Guerre commerciale – Les Etats-Unis tentent de mettre un coup d’arrêt à l’invasion des produits chinois

Les communistes chinois appellent l’OMC à l’aide

CHINE: LES EXPORTATIONS AUGMENTENT BEAUCOUP PLUS QUE PRÉVUPékin a saisi vendredi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester l’entrée en vigueur de droits de douane américains sur certaines importations chinoises, accusant l’administration Trump  du déclenchement de « la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique ». Le ministère chinois du Commerce a fait vendredi de son recours à l’OMC, dont l’une des tâches est de réduire les obstacles au libre-échange, après avoir la mise en oeuvre  immédiate de droits de douane de 25% sur un montant « égal » de quelque 540 produits américains, .

Pékin réagit ainsi à l’entrée en vigueur de droits de douane américains de 25% sur 34 milliards d’importations chinoisesLa Chine avait promis « de ne pas tirer la première », puisque ce n’était pas l’intérêt de l’agresseur, mais avait prévenu: « pour défendre les intérêts fondamentaux du pays et de sa population« , elle sera contrainte de riposter. C’est ce qu’a fait Trump, pour défendre les intérêts fondamentaux des Etats-Unis et de sa population.

Il ne s’agit que d’un addendum à la plainte qu’avait déjà déposée le géant asiatique pour contester l’imposition, en mars dernier, des taxes américaines de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium, a précisé une source à Genève. 

Les nouveaux tarifs douaniers américains, entrés en vigueur vendredi, affectent 818 produits chinois dont des automobiles, des disques durs ou des composants d’avions, mais épargnent des produits populaires comme les télévisions et téléphones.
Une deuxième série de taxes sur 16 milliards d’importations entrera prochainement en vigueur, a rappelé jeudi Donald Trump, évoquant un délai de « deux semaines ».

Les exportations chinoises avaient progressé de 44,5% sur un an, en février 2018, dépassant de très loin les pronostics (+13,6% !)

Au total, ce sont 50 milliards de dollars d’importations chinoises annuelles qui seront donc affectées par les mesures américaines, destinées à compenser le « vol » de propriété intellectuelle et de technologies par la Chine dénoncé par l’administration Trump, mais une pratique que laisse perdurer Bercy en France.

Les Etats-Unis ne devraient pas faire les choses à moitié, puisque Donald Trump envisage de porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés, soit la grande majorité des importations venues du géant asiatique (505,6 milliards de dollars en 2017).

Taxes américaines sur les marchandises chinoises

Ces mesures douanières américaines ont fait tomber le déficit commercial des Etats-Unis en mai à 43,1 milliards, son plus bas niveau depuis octobre 2016 en dopant les exportations de soja vers la Chine (+89,6%), avant que cette denrée ne soit taxée en représailles.

Les anti-Trump soutiennent le dumping commercial chinois qui pénalise pourtant aussi l’économie française

Depuis des mois, les experts anti-américains développent la crainte d’une guerre commerciale et d’un coup d’arrêt des échanges de produits à travers la planète, actuels moteurs de la croissance mondiale.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang, actuellement en Bulgarie, a estimé vendredi qu’une « guerre commerciale ne profite à personne ». La presse française à l’écoute des rues de Pékin raconte que des consommateurs s’inquiétent par ailleurs de possibles hausses des prix consécutives aux taxes sur les produits américains. Ils se disent solidaires des autorités, insiste l’AFP. Cette agence de presse fait parler un chinois moyen fantasmé :  M. Yang (sic), client d’une supérette, lui aurait déclaré : « je ferai de mon mieux pour acheter chinois »… L’agence de presse hexagonale serait-elle devenue une adepte du patriotisme économique, sous réserve qu’il soit chinois ?

A la faveur du « secret des sources », la même agence se serait trouvée, à la fédération des détaillants, un homologue américain de Monsieur Yang (ou Chang !) pour affirmer que plusieurs produits vendus aux Etats-Unis pourraient voir leurs prix augmenter, « les étudiants devant débourser plus pour le mini-réfrigérateur dont ils auront besoin à l’université à l’automne« . Quand aux vieux, n’en parlons même pas: ce n’est pas vendeur…

Nos  pro-chinois ajoutent à la psychose

Les partisans revanchards d’Hillary Clinton dénoncent les mesures protectionnistes 

>prises par Donald Trump depuis le début de l’année. Selon eux, il ne défendrait pas l’emploi des travailleurs américains et sa balance commerciale, mais agirait à l’encontre de ses partenaires commerciaux, « suscitant exaspération et inquiétude, » commentaire partisan non étayé : une ‘infox’ non chiffrée ne serait donc pas une ‘fake news’ ?

La Maison Blanche impose depuis le 1er juin des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, de l’Union européenne, du Mexique ou de la Russie qui ont porté l’affaire devant l’OMC. Comme Pékin.

Dans le sillage de ces mêmes pays, Moscou a annoncé vendredi l’introduction de surtaxes sur une série de produits américains en réponse aux barrières douanières imposées à l’acier et l’aluminium.

Des experts mettent en garde contre les dégâts potentiels d’une telle politique, non seulement sur l’économie américaine mais aussi sur l’économie mondiale.
L’imposition de taxes réciproques « va peser sur la croissance, la confiance (des ménages) et les marchés financiers », ont réagi vendredi les économistes d’Oxford Economics. Pour information (1er juillet 2018), un rapport du cabinet Oxford Economics prévoit un possible rattrapage économique de Paris sur Londres, du fait du Brexit au Royaume-Uni et de l’élection d’Emmanuel Macron en France… : « la compétition entre les deux capitales européennes tend à se resserrer ».  Ce cabinet se fonde sur des prévisions ! Celles d’une croissance du PIB de 1,6 % prévue d’ici à 2021. En attendant, et après 14 mois (voire plus de 6 ans, en comptant les temps de services de Macron à Hollande, depuis 2012),
Paris se positionne en 18e position dans le classement des villes d’Europe réalisé par le cabinet « indépendant » anglo-saxon. Loin derrière Londres à la 8e place et ses 2,3 % de croissance escomptés au cours des prochaines années : un rattrapage de dix places ?…. Oxford Economics considérait jusqu’ici que l’Elysée – sans rien faire – pourrait trouver avec le Brexit une fenêtre d’opportunité et devenir un refuge prisé pour les salariés quittant la City. Trump brise les rêves jupitériens de succès les doigts dans le nez. A la tête du classement d’Oxford Economics, c’est plutôt Varsovie qui affiche la plus forte croissance pour les cinq prochaines années (+3,5 %). Chez les ouvriers de Whirlpool, le protectionnisme fait recette : les ouvriers de l’usine d’Amiens bientôt délocalisée en Pologne, hésitent entre  colère, résignation et espoir : pour protéger l’emploi, il faut plus de protectionnisme.

Trump réagit aux menaces de ces dernières semaines : des entreprises américaines ont averti qu’elles pourraient licencier, faute de rester compétitives, voire mettre la clé sous la porte. « L’économie se porte probablement bien mieux que par le passé, avant que nous réglions le problème des accords commerciaux inéquitables passés avec chaque pays », a-t-il estimé.

Du côté chinois, « la guerre commerciale va ralentir la croissance du PIB chinois de 0,2 point de pourcentage » en 2018, a estimé un responsable de la Banque centrale, jugeant toutefois l’impact « limité ».

Les exportations chinoises augmentaient beaucoup plus que prévu

 

Le péril jaune s’est accru à un rythme le plus rapide en trois ans en février, ce qui donne à penser que la croissance économique chinoise reste solide, malgré la possible détérioration des relations commerciales avec les Etats-Unis et la propagande macronienne.

Dépassant largement les anticipations des économistes, les exportations chinoises ont progressé de 44,5%, tandis que les importations n’ont avancé que de 6,3%, montrent les statistiques douanières sur un an,  publiées jeudi. Cela fait ressortir un excédent commercial de 33,74 milliards de dollars (26,9 milliards d’euros), pour le mois.  Réuni en janvier-février, il  a même crû de 43,6% sur un an à 54,32 milliards de dollars.

Biocarburants: le ministre reste « en Travert » des agriculteurs insatisfaits

La présidente de la FNSEA a jugé insuffisantes les propositions de Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture

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Blocage de la bioraffinerie Total de La Mède, sur la commune de Châteauneuf-les-Martigues (Bouches-du-Rhône), le 11 juin 2018

Les blocages de raffineries et dépôts de pétrole continuent, alors que Stéphane Travert se déclare « optimiste » sur une issue au conflit. 13 des 14 raffineries et dépôts bloqués ce lundi matin par des agriculteurs opposés aux importations d’huile de palme et de produits ne respectant pas les normes imposées en France sont toujours à l’arrêt cet après-midi. Sur RTL, le ministre a dénoncé des « blocages illégaux ».
« Le compte n’y est pas », a déclaré Christiane Lambert, dirigeante du premier syndicat agricole français, à l’issue de plus de trois heures de négociations au ministère dans la nuit de mardi à mercredi.

« Il y a quelques avancées qui ne suffisent pas à dire maintenant que nous levons le camp », a expliqué Christiane Lambert qui, au côté du président des Jeunes Agriculteurs (JA) Jérémy Decerle, a négocié avec M. Travert et son équipe de 23h30 mardi à peu après 03h00 du matin mercredi.

Mercredi 13 à 07h30, les instances de la FNSEA devaient se réunir pour décider de la suite à donner au mouvement. Une conférence de presse est prévue à 09h30. « Nous allons partager les documents de restitution de la négociation et déciderons (…) de ce que nous allons faire », a expliqué Ch. Lambert, mais « nous sommes déçus sur le contenu global de ce qui a été annoncé« .

Une suspension des blocages est toutefois en cours, le temps d’éplucher les propositions gouvernementales. « C’est une action coup de poing qui a atteint son objectif en alertant l’opinion publique sur les distorsions de concurrence de nos produits par rapport aux produits étrangers qui ne respectent pas l’environnement, nos standards de production et nos charges sociales », avait expliqué le secrétaire général de la FNSEA PACA, Patrick Lévêque.

FNSEA et JA ont lancé dès dimanche soir un mouvement de blocage pour protester notamment contre l’importation de produits agricoles, et plus particulièrement l’huile de palme, ne respectant pas les normes françaises et européennes. Mardi après-midi, 18 raffineries et dépôts de carburant étaient bloqués.

Reconnaissant des points de friction persistants avec les syndicats, S. Travert a néanmoins envisagé une fin de ces blocages. « Je suis plutôt optimiste (…) je pense que nous pouvons trouver une voie de levée des barrages », a-t-il déclaré aux journalistes derrière Ch. Lambert.

« Sur un certain nombre de points, nous ne sommes pas parvenus à nous mettre d’accord, mais sur la question des engagements internationaux, sur la question des normes, sur la question du travail que nous faisons pour défendre nos filières, nous sommes au rendez-vous« , a assuré Travert.

Syndicats et ministre avaient déjà négocié mardi après-midi, sans succès. 

Blocage de la raffinerie de Vatry dans la Marne? le 11 juin 2018

« Nous demandons une parole publique plus claire pour défendre l’agriculture. Quand 3.000 agriculteurs descendent dans la rue bloquer 18 sites, c’est que quelque chose ne va pas« , avait alors indiqué Mme Lambert. Sur le terrain, les agriculteurs sont restés mobilisés mardi.

« On attend de savoir ce qu’il va ressortir de la réunion entre le ministre et notre présidente nationale. Ce qui est sûr c’est que l’on va rester encore au moins cette nuit et la journée de demain (mercredi) », a indiqué le président de la FNSEA de l’Eure, Fabrice Moulard, qui bloquait la raffinerie de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime) avec une quarantaine d’agriculteurs et quelques tracteurs. 

La FNSEA demande au gouvernement de légiférer pour interdire les importations qui ne répondent pas aux normes françaises, « des engagements sur le coût du travail » et les cotisations sociales, , et « des études sociales et économiques », des réponses concrètes sur l’accompagnement financier des plans de filière, avant la mise en place de toute nouvelle norme.

FNSEA et JA dénoncent aussi « les contradictions » du gouvernement qui incite les agriculteurs français à monter en gamme tout en concluant des accords de commerce international qui provoquent des distorsions de concurrence. En somme, que Macron protège ses concitoyens, comme le fait Trump, notamment au G7 au Canada.

La FNSEA et les JA, premières organisations syndicales de la profession, dénoncent un  symbole de ces « incohérences » qui a été l’autorisation donnée au groupe pétrolier Total d’importer jusqu’à 300.000 tonnes par an d’huile de palme pour alimenter sa bioraffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône) qui doit commencer à fonctionner cet été.

Les deux syndicats affirment que l’agriculture française peut fournir davantage d’huile de tournesol ou de colza à cette usine que les 50.000 tonnes promises, mais à un prix supérieur à celui de l’oléagineux importé d’Asie du Sud-Est. Ils font valoir que ces prix attractifs à court terme seront inévitablement revus à la hausse à moyen terme.  

Interrogé à l’Assemblée nationale par le député LR Christian Jacob, le Premier ministre a défendu la décision de l’Etat d’autoriser Total à importer de l’huile de palme pour La Mède. « Nous ne dévierons pas d’une voie qui est claire : nous défendons les intérêts des filières agricoles. Nous faisons en sorte que l’ouverture des marchés soit respectueuse des intérêts de l’ensemble des filières agricoles« , a assuré Edouard Philippe, semblant convaincre la Confédération paysanne, marquée à gauche, mais inerte.

Lundi, Total s’était voulu rassurant sur l’approvisionnement des stations-service, appelant ses clients à « conserver leurs habitudes de consommation de carburant ».

Cliquer sur l’image pour être dirigé vers un reportage de France 3 pour

VOIR et ENTENDRE une présentation de la problématique ( LIEN ) :

Biocarburants : menace de blocage sur les raffineries

 

Justin Trudeau fait capoter le G7

Le G7 au Canada a tourné au fiasco samedi.

Les propos du Premier ministre canadien Justin Trudeau ont provoqué une réaction instantanée de Donald Trump qui, d’un tweet vengeur, a retiré son soutien au communiqué commun obtenu dans la douleur,  qualifiant la déclaration du Canadien de “très malhonnête”.

Le président américain a tweeté depuis Air Force One: En raison des fausses déclarations de Justin à sa conférence de presse, et du fait que le Canada impose des taxes massives sur nos agriculteurs, travailleurs et entreprises américains, j’ai demandé à nos représentants américains de retirer le soutien au communiqué, tandis que nous envisageons des tarifs sur les automobiles qui inondent le marché américain!”.

La réaction est spectaculaire. Déjà parti au moment de la publication de ce fameux communiqué, Donald Trump avait fait savoir à la presse voyageant avec lui à bord d’Air Force One qu’il y souscrivait, mais c’était avant d’avoir connaissance des propos de Trudeau.  Un haut responsable de la Maison Blanche a confirmé que le président était “en colère”.

Taxes “insultantes”

Lors de sa conférence de presse de clôture, après deux jours de débats laborieux à La Malbaie (Québec), le Canadien a continué à utiliser le terme d’“insultantes” pour qualifier les taxes tout juste imposées par les Etats-Unis sur l’acier et l’aluminium importés. Et il avait promis d’y répliquer “sans sourciller”.

Embarrassé, le cabinet du Premier ministre canadien s’est limité à une réponse minimale : “Nous nous concentrons sur tout ce que nous avons accompli ici au sommet G7. Le premier ministre n’a rien dit qu’il n’avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu’en conversations privées” avec le président américain, mais c’était avant que ne soit trouvé un accord.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a appris la nouvelle au décollage de son avion. Ses services n’ont pas voulu aggraver la situation dans l’immédiat.

A l’origine de la colère de Donald Trump, les propos de Justin Trudeau rendent de facto caduque la déclaration commune sur le commerce grâce à laquelle le “Groupe des sept” (Etats-Unis, Canada, Italie, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon) avait tenté de sauver la face. Ce texte critique le “protectionnisme”, qu’incarne le président américain, et s’engage à “moderniser” l’Organisation mondiale du commerce.

Coup pour coup

Les quelques lignes difficilement négociées ne pesaient pas lourd face à un Donald Trump déterminé à ne rien lâcher pour défendre les intérêts américains. Au prix d’une guerre commerciale ouverte avec ses partenaires, comme le montre sa volonté réitérée de taxer les importations de voitures étrangères à un taux plus équitable, entre partenaires.

Donald Trump dénonce en effet le protectionnisme de l’Union européenne sur les importations de voitures en provenance des pays hors UE. Les taxes européennes s’élèvent à 10%, quand les droits de douanes américains ne s’élèvent qu’à 2,5%.

“Nous sommes la tirelire que le monde entier pille. Cela va cesser”, avait déjà tempêté le président républicain, au cours du sommet.

Justin Trudeau n’est donc pas le seul à vouloir maintenir le statu quo en matière tarifaire. Le président français Emmanuel Macron a ainsi prévenu, lors de sa propre conférence de presse à La Malbaie, qu’il n’y a “pas de changement” en ce qui concerne les menaces de contre-mesures européennes annoncées sur le bourbon ou les motos américaine, en riposte aux taxes américaines sur l’acier et l’aluminium.

Malgré les sourires des dirigeants à la fin du sommet, le G7 a donc été dynamité par un hôte canadien qui préfère les longues négociations multilatérales en meute aux négociations bilatérales. Jusqu’à provoquer le fiasco final de la rencontre.

Le président américain était arrivé le dernier et reparti le premier, se faisant porter absent à une réunion sur le climat. Le président des États-Unis s’est envolé du Canada pour Singapour après le déjeuner de travail consacré à l’égalité des sexes. Donald Trump n’a jamais caché qu’il donne  la priorité à sa rencontre de mardi avec M. Kim. “C’est une occasion unique” d’arriver à un accord nucléaire avec Pyongyang qui “ne se représentera jamais”, a-t-il expliqué.

 

Washington impose des taxes sur l’acier et l’aluminium européens dès vendredi

Trump veut ré-équilibrer les tarifs douaniers avec l’U.-E.

blog -taxes douanieres-Bourbon-sanctions a Trump-juin2018.jpgComme annoncé en mars, le texte impose des taxes de 25 % sur toutes les importations d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium. Les mesures devaient épargner temporairement le Canada et le Mexique, avec qui Washington a négocié la refonte des accords de libre-échange en Amérique du Nord (Aléna), seront ainsi épargnés dans un premier temps. D’autres pays pourraient être exemptés.  L’Australie, qui est un « pays formidable » et « un partenaire de longue date », selon Trump, pourrait aussi bénéficier d’un traitement différencié, ainsi que « d’autres pays ». La Chine est en revanche visée.
Les droits de douane pour l’importation de produits aux Etats-Unis sont particulièrement faibles, au regard des impositions pratiquées par les autres pays.

Les menaces de Trump étaient une riposte aux propos tenus la veille par Jean-Claude Juncker
Le président de la Commission européenne s’était dit prêt à imposer de sanctions contre l’importation « de bourbon, de Harley Davidson et de jeans Levi’s » si les Etats-Unis mettaient en œuvre leurs taxes douanières sur l’aluminium et le fer.
 La chronologie de l’escalade des menaces est souvent escamotée par la presse française
.

A représailles, représailles et demi, donc. Dans un tweet posté samedi 3 mars, Donald Trump a menacé d’imposer des tarifs douaniers sur l’importation des voitures européennes, en plus des taxes qu’il a promises. 

Les Etats-Unis appliquent un tarif douanier d’en moyenne 3,5 %, l’un des plus attractifs au monde. Mais ce taux  comporte des exceptions : certains produits sont soumis à des droits de douane plus élevés. C’est le cas des produits laitiers, des sucreries et confiseries, des boissons et du tabac, des vêtements, etc. 

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a annoncé ce jeudi l’instauration de droits de douane sur l’acier et l’aluminium importés aux États-Unis par l’Union européenne (UE), le Canada et le Mexique à compter de vendredi 1er juin.

Juste après l’annonce des Etats-Unis, la Commission européenne a promis de répliquer à la décision américaine. Outre ces mesures de rétorsion, l’UE va saisir l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). «C’est un mauvais jour pour le commerce mondial», a déclaré le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lors d’un discours à Bruxelles. «Nous allons donc immédiatement engager une procédure devant l’OMC et annoncerons dans les prochaines heures des contre-mesures.» «Il est totalement inacceptable qu’un pays impose des mesures unilatérales en matière de commerce mondial», a-t-il ajouté.

L’UE va «annoncer dans les prochaines heures des contre-mesures», a clamé Jean-Claude Juncker

«L’Union européenne ne peut pas rester sans réagir (…) Ce qu’ils peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement la même chose», a-t-il affirmé lors d’une conférence à Bruxelles.

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a dénoncé l’attitude des Etats-Unis. «Les Etats-Unis ont cherché à utiliser la menace de restrictions commerciales comme levier pour obtenir des concessions de la part de l’UE. Ce n’est pas la manière que nous avons de faire des affaires, et certainement pas entre partenaires, amis et alliés de longue date», a-t-elle raconté.


trop-shareDès la fin avril, au moment de la montée en puissance du conflit commercial, l’UE avait préparé une liste de produits américains, dont le tabac, le bourbon, les jeans ou les motos, qu’elle avait l’intention de taxer lourdement si elle était frappée par les droits de douane. Cette liste d’articles emblématiques établie par la Commission européenne cible, dans certains cas, des Etats américains, souvent agricoles, ayant voté pour Donald Trump en 2016.


Ces taxes ou contre-mesures sur les produits de cette liste portent sur un total de 2,8 milliards
d’euros qui ne couvrent pas la totalité des dommages infligés à l’industrie européenne, mais permettent à l’UE d’être dans le cadre de l’OMC.

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat français à l’Europe et aux Affaires étrangères, a appuyé la décision européenne de répliquer à ces décisions, notamment en frappant certains produits américains. «Cette liste est en cours d’examen à l’OMC, mais d’ici la mi-juin cet examen sera terminé et nous serons alors en mesure de pouvoir mettre en place ces mesures de rééquilibrage», a-t-il dit à des journalistes.


Le gouvernement allemand
a prévenu, jeudi, que la réponse à «l’Amérique d’abord» sera «l’Europe unie» ajoutant que «les guerres commerciales ne connaissent aucun vainqueur».


De son côté, le gouvernement mexicain a aussi annoncé des représailles commerciales alors que les États-Unis sont son principal partenaire commercial. «Le Mexique imposera des mesures équivalentes sur divers produits» dont certains aciers, des fruits et des fromages, a annoncé dans un communiqué le ministère de l’Économie, et celles-ci «seront en vigueur tant que le gouvernement américain n’éliminera pas les taxes imposées».


Les droits de douane sur l’acier atteindront 25%, ceux sur l’aluminium 10%


Wilbur Ross, qui a annoncé cette décision lors d’un briefing au téléphone avec des journalistes, a déclaré que les droits de douane entreraient en vigueur à minuit heure de Washington (vendredi 4h GMT). «Nous sommes impatients de poursuivre les négociations, d’une part avec le Canada et le Mexique, d’autre part avec la Commission européenne, car il y a d’autres questions qui doivent être réglées», a-t-il déclaré.


En décidant d’imposer ces droits de douane, les Etats-Unis invoquent la section 232 du Trade Expansion Act de 1962, qui permet de restreindre les importations de biens jugés préjudiciables à la sécurité nationale.

Mais il avait accordé une exemption à l’UE, au Canada et au Mexique, qui courait jusqu’à vendredi, afin d’encourager des négociations commerciales sur d’autres dossiers. Wilbur Ross a estimé que les négociations commerciales avec l’Union européenne avaient progressé, mais pas assez pour justifier une prolongation des exemptions de droits de douane au-delà du 1er juin. «A l’Union européenne de décider si elle souhaite prendre des mesures de représailles. La question suivante sera: comment le président [Trump] répondra? Vous avez vu sa réaction quand la Chine a décidé de riposter. S’il y a une escalade, ce sera parce que l’UE aura décidé de riposter», avait-il mis en garde dans un entretien accordé au Figaro, ce jeudi.

L’UE, tout comme le Canada et le Mexique, avait bénéficié d’une exemption temporaire sur ces droits de douane annoncés en mars par le président américain Donald Trump mais Wilbur Ross a estimé que les négociations commerciales avec l’UE n’avaient pas suffisamment progressé depuis pour justifier une prolongation de cette dérogation au-delà du 1er juin. Washington a jugé que la renégociation de l’Alena (Accord de libre-échange nord-américain) traînait trop en longueur, a encore expliqué Wilbur Ross.

Taxes sur les voitures

L’administration Trump menace également de taxer les importations de voitures, jusqu’à 25%, ce qui serait un coup dur pour des pays exportateurs comme l’Allemagne et le Japon.

L’UE et le Japon, qui sont d’importants exportateurs automobiles, redoutent de «sérieuses turbulences» sur les marchés si les USA taxent les voitures importées.


La Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, et le ministre japonais au Commerce, Hiroshige Seko, ont également estimé, dans un communiqué commun diffusé jeudi à Paris, qu’une telle initiative américaine pourrait mener à la «disparition du système commercial multilatéral» actuel, placé sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et demandé à d’autres pays partageant la même opinion de se joindre à eux. Le communiqué est paru en marge d’une réunion de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), à Paris.


Jean-Baptiste Lemoyne a estimé que «le thème de la sécurité nationale s’agissant des automobiles peut prêter à sourire. On est là dans l’habillage de mesures véritablement protectionnistes». «Aujourd’hui en matière de commerce international, nous dansons tous au bord du gouffre, on est un peu au bord du précipice et donc ça nécessite beaucoup de maîtrise pour montrer aux Etats-Unis qu’ils se fourvoyent», a-t-il ajouté, soulignant l’importance de réformer l’OMC comme le souhaite Emmanuel Macron.


Le président français a souhaité mercredi l’ouverture d’une négociation
sur une telle réforme entre l’Union européenne, les Etats-Unis, la Chine et le Japon, ouverte ensuite aux autres partenaires, en réponse aux attaques de Donald Trump.

Wall Street sur ses gardes

Après la confirmation de cette mesure, Wall Street faisait preuve de prudence. Vers 14H15 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 0,78% à 24.476,05 points. Le Nasdaq, à forte composante technologique, s’appréciait de 0,03% à 7.464,39 points après avoir démarré dans le rouge. L’indice élargi S&P 500 perdait 0,43% à 2.712,35 points. La Bourse de New York avait nettement rebondi mercredi, au lendemain d’une chute importante des secteurs de l’énergie et de la finance, alors que s’atténuaient un peu les craintes sur la crise italienne: le Dow Jones avait gagné 1,26% et le Nasdaq 0,89%.


«Ces annonces ne prennent pas les marchés de court mais elles remettent de nouveau en avant les craintes de guerre commerciale», a souligné Peter Cardillo de Spartan Capital Securities. Plusieurs entreprises américaines spécialisées dans l’acier et l’aluminium en profitaient, US Steel montant par exemple de 2,98%, AK Steel de 1,31% et Alcoa de 0,74%.