Temps de travail des agents municipaux : « Il faut cesser cette cogestion avec les syndicats »

Marseille subit toujours les effets d’accords de ‘paix sociale’ passés par  …le socialiste Gaston Deferre !

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Sale avant, mais aussi après le passage des éboueurs

Castaner met un coup de pied dans la fourmilière : sera-t-il candidat à Marseille ?

Au sujet des abus en matière de temps de travail effectif des agents de la mairie, le numéro 1 du parti du président, LREM (La République en marche), a regretté « une habitude de cogestion du personnel municipal depuis de longues années » à Marseille,  a estimé Castaner, mercredi 4 juillet sur France Bleu Provence. Il faut modifier l’habitude des agents municipaux de Marseille, insiste le délégué général du mouvement présidentiel.

Le bouffon du roi réagissait à l’audition du maire en exercice, Jean-Claude Gaudin,  entendu mardi par le Parquet national financier (PNF) dans le cadre d’une enquête pour « faux, usage de faux, recel et détournement de fonds publics » en cours depuis janvier 2017. Lancée à la suite de soupçons du Canard enchaîné et du site web d’information locale Marsactu (collaborateur des sites trotskiste Mediapart ou gauchiste Rue89) sur le Samu social de la mairie, dans lequel un système de faux pointage permettait aux agents de ne travailler qu’une semaine sur deux, cette enquête examine depuis les arrangements en cours dans l’ensemble des services de la mairie, alors que les abus remontent à Gaston Deferre, maire socialiste jugé mafieux par nombre de Marseillais.

Connaissez-vous la pratique du « fini-parti » ? Elle permettait  aux éboueurs de la cité phocéenne de partir dès leur tournée terminée et, comme ils étaient seuls juges de l’état d’achèvement de leur mission sanitaire, le syndicat FO – syndicat hégémonique chez les agents de la ville et de la communauté – porte encore une lourde responsabilité sur l’état de propreté relative de la ville portuaire actuelle, ouverte sur le Maghreb. Or, il a été mis un terme à cette aberration le 26 avril 2014, date de l’annulation d’un règlement intérieur de la communauté urbaine de Marseille par la Cour administrative d’Appel. Le moment était à ce point historique que le quotidien marseillais «La Provence» n’hésita pas à le comparer au 26 mai 1993, date de la victoire de l’Olympique de Marseille en finale de la ligue des champions.
Et Jean-Claude Gaudin est maire de cette métropole, deuxième ville de France, depuis 1995 : juin 1995, exactement.

Avec le resurgissement de ce dossier, le flou de Castaner et de la presse godillot sur les dates souligne les intentions politiciennes malignes du petit maire de Forcalquier, en région Sud (ex-Paca).
Cet acquis des années 1970, hérité de la municipalité Deferre – maire de 1953 à 1986 – , était régulièrement dénoncé par la Chambre Régionale des Comptes. Dans un rapport publié en 2007, elle estimait que l’autorisation faite aux 500 éboueurs marseillais de quitter leur poste dès leur service terminé, sans considération horaire, aboutissait à une présence journalière de 3h30, soit «la moitié du temps de travail légal». Des horaires de travail réduits auxquels beaucoup de Marseillais attribuent encore les problèmes de propreté de leur ville.

« On sait bien qu’à Marseille, il y a une habitude de cogestion du personnel municipal depuis de longues années » (Christophe Castaner)

« On sait bien que ces questions de rapport au temps de travail, de fini-parti reviennent régulièrement, c’est-à-dire à chaque élection municipale », a déploré Christophe Castaner « et au fond, personne n’a jamais vraiment osé les prendre de front [c’est lui qui le dit !], les assumer et cesser peut-être cette cogestion qui peut exister avec les syndicats notamment, explique, à qui veut l’entendre, celui qui a fait sa carrière à Paris. Il faut oser affronter ces questions, c’est ce que nous faisons au gouvernement. Nous l’avons fait avec la réforme de la SNCF. »  

« J’ai le souvenir qu’à la dernière campagne électorale, [cette question de cogestion du personnel] avait été un sujet de débat », a insisté le délégué général de La République en marche. « Peut-être que c’est une montagne qui apparaît trop haute pour la surmonter. Il faut savoir le faire quand on est un gestionnaire politique et nous le faisons au niveau du gouvernement. Nous devons aussi le faire au niveau des collectivités locales. C’est ce que je demanderai aux candidats de La République en marche aux prochaines élections municipales à Marseille, à Aix-en-Provence, comme ailleurs. »

L’ancienne tête de liste PS décapitée aux Régionales en PACA en 2015 a la mémoire courte, forcément.

Au jeu de l’oie, même décapité, Castaner court toujours.
En juin dernier, il a confirmé 
la possibilité d’une alliance LREM-Républicains, mais on comprend bien que ce serait à la condition qu’elle se dessine au détriment de Renaud Muselier et en sa faveur, face à un parachuté, Mélenchon. Interrogé sur Public Sénat pour savoir si LREM sera en mesure de soutenir de telles listes, Castaner a répondu : « Bien sûr. Car à La République en marche nous ne sommes pas un mouvement classique qui considère que tous ceux qui sont en place sont nuls et que nous, parce qu’on arrive, on est meilleurs ». « Ça pourra être le cas partout, je n’exclus rien », a-t-il affirmé.

Mais le joueur de poker n’a pas la cote en région Sud.
Face à Marion Maréchal-Le Pen, Christophe Castaner (PS) avait choisi le retrait lors des dernières Régionales de 2015: avec près de 42% des voix, Marion Maréchal-Le Pen interrompit la relation en région PACA (actuelle Région Sud). Dans certaines villes, comme Cavaillon, elle avait en effet atteint plus de 50% des suffrages. Le premier tour avait marqué la fin du coït électoral du socialiste Castaner qui préféra tenir la chandelle de Christian Estrosi.
A 54 ans en 2020, Christophe aura-t-il retrouvé assez de vigueur ou présume-t-il de ses forces ? Tiendra-t-il la distance jusqu’en 2020 ? Il se défend d’être un spécialiste du « déjà parti – déjà fini » !

 

En Corse, les cheminots bénéficient d’avantages encore plus scandaleux

Un rapport de la Cour des comptes arrive à point nommé pour le pouvoir

blog -Corse chemin de fer-mapL’institution chargée du contrôle des comptes publics critique vivement la gestion des chemins de fer de la Corse (Société anonyme d’économie mixte locale, Seml), avec en point de mire les avantages acquis des 272 employés, qui s’occupent des 232 kilomètres de voie (plus d’un cheminot au kilomètre de ligne) et des 16 gares de l’île.

Tenez-vous bien, certains salariés ne travailleraient que cinq heures par jour. Le ton du rapport reste mesuré mais, sur le fond, la récente étude de la Cour des comptes sur la gestion de la société des chemins de fer corses fourmille de détails fâcheux sur la situation de l’entreprise ferroviaire à capitaux publics. Temps de travail parfois dérisoire, primes exorbitantes, absence de contrôle…

Depuis 2012, lorsque la collectivité territoriale de Corse a repris les activités de la SNCF sur l’île, les conditions de travail semblent en effet s’être quelque peu relâchées, même si la fréquentation a augmenté sur les deux magnifiques lignes (Bastia-Ajaccio, et Calvi-Ponte-Leccia) du pays. La réforme Macron s’attaque-t-elle aux lignes déficitaires ?

Un soutien financier « inconditionnel » de la collectivité territoriale corse

Avec une dotation annuelle de plus de 20 millions d’euros de la part de la collectivité (actionnaire majoritaire),  une « bienveillance financière » extravagante règne en effet, permettant quelques irrégularités de gestion. A la fin de l’année, la société parvient à générer des excédents et garde une trésorerie d’environ dix millions d’euros depuis lors.

Les analyses de la Cour des comptes ont d’ailleurs été compliquées par l’absence d’indicateurs opérationnels précis et les analystes ne sont pas au clair : les temps de travail des salariés ne sont pas contrôlés, les stocks ne sont que partiellement inventoriés, le nombre de voyageurs est inconnu… Le soutien financier qualifié « d’inconditionnel » – la collectivité s’est engagée à prendre à sa charge tout déséquilibre financier – aurait amené les gérants à négliger certaines pistes d’économies ou d’amélioration du résultat.

Selon la Cour des comptes, aucun effort concret n’a été entrepris pour valoriser le parc immobilier, et même les activités touristiques. Les rédacteurs du rapport concluent sobrement que « les conditions de gestion n’ont pas favorisé la réduction des coûts de service« .

Les salariés ne sont pas menacés de ‘burn out »

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Et pourtant, un projet de développement du réseau

La générosité de l’actionnaire de référence – l’Etat et donc le contribuable (entité rare sur l’île) – bénéficie surtout aux employés, et ce sur tous les plans. D’abord, en termes financiers, via des primes pléthoriques et parfois surestimées, comme la prime kilométrique, qui correspond à 2,68 millions de kilomètres indemnisés, alors que la production annuelle (avec le nombre normal de personnel dans chaque train) n’atteint en fait que 1,89 millions de kilomètres. Le personnel bénéficie d’heures supplémentaires même si les agents ne réalisent pas les 37 heures et 10 minutes par semaine réglementaires. Les cheminots ont par ailleurs droit à des indemnités « irrégulièrement attribuées », soulignent les Sages, comme par exemple des repas, alors qu’ils travaillent uniquement le matin, ou l’après-midi, etc. Les montants des primes sont par ailleurs supérieurs aux plafonds exonérés, engendrant de vrais surcoûts pour l’entreprise.

Sur le travail en lui-même, la Cour des comptes relève de belles marges de manœuvre pour améliorer les choses. Malgré l’absence de contrôles, les contrôleurs des dépenses publiques estiment que certains agents fournissent un travail effectif d’environ cinq heures chaque jour, ce qui n’empêche pas une souffrance au travail dépassant la moyenne continentale, puisque les agents sont absents en moyenne 28 jours par an, pour maladie ou accidents du travail.

Comble du comble: malgré ces conditions de travail à faire rêver le métropolitain, l’entreprise a connu onze préavis de grèves et trois grèves réelles en quatre ans… Des mouvements qui n’ont pas systématiquement donné lieu à retenues sur salaires !

Les recommandations de la Cour des comptes

Nos comptables publics se sentent obligés de faire plusieurs recommandations à la compagnie corse.

D’abord, elle doit « mettre en place un comptage efficace du nombre de voyageurs », et « modifier le système de validation des billets pour ne plus faire reposer sur le contrôleur le paiement effectif des voyages ». Le moment de sa sieste serait-il propice à la resquille ?

 Ce qui peut sembler évident ne l’est sans doute pas pour le rail corse. Plus surprenant pour une société d’économie mixte, gérée selon les standards du privé, l’entreprise « se doit de développer une comptabilité analytique [et] des indicateurs opérationnels » pour mieux comprendre son fonctionnement et améliorer sa productivité. Car in fine, l’argent gaspillé est bien celui des Français. Mais les Corses ont leur propre fibre nationale…