Le report du « plan pauvreté » n’améliore pas les affaires de Macron

Les députés de Macron ne sont pas les seuls amateurs, l’exécutif aussi 

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Les clandestins ont faim

La décision du gouvernement de reporter a suscité une vague de critiques de l’opposition, qui a dénoncé « le cynisme » et le sens des priorités de l’exécutif. Les pauvres du président des (très) riches » devront attendre la rentrée pour la présentation du plan pauvreté, initialement prévue pour début juillet. Combien encore pour sa mise en oeuvre et ses effets ?
Quelques heures après l’annonce du report de la réforme de l’hôpital, l’Elysée a confirmé mercredi que la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté n’était pas au point, après plus d’un an de quinquennat, en raison d’arbitrages encore en cours.
France Inter fait sourire jaune en assurant que cette décision serait liée à un possible télescopage en cas de qualification de la France, vendredi, pour les demi-finales de la Coupe du monde de football….

La vague de critiques ne vient même pas des bancs de la majorité.

Seule l’opposition a dénoncé « le cynisme » et le sens des priorités de l’exécutif.
« On apprend, ce qui est quand même assez consternant, que le plan contre la pauvreté est repoussé parce qu’il n’y a pas de créneau médiatique pour que le président de la République s’exprime et, comme il y a le match de foot, on fera le plan sur la pauvreté en automne« , a grondé le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez sur CNews jeudi matin.
« J’ose l’espérer [qu’il y a une autre raison] parce que c’est tellement représentatif de ce tout-communication qui s’est installé« , a-t-il ajouté.

La veille, lsur Twitter, la porte-parole du principal parti d’opposition, Lydia Guirous, avait dénoncé « le cynisme de Macron ». « Sachant qu’il n’aura aucune visibilité, il préfère sacrifier le dossier fondamental de la pauvreté. La République des inégalités En Marche ! », avait-elle écrit.

Image associéeMême indignation à gauche, notamment dans les rangs de La France insoumise qui a dénoncé le sens des priorités et un « deux poids deux mesures » de la part d’Emmanuel Macron, qui reste perçu par une majorité de l’opinion comme le « président des riches ».
« Même quand il jette des miettes de brioches (photo) sur le passage de son carrosse, les pauvres doivent attendre et attendre ! Pour les milliards des riches, c’est toujours dans l’urgence« , a dénoncé le député LFI François Ruffin sur Twitter.

« ‘Panem et circenses’. Du pain et des jeux suffisaient à tenir le peuple selon les empereurs romains. Emmanuel Macron a tranché : le pain attendra« , a abondé Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération.s et candidat malheureux du Parti socialiste à l’élection présidentielle.

Au Secours Catholique, l’heure est aux interrogations. « Tout était prêt. Je ne sais pas quelles sont les raisons de ce report », a dit sa présidente, Véronique Fayet, sur RCF. « La pauvreté n’attend pas : il y a des mesures à prendre d’urgence ».
Mercredi matin, avant l’annonce du report, le Secours Catholique avait fait savoir qu’il attendait « un vrai choc de participation pour que les plus pauvres soient vraiment entendus et associés aux politiques publiques. »

En France, le taux de pauvreté est passé de 14,2% en 2015 à 13,9% en 2016, selon l’Insee, qui dénombre 8,7 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté monétaire – soit 1.015 euros par mois.

« J’espère que (le plan du gouvernement) sera ambitieux », a dit le secrétaire général de Force ouvrière (FO) Pascal Pavageau sur France Inter jeudi. « L’objectif, (…) c’est que ce soit une victoire pour la redistribution et la solidarité et qu’on passe à une entraide supplémentaire, plus efficiente, pour que ces 14% (de taux de pauvreté) tombent à zéro », a-t-il ajouté.

Le plan pauvreté sera mis en oeuvre « au 1er janvier 2019 comme prévu, » promet Griveaux

 

« La mise en oeuvre » du plan pauvreté n’a pas été décalée d’une seule journée », affirme le porte-parole du gouvernement, après 14 mois de pouvoir, mais il interviendra « au 1er janvier 2019 », a assuré vendredi  Benjamin Griveaux.

blog -migrants-la faim.jpgLe pouvoir d’achat des pauvres est, on le sait, dépendant des résultats de l’équipe de France au Mondial, l’annonce du plan étant initialement attendue le 10 juillet, jour éventuel de la demi-finale des Bleus à laquelle le prince de l’Elysée s’est engagé à assister. Mais son porte-parole a condamné les critiques sur Europe 1 estimant que « si quelqu’un peut sérieusement penser qu’on reporte un plan aussi important en raison du foot, c’est qu’il est dans la polémique« . <br>« Le président de la République veut faire [du plan pauvreté] un temps important à la rentrée« , raconte encore Griveaux et « le temps de la mise en oeuvre sera au 1er janvier 2019 comme prévu », a-t-il prétendu.

Interrogé sur les vraies raisons du report de l’annonce des mesures, il a fait valoir la « concertation importante avec l’ensemble du monde associatif », qui pénalise les pauvres, et le fait que « c’est aussi un sujet de discussion avec les départements, qui ont un rôle important à jouer sur les questions de RSA, d’aide sociale à l’enfance ». Or, aujourd’hui, « on discute âprement avec les départements car ils sont face, eux, à des situations financières difficiles« , a-t-il noté.

Il a trouvé normal le fait que « ce plan (…) prenne quelques semaines supplémentaires pour que l’ensemble des acteurs – le monde associatif, les collectivités locales, l’Etat – soit réellement au rendez-vous de cette bataille contre la pauvreté ».

« L’essentiel, c’est que la mise en oeuvre n’a pas été décalée d’une seule journée, selon lui. C’est ça qui sera dans la vraie vie des vrais gens » qui ne sont rien, a-t-il estimé.

Il ne s’agira pas simplement de mesures d' »ajustement », de « saupoudrage », qui s’attaqueraient « simplement aux symptômes », mais d’un « plan global qui attaque la pauvreté à la racine », a-t-il assuré, pompeusement, en jugeant « évidemment important de poursuivre la lutte contre la pauvreté lorsque celle-ci s’est déclarée », mais aussi « d’empêcher (les gens) de tomber dans la précarité ».

Les associations n’ont pas masqué leur déception, ni retenu leurs critiques sur la « communication désastreuse » du gouvernement.

Le lancement en grande pompe de la concertation remonte à fin 2017 et le plan sera lancé plus d’un année plus tard.

« En même temps », mercredi, la ministre des Solidarités Agnès Buzyn avait déclaré que « nous verrons si l’équipe de France est en demi-finale ou pas », cette dinde évoquant une question de « disponibilité » d’Emmanuel Macron, qui s’est engagé à aller en Russie soutenir les Bleus s’ils arrivaient à ce stade de la compétition.

« Le football n’est évidemment pas la seule raison pour un report. Mais c’est sûr qu’on ne fait pas une annonce de cette ampleur un jour de foot« , avait abondé une source gouvernementale.

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Divorce Calmels-Wauquiez : Pécresse (LR) refuse d’«entrer dans ces querelles»

La ligne majoritaire garde le cap

blog -Wauquiez Pecresse.jpgAprès un week-end agité chez Les Républicains, ce lundi, les passions s’apaisent.

Damien Abad, vice-président du parti, a jugé « inéluctable » ce limogeage « compte tenu de la semaine que nous avons vécue », a-t-il déclaré sur France Info. Le « principe de loyauté » est « d’autant plus fort qu’on appartient à l’équipe dirigeante », a-t-il souligné.

Valérie Pécresse, la présidente LR de l’Ile-de-France, refuse d’«entrer dans ces querelles», disant vouloir au contraire privilégier «le débat d’idées».

Elle a toutefois renouvelé son regret d’un «rétrécissement» de la droite «depuis six mois» avec l’élection à la tête des Républicains de Laurent Wauquiez, avec 74,64%. Celui qui, de Virginie Calmels, avait dit : « Virginie Calmels a fait un « choix débile » en s’alliant avec Wauquiez, n’était pas favori de Pécresse, mais elle s’affiche aujourd’hui avec Maël de Calan, candidat de Juppé (9,25% des voix) et député recalé dans la 4e circonscription du Finistère (47,86% au second tour des législatives de juin 2017).

«Je me suis inquiétée il y a six mois du rétrécissement de notre famille politique, c’est un danger, une menace pour la droite française, et ce danger, cette menace, existe depuis six mois», a-t-elle répété lors d’une conférence de presse présentant le projet européen de son mouvement, «Libres !», au lendemain du limogeage par Laurent Wauquiez de sa n° 2, Virginie Calmels. Pécresse refuse elle-même de soutenir la ligne politique du nouveau patron des Républicains, tout en restant dans le parti.

« Je ne suis pas cheffe de parti »

«Les Français en ont assez des querelles politiciennes». Face à la «montée des populismes», «nous, c’est sur les idées que vous nous trouverez pour élargir la droite et rassembler les deux droites», a dit l’ancienne ministre, dont le mouvement créé en 2017 est associé à LR, Les Républicains.

A la question de savoir si Laurent Wauquiez devait conduire la liste aux élections européennes, Valérie Pécresse a répondu : «Cela fait du sens. Maintenant, je ne suis pas cheffe de parti. Donc ce n’est pas ma décision.»

« Laurent Wauquiez a eu raison de faire preuve de fermeté, il s’est comporté en chef de notre famille politique », a asséné Nadine Morano, invitée sur France Info ce lundi matin. La ligne politique de Wauquiez « a été choisie par 75 % de nos adhérents », fait-elle valoir. Et qui plus est, « le numéro 2 est là pour épauler le numéro 1, pas pour nuire au parti », insiste-t-elle.

« Lorsque l’on est membre d’une équipe, on ne peut pas toujours tirer des buts contre son camp », ont fait observer en choeur Laurence SaillIet et Lydia Guirous, porte-parole des Républicains. Ajoutant que « pour vivre (la réalité) au quotidien, je peux vous dire qu’il y a du débat et des échanges ». Il n’y a «pas de place pour les diviseurs», insiste l’eurodéputé et vice-président du conseil régional d’Ile-de-France.

Renouvellement et société civile

Virginie Calmels n’avait pas obtenu la tête de liste LR aux Européennes : elle exprime aujourd’hui sa déconvenue. L’ancienne ministre de la Santé, Michèle Delaunay, élue socialiste de Bordeaux et première adjointe d’Alain Juppé, s’est mêlée de ce qui ne la regarde pas en lâchant cette interrogation rhétorique sur Twitter : « N’ayant pas obtenu la tête de la liste européenne, Virginie Calmels a-t-elle provoqué son limogeage avec son article au canon dans Le Parisien ? » 

Pour la tête de liste, «il y a des parlementaires qui ont fait un magnifique travail à Bruxelles. Donc, mon objectif n’est pas de dire : sortez les sortants. Mais je pense qu’il nous faut d’abord sur la liste du renouvellement, de la société civile, c’est très important, on ne peut pas laisser le monopole de la société civile à Emmanuel Macron», estime Pécresse. Calmels est cheffe d’entreprise, mais ni députée, ni sénatrice: elle n’est que conseillère régionale et le reste.

Les Républicains : Wauquiez se sépare de Virginie Calmels pour manque de loyauté

Nul(le) n’est irremplaçable

blog -Leonetti J-tribuneAncien ministre délégué aux Affaires européennes, actuel maire d’Antibes (Alpes-Maritimes), Jean Leonetti, 69 ans, est nommé vice-président délégué, titre que détenait Mme Calmels : ce modéré a accepté le poste, malgré le procès en sorcellerie mené par la presse qui accuse Wauquiez d’autoritarisme et de dérive droitière.

Le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez a mis fin aux fonctions de la vice-présidente déléguée Virginie Calmels, en conflit ouvert avec lui, et a nommé à sa place l’ancien  vice-président du Parti radical valoisien, dimanche. Ce médecin cardiologue est connu pour  la loi Leonetti du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie.

La presse engagée fait parler une source anonyme de l’entourage de Wauquiez, pour dire, dimanche 17 juin dans la soirée : « la dérive continue dans le jeu personnel n’est plus acceptable ». Virginie Calmels avait réitéré ses critiques dans un entretien accordé au quotidien macronien Le Parisien, dans lequel elle jugeait que le président de LR semblait être « uniquement là pour défendre sa propre ligne ».

Une sensibilité libérale au sein de LR

Résultat de recherche d'images pour "leonetti Calmels"Première adjointe d’Alain Juppé à Bordeaux, parmi les représentantes de la sensibilité libérale au sein de LR, Virginie Calmels en a les comportements. Elle avait surpris en rejoignant L. Wauquiez à l’été 2017, lors de sa campagne pour la présidence du parti.

Mais la juppéiste n’a bientôt plus cessé de jouer un jeu personnel depuis qu’elle sait qu’elle ne sera pas tête de liste aux Européennes.

Ainsi avait-elle récemment critiqué un tract de LR intitulé « Pour que la France reste la France », distribué le week-end précédent lors d’une opération de mobilisation : elle l’avait jugé « anxiogène », évoquant de surcroît un « dysfonctionnement » au sommet du parti. <br>Depuis, plusieurs centaines de migrants ont été débarqués par des passeurs humanistes à Valence, à l’invitation de l’Espagne socialiste, sans concertation avec ses partenaires européens.

<br>A 47 ans, l’ancienne dirigeante des groupes de media Canal+ et Endemol avait maintenu sa position mardi lors d’une réunion de direction.

Jean Leonetti a été ministre délégué de Nicolas Sarkozy aux Affaires européennes, poste précédemment occupé par Laurent Wauquiez et avait soutenu Alain Juppé pour la primaire présidentielle des Républicains de 2016.

Le Bataclan accueille un rappeur anti-républicain invectivant C. Fourest, Ménard, Ciotti ou Estrosi, au nom de l’islam radical

Le nom de Médine sent le soufre : il agite la presse et les réseaux sociaux depuis le week-end dernier.

blog -Medine rappeur anti republicain.jpgDe son vrai nom Médine Zaouiche, Médine est un rappeur franco-algérien,  âgé de 35 ans, né au Havre en 1985 de parents d’origine algérienne. Peu connu du grand public, il s’est néanmoins distingué avec le titre Don’t Laïk, dans lequel il appelle à «crucifier les laïcards» de la République, « met des fatwas sur la tête des cons », avant de s’en prendre – encouragé par la presse socialo-communiste –  à Nadine Morano, Jean-François Copé et Pierre Cassen. Dans le contexte des attentats contre Charlie Hebdo, cette chanson suscite une « controverse turbulente » reprise sur le plan international. (Don’t Laik compte en 2016 plus d’un million de vues sur YouTube). Pour le philosophe et essayiste Vincent Cespedes, ces paroles sont trempées « dans tous les encriers de l’intolérance : celui de la propagande djihadiste et des appels au meurtre de l’Etat islamiste. » Il juge le chanteur « irresponsable en tant qu’artiste diffuseur de mots, d’idées… 

Or, il doit se produire au Bataclan les 19 et 20 octobre prochains, à guichet fermé. La célèbre salle du XIe arrondissement parisien avait été endeuillée le 13 novembre 2015 par le massacre perpétré par un commando djihadiste qui y a abattu 90 personnes. C’est précisément ce point qui cristallise les indignations, en premier lieu contre le propriétaire de la salle qui a eu vite fait de faire son deuil.
712020-medine032En 2005, Médine avait sorti un album intitulé Démineur, avec une chanson, Don’t Laïk, où il disait notamment « crucifions les laïcards comme à Golgotha ». Un journaliste socialiste comme Gérard Leclerc (66 ans) se dit troublé, mais pas assez pour empêcher la liberté d’expression de poursuivre son oeuvre de sape de la démocratie, humaniste et faible. 

Pour dénoncer cette provocation, il faudra donc des responsables politiques de droite comme Laurent Wauquiez, qui dénonce un « sacrilège pour les victimes, un déshonneur pour la France », ourdi par un « individu (…) se présentant comme une ‘islamo-caillera' », et d’extrême droite, comme Marine Le Pen, qui y voit une « incitation au fondamentalisme islamiste », rapidement rejoints par plusieurs membres de la majorité présidentielle, comme la députée LREM Aurore Bergé. 

Au PS, Olivier Faure a encore cru lundi qu’il est possible d’espérer du rappeur Médine, dont les prochains concerts au Bataclan provoquent l’indignation, qu’il puisse, de lui-même, « lui-même se poser la question de savoir si sa présence » dans ce lieu « ne justifierait pas une prise de distance » par rapport à d’ancien titres polémiques, comme comme « Don’t Laïk » ou « Jihad » qui en dit pourtant long sur ses sympathie pour le djihad en Syrie ou en France. « Je ne suis pas de ceux qui sont dans l’interdiction, mais il y a une question qui est effectivement posée« , a mollement réagi le premier secrétaire du PS. 

houria-bouteldjaLe groupe de rap ‘Nique ta mère‘ (NTM), Orelsan (dont l’un des premiers titres ‘Sale pute’ fut dénoncé en 2009 pour incitation à la violence envers les femmes – il leur « déboîterait la mâchoire » ou les « ferait avorter à l’opinel » – , mais qui reçoit trois Victoires de la musique dix ans plus tard, en période de lutte médiatique contre les viols et violences faites aux femmes) ou ZEP (Zone d’expression populaire: Nique la France) et Houria Bouteldja (proche du parti des indigènes de la République, PIR, militante antiraciste engagée contre l’islamophobie et le néocolonialisme, mais accusée accusée d’antisémitisme, homophobie, sexisme, communautarisme et racisme) n’ont-ils pas ouvert la brèche ?

Danièle Obono, nouvelle députée France insoumise (LFI) de Paris, n’a vu aucun problème à ce que le rappeur se produise sur le théâtre des attentats djihadistes de novembre 2015. « Pourquoi ça me choquerait ? Bah non, c’est un chanteur qui se produit dans une salle de spectacle et voilà. C’est un artiste. C’est un artiste qui se produit, un rappeur« , a-t-elle dit. Lors d’une série d’attentats menés dans la soirée du 13 novembre 2015, un commando djihadiste a tué 130 personnes à Paris et dans sa banlieue, dont 90 au Bataclan. 
Elle a récemment défendu sur une radio nationale le droit de dire «Nique la France» tout en s’interrogeant sur les raisons de dire «Vive la France». 

 

Le service public de télévision ne pratique pas la proportionnelle et discrimine certains partis

Un paysage politique défoncé

blog -L Emission politique-cinq invites-2 rejetes Hamon et Dupont-Aignan-mai2018
Mélenchon, Faure, Castaner, Wauquiez, Le Pen

Un an après la présidentielle qui a porté Emmanuel Macron à l’Elysée avec 24% des suffrages, L’émission politique, sur France 2, a tenté d’organiser un débat avec les cinq chefs des principales formations politiques. Une idée comme une autre qui ne promettait donc pas la relance d’une émission en perte de vitesse qui est en recherche d’une nouvelle formule. Une occasion manquée de filmer des échanges musclés entre Jean-Luc Mélenchon (LFI), Marine Le Pen (FN), Laurent Wauquiez (LR), Olivier Faure (PS) et Christophe Castaner (LREM), car le débat – et les confrontations espérées – sont tombées à l’eau. Jeudi soir, les invités passeront sur le plateau, les uns derrière les autres.  

Christophe Castaner et Jean-Luc Mélenchon ont refusé le débat.
Le premier a eu peur d’un guet-apens : le porte-parole officiel du gouvernement a clairement redouté d’avoir à subir un déferlement d’attaques des opposants. Face au danger, le bouffon a même tenté d’envoyer Laetitia Avia, députée de Paris, à sa place. France 2 a refusé. « On ne peut pas se faire imposer des gens par des partis, alors le bras de fer a commencé et les négociations ont duré un mois et demi. Ça s’est fini avec cette formule d’une série d’interviews, on aurait préféré le débat« , explique la rédaction de l’Emission politique.

Du côté de la France Insoumise (LFI), on assume. Ancien numéro 3, au soir des résultats à la présidentielle, le tribun a refusé de se livrer au jeu du débat, exercice qu’il maîtrise pourtant comme il l’a démontré plusieurs fois. Mais comme Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon a fui la prise de risques. Un de ses proches polémique : « Pourquoi débattre face à Le Pen, à Wauquiez qui cherche à se refaire la cerise, Jean-Luc [Mélenchon] se serait retrouvé dans un débat hystérique, alors que l’enjeu est nul. Durant la campagne des Européennes, on aura tout le temps de débattre avec celui ou celle qui voudra. »
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, fulmine. Le député est heureux de participer à l’émission, mais le débat était l’occasion, pour lui, de se faire un nom. Car, pour le moment, le moins que l’on puisse dire c’est que son son visage ne parle pas à grand monde. Sans parler de sa totale absence de charisme. 
Dans l’entourage du socialiste, on confie: « C’est encore un coup de Macron et Mélenchon, ils refusent que la situation change. L’un veut être tranquille au pouvoir, l’autre veut être tranquille avec l’étiquette d’opposant principal. »
Une place que Marine Le Pen souhaite occuper. La dirigeante d’extrême droite n’oublie pas que l’an passé, elle s’est noyée lors du débat entre les deux tours de la présidentielle. Aujourd’hui, elle fait mine de contester mais la formule de l’émission lui convient parfaitement. Un de ses conseillers, très confiant, glisse : « Le format ne devrait pas la déstabiliser : 17 minutes avec quatre thèmes, ce n’est pas un problème. C’est une sorte de super Bourdin. Elle est à l’aise dans l’exercice, elle le connaît, ça va très bien se passer. »

La rédaction de l’Emission politique a dû gérer un autre problème: celui des absents

Etaient laissés pour comptes Pierre Laurent (PCF), Benoît Hamon (Génération.s), ex-PS, roche d’Europe Ecologie-Les Verts, également écartés, et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France). France 2 donne une raison: elle a invité les formations des cinq premiers arrivés lors de la dernière présidentielle.

Un prétexte qui ne convinc pas les absents qui pointent « un problème démocratique ». Nicolas Dupont-Aignan, maltraité par la presse, explique : « J’avais pourtant des choses à dire et puis je n’ai jamais fait baisser l’audimat. » Pourquoi a-t-il été « rejeté », selon lui ? « Peut-être par habitude, peut-être parce qu’ils veulent remettre en selle Wauquiez et Le Pen. C’est la stratégie de Macron d’avoir à nouveau Le Pen au second tour.« 

L’arrogante madame Salamé, fossoyeuse de L’Emission politique

En termes d’audience, le rendez-vous politique a été regardé par seulement 1.83 million de téléspectateurs en moyenne, soit 8.3% de part d’audience auprès de l’ensemble du public âgé de 4 ans (!) et plus. Jean-Luc Mélenchon a ouvert le défilé à 21h02. Venu avec une paire de ciseaux pour illustrer – et dénoncer – les coupes sociales réalisées par Macron – , c’est ce tribun qui a retenu le plus l’attention des téléspectateurs. La courbe d’audience a ensuite fait les montagnes russes tout au long de l’émission.

Mais c’est le passage de Laurent Wauquiez que les analystes jugent le plus positif. xvmb725999a-815d-11e6-bbc2-a60c54300369A la surprise générale, dans un climat délétère de dénigrement systématique, le jeune chef de parti, depuis quelque cinq mois, a surpris face aux caricatures qui le ciblent et a finalement convaincu par la clarté de son argumentaire. Selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour Le Figaro et France Info, publié à la suite de la diffusion de L’Emission politique, le vieux routard Jean-Luc Mélenchon ne recueille que 33 % de jugements positifs chez les 1.015 Français interrogés, contre 26 % pour Marine Le Pen. Aucun ne dépasse la barre des 50%.
Alors que, pour assurer que Wauquiez perdrait du terrain, 
Le Figaro choisit décembre dernier, au moment de son élection à la tête du parti de droite par les adhérents et sympathisants de LR, le patron du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, atteint les 17 % auprès de l’ensemble des téléspectateurs de L’Emission politique, enregistrant une hausse d’environ sept points. 

C’est Olivier Faure qui a le plus desservi son parti (PS). Il peine à passer la barre des 10 % d’opinions favorables. Un soufflet imputé à son absence de notoriété, quant il faudrait mettre en cause ses arguments éculés, son apparence peu séduisante et son élocution laborieuse : près de deux Français sur trois (62 %) assurent « ne pas le connaître suffisamment » pour exprimer une opinion à son égard.  Rappelons toutefois que le candidat socialiste à la présidentielle de 2017, Benoît Hamon, n’a convaincu que 6% des électeurs…

En termes d’audience, les deux premiers épisodes d’Alice Nevers ont rassemblés 5,42 millions de téléspectateurs (soit 26,2% du public). Alignant à l’écran une force de frappe pléthorique (l’exécrable Nathalie Saint-Cricq, sarcastique et vicieuse (1), l’hautain François Lenglet, faux-cul acquis au pouvoir quel qu’il soit (2), le gracieux Jean-Baptiste Marteau, gommeux en costume bleu roi, façon monarchie républicaine (3), et l’austère Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France du MEDEF (4), autant que de chefs de parti, l’émission de France 2 s’est classée au 4e rang : de quoi ébouriffer le chignon de Hala Salamé (5).
L’émission ne rencontre plus son public depuis l’exclusion de David Pujadas en ….

Tuerie islamiste de l’Opéra: « Les mots ne suffisent pas, il faut des actes »

Seules la gauche et la majorité présidentielle restent impavides

Les oppositions de droite ont réagi en demandant des « actes » au gouvernement, après l’attentat islamiste au couteau qui a fait un mort et plusieurs blessés, samedi soir à Paris.

Les Républicains, Debout la France et le Front national sont à l’écoute de la population inquiète et ne se satisfait plus de tweets et de « commentaires » en langue bois pour éviter de nouveaux assassinats de rue, comme celui perpétré samedi soir au cœur de Paris. 

« Une fois encore, la barbarie islamiste fait couler le sang dans notre pays. Dans la guerre contre le terrorisme, les mots ne suffisent pas, il faut des actes,«  a déclaré Laurent Wauquiez, président de LR, après avoir rendu hommage à nos forces de l’ordre et pensées aux victimes et à leurs proches.

« Maintenant, nous attendons une information essentielle. Par quelle filière ce terroriste islamiste et sa famille sont-ils présents sur notre territoire ? »

L’ancienne finaliste de la présidentielle de 2017 a ainsi interrogé la présidente du FN, Marine Le Pen, sur Twitter dimanche matin, réagissant au fait que l’islamiste de l’intérieur est né en Tchétchénie et a obtenu le statut de réfugié politique, avant d’être naturalisé, puis  »fiché S pour radicalisation et de tuer  un homme et de blesser quatre autres innocents, au cours d’une chasse aux victimes à travers les rues du quartier de l’Opéra, un samedi soir dans le 2e arrondissement. 

Samedi soir, Marine Le Pen avait déjà apporté son « soutien à nos forces de l’ordre qui ont neutralisé un assaillant islamiste à Paris ». « Le peuple français ne se contentera plus de commentaires. Ce sont des actes qui sont attendus », avait-elle insisté. 

Défaitiste, Xavier Bertrand, ancien membre de LR tombé dans la démagogie, quant à  lui, a estimé qu’il n’y a rien à faire, dès lors que le « risque zéro n’existe pas ».

« Ce n’est jamais facile; celui qui dit : Avec moi, ça se passerait mieux est un menteur, » a lâché le président des Hauts-de-France, polémiquant contre son camp (ou celui qu’il a servi par le passé), avant d’expliquer au Grand Rendez-vous CNews-Europe1-Les Echos qu’il attend d‘Emmanuel Macron qu’il apporte une « réponse forte »… « J’ai envie de savoir si des propositions peuvent être entendues », a-t-il ajouté, évoquant la « consultation de sites djihadistes« , action existante et insuffisante, comme le démontrent les faits.

N’y a-t-il donc rien à faire ? « Les attentats sont imprévisibles, mais nous ne pouvons pas accepter l’inaction de l’État ! » s’est irrité le président de ‘Debout la France’, Nicolas Dupont-Aignan, dans un communiqué . « Où est la task force de monsieur Macron ? Où est la loi antiterroriste ? Où sont les actes derrière la communication du gouvernement ? » a-t-il interrogé. Et de demander le rétablissement de l’état d’urgence et plusieurs mesures comme l’expulsion des fichés S étrangers, le contrôle aux frontières ou encore des fermetures de mosquées où est « prêchée la haine ». L’assaillant était fiché S, selon des sources proches de l’enquête.

Le gouvernement s’attaque plutôt aux critiques

Sans même prendre la peine de paraphraser Xavier Bertrand, « malheureusement, le risque zéro n’existe pas et ceux qui expliquent que des mesures sorties du chapeau suffiraient à régler le problème, ceux-là mentent« , a répétéé Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, au Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro.

« Ces 15 derniers mois, 22 attentats ont été déjoués », selon Benjamin Griveaux, pour qui Gérard Collomb est un « grand ministre de l’Intérieur ». Mais on demande au joueur de poker d’en livrer le détail… 

Griveaux a aussi répété l’intention du gouvernement d’embaucher sur le quinquennat 1.900 personnes pour « renforcer le renseignement ». Vu le nombre de fois qu’il a répété cette annonce, la question est de savoir s’il faut additionner les effectifs promis à chaque fois…

« Nous avons répondu par les actes, affirme-t-il, mais espérons qu’il ne s’adresse pas aux victimes et à leurs familles. « Je note que le groupe LR n’a pas voté le texte sur la sécurité intérieure » fin 2017, a polémiqué Benjamin Griveaux, accusant l’opposition de « parler beaucoup », mais d’ « agir peu », retournant la critique adressée à l’exécutif ! Sur ce sujet, il faut savoir dépasser les effets de tribune », a-t-il commenté.

François Hollande renonce aussi à faire mieux

Sur TV5 Monde-RFI, François Hollande a pour sa part rendu hommage au « travail remarquable » des services de renseignements, qui ne peuvent toutefois pas « prévenir toutes les attaques ». Selon l’observateur de Tulle, « la classe politique, dans ce type d’événements, est toujours dans la surenchère, la demande d’une nouvelle loi ». « Il y a une responsabilité de tout acteur politique qui doit se poser la question : est-ce qu’un jour dans l’exercice du pouvoir je serai confronté à ce type de situation ? » a conseillé l’ancien président.

Vu du perchoir, Rugy commente

« Je ne pense pas que les Français pensent que nous ne faisons rien. Nous avons voté en novembre une loi avec de nouvelles mesures contre le terrorisme. Nous augmentons les moyens pour la sécurité intérieure, la police, la justice et les prisons », a défendu de son côté le président de l’Assemblée nationale François de Rugy, invité de l’émission Questions politiques France Inter/France Télévisions/Le Monde. Si « l’arsenal juridique est aujourd’hui suffisant », François de Rugy n’a pas exclu que, « dans les années qui viennent, on doive encore ajuster les lois antiterroristes ».

La France insoumise, par la voix du député Adrien Quatennens, s’est, elle, refusée à polémiquer : « C’est clair qu’à cette heure il n’y a pas lieu de mener quelque polémique que ce soit, car ceux qui revendiquent cette attaque veulent nous diviser », a-t-il avancé sur France 3.

Lire aussi EXCLUSIF. Attentat au couteau à Paris : l’assaillant entendu en avril 2017 par la police

Le journal Le Monde, organe de presse du Parti socialiste ?

Son acharnement anti-Sarkozy n’éprouve-t-il pas l' »honnêteté intellectuelle » de ses  lecteurs ?

Haro sur le reconstructeur de l’UMP

La théorie de l’évolution, oui,
mais la sélection naturelle, non !

L’empathie du Monde est touchante. « Après les sifflets de Bordeaux, les sifflets de Paris. Alain Juppé a été hué par une partie des cadres de l’UMP, réunis au conseil national, samedi 7 février. Comme lors du meeting dans sa ville, l’ancien premier ministre a été chahuté lorsqu’il a appelé à un large « rassemblement de la droite et du centre », y compris le MoDem [de Bayrou, son voisin en Aquitaine], afin de lutter contre le Front national. » Le PS ne jouerait-il pas pourtant à l’unité avec les « frondeurs » de la Ch’tite maire de Lille? 

« Sarkozy joue la carte de l’unité au conseil national de l’UMP« 

« La semaine où Sarkozy a perdu de son aura, » titre encore Le Monde, le même jour.
A croire que le journal du soir dispose d’une cellule dédiée… « Engoncé dans l’impératif d’unité nationale, jouant des coudes lors de la marche citoyenne du 11 janvier, peinant à faire entendre ses propositions contre le terrorisme…
Dimanche 1er février, coup de tonnerre rue de Vaugirard. » A la législative partielle du Doubs, le candidat de l’UMP choisi par l’ancienne direction, le triumvirat Alain Juppé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin- n’a pas mieux réussi dans la circonscription acquise à la gauche qu’aux scrutins précédents depuis que Pierre Moscovici l’avait investie, avant de l’abandonner pour faire carrière à Bruxelles. Le premier tour du 1er février dernier administra d’ailleurs un camouflet au candidat du PS qui arriva derrière la candidate du… Front national. Pour la première fois depuis mai 2007, la gauche est défiée par l’extrême droite et appelle à un « front républicain » de circonstance, à son service, pour parvenir à le contrer.
 
« La droite se retrouve face à un casse-tête, » alors que l’arrivée d’un troisième député FN à l’Assemblée serait une échec de la gauche avant quiconque. Il appartient à la gauche de faire le « job », mais il semble au Monde – peu confiant – que le problème FN serait celui de l’UMP, parce qu’il lui revient de  » trancher entre deux choix inconfortables » – créés par le PS qui peine à conserver sa circonscription. « Soit il appelle les électeurs de l’UMP à voter en faveur du PS pour faire barrage à l’extrême droite, au risque d’alimenter le discours du FN sur l’ »UMPS » ; soit il ne prend pas position et risque d’être accusé de faire le jeu du parti de Marine Le Pen. Autant de procès qui lui sont déjà faits…
Le PS n’assume pas une éventuelle défaite

« 
Doubs: l’UMP arbitre du second tour, » titre Le Monde, comme si l’unité de la gauche ne devait pas suffire. Si le PS était envoyé dans les cordes, ce serait la responsabilité de la droite. Et à l’inverse? L’incertitude du Monde est si grande que le journal prépare l’argumentaire accusant l’UMP. « La campagne du PS, qui a capitalisé sur la bonne gestion du gouvernement après les attentats des 7, 8 et 9 janvier, semble avoir porté ses fruits. De nombreux responsables socialistes ne cessent de vanter la « fierté retrouvée » de la base. Un effet de « l’esprit du 11 janvier » invoqué par Manuel Valls, venu apporter son soutien à son candidat mardi 27 janvier ? » Celui-ci aurait-il accédé au second tour sans les interventions répétées de membres du gouvernement, ajoutées à l' »effet Charlie » qui a traumatisé la France et au-delà ?  

« Pas si sûr
.
Le FN est tout de même arrivé largement en tête (4 points d’avance) et le scrutin a été marqué par une forte abstention, peu étonnante dans le contexte d’une partielle: 60,4 % des inscrits ne se sont pas déplacés, sans qu’on sache à quel bord elle a profité. De plus, le PS perd environ 10.000 voix par rapport au scrutin législatif de 2012. En l’absence de concurrent du MoDem, le PS peut compter sur le centre, puisque le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, a appelé à voter pour le candidat du PS, mais une bonne part de l’électorat du Front de gauche a bien dû passer d’un extrême à l’autre, puisque le communiste Vincent Adami, outre le NPA d’Olivier Besancenot et le MRC de Jean-Pierre Chevènement notamment, propose du bout des lèvres de faire « confiance aux électeurs afin qu’ils orientent leur choix vers cet impératif : pas de députée frontiste supplémentaire à l’Assemblée Nationale le 8 février« , après avoir recueilli 3,7% des suffrages dimanche 1er février. 

Vu les circonstances, on aurait dû être éliminés’, déclare Christophe Borgel, en charge des élections au PS, contredisant Le Monde. ‘ »Ça montre qu’il y a un effet de remobilisation, mais ça ne règle pas tous les problèmes. On a perdu la moitié de nos voix« , concède-t-il au Monde.  Si le PS échouait malgré les deux déplacements  de Manuel Valls, le premier ministre, et celui de Cazeneuve, ministricule de l’Intérieur, la faute serait rejetée sur l’UMP et singulièrement sur Sarkozy. Si le PS l’emportait, il le devrait à quelques figures de l’UMP qui se sont prononcées en faveur du candidat du Parti socialiste, tels Alain Juppé ou Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le « ni-ni  » – ni Front national, ni Parti socialiste – de Sarkozy n’est pas une surprise.

Dans un billet publié mercredi 4 février, Pierre Moscovici s’était offusqué de la stratégie du « ni-ni » adoptée par l’UMP pour l’élection législative partielle de dimanche dans le Doubs.


Les aléas de la reconstruction de l’UMP

Le choix du « ni-ni » de l’UMP signe de manière symbolique l’échec du retour de Nicolas Sarkozy. « Une stratégie du front républicain est mortifère », martèle Roger Karoutchi. Et à l’extérieur, la presse de gauche s’en prend à Nicolas Sarkozy qui incarne la seule fermeté face au PS et FN. Pour Nicolas Sarkozy, le début d’année avait déjà été compliqué. Bien malgré lui, les attentats de djihadistes français à Paris avait contraint le patron de l’UMP à laisser la main au pouvoir, le privant de la parole au profit d’un exécutif qui l’a accaparé sans aucune retenue. Il a finalement bien dû rompre le silence le 21 janvier au JT de 20 heures sur France 2 en déplorant les propos de Manuel Valls sur l' »apartheid » en… France.

Et la presse de gauche a récupéré l’esprit du 11 janvier à son profit 

C’est le cas de L’Obs, cette fois. Réélu en décembre dernier avec 64,5% des voix à la tête de l’UMP, s’agit-il « d’une épreuve pour Nicolas Sarkozy, d’une contre-performance, voire d’une Berezina », s’interroge l’hebdomadaire, sans considérer que la tête protéiforme du parti puisse être ébranlée ? Peu importe à L’Obs de savoir s’ils sont meilleurs que l’autre ceux ou celles qui en sont à appeler à voter pour l’un ou l’autre des deux partis arrivés au second tour? « Il faut se pincer pour être sûr d’entendre ce qu’on entend« , raille un proche du patron de l’UMP qui s’ébahit du « tapage médiatique ».

Une certaine presse a matraqué toute la semaine
Voulant à toute fin ignorer que le président de l’UMP plaide depuis plusieurs années pour la liberté de vote, tout en disant « non » au FN, la presse a déclenché un tir de barrage contre lui, alors que le bureau politique est revenu du « ni-ni » avec abstention ou vote blanc. Quelques voix personnelles divergentes ont suffi à la majorité présidentielle pour dénaturer ce concours de nuances à l’UMP.
La partielle du Doubs a donc relancé le débat pendant sur la doctrine du « ni-ni » (ni Front national, ni Front républicain) instaurée dès 2011 par Nicolas Sarkozy lorsqu’il était encore président de la République. Avant 2011, le front républicain avait presque toujours prévalu entre l’UMP et le Parti socialiste, le parti arrivant troisième se désistant en faveur du second pour faire battre le parti d’extrême droite. En 2011, l’UMP opère un virage à 180 degrés. Plombé par la crise économique et financière que la gauche minimisait et l’avènement de Marine Le Pen, le parti majoritaire avait été éliminé dès le premier tour dans plus de 200 cantons. Jean-François Copé avait donc passé le mot d’ordre salutaire du « ni-ni. » En avril 2012, les électeurs de Nicolas Sarkozy sont, selon une enquête OpinionWay, 64% à se dire favorables à une alliance UMP-FN aux législatives en échange du soutien de Marine Le Pen à Nicolas Sarkozy. Une position qui dénote une écoute attentive des 67 % de sympathisants de l’UMP qui sont favorables à la posture du  » ni-ni. »


Quatre ans plus tard, les féaux de la majorité jouent l’étonnement

D’autant qu’elle serait la première bénéficiaire…

Libération, Le Point ou France Inter titrent le même élément de langage: « Sarkozy peine à s’imposer comme leader naturel de l’UMP. » Libération le dépeignait en Bonaparte, mais assure aujourd’hui que « Nicolas Sarkozy s’évertue à rassembler l’UMP mais, apparemment mal à l’aise dans le costume de simple chef de parti. » Et de gloser sur des amis anonymes qui « ne le reconnaissent plus »… Ils feraient parler les morts ! « Sarkozy est devenu l’homme de la synthèse à l’UMP, alors qu’avant, c’était un guide« , déplorerait, à la faveur du « secret des sources, » un élu francilien, soi-disant sarkozyste convaincu. Ainsi, Libération rapporterait-il fidèlement les confidences de « nombre de responsables UMP interrogés par l’AFP ». Et de citer les 30% des voix remportées par Bruno Le Maire à la présidence de l’UMP.

Mais Libération omet de préciser que B. Le Maire s’est prononcé en faveur du « ni-ni »

Cela lui a valu une nouvelle agression verbale du patron coopté à la tête du PS. sur Radio J, le premier secrétaire du PS a estimé que l’UMP était «dans la grande difficulté ». Et Cambadélis  a eu un mot presque tous les dirigeants du parti, dans une formule de préau d’école. Pour lui, Nicolas Sarkozy « fait flop », Alain Juppé « fait toc », alors que Bruno Le Maire est « le plus dangereux ». De quoi construire un « front républicain » ? Sur France 3, le ministre-porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, s’était déjà alarmé d’une « radicalisation de la droite », montrant du doigt la « nouvelle génération », à savoir Laurent Wauquiez et Bruno Le Maire.
Libération fait aussi l’impasse sur le « ni-ni » de François Fillon.
L’ancien Premier ministre s’est justifié devant le groupe UMP à l’Assemblée, jugeant « impossible de voter PS », ont pourtant rapporté plusieurs participants, de source AFP. Le quotidien des socialo-bobos en fait cinq lignes: « Pas de complaisance avec le FN, pas d’indulgence avec le PS », explique Fillon, pour qui il est « impossible de voter pour le PS ».
En somme, se comportant en chef de  parti rassembleur, Sarkozy a bien changé et la presse partisane regrette qu’il ne soit pas aussi seul qu’elle voudrait.
Mais ceux qui à l’UMP font le jeu du PS croient-ils servir leur parti, les chômeurs et les victimes de la surfiscalisation directe et indirecte ?


Le rapprochement UMP-Centre prôné par Juppé provoque de vives réactions

La troïka intérimaire prend des initiatives intempestives
Laurent Wauquiez a qualifié le rapprochement de l'UMP et du centre, défendu par Alain Juppé, de "grave erreur".
Alain Juppé avait émis l’idée d’une « plateforme commune » entre l’UMP et l’UDI de Jean-Louis Borloo et le MoDem de François Bayrou, en réaction à la victoire du FN lors des élections européennes, dimanche 25 mai. Cette hypothèse  émise par le maire de Bordeaux, qui d’une part a déjà favorisé l’accession de Bayrou à la mairie de Pau et d’autre part  n’assure que le partage d’intérim à la tête de l’UMP avec François Fillon et Jean-Pierre Raffarin suite à la démission de Jean-François Copé, ne rencontre qu’une faible adhésion.
Le président de l’UDI, Yves Jégo, ne semble pas très emballé, à en croire ses propos dans Le Figaro de ce samedi.
« L’UDI n’est pas à vendre« , répond le député de Seine-et-Marne, avant d’ajouter : « Il n’y a pas urgence à se précipiter dans les bras de tel ou tel leader potentiel de l’UMP ». Mais à terme, il reconnaît tout de même que la question pourrait se poser. « Quand l’UMP aura fait son travail de reconstruction, il sera temps d’engager des discussions qui devront forcément réunir toute l’opposition républicaine pour mettre fin à l’expérience socialiste », poursuit celui qui assure l’intérim de Jean-Louis Borloo. Pour lui, l’idée d’une primaire avec des candidats UMP et des centristes n’est pas à exclure en vue de la présidentielle de 2017.
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