Médine n’investira pas le Bataclan

Les propriétaires quataris en sont pour leurs frais


Deux avocats de familles de victime réclament l’annulation du concert de Médine au Bataclan. Selon eux, les textes très ambigus du rappeur, qui évoquent l’islamisme, le djihad ou encore la condamnation de la laïcité, est une offense à la mémoire des victimes.
13 novembre 2015. Le Bataclan, Paris. Quatre-vingt-dix morts. Des centaines de blessés, de familles, d’amis touchés dans leur chair et dans leurs âmes.

Et trois ans plus tard, quasiment jour pour jour, ce triste anniversaire serait célébré sur les lieux même du crime par deux concerts du rappeur Médine? Par l’auteur d’un album si délicatement intitulé «Jihad», cette guerre «sainte» au nom de laquelle ces assassinats abjects ont été commis, après ceux de Charlie Hebdo et avant ceux qui continuent de frapper la France et le monde entier?

Comment a-t-on seulement pu envisager d’offrir la salle du Bataclan – propriété apparente du groupe Lagardère SCA, majoritaire, mais en vérité d’une holding qatarie, via une filiale de Lagardère – marquée à tout jamais par l’infamie du terrorisme islamiste, à un homme qui chante «Taliban et banlieue donne talibanlieusard», «à la journée de la femme, j’porte un burquini ; islamo racaille c’est l’appel du muezzin» ou encore «crucifions les laïcards comme à Golgotha».

La salle du Bataclan a été reprise à la famille Touitou: l’un des deux descendants actionnaires juifs, Joël Laloux, est en effet allé s’établir en Israël. Quant à Michel Emsalem, propriétaire de l’Hyper Cacher, également attaqué par les islamistes, il avait vendu son magasin la veille de l’acte terroriste au cours duquel quatre personnes – enterrées par la suite en Israël – ont été retrouvées assassinées.
<br>En mai 2015, en outre, le théâtre accueillit le spectacle Qui est Malcolm X ?, mettant en scène des rappeurs, dont Médine, à l’occasion de la publication de l’autobiographie de l’activiste marxiste des droits des Afro-américains.

Comment tolérer que les gens qui ont souffert dans leur chair, perdu un enfant sous les balles des Kalachnikov ou égorgé par les terroristes, voient le Bataclan à nouveau sali par de pareils textes?

L’exercice de la liberté d’expression est une condition de la démocratie, nul ne le nie. Mais il y a des limites qui ne peuvent être franchies sur le territoire de la République.

La justice, dans l’affaire Dieudonné, a eu l’occasion de poser ces limites et il est intéressant de voir que le cas Médine se rapproche assez de celui du pseudo comique dont le spectacle avait été interdit cette année-là par le Conseil d’État.

Un spectacle – ou en l’espèce un concert – contenant des propos incitant à la haine et faisant, en méconnaissance de la dignité de la personne humaine, l’apologie de comportements contraires au respect des valeurs et principes de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et de la tradition républicaine française peut faire l’objet d’une interdiction par l’autorité administrative.

Le Bataclan ne sera pas le lieu de la double mort

Les textes du rappeur Médine, chantés en ce lieu symbolique qu’est devenu le Bataclan, contreviennent évidemment au respect de ces valeurs républicaines et plus simplement au respect dû aux morts et aux blessés du 13 novembre 2015.

On imagine aisément que de telles chansons soient susceptibles au surplus d’entraîner des dérapages de type apologie des actes terroristes auprès d’un public dans lequel on sait, malheureusement, que les thèses djihadistes prospèrent facilement, sur fond d’antisémitisme et de complotisme.

Le risque de trouble à l’ordre public causé par les concerts de Médine au Bataclan n’est donc pas du tout théorique. Et le mouvement de protestation qui s’élève depuis quelques jours le prouve: Médine ne chantera pas au Bataclan sans que la population ne s’indigne et ne manifeste. Il est d’ailleurs consternant qu’une fois encore l’origine de l’indignation soit venue de l’extrême-droite, après qui ont couru les responsables politiques. Les républicains de toutes rives ne peuvent que se morfondre de constater que leurs porte-paroles sont aujourd’hui à la remorque des extrémistes alors que c’est justement le camp républicain qui devrait être à l’avant-garde du combat pour les valeurs de laïcité.

Nous, avocats de familles de victimes du Bataclan, ne laisserons pas souiller la mémoire des morts et le cœur des blessés et de leurs proches par la tenue de ces concerts sans réagir. Nous saisirons le préfet de police afin qu’il interdise ces concerts de Médine au Bataclan, comme le spectacle antisémite de Dieudonné a été interdit il y a quatre ans. Nous refusons d’y laisser chanter le «Djihad», célébrer les «Talibans» et «crucifier les laïcards»! Nous ne tendrons pas l’autre joue en ce lieu symbolique!

Si le préfet de police ne nous répond pas ou refuse d’interdire les concerts de Médine au Bataclan, le juge des référés du tribunal administratif de Paris sera évidemment saisi et nous sommes prêts à aller jusque devant le Conseil d’État. Pour l’honneur des victimes du Bataclan. Et pour la République.

Calais : violences policières contre les clandestins: c’est « le rapport qui matraque », pas les flics!

Le journal de Jean-Paul Sartre est passé du côté de la matraque…

Document photo aseptisé proposé par Libération: soleil et cohabitation paisible

ONG supranationale et illégitime,  Human Rights Watch a réalisé une sélection de témoignages édifiants qui dénoncent des « exactions » policières « de routine ».

«Passages à tabac», «attaques au gaz lacrymogène», «exactions de routine», y compris sur des femmes et des mineurs. Des vieillards aussi ? Mais le journal socialiste Libération a pris le parti de ridiculiser le rapport d’Human Rights Watch qui, d’une part, « fait les gros yeux » (sic) et, d’autre part, non pas à Hollande, Valls et Cazeneuve, mais « à la France. » Ce document, d’une ONG dont le but est de dénoncer, dénonce effectivement ce mardi matin  les mauvais traitements des forces de l’ordre sur « les migrants », donc tous les migrants, dont il faut rappeler, pour tout dire, que ce sont des clandestins, certes sans abris, mais, en vérité, sans papiers, pour commencer. Ils se trouvent bloqués à la frontière calaisienne, dans l’espoir de passer en Grande-Bretagne « en se glissant dans les camions », pour pénétrer illégalement en pays étranger.

Izza Leghtas
Izza Leghtas

Izza Leghtas (ci-contre), « chercheuse » de l’ONG, porteuse d’un prénom d’origine berbère, bilingue anglais-arabe, a interrogé 44 illégaux – dont trois enfants. « Dix-neuf personnes, dont deux enfants, ont déclaré que la police les avait maltraitées. Huit ont eu des membres fracturés ou d’autres blessures visibles. Vingt et un, dont deux enfants, ont confié que la police les avait aspergés de gaz lacrymogène », raconte-t-elle dans son communiqué. Se posent alors les questions de l’authenticité des incriminations et de la fiabilité de la chercheuse. Les uns sont parties prenantes et l’autre, du fait de son appartenance militante, n’est pas neutre,

Exemple ? Rosa, 25 ans, Erythréenne, et donc africaine de l’Est sans connexion aucune avec la France, déclare que des policiers l’ont battue quand ils l’ont trouvée dans un camion sur l’autoroute.«J’ai dit poliment : “S’il vous plaît, aidez-moi”,mais ils m’ont battue et je me suis effondrée devant le camion. Ils m’ont rouée de coups de pied sur le sol.» Elle a déclaré avoir perdu connaissance et s’être réveillée dans la salle des urgences à l’hôpital.

Aziz, Afghan de 29 ans, qui ne peut se prévaloir d’aucun lien de son pays d’Asie avec la France : «Un policier m’a poussé, j’étais par terre, ils m’ont aspergé[de gaz lacrymogène] et quand je me suis retourné, ils m’ont frappé. J’avais du sang sur le visage, sous mon œil, sur le nez et le genou. Je n’ai rien vu parce qu’ils m’ont d’abord aspergé puis ils m’ont frappé aux jambes, sur tout le corps

Un Soudanais de 26 ans : «Les policiers vous aspergent comme si vous étiez un insecte.»

Un Iranien de 20 ans : «J’étais seul. Les policiers ont ouvert la porte et avant de dire quoi que ce soit, ils m’ont aspergé le visage; je ne pouvais rien voir et deux fois ils m’ont frappé avec leurs bottes et leurs mains

Une Erythréenne de 25 ans : «Nous voulions aller dans [le camion], les policiers sont venus, ils ont dit “Allez ! Allez !” et m’ont aspergée dans les yeux, je suis tombée.»
L’ONG « indique », selon Libé (mais dénonce) que la préfecture et la police nient. Elle demande à la France d’enquêter.

Le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, se défend sur France Info ce mardi. Il reconnaît «un nombre important de blessures», mais assure que «La première cause» sont «les conflits violents entre réseaux de passeurs, entre nationalités», et la seconde, «les migrants qui se blessent pendant les tentatives de passage». Il dénonce des «témoignages pas circonstanciés et anonymes». Jusqu’ici, aucune plainte n’a été déposée, argue l’État. Et pour cause : on imagine mal des migrants en situation irrégulière déposer plainte contre la police.

L’ONG new-yorkaise met le doigt sur « un problème ancien »

Ce qui change tout des faits et responsabilités actuels ! Les violences policières envers les migrants de Calais existent depuis l’ouverture du centre de la Croix-Rouge à Sangatte en 1999, fait finement valoir la journaliste correspondante à Lille, sans rappeler que c’est sous le gouvernement Jospin (PS) et par son ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement: il ne faut pas trop en demander à Libé !
Elles connaissent un nouveau pic avec la fermeture du centre, fin 2002, quand le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, « pense résoudre le problème en dispersant les migrants« , selon l’interprétation partisane de la journaliste, mais en fait sous la pression de son homologue britannique, David Blunkett.
La jungle de Calais connaît un second pic d’agitation animée par les associations lors de sa destruction, en septembre 2009, par le ministre de l’Immigration Eric Besson. « Police, problem » est le slogan le plus souvent répandu à l’époque par les clandestins, à l’instigation des collectifs, si on songe que ces deux mots sont franco-anglais et à portée internationale… « Coups, abris détruits, couvertures imbibées de gaz lacrymogène et chasses à l’homme », résume Libé, à la hache, quand il ne s’agit plus de la période socialiste.

Libération se concentre sur la période 2008-2012…

En 2008 déjà (sic, et à l’attention de Sarkozy), La loi des jungles, un rapport, commandé par le GISTI (Groupe d’information -juridique- et de soutien des immigrés) aux universitaires Karen Akoka (sociologue dédiée aux réfugiés) et Olivier Clochard (géographe) pour la Coordination française pour le droit d’asile (CFDA), qui rassemble une vingtaine d’organisations nationales engagées dans la défense et la promotion du droit d’asile, avait documenté les violences.
Puis en 2011, un rapport -à charge- remis par les activistes No Border ( réseau transnational -comme Human Rights Watch- de collectifs et d’individus investis dans les luttes pour la liberté de circulation et l’abolition des frontières: tout à fait inapproprié au moment de la montée du risque djihadiste) au Défenseur des droits de l’époque raconte les squats détruits, les points d’eau contaminés au gaz lacrymogène, l’urine (de policiers?) sur les couvertures. Dominique Baudis dénonce des «abus» et demande «qu’il soit mis fin à ces pratiques».

Hollande, le changement maintenant? Elles n’ont pas cessé. «Les violences sont moins flagrantes aujourd’hui, assure d’abord Christian Salomé, de l’association L’auberge des migrants, à Calais. « Mais elles continuent, admet-il, contraint et forcé. Avant, c’était fait de façon ouverte, en se moquant de tout le monde».«Depuis le rapport des No Border, quelque chose a changé. Ça se passe à l’abri des regards»! A l’abri des regards, comme avec Kebrom, Erythréen de 15 ans, rencontré en juin (Libération du 4 juillet 2014), le lendemain d’une tentative de passage, une plaie au bras : «Hier soir, trois policiers, j’étais seul. Ils m’ont frappé avec un bâton quand ils ont ouvert la porte du camion. J’essaie de ne plus y penser, mais je n’y arrive pas. Ça donne envie de mourir.» Même après toutes les difficultés imposées par les passeurs et endurées depuis la corne de l’Afrique jusqu’à la pointe nord de la France ?

L’ONG dénonce aussi le manque de place pour les demandeurs d’asile qui vivent dans les jungles avec ceux qui veulent passer en Angleterre. Dénoncer, sans proposer, ni faire… «Le gouvernement français doit intensifier ses efforts (et donc les Français, leurs sacrifices) pour que tous les demandeurs d’asile soient logés sans délai comme l’exige la législation européenne», revendique l’ONG.
Elle exige aussi des «conditions d’accueil adéquates» pour les autres. Parmi les 2.300 « migrants » de Calais, dont des femmes et des enfants (bis) qui vivent dans des squats et sous des tentes de fortune, certains sont là depuis huit mois. Ils vivent de la soupe populaire, un repas par jour, et n’ont en ce moment presque pas d’accès aux douches du Secours Catholique, vandalisées (par la police ?). Les seules douches sont offertes par Médecins du Monde, une cinquantaine par semaine. En avril, l’association Vie active, financée par l’Etat, proposera 1 500 douches par jour.

Lundi soir, les températures «ressenties» étaient négatives et la préfecture a ouvert un bâtiment chauffé, avec duvets et matelas, pour 500 personnes. Les autres exilés ont dû faire avec le vent, la pluie, la boue, et le froid. Le seuil climatique pour cette ouverture est -5°: la collectivité a donc fourni un effort spécial et… circonstancié, avec la sortie du rapport.C’était pour le pathos.

Ni Libération ou sa correspondante locale, ni le Gisti ou Human Rights Watch n’a un mot de compassion, en revanche, pour les habitants excédés de Calais et de sa région…
A aucun moment, ces professionnels de l’information ou de l’agit prop n’évoquent, pour des motifs différents, les violences inter-communautaires, telle celle entre clandestins africains et afghans, à Calais: dans la nuit du réveillon du 31 décembre 2014, 200 « migrants » se sont affrontés, faisant sept blessés, nécessitant l’intervention de CRS.