Sécurité routière : nouveaux interdits, sur les oreillettes au volant, etc

Répression immédiate, suite à une hausse de la mortalité de 3,7% sur un an

3.388 personnes ont « perdu la vie » sur les routes de France en 2014: en clair,  120 de plus sont « mortes » en 2013.

Le nombre de morts sur les routes françaises a augmenté de 3,7% en 2014, première année de hausse depuis douze ans, a annoncé lundi Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur du chef de guerre en Afrique.

Il y a eu 3.388 personnes tuées sur les routes en 2014, soit 120 de plus qu’en 2013, qui avait marqué un record à la baisse depuis 1948, année des premières statistiques. Il s’agit ainsi de la première année de hausse depuis douze ans. En réponse, le ministre a présenté lundi un « plan de lutte » pour enrayer cette augmentation.
Le nombre de morts sur les routes avait reculé de 10,5% en 2013, atteignant un nouveau record à la baisse depuis 1948, l’année des premières statistiques. Il y avait eu 3.268 tués en 2013 soit 403 vies épargnées en un an. Pour 2014, le gouvernement avait affiché l’objectif de diminuer à 2.000 le nombre de morts par an sur les routes en 2020.

A quelques rares exceptions, comme l’année 2001, le nombre de morts sur les routes était jusqu’ici en baisse constante depuis 1973. Cette année-là, les autorités avaient recensé plus de 18.000 morts en France. La mortalité a ainsi été divisée par cinq en un peu plus de quarante ans en France.
« Le ministre va nous annoncer une remontée de la mortalité après 12 ans de baisse, avait prévenu la présidente de la Ligue contre la violence routière. Cette remontée est d’autant plus inacceptable qu’elle était évitable », a réagi Chantal Perrichon. Cette « puissance publique » n’a annoncé aucune nouvelle mesure depuis mars 2013 et la mise en place de radars de la troisième génération dans les voitures banalisées ést devenue incontournable, selon elle. Pour réduire la mortalité sur les routes, la Ligue contre la violence routière demandait la mise en place rapide d’une loi interdisant les avertisseurs de radar, le passage de 90 à 80 km/h de la limitation de la vitesse sur le réseau secondaire français ou toute pratique de téléphone au volant, y compris le recours au bluetooth. L’automobiliste ne pourra bientôt plus bouger une oreille…

Objectif -sans garantie- : moins de 2.000 « pertes de vie » en 2020, comme en 2014 !…

Ces chiffres ne sont « pas à la hauteur des objectifs que nous nous étions fixés« , a reconnu, l’oreille basse, le ministricule, qui « maintient » la mire fixée l’an dernier de faire baisser à 2.000 le nombre de morts sur les routes en 2020. « 2014 n’est pas aussi sombre qu’on pourrait le croire dans la mesure où c’est la deuxième moins mauvaise année » depuis que des statistiques sont établies, a raconté Bernard Cazeneuve, dans le pur style de Sapin, au temps où Michou promettait de redresser la courbe de l’emploi de ses petits bras.

On ne change rien de ce qui échoue: la « puissance publique » « maintient » ainsi cet objectif et, pour cela, le ministre de l’Intérieur a annoncé 26 mesures (pas une de moins!) dont la mise en place sera « immédiate » ou dans un délai « court ».

Les trois principales mesures s’inscrites dans ce plan de lutte contre la mortalité routière :

Abaissement du taux d’alcoolémie légal pour les apprentis. Le ministre de l’Intérieur, a annoncé une première mesure visant les jeunes conducteurs. Le taux d’alcoolémie légal est désormais abaissé à titre expérimental de 0,5 à 0,2 g/l pour les conducteurs novices.

Oreillettes, casques et écouteurs vont être interdits au volant.Seconde mesure, plus étonnante, Bernard Cazeneuve veut désormais interdire l’utilisation des oreillettes, casques et écouteurs au volant afin d’améliorer « l’attention des conducteurs ».

En ville, une meilleur protection des passages piétons.La troisième mesure de ce plan vise à interdire aux automobilistes de se garer à moins de 5 mètres « avant les passages piétons ». Bernard Cazeneuve souhaite ainsi « améliorer la visibilité entre piétons et conducteurs » et faire baisser les accidents mortels en ville.

Baisse de la vitesse, augmentation et modernisation des radars. D’autres mesures concernent l’augmentation du nombre des radars feux rouges, la modernisation du parc des 4.200 radars ou le renforcement des contrôles des exploitants de débits de boisson. Une baisse de vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires bidirectionnelles « particulièrement accidentogènes » sera aussi expérimentée tout comme, dans onze départements, les tests salivaires en matière de dépistages de stupéfiants.

Réaction mitigée -voire confuse- du Conseil national de la sécurité routière.

Une réalité occultée:
combien de « pertes de vie »
par démagogie envers les jeunes ?

« Nous sommes rassurés par cette nouvelle dynamique, mais il n’y a pas de mesure forte qui va permettre de changer très fortement la mortalité sur les routes », a raconté Philippe Lauwick, président de la commission « alcool, vitesse et stupéfiants » du Conseil national de la sécurité routière (CNSR) dont le paradoxe des propos montre qu’il devrait montrer l’exemple sur l’alcool au volant et ailleurs.

L’abaissement de l’alcoolémie légale pour les conducteurs novices est … innovant:
il « permet de faire passer le message que quand on conduit, on ne boit pas », mais « elle ne changera pas la face du monde dans la mesure où l’alcoolémie responsable d’accident est souvent beaucoup plus forte que 0,5 g/l », a observé Philippe Lauwick, tout en estimant que les mesures présentées ne vont « pas au bout ». Voilà quelqu’un qu’il faut faire souffler d’urgence dans le ballon… A court de proposition, il dit souhaiter par exemple que la limitation de vitesse passe de 90 à 80 km/h sur tout le réseau secondaire. Mais est-il vraiment représentatif des automobilistes victimes du manque de fluidité de la circulation et donc des bouchons

C’est aussi une demande de la Ligue contre la violence routière. Cette association réclame par ailleurs la mise en place rapide d’une loi interdisant les avertisseurs de radar. Finies la pédagogie et la prévention; bonjour les sanctions !

Mortalité routière : de mauvais chiffres, malgré des mieux toute l’année 2014 !

Cazeneuve attendu lundi au tournant

Nous aurait-on menti pendant des mois ?

Le nombre de morts sur les routes en France vient de connaître un léger rebond en septembre avec une hausse de 1,4% par rapport à l’année dernière. Les bons résultats de la mortalité routière n’auront duré que deux mois, dont août, ce qui est très peu crédible. Selon une autre source, la Sécurité routière enregistrait d’ailleurs une hausse de la mortalité de 1,3% en août. « Après deux mois de baisse, la mortalité routière est repartie à la hausse en septembre (1,3%: on a ressuscité quelques morts) avec 316 personnes tuées sur les routes françaises ». Au final, la presse monta en épingle le chiffre de « quatre morts de plus que l’an dernier« , dérisoire s’il ne s’agissait de vies humaines.

Le ministère de l’Intérieur escamote les hausses de la mortalité routière mais valorise ses frémissements à la baisse. Ministre du Travail et de l’Emploi, Sapin ne procédait pas autrement avec la courbe du chômage qui frémissait à la baisse tout en montant sur la durée. C’est ainsi qu’on n’appris qu’incidemment les mauvais résultats de la mortalité routière au premier semestre, par comparaison, lors du tapage fait autour de la « baisse importante de 11,6% au mois de juillet », mois de la grande migration estivale… 304 personnes avaient perdu la vie contre 344 l’année dernière, claironnèrent alors les services du ministricule de la Place Beauvau.

Après 12 années de baisse ou de stagnation, le nombre de morts sur les routes est toutefois reparti à la hausse cette année.

Première hausse annuelle depuis 2001… La mortalité routière était en baisse depuis 1973
A quelques rares exceptions, comme l’année 2001, le nombre de morts sur les routes était en baisse constante depuis 1973. Cette année-là, les autorités avaient recensé plus de 18.000 morts en France. La mortalité avait donc été divisée par cinq en un peu plus de quarante ans en France.
Le nombre de morts sur les routes avait reculé de 10,5% en 2013, atteignant un nouveau record à la baisse depuis 1948, l’année des premières statistiques. Il y avait eu 3.268 tués en 2013, soit 403 vies épargnées en un an.
L’an dernier, le gouvernement avait pourtant promis de diminuer à 2.000 le nombre de morts par an sur les routes en 2020.

Quelles salades Bernard Cazeneuve va-t-il encore nous servir?

Le ministre de l’Intérieur va annoncer lundi une augmentation du nombre des morts sur les routes françaises en 2014, première année de hausse depuis douze ans.

Entre 120 et 140 morts de plus sur les routes par rapport à l’année précédente. C’est une mauvaise nouvelle de plus du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, au bureau du Conseil national de la sécurité routière. Une hausse historique/ En 2013, le nombre de tués sur les routes s’élevait à 3268, soit 403 vies épargnées par rapport à 2012.

Ces mauvais chiffres désavouent les fanfaronnades d’un gouvernement en difficulté sur tous les tableaux, lui qui avait affiché l’an dernier un objectif d’abaisser à 2000 le nombre de morts par an sur les routes en 2020. « Cette remontée est d’autant plus inacceptable qu’elle était évitable », a tempêté dès dimanche la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon, laquelle dénonce : « Cette remontée est la responsabilité de la puissance publique, qui n’a annoncé aucune nouvelle mesure depuis mars 2013.

Avertisseurs de radars et Bluetooth
Alors comment agir pour casser la hausse ? La Ligue contre la violence routière réclame que soit mise en place rapidement une loi interdisant les avertisseurs de radar et le téléphone au volant (y compris le recours au Bluetooth), ainsi que faire passer la vitesse de 90 à 80 km/h sur le réseau secondaire français.

Le gouvernement n’a pas mis encore ces pistes sur la table, mais nous sommes prévenus. Selon plusieurs sources proches du ministère, l’une des mesures phares (?) qui devraient être annoncées lundi par Bernard Cazeneuve concernerait en effet plutôt l’alcool au volant. Et l’abaissement de la vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires ne serait pas d’actualité. Pour l’heure, cette limitation ne sera expérimentée que sur quelques tronçons.

Ce qui nous pend au nez
Didier Bollecker, président de l’Automobile Club Association a commenté ces chiffres ce mardi chez Jean-Jacques Bourdin. « Ce sont essentiellement les plus vulnérables qui ont vu leur accidentologie augmenter : les piétons (+15%), les vélos (+5%) ou les 2-roues motorisés (+10%) », a-t-il d’abord constaté. Si la mortalité a augmenté en novembre, c’est d’abord dû, selon lui, à « un automne clément. Les deux-roues ont beaucoup plus circulé, il y a là un impact direct ».

Pour le président de l’Automobile Club, ces chiffres montrent « qu’il y a des limites à la sécurité routière basée essentiellement sur la répression ». Il a donc plaidé pour plus de… prévention. « Il doit y avoir de manière beaucoup plus importante un volet de formation et de post formation des automobilistes. Il faut mettre en place un stage pédagogique obligatoire un an après l’obtention du permis de conduire, au moment où le jeune conducteur croit qu’il sait conduire et à une époque où les mauvaises habitudes qu’il a prises peuvent encore se corriger. C’est comme ça que l’Autriche a réussi à baisser de 30% la mortalité des jeunes conducteurs« . La France est en revanche un pays méditerranéen et le contrôle des permis de conduire ne serait pas une perte de temps…

De nouvelles mesures répressives

Pour enrayer cette hausse de la mortalité, le ministre doit présenter lundi une nouvelle série de mesures, selon un porte-parole du ministère. L’une d’elles concerne l’alcoolémie au volant, d’après plusieurs sources proches concordantes. Plus de « Sam », mais toujours aucune limitation de la consommation d’alcool dans les établissements publics…

Le ministre a d’ores et déjà répété qu’est exclue une baisse générale de la limitation de vitesse de 90 km/h à 80 km/h sur les routes secondaires bidirectionnelles, recommandée par le Conseil national de la sécurité routière (CNSR). Cette limitation ne sera expérimentée que sur quelques tronçons.
Après un an d’entrée en vigueur, la mairie de Paris et la préfecture de police ont tiré lundi un « bilan très positif » de la réduction de 80 à 70 km/h de la vitesse maximale sur le périphérique, avec une baisse de 15% du nombre d’accidents constatés, et une hausse de la vitesse moyenne.
Les radars restent une valeur sûre pour Cazeneuve, ancien ministre délégué au Budget…