Un syndicat de police dénonçait une protection lourde de Charlie hebdo

Les provocations sous haute protection policière, dès octobre 2012

Détournement de moyens publics pour la protection d’une entreprise privée

En 2013, avant la montée dans l’hexagone de l’islamisme radicale, le syndicat Alliance Police nationale ne trouvait pas juste d’encourager Charlie Hebdo à l’agression textuelle et graphique. A l’époque, il qualifiait cette protection policière d »‘inadmissible » et de « luxe« . Ce tract rendu public par le Canard enchaîné met en question l’usage des contributions fiscales des Français imposables quand on sait que les moyens policiers n’ont pas empêché l’exécution djihadiste de douze personnes le 7 janvier 2015 dans les locaux du journal satirique…

Bien que le contexte n’ait pas été encore celui des menaces islamistes actuelles sur l’ensemble du territoire, le journal satirique cousin de Charlie hebdo fait le procès du syndicat Alliance Police nationale qui, dans un contexte autre, réclamait l’arrêt de « la mission Charlie Hebdo » en avril 2013. Selon l’extrait publié du tract, il  trouvait « inadmissible » que « depuis plus de sept mois, les compagnies d’intervention fournissent jusqu’à neuf collègues par jour pour la protection des locaux privés d’un journal ».
Alliance dénonçait une  « tâche indue » et à un « luxe ». « Le 4 avril, lors d’une audience auprès du directeur de la DOPC, nous avons exigé l’arrêt immédiat de la mission Charlie Hebdo, peut-on lire sur le tract du syndicat.

Le préfet de Paris, Bernard Boucault

Le préfet n’a pas accédé à la demande.
Mais depuis quelques mois, le ministère de l’Intérieur avait assoupli le dispositif, comme l’a confirmé dans les colonnes de Libération Antonio Fischetti,  journaliste à Charlie Hebdo qui n’était pas présent le jour du drame. « Après l’incendie qui avait détruit nos locaux en 2011 – suite à une deuxième atteinte à la sensibilité des croyants musulmans, après la publication des caricatures danoise en 2006 il y a eu pendant longtemps une voiture de police en bas du journal. D’abord tout le temps, puis pendant la réunion de rédaction, le mercredi matin [comme le jour du carnage du 7 janvier dernier]. Mais depuis quelque temps, un mois ou deux, il n’y en avait plus. » Une mesure manifestement prise par l’Intérieur et son ministre, Bernard Cazeneuve, sur requête du préfet de Paris, depuis mai 2012, Bernard Boucault.
Luc Poignant, du syndicat Unité SGP Police (FO), précise toutefois que « des rondes se tenaient régulièrement devant le siège du journal satirique« .

Contacté par Rue89 (groupe L’Obs, classé à gauche), Pascal Disant du syndicat Alliance ne voit « aucune erreur d’appréciation », mais un coup bas du syndicat rival. « C’est une fausse polémique qui vient de la concurrence syndicale. Et sachez de toute façon que si trois, quatre ou cinq policiers avaient été postés devant les locaux de Charlie Hebdo, il y aurait simplement eu plus de policiers tués« , fait-il observer.

Attentats islamistes antisémites: minutes de silence perturbées dans des lycées

Le silence complice des influenceurs a conduit aux carnages 

Le Premier ministre Manuel Valls a fustigé aujourd’hui les jeunes qui ont refusé de respecter la minute de silence du 8 janvier en hommage aux Juifs pris en otages à l’épicerie casher de Vincennes et aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. Il a toutefois tenté de minimiser la gravité des faits en jugeant ces phénomènes « très minoritaires« . Les rectorats ont recueilli des signalements de perturbations dans environ 70 cas sur le territoire français et rappelant qu’il y a 64.000 établissements scolaires, a souligné le ministère de l’Education qui passe en revanche sous silence que des chefs d’établissement ont pu ne pas faire remonter les refus. En pareil cas, la langue de bois et l’omerta du milieu favorisent les éléments de langage que diffusent le pouvoir pour qui les choses « se sont globalement bien passées ».

Le gouvernement campe dans le refus

Cabu, autre victime expiatoire

Manuel Valls ne veut pas, mais ça se passe… « Dans mon pays, je ne veux pas que l’on puisse dire que l’ennemi, quand un élève répond à une question d’un enseignant, c’est le juif », a déclaré Manuel Valls sur BFM TV et RMC. « Je ne veux pas qu’il y ait des jeunes qui fassent le V de la victoire après ce qui s’est passé« , a-t-il ajouté, refusant que des jeunes se reconnaissent « dans ces terroristes barbares« . Les cas de perturbations ont été traités localement par les équipes éducatives, entre dialogue éducatif et sanctions proportionnées à la gravité des faits, allant du rappel à l’ordre à la convocation de conseil de discipline, précise le ministère de l’Education.

A Saint-Denis, collégiens et lycéens ne sont pas tous « Charlie »

Le monde à l’envers, quand Charlie hebdo posait en victime

« Je ne suis pas Charlie  » : la phrase était inscrite sur le colis suspect trouvé, ce vendredi 9 janvier, dans la salle des professeurs du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis. « Il n’y avait pas de bombe, mais des câbles et un détonateur », en guise d’avertissement, soufflent Maryam et Marie-Hélène, deux élèves de 1re, à la sortie des cours, encore chamboulées par « cette semaine de fous ».
#JenesuispasCharlie, c’est aussi le hashtag qui a commencé à apparaître sur Twitter, ces dernières heures, comme un contre-pied, en fait une provocation, face la mobilisation suscitée par l’attentat contre Charlie Hebdo, mercredi 7 janvier. Que se serait-il passé si la minute de silence avait rendu hommage aux quatre morts de clients de l’épicerie casher de Vincennes.

blog -Charb et Mahomet egorge-dessin de Charlie hebdo
Incitation à la haine et à la violence

Le journal Le Monde rapporte que la plupart des élèves croisés vendredi après-midi à Saint-Denis approuvent ces refus. S’ils condamnent d’abord l’assassinat des caricaturistes, ils dénoncent aussi leurs caricatures. Pour tous, la vie est sacrée, mais la religion aussi. «  Moi, la minute de silence, je ne voulais pas trop la faire, lâche une soi-disant Marie-Hélène, 17 ans, je ne trouvais pas juste de leur rendre un hommage car ils ont insulté l’islam, et les autres religions aussi.« , à en croire ce témoignage anonyme, selon Le Monde.
Un certain Abdel, 14 ans, collégien à Pierre-de-Geyter, n’est pas à l’unisson de la presse solidaire de ses confrères. « Bien sûr que tout le monde a participé à la minute de silence, et il y avait tous les musulmans », insiste-t-il. Mais il ne cache pas sa motivation :  » Je l’ai fait pour ceux qui ont été tués, mais pas pour Charlie [Charb], le mec qui a dessiné. Je n’ai aucune pitié pour lui. Il a zéro respect pour nous, les musulmans. Mais ce n’était pas la peine de tuer douze personnes. Ils auraient pu ne tuer que lui. »

Charb est l’un des dessinateurs de Charlie hebdo, victimes des djihadistes de France

Plus urgent que la « théorie du genre ». La ministre de l’Education, Najat Vallaud-Belkacem, a rencontré aujourd’hui l’ensemble de la communauté éducative et universitaire pour « préparer une mobilisation renforcée de l’école pour les valeurs de la République ». Elle réunira demain l’ensemble des recteurs d’académie.

Reste la nécessité d’un contrôle des activités religieuses de la communauté musulmane, dont les prêches des imams des mosquées et l’enseignement des écoles coraniques (plus de 50 en 2014).
C’est la mission républicaine du ministricule de l’Intérieur, Nanard Cazeneuve.