Ralentissement économique plus marqué que prévu, depuis début 2018

La magie des paroles de Macron n’opère pas

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Macron est passé de « Yes, we can ! » à « Yes, we might »…

Le ralentissement se confirme: l‘INSEE a dû réviser à la baisse les prévisions de croissance économique française du premier trimestre, mercredi, soulevant quelques inquiétudes, alors que des problèmes s’annoncent à l’horizon.

 

La hausse du produit intérieur brut (PIB) s’est établie à 0,2% sur les trois premiers mois de l’année, soit 0,1 point de moins que ce qui avait été préalablement annoncé, selon une deuxième estimation publiée mercredi par l’Institut national de la statistique dépendant de Bercy.

L’exécutif accuse un ralentissement plus net que prévu de l’investissement des entreprises et de la consommation des ménages, selon l’Insee, qui précise pourtant avoir révisé ses méthodes de calcul de l’évolution du PIB.

L’activité économique a ainsi marqué un coup d’arrêt par rapport à la croissance du quatrième trimestre 2017 (0,7%) et des trimestres précédents

L’INSEE avait pris le risque d’adopter la méthode Coué en révisant à la hausse (+0,8%) pour le premier trimestre et +0,7% pour les deuxième et troisième trimestres. « Le fait qu’il y ait une révision à la baisse n’a en soit rien de dramatique; c’est assez habituel au premier trimestre« , banalise Alexandre Vincent, économiste à l’institut Coe-Rexecode, premier centre privé français de recherche en économiedont l’actuel directeur est Michel Didier, également membre du Conseil d’analyse économique depuis 1997 et membre du Cercle des Economistes, un cercle de réflexion présidé par un ex du directoire du Groupe Edmond de Rothschild, dont Macron fut associé-gérant. Il est aussi le père de l’homme politique LR Geoffroy Didier.

« On avait encaissé la nouvelle que le premier trimestre n’était pas très bon dès la première estimation, raconte-t-il après coup : le ralentissement se profilait, il est maintenant engagé », avoue-t-il néanmoins.

Les investissements des entreprises se sont ainsi effondrés, passant de +1,2% au dernier trimestre 2017 à +0,1% le trimestre suivant. En cause essentiellement, le repli de l’investissement en biens manufacturés (−1,3% après +1,6% au dernier trimestre 2017).<br>« Il y a eu un ajustement au premier trimestre après une fin 2017 pas soutenable en termes d’évolution », estime Philippe Waechter,  directeur de la recherche économique chez Natixis AM, selon lequel les entreprises « reprennent leur souffle ».

L’investissement des ménages a lui aussi fléchi, avec une croissance de 0,2% contre 0,6% au trimestre précédent, « en raison d’un ralentissement dans le secteur de la construction, » selon l’Insee. Macron aurait-il sous-estimé l’incidence de sa hausse de la CSG et de sa baisse des APL ?

La consommation est pour sa part restée « atone », progressant de 0,1% entre janvier et mars, contre 0,2% lors des trois mois précédents. La politique de Macron ne stimule ni les fonctionnaires, ni les retraités qu’il maltraite.

« Le chômage reste élevé, il n’y a pas eu d’accélération des salaires, et le pouvoir d’achat a été écorné par certaines mesures fiscales » entrées en vigueur début 2018 (hausse de la contribution sociale généralisée, CSG, et de la fiscalité sur les carburants et le tabac), explique Alexandre Vincent (Coe-Rexecode). 

Le commerce extérieur, qui s’était fortement redressé entre octobre et décembre, a eu, quant à lui,  un effet nul sur la croissance : les exportations ont ainsi reculé de 0,3% (après +2,3%), mais ce recul a été compensé par une baisse similaire des importations (-0,3% après +0,1%). Nul ne sait qui est en charge du Commerce dans le gouvernement Philippe. L’inconnu(e) ne peut être viré(e), mais le ministre de tutelle pourrait bien être Bruno Le Maire qui cumule tant d’attributions qu’à l’évidence, désormais, il n’a sans doute pas les épaules aussi larges qu’imaginées à l’Elysée.

Ce coup de mou ne remet toutefois pas en cause à ce stade l' »acquis de croissance » pour 2018

Le niveau que le PIB atteindrait si l’activité stagnait d’ici à la fin de l’année est tenu pour acquis… <br>Selon l’INSEE, ce dernier se maintient à 1,2%, en raison de la dynamique des pays voisins dans l’année 2017, marquée par une croissance soutenue de 2,2%, soit le plus haut niveau de croissance en France depuis 10 ans. 

Reste que ces statistiques envoient un signal inquiétant, d’autant que la tendance qui se dégage pour le deuxième trimestre n’est guère encourageante: selon la Banque de France, la croissance devrait en effet continuer à patiner au printemps, sur un rythme de 0,3%.

Plusieurs indicateurs ont confirmé ces derniers jours le ralentissement économique à l’oeuvre dans l’Hexagone. Le climat des affaires, calculé à partir des réponses des chefs d’entreprises, s’est ainsi replié de deux points en mai, pour le cinquième mois consécutif. Quant aux dépenses de consommation des ménages en biens, elles ont diminué de 1,5% en avril, d’après l’Insee.<br>« Ces évolutions indiquent que la croissance française devrait rapidement redescendre vers 1,5%« , s’est alarmé sur Twitter l’économiste Marc Touati, enseignant à Sciences Po, tout en étant directeur général délégué et directeur des Etudes Economiques de Global Equities, jugeant la croissance « en danger ».

Plus politique pour sa part, Philippe Waechter tend déjà à rendre le bouleversement politique en Italie responsable des malheurs de Bercy. « Il y a l’idée que l’économie européenne est engluée de nouveau dans quelque chose de préoccupant« , distille-t-il, tout en restant dans le flou. Et de supputer que cela « peut modifier les anticipations et pénaliser la croissance », attendue par le gouvernement à 2% cette année.

Résultat de recherche d'images pour "stagnation"Bref, Macron n’est pas mauvais: ce sont les pays voisins qui ne l’aident pas ! <br>Mais notre chance sera que, quand ils vont avoir connaissance du niveau de performance du  » premier de cordée  » de l’Elysée…, le ‘benchmarking‘  des migrants marche à fond.

Déficit public : le satisfecit de Bruxelles à la France doit être nuancé

Moscovici s’est précipité, mais la Commission européenne va déchanter

blog -Macron-Moscovici-connivenceLa Commission de Bruxelles a proposé, mercredi 23 mai, de sortir la France de la procédure de déficit excessif, un trompe-l’oeil qui interdit tout triomphalisme. 

Moscovici est-il crédible lorsqu’il estime que la France a désormais remis ses finances publiques en ordre ? C’est vrai qu’en apparence, les choses vont mieux. Notre déficit s’affiche désormais à   2,6% du PIB –  c’est le dernier chiffre connu, celui de 2017. L’année d’avant, c’était 3,4% du PIB. On pourrait se laisser gagner par l’enthousiasme des milieux macroniens puisque nous sommes donc en-dessous de la limite des 3% fixée par Maastricht, dont le dépassement avait motivé le déclenchement de la procédure à Bruxelles.

Mais l’amélioration entre 2016 et 2017 n’a pas été réalisée par des moyens très réconfortants. Elle n’est due qu’à des facteurs exceptionnels : en tout premier lieu, à l’amélioration des recettes fiscales, c’est-à-dire des rentrées d’impôts, grâce à la reprise économique, essentiellement contextuelle. Ensuite, des contributions à Bruxelles plus faibles que d’habitude. Et enfin la persistance de taux d’intérêt bas, ce qui a permis de contenir la charge de la dette. Rien, don, qui autorise Bercy à pavoiser. 

Que les taux d’intérêt remontent – comme c’est probable -, que la reprise s’affaiblisse – comme c’est possible -, et le solde budgétaire français viendra à tangenter à nouveau les 3%. Le Haut conseil des finances publiques, dirigé par le premier président de la Cour des comptes, a d’ailleurs rendu un avis sans nuances. Il estime que le passage en dessous de 3% a été obtenu « sans aucun effort budgétaire » en 2017. C’est un concours de circonstances, par définition non reproductible.

La facture laissée par Hollande

En réalité, le Conseil et la Cour des comptes visent explicitement la première partie de l’année : celle de François Hollande, où l’on a desserré tous les freins : augmentation des dépenses, du nombre et du salaire des fonctionnaires. Pour cause de campagne électorale.

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-cards= »hidden » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Pour la première fois depuis 10 ans, la France sort de la procédure de déficit excessif !<br><br>Un point de départ essentiel pour retrouver notre crédibilité en <a href= »https://twitter.com/hashtag/Europe?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#Europe</a&gt;. Nous sommes déterminés avec <a href= »https://twitter.com/GDarmanin?ref_src=twsrc%5Etfw »>@GDarmanin</a&gt; à poursuivre avec ce redressement de nos finances publiques. <a href= »https://t.co/gNzmDf8Spu »>pic.twitter.com/gNzmDf8Spu</a></p>&mdash; Bruno Le Maire (@BrunoLeMaire) <a href= »https://twitter.com/BrunoLeMaire/status/999265804750290944?ref_src=twsrc%5Etfw »>23 mai 2018</a></blockquote>
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La nouvelle administration, arrivée après l’élection présidentielle, a dû geler des crédits, et a profité du surcroît de recettes fiscales bienvenues pour corriger la trajectoire. En fait, Hollande avait hypothéqué la petite cagnotte en la dépensant avant même qu’elle ne rentre dans les caisses. Il l’a subtilisée à son successeur, Emmanuel Macron.

Pour 2018, la prévision officielle est de 2,3%. Et 2,4% pour 2019. Elles ont été améliorées récemment, encore une fois grâce à la croissance. Aux prévisions de croissance, faudrait-il dire plutôt. Prévisions qui suscitent d’ailleurs la méfiance de la Cour des comptes.

D’autant que d’autres dépenses se profilent, comme de nouvelles aides aux entreprises avec la transformation du fameux crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse des charges. Et probablement, pour les années ultérieures, la reprise d’une bonne partie de la dette de la SNCF, qui va aussi grever les comptes, parce que l’opération devra transiter par le déficit budgétaire. Quant aux dépenses courantes, elles devraient continuer à augmenter très légèrement en volume.

Bruxelles cajole son meilleur allié

blog -Moscovici-Macron-Le MairePersonne n’est dupe à Bruxelles sur les fragilités françaises. Même à 2,6% de déficit en 2017, nous restons loin de la moyenne de l’Union européenne, qui est à 1% de déficit. Sans parler de l’Allemagne, qui va dégager 1,3% du PIB d’excédent.

D’autant que l’heure n’est plus à la fermeté européenne. La France est l’un des rares pays dont le gouvernement croit encore à l’approfondissement de l’Europe. On voit mal comment Bruxelles pourrait malmener son meilleur allié.

Or, les élections européennes sont pour dans un an, mai 2019 et le commissaire européen aux Affaires économiques n’est autre que le socialiste français Pierre Moscovici qui, à 60 ans,  a amorcé sa Grande Marche vers la macronie.

C’est en fait davantage la presse macronienne qui joue le  rôle puant de thuriféraire, car, à y bien regarder, si le  commissaire européen se réjouit que la France ait réussi à passer sous la barre fatidique en 2017, il se dit prêt à acter la sortie de la France de la procédure de déficit excessif à la condition qu’elle confirme ses efforts en 2018 et 2019. Des encouragements mais pas de félicitations.

 

La croissance a ralenti à 0,1% au 4e trimestre, constate l’INSEE

La croissance plafonne toujours à 0,4% en 2014

La croissance de l’économie française a ralenti à 0,1% au quatrième trimestre 2014

Mais l’INSEE positive: cette baisse est conforme aux attentes !
C’est cette direction générale du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie qui le dit. Dans ses premiers résultats publiés vendredi, l’institut assure que les exportations sont un peu plus dynamiques et la consommation des… administrations (!) et des ménages en hausse, en cette période exceptionnelle des fêtes de fin d’années. L’INSEE voit un sujet de satisfaction dans le fait que les prévisions pessimistes de trente-trois économistes n’ont pas été démenties quand ils ne prévoyaient en moyenne qu’une hausse de 0,1% du PIB de la France au 4e trimestre, leurs estimations allant de -0,2% à +0,2%. Le produit intérieur brut français a en effet augmenté de 0,1% au quatrième trimestre 2014, après 0,3% au troisième, -0,1 au deuxième et 0 au premier, a précisé l’Institut national de la statistique et des études économiques dans une première estimation.
La Banque de France escomptait également une hausse de 0,1% du PIB de la période octobre-décembre sur la base de ses enquêtes de conjoncture mensuelles.

Ainsi l’institut se satisfait-il d’une stagnation, observant dans le même temps un niveau de croissance de +0,3% au troisième trimestre, ce qui fait que, sur l’ensemble de 2014, le produit intérieur brut de la France progresse en moyenne de 0,4%, « en ligne avec les prévisions du gouvernement », quand on accepte la mission militante de positiver, mais pas mieux, sinon, qu’en 2013 et 2012.
L’INSEE prend ainsi à son compte les éléments de langage de son patron, le ministre des Finances Michel Sapin, qui a rappelé que le gouvernement avait revu à la fin de l’été sa prévision pour l’année 2014 à 0,4%, contre 1,0% auparavant. « En 2014, la croissance aura été de 0,4%, comme nous l’avions prévu et annoncé dès la fin de l’été« , a immédiatement déclaré Sapin à quelques journalistes. « C’est évidemment encore trop faible », concède Michou Sapin à propos du chiffre définitif, « mais les conditions sont réunies pour permettre un redémarrage plus net de l’activité en 2015« , assure le marchand de sable de Bercy. Une musique douce déjà entendue sur toutes ses partitions économiques, notamment au temps du redressement de la courbe de l’emploi prévu pour décembre 2013.
« Les derniers signaux économiques sont encourageants et confortent notre prévision de croissance de 1% en 2015 », continue-t-il de raconter à qui veut l’entendre, en soulignant que les chefs d’entreprise dans l’industrie manufacturière ont revu récemment à la hausse leurs projets d’investissements pour l’année.

La contribution de la demande intérieure finale à la croissance du quatrième trimestre a été positive de 0,1 point et celle de la variation des stocks négative de 0,2 point. Le commerce extérieur y a contribué positivement à hauteur de 0,1 point, du fait d’une progression des exportations plus forte que des importations. Les dépenses de consommation des ménages ont résisté avec une hausse de 0,2% et celles des administrations publiques ont augmenté de 0,4%, indique l’INSEE. Sur l’année, les premières ont progressé de 0,6%, après 0,3% en 2014, et les secondes, de 1,9% après 2,0%. Mais les diverses sources n’ont encore pas accordé leurs violons.

L’investissement, facteur clé de croissance, reste en panne

blog -indicateurs economiques sont bons-PS en Porsche-WingzPoint noir des statistiques publiées vendredi, l’investissement total a reculé de 1,6% sur l’ensemble de l’année 2014, à -0,8%, deux fois plus qu’en 2013. Ce recul serait essentiellement imputable aux ménages (-1,5%) du fait de la baisse du pouvoir d’achat et de la politique désastreuse menée par Cécile Duflot (EELV), l’ex-ministre du Logement, et de la faiblesse persistante des achats immobiliers.
L’investissement des seules entreprises a également reculé de 0,2% après avoir été stable au troisième trimestre. L’INSEE ne trouve plus les mots pour positiver…

Ce « repli », quand on répugne à parler de « baisse », est particulièrement marqué par la consommation des ménages (-5,8%), autre moteur très surveillé de la croissance française, mais « compensé », dans la présentation des faits, par un soi-disant frémissement chez les entreprises non financières (« 0,3% après -0,6% en 2013).
Or, les analyses divergent et certaines assurent que les éléments jouent contre Hollande: l’augmentation de 2014 (« 0,6%, après « 0,3% en 2013) aurait pu être plus sensible si elle n’avait été ralentie au dernier trimestre en raison notamment d’un hiver doux limitant les dépenses en énergie…

Autre discordance sur le commerce extérieur qui, selon d’autres, contribue négativement (-0,4 point, après « 0,1 en 2013) à la croissance en 2014, malgré une accélération des exportations au quatrième trimestre (« 2,3% après « 0,7% au troisième trimestre), selon la période de référence considérée.
Les stocks en revanche contribuent en 2014 pour 0,3 point à l’activité en 2014 (-0,2 point en 2013). Les stocks, ce sont les réserves et leur contribution n’est pas le signe d’une reprise de l’activité…

La manipulation des chiffres, l’embrouillage des esprits sur les périodes considérées et la présentation trompeuse d’éléments confus rend difficile à tous le décryptage de la réalité passée. Ne parlons donc pas de la bouteille à l’encre des prévisions…<br>