>L’un de ces onglets est consacré à AFO, qui propose notamment des «fiches réflexe» sur les comportements à tenir «face à la police et la justice», ce que pratiquent pareillement la mouvance ultra des gauches, mais aussi le «matériel de crise» nécessaire et les attitudes en cas d’«hostilités graves» (émeutes, affrontements). Toujours rien, donc, qui cible spécifiquement les « musulmans » qui recèlent des éléments terroristes en leur sein. 

Parmi les adversaires, ils comptent aussi  » les milices gauchistes, anarchistes, zadistes, antifas etc…, aux ordres de la « nébuleuse d’extrême gauche », mais « les instructions viennent peut être de très haut dans les rouages de l’Etat »: « un exemple frappant avec les émeutes de Nantes (février 2017). Si cela démarre au moment opportun et s’arrête de la même manière, c’est bien que des ordres sont donnés ».

Ils nomment enfin « les bataillons boboïdes des « humanistes », « droitsdelhommistes », bizounours, idiots utiles etc… Certes, à la moindre gesticulation, ce sera l’envolée de moineaux, mais les avoir dans les pieds, et surtout dans le dos, en cas d’encerclement de ZUS [zones urbaines sensibles, dévoreuses d’aides sociales]. Leur principal inconvénient est que leur masse permet des infiltrations, diversions et manipulations par ou au profit des combattants adverses, en particulier dans la manipulation de la population.« 

Avatars des événements d’Algérie ?

blog -Camus JY-Observatoire radicalites.jpgSur le portail, «on retrouve toute une littérature sur l’imminence de la guerre civile ethnique» et d’un conflit de civilisation[s] qui a fleuri depuis le 11-Septembre, interprète le politologue Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités, dédié à l’extrême droite, ce qui est réducteur… Celui-ci a le sentiment que «les attentats [jihadistes en France : « djihadistes », si on est Français] ont confirmé chez ces personnes [sur la base de quels éléments justifiant cette assertion?] l’idée qu’ils avaient raison avant l’heure [citation étayant cette affirmation?], que le scénario de l’apocalypse se vérifiait, que l’action violente est la seule solution» [même Wikipedia réclamerait des preuves de ces assertions ; en effet, Camus étudie de manière biaisée l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien en France, du seul point de vue arabe, alors que la France, comme le reste du monde, est pourtant sous le choc des actes de haines et d’ actions terroristes sanglantes].

«L’arrivée des migrants a rajouté une raison pour eux de passer à l’action, lâche-t-il, car ils sont persuadés [subjectivité de l’un comme des autres] que cette vague d’immigration est une cinquième colonne de l’islam,» raille encore J.-Y. Camus, un démocrate grand teint qui prôna néanmoins l’interdiction de la Ligue de défense juive – classée depuis 2001 organisation terroriste par le gouvernement – , alors que la France, comme le reste du monde, est pourtant profondément marquée par les …attentats islamistes du 11 septembre aux Etats-Unis. Son épouse journaliste -antisioniste vertueuse- a travaillé pour la radio BFM où elle réalisa et présenta la revue de presse des magazines et collabora à Témoignage Chrétien, très résolument situé à gauche

Les ennemis désignés par AFO sont d’abord les «tenants du système islamique» [désignés sous le sigle TSI], à savoir «principalement des musulmans d’origine ou convertis», auxquels se greffent d’autres soutiens «par affinité et « esprit de quartier »», par «haine partagée de la police (et donc de l’armée) et des blancs», mais aussi par «intérêts financiers dans les trafics». Camus participe désormais au site d’information Rue89 (appartenant au Groupe L’Obs) et a repris une chronique dans …Charlie Hebdo.

Les premières demandes de dissolution, initiées par le … MRAP en 2002, furent relayée dans une pétition de 2009 par les révolutionnaires trotskistes et anti-capitalistes du NPA, les altermondialistes des Verts et l’extrême gauche du  Parti de gauche : à la satisfaction de Camus ?

En toile de fond, «il y a une sorte de remake de la guerre d’Algérie, , raconte Jean-Yves Camus, toujours à charge, de la lutte entre la France et des gens qui sont vus comme les continuateurs de l’ennemi du temps de cette guerre», des victimes des « éternels néo-colonialistes », selon ce directeur de l’Observatoire des radicalités politiques, émanation de la Fondation Jean-Jaurès, un think tank proche du Parti socialiste et dirigé par le franc-maçon Henri Nallet, octogénaire et ancien ministre de l’Agriculture du président Mitterrand. «La guerre récente qui se rapproche le plus du problème militaire posé est sans nul doute la Guerre d’Algérie», peut-on ainsi lire sur le site : «L’ennemi a sensiblement les mêmes origine, mentalité, éducation familiale, religion que les terroristes du FLN».

Cette frange d’extrême droite s’oppose au communautarisme et aux  » zones de ‘non-France’ « 

Mars 2017

«Il y aussi le sentiment que l’Etat ne fait pas son travail», relaie Jean-Yves Camus : «Ces gens, pour ceux qui viennent des forces de sécurité, considèrent qu’ils sont – même à la retraite – chargés de la mission de « nettoyage » que l’Etat ne fait pas», écrit Camus. Face à ceux qui veulent «imposer l’islam et la charia sur les « zones de non-France »» (ZNF), le groupuscule veut développer une «garde territoriale» aux connaissances militaires précises, explique encore cet observateur « impartial » mais membre du conseil scientifique de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA), présidé par Dominique Schnapper, 83 ans, une fille de… et elle-même sociologue et politologue.

 

Dans cette «guerre asymétrique» et non-déclarée, le site souligne également l’importance du renseignement à mener «pour déterminer les contours des ZNF, localiser les lieux de commandement, de stockage des armes, les planques, l’identité et les lieux de vie des radicalisés et chefs militaires…». Lien source

Le site propose divers textes à toutes et tous comme un mode d’emploi «de survie urbaine en zone occupée», un texte sur «contre-insurrection et action psychologique», des notes pour déjouer les techniques de surveillance policière (géolocalisation et traçabilité par les portables ou le GPS: c’est dire le niveau !)… Le parfait manuel idéologique et stratégique pour une guerre de civilisation. Car «si le camp loyaliste perd cette guerre, est-il écrit, c’en est fini de ce pays merveilleux qu’est la France et de notre civilisation».

La « marée populaire » anti-Macron dans la rue : « petit coefficient de marée, » raille Philippe

A l’appel exceptionnel d’une soixantaine d’organisations pour une « marée populaire » contre la politique d’Emmanuel Macron, des  milliers d’opposants ont défilé samedi 26 mai 2018.

blog -Macron 1er fustige par la maree populaire du 26 mai 2018Avec 190 rassemblements, ce qui se voulait une « super fête à Macron », selon la formule de Jean-Luc Mélenchon, a rassemblé 93.315 manifestants à travers le pays, selon le ministère de l’Intérieur, les organisateurs annonçant entre 250.000 (CGT) et 280.000 personnes (Attac, membre participant de cette montée des eaux).

A Paris, 31.700 personnes ont défilé, selon le cabinet Occurrence pour un collectif de media, dont l’AFP, livreur de « prêt-à-penser » aux organes de presse qui recherchent le travail tout fait, dont Le Monde ou Libération, les organisateurs en comptant 80.000 et la préfecture de police 21.000.

Chiffre supérieur à celui de la manifestation du 22 mai à l’appel de neuf syndicats de fonctionnaires (16.400, selon Occurrence), mais inférieur à la « fête à Macron » le 1er Mai, à l’appel du député Insoumis François Ruffin (38.900).

Rassemblement fourre-tout de la dernière chance en contradiction avec la séparation du politique et du syndical,


blog -Melenchon et ses Amazones-26mai2018
Mélenchon et ses Amazones, le 26 mai 2018

A l’appel exceptionnel d’une soixantaine d’organisations pour une « marée populaire » contre la politique d’Emmanuel Macron, des  milliers d’opposants ont défilé samedi 26 mai 2018.

Avec 190 rassemblements, ce qui se voulait une « super fête à Macron », selon la formule de Jean-Luc Mélenchon, a rassemblé 93.315 manifestants à travers le pays, selon le ministère de l’Intérieur, les organisateurs annonçant entre 250.000 (CGT) et 280.000 personnes (Attac, membre participant de cette montée des eaux).

A Paris, 31.700 personnes ont défilé, selon le cabinet Occurrence pour un collectif de media, dont l’AFP, livreur de « prêt-à-penser » aux organes de presse qui recherchent le travail tout fait, dont Le Monde ou Libération, les organisateurs en comptant 80.000 et la préfecture de police 21.000. 

Chiffre supérieur à celui de la manifestation du 22 mai à l’appel de neuf syndicats de fonctionnaires (16.400, selon Occurrence), mais inférieur à la « fête à Macron » le 1er Mai, à l’appel du député Insoumis François Ruffin (38.900).

Rassemblement fourre-tout de la dernière chance en contradiction avec la séparation du politique et du syndical,

 

le collectif de partis (les révolutionnaires communistes (LFI et PCF) et  trotskistes (NPA), altermondialistes (EELV) et socialistes radicaux (Générations) …), d’associations (Attac, Amis de la terre, Mouvement de la paix (communiste)…), et de syndicats (CGT et FSU, Solidaires et Sud PTT ou étudiants (Unef) a salué « une très large participation citoyenne » et promis de « continuer, plus déterminés que jamais« .  Mais sous d’autres formes…

Concédant « un peu moins » de manifestants que pour « la fête à Macron » à Paris, Benoît Hamon a estimé samedi soir sur BFMTV qu’il faudra « sans doute qu’on cherche à diversifier les formes d’action« . Les organisateurs doivent se retrouver lundi pour faire le point.

« La marée monte progressivement » et « c’était une étape importante », a maintenu Alexis Corbière (LFI), ex-squatteur de HLM parisienne.

« C’était un petit coefficient de marée, comme on dit chez moi », a raillé le Premier ministre et ancien maire du Havre

blog -Macron impact balle entre deux yeux sur effigie-mai2018Il a surtout épinglé le « jeu dangereux » de certains qui « attisent la tension sociale en essayant de rejouer dans la rue ce qu’ils ont perdu dans les urnes« , a-t-il dénoncé dans le JDD, allusion notamment à la France Insoumise.

Pour le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, la mobilisation parisienne, « finalement assez mince »,  montre « peut-être » que  des manifestants potentiels renoncent par crainte de « violences », ou, en deuxième hypothèse, qu' »ils commencent à voir les premiers effets de la politique menée par ce gouvernement« .

A Paris, des hospitaliers, retraités, chercheurs, salariés d’Air France ou d’Aéroports de Paris, cheminots ont défilé de la gare de l’Est à Bastille. « Macron, méprisant de la République », brocardait une pancarte du PCF représentant Emmanuel Macron en monarque. « Mai 1968, Mai 2018: 50 fois plus de raisons de se révolter », affichaient des autocollants de Lutte ouvrière.

« Jupiter, on va te faire redescendre sur terre », « Macron usurpateur des voix du peuple de gauche« , ou « SNCF mon amour », pouvait-on lire à Nantes.

La CGT s’est mobilisée pour « une autre politique sociale car la politique pour les riches, ça suffit », selon Philippe Martinez, son secrétaire général. FO, la CFDT, l’UNSA avaient refusé de participer, comme le PS.

« Formez ce front populaire dont le peuple a besoin », a exhorté Mélenchon à Marseille.

Face au gouvernement, « il faut que la tête dure de Monsieur Emmanuel Macron entende ce message du peuple populaire, comme on dit ». 

blog -effigie Macron brulee Pl Nation Paris-1ermai2018Dans une ambiance printanière, entre 5.000 et 8.000 personnes, selon la police ou les organisateurs, ont défilé à Toulouse autour d’une pieuvre géante à l’effigie de Macron, brandissant une étiquette de « fainéant », « cynique », « cheminot, « précaire », « soignant » ou « retraité ».

A Nantes, des incidents ont éclaté lorsqu’une centaine de révolutionnaires anarchistes vêtus de noir, est passé devant la préfecture. De nombreux manifestants arboraient un gant rouge, en soutien à l’étudiant qui a eu la main arrachée mardi à Notre-Dame-des-Landes en ramassant, pense-t-on, une grenade.

Par avance, depuis la Russie, Macron avait lancé un défi assurant vendredi que la marée humaine, « ça ne nous arrête pas ». « J’écoute les gens en permanence, » bien que « rencontrer » ne soit pas synonyme d' »écouter », mais « ça ne veut pas dire être la girouette de l’opinion publique« , avait estimé le président.

Assurant le service après-vente de la parole jupitérienne, samedi sur Twitter, le patron de LREM Christophe Castaner a fustigé certaines attaques symboliques contre Emmanuel Macron: « Pendaison de l’effigie du président de la République. Sa marionnette brûlée. Le président représenté en nazi avec brassard israélien. Jusqu’où iront l’indécence, la haine et la bêtise la plus crasse ? #MareePopulaire #manifestation » Castaner occultant donc l’impact de balle entre les deux yeux du président sur une effigie.

Manifestation du 26 mai: 31.700 manifestants ne font pas une « marée populaire »

La « marée populaire » contre la politique d’Emmanuel Macron, c’est 21.000 manifestants la préfecture de police

blog -maree populaire-rassemblement du 26 mai 2018 vs politique Macron.jpgLa CGT en a compté environ 4 fois plus, 80.000, samedi 26 mai dans les rues de Paris, loin devant les 31.700 manifestants, selon le comptage « indépendant » réalisé par le cabinet Occurrence pour le compte d’un collectif de media, soit le service public de franceinfo, AFP, Le Monde, Libération,…

Ce comptage censé être “indépendant” est effectué par la société privée de sondage Occurence dirigée par Yoel Adary.

Depuis 20 ans, Occurrence accompagne les entreprises et les agences en France et à l’international pour mesurer la performance de leurs actions de communication et éclairer leurs décisions stratégiques.

Sur son site internet, cette société affiche ses références (à droite), se vante d’avoir déjà procédé à des comptages (à l’aide de laser et de micro comptage) et d’être le plus souvent proche des chiffres de la police. Sans surprise, ce soir les chiffres d’Occurence publiés apparaissent inférieurs à ceux de la police.

La qualité d’un sondage est tributaire de la qualité de l’échantillon choisi. Ainsi, il suffit de choisir le lieu de pose des capteurs (fin de parcours) et les lieu des micro comptages (parties clairsemées du cortège) pour biaiser le comptage. Insistons sur un point connu de chaque participant à une grande manifestation parisienne et des grandes villes de France : la plupart des manifestants ne parcourent pas l’ensemble de la manifestation. Une manifestation dure parfois de longues heures et tous les manifestants ne restent pas durant la totalité du parcours.

  • Parce que lorsqu’il y a beaucoup de monde une partie importante du cortège ne défile pas et reste statique. (Place d’Italie par exemple pour la dernière manifestation monstre contre la Loi travail)
  • Parce que nombre de manifestants utilisent des rues adjacentes (ou les transports en commun) pour éviter d’être bloqués [par la police] et ainsi éviter le bouchon de départ.
  • Parce que nombre de manifestants pour éviter la foule tassée des points de départs des cortèges se rendent directement à des parties intermédiaires des cortèges.
  • Parce que les associations et partis politiques organisent des points fixes pour distribuer leurs tracts.
  • Parce qu’il faut rejoindre les cars pour repartir à heure fixe. Et que  donc une proportion très importante des manifestants ne rejoint pas l’arrivée du cortège.

La société Occurence a été interpellée sur la question des rassemblements statiques. Elle répond qu’un comptage par surface et densité de population est possible et rigoureux. 

Il s’agit d’une participation en recul par rapport à la Fête à Macron, le 5 mai, qui avait rassemblé 38.900 opposants à Paris, selon Occurrence (40.000 selon la préfecture, 160.000 selon les organisateurs).

Une « super fête à Macron », selon Jean-Luc Mélenchon

Le comité Adama, formé en mémoire d'Adama Traoré, le 26 mai 2018.Des partis politiques (PCF, EELV, Génération.s, ou NPA) ont participé à ce rassemblement, mais aussi des syndicats (les communistes CGT ou FSU et les révolutionnaires trotskistes Solidaires ou Sud PTT,  les magistrats « rouges » du  SM,  l’UNEF, ainsi que des associations, telles les écologistes radicaux ‘Les Amis de la terre’ et les communistes du « Mouvement de la paix’ ou les altermondialistes d’ATTAC .

A l’inverse de la CGT, l’UNSA, la CFDT et FO ont refusé de participer aux défilés de samedi, tout comme le PS.

Quelques incidents à Paris et à Nantes.

39 opposants anti-républicains à Macron ont été interpellés dans la manifestation parisienne, selon la préfecture de police, pour « groupement en vue de commettre des dégradations » ou « port d’armes par destination« .

Au moins 26 d’entre elles ont été placées en garde à vue. En effet, la vitrine d’une agence d’assurances, ainsi que deux abribus ont été dégradés pendant le cortège.
Un policier a été blessé et se trouve en état d’« urgence relative ».

A Nantes, des manifestants ont lancé divers projectiles en direction des forces de l’ordre, qui ont répliqué en faisant usage d’une lance à eau.

Emmanuel Macron répond par avance.

« J’écoute les gens en permanence », mais « écouter les gens, ça ne veut pas dire être la girouette de l’opinion publique et donc j’assume de ne pas présider à la lumière des sondages ou des manifestations parce qu’on l’a trop fait », avait anticipé le président de la République.

Manifestation politique : Mélenchon va-t-il réussir à rassembler, samedi 26 mai ?

Mélenchon va-t-il réussir à rassembler une « marée populaire » samedi ?

Jean-Luc Mélenchon, ici manifestant à Marseille mi-avril, remet ça samedi.

Une soixantaine d’organisations est appelée à manifester son opposition à la politique sociale d’Emmanuel Macron.

Alors que la contestation joue la durée et l’usure, tout se jouera sur le nombre de participants : une démonstration de force ferait taire ceux qui clament que la mobilisation s’essouffle ou n’a jamais eu une chance.

Mélenchon met en jeu son statut de « principal opposant » à Macron

Tout l’enjeu est là : combien de personnes défileront samedi dans plusieurs villes de France à l’appel de plus de 60 organisations, syndicats et partis de la gauche de la gauche mêlés ? Après l’échec des mobilisations de l’automne contre la réforme du Code du travail et celles des cheminots et des fonctionnaires, les opposants à la politique d’Emmanuel Macron tentent une nouvelle fois d’inverser le rapport de force le 26 mai.

Jean-Luc Mélenchon veut croire que c’est une « marée populaire » qui va descendre dans la rue, notamment à Paris, entre la gare de l’Est et la place de la Bastille. Le député de La France insoumise Alexis Corbière a même salué sur Public Sénat une « montée en puissance » de la mobilisation, fait « nouveau », selon lui.

En soi, le rendez-vous est déjà une réussite pour la gauche radicale : 60 syndicats, associations ou partis qui s’unissent le temps d’une manifestation, ce n’est pas concevable. « C’est pas vrai de dire que ça ne s’est jamais passé dans l’Histoire, mais c’est un petit événement« , s’est félicité le révolutionnaire trotskiste Olivier Besancenot, l’homme aux deux casquettes anti-républicaines NPA et SUD (Solidaires) sur RTL. « Quand d’un côté vous avez la politique qui (…) consiste à donner aux plus riches parmi les plus riches et qu’au reste de la population vous demandez de se serrer la ceinture, ça agace, ça énerve et de fait ça crée une convergence« , a-t-il estimé. Dans ce contexte, « les mobilisations, elles sont encore devant nous, pas derrière ».

Mélenchon veut un « Front populaire »

Réussite dérangeante, la CGT, syndicat  aux abois, a accepté de défiler avec un parti politique, la France insoumise, ce qu’elle refusait de faire jusqu’alors. Un petit succès qui fait que Jean-Luc Mélenchon évite de tirer la couverture à lui.

Une première depuis des décennies, mais qui vaut à ses alliés syndicalistes d’être accusés de franchissement de la ligne blanche qui sépare le syndical et le politique. Un Rubicon.

Présenté comme premier opposant à Emmanuel Macron, selon la presse et selon un sondage commercial Ifop pour le JDD, qui arrange Macron, le député des Bouches-du-Rhône prétend la jouer collectif. Ainsi, il défilera sur le Vieux-Port, à Marseille dont il vise la mairie, et non pas à Paris : autre démonstration qu’il joue sa carte personnelle, la dernière de sa carrière.

Dans sa « Revue de la semaine » diffusée sur YouTube, il a récusé la « caricature » selon laquelle le vieux routier de la politique ne pense plus qu’à sauver une carrière personnelle tapageuse émaillée d’erreurs et d’échecs. « Je n’ai jamais dit que je ne voulais m’entendre avec personne, ni que les membres de la France insoumise ne veulent s’entendre avec personne, c’est le contraire, ils passent leur temps à s’entendre avec tout le monde« , a-t-il raconté. Mais il a tout dit et son contraire…

Sur son blog, mardi, le leader insoumis estime que « le décloisonnement du social et du politique se réalise le 26 mai. Mieux, dans le respect de l’identité et des finalités d’action de chacun » ! Surtout, pour Mélenchon, samedi, c’est donc une « marée populaire », « massive » qui défilera et qui « déclenchera une onde de choc », et d’évoquer même la probable constitution d’un « Front populaire ».

Le problème, c’est que Mélenchon et les Insoumis se sont trompés plusieurs fois dans leurs prédictions sur l’ampleur des mobilisations :

  •  – Pour la « Fête à Macron », il avait salué un « immense élan populaire », avec « 160.000 participants ». Ils étaient 40.000 selon la police.
  • – En septembre, lors d’une mobilisation contre la réforme du droit du travail, la France insoumise avait comptabilisé 130.000 manifestants et Mélenchon avait noté un « succès ». Ils étaient 30.000 selon les forces de l’ordre.
  • Mélenchon avait alors espéré « un million » de personnes sur les Champs-Elysées, manifestation qui n’a jamais pu être organisée.

Pour marquer un point samedi, il faudra donc être bien plus nombreux.

Les trotskistes du NPA veulent tracer leur route sans le Front de gauche

Le NPA rompt le dialogue avec le Front de gauche pour les élections

La nouvelle majorité du Nouveau Parti Anticapitaliste a décidé de reprendre son autonomie pour les élections à venir.

Philippe Poutou (c) et Olivier Besancenot (3e) lors d'une réunion du NPA durant la campagne présidentielle, le 12 avril 2012 à Paris
Philippe Poutou (c) et Olivier Besancenot (3e) lors d’une réunion du NPA durant la campagne présidentielle, le 12 avril 2012 à Paris

Gaël Quirante, porte-parole d’une des plateformes représentées lors du Congrès (ci-dessous à droite), a expliqué dimanche, à l’issu de son 3e congrès, que le NPA ne discutera plus d’élections avec les composantes du Front de gauche.

Gaël Quirante, postier

Le NPA le retrouvera encore dans les manifestations, dans les « luttes », mais plus question de discuter avec lui des questions électorales. « Pour les élections (départementales et régionales) de 2015 et de 2017 (présidentielle), le NPA ne sera pas avec le Front de gauche », a confirmé Ludovic Wolfgang, porte-parole d’une plateforme de la majorité. « On ne discutera pas non plus avec eux sur l’éventualité ou pas de présenter un candidat« .

« On se prépare dès maintenant à présenter un candidat à la présidentielle de 2017 »

Gaël Quirante n’exclut pas non plus « des discussions avec Lutte ouvrière ».
« On ne se félicite pas » de la rupture nette avec le Front de gauche, « c’est un très mauvais message pour le NPA donné à l’extérieur », a pour sa part réagi Sandra Demarcq, porte-parole de la plateforme 1, mise en minorité.

Cette plateforme, signée par l’ancien candidat NPA à la présidentielle Olivier Besancenot, contesté en interne, était moins catégorique quant à la rupture avec le Front de gauche.

Créé en 2009 et qui comptait alors 9.000 adhérents, le NPA a vu il y a un an et demi plusieurs centaines d’adhérents et cadres rejoindre avec le courant Gauche unitaire, le Front de Gauche (FG), voire le FN. Aujourd’hui, le NPA compte 2.100 adhérents.

Sandra Demarcq

« Malgré nos difficultés internes, le NPA sera dans toutes les luttes pour s’opposer frontalement au gouvernement », a souligné Sandra Demarcq.

Myriam Martin et Christine Poupin,
deux autres porte-parole du NPA

En ligne de mire du NPA notamment, l »unité nationale », « un piège » du gouvernement. « Il y a urgence face à cette unité nationale », a assuré Sandra Demarcq pour qui le NPA reste « de façon unitaire et radicale une force pour combattre les lois et réformes de ce gouvernement« .