Tuerie islamiste de l’Opéra: « Les mots ne suffisent pas, il faut des actes »

Seules la gauche et la majorité présidentielle restent impavides

Les oppositions de droite ont réagi en demandant des « actes » au gouvernement, après l’attentat islamiste au couteau qui a fait un mort et plusieurs blessés, samedi soir à Paris.

Les Républicains, Debout la France et le Front national sont à l’écoute de la population inquiète et ne se satisfait plus de tweets et de « commentaires » en langue bois pour éviter de nouveaux assassinats de rue, comme celui perpétré samedi soir au cœur de Paris. 

« Une fois encore, la barbarie islamiste fait couler le sang dans notre pays. Dans la guerre contre le terrorisme, les mots ne suffisent pas, il faut des actes,«  a déclaré Laurent Wauquiez, président de LR, après avoir rendu hommage à nos forces de l’ordre et pensées aux victimes et à leurs proches.

« Maintenant, nous attendons une information essentielle. Par quelle filière ce terroriste islamiste et sa famille sont-ils présents sur notre territoire ? »

L’ancienne finaliste de la présidentielle de 2017 a ainsi interrogé la présidente du FN, Marine Le Pen, sur Twitter dimanche matin, réagissant au fait que l’islamiste de l’intérieur est né en Tchétchénie et a obtenu le statut de réfugié politique, avant d’être naturalisé, puis  »fiché S pour radicalisation et de tuer  un homme et de blesser quatre autres innocents, au cours d’une chasse aux victimes à travers les rues du quartier de l’Opéra, un samedi soir dans le 2e arrondissement. 

Samedi soir, Marine Le Pen avait déjà apporté son « soutien à nos forces de l’ordre qui ont neutralisé un assaillant islamiste à Paris ». « Le peuple français ne se contentera plus de commentaires. Ce sont des actes qui sont attendus », avait-elle insisté. 

Défaitiste, Xavier Bertrand, ancien membre de LR tombé dans la démagogie, quant à  lui, a estimé qu’il n’y a rien à faire, dès lors que le « risque zéro n’existe pas ».

« Ce n’est jamais facile; celui qui dit : Avec moi, ça se passerait mieux est un menteur, » a lâché le président des Hauts-de-France, polémiquant contre son camp (ou celui qu’il a servi par le passé), avant d’expliquer au Grand Rendez-vous CNews-Europe1-Les Echos qu’il attend d‘Emmanuel Macron qu’il apporte une « réponse forte »… « J’ai envie de savoir si des propositions peuvent être entendues », a-t-il ajouté, évoquant la « consultation de sites djihadistes« , action existante et insuffisante, comme le démontrent les faits.

N’y a-t-il donc rien à faire ? « Les attentats sont imprévisibles, mais nous ne pouvons pas accepter l’inaction de l’État ! » s’est irrité le président de ‘Debout la France’, Nicolas Dupont-Aignan, dans un communiqué . « Où est la task force de monsieur Macron ? Où est la loi antiterroriste ? Où sont les actes derrière la communication du gouvernement ? » a-t-il interrogé. Et de demander le rétablissement de l’état d’urgence et plusieurs mesures comme l’expulsion des fichés S étrangers, le contrôle aux frontières ou encore des fermetures de mosquées où est « prêchée la haine ». L’assaillant était fiché S, selon des sources proches de l’enquête.

Le gouvernement s’attaque plutôt aux critiques

Sans même prendre la peine de paraphraser Xavier Bertrand, « malheureusement, le risque zéro n’existe pas et ceux qui expliquent que des mesures sorties du chapeau suffiraient à régler le problème, ceux-là mentent« , a répétéé Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, au Grand Jury LCI-RTL-Le Figaro.

« Ces 15 derniers mois, 22 attentats ont été déjoués », selon Benjamin Griveaux, pour qui Gérard Collomb est un « grand ministre de l’Intérieur ». Mais on demande au joueur de poker d’en livrer le détail… 

Griveaux a aussi répété l’intention du gouvernement d’embaucher sur le quinquennat 1.900 personnes pour « renforcer le renseignement ». Vu le nombre de fois qu’il a répété cette annonce, la question est de savoir s’il faut additionner les effectifs promis à chaque fois…

« Nous avons répondu par les actes, affirme-t-il, mais espérons qu’il ne s’adresse pas aux victimes et à leurs familles. « Je note que le groupe LR n’a pas voté le texte sur la sécurité intérieure » fin 2017, a polémiqué Benjamin Griveaux, accusant l’opposition de « parler beaucoup », mais d’ « agir peu », retournant la critique adressée à l’exécutif ! Sur ce sujet, il faut savoir dépasser les effets de tribune », a-t-il commenté.

François Hollande renonce aussi à faire mieux

Sur TV5 Monde-RFI, François Hollande a pour sa part rendu hommage au « travail remarquable » des services de renseignements, qui ne peuvent toutefois pas « prévenir toutes les attaques ». Selon l’observateur de Tulle, « la classe politique, dans ce type d’événements, est toujours dans la surenchère, la demande d’une nouvelle loi ». « Il y a une responsabilité de tout acteur politique qui doit se poser la question : est-ce qu’un jour dans l’exercice du pouvoir je serai confronté à ce type de situation ? » a conseillé l’ancien président.

Vu du perchoir, Rugy commente

« Je ne pense pas que les Français pensent que nous ne faisons rien. Nous avons voté en novembre une loi avec de nouvelles mesures contre le terrorisme. Nous augmentons les moyens pour la sécurité intérieure, la police, la justice et les prisons », a défendu de son côté le président de l’Assemblée nationale François de Rugy, invité de l’émission Questions politiques France Inter/France Télévisions/Le Monde. Si « l’arsenal juridique est aujourd’hui suffisant », François de Rugy n’a pas exclu que, « dans les années qui viennent, on doive encore ajuster les lois antiterroristes ».

La France insoumise, par la voix du député Adrien Quatennens, s’est, elle, refusée à polémiquer : « C’est clair qu’à cette heure il n’y a pas lieu de mener quelque polémique que ce soit, car ceux qui revendiquent cette attaque veulent nous diviser », a-t-il avancé sur France 3.

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