L’Assemblée vote l’indemnisation chômage des démissionnaires; la gauche la juge dérisoire

C’est la représentation nationale que la gauche met en cause

blog -assurance chomage-reformer l emploi-JM.jpgDans la nuit de vendredi à samedi, à l’issue de l’examen du projet de loi avenir professionnel et de ses quelque 2.000 amendements vers 04h00 samedi matin, les députés ont approuvé notamment l’extension de l’indemnisation chômage aux démissionnaires, une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, moquée par la gauche pour le nombre « dérisoire » de bénéficiaires potentiels, évalué à 30.000. Le vote solennel sur le texte aura pourtant lieu mardi.

Le candidat Emmanuel Macron avait évoqué une assurance chômage « universelle » permettant aux indépendants et démissionnaires de toucher des allocations, avec en « contrepartie » un contrôle renforcé des chômeurs, soupçonnés d’être des profiteurs du système en vigueur. Il avait ensuite chargé la barque des demandeurs de cette indemnisation chômage en ajoutant l’obligation, pour les démissionnaires, d’avoir un projet professionnel.

Le texte « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » est porté par la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Le gouvernement le présente comme le complément des ordonnances travail, entend créer de nouveaux « filets de sécurité ». « Quand on prend le risque de la mobilité professionnelle, les filets de sécurité sont très déficients », a défendu Muriel Pénicaud, jugeant nécessaire d’aller vers « une approche universaliste de l’assurance chômage ». Pour Michèle Peyron, députée LREM de Seine-et-Marne ( Brie-Comte-Robert),  diplômée du …brevet des collèges et membre de la commission des Affaires sociales, la réforme « facilitera les transitions professionnelles ».

Macron ne vise plus une universalité totale, mais une indemnisation, sous conditions, en cas de démission avec un projet de reconversion ou de création ou reprise d’entreprise.

« Il ne faut pas pousser les gens à démissionner mais accompagner ceux qui ont un projet », a justifié Pénicaud. Cette indemnisation sera limitée aux démissionnaires ayant travaillé sans interruption au cours des cinq années précédant la démission.

Le gouvernement pourrait éventuellement l’élargir par décret

Les bénéficiaires serait les personnes qui, lors des cinq dernières années, auraient connu une courte interruption, avait récemment indiqué le rapporteur de ce volet Aurélien Taché (LREM),  un ex-apprenti en plomberie, qui à 19 ans s’inscrit en droit public à l’université de Limoges pour y militer dans le syndicalisme étudiant. C’est  l’UNEF – socialiste – qui lui trace sa route… 

Résultat de recherche d'images pour Selon Le Monde, Taché fait partie d’une petite dizaine de députés qui forment « la garde avancée d’Emmanuel Macron, au Palais-Bourbon comme dans les media. Des janissaires [esclaves d’origine européenne et de confession chrétienne qui constituaient l’élite de l’infanterie de l’armée ottomane] dévoués corps et âme à l’ex-banquier, qui ne dépendent que de lui, ne rendent de comptes qu’à lui ».  On peut avoir été conseiller auprès des ministres du Logement Sylvia Pinel et Emmanuelle Cosse  et se découvrir des convictions libérales !  Il était chargé des dossiers relatifs à l’hébergement des sans-abris, du logement des personnes défavorisées, de l’habitat des gens du voyage et de l’accueil des réfugiés et responsable de la lutte contre l’exclusion comme attaché territorial au Conseil régional socialiste d’Ile-de-France, en 2010, mais rester coi sur l’accueil des migrants clandestins de l’Aquarius que SOS Méditerranée tient à débarquer à Valence, ville conservatrice espagnole, en Union européenne plutôt qu’à Tunis.

L’élargissement de la couverture pour les démissionnaires doit concerner 20 à 30.000 bénéficiaires, estime Muriel Pénicaud. Quelque 70.000 démissions par an donnent déjà lieu aujourd’hui à une indemnisation chômage.

Les indépendants doivent bénéficier d’une allocation forfaitaire (800 euros par mois pendant six mois) en cas de liquidation judiciaire et de départ dans le cadre d’un redressement judiciaire. Les conjoints associés devaient aussi être indemnisés en cas de divorce ou rupture de Pacs, mais un amendement gouvernemental est revenu sur ce point. Ces périodes d’indemnisation chômage permettront de valider des trimestres pour la retraite.

Une promesse électorale « réduite comme peau de chagrin » 

blog -chomeurs a egalitéLa gauche dénonce une promesse « piétinée » du candidat Macron. Le socialiste Boris Vallaud juge notamment « dérisoire » le nombre de démissionnaires et d’indépendants qui pourront être indemnisés. « De la parole aux actes, le gap est considérable », selon ce porte-parole (bilingue !), qui dénonce une réforme qui « fait pschitt ».
La promesse de campagne « est réduite à peau de chagrin », lui a fait écho Bastien Lachaud (LFI), mais le ‘gap’ entre Vallaud (époux Vallaud-Belkacem et ex-collaborateur de Hollande à l’Elysée, comme Macron) et la gauche extrême est infime…

Sur l’abus de contrats courts, le gouvernement se décharge sur les entreprises jusqu’à 2019. Mais elles doivent s’y attaquer, sous la menace, sinon, d’un alourdissement de cotisations patronales en cas de ruptures de contrats excessivement nombreuses, que permet ce texte. A l’inverse, celles qui ont peu recours à ces contrats courts auront une réduction de leurs cotisations, selon un bonus-malus. La carotte et le bâton !

« C’est le principe du pollueur payeur : il n’est pas normal que les uns payent pour les autres », a lancé Pénicaud, s’en prenant aux employeurs « qui renvoient indéfiniment à l’assurance chômage alors qu’ils ont des besoins permanents« . Si 85% des salariés sont en CDI aujourd’hui, 80% des embauches se font en CDD de moins d’un mois, l’un des taux les plus élevés d’Europe.

Autre volet épineux, critiqué à droite et à gauche, à l’unisson des partenaires sociaux.

La modification du pilotage du régime autorise l’Etat à encadrer plus strictement des renégociations des règles d’indemnisation par les partenaires sociaux.

Endetté depuis le début des années 2000, l’UNEDIC repasse dans le vert. Les comptes de l’organisme gestionnaire de l’assurance chômage  devraient atteindre l’équilibre en 2019, selon ses propres prévisions publiées mercredi

Résultat de recherche d'images pour "Macron a Pole emploi"Mais la réforme en cours pourrait générer « un surcoût de 280 à 570 millions d’euros en régime de croisière », selon l’Unédic,  Union nationale interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce, co-gestionnaire (par  par délégation de service public) de l’assurance chômage avec Pôle emploi (établissement public à caractère administratif dont le directeur général est nommé par le président de la République), et si elle annonce des excédents « à partir de 2020 », ce n’est pas gagné !

Le texte prévoit aussi des mesures pour l’emploi des handicapés, contre le détachement illégal de travailleurs ou pour l’égalité femmes-hommes.

Le gouvernement a par ailleurs fait voter des amendements pour permettre d’embaucher des contractuels à des postes de hauts fonctionnaires (quelque 10.000 postes au total). Une dose de précarité manquait probablement au sommet de l’Etat, mais les parachutes dorés seront déployés, soyons en sûrs, lors de leur reclassement…

Pour pousser les plateformes de mise en relations (Uber, Deliveroo…) à s’engager pour la protection sociale de leurs travailleurs, en évitant une requalification en salariat, la majorité a défendu un compromis : la possibilité d’une charte sociale, où elles s’engagent notamment sur les conditions d’emploi. « Vous risquez d’affaiblir le droit social existant et vous allez légitimer le système des plateformes », a dénoncé le communiste de Martigues-Port-de-Bouc) Pierre Dharréville, ex-journaliste à L’Humanité. Il est membre de la commission des affaires sociales et fait partie de la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale.

Chômage: François Hollande a encore négligé l’emploi en 2014

2014, nouvelle année record du chômage en hausse de 5,7%

Le chômage a progressé de 5,7% en 2014 et 3.496.400 personnes étaient sans emploi en France métropolitaine, sans compter l’Outre-mer.

Propagande sociale à l’épreuve du pouvoir

En décembre, le nombre d’inscrits en catégorie A a également augmenté de 0,2%. Avec 3,496 millions de chômeurs sans activité en métropole en décembre et 189.100 demandeurs d’emplois supplémentaires en 2014, le président Hollande reste en échec sur le chômage à plus de mi-mandat, les effets du Pacte de responsabilité tardant à se concrétiser.
Quelque 8.100 personnes supplémentaires, sans activité, se sont inscrites à Pôle emploi en décembre (+0,2%). Sur l’année, la progression du nombre des chômeurs de cette catégorie (A) a été de 5,7%, comme en 2013.

En incluant les chômeurs ayant une activité réduite, 5,21 millions de personnes étaient inscrites à Pôle emploi en métropole, 5,52 millions avec l’Outre-mer. « Nous avons toujours considéré que 2014 était une année difficile« , a réagi un Premier ministre aussi impuissant que fataliste, Manuel Valls, constatant qu’avec « une croissance très faible », il ne fallait « pas s’attendre à des miracles » ! Mais pour lui « 2015 doit être l’année de la remobilisation et de la reconquête ». « Elle doit » et « il faut »…

« La progression a été en décembre « deux fois inférieure à la moyenne mensuelle des douze derniers mois, » a argumenté le ministère du Travail souligne que .

Les chiffres de décembre sont « symptomatiques » d’une « explosion » des demandeurs d’emplois avec une activité limitée, et donc des « travailleurs précaires, » a souligné Eric Heyer, économiste à l’OFCE. « Aujourd’hui, deux embauches sur trois sont des CDD de moins d’un mois, ce qui veut dire des contrats d’une semaine, deux semaines« , a-t-il expliqué.
Ces personnes « sortent des statistiques du Bureau international du travail ou de la catégorie A parce qu’elles vont travailler quelques heures mais sont tout de même demandeurs d’emploi en fin de mois« . Pour l’expert, « cela fait 1,7 million de personnes qui naviguent entre chômage et emploi ».

Parmi les demandeurs d’emploi, les rangs des plus de 50 ans, les plus touchés, ont bondi de 10,4% sur un an, révélant – reflet, selon E. Heyer, « l’absence de politique ciblée sur eux, contrairement à ce qui est fait pour les jeunes« . En effet, le nombre des jeunes demandeurs d’emploi de moins de 25 ans, en hausse de 1,7% seulement sur un an, a légèrement baissé en décembre (-0,2%).

+ 572.500 chômeurs, à mi-mandat de la présidence socialiste

La politique de l’emploi en 2014 a été concentrée sur « les plus exposés [si on exclut les plus de 50 ans !] au risque d’exclusion du marché du travail », a rappelé le ministère, en citant « près de 97.000 emplois d’avenir pour les jeunes souvent peu qualifiés », « près de 310.000 contrats aidés non marchands et 48.000 marchands pour des chômeurs de longue durée ou éloignés de l’emploi« .

Le chômage longue durée s’amplifie : en décembre, plus de 2,4 millions de personnes étaient inscrites à Pôle emploi depuis plus d’un an (+9,3% en un an). Pour les chômeurs inscrits depuis 3 ans ou plus, la hausse atteint 19,1% sur un an.

Un dossier lourd pour François Rebsamen, qui doit présenter en février des travaux sur ce sujet.
Pour relancer l’emploi, il compte notamment sur « le plein déploiement du Pacte de responsabilité et de solidarité et une amélioration de l’environnement économique ».
Ce Pacte consiste en un « deal »: 40 milliards d’euros aux entreprises d’ici à 2017 en échange de négociations dans les branches professionnelles, sur l’emploi notamment. Mais à ce jour, seulement 11 accords de branches ont été conclus, couvrant 4 millions de salariés sur les 11,4 millions des 50 principales branches.

La plupart des observateurs ne prévoient pas de franche embellie pour 2015.

Mi-janvier l’UNEDIC, l’organisme gestionnaire de l’assurance chômage, prévoyait 104.000 chômeurs supplémentaires cette année, après 182.000 en 2014.
« La lutte contre le chômage nécessite un engagement plus fort des branches et des entreprises dans le pacte », a commenté la CFDT en évoquant une nouvelle « année noire sur le front de l’emploi ».

La CGT évoque elle une « spirale infernale qui coûte excessivement cher aux salariés et aux demandeurs d’emploi » et appelle le gouvernement à « changer de politique ».

Le président du MEDEF, Pierre Gattaz estime qu' »il y a urgence », mais que « le chômage n’est pas une fatalité indépassable », encourageant « à poursuivre et amplifier les réformes nécessaires ».

A l’UMP, Eric Woerth parle d’une « tragédie française » et juge que « l’unité nationale ne vaut pas quand chaque jour amène 855 chômeurs de plus« .

Depuis l’élection présidentielle de mai 2012, la politique de Hollande a conduit quelque 572.500 personnes supplémentaires à Pôle emploi.