Interpellation d’une femme voilée en Seine-Saint-Denis

Provocation et victimisation, réponses de prédilection de l’islam politique

A l’Ile-Saint-Denis (commune du 9.3 gérée par Mohamed Gnabaly), proche de Saint-Ouen-Sur-Seine (gérée par Karim Bouamrane, PS), et territoire en forme de croissant, une conductrice voilée est interpellée pour cause d’infraction au code de la route. Filmée par plusieurs passants, la femme refuse d’obtempérer. Cris, menaces et “apologie du terrorisme”… la situation se tend et un chien menaçant est abattu. Episode emblématique du quotidien des policiers en terre de communautarisme islamique, un cas d’école typique des effets de l’idéologie de gauche diffusée par les journalistes, eux-mêmes formés dans des écoles enseignant la résistance et la révolte, la décolonisation, la repentance et la culpabilité: en bref, les thèses marxistes, indigénistes et islamo-fascistes en attendant que tombe le mur de Berlin de la maltraitance idéologique du peuple français. Les 19 et 20 octobre, l’affaire déchaîne d’ailleurs la colère sur les réseaux sociaux.

Les faits rapportés d’octobre 2019, et sont évoqués pour illustrer une stratégie déployée par l’islam politique: elle ne date pas d’un an et perdure à l’approche de 2021. Elle vise à déstabiliser l’état républicain par le biais du harcèlement de ses forces de l’ordre. C’est une technique de guérilla intérieure, non armée – le couteau de boucher est tenu par les hommes – qui, ajoutée à la taqîya, mensonge recommandé par le Coran en terre hostile, met en avant des femmes voilées réputées soumises, sans défense et victimes de la répression masculine et donc dignes du soutien des hommes ouverts et protecteurs, singulièrement les intellectuels, ou supposés tels, les repentants et les universalistes, opposés à la force brutale des représentants du grand capital qui nous gouvernent et nous oppriment.

Les refus de la loi de la République se suivent et se ressemblent: acte 1, provocation et contrôle de police, non pas au faciès, mais sur infraction, acte 2: rébellion et insultes, acte 3: épreuve de force, acte 5: victimisation et incendie de voitures.

Décolonisons !

Du côté de l’Ile-Saint-Denis (93), dans la soirée du vendredi 18 octobre 2019, aux alentours de 20h30, une Citroën C3 s’engage sur le quai de la Marne, voie réservée aux tramways – à vive allure, au prétexte que le trafic n’est pas assez fluide. Rapidement appréhendée par les forces de l’ordre, les fonctionnaires de police tombe sur une conductrice de 35 ans, probablement mère de plusieurs enfants et donc parent d’élèves, recouverte d’un ‘’jilbab’’, costume ancestral de la région (en fait, tenue islamique couvrant tout le corps mais laissant le visage apparent, sorte de compromis entre la burqa, interdite en France, et le hijab, légal): volonté délibérée de provoquer les règles républicaines. 48 heures plus tard, le dimanche 20 octobre au soir, la femme sort du commissariat d’Aubervilliers au terme de sa garde à vue. 

Hystérie autour du voile et « apologie du terrorisme »

Filmée sur le fait, mais de loin, une vidéo confuse d’un refus ordinaire d’obtempérer, vue plus d’un million de fois, a indigné la Toile, ses trolls et ses suiveurs, sans interpeller la presse. La femme pousse des cris de porcelet qu’on égorge, comme le font les ultras interpellés par la police, et tous les activistes du monde, tandis qu’un quidam éberlué, téléphone en main, filme la scène et joint ses cris à ceux de la pauvre femme: une posture très féministe d’homme moderne à lunettes et barbe soignée de trois jours. Il s’en prend aux policiers sur un ton très 11e arrondissement et avec tutoiement convivial de fin de soirée: « Lâche-la, frère ! […] Wesh tu fais quoi ? ». Sa tirade, celle du père digne dans Corneille, est entrecoupée d’un coup de feu et de l’aboiement de douleur d’un chien, manifestement atteint par le projectile. Le compte qui a diffusé ladite vidéo, tout voile dehors, commente : « Je suis choquée, les policiers ont agressé une femme voilée, ils voulaient lui retirer le voile. Il y a un homme qui est venu les défendre avec son chien, ils ont tué le chien à la fin, » témoigne une internaute, dont rien ne prouve qu’elle est témoin: pour sensibiliser le lecteur, elle exprime une émotion, puis une accusation, qui semble formulée en direct, et une interprétation (elle est capable de deviner les intentions des butors), et enfin un jugement de valeur « Tt ça pour un voile ».

Détail: la femme en état de choc (IG Maryamslf, @MimiUzi) porte un voile.

Une version des faits que contestent fermement les forces de police, pour qui, invitée à présenter ses papiers et à descendre de son véhicule, la femme aurait refusé net. « Infraction au code de la route » suivie d’une « résistance aux forces de l’ordre ».

La préfecture de police de Paris apporte une toute autre version que celle véhiculée sur internet

Plusieurs sources policières corroborent auprès de BFMTV une présentation sensiblement différente des faits. Le chien abattu appartient à la conductrice, et non à un passant, et l’animal aurait été agressif envers les forces de l’ordre, ce qui a échappé à la twitto. Il s’agit de disculper la conductrice: d’une part, si le chien lui appartient, elle n’a nul besoin d’être défendue par un inconnu et, d’autre part, elle n’a pas à justifier d’être propriétaire d’un animal dangereux. L’internaute était-elle sur place ou à distance: sur son compte Twitter, elle arbore un voile et se déclare à Manchester. Enfin, cette Anglaise affecte une méconnaissance du genre des mots de la vie courante, mais sait accorder deux adjectifs correctement. Autre élément trouble: « les défendre » suggère plusieurs passagers dans le véhicule…

Une infraction à la circulation comme point de départ

Contacté par BFMTV.com , l’avocat de la conductrice, Me Hosni Maati, apporte une toute autre version que celle défendue par les policiers. Les deux parties s’accordent néanmoins sur le fait qu’initialement, l’arrestation a eu lieu pour une infraction à la circulation, ce qu’a reconnu également l’intéressée durant sa garde à vue. Les récits divergent sur le reste.

Selon la police, la femme, âgée de 35 ans, portait un voile islamique, un temps présenté comme une burqa, qui ne laissait apparaître que ses yeux. Ce que Me Maati contredit en affirmant que sa cliente, auxiliaire de vie, revêtait un hijab qui laissait son visage entièrement libre. Selon la police, la conductrice aurait « proféré des paroles faisant l’apologie du terrorisme », ce que contredit également le conseil:

« C’est une personne qui n’est pas du tout radicalisée. (…) Il n’y a pas eu d’apologie du terrorisme », assure le représentant de la suspecte auprès de BFMTV .

Pas d’apologie du terrorisme

Selon la police, la trentenaire était déjà connue de leurs services pour de multiples outrages, alors que, malgré un outrage,commis en 2004, pour lequel sa cliente alors âgée de 20 ans n’a pas été poursuivie, Me Hosni Maati fait valoir un casier judiciaire vierge. Avocat à Paris VIIIe, il défend l’association « Les Indivisibles ».

Créée en janvier 2007, notamment par Rokhaya Diallo, l’association « Les Indivisibles » est une instigatrice de la chasse à l’incitation à la haine envers les musulmans. En 2014, Eric Zemmour en sera la cible: suite à une analyse dans le journal Corriere della Sera, l’association Les Indivisibles se porta partie civile, l’écrivain fut d’abord condamné pour sa liberté d’expression, mais sa condamnation fut annulée en cassation en janvier 2018. En 2015, Caroline Fourest écrit qu’en 2012 Les Indivisibles ont attaqué physiquement l’une de ses conférences et note que « Les Indivisibles amalgament tous propos contre l’intégrisme à de l' »islamophobie » ». L’ancienne présidente de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité, Jeannette Bougrab, évoque d’innombrables menaces et, en mars 2018, elle fait condamner Les Indivisibles en appel.

Jeannette Bougrab met en cause les « Y’a bon Awards », cérémonie satirique où sont remises des bananes symboliques pour dénoncer les déclarations jugées racistes par des personnalités publiques, un « événement » créé par Les Indivisibles, mais de l’« islamisme branché et masqué » Le jury est Le jury est composé de Bruno Gaccio, Yassine Belattar, Ovidie, Christine and the Queens, Blanche Gardin, Médine, Gilles Sokoudjou, Chadia Arab, Marwan Mohammed, Julien Salingue, Sarah Carmona, Juliette Fievet, Claudy Siar, Sophie-Marie Larrouy, Steve Tran, Grace Ly.

La police a indiqué samedi l’avoir interpellée pour « apologie du terrorisme », une qualification qui n’a finalement pas été retenue par le Parquet, précise Me Maati, qui évoque une garde à vue pour « outrage » et « rébellion ». 

Placée en garde à vue un vendredi au commissariat de Saint-Denis, la trentenaire est sortie le dimanche suivant, écopant d’une Convocation par officier de police judiciaire (COPJ), pour un simple « rappel à la loi »…

Syndicaliste voilée à l’Assemblée: Ségolène Royal condamne kes députés qui sont restés

Elle se déclare « estomaquée par ces images » et assure qu’elle « aurait quitté la salle »

L’ancienne ministre estime que Maryam Pougetoux, la syndicaliste de l’UNEF, a été « provocante » en portant le voile, ce qui était pourtant son droit.

Le bureau de l’Assemblée avait invité le syndicat, sans précision nominale. La syndicaliste étudiante est pourtant coutumière des provocations et la possibilité que l’UNEF saisisse l’opportunité de lancer un défi à la République n’était pas nul.

Agée de 21 ans, l’étudiante en lettres et métiers de l’édition à la Sorbonne a déjà fait parler d’elle en mai 2018, alors qu’elle était présidente de l’Unef à Paris IV-Sorbonne. Son apparition en tant que représentante syndicale dans un reportage de M6 avait provoqué une levée de boucliers, notamment du ministre de l’Intérieur de l’époque. Gérard Collomb avait estimé que le voile marque sa « différence » avec la « société française ». A Buzzfeed, dans le seul entretien qu’elle ait donnée depuis, l’étudiante qui aspire à travailler dans une ONG, Pougetoux avait nié tout en bloc, et son prosélytisme et son objectif politique de séparatisme : « Mon voile n’a aucune fonction politique. C’est ma foi. Après oui, c’est visible, mais ce n’est pas pour autant du prosélytisme. Je dois presque me justifier de mon choix alors que je ne devrais pas ». 

A Marlène Schiappa, alors secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes-hommes qui considérait que son voile était l’expression d’un « islam politique », là encore Maryam Pougetoux avait opposé son désaccord. « Ce n’est absolument pas le cas. On lui donne une signification que moi-même je ne lui donne pas. (…) On me prête des intentions qui ne sont pas les miennes. A aucun moment je n’ai mis mon voile par volonté politique ou réactionnaire. » Et au député LFI Adrien Quatennens qui jugeait incompatible port du voile et responsabilités syndicales, l’arrière-petite-fille de résistant assurait que ça « ne rentr(ait) absolument pas en contradiction (…) Je représente des étudiants, j’ai été élue, on a estimé que j’avais les capacités de mener mon travail syndical, je ne vois pas pourquoi cela devrait poser question ».  Elle a été élue, mais la minorité qui ne l’a pas choisie ne souhaite pas être représentée par une femme soumise.

Jeudi, la vice-présidente de l’UNEF, syndicat étudiant, est venue parler de la précarité étudiante devant une commission de l’Assemblée nationale. « Problème » : cette étudiante s’est présentée voilée, en hijab, ce qui a été vécu comme une provocation par plusieurs députés et députées qui l’ont fait savoir et ont quitté la salle. plusieurs élus Les Républicains ont donné l’exemple  suivis d’autres et la députée LREM Anne-Christine Lang a même prononcé quelques mots pour motiver ces départs.

Les personnalités politiques prennent position après coup.

Ségolène Royal, députée de 1988 à 2007, aurait elle aussi quitté la salle. C’est ce qu’elle a dit ce vendredi matin face à Jean-Jacques Bourdin, sur BFMTV et RMC.

L’ancienne candidate socialiste malheureuse à l’élection présidentielle de 2007 s’est même dit « estomaquée par ces images ». Pourtant l’étudiante musulmane n’a fait que profiter d’une lacune du règlement de la chambre, Le principe de la laïcité édicté en 1905 n’interdisait pas à Maryam Pougetoux de porter son hijab, S’il est interdit dans l’hémicycle, le vide du règlement l’autorise par défaut en audition à l’Assemblée. La laïcité promeut la neutralité de l’espace public, pas dans l’espace public, et pour les fonctionnaires, pas pour les usagers des services publics, par exemple. A l’Assemblée, les personnes auditionnées n’ont pas l’interdiction de porter des signes religieux.

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« Prosélytisme » et « provocation »

C’est bien le règlement qu’il faut préciser, pour Ségolène Royal : il faudrait obliger les personnes auditionnées à avoir la tête découverte, « comme ça on ne cible pas forcément une religion même si c’est bien ça quand même qui est ciblé », a-t-elle dit. Ce qui ne règle pas la nature du couvre-chef: chapeau de cow-boy ou casque de motard ?

« Le règlement de l’Assemblée nationale n’a pas prévu ce cas : parce que c’était imprévisible ! », a encore dit l’ancienne ministre. Elle estime que le voile islamique porté par Maryam Pougetoux relève du « militantisme » et de la « provocation ». « Elle a le droit de provoquer, heureusement qu’on peut être provocateurs dans notre société. Mais en face il y a les limites, il y a la règle. » Même quand la règle dit qu’elle est dans son bon droit, donc. Les squatteurs aussi ont ce sentiment…

Le voile de la syndicaliste à l’Assemblée ne justifiait pas l’emballement médiatique, selon une députée LREM

Sandrine Mörch déploree le «buzz» de la femme voilée en commission parlementaire

Selon cette journaliste du service public régional, proche de Médecins sans frontières, l’intervention de la vice-présidente de l’UNEF, Maryam Pougetoux, aurait occulté le sujet examiné, les conséquences de la Covid-19 sur les jeunes. La polémique de juin 2020 sur la mort de George Floyd aux Etats-Unis et les protestations qui s’ensuivirent en France provoquèrent en revanche des débats internes à MSF sur le racisme au coeur même de l’organisation, menant à une lettre interne signée par 1.000 employés et ex-employés racialisés. Révélée par le journal britannique de la gauche intello The Guardian, la lettre condamne un « racisme institutionnel » dans l’organisation…

Jeudi, en commission parlementaire, la vice-présidente de l'Unef, Maryam Pougetoux a été auditionnée voilée.
Jeudi, en commission parlementaire, la vice-présidente de l’Unef, Maryam Pougetoux a été auditionnée voilée. Alfonso de Tomas / Alfonsodetomas – stock.adobe.com

La présidente de la commission parlementaire devant laquelle la vice-présidente du syndicat étudiant s’est présentée en hijab, provoquant le départ de plusieurs députés de tous bords républicains, a regretté samedi que le «buzz» autour du voile islamique ait occulté le sujet examiné, les conséquences du Covid-19 sur les jeunes. Ce qui n’empêche pas Le Monde de titrer (le 19 septembre) : « la présidente de la commission refuse la polémique« …

La députée biaise le sujet soulevé. «Depuis la fin des années 80 la question du voile hystérise le débat, alors que les questions de fond ne sont jamais abordées», déplore Sandrine Mörch (LREM), pour qui le port du voile au coeur des institutions de la République serait un non-événement, bien que le problème existe, puisqu’elle l’identifie dans un communiqué, mais IL serait subalterne, selon elle, puisque sous-estimé et négligé depuis 1905. «Je regrette que le ‘buzz’ ait pris le pas sur le travail de fond et j’espère que cet incident aura au moins le mérite de mettre en lumière le travail de cette commission d’enquête», ajoute la députée de Haute-Garonne, auteure de nombreux reportages sur les pays musulmans, en collaboration avec Médecins sans frontières, au Libéria, au Rwanda, au Sri Lanka, Kurdistan, etc.).

Plusieurs députés ont quitté la salle – dont l’ex-socialiste Anne-Christine Lang, élue LREM – pour protester contre le «hijab» porté par la vice-présidente de l’Unef, Maryam Pougetoux, perçu comme une «provocation» communautariste, lors de l’audition jeudi de représentants de syndicats étudiants dans le cadre de la commission d’enquête sur «les effets de la crise du Covid-19 sur les enfants et la jeunesse». Sandrine Mörch indique que selon le règlement de l’Assemblée «seuls les députés ne peuvent pas ostensiblement faire état d’une croyance religieuse» et que «pour les visiteurs ou les personnes auditionnées le port de signes religieux n’est pas interdit». «L’étudiante a tenu des propos objectifs et pragmatiques décrivant des situations alarmantes» dans les universités françaises, relève-t-elle.Des députés quittent une commission de l’Assemblée pour dénoncer la présence d’une intervenante voilée.

Parmi quatre députés qui ont annoncé en mars être atteints par le coronavirus (le chef de file des communistes André Chassaigne et la députée UDI Maina Sage, suivis du LREM Raphaël Gérard), Sandrine Mörch (députée de Haute-Garonne) souligne que «50% des jeunes sont inquiets pour leur santé mentale; 38% de jeunes travaillent actuellement dans le cadre d’un contrat précaire; 21,2% des 18 à 25 ans sont au chômage en France soit 600.000 jeunes, le plus gros contingent d’Europe, auxquels il faut ajouter les 700.000 personnes qui finissent leurs études et arrivent sur le marché du travail; on assiste à une augmentation massive du nombre d’étudiants ayant recours à la banque alimentaire pour se nourrir.» «Voilà ce qui doit créer le débat, voilà où se situe le sujet», estime Sandrine Mörch.

Mélanie Luce, actuelle présidente de l’UNEF

L’UNEF est une organisation syndicale en perte de vitesse. Si la majorité de ses responsables ont depuis poursuivi une carrière en politique (Philippe Séguin, Jack Lang, Olivier Besancenot, Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Marie Le Pen ou Clémentine Autain par exemple), ils sont rarement fiers de ce qu’elle est devenue, entre scandale de la MNEF (blanchie en AGE, Association générale d’étudiants) et son communautarisme, en passant par plusieurs scandales sexistes et sexuels. En novembre 2017, une enquête du Monde a souligné la « violence sexiste » et le « harcèlement sexuel » qui ont été des pratiques courantes sous diverses présidences. Interrogé par le quotidien, l’ancien président de l’UNEF Jean-Baptiste Prévost a reconnu que l’organisation n’était « sans doute pas exempte de reproches »… L’ex- présidente de l’UNEF, Lilâ Le Bas, recasée chargée de gestion d’activité au groupe MACIF (Université Paris-Est Créteil, UPEC) a assuré que « le silence et l’omerta, aujourd’hui, ne sont plus la loi »47, une étudiante a déposé en décembre 2017 à Nice une plainte pour viol à l’encontre d’un masseur recommandé par la section locale de l’UNEF, plainte que le syndicat avait tenté d’étouffer. Le président de l’antenne de l’UNEF, Paul Morançay a depuis démissionné. Il a reconnu que l’Association générale d’étudiants (AGE) avait « essayé de se couvrir de la peur de poursuites » . Le « silence » de la section locale aurait entraîné le départ d’une grande partie de ses membres. Depuis 2016, l’UNEF – actuellement présidée par Mélanie Luce – est supplantée par la FAGE.

Règlement

Le président du Conseil français du culte musulman ( ), Mohammed Moussaoui, a affirmé vendredi que «la neutralité s’applique uniquement aux fonctionnaires de l’Etat», et que l’étudiante voilée n’a donc pas enfreint le principe de laïcité. Ainsi, «l’attitude des députés [qui ont quitté la salle] pourrait être qualifiée de discrimination à l’égard d’une personne en raison de sa confession ou de ses opinions», a dénoncé le responsable , jugeant cet épisode «contre-productif» dans la lutte contre le radicalisme. A propos de l’attentat islamiste contre Charlie Hebdo, le CFCM estima que l’hebdomadaire a eu une « volonté délibérée d’offenser » lors de la parution d’un numéro de caricatures de Mahomet. Mohammed Moussaoui, alors président du CFCM déclara: « Il s’agit bien d’une intrusion agressive et gratuite dans les tréfonds de leurs sentiments religieux. Il s’agit d’une provocation ».

Pierre-Henri Dumont (LR), l’un des députés indignés, estime qu’il s’agit d’un «acte communautariste délibéré» enfreignant «le principe de laïcité», Anne-Christine Lang (LREM) dénonçant une «marque de soumission» inacceptable dans «le coeur battant de la démocratie».

Le règlement de l’Assemblée nationale n’interdit pas aux personnes auditionnées le port de signes religieux: les commissions doivent-elles rester des « zones blanches » ? «L’Assemblée nationale n’a pas à être le théâtre du militantisme islamiste. En dehors de l’audition de responsables religieux, il faut interdire les signes religieux à l’Assemblée» nationale, a insisté sur Twitter le député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti.

En septembre 2019, avec d’autres députés de l’aile gauche du groupe LREM, S. Mörch signa une tribune appelant à répartir les migrants dans les zones rurales en pénurie de main-d’œuvre.

Plusieurs députés quittent l’Assemblée contre la présence d’une syndicaliste voilée en commission

Des députés refusent la présence en commission d’une syndicaliste voilée

Des élus LR, suivis par la marcheuse Anne-Christine Lang, se sont indignés de la présence d’une femme couverte d’un hijab au coeur des institutions de la République. Maryam Pougetoux, vice-présidente de l’Unef, qui avait déjà été au cœur d’une polémique en 2018.

Ce n’est pas la première fois que l’UNEF envoie sa vice-présidente en représentante du syndicat étudiant: en 2018, il avait déjà provoqué une polémique en choisissant Maryam Pougetoux, une prosélyte musulmane communautariste. La vice-présidente de l’Unef, dont le voile avait suscité des critiques il y a plus de deux ans, a renouvelé son opération politique à l’Assemblée nationale ce jeudi, au moment où Macron et Darmanin entendent combattre les « dérives séparatistes » aux dernières municipales. Lors d’une séance de commission d’enquête dédiée aux effets de la crise du Covid-19 sur la jeunesse, plusieurs députés ont quitté la salle pour protester contre la présence de cette jeune femme arborant le hijab.

En mai 2018, alors que plusieurs ministres avaient critiqué le choix de Maryam Pougetoux de porter le voile et celui de l’Unef de l’avoir choisie comme responsable, des députés de la majorité avaient appelé au contraire à respecter sa décision militante et à éviter les… amalgames. Marlène Schiappa s’était dite « interpellée »  par son choix de porter le voile et celui du syndicat de gauche de la mettre en avant. Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, s’était même dit « choqué », y voyant du « prosélytisme ». « C’est assez pathétique de la part d’un ministre de l’Intérieur d’avoir de tels propos, aussi violents, » avait réagit la syndicaliste voilée. Et d’assurer cette contre-vérité : « Sachant que Mon voile n’a aucune fonction politique », lui a répondu la syndicaliste de 19 ans, par le biais de Buzzfeed, site américain de media internet (proche du Huffington Post) dont les déclinaisons françaises sont des sites diffusant des contenus d’info-divertissement, tels que Melty, Topito, Koreus, Demotivateur, Minutebuzz ou Konbini. « C’est autorisé de porter le voile. Mais choisir un porte-parole qui porte le voile, ça veut renvoyer aussi un message politique très clair, qui pour nous ne correspond pas à ce qu’est l’Unef et donc nous nous interrogeons dessus« , avait en revanche déclaré le député de Paris Sylvain Maillard, sur BFMTV. Et Aurore Berger, la porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée, d’ajouter : «  »Ceux qui libèrent les femmes ne seront jamais ceux qui ne les acceptent dans l’espace public que si elles sont suffisamment couvertes. Ceux qui participent à cette banalisation dans l’espace public et politique sont complices« , a-t-elle écrit sur son compte Twitter en relayant les propos de la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes. 

Mais, « moi je ne pense pas que le voile rime avec conservateur, obscurantiste ou autres; je crois qu’il faut écouter ce que les gens ont à dire. A partir du moment où c’est un choix, où c’est le choix de cette jeune femme, le plus féministe c’est de respecter son choix« . Ces propos sont tenus, sans surprise, par le député Aurélien Taché s’exprimant après une semaine de polémique sur le voile affiché par Maryam Pougetoux, la présidente de la section de Paris IV-Sorbonne du syndicat étudiant UNEF. L’élu de La République en marche a été l’un des premiers membres de la majorité (encore à cette date) à défendre la militante séparatiste. Selon le « Monsieur laïcité » du parti présidentiel un « procès de sale gueule » était fait à l’étudiante ostensiblement musulmane. « Je ne vois pas de l’islam politique », dans son voile, avait également martélé Taché. « Oui, il faut lutter fermement contre l’islamisme. Et cesser de tout mélanger. Maryam a été élue présidente de l’Unef pour son projet étudiant, pour sa personnalité », a aussi estimé la députée LREM Fiona Lazaar, née de père marocain et élue du Val-d’Oise, l’un des cinq départements aujourd’hui suspects de « dérives séparatistes »

Des élus Les Républicains ont sursauté les premiers

L’élu du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont, 32 ans, a fait un rappel au règlement et reproché à l’UNEF son « choix d’enfreindre le principe même de laïcité auquel doit s’astreindre notre Assemblée », faisant valoir en outre que la situation sanitaire est trop grave pour que « la représentation nationale ait à subir, dans ce temple de la démocratie, les démonstrations communautaristes de certains ».

« Pas de signes religieux quand on s’adresse à l’Assemblée, » a rappelé Anne-Christine Lang, ex-socialiste ralliée à LREM

Parmi ceux qui ont quitté la salle du palais Bourbon en signe de protestation, Anne-Christine Lang, députée La République en Marche, est d’avis que si le port du voile est toléré aux visiteurs, des observateurs, il ne peut être autorisé en commission d’enquête comme cela était le cas ce jeudi, en séance de travail retransmise par les media, alors que le voile est interdit dans l’Hémicycle, aux acteurs de l’institution. Le défi lancé à la République laïque par les séparatistes n’est pas aussi clair pour tous…

« La prochaine étape, c’est la burqa? » En commission, puis dans l’hémicycle !

Dans la foulée, la députée LREM Anne-Christine Lang a emboîté le pas à son jeune collègue LR, déclarant que « le port du hijab » est « incompatible » avec ses « valeurs » de républicaine et de féministe. « Je vais quitter cette réunion », a-t-elle conclu.

Entre ces deux interventions, la présidente de la commission, la députée LREM de Haute-Garonne Sandrine Mörch, a lu une réponse, visiblement préparée, comme le pense Pierre-Henri Dumont. « Aucune règle n’interdit le port de signes religieux dans le cadre de nos travaux », a-t-elle rappelé, invoquant l’article 9 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, qui ne fait aucune mention des tenues vestimentaires acceptables en commission.

Cette déclaration a-t-elle été rédigée avec Christophe Castaner, voire Richard Ferrand ? En novembre 2019, sur le sujet du port du voile, Castaner avait dénoncé un débat « totalement caricatural », le ministre de l’Intérieur, également en charge des Cultes, estimant sur France info qu’ « aujourd’hui, il y a une loi nette, précise et donc appliquons-là »

Réagissant à la demande du président des Républicains Christian Jacob d’une nouvelle commission sur la laïcité, à l’instar de la commission Stasi mise en place en 2003, Christophe Castaner a exprimé ses doutes sur la pertinence d’une telle initiative. « Quel est l’intérêt de débattre encore pendant des mois de la question du voile en France? On peut prendre un peu de hauteur et se mobiliser sur les questions fondamentales. Celles du communautarisme, celles du fondamentalisme. Et ça va bien au-delà du voile« , avait jugé le ministre de Macron et Philippe, alors préoccupés des listes communautaires aux municipales, mais évacuant les ramifications du sujet.

Qu’importe, d’après le député du Pas-de-Calais.

« Le message derrière, c’est qu’on tolère le hijab dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, règlement ou pas. La prochaine étape c’est quoi, la burqa? C’est à la présidente de séance de décider qui elle invite. En l’occurrence elle a refusé d’interdire la présence de Mme Pougetoux, alors qu’il y a eu une décision délibérée de l’Unef d’envoyer spécifiquement cette personne« , développe le député LR.

LREM divisée

Chez LREM, comme toujours sur ces sujets sensibles liés à l’islam et à l’identité, les opinions divergent. « Total soutien », affirme le député de l’Hérault Jean-François Eliaou, un pédiatre de 64 ans.

« J’ai vu l’intervention d’Anne-Christine, elle a été très calme. Quand j’ai convié Mgr d’Ornellas (archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail bioéthique de la Conférence des Evêques de France) à la commission sur le projet de loi bioéthique, il est venu en civil, il n’avait même pas de petite croix sur le revers de sa veste », rappelle-t-il opportunément, en dépit des assertions des Laurent Joffrin et autres « singes » aveuglés de doxa progressiste.

Et l’élu héraultais d’affirmer que Maryam Pougetoux « ne représente qu’elle-même ». Si c’était le cas, comment justifie-t-il son audition par la commission ?… « Continuons comme ça! Moi je veux bien, le règlement… Mais il faut faire très attention. La société est permissive et résiliente, on s’habitue à des choses qui nous semblaient intolérables il y a encore quelques années. Vis-à-vis des générations d’immigrés qui ont fait l’effort de s’intégrer, on ne peut pas faire ça« , estime-t-il. On peut aussi faire abstraction du nombre d’immigrés qui se sont assimilés dans un premier temps mais qui, dans un second, se sont vu imposer par leur enfants et petits-enfants islamisés des usages oubliés au bled et réactivés en France par prosélytisme et dérive politique séparatiste.

« Ras-le-bol du buzz de LR »

D’autres, comme Gaël Le Bohec, qui était présent en commission ce jeudi, n’approuvent pas du tout la sortie d’Anne-Christine Lang. Le député LaREM d’Ille-et-Vilaine s’est inscrit « en faux par rapport aux positions » des parlementaires qui ont quitté la salle. « Si à partir d’un moment, la représentation nationale choisit de ne pas auditionner la diversité française, j’en serais très très gêné », a-t-il déclaré. Contacté, il développe:

« Ras-le-bol du buzz de LR. Il s’agit d’un voile et d’un masque, qui est d’usage et bien dans le règlement, lui. Franchement, la France a surtout besoin de se concentrer sur la situation, au-delà du buzz qu’on a déjà eu il y a deux ans quand cette personne a été élue à l’Unef. Je souhaite à tous les jeunes de s’engager à la présidence d’une telle association. »

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Son collègue marseillais Saïd Ahamada partage cet avis. Sur Twitter, le député des Bouches-du-Rhône se « désolidarise » de l’initiative.

« Cette étudiante n’a enfreint aucune loi. Peu importe ce que l’on pense du voile, les députés que nous sommes doivent donner l’exemple en respectant la loi, et en acceptant la contradiction. C’est le propre de la démocratie », a-t-il écrit.

« Il ne sert à rien de tomber dans le piège »

Même sévérité de la part d’un cadre dirigeant de LaREM: « C’est ridicule. Je comprends qu’on soit en désaccord, mais de là à se barrer, on dirait le mec du FN au conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. » Une référence à Julien Odoul, qui avait provoqué un incident de séance le 11 octobre 2019 pour protester contre la présence d’une accompagnatrice scolaire voilée. Anne-Christine Lang a d’ailleurs reçu le soutien sur Twitter de Gilbert Collard, eurodéputé Rassemblement national. « CQFD », réagit notre source.

« Si on veut être crédible, on ne peut pas avoir une vision réductrice de la laïcité et de la loi de 1905 », poursuit ce cadre. Plus mesuré, un député LaREM trouve que la réaction d’Anne-Christine Lang est « légitime mais aurait pu être moins excessive ». « Il ne sert à rien de tomber dans le piège qu’elle et Buffet nous ont tendu », poursuit-il. Un autre, non sans ironie, voit un avantage politique à tirer de la situation:

« Ça va permettre de savoir qui sera pour ou contre le projet de loi sur le séparatisme… »

L’UNEF et les squatteurs respectent la loi

La gauche laïque, « progressiste » et communautariste couvre la provocation

« Moi je ne pense pas que le voile rime avec conservateur, obscurantiste ou autres, je crois qu’il faut écouter ce que les gens ont à dire. A partir du moment où c’est un choix, où c’est le choix de cette jeune femme, le plus féministe c’est de respecter son choix« . Ces propos sont tenus, sans surprise, par le député Aurélien Taché s’exprimant ce lundi soir sur BFMTV, après une semaine de polémique sur le voile affiché par Maryam Pougetoux, la présidente de la section de Paris IV-Sorbonne du syndicat étudiant UNEF. L’élu de La République en marche a été l’un des premiers membres de la majorité à défendre la militante séparatiste. Son apparition voilée dans une entretien télévisé de l’Assemblée nationale a provoqué une volée de critiques, notamment de la part du gouvernement.

Complice, Libération fuit le sujet de fond

Le port du voile est-il autorisé à l’Assemblée nationale ?

Par Anaïs Condomines — 18 septembre 2020 à 09:44

La vice-présidente de l’Unef Maryam Pougetoux a été prise à partie par plusieurs députés en pleine commission d’enquête à l’Assemblée nationale. Pour les visiteurs et participants aux commissions, le règlement de l’institution n’interdit pourtant pas le port du voile.

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Question posée le 17/09/2020

Bonjour,

Vous nous saisissez suite à la décision d’une députée LREM, Anne-Christine Lang, de quitter l’audition d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale, jeudi 17 septembre. La raison ? La présence de la vice-présidente de l’Unef Maryam Pougetoux, portant le voile, venue s’exprimer au sujet des conséquences du Covid sur les jeunes. Plusieurs députés Les Républicains ont également quitté la salle, dénonçant un «acte de communautarisme délibéré». 

À LIRE AUSSIVoile à l’Assemblée : convoquer la laïcité est une arnaque

La députée LREM, après son départ de la séance, s’est fendue d’un tweet donnant une visibilité supplémentaire à son geste. Dans ce message, elle se dit «féministe» et ajoute : «Attachée aux valeurs républicaines, à la laïcité et aux droits des femmes, je ne peux accepter qu’une personne vienne participer à nos travaux en hijab, qui reste pour moi une marque de soumission.»

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Dans les faits, la présence d’une personne portant le voile à l’Assemblée nationale – ou tout autre signe religieux – n’est pas interdite. Dans un précédent articleCheckNews revenait déjà sur le règlement de l’Assemblée nationale en la matière. Ainsi, l’article 8 de l’Instruction générale du bureau précise que le visiteur doit, pour être admis dans les tribunes, «porter une tenue correcte», se tenir «assis, découvert et en silence».

Cet article, relativement ouvert à interprétation, était alors précisé par le service de presse de l’Assemblée : «L’article 8 qui dispose que le public qui assiste aux séances se tient « découvert » n’est pas interprété à la lettre. Le port de tenues manifestant une appartenance religieuse n’est pas en soi interdit. Ce n’est que dans le cas où le président de séance estimerait que le port de telles tenues est de nature à troubler l’ordre ou le bon déroulement des débats qu’il pourrait être amené à prendre des mesures. Cette tolérance permet d’accueillir en tribune des députées ou d’autres invitées étrangères voilées.» Conformément au principe de la laïcité, les députés, en tant qu’agents du service public dans l’exercice de leurs fonctions, sont quant à eux interdits de porter tout signe religieux ostensible, rappelle l’article 9 du même règlement. 

Plus précisément, au sein d’une commission, «il n’existe aucun texte régissant la tenue vestimentaire des personnes participant à ces réunions», précise l’Assemblée nationale à CheckNews. La présidente LREM de la commission, Sandrine Morch, l’a d’ailleurs rappelé suite au départ des députés : «Aucune règle n’interdit le port de signes religieux dans le cadre de nos travaux pour les personnes auditionnées», a-t-elle indiquéEt de rappeler les articles 8 et 9 du règlement précédemment cités. En conclusion, elle ajoute : «Je rappelle enfin que la règle de neutralité du service public s’applique aux agents publics dans l’exercice de leur fonction. Cette règle ne trouvant aucunement à s’appliquer dans le cadre d’une audition menée à l’Assemblée nationale, je vous laisse le choix de partir si vous le souhaitez mais c’est un mauvais procès.»

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Contactée, Anne-Christine Lang reconnaît elle-même que Maryam Pougetoux ne contrevenait à aucune règle : «Je n’ai jamais dit que sa présence était hors-la-loi. A priori, l’Assemblée autorise le port du voile pour les personnes qui viennent visiter. Ma réaction ne se plaçait pas sur le terrain juridique. J’ai agi par rapport à mes convictions personnelles. Là, dans le cadre d’une audition, j’estime qu’on doit respecter la laïcité.»

Par ailleurs, dans un tweet, elle confirme qu’elle souhaite un changement des textes de l’Assemblée afin de distinguer une visite et une «audition sous serment».

Féminisme à géométrie variable

Maryam Pougetoux, sollicitée par CheckNews, ne souhaite pas s’exprimer personnellement sur cette affaire. Auprès de CheckNews, c’est donc Mélanie Luce, présidente de l’Unef, qui a réagi : «Voilà encore une députée qui confond laïcité et islamophobie. A la fois la loi de 1905 et le règlement de l’Assemblée nationale permettent à une personne de venir avec un voile dans ces lieux. Nous sommes fatigués de devoir rappeler que ceux qui sont tenus à la neutralité sont les agents du service public et non ses usagers. Par ailleurs, le féminisme – dont se réclame cette députée – n’est pas à géométrie variable. Le féminisme, c’est entre autres de permettre aux femmes de porter ce qu’elles veulent : que ce soit des crop top au collège ou au lycée ou le voile dans l’espace public.»

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Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que Maryam Pougetoux est ainsi prise à partie au sujet du voile qu’elle porte. En mai 2018, alors qu’elle était présidente de l’Unef pour Paris-IV, suite à la diffusion d’un reportage sur M6 où elle s’exprimait sur le blocage des universités, elle avait été violemment harcelée et pointée du doigt par de nombreux responsables politiques, à commencer par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérard Collomb.

CordialementAnaïs Condomines

Danemark: interdiction du voile intégral dans l’espace public

Le parlement danois a adopté jeudi une loi interdisant le port du voile intégral islamique (burqa ou niqab) dans l’espace public.

Le Danemark suit ainsi d’autres pays européens comme la France ou la Belgique. « Toute personne qui, dans des lieux publics, porte un vêtement qui lui cache le visage est passible d’amende« , dispose le texte adopté par 75 voix contre 30.

Le projet de loi, porté par le gouvernement de centre-droit, avait aussi les faveurs des deux premières forces politiques au Parlement: les sociaux-démocrates et le Parti populaire danois (populiste, anti-immigration).

A partir du 1er août, date d’entrée en vigueur de la nouvelle législation, toute infraction à l’interdiction sera passible d’une amende de 1.000 couronnes danoises (134 euros). Si les infractions sont répétées, l’amende pourra s’élever à 10.000 couronnes.

ONG illégitime, Amnesty International a fustigé la loi

Déconnectée du peuple mais animée par une idéologie internationaliste, Amnesty international est isolée au Danemark : l’adoption n’a pas – dans l’immédiat, prévient l’AFP – suscité de réprobation: « Si certaines restrictions spécifiques au port du voile intégral peuvent être légitimes pour des raisons de sécurité publique, cette interdiction n’est ni nécessaire ni proportionnée et viole les droits à la liberté d’expression et de religion« , estime l’ONG, organisation supranationale portant des jugements idéologiques sur les votes des parlements nationaux légitimes.

L’interdiction vise également d’autres accessoires qui dissimulent le visage, comme les cagoules ou les …fausses barbes.

« C’est ma vie » – Aucune statistique officielle sur le nombre de femmes portant le niqab ou la burqa au Danemark n’est disponible. « Je ne pense pas qu’il y en ait beaucoup (…). Mais si c’est le cas, vous devez être puni d’une amende », avait déclaré en février le ministre de la Justice Søren Pape Poulsen à des journalistes, rapporte l’agence de presse Ritzau, agence qui est la propriété de la presse danoise.

Selon les défenseurs de cette nouvelle loi, le voile est un outil idéologique d’oppression des femmes dans certaines cultures.

Installée au Danemark avec son mari depuis six ans, la Pakistanaise Ayesha Haleem a toujours porté le niqab. Interrogée par le quotidien DR, selon l’AFP (en fait, une chaîne de télévision publique danoise appartenant au groupe Danmarks Radio,DR). cette mère de famille raconte que « beaucoup croient que les hommes nous forcent à porter le niqab ou la burqa« . « C’est complètement faux. Si c’était le cas, je ne le porterais pas quand je ne suis pas avec mon mari », assure-t-elle. « C’est ma vie et j’en fais ce que je veux, tant qu’elle ne nuit pas à autrui, » oppose elle à la loi, preuve que la port du voile est un défi à la démocratie. « Pour moi, le Danemark c’était la liberté. Les femmes pouvaient faire ce qu’elles voulaient », déplore-t-elle, n’excluant pas de quitter le pays plutôt que d’abandonner le port du niqab.

« Certains utilisent (le voile) pour promouvoir une idéologie qui, s’ils réussissent, signifie que beaucoup d’autres perdent leurs droits à la liberté. C’est un équilibre », estime Martin Henriksen, porte-parole du Parti populaire danois.

Un usage limité ou interdit ailleurs en Europe

Le port du voile intégral islamique est interdit ou limité dans plusieurs pays européens. La France a été le premier pays d’Europe à interdire le voile intégral dans l’espace public, avec une loi « interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public » promulguée en octobre 2010 et appliquée depuis avril 2011. Validée par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) en 2014, elle prévoit pour les infractions jusqu’à 150 euros d’amende. En cinq ans, plus de 1.600 verbalisations ont eu lieu.

En juillet, la CEDH a validé son interdiction dans l’espace public en Belgique. Le port du voile islamique intégral est également banni en Autriche depuis octobre. Les députés allemands ont eux adopté le 27 avril 2017 une loi interdisant partiellement le port du voile intégral dans certains contextes, obligeant notamment les agents publics à avoir le visage totalement découvert dans le cadre de leurs fonctions et les personnes dont le visage est dissimulé à se découvrir en cas de vérification d’identité. Le Bundesrat, la chambre haute, a approuvé à son tour le texte le 12 mai.

La présidente voilée de l’UNEF « respecte la loi », se félicite la députée PS Valérie Rabault

Coup de grâce au féminisme et à la laïcité socialistes : la député PS Valérie Rabault prend la parole pour approuver la femme voiléePartager

blog -UNEF presidente voilee-mai2018.JPGLa patronne du groupe PS ‘Nouvelle Gauche’ à l’Assemblée Nationale a contredit Marlène Schiappa sur ses propos condamnant la présidente voilée de l’UNEF. « La loi est très claire en France sur le port du voile, cette présidente respecte la loi », a jugé Valérie Rabault, invitée de l’émission Punchline présentée sur C8 par Laurence Ferrari.

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« La ministre devrait quand même se soucier, puisqu’elle est censée être membre de l’exécutif, de faire en sorte que la loi française s’applique, » a lancé, non sans aigreur, la  donneuse de leçon socialiste.

Et de la défier : « Si elle assume sa position elle va voir le Premier ministre; elle lui dit ‘je voudrais déposer une loi‘ et on en débattra à l’Assemblée Nationale ».

La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa avait dénoncé une « forme de clientélisme » chez l’UNEF : 

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Marlène Schiappa sur la responsable de l’Unef voilée : « Il y a une forme de message qui m’interpelle » <a href= »https://t.co/xdWT0ekFSl »>https://t.co/xdWT0ekFSl</a&gt; <a href= »https://t.co/dgc6QgSkmS »>pic.twitter.com/dgc6QgSkmS</a></p>&mdash; CNEWS (@CNEWS) <a href= »https://twitter.com/CNEWS/status/998622422445252608?ref_src=twsrc%5Etfw »>21 mai 2018</a></blockquote>
https://platform.twitter.com/widgets.js</center>

Elections départementales: le parti des musulmans recule pour mieux sauter

L’explosion de l’islamisme au grand jour contrecarre l’infiltration musulmane

L’UDMF avait déclaré des candidats dans sept ou huit cantons.

blog -UDMF-bandeau patriotiqueCe parti – inconnu mais tellement patriotique- qui devait présenter sept à huit candidats aux ex-cantonales n’en présentera finalement qu’un seul, les 22 et 29 mars, à Marseille, là « où la dynamique est énorme« , indique Najib Azergui, le fondateur (ou rénovateur) du « mouvement« . Annoncée jeudi, la campagne de l’Union des démocrates musulmans français (UDMF) aux élections départementales connaît donc déjà un sérieux revers. « Face aux pressions de l’extérieur ou des proches, certains ont préféré arrêter », regrette Najib Azergui, le fondateur de l’Union des démocrates musulmans français« Aujourd’hui, dans un contexte dramatique comme celui que nous connaissons, nous avons davantage besoin d’entendre nos voix trop longtemps noyées dans le silence », explique un candidat, Khalid Majid, dans sa profession de foi, publiée sur internet. « C’est un combat essentiel pour lutter contre les stigmatisations et amalgames dangereux qui associent terrorisme et islam ».

800 nouveaux adhérents
Najib Azergui assure qu’il avait préparé « (ses) équipes à ce genre de choses mais, face aux pressions de l’extérieur ou des proches, certains ont préféré arrêter ». Ainsi, à Lyon (Rhône) le représentant local a quitté l’UDMF et à Bagneux (Hauts-de-Seine), le candidat annoncé s’est retiré.

Mais ce parti inconnu du plus grand nombre, lancé, selon certains sympathisans, en 2012 ferait de plus en plus d’adeptes. Depuis la série d’agressions par des islamistes d’abord qualifiés de « déséquilibrés » jusqu’aux attentats djihadistes meurtriers contre « Charlie Hebdo » et Hyper Cacher de Paris et du centre culturel de Copenhague, plus de 200 nouvelles recrues se seraient engagées à l’UDMF, comme Khalid Majid. Aujourd’hui, le parti enregistre près de 900 adhérents et les fondateurs assurent compter 8.000 sympathisants en France.
Une mère de famille, qui connaît le parti, se dit intéressée. « Je me retrouve dans ce qu’ils proposent, notamment sur le vivre-ensemble, glisse-t-elle. Mais je ne suis pas sûre qu’en France les gens [Quels gens ? Ceux du Front de gauche et du NPA ?] soient prêts à voter largement pour un parti musulman. » L’UDMF veut pourtant croire en ses chances. « Les gens se rendent compte qu’un parti comme le nôtre est une évidence aujourd’hui dans le paysage politique », affirme Najib Azergui. En revanche, Ali et Michel, deux retraités, tiquent en disant leur peur du repli communautaire, « des musulmans qui ne parleraient qu’aux musulmans ». Des clients en moins pour Mélenchon, Laurent et Besancenot qui n’en ont pas à revendre…

Le parti musulman compte un seul élu, Hocine Hebbali, candidat sous l’étiquette UDMF sur la liste UDI de Stéphane de Paoli à Bobigny et du député de la circonscription, Jean-Christophe Lagarde, arrivée en tête lors des municipales de mars 2013, battant la communiste Catherine Peyge, qui milite pour l’installation des Rom, malgré les critiques d’une grande partie de la population de la commune. Conseiller municipal délégué à l’histoire locale et aux mémoires, Hocine Hebbali s’est vu confier le projet d’un musée de l’histoire de la colonisation française.
Cette liste s’était appuyée sur le vote de la communauté musulmane pour battre les communistes, implantés depuis 1919.

La polémique autour de ce parti a fait fuir des mécènes et des candidats potentiels

Ce parti affiche sa volonté de  promouvoir le halal et autoriser le voile à l’école.
blog -vote musulman de FranceL’UDMF prétend simplement vouloir donner une voix à une partie de la population qui ne se retrouve pas dans les partis traditionnels et qui a envie d’agir. Comment ? Pas en « islamisant la société ni en installant la charia en France« , se défend d’emblée ce Français d’origine marocaine, qui travaille dans la formation informatique. L’angle d’attaque est plus détourné: les cours d’éducation civique et de philosophie pour « faire réfléchir et débattre les jeunes« . Affirmant que certains « épisodes tragiques » de l’Histoire de France sont « passés sous silence » dans les programmes scolaires, il milite d’ailleurs pour l’enseignement de la guerre d’Algérie ou la colonisation et pour celui de la langue arabe, « injustement bannie » du secondaire.
Mais l’axe social cher aux Frères musulmans n’est pas négligé: l’UDMF tient au développement du hallal pour… créer de l’emploi et le déploiement de la finance islamique pour assainir l’économie. La Charente libre écrit à ce sujet: « Pourfendeur de « l’austérité », l’UDMF entend promouvoir la finance islamique, conçue comme une alternative « éthique » à la finance traditionnelle et un moyen d’enrayer de futures crises. Il souhaite aussi faire de la France un des « leaders mondiaux » sur le marché de l’alimentation ‘hallal’. »
Quant au respect de la laïcité, il signifie, dans leur interprétation de la loi, la tolérance des religions… et donc le droit de porter le voile à l’école. Ce que la loi française interdit justement ! Ces musulmans dont les candidatures ont été accueillies et enregistrées par Marianne affirment ainsi imposer aux Français, par des voies démocratiques, la primauté du Coran sur les lois républicaines.

Au Front national, tout en jugeant que cette apparition « très emblématique » s’inscrit comme « la suite logique de tout ce que nous vivons », Louis Aliot souligne que le projet de ce parti musulman concernant le voile se réfère à des interdits. Il y voit aussi une « base communautariste contraire, selon lui, à l’unité et l’indivisibilité de la république« . Le vice-président du FN estime que la décision « appartient désormais au ministre de l’Intérieur ». Il estime aussi que ce parti, dans beaucoup de villes, handicapera l’UMP et le PS appuyés, à ses yeux, sur des «minorités clientéliste très ciblées ». Invitant les autorités à vérifier la légalité et les statuts de l’UDMF, Louis Aliot croit que les Français musulmans doivent trouver leur place dans les partis traditionnels. Il critique une « dérive très claire » et une « américanisation de notre vie politique. »
Karim Ouchikh, le président du SIEL (parti proche du Front national), se dit pour sa part «hostile, par principe, à tout parti politique à vocation confessionnelle.» L’UDMF est selon lui «frappé du sceau du communautarisme» et il estime que ses revendications en faveur du halal ou du voile à l’école «n’ont pas lieu d’être» dans la République. « Le dernier roman-fiction de Michel Houellebecq, évoquant la possibilité pour un président de confession musulmane d’accéder à l’Elysée, est prophétique« , ajoute-t-il. Par le biais d’une « formation », d’un « mouvement » (selon la presse qui ne parle pas de « parti ») baptisé du doux nom de « Fraternité musulmane », dans la fiction.
La controverse a fait fuir donateurs et potentiels candidats. « On ne rentre plus dans nos frais. Nous avions calculé qu’il fallait entre 11.000 et 25.000 euros selon la région pour financer une candidature aux départementales. Rien qu’à Bobigny (93, Seine-Saint-Denis), notre estimation avoisinait les 17.000 euros », précise le fondateur.

L’exaltation communautariste a fait place à l’amertume

blog -parti des musulmans-candidats de Marseille aux départementales-fev2015
Bobigny, Seine-Saint-Denis (9.3):
Shérazade Benhaddad et Khalid Majid

« On est déçus, mais c’est le jeu, surtout lorsqu’on est un nouveau parti comme le nôtre« , réagit encore Najib Azergui qui se réjouit toutefois du nombre d’adhérents: ils seraient 1700, soit 800 de plus, en quelques jours. L’effet Charlie ?
A 36 ans, ce cadre commercial SNCF d’origine marocaine, père de 3 enfants, devait être le candidat de l’Union des démocrates musulmans français (UDMF) avec une militante associative et secrétaire de la section locale du parti, Shérazade Benhaddad, 34 ans, pour le canton de Bobigny (Seine-Saint-Denis) aux élections départementales des 22 et 29 mars. Le binôme avait déposé sa candidature aux élections départementales, mais  Khalid Majid et Shérazade Benhaddad, l’ont retirée…
Il n’y aura qu’un seul candidat étiqueté «Union des démocrates musulmans français (UDMF) contre sept à huit annoncés à Bagneux (Hauts-de-Seine), aux Mureaux (Yvelines), à Marseille, Lyon, Nice, Avion (près de Lens, dans le Pas-de-Calais) et possiblement à Strasbourg.

France Télévisions, organe public d’information fait de la désinformation
Après un premier élan d’enthousiasme, les membres de l’Union des démocrates musulmans français (UDMF) sont contraints de revoir leurs ambitions à la baisse, » sympathise le groupe de service public.  France télévisions compatit même: « La nouvelle structure politique a souffert, selon elle, de la médiatisation et des polémiques survenues ces dernières semaines. » Et d’écrire noir sur blanc que « l’UDMF a choisi de redimensionner ses objectifs afin de consacrer l’ensemble de ses forces sur le premier canton de Marseille. »

Pour cette fois, ne reste que la paire marseillaise. Mais encore est-elle confinée dans son étui: l’identité des candidats semble confidentielle et la presse d’investigation n’a toujours pas percé ce mystère. Pas plus que le commun des mortels, elle n’a accès au site local et ni Le Monde, ni Mediapart ne semble pas avoir reçu de coup de fil à faire fuiter…

Mais l’Union démocratique des Musulmans de France ne renonce pas.
L’UDMF a un précédent historique, le Parti des musulmans de France, créé en 1997 à Strasbourg. Son président, Mohamed Latrèche, avait obtenu 0,92% des voix aux législatives de 2007.

« Il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes (…) », selon Rokhaya Diallo

Manifeste de 2011 après les caricatures de Mahomet et l’incendie de Charlie Hebdo

La Liberté D’Expression N’Est Pas À Défendre : Elle Est À Conquérir

Sébastien Fontenelle avait publié ce texte le 5 novembre 2011 dans Politis
(Le collectif signataire de ce texte est composé de Saïd Bouamama, Youssef Boussoumah (PIR et militant de la cause palestinienne), Houria Bouteldja (appointée par l’Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, et pourtant auteure de l’ « ouvrage » ci-contre), Henri Braun, Abdelaziz Chaambi, Ismahane Chouder, Olivier Cyran, Christine Delphy, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo, Sébastien Fontenelle, Nawel Gafsia, Laurent Lévy, Hassina Mechaï, Ndella Paye, Faysal Riad, Arielle Saint Lazare, Karim Tbaili, Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, et Najate Zouggari.)
Sont-ils les invités de Julien Dray et défileront-ils dimanche?

Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias.
Nous affirmons :

• qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetière musulman.

• que la disproportion entre les unes alarmistes sur l’incendie de Charlie Hebdo et les brèves de dix lignes sur les saccages de lieux de culte musulmans entretient une vision du monde raciste : si un saccage est plus grave qu’un autre, c’est que les biens des uns sont plus précieux que les biens des autres, et c’est en définitive que les uns valent plus que les autres.

• que le climat d’état d’urgence et d’union sacrée qui s’instaure aujourd’hui autour de Charlie Hebdo est d’autant plus odieux qu’il tombe au même moment qu’un silence et une indifférence quasi générale face à un autre incendie, lui aussi parisien, lui aussi d’origine criminelle, à ceci près qu’il visait un bâtiment occupé par des Roms et qu’il a entraîné une mort d’homme : Ion Salagean.

• que Charlie Hebdo, en acceptant la visite intéressée de Claude Guéant, qui incrimine avec empressement des « extrémistes musulmans », en l’absence du moindre élément de preuve, participe, comme il l’a déjà fait dans le passé en publiant des articles ou des dessins antimusulmans, à la confusion générale, à la sarkozisation et à la lepénisation des esprits.

• qu’il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo, que les dégâts matériels seront pris en charge par leur assurance, que le buzz médiatique et l’islamophobie ambiante assureront certainement à l’hebdomadaire, au moins ponctuellement, des ventes décuplées, comme cela s’était produit à l’occasion de la première « affaire des caricatures » – bref : que ce fameux cocktail molotov risque plutôt de relancer pour un tour un hebdomadaire qui, ces derniers mois, s’enlisait en silence dans la mévente et les difficultés financières.

• que, contrairement à ce qui dit et se répète jusqu’à la nausée à la faveur de ce nouveau buzz antimusulman, la liberté de critiquer l’islam est tout sauf menacée, et que toute personne dotée d’un minimum de bon sens peut même constater, en inspectant semaine après semaine la devanture de son kiosque ou les programmes de télévision, que concernant l’islam, non seulement la critique mais aussi la caricature et l’injure prospèrent en toute tranquillité et en toute bonhomie depuis au moins une décennie.

• qu’en revanche, il est une liberté d’expression qui est bel et bien menacée, et même plus d’une : celle pour commencer des femmes qui voudraient s’habiller comme bon leur semble, sans qu’un État national-laïque [laïc] leur impose par la loi un dress-code de bonne musulmane cheveux aux vents ; celle de ces mêmes femmes lorsqu’elles voudraient faire entendre leur ras-le-bol des regards, injures et discriminations qu’elles subissent quotidiennement au motif qu’elles portent un foulard ; celle des sans-papiers qui aimeraient avoir la parole et informer le public sur la réalité de leurs conditions de vie ; celle des SDF, des chômeurs, des précaires, qui sont les perpétuels recalés de l’espace public officiel – cet espace de « libre expression » qu’il s’agirait aujourd’hui de défendre, main dans la main avec Charb, Luz, Riss et leurs supporteurs [Claude Guéant, Ivan Rioufol et Marine Le Pen].

• que les leçons de tolérance adressées par l’élite blanche aux musulmans, présumés coupables de l’incendie, sont pour le moins malvenues puisque, contrairement à ce qui se dit et se répète, le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute « offense au drapeau ou à l’hymne national ».

• que la liberté d’expression consiste à donner la parole aussi à la masse de celles et ceux, musulmans ou pas, qui n’éprouvent absolument aucune sympathie pour Charlie Hebdo, y compris « dans ce moment difficile », à toutes celles et ceux qui n’ont, depuis des années, aucun espace dans les grands médias pour dire leur écoeurement face à la nouvelle marque de fabrique de cet hebdomadaire : un anticléricalisme primaire doublé d’une obsession islamophobe.

• que, pour commencer, la liberté d’expression consisterait, pour que les amis de Charlie Hebdo retrouvent une once d’honneur, à donner abondamment la parole aux proches de Ion Salagean, à ses amis résidents du 163 rue des Pyrénées, et plus largement aux Roms qui subissent depuis de nombreux mois, et depuis bien plus longtemps en fait, le plus brutal et le plus assumé des racismes d’État.
P.-S.

Saïd Bouamama estsociologue et militantantiraciste ; Youssef Boussoumah et Houria Bouteldja (sa compagne franco-algérienne) sont membres du Parti des Indigènes de la République ;Abdelaziz Chaambi est porte parole du Collectif contre le racisme et l’islamophobie ; Ismahane Chouder et Ndella Paye sont membres duCollectif des Féministes Pour l’Egalité, de Mamans Toutes égales et de Participation et Spiritualité musulmanes ; Christine Delphy est sociologue et militante féministe ; Olivier Cyran, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo (photo ci-dessus: suggestion que Marianne devrait être blanche…), Sébastien Fontenelle et Hassina Mechaï sont journalistes ; Henri Braun et Nawel Gafsia sont avocats ; Sylvie Tissot est sociologue et militante féministe ; Arielle Saint Lazare est militante féministe ; Laurent Lévy, Faysal Riad, Karim Tbaili, Pierre Tevanian et Najate Zouggari sont militants antiracistes.

« Il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes (…) », selon Rokhaya Diallo (PIR)

Manifeste de 2011 après les caricatures de Mahomet et l’incendie de CharlieHebdo

La Liberté D’Expression N’Est Pas À Défendre : Elle Est À Conquérir

Sébastien Fontenelle avait publié ce texte le 5 novembre 2011 dans Politis
(Le collectif signataire de ce texte est composé de Saïd Bouamama, Youssef Boussoumah (PIR et militant de la cause palestinienne), Houria Bouteldja (appointée par l’Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, et pourtant auteure de l’ « ouvrage » ci-contre), Henri Braun, Abdelaziz Chaambi, Ismahane Chouder, Olivier Cyran, Christine Delphy, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo, Sébastien Fontenelle, Nawel Gafsia, Laurent Lévy, Hassina Mechaï, Ndella Paye, Faysal Riad, Arielle Saint Lazare, Karim Tbaili, Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, et Najate Zouggari.)
Sont-ils les invités de Julien Dray et défileront-ils dimanche?

Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias.
Nous affirmons :
• qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetière musulman.
• que la disproportion entre les unes alarmistes sur l’incendie de Charlie Hebdo et les brèves de dix lignes sur les saccages de lieux de culte musulmans entretient une vision du monde raciste : si un saccage est plus grave qu’un autre, c’est que les biens des uns sont plus précieux que les biens des autres, et c’est en définitive que les uns valent plus que les autres.
• que le climat d’état d’urgence et d’union sacrée qui s’instaure aujourd’hui autour de Charlie Hebdo est d’autant plus odieux qu’il tombe au même moment qu’un silence et une indifférence quasi générale face à un autre incendie, lui aussi parisien, lui aussi d’origine criminelle, à ceci près qu’il visait un bâtiment occupé par des Roms et qu’il a entraîné une mort d’homme : Ion Salagean.
• que Charlie Hebdo, en acceptant la visite intéressée de Claude Guéant, qui incrimine avec empressement des « extrémistes musulmans », en l’absence du moindre élément de preuve, participe, comme il l’a déjà fait dans le passé en publiant des articles ou des dessins antimusulmans, à la confusion générale, à la sarkozisation et à la lepénisation des esprits.
• qu’il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo, que les dégâts matériels seront pris en charge par leur assurance, que le buzz médiatique et l’islamophobie ambiante assureront certainement à l’hebdomadaire, au moins ponctuellement, des ventes décuplées, comme cela s’était produit à l’occasion de la première « affaire des caricatures » – bref : que ce fameux cocktail molotov risque plutôt de relancer pour un tour un hebdomadaire qui, ces derniers mois, s’enlisait en silence dans la mévente et les difficultés financières.
• que, contrairement à ce qui dit et se répète jusqu’à la nausée à la faveur de ce nouveau buzz antimusulman, la liberté de critiquer l’islam est tout sauf menacée, et que toute personne dotée d’un minimum de bon sens peut même constater, en inspectant semaine après semaine la devanture de son kiosque ou les programmes de télévision, que concernant l’islam, non seulement la critique mais aussi la caricature et l’injure prospèrent en toute tranquillité et en toute bonhomie depuis au moins une décennie.
• qu’en revanche, il est une liberté d’expression qui est bel et bien menacée, et même plus d’une : celle pour commencer des femmes qui voudraient s’habiller comme bon leur semble, sans qu’un État national-laïque [laïc] leur impose par la loi un dress-code de bonne musulmane cheveux aux vents ; celle de ces mêmes femmes lorsqu’elles voudraient faire entendre leur ras-le-bol des regards, injures et discriminations qu’elles subissent quotidiennement au motif qu’elles portent un foulard ; celle des sans-papiers qui aimeraient avoir la parole et informer le public sur la réalité de leurs conditions de vie ; celle des SDF, des chômeurs, des précaires, qui sont les perpétuels recalés de l’espace public officiel – cet espace de « libre expression » qu’il s’agirait aujourd’hui de défendre, main dans la main avec Charb, Luz, Riss et leurs supporteurs [Claude Guéant, Ivan Rioufol et Marine Le Pen].
• que les leçons de tolérance adressées par l’élite blanche aux musulmans, présumés coupables de l’incendie, sont pour le moins malvenues puisque, contrairement à ce qui se dit et se répète, le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute « offense au drapeau ou à l’hymne national ».
• que la liberté d’expression consiste à donner la parole aussi à la masse de celles et ceux, musulmans ou pas, qui n’éprouvent absolument aucune sympathie pour Charlie Hebdo, y compris « dans ce moment difficile », à toutes celles et ceux qui n’ont, depuis des années, aucun espace dans les grands médias pour dire leur écoeurement face à la nouvelle marque de fabrique de cet hebdomadaire : un anticléricalisme primaire doublé d’une obsession islamophobe.
• que, pour commencer, la liberté d’expression consisterait, pour que les amis de Charlie Hebdo retrouvent une once d’honneur, à donner abondamment la parole aux proches de Ion Salagean, à ses amis résidents du 163 rue des Pyrénées, et plus largement aux Roms qui subissent depuis de nombreux mois, et depuis bien plus longtemps en fait, le plus brutal et le plus assumé des racismes d’État.
P.-S.

Saïd Bouamama estsociologue et militantantiraciste ; Youssef Boussoumah et Houria Bouteldja (sa compagne franco-algérienne) sont membres du Parti des Indigènes de la République ;Abdelaziz Chaambi est porte parole du Collectif contre le racisme et l’islamophobie ; Ismahane Chouder et Ndella Paye sont membres duCollectif des Féministes Pour l’Egalité, de Mamans Toutes égales et de Participation et Spiritualité musulmanes ; Christine Delphy est sociologue et militante féministe ; Olivier Cyran, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo (photo ci-dessus: suggestion que Marianne devrait être blanche…), Sébastien Fontenelle et Hassina Mechaï sont journalistes ; Henri Braun et Nawel Gafsia sont avocats ; Sylvie Tissot est sociologue et militante féministe ; Arielle Saint Lazare est militante féministe ; Laurent Lévy, Faysal Riad, Karim Tbaili, Pierre Tevanian et Najate Zouggari sont militants antiracistes.