Divorce Calmels-Wauquiez : Pécresse (LR) refuse d’«entrer dans ces querelles»

La ligne majoritaire garde le cap

blog -Wauquiez Pecresse.jpgAprès un week-end agité chez Les Républicains, ce lundi, les passions s’apaisent.

Damien Abad, vice-président du parti, a jugé « inéluctable » ce limogeage « compte tenu de la semaine que nous avons vécue », a-t-il déclaré sur France Info. Le « principe de loyauté » est « d’autant plus fort qu’on appartient à l’équipe dirigeante », a-t-il souligné.

Valérie Pécresse, la présidente LR de l’Ile-de-France, refuse d’«entrer dans ces querelles», disant vouloir au contraire privilégier «le débat d’idées».

Elle a toutefois renouvelé son regret d’un «rétrécissement» de la droite «depuis six mois» avec l’élection à la tête des Républicains de Laurent Wauquiez, avec 74,64%. Celui qui, de Virginie Calmels, avait dit : « Virginie Calmels a fait un « choix débile » en s’alliant avec Wauquiez, n’était pas favori de Pécresse, mais elle s’affiche aujourd’hui avec Maël de Calan, candidat de Juppé (9,25% des voix) et député recalé dans la 4e circonscription du Finistère (47,86% au second tour des législatives de juin 2017).

«Je me suis inquiétée il y a six mois du rétrécissement de notre famille politique, c’est un danger, une menace pour la droite française, et ce danger, cette menace, existe depuis six mois», a-t-elle répété lors d’une conférence de presse présentant le projet européen de son mouvement, «Libres !», au lendemain du limogeage par Laurent Wauquiez de sa n° 2, Virginie Calmels. Pécresse refuse elle-même de soutenir la ligne politique du nouveau patron des Républicains, tout en restant dans le parti.

« Je ne suis pas cheffe de parti »

«Les Français en ont assez des querelles politiciennes». Face à la «montée des populismes», «nous, c’est sur les idées que vous nous trouverez pour élargir la droite et rassembler les deux droites», a dit l’ancienne ministre, dont le mouvement créé en 2017 est associé à LR, Les Républicains.

A la question de savoir si Laurent Wauquiez devait conduire la liste aux élections européennes, Valérie Pécresse a répondu : «Cela fait du sens. Maintenant, je ne suis pas cheffe de parti. Donc ce n’est pas ma décision.»

« Laurent Wauquiez a eu raison de faire preuve de fermeté, il s’est comporté en chef de notre famille politique », a asséné Nadine Morano, invitée sur France Info ce lundi matin. La ligne politique de Wauquiez « a été choisie par 75 % de nos adhérents », fait-elle valoir. Et qui plus est, « le numéro 2 est là pour épauler le numéro 1, pas pour nuire au parti », insiste-t-elle.

« Lorsque l’on est membre d’une équipe, on ne peut pas toujours tirer des buts contre son camp », ont fait observer en choeur Laurence SaillIet et Lydia Guirous, porte-parole des Républicains. Ajoutant que « pour vivre (la réalité) au quotidien, je peux vous dire qu’il y a du débat et des échanges ». Il n’y a «pas de place pour les diviseurs», insiste l’eurodéputé et vice-président du conseil régional d’Ile-de-France.

Renouvellement et société civile

Virginie Calmels n’avait pas obtenu la tête de liste LR aux Européennes : elle exprime aujourd’hui sa déconvenue. L’ancienne ministre de la Santé, Michèle Delaunay, élue socialiste de Bordeaux et première adjointe d’Alain Juppé, s’est mêlée de ce qui ne la regarde pas en lâchant cette interrogation rhétorique sur Twitter : « N’ayant pas obtenu la tête de la liste européenne, Virginie Calmels a-t-elle provoqué son limogeage avec son article au canon dans Le Parisien ? » 

Pour la tête de liste, «il y a des parlementaires qui ont fait un magnifique travail à Bruxelles. Donc, mon objectif n’est pas de dire : sortez les sortants. Mais je pense qu’il nous faut d’abord sur la liste du renouvellement, de la société civile, c’est très important, on ne peut pas laisser le monopole de la société civile à Emmanuel Macron», estime Pécresse. Calmels est cheffe d’entreprise, mais ni députée, ni sénatrice: elle n’est que conseillère régionale et le reste.

Aides sociales : Macron se lâche sur le « pognon », sans rien lâcher…

« Un président ne devrait pas dire ça », dénonce LREM. « Non, j’rigole ! »

blog -grippe-sou-film Ca« La meuf, elle est dead » : c’est ainsi qu’on s’exprime en présence du chef de l’Etat, on le sait. A l’instar de Sibeth Ndiaye, une conseillère en communication de Macron, à propos de la disparition de Simone Veil, respectée de tous, hormis la franco-sénégalaise : Sibébeth ne compte pas l’académicien Léopold Senghor au nombre de ses lectures. <br>Mais, comme si l’opposition n’avait pas ses propres schizophrènes, bobos intellos dérapant populos l’instant d’après, surfant sur le langage châtié pour glisser dans la vulgarité d’une minute à l’autre, quand s’éteignent micros et caméras et que tombe le masque,  a critiqué mercredi les propos d’Emmanuel Macron sur les aides sociales, tenus dans une vidéo diffusée mardi, estimant qu' »un président ne devrait pas dire ça », allusion  à la somme d’inepties publiées par son tremplin, François Hollande.

Outre cette référence à l’ouvrage qui avait marqué la fin du quinquennat de François Hollande, la cheffe de file des députés PS, Valérie Rabault, a jugé sur RFI « les propos et le ton pas adaptés à un président de la République française« .

Macron n’aime pas les pauvres

Macron veut « responsabiliser » les pauvres…<br>Dans une vidéo publiée mardi sur Twitter par sa directrice de la communication et relayée sur le compte du chef de l’Etat, Macron regrette qu' »on met(te) un pognon de dingue dans les minima sociaux » et que « les gens pauvres restent pauvres ». « On doit avoir un truc qui permet aux gens de s’en sortir », rêve le premier de cordée sans expérience de la pauvreté, ni prise sur le mur des réalités. Non motivé ou « fainéant »…

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Le Président ? Toujours exigeant. Pas encore satisfait du discours qu’il prononcera demain au congrès de la Mutualité, il nous précise donc le brief ! Au boulot ! <a href= »https://t.co/2mjy1JmOVv »>pic.twitter.com/2mjy1JmOVv</a></p>&mdash; Sibeth Ndiaye (@SibNdiaye) <a href= »https://twitter.com/SibNdiaye/status/1006664614619308033?ref_src=twsrc%5Etfw »>12 juin 2018</a></blockquote>
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« Macron flatte les égoïsmes et surfe sur les clichés (…) afin de promouvoir une politique libérale qui ne fera qu’accroître la détresse et pauvreté », a également dénoncé le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

Dans un « langage parlé, de sincérité », selon la ministre du Travail, Muriel Pénicaudle président dit « quelque chose d’essentiel, qu’il vaut mieux prévenir que guérir », a-t-elle tant bien que mal glosé, sur franceinfo.

« Le président a un problème avec les pauvres et cela commence à se voir de plus en plus », juge de son côté la maire PS de Lille Martine Aubry. « Sous le mépris glaçant de ses propos: ce qu’il souhaite, c’est défaire méthodiquement tous les acquis obtenus depuis la Libération et le Conseil national de la Résistance », a-t-elle dénoncé dans un communiqué.

L’extrême gauche populiste s’en fait des gargarises. « Monsieur Macron, ce qui coûte un +pognon de dingue’, c’est vous et vos cadeaux aux ultra-riches. Il y a une solution simple pour en finir avec la pauvreté. Elle s’appelle le partage des richesses », a fustigé sur Twitter le chef de file des députés LFI, Jean-Luc Mélenchon.

« Le CICE et les exonérations de cotisations sociales ‘coûtent un pognon de dingue’ sans jamais sortir le pays du chômage. Mais ça, ça n’émeut pas Emmanuel Macron ! », a également protesté le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.

Emmanuel Macron « fait, comme tous les ultralibéraux, porter la responsabilité de la pauvreté, du chômage, sur les chômeurs et les pauvres », a lancé sur BFMTV et RMC Marine Le Pen (RN, ex-FN).

« La solidarité, ça n’est pas l’aumône. En France les riches -jusqu’ici- payent pour les pauvres et les Français en bonne santé payent pour ceux qui sont malades. Voilà le modèle français – ô combien perfectible – mais dont les principes restent modernes et JUSTES », a dénoncé Benoît Hamon (Génération.s) également sur Twitter.

 » ‘On met trop de pognon’, selon Macron. Par contre, pour les copains du Cac 40, on n’en met jamais assez… Stop au cynisme« , a renchéri Florian Philippot (Les Patriotes).

Plusieurs dirigeants Les Républicains ont critiqué les propos de Macron. 

blog -peur_pauvrete
Gardez votre pognon : c’est de changement dont j’ai besoin…

« On est dans la continuité du ‘sans-dents’ de François Hollande avec la théâtralisation en plus », a jugé la porte-parole LRLaurence Sailliet, sur BFMTV. « Un président ne peut pas dire ça », sauf à être « cynique ».

« C’est une mise en scène« , pour le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau. « On a effectivement énormément d’aides sociales et elles ne sont pas suffisamment réorientées vers la reprise de l’emploi », a-t-il estimé, sur Public Sénat, distinguant au passage « les mots » du Président, des « actes qui sont posés ».

« C’est un homme qui aime bavarder, provoquer, parfois de manière grossière et vulgaire« , a fustigé sur LCP Guillaume Peltier, numéro 3 du parti.

Même dans les rangs de la majorité, les propos présidentiels ont parfois causé le trouble.

La députée LREM franco-tunisienne de la Manche, Sonia Krimi – naturalisée en 2012 – s’est ainsi dite « très, très mal à l’aise » et a jugé qu’en tant que président de la République, Emmanuel Macron devait faire « très, très attention » à ses déclarations. ‘La République en marche’ avait choisi d’investir Blaise Mistler, issu des comités de soutien d’Alain Juppé pour les élections législatives… 

En revanche,  la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, y voit un « langage parlé, de sincérité » : le président dit « quelque chose d’essentiel, qu’il vaut mieux prévenir que guérir », a-t-elle tant bien que mal glosé, sur franceinfo. <br>Pénicaud se soigne ? Mais est-elle  tellement pauvre qu’elle soit dans « le curatif »…