Faveurs cachées (prix cassés, ristournes): les petits arrangements exemplaires de la campagne de Macron

Emmanuel Macron a bénéficié d’importantes ristournes pendant sa campagne.

presidentielle-le-coup-de-colere-de-macron-fait-sourire-le-webLes faveurs de la société GL Events étaient l’arbre qui cachait la forêt. L’entreprise dirigée par Olivier Ginon, est proche de Gérard Collomb, que le président a remercié en le faisant son ministre de l’Intérieur… La Commission des comptes de campagne semble avoir négligé des factures potentiellement litigieuses.

Des entreprises n’ont pas hésité à casser les prix pour se mettre au service d’Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Mediapart et Le Monde ont déjà révélé que certaines remises accordées au candidat d’En Marche ont peu retenu l’attention de la Commission nationale des comptes de campagne (CNCCFP), qui, après examen, ne se déjuge pas et maintient que ces ristournes étaient « normales et régulières ». Cependant, l’enquête de la cellule investigation de franceinfo montre que ce ne sont pas les seules conditions avantageuses dont a bénéficié Emmanuel Macron. Certains rabais conséquents ont échappé à la vigilance de l’autorité de contrôle.

Jean-Marc Dumontet : des théâtres à prix d’ami

2210659-jean-louis-debre-pierre-arditi-brigitt-950x0-1Drôles d’endroits, d’ailleurs, pour une campagne présidentielle. A deux reprises, Emmanuel Macron est monté sur la scène de théâtres parisiens, le 6 février 2017 à Bobino, puis le 8 mars au Théâtre Antoine. Point commun des deux salles : leur propriétaire, Jean-Marc Dumontet (le dernier à droite sur la photo,  est copropriétaire du Théâtre Antoine avec Laurent Ruquier). En quelques années, il a constitué un petit empire dans le secteur : JMD Prod. L’homme qui a notamment lancé Nicolas Canteloup est aujourd’hui un personnage incontournable du théâtre français. Il présidait le 28 mai dernier la cérémonie des Molières.

Lors de la campagne présidentielle, Jean-Marc Dumontet est devenu proche du couple Macron. Il s’est engagé publiquement en faveur de l’ancien ministre de l’Economie qu’il a alimenté en notes et en conseils. Le 8 mars 2017, à la fin d’une soirée consacrée à l’égalité hommes-femmes, Brigitte Macron – qui se tient, dit-elle, à distance des décisions politiques – le remercie chaleureusement d’avoir accueilli ce meeting de campagne.

Ce soir-là, le théâtre Antoine a été facturé 3.000 euros au candidat Emmanuel Macron. Un mois plus tôt, à Bobino, c’était le même tarif. Des prix très inférieurs à ceux habituellement pratiqués par la société de Jean-Marc Dumontet. Pour le vérifier, il suffit de consulter des sites spécialisés. Avec les options obligatoires, le tarif de base de la location de la salle avoisine les 13.000 euros TTC. France Info a appelé directement JMD Prod pour obtenir un devis pour un événement du même format qu’un des meetings d’Emmanuel Macron. Au téléphone, un responsable de Bobino annonce : « On va partir sur du 11.000 euros hors taxes (13.000 euros TTC). Après si vous voulez de la vidéo-projection ou des machins comme ça, ce sera en supplément« . L’équipe de campagne d’Emmanuel Macron a donc obtenu un tarif au minimum 75% moins cher que ce qui nous est annoncé.

Les deux factures de 3 000 euros adressées à En Marche pour la location des théâtres de Jean-Marc Dumontet (Cellule investigation Radio France)

Les deux factures de 3 000 euros adressées à En Marche pour la location des théâtres de Jean-Marc Dumontet

Le tarif n’est pas la seule chose intrigante dans ces factures. Elles sont aussi étonnamment succinctes, s’agissant de la location de salles de 700 places. Aucune mention n’est faite des prestations « obligatoires » comme l’éclairage, la régie son, la sécurité incendie, etc. « Cela paraît invraisemblable de présenter des factures aussi peu précises » s’étonne un proche d’un autre candidat à la présidentielle à qui nous avons présenté le document. La Commission des comptes de campagne n’a cependant pas tiqué et a validé ces deux factures.

Joint au téléphone, le propriétaire des théâtres, Jean-Marc Dumontet affirme qu’En Marche a surtout bien négocié : « Ils m’avaient bloqué plusieurs dates. J’avais un peu râlé. Finalement, ils sont revenus vers moi à la dernière minute, au moment où ils pouvaient négocier. » Pourtant, dans un mail issu des « Macron Leaks » (cette fuite de plus de 100.000 mails de l’équipe de campagne Macron), Jean-Marc Dumontet semble plutôt arrangeant avec l’équipe du candidat. Le 31 décembre 2016, l’actuel député Stanislas Guerini, alors responsable parisien d’En Marche, écrit : « Je m’étais mis sur une date où le propriétaire de Bobino était prêt à nous mettre la salle à disposition à très faible coût ».

Quatre jours plus tard, dans un autre mail, le même Stanislas Guerini décrit un prestataire plutôt conciliant : « J’ai eu Jean-Marc Dumontet le propriétaire de Bobino au téléphone. Voici ses possibilités : – lundi 13/03 (date bloquée pour nous pour le moment) – lundi 20 ou lundi 27 février (il a un client qui a une option sur les deux dates, si l’une des deux nous parait bien, il essayera de le pousser sur l’autre date.) » Le producteur conteste pourtant avoir fait un « cadeau » à son candidat favori. Mais, quand France Info lui demande combien il a facturé Bobino à la dernière entreprise qui a réservé la salle, afin de d’avoir un point de comparaison, Jean-Marc Dumontet élude : « Je n’en sais rien parce que nous le faisons très peu ».

Jean-Marc Dumontet a également mis une autre de ses salles à disposition des soutiens d’Emmanuel Macron. Le Grand Point Virgule a accueilli le 17 janvier 2017 un débat sur la place de la culture dans le programme du candidat. Cette soirée n’a pas été considérée comme un événement de campagne. Impossible donc de savoir quelles conditions commerciales ont été accordées à En Marche qui a réglé la facture ce soir-là.

Après l’élection d’Emmanuel Macron, Jean-Marc Dumontet se serait bien vu ministre de la Culture. Son activisme n’a pourtant pas été récompensé, mais ces derniers jours encore, certains le voyaient partir rue de Valois pour remplacer Françoise Nyssen. Interrogée, la Commission des comptes de campagne admet que les factures des théâtres étaient peu précises. Elle explique s’être bornée à vérifier que ces événements avaient bien eu lieu afin d’en valider le remboursement.

La Bellevilloise : un tarif « spécial Macron » ?

Salle de concert située dans le nord-est de Paris, mi-bobo, mi-populaire, la Bellevilloise est aussi devenue ces dernières années un lieu très prisé des politiques de gauche comme de droite. L’association de campagne d’Emmanuel Macron l’a réservée le 2 mai 2017 pour une soirée de campagne à laquelle le candidat ne participait pas. Tarif de la location : 1.200 euros. La facture a attiré l’attention de la Commission des comptes de campagne en raison de la mention de deux remises pour un total de 900 euros HT. La réponse d’Oriza, la société propriétaire du lieu, semble l’avoir convaincue : elle affirme sans preuves qu’il ne s’agit pas d’une « remise liée à la nature du client ». Pourtant, certains éléments permettent d’en douter.

D’abord, Emmanuel Macron a bénéficié d’un tarif nettement plus avantageux que Benoît Hamon. Le 20 mars 2017, le candidat socialiste a lui aussi posé ses valises à La Bellevilloise pour une soirée assez similaire, à quelques détails près, à celle organisée par l’équipe Macron. Montant de la facture : 4.838,40 euros. Non seulement Benoît Hamon ne s’est pas vu offrir les « packs son et vidéo » comme Emmanuel Macron, mais il a tout payé plus cher : le service d’ordre, le personnel et surtout la location « brute » de la salle. Facturée 2.580 euros au candidat PS, elle n’a coûté que …200 euros (hors taxes) à son rival d’En Marche.

Comment expliquer une telle différence de traitement ? Le 8 avril, alors qu’il revient à La Bellevilloise, le candidat Hamon se voit de nouveau appliquer les mêmes bases tarifaires que le 20 mars pour la précédente location. Et quand En Marche loue à nouveau la salle pour une réunion publique le 5 avril, c’est de nouveau à 200 euros HT que la location de la salle lui est proposée, comme nous avons pu le constater dans un mail tiré des « Macron Leaks ». Au total, le candidat de la gauche, Benoît Hamon paie donc près de quatre fois plus cher – à prestations égales – qu’Emmanuel Macron. Si l’on se réfère au tarif « catalogue » de la salle, l’équipe Macron a bénéficié d’une remise de 85% à chaque fois qu’elle est venue à La Bellevilloise.

Malgré tout, le propriétaire des lieux, Oriza, affirme qu’il s’agit là d’une pratique « habituelle et normale«  dans sa réponse à la Commission des comptes de campagne. L’autorité de contrôle s’est contentée de cette explication. Interrogée sur ce point, la CNCCFP, estime qu’il « paraît difficile d’affirmer, que les prestations fournies à Emmanuel Macron et Benoît Hamon sont sensiblement équivalentes ». Les factures des deux candidats comportent pourtant de nombreux points communs faciles à comparer.

Contacté, Renaud Barillet, le patron de Bellevilloise se défend d’avoir accordé un tarif spécial à Emmanuel Macron. « Les usages de nos espaces et contenus sont tarifés en fonction de nombreux paramètres qui peuvent être la salle concernée, le jour de la semaine, l’horaire, les temps de montage… Nous construisons nos offres avec une constante recherche de justesse et d’équité », nous a-t-il écrit, sans pour autant pouvoir expliquer pourquoi les équipes d’Emmanuel Macron bénéficiaient toujours du même tarif lorsqu’elles organisaient un événement chez lui.

La Mutualité : Emmanuel Macron, premier prix

Ce scénario semble s’être joué de nouveau à la Maison de la Mutualité à Paris. Emmanuel Macron y a bénéficié de conditions qu’aucun autre candidat n’a obtenues de la part de GL Events, le gestionnaire de la salle. Nos confrères de Mediapart l’ont déjà largement raconté : le numéro un français de l’événementiel a accordé une remise globale de l’ordre de 26% sur le total de la facture émise après le meeting du candidat Macron, le 12 juillet 2016. Ni François Fillon le 14 janvier 2017, ni Benoît Hamon le 5 février 2017 n’a obtenu les mêmes niveaux de remise. Pour sa défense, le groupe lyonnais a notamment expliqué qu’il s’agit là d’une « remise usuelle en période estivale à Paris par les gestionnaires de sites événementiels, dans un contexte de concurrence très forte et de faible activité pendant la période d’été ». Encore une fois, cette explication semble avoir satisfait la Commission des comptes de campagne qui n’a pas demandé plus de précisions.

Pourtant, si la CNCCFP avait jeté un œil à l’agenda politique, elle aurait remarqué que le 2 juillet 2016, dix jours avant Emmanuel Macron, Les Républicains ont tenu leur conseil national à La Mutualité. D’après nos informations, ce jour-là, LR a bien obtenu une remise, mais elle n’atteint que 12%, loin de celle du candidat En Marche. Au total, pour une occupation comparable de la Mutualité, LR a donc payé 37.000 euros de plus que l’équipe Macron.

Interrogée sur ce point, la Commission des comptes de campagne se réfugie une nouvelle fois derrière le fait que « les prestations correspondantes ne sont pas forcément identiques selon l’ampleur de l’événement (meeting, conseil national, convention d’investiture) ». En tout état de cause, elle n’a pas demandé de précisions supplémentaires à GL Events.

Lyon : promo sur la péniche, avec Gérard Collomb

Le 7 septembre 2016, les militants d’En Marche dans le Rhône sont invités à un rassemblement festif, avec apéro, sur une péniche à Lyon autour de Gérard Collomb, maire, président de la métropole et premier soutien d’Emmanuel Macron. Plusieurs centaines de personnes répondent à l’appel et passent la soirée sur La Plateforme, une péniche privatisée pour l’occasion. Dans un premier temps, la facture de l’événement est adressée par erreur à la métropole de Lyon qui la redirige vers En Marche, qui la verse aux comptes de campagne de l’élection présidentielle. LIEN utile 

Cette facture, d’un montant total de 996 euros TTC, a de quoi étonner. La seule location de la salle a coûté 785 euros HT. Un rapide coup d’œil au catalogue de l’établissement montre que les prix pratiqués avoisinent plutôt généralement les 3.000 euros la soirée. Interrogé sur ce point, le cabinet de Gérard Collomb nous fait remarquer que « ce prix catalogue de 3.000 euros » vaut « pour un événement de type mariage, de 15 heures à 4 heures du matin, un week-end, dans l’ensemble de la péniche, en incluant des prestations que nous n’avons pas sollicitées ». Bref, ce prix catalogue ne serait pas comparable, selon le cabinet du ministre, « avec une location de 2h30 avec en appui, une vingtaine de bénévoles d’En Marche« .

La CNCCFP a fait une réponse très similaire à celle du cabinet du ministre. « Le prix catalogue que vous évoquez semble se rapporter à l’organisation de mariages, pour une location du samedi 15 heures au dimanche 4 heures du matin. » Pour en avoir le cœur net, France Info s’est fait établir un devis pour un événement fictif qui aurait lieu un soir de semaine, en septembre prochain, de 18 heures à minuit. La simple location de la péniche leur a été proposée à… 2.925 euros. Un autre point pose question. La facture de l’apéro des « marcheurs » de Lyon comporte une « remise commerciale » de 1.100 euros. Le montant de la ristourne accordée aux organisateurs d’En Marche est donc supérieur au montant total de la facture !

Facture de la péniche La Plateforme adressée à l\'équipe d\'En Marche.
Facture de la péniche La Plateforme adressée à l’équipe d’En Marche. (Cellule investigation Radio France)

<br>En Marche a-t-il bénéficié d’un « cadeau » ? Le terme est impropre et inadapté répond le cabinet du ministre de l’Intérieur dans un mail : « Les participants à la soirée ont tous réglé eux-mêmes leurs consommations au bar, et c’est l’exploitant de ‘La Plateforme’ qui a récolté la recette de ces dernières ce qui explique très logiquement la remise commerciale sur la ‘prestation bar’ qui a été réalisée au bénéfice exclusif de l’exploitant et non de l’organisateur. »

La Commission des comptes de campagne le reconnaît, elle est passée à côté de cette importante ristourne. « La question de la remise commerciale de -1 100 euros n’a pas été posée par les rapporteurs« , écrit la CNCCFP.

Eurydice : grands spectacles, grosses ristournes

Eurydice est un partenaire de la première heure pour Emmanuel Macron. Au début de la campagne, la société d’événementiels installée dans le Val d’Oise a pour directeur commercial Arnaud Jolens. Un homme qu’Emmanuel Macron embauchera à l’Elysée après l’élection.

Comme l’ont déjà révélé Mediapart et Le Monde, Eurydice a accordé d’importantes ristournes au candidat Macron. Mais si la Commission des comptes de campagne a tiqué sur certains rabais, elle semble en avoir ignoré d’autres.

La Commission a par exemple interrogé le prestataire sur une « remise exceptionnelle » de 2.900 euros accordée à Emmanuel Macron pour son meeting d’Arras du 26 avril 2017. « Ces pratiques sont habituelles et ont pour objectif de fidéliser le client », a répondu le patron d’Eurydice. Une réponse qui a contenté la Commission. Pourtant, en épluchant la facture détaillée pour ce meeting d’Arras, France Info a découvert que la remise globale accordée au candidat est bien supérieure à 2.900 euros. Car à ce rabais « exceptionnel » s’ajoutent des ristournes systématiques, allant de 30 à 100%, sur de nombreux postes de dépenses. Ainsi, par exemple, une remise de 100% est appliquée au candidat Macron pour la location de deux vidéoprojecteurs. Un « geste commercial » de 4.400 euros. En fait, selon les calculs de la chaîne de service public, le montant global des remises pour ce seul meeting d’Arras ne s’élève pas à 2.900 euros mais à plus de 22.000 euros pour une prestation totale facturée 61.521,47 euros HT. Pas assez pour faire écarquiller les yeux des membres de la CNCCFP.

Le cas du meeting d’Arras n’est pas isolé. Pour le meeting de Nantes, Eurydice a appliqué une remise totale – selon les calculs de la chaîne  – de 15.206,06 euros HT pour une facture de 47.369,62 euros HT. Ces ristournes, importantes et nombreuses, accordées par Eurydice au candidat Macron étaient-elles compatibles avec les règles électorales ? L’entreprise n’a pas donné suite à la demande d’interview. Quant à la Commission nationale des comptes de campagne, elle n’a pris en compte, pour calculer le taux de ristourne, que les rabais indiqués comme exceptionnels sur les factures. Pas les autres types de rabais.

NationBuilder : quand la ristourne devient un argument commercial

C’était le logiciel fétiche des candidats à la présidentielle 2017. Donald Trump l’avait utilisé lors de sa campagne des primaires. Jean-Luc Mélenchon, François Fillon et Emmanuel Macron ont également adopté NationBuilder, cette plateforme multitâches qui permet de gérer un fichier de contacts militants, d’animer un site web ou d’envoyer des SMS automatiquement.

Proposition commerciale de NationBuilder adressée à l\'équipe d\'En Marche.
Proposition commerciale de NationBuilder adressée à l’équipe d’En Marche. (Cellule investigation Radio France)

Dans les « Macron Leaks », des échanges de mails semblent montrer que les discussions entre la société américaine et l’équipe de campagne Macron débutent fin décembre 2016. Après plusieurs réunions, le 20 décembre, Julien Tassy (le responsable de la stratégie digitale de la campagne, poste qu’il occupe aujourd’hui à l’Elysée) écrit au vice-président Europe de NationBuilder : « On se fait un dernier call pour s’arrêter sur la bonne méthode de déploiement et les conditions contractuelles, la négociation, la ristourne pour mes beaux yeux et ceux de Thomas etc. 🙂 » La réponse arrive quatre jours plus tard sous la forme d’une proposition commerciale alléchante : 30% de remise. « En toute transparence c’est le max que je peux donner » écrit Toni Cowan-Brown de NationBuilder. La facture passe de 74.000 dollars à 52 000 dollars. La proposition semble satisfaire les cadres d’En Marche qui signent le contrat trois jours plus tard.

D’après France Info, les autres candidats utilisant NationBuilder n’ont pas obtenu les mêmes niveaux de remise. Chez Les Républicains, on affirme avoir eu juste droit à la remise classique prévue en cas de souscription d’un an : deux mois gratuits, soit environ 15%. L’équipe de Jean-Luc Mélenchon explique elle aussi avoir bénéficié de ce type de rabais, mais en aucun avoir eu droit à un tarif « personnalisé » comme celui accordé à En Marche. NationBuilder refuse de confirmer ces informations, invoquant le secret commercial. Ceci dit, la société admet : « Comme la plupart des entités commerciales, nous accordons des remises en fonction de la durée du contrat, de la taille du contrat et de la structure de paiement. C’est le cours normal des affaires. » L’équipe d’Emmanuel Macron semble avoir souscrit plus d’options auprès de l’éditeur de logiciels que ses adversaires politiques.

Cela valait-il une ristourne « max » ? 

Capture d\'écran de la page d\'accueil du site NationBuilder.com

La société semble en tout ne pas avoir à se plaindre de son geste commercial. Lorsque l’on va sur son site internet aujourd’hui, on aperçoit immédiatement le visage d’Emmanuel Macron, promu tête de gondole numérique. NationBuilder dément néanmoins avoir pratiqué un tarif « en échange de la tête du client » : « Dans ce cas, la réduction n’était pas liée à l’étude de cas », explique sobrement l’entreprise américaine.

Capture d’écran de la page d’accueil du site NationBuilder.com (CAPTURE D’ÉCRAN)

Concernant le recours à NationBuilder, la CNCCFP explique qu’elle « a constaté des stratégies de campagne différentes entre les candidats. Les prestations et les coûts diffèrent en conséquence et ne permettent pas de comparaison directe. » Néanmoins, elle n’a posé aucune question aux candidats sur les remises éventuelles dont ils auraient bénéficié.

Le coup de pouce commercial d’un proche de la campagne

La société de design scénique Giglam and The Imagineers a, elle aussi, fait une jolie faveur au candidat Macron. La ristourne s’élève à 2 617 euros HT sur une facture de 4 743 euros HT (5.691,60 euros TTC) lui est accordée en février 2017, soit près de 36% de remise. Interrogé sur ce rabais par la Commission des comptes de campagne, le patron de Giglam, Vincent Rautureau, a expliqué que cela correspondait « à un principe de remise commerciale que nous avons avec des organisateurs ou des professionnels de l’événement. »

La Commission n’a pas pris la peine de demander, en revanche, à Vincent Rautureau s’il a participé, de près ou de loin, à la campagne d’Emmanuel Macron. Dans un document issu des Macronleaks, son nom est pourtant cité le 24 novembre 2016, dans un projet d’organigramme.

Extrait du projet d’organigramme de la campagne d\'Emmanuel Macron.
Extrait du projet d’organigramme de la campagne d’Emmanuel Macron. (Wikileaks / Cellule investigation Radio France)

Vincent Rautureau est aussi à la tête de Moa Consulting, un autre prestataire important de la campagne d’Emmanuel Macron. Cette société est l’auteur du thème musical des meetings d’En Marche. Vincent Rautureau n’a pas répondu aux questions précises des journalistes, faute de temps  a-t-il expliqué par mail.

Quelles conséquences ?

emmanuel-macron-candidat-a-l-election-presidentielle-le-10-decembre-2016-en-meeting-a-paris_5762263Selon l’enquête de France Info, certains fournisseurs semblent bien avoir accordé des conditions commerciales exceptionnelles au candidat Macron. L’article L52-8 du code électoral est pourtant clair : « Les personnes morales, à l’exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d’un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués. »

Cela dit, même si des irrégularités étaient aujourd’hui constatées, elles ne peuvent pas remettre en cause le scrutin si l’on croit Romain Rambaud, professeur de droit public et membre de l’observatoire de l’éthique publique : « Il n’est pas prévu dans la loi de 1962 qui régit l’élection présidentielle, de recours d’un tiers contre la décision de validation de la Commission des comptes de campagne. Par ailleurs, l’immunité du président de la République limite la possibilité d’une instruction, mais l’enquête peut avoir lieu autour du président. Son parti, son équipe de campagne, les entreprises prestataires peuvent tout à fait être concernés par une enquête judiciaire. » Le code électoral prévoit des sanctions pénales pour les personnes morales (entreprises, associations…) qui auraient accordé des dons, sous quelque forme que ce soit, à un candidat.

« Adressez-vous à la Commission des comptes »

Emmanuel Macron n’a pas répondu aux 38 questions que nous lui avons adressées sur le financement de sa campagne. Par courriel, l’Elysée a néanmoins fait cette réponse : « Les comptes de campagne du candidat Emmanuel Macron ont été validés par les autorités compétentes en la matière. Pour toutes questions, nous vous invitons à vous rapprocher de la Commission nationale des comptes de campagne ou de la République en Marche. Nous ne souhaitons pas faire d’autres commentaires. »

Sollicité, le mouvement En Marche dirigé par Christophe Castaner,  a également invités à nous tourner vers la Commission des comptes de campagne. En précisant qu’il avait déjà publié un communiqué sur le sujet. Cédric O., trésorier de la campagne d’Emmanuel Macron, aujourd’hui en poste à l’Elysée, ne nous a pas répondu. La CNCCFP a répondu à certaines des interrogations de la presse d’investigation. Tout en précisant que le délai légal dont elle disposait pour statuer sur les comptes est « écoulé« . Et qu’elle n’a « plus compétence pour rouvrir a posteriori le dossier. »

Le renouvellement de la vie publique a commencé sur des bases que l’éthique réprouve.

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Théo L. et cinq membres de sa famille en garde à vue pour escroquerie

Hollande savait quand il s’est donné en spectacle, instrumentalisant l’affaire de soi-disant ‘violences policières’.

Une enquête était déjà ouverte à la mi-2016, plusieurs mois avant le refus violent d’interpellation du 2 février 2017 au cours de laquelle Théo L. avait été grièvement blessé.

 

Le chef de l’Etat avait pourtant dressé le portrait d’un « jeune qui avait toujours été connu pour son comportement exemplaire et avait réagi avec dignité et avec responsabilité après ce qui lui est arrivé » dans la Cité des 3.000, où des policiers menacés avaient dû procédé à des tirs de sommation à balles réelles, au cours de trois nuits de violences urbaines en soutien au jeune employé communal de la ville marquée à gauche jusqu’en 2014 : il était …éducateur de quartier.

Dix-sept jeunes avaient été présentés à la justice, parmi lesquels onze mineurs, pour la plupart soupçonnés d’avoir préparé des attaques contre les forces de l’ordre lors de ces échauffourées.

Dès le 15 février, plusieurs dizaines d’artistes publièrent dans …Libération une tribune de soutien à Théo L., rédigée par un conseiller municipal de Brétigny-sur-Orge, Steevy Gustave, ex-responsable événementiel pour SOS Racisme, formulant des pistes de réflexion pour améliorer l’exercice des forces de l’ordre. On compte parmi ceux-ci Patrick Bruel, Hugues Aufray, les comédiens Josiane Balasko, Jean Benguigui et Mathilda May, le réalisateur Nils Tavernier, le directeur du festival d’Avignon Olivier Py ou encore l’humoriste Anne Roumanoff. D’autres media inscrivirent cette affaire dans une dénonciation plus générale de certaines méthodes policières, sans respecter le temps judiciaire, par compassion populiste.

Les révolutionnaires trotskistes de Mediapart écrivirent :

« Avant toute chose nous exprimons notre solidarité et notre soutien à Théo [Théodore] Luhaka, sa famille et ses ami-e-s.

Nous sommes en colère et révolté-e-s car ce qui est arrivé à Théo n’est ni un accident ni une bavure.

Théo est la dernière victime en date d’une police qui humilie, torture, mutile, viole et assassine régulièrement.

Il est victime d’une politique institutionnelle raciste et sécuritaire qui donne de plus en plus de pouvoirs à la police pour contrôler au faciès, chasser les migrant-e-s et les Rroms, réprimer les manifestations et humilier les habitant-e-s des quartiers populaires.

Il est victime d’un système judiciaire et politique qui assure l’impunité aux policiers.

Jusqu’où irons-nous ? A Aulnay des policiers ont tiré à balles réelles. Ils n’ont fait qu’appliquer par avance le permis de tuer qui a été voté ce mercredi soir par les députés.

Nous exigeons que ce soient les policiers qui soient jugés et condamnés pour viol et pas des jeunes qui expriment leur colère légitime. Nous exigeons la libération et la relaxe des jeunes déjà condamnés.

Nous appelons à rejoindre toutes les initiatives et manifestations en solidarité avec Théo et contre l’impunité policière.

Plus que jamais nous appelons à assurer, dans chaque ville et dans chaque quartier, le succès de la mobilisation pour la marche nationale du 19 mars prochain à Paris.

Pour la justice et pour la dignité.

Contre la hogra, l’humiliation.

Contre le racisme, les violences policières et la chasse aux migrant-e-s.


Une information judiciaire a ensuite été ouverte au début d’août 2017
contre X pour « escroquerie en bande organisée au préjudice d’un organisme chargé d’une mission de service public, abus de confiance, blanchiment ».

L’enquête avait débuté en 2015, à la suite d’un signalement de l’inspection du travail concernant une association de médiation d’Aulnay-sous-Bois, Aulnay Events,présidée par un frère de Théo L..

Une deuxième association, domiciliée dans le 18e arrondissement de Paris a également fait l’objet d’un signalement en avril 2017.

Des irrégularités dans l’utilisation de subventions pour l’embauche de contrats aidés notamment.

Les inspecteurs du travail se sont interrogés sur la réalité de ces emplois et sur des versements à des membres de la famille, dont Théo Luhaka , selon une autre source proche de l’affaire. Les sommes pourraient s’élever à des centaines de milliers d’euros. On avance le chiffre de 52.000 euros, une fortune en milieu dit « défavorisé » au pays des aides sociales.

Le frère de Théo Luhaka s’était défendu dans Le Parisien d’avoir employé des salariés fantômes. Il affirme avoir recruté en CDI plus de trente salariés pour assurer les activités d’Aulnay Events, dont des membres de sa famille.

Image associéeSelon la définition de l’INSEE, un contrat aidé est un contrat de travail dérogatoire au droit commun, pour lequel l’employeur – tel Michaël Luhasa – bénéficie d’aides, qui peuvent prendre la forme de subventions à l’embauche, d’exonérations de certaines cotisations sociales, d’aides à la formation. Les contrats aidés sont ainsi des emplois subventionnés par les pouvoirs publics et destinés aux personnes connaissant des difficultés d’insertion professionnelle particulières : les jeunes, les chômeurs de longue durée, les allocataires de minima sociaux, etc.<br>Fin 2016, environ 1,5 million de personnes occupaient un emploi aidé en France métropolitaine. 654 000 embauches auraient été réalisées (+2,3% par rapport à 2015) avec une forte hausse des contrats uniques d’insertion – contrats d’accompagnement dans l’emploi (CUI-CAE) qui concernent le secteur non marchand.<br>Depuis janvier 2018, les contrats aidés sont transformés en parcours emploi compétences. 

Aux mains du fils aîné Mickaël, Aulnay Events est la poule aux oeufs d’or de la famille Luhasa élevée en plein air et nourrie au bon grain par le contribuable.

L’imam Edwy Plenel roule pour Tariq Ramadan

Le ticket gagnant Ramadan-Plenel !
France 2 et Ruquier cautionnent avec une invitation à On n’est pas couché
Journal en ligne avec version papier, Causeur dénonçait cette connivence entre l’extrême gauche et l’islamiste, le 15 janvier 2015 
 
Digne des pages les plus improbables d’un scénario à la Houellebecq, une soirée  s’est déroulée dans l’Essonne (présidée par Jérôme Guedj, PS) à Brétigny-sur-Orge (alors PS), samedi 17 janvier 2015. L’association  » Actions pour un monde sans frontières » (APMSF, 2010), qui œuvre à l’insertion professionnelles des jeunes de zone urbaine sensible (ou ZUS, territoire infra-urbain ou quartiers) organisait une grande réunion sur les difficultés des musulmans de France et sur l’islamophobie, dans l’esprit « No Border ». Le clou de cet événement était la conférence donnée par les deux orateurs, Edwy Plenel, un trotskiste, et Tariq Ramadan, un Frère musulman, avec la bénédiction de l’Etat républicain et laic.
Fils de militant laïc anti-colonialiste, mais favorable à la colonisation de la France par l’islam, le patron de Mediapart et l’intellectuel islamiste ont prêché sur la base d’un problème qui serait spécifique de la communauté musulmane et pour le « droit à l’insertion pour tous« , et « les difficultés de la Jeunesse Musulmane en France« .
Sur son site, l’APMSF précisait à toutes fins utiles à l’attention de ceux pour qui l’argent est sale que, pour la promotion de l’événement, elle ne devait employer aucun fonds public. Outre la vente des billets, 50 euros par personne (13 l’entrée au Salon de l’Agriculture, dégustations comprises) la journée serait donc sponsorisée par diverses associations communautaires comme « Oumma work », qui pratique l’embauche au faciès en mettant en relation des musulmans et des entreprises acceptant le port des signes religieux, ou « France Manassik », agence de voyages qui organise des voyages à la Mecque. 
À l’issue de la conférence, les réjouissances se sont poursuivies avec un grand dîner gastronomique ponctué de sketchs du Jamel Comedy Club, produit par l’humoriste franco-marocain Jamel Debbouze, lequel nie avoir été membre des Indigènes de la République (MIR), accusé par Marianne de distiller un discours fondé sur « la rancœur et la haine », et converti en PIR, parti politique homophobe, pro-palestinien, altermondialiste, anti-impérialiste et… »anti-souchien », dont l’une des figures les plus contestables est Houria Bouteldja, militante franco-algérienne née à Constantine et employée par les « sous-chiens » de l »Institut du monde arabe, IMA).
Une loterie permettait de prélever des fonds sur la masse des plus défavorisés et d’offrir « un voyage pour deux personnes » à un petit chanceux. La destination n’était pas précisée sur le programme. Mais sur le site islaminfo.fr, les organisateurs étaient plus transparents: « En achetant une place pour l’événement de l’APMSF, vous avez la possibilité de gagner une Omra pour deux personnes avec France Manassik« , l’agence qui  sponsorise la rencontre du camarade trotskiste et du frère islamiste. Une Omra étant, pour les non-initiés un « petit pèlerinage » à la Mecque… Trop fort ! Tu veux gagner un voyage à La Mecque ? Viens écouter Plenel, l’anti-capitaliste qui donne des conférences en critiquant celles du libéral Sarkozy…

On pourrait néanmoins s’indigner de cette stigmatisation manifeste à laquelle se prête le pontif de Mediapart qu’on aimerait plus ferme dans ses convictions laïques. La Mecque étant interdite aux non-musulmans, cette loterie est clairement discriminante : que fera le juif ou le catholique, ou pire l’athée abonné à Charlie Hebdo venu pour se poiler aux sketches du Jamel Comedy Club, s’il se retrouve avec le ticket gagnant ? Heureusement, il paraît qu’une conversion, ça peut être expédié.
 

« Le multiculturalisme m’a tuer », haut-le-coeur de la France et de Natacha Polony

Si la France est multi-ethnique, elle n’a pas pour autant de tradition multiculturelle

« Abandonner l’exigence d’une culture commune, c’est tuer l’idéal d’émancipation français » explique Natacha Polony.

Caricature ou représentation signifiante: cette répartition ethnique
-où le Blanc est minoritaire-
anticipe l’avenir de la population française

Dans le flot ininterrompu des déclarations qui invitent à mettre en œuvre le «plus jamais comme avant» imposé par les événements, une petite musique se fait entendre, qui ne laisse pas d’inquiéter. Déjà, nous avions appris que, le 11 janvier, nous devions marcher, au choix, «contre le Front national» (selon la direction de Mediapart), «contre les attaques envers les musulmans» (Clémentine Autain). Nous avions compris, à force de l’entendre, que tout cela «n’a rien à voir avec l’islam» (Allah akbar, le Prophète… non, non, rien à voir). Nous avions même fini par savoir que c’était le «totalitarisme laïcard» qui tuait, puisque Benoist Apparu appelait à l’éradiquer. Désormais, nous savons que des jeunes gens peuvent justifier des meurtres atroces, ou du moins les comprendre, parce que «dans leur culture», l’image du Prophète est ce qu’il y a de plus sacré. Et nous entendons de la part de Français inquiets qu’il «ne faut pas dessiner de caricatures parce qu’il faut respecter les autres cultures».

Avec son air de bienveillance, cette phrase, nous raconte ce qu’est devenue la France. Ainsi, au pays de Rabelais, de Voltaire et d’Hugo, on estime que des enfants français, nés en France, ayant suivi leur scolarité dans l’école de la République, appartiennent à une culture «autre», une culture à ce point différente de la «nôtre» (mais qui est ce «nous»?) qu’ils sont incapables de s’émanciper des dogmes d’une religion déclinée dans sa version la plus rigoriste et la plus éloignée de notre modernité laïque.

Qui s’en étonnera puisqu’on entend à longueur de journée des discours de gentils animateurs de banlieue ou de professeurs bienveillants nous expliquer sur les plateaux de télévision que la France est «multiculturelle», et qu’il faut bien l’admettre (sinon, l’on est un affreux raciste). Aussi, disons-le clairement, ce dont la France souffre aujourd’hui est avant tout une absence totale de maîtrise de la langue (ce qui, de la part de professeurs, pose tout de même un certain problème).

Non, la France n’a jamais été un pays «multiculturel»

Mort de la culture française

C’est  un pays «multi-ethnique». On peut avoir toutes les couleurs de peau, venir des confins du monde, et être citoyen français. Mais ce qui distingue la République française des autres démocraties libérales est justement qu’elle est un peu moins libérale puisqu’elle unit ces gens de toutes les origines en un peuple partageant une même culture.

Les mots de la chroniqueuse du journal Le Figaro tempèrent sa pensée, mais, dans ce contexte de pauvreté langagière du plus grand nombre, le pouvoir joue sur du velours.

Ex-porte-parole du gouvernement Ayrault, promue ministre de l’Education, parce que femme et bi-nationale, Najat Vallaud-Belkacem joue de cette ignorance pour développer les manipulations sémantiques du gouvernement…

Affaire Bettencourt : Mediapart a-t-il acheté les « révélations » de Claire Thibout ?

Elle monnaye tout, l’ex-petite comptable défavorisée de Liliane Bettencourt

Claire Thibout a été entendue la semaine passée par la juge de Nanterre, Isabelle Prévost-Desprez, qui mène un supplément d’information dans l’enquête sur l’abus de faiblesse supposé qui est reproché par Françoise Meyers-Bettencourt à François-Marie Banier, un artiste proche de Liliane Bettencourt.

La comptable fait de l’or de tout

Claire Thibout, l’ex-comptable de Liliane Bettencourt, qui « a évoqué un éventuel financement politique illégal », a reçu 400.000 euros de Françoise Meyers-Bettencourt, sa fille, lors de son licenciement par la milliardaire en 2008, a-t-on appris auprès de son avocat confirmant une information du Canard Enchaîné.

Mythomane et avide
Elle a alors admis avoir « reçu 400.000 euros » de la fille de la milliardaire. Me Antoine Gillot, confirme ainsi une information du Canard enchaîné parue aujourd’hui 21 juillet. « Tout cela résulte d’une lettre d’engagement de Mme Meyers-Bettencourt datant de juillet 2007, avant même qu’elle ait entamé toute procédure judiciaire« , a justifié son avocat.

On respecte seulement les morts
Interrogé par l’hebdomadaire, Me Olivier Metzner, l’avocat de Mme Meyers-Bettencourt, a assuré qu’il s’agit de respecter les « dernières volontés d’André Bettencourt », mort en novembre 2007, au cas où Claire Thibout perdrait son travail. Or, la première plainte déposée par Françoise Meyers-Bettencourt contre François-Marie Banier remonte à décembre 2007. L’ex-comptable, finalement licenciée en 2008, a alors obtenu une indemnité de 500.000 versées par Liliane Bettencourt.

Qui croire, de Mediapart ou de Thibout ?

La source d’Edwy Plenel, Montebourg et Joly s’est rétractée plusieurs fois
« L’article de Mediapart me fait dire que j’aurais déclaré quelque chose concernant la campagne électorale de M. Balladur. C’est totalement faux. C’est de la romance de Mediapart, assure Claire Thibout à la police. De même que je n’ai jamais dit que des enveloppes étaient remises régulièrement à M. Sarkozy. »

Mediapart n’est pas entendu par la juge: le statut de la presse n’est-il pas dangereusement inéquitable et injuste ?
Lire PaSiDupes

Claire Thibout a-t-elle monnayé ses « révélations » ?

L’ex-comptable licenciée a-t-elle cherché à transformer ses accusations en or ?
Leur publication par le site Mediapart sous forme accrocheuse de « révélations » était-il un coup de poker politico-financier ?
Le site Internet a-t-il trouvé acquéreurs politiques de leur entreprise de déstabilisation en la personne d’Arnaud Montebourg (PS) et Eva Joly (Europe Ecologie) ?
Le silence de ces derniers est la porte ouverte à toutes les supputations…

Et, sur la base d’une simple probabilité de véracité avouée par Mediapart, il aura suffi de supputer un financement politique occulte pour qu’une tempête politico-médiatique s’abatte sur le ministre du Travail. Le hasard faisant bien les choses, Eric Woerth était justement chargé de la réforme des retraites.

Comment Mediapart a-t-il pu se fier à une source à la moralité aussi douteuse ?

Dans un entretien à Médiapart, puis devant les enquêteurs, Claire Thibout (ci-contre) a affirmé début juillet que le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, lui avait demandé, lors de la campagne présidentielle de 2007, de retirer 150.000 euros. Sans qu’elle puisse dire pourquoi, elle conclut qu’il comptait les remettre à Eric Woerth, trésorier de l’UMP. Et pourquoi pas à la candidate malheureuse ?
D’ailleurs, Patrice de Maistre a de son côté démenti les accusations, tout comme Eric Woerth.

Pourquoi aurait-elle fait une fleur à Mediapart ?

Jusqu’à quelle montant Mediapart a-t-il pu monter ? Il semble bien que 400.000 euros soient la somme fétiche de Claire T.
Mediapart a gagné 5000 abonnés payants dans le premier mois: ce retour sur investissement suffira-t-il à sauver le site d’Edwy Plenel ?

L’accusatrice est-elle protégée par la loi ?
Comment les media expliquent-ils qu’aucun d’entre eux n’a publié la photo de Claire Thibout ? N’est-elle pas le personnage-clé ?