SNCF : Le Maire veut faire croire que la reprise de la dette n’affectera pas les Français

Si la reprise de 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF « ne pèsera pas sur le déficit public »; alors, sur qui , sur quoi ?

blog -SNCF-reprise de la dette.JPG“Elle [la dette de la SNCF] aura évidemment un impact sur la dette publique, puisque ça accroît la dette publique française (…), mais elle n’aura pas d’impact sur le déficit”, a assuré B. Le Maire au salon des startups VivaTech à Paris, le 24 mai.

Le ministre contredit ainsi le rapporteur général du budget.
Joël Giraud avait estimé vendredi que la reprise de la dette de la SNCF allait provoquer une hausse du déficit par rapport aux prévisions actuelles du gouvernement, et retarderait le retour à l’équilibre des finances publiques prévu jusqu’à maintenant pour 2022.
Selon les projections du rapporteur, le déficit public remontera à 1,9% du PIB en 2020 avec la reprise d’une première tranche de 20 milliards de dette SNCF, au lieu de 0,9% prévu jusqu’à maintenant.
Et il serait de 0,1% de PIB en 2022, alors que le gouvernement escomptait jusqu’alors un excédent de 0,3% du PIB à cette échéance.

Bercy avait publié après la déclaration de J. Giraud un communiqué cinglant.

Il y admettait qu’il “n’est pas possible de se prononcer sur l’impact [de cette reprise de dette] sur la trajectoire des finances publiques”.
L’impact dépendra du traitement comptable de l’opération par l’Insee, « qui a engagé des discussions avec Eurostat sur ce sujet et devrait se prononcer avant la fin de l’année”, avait indiqué le ministère de l’Economie et des finances.

Bruno Le Maire a admis samedi que la reprise de la dette de la SNCF « accroît la nécessité de réduire cette dette progressivement et donc de réduire la dépense publique”.

Le Premier ministre Edouard Philippe a confirmé vendredi que l’Etat va reprendre 35 milliards d’euros de dette de la SNCF, sans pour autant créer d’impôt pour compenser cette charge. 

Le député radical de gauche et LREM des Hautes-Alpes (élu sous la double étiquette) Joël Giraud, 59 ans, un ex-administrateur des PTT, occupe le poste de rapporteur général du Budget durant la première moitié de la législature, mais il se désistera au profit de Laurent Saint-Martin (Oseo et think tank ‘En Temps Réel’, de centre gauche) à la mi-quinquennat : il a en effet été élu à la commission, mais battu de deux voix à sa présidence face à Laurent Saint-Martin (33 ans, LREM, Paris). Les deux macroniens se sont entendus pour  se relayer…

« Pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette, promet Edouard Philippe

Le Premier ministre a annoncé « un engagement sans précédent » pour la reprise de la dette de l’entreprise ferroviaire par l’Etat : 35 milliards d’euros de la dette de la SNCF, dont 25 milliards en 2020 et 10 milliards en 2022, afin d’arriver « à l’équilibre », « avant la fin du quinquennat ». « Cette reprise constitue un engagement sans précédent de la nation et du contribuable en faveur de la SNCF », a souligné le Premier ministre, après avoir reçu à Matignon les syndicats représentatifs lors de rencontres bilatérales.

« 35 milliards d’euros, c’est 14 ans de budget d’investissements de l’Etat dans l’ensemble de nos routes, chemins de fer et canaux », a-t-il insisté lors d’une conférence de presse avec la ministre des Transports, Elisabeth Borne.

Moins d’investissements de l’Etat, détournés en faveur de la SNCF, c’est plus de retard dans la croissance économique et dans le développement du bien-être de la population.

« Pas d’impôt SNCF »

Le Premier ministre a toutefois assuré qu’il n’y « aura pas d’impôt SNCF » pour compenser la reprise de la dette qui « viendra s’ajouter à la dette publique de l’Etat et sera remboursée au même rythme que la dette publique de l’Etat« . « Ce sera bien une charge supplémentaire pour le contribuable », a-t-il relevé en mai 2018. Selon Edouard Philippe, le montant de 35 milliards est le fruit d’arbitrages destinés à ce que la France ne « se place pas en situation de déséquilibre » alors qu’elle « est en train de revenir dans les clous de la maîtrise de ses comptes publics ».

Critiquant l’action des précédents gouvernements qui se sont successivement repassé « la patate chaude », le juppéiste Edouard Philippe a assuré que ce geste de l’Etat s’accompagnera d’une « règle contraignante pour que SNCF Réseau« , endetté à hauteur de 47 milliards d’euros au total, « ne puisse plus à l’avenir s’endetter sans que le Gouvernement ne prenne de mesures de rétablissement ».

Il a par ailleurs annoncé 200 millions d’euros d’investissements supplémentaires dès 2022, en plus des 3,6 milliards actuels.

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Nous voulons plus de trains, qui circulent plus régulièrement, sur un réseau plus performant. En plus des 3,6 Md€ actuels, dès 2022, nous investirons chaque année 200 M€ supplémentaires. <a href= »https://twitter.com/hashtag/SNCF?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#SNCF</a></p>&mdash; Edouard Philippe (@EPhilippePM) <a href= »https://twitter.com/EPhilippePM/status/999990490174025728?ref_src=twsrc%5Etfw »>25 mai 2018</a></blockquote>
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Et tout va bien puisque, depuis F. Hollande, « ça ne coûte rien (au contribuable), c’est l’Etat qui paie » … Confirmation de Macron et Le Maire !