Aides sociales : Macron se lâche sur le « pognon », sans rien lâcher…

« Un président ne devrait pas dire ça », dénonce LREM. « Non, j’rigole ! »

blog -grippe-sou-film Ca« La meuf, elle est dead » : c’est ainsi qu’on s’exprime en présence du chef de l’Etat, on le sait. A l’instar de Sibeth Ndiaye, une conseillère en communication de Macron, à propos de la disparition de Simone Veil, respectée de tous, hormis la franco-sénégalaise : Sibébeth ne compte pas l’académicien Léopold Senghor au nombre de ses lectures. <br>Mais, comme si l’opposition n’avait pas ses propres schizophrènes, bobos intellos dérapant populos l’instant d’après, surfant sur le langage châtié pour glisser dans la vulgarité d’une minute à l’autre, quand s’éteignent micros et caméras et que tombe le masque,  a critiqué mercredi les propos d’Emmanuel Macron sur les aides sociales, tenus dans une vidéo diffusée mardi, estimant qu' »un président ne devrait pas dire ça », allusion  à la somme d’inepties publiées par son tremplin, François Hollande.

Outre cette référence à l’ouvrage qui avait marqué la fin du quinquennat de François Hollande, la cheffe de file des députés PS, Valérie Rabault, a jugé sur RFI « les propos et le ton pas adaptés à un président de la République française« .

Macron n’aime pas les pauvres

Macron veut « responsabiliser » les pauvres…<br>Dans une vidéo publiée mardi sur Twitter par sa directrice de la communication et relayée sur le compte du chef de l’Etat, Macron regrette qu' »on met(te) un pognon de dingue dans les minima sociaux » et que « les gens pauvres restent pauvres ». « On doit avoir un truc qui permet aux gens de s’en sortir », rêve le premier de cordée sans expérience de la pauvreté, ni prise sur le mur des réalités. Non motivé ou « fainéant »…

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Le Président ? Toujours exigeant. Pas encore satisfait du discours qu’il prononcera demain au congrès de la Mutualité, il nous précise donc le brief ! Au boulot ! <a href= »https://t.co/2mjy1JmOVv »>pic.twitter.com/2mjy1JmOVv</a></p>&mdash; Sibeth Ndiaye (@SibNdiaye) <a href= »https://twitter.com/SibNdiaye/status/1006664614619308033?ref_src=twsrc%5Etfw »>12 juin 2018</a></blockquote>
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« Macron flatte les égoïsmes et surfe sur les clichés (…) afin de promouvoir une politique libérale qui ne fera qu’accroître la détresse et pauvreté », a également dénoncé le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure.

Dans un « langage parlé, de sincérité », selon la ministre du Travail, Muriel Pénicaudle président dit « quelque chose d’essentiel, qu’il vaut mieux prévenir que guérir », a-t-elle tant bien que mal glosé, sur franceinfo.

« Le président a un problème avec les pauvres et cela commence à se voir de plus en plus », juge de son côté la maire PS de Lille Martine Aubry. « Sous le mépris glaçant de ses propos: ce qu’il souhaite, c’est défaire méthodiquement tous les acquis obtenus depuis la Libération et le Conseil national de la Résistance », a-t-elle dénoncé dans un communiqué.

L’extrême gauche populiste s’en fait des gargarises. « Monsieur Macron, ce qui coûte un +pognon de dingue’, c’est vous et vos cadeaux aux ultra-riches. Il y a une solution simple pour en finir avec la pauvreté. Elle s’appelle le partage des richesses », a fustigé sur Twitter le chef de file des députés LFI, Jean-Luc Mélenchon.

« Le CICE et les exonérations de cotisations sociales ‘coûtent un pognon de dingue’ sans jamais sortir le pays du chômage. Mais ça, ça n’émeut pas Emmanuel Macron ! », a également protesté le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.

Emmanuel Macron « fait, comme tous les ultralibéraux, porter la responsabilité de la pauvreté, du chômage, sur les chômeurs et les pauvres », a lancé sur BFMTV et RMC Marine Le Pen (RN, ex-FN).

« La solidarité, ça n’est pas l’aumône. En France les riches -jusqu’ici- payent pour les pauvres et les Français en bonne santé payent pour ceux qui sont malades. Voilà le modèle français – ô combien perfectible – mais dont les principes restent modernes et JUSTES », a dénoncé Benoît Hamon (Génération.s) également sur Twitter.

 » ‘On met trop de pognon’, selon Macron. Par contre, pour les copains du Cac 40, on n’en met jamais assez… Stop au cynisme« , a renchéri Florian Philippot (Les Patriotes).

Plusieurs dirigeants Les Républicains ont critiqué les propos de Macron. 

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Gardez votre pognon : c’est de changement dont j’ai besoin…

« On est dans la continuité du ‘sans-dents’ de François Hollande avec la théâtralisation en plus », a jugé la porte-parole LRLaurence Sailliet, sur BFMTV. « Un président ne peut pas dire ça », sauf à être « cynique ».

« C’est une mise en scène« , pour le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau. « On a effectivement énormément d’aides sociales et elles ne sont pas suffisamment réorientées vers la reprise de l’emploi », a-t-il estimé, sur Public Sénat, distinguant au passage « les mots » du Président, des « actes qui sont posés ».

« C’est un homme qui aime bavarder, provoquer, parfois de manière grossière et vulgaire« , a fustigé sur LCP Guillaume Peltier, numéro 3 du parti.

Même dans les rangs de la majorité, les propos présidentiels ont parfois causé le trouble.

La députée LREM franco-tunisienne de la Manche, Sonia Krimi – naturalisée en 2012 – s’est ainsi dite « très, très mal à l’aise » et a jugé qu’en tant que président de la République, Emmanuel Macron devait faire « très, très attention » à ses déclarations. ‘La République en marche’ avait choisi d’investir Blaise Mistler, issu des comités de soutien d’Alain Juppé pour les élections législatives… 

En revanche,  la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, y voit un « langage parlé, de sincérité » : le président dit « quelque chose d’essentiel, qu’il vaut mieux prévenir que guérir », a-t-elle tant bien que mal glosé, sur franceinfo. <br>Pénicaud se soigne ? Mais est-elle  tellement pauvre qu’elle soit dans « le curatif »…

Réforme des institutions : élus LFI et LR lancent l’alerte contre un « affaiblissement » du Parlement

A gauche comme à droite, l’opposition alerte l’opinion contre un « affaiblissement » à venir des pouvoirs du Parlement.

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En marche vers le pouvoir personnel

Des élus de La France insoumise (LFI) et des Républicains (LR) ont une nouvelle fois alerté les Français mercredi, alors que le premier volet de la réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron est à l’ordre du jour du Conseil des ministres. « Cette révision, elle va affaiblir le Parlement », a prévenu le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, sur France 2.

« Le fait de contraindre le droit d’amendement, le fait que le gouvernement et l’exécutif reprennent la main sur l’ordre du jour, c’est incroyable ! Comme si le président de la République n’avait pas suffisamment de pouvoirs, il faut concentrer encore plus de pouvoir entre ses mains« , a-t-il fustigé.

« C’est la première fois dans l’Histoire de la Ve République que les droits du Parlement seront abaissés », a renchéri, sur BFMTV et RMC, le député LR de l’Ain Damien Abad.

« Cette baisse, conjuguée à la proportionnelle, va faire qu’un député aujourd’hui élu sur une circonscription de 100.000 à 120.000 habitants, demain sera sur 200/250.000 habitants« , a-t-il dénoncé. « On est en train de créer les conditions d’une République hors-sol ».

Du côté de LFI, le député du Nord Adrien Quatennens a critiqué sur Europe 1 la baisse du nombre de parlementaires : « quand vous allez devoir suivre 42 communes, parfois plus, dans votre circonscription, vous allez aussi tout simplement éloigner les élus des citoyens« , a-t-il déploré. « Il y a un véritable divorce entre la population et ses institutions (…); nous avons besoin que le peuple lui-même s’en mêle », a-t-il demandé.

Le « problème de la vie politique en France n’est pas « trop de Parlement ou trop d’amendements (…), c’est le fait que le pouvoir est excessivement dirigiste, personnalisé, du fait de la Ve République, aux mains d’un seul homme », a fustigé le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel sur Public Sénat.

« Emmanuel Macron considère que l’Assemblée nationale et le Parlement (sont) une chambre d’enregistrement : il a un modèle qui est celui de sa propre majorité. Il pense que c’est valable pour tout le Parlement; ça ne peut pas être comme ça« , a-t-il critiqué.

Autres dispositions du projet de loi constitutionnelle

Présenté mercredi prévoit l’accélération de certaines procédures parlementaires, la possibilité d’adopter certains textes ou parties de textes en commission à l’Assemblée, mais également la suppression de la Cour de justice de la République, et un statut particulier pour la Corse.

L’autre volet de la réforme, avec les mesures emblématiques de réduction du nombre de parlementaires, limitation des mandats dans le temps et dose de proportionnelle aux législatives, est attendu d’ici à la fin du mois.

Ce qui manque à la loi Macron

Pourquoi l’UMP va voter contre le « projet de loi croissance »

Bombe à fragmentation ou pétard mouillé ?

Les députés UMP « sont bien évidemment contre » la loi Macron, a confirmé dimanche leur chef de file Christian Jacob. Ce projet de loi pointilliste qui porte le nom du ministre de l’Économie, est arrivé lundi à l’Assemblée nationale et promet de « faire sauter les verrous » qui bloquent l’économie française: la bombe à fragmentation de Hollande apparaît pourtant comme un pétard mouillé et à part quelques optimistes, l’UMP devrait le rejeter en bloc. »Cette loi, l’UMP aurait pu la faire », assure le député UMP Hervé Mariton, qui se dit prêt à voter pour l’extension de 5 à 12 dimanches travaillés, la libéralisation du marché des autocars, le rétrécissement des délais de passage du permis de conduire ou la facilitation des licenciements…

Que manque-t-il donc au texte pour qu’il vaille le vote du principal parti d’opposition ?

Cette loi ne va pas assez loin. Le 16 décembre, devant les députés de son camp, Nicolas Sarkozy, président de l’UMP, a mis en garde contre la loi Macron. Selon lui, elle ne va pas assez loin pour la croissance. « Est-ce que cette loi permet de baisser les charges et contraintes qui pèsent sur les entreprises? Le coût du travail? La pression fiscale qui pèse sur les Français? « La réponse est non et bien évidemment on ne votera pas ce texte », explique Christian Jacob. En clair, pour l’UMP, la situation est trop grave et urgente pour faire le travail à moitié.

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Les sénateurs vont lui ré-écrire sa loi: elle n’est même pas assez « Macron ». D’ailleurs, revenu majoritairement à droite, le Sénat a déjà fait savoir qu’il va réécrire le texte. Le groupe des sénateurs UMP a en effet remis sur la table toutes les déclarations d’Emmanuel Macron sur l’assouplissement des 35 heures, sur les seuils sociaux. Avec les centristes, ils vont modifier le texte en commission et mettre au point une autre loi croissance, plus complète. « Nous allons écrire la vraie loi dont a rêvé Emmanuel Macron et nous voterons pour », annonce le patron des sénateurs UMP, Bruno Retailleau.

En août, le ministre de l’Économie s’était en effet dit prêt à autoriser « les entreprises à déroger » sur les 35h. Mais Macron a reculé sur cette la mesure qui ne figure finalement pas dans la loi qui porte son nom. Reportée aux calendes grecques aussi, la réforme des seuils sociaux!

Fillon-Jouyet : ces pénalités de Sarkozy au cœur de l'affaireOu alors elle va trop loin. Si pour Christian Jacob et les sénateurs UMP, elle ne va pas assez loin, pour Henri Guaino, au contraire, elle contient beaucoup trop de mesurettes. Le député en faisait l’observation mi-décembre sur Europe 1: « Ce n’est pas une loi, c’est un monstre. On mélange dans le même texte les notaires, les huissiers, les experts-comptables, les bus, les déchets nucléaires« , déplorait-il. Et de faire valoir qu’ « on ne peut pas discuter d’une loi qui touche autant de sujets, qui pourraient faire l’objet d’une dizaine de lois qu’on pourrait tranquillement discuter l’une après l’autre« .

La loi s’en prend aux professions réglementées. En outre, le texte s’attaque aux professions réglementées, qu’il veut déréguler. La loi Macron prévoit par exemple la liberté d’installation « contrôlée » des notaires, huissiers et commissaires-priseurs, et fixe désormais aussi une limite d’âge (70 ans) pour ces professions. « Pourquoi s’attaquer à des professions qui remplissent leurs missions et génèrent de l’emploi ? Notre système notarial est le plus efficace au monde« , a expliqué Nicolas Sarkozy, le 16 décembre.

Cette loi est partisane. Enfin, « au-delà du fond décevant, Macron, Valls et Hollande ont fait de ce texte un ‘objet politique’. Il est donc pour nous impossible de le voter », a expliqué dans L’Opinion l’ex-ministre du Budget et député Eric Woerth.

Si cette loi Macron suscite des remous en France, elle intéresse aussi beaucoup à l’étranger, où elle est interprétée comme un test de la capacité à réformer d’un gouvernement déjà mis sous surveillance par la Commission européenne pour ses dérapages budgétaires.
L’hebdomadaire The Economist ironisait ainsi mercredi: M. Macron « doit convaincre Bruxelles que ses réformes sont libérales, et les socialistes français qu’elles ne le sont pas« .