Le regain de popularité de François Hollande: un feu de paille ?

Le professionnalisme des forces de l’ordre booste la cote du président Hollande

blog -monde de merde-bis-AurelLes éléments de langage proposés par l’Elysée à la presse ont fait mouche

Attribué au président de la République par les media militants après les attentats de djihadistes de France à Paris, le « sans-faute » doit beaucoup aux forces de police (Raid et GIGN) dont le professionnalisme n’est pas salué comme il se devrait par les thuriféraires du pouvoir. Comment leur rendre justice en effet sans dépouiller Hollande de sa peau d’âne ?

Le malaise vient aussi d’un rebond opéré sur un drame que ses services de renseignement n’ont pas su prévenir, en dépit des annonces à répétition de complots déjoués et du fait de négligences, puisque l’un des islamistes tueurs, Chérif Kouachi, sous contrôle judiciaire, avait interdiction de quitter le territoire français quand il s’est rendu au Yemen et avait bénéficié d’un non-lieu en 2013. Son aîné, Saïd Kouachi, était fiché aux Etats-Unis et interdit d’entrée sur le territoire américain après s’être entraîné au Yemen…

La cote de popularité de François Hollande bondit de 21 points -à chaud- dans la dernière enquête d’opinion Ifop-Fiducial.

blog -cote de popularite de Hollande bondit suite aux attentats djihadistes-Ifop-17jan2015
Plus dure sera la rechute

Ce regain de satisfaction vient d’abord saluer le travail du Raid et du GIGN, actifs et efficaces dans l’ombre, tandis que les politiciens occupaient le devant de la scène par des apparitions incessantes et redondantes. Ce détournement d’attention par les trois principaux leurres, Hollande, Cazeneuve et Valls, était probablement souhaitable, afin de faciliter la tâche des brigades anti-terroristes, mais la récupération qui est faite du travail de fond réel risque de ne pas s’inscrire dans la durée.
blog -sondage popularite de Hollande suite attentas--Ifop-Fiducial pour Match« Bond historique », selon 20minutes, « dépassant François Mitterrand qui avait bondi de 19 points entre janvier et mars 1991, lors de la guerre du Golfe« , s’esbaudissent les flagorneurs de la presse. Au final, l’opération Daguet fera dix morts et 33 autres militaires blessés. Le compte des morts de l’opération Serval au Mali est aussi lourd -en 18 mois (mars 2013-octobre 2014), mais ni les sondés, ni 20minutes ne l’a gardé en mémoire. Quant à la maladie du président, elle n’était pas encore publique. En politique, la guerre serait donc une bonne affaire pour les sondages ? Plus sûre que l’inversion de la courbe du chômage…

Après la compassion, le retour des passions, mais aussi la remontée de la pression des réalités.

L’intervention de Hollande au Mali fait un 8e militaire mort et deux blessés français

Un militaire meurt, sans autorisation

Le jeudi …8 mai, un militaire français a été tué en opération dans le nord du Mali

révèle l’Elysée. 

Ce sous-officier du 2e régiment étranger de parachutistes de Calvi porte à huit le nombre de pertes françaises au Mali depuis le début des opérations. Le président socialiste ne manque pas de mots… « Le chef de l’Etat exprime son grand respect pour le sacrifice de ce légionnaire français », peut-on lire dans un communiqué de l’Elysée. 

A l’origine de l’envoi de soldats français, Hollande exprime sa « totale confiance » [ce qui, en la circonstance, n’a aucun sens] aux forces françaises engagées dans la lutte « contre les groupes armés terroristes« .

 

Le véhicule du soldat tué a été détruit sous l’effet d’un « engin explosif improvisé » placé par un groupe djihadiste, a affirmé, sans preuve, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, sur BFM-TV et RMC

A l’issue des cérémonies commémorant le 8 mai 1945, le président Hollande a aussi indiqué que deux soldats ont été blessés par cette explosion.

 

Comme la courbe du chômage en France, la situation se serait néanmoins stabilisée dans le sud du Mali. Des groupes islamistes sont toujours actifs dans le Nord, a-t-il admis. « Il est mort pour la liberté du Mali, la sécurité du Mali, mais aussi pour la liberté, la sécurité de l’Europe [rien que ça !] et de la France », a-t-il estimé.

 

Hollande annonce la fin de l’ingérence française

 

Jean-Yves Le Drian a indiqué que l’opération Serval au Mali est « en train de se terminer dans sa phase de guerre frontale contre les groupes djihadistes « .

 

Le ministre annonce un désengagement français. « Nous sommes en train de nous réorganiser pour avoir une conception régionale du contre-terrorisme« , a expliqué le ministre, précisant que 1.000 soldats français vont être concentrés près de Gao et 3.000 autres sur la « bande sahélo-saharienne », face aux islamistes d’Al-Qaïda AQMI.

Pourtant, en novembre 2013, « le calendrier de réduction de présence des forces françaises » n’était pas « remis en cause ». Fixé par François Hollande, lors de sa visite à Bamako le 19 septembre, le chef de l’Etat disait alors : « vous serez environ 2.000 en novembre prochain. Vous aurez à cœur de permettre que le scrutin des élections législatives (24 novembre et 15 décembre) se tienne dans les meilleures conditions. Ensuite, il y aura un désengagement et vous serez 1.000 à la fin du mois de janvier [2014]. » Des sources militaires n’excluaient pas alors qu’il puisse y avoir encore près de 1.500 hommes début février, le temps de plier bagage. En mai 2014, ils sont encore 4.000

La France est intervenue militairement en janvier 2013 aux côtés des forces maliennes, à la façon de la Russie de Poutine, en soutien aux Ukrainiens de l’Est, pour déloger les combattants islamistes (comme les insurgés de Kiev) qui contrôlaient alors les deux tiers du pays et menaçaient la capitale, Bamako.


L’exception démocratique française


Les députés français n’ont pas les pouvoirs de leurs homologues anglo-saxons, mais pas une voix ne s’élève dans la chambre rose actuelle.
 En juillet 2013, les élus de la Chambre des Communes, l’équivalent de l’Assemblée nationale au Royaume-Uni, ont voté « non » à une intervention militaire en Syrie et  le Premier ministre conservateur, David Cameron, a suivi leur avis sans broncher. Rien de tel en France où la presse vient conforter cette passivité des parlementaires complices sur l’envoi de troupes en Afrique. Et les admirateurs du président américain Barack Obama n’ont éprouvé aucun état d’âme lorsqu’il a  ordonné qu’aucune frappe ne soit dirigée contre Damas tant que le Congrès ne lui aurait pas donné son aval. 

Dans l’hexagone, à la différence de Marylise Lebranchu ou J.-J. Urvoas, ses collègues du Finistère, seule la députée socialiste, Patricia Adam, présidente de la Commission de la Défense à l’Assemblée nationale, a regretté que « la France (soit) l’une des rares exceptions en Europe où le Parlement s’exprime a posteriori« . 

En France, où le chef de l’Etat est aussi le « chef des armées » (article 15 de la Constitution) et le seul « garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités«  (article 5) – ce qui n’est pas en cause au Mali – et où le Premier ministre est « responsable de la Défense nationale«  (article 21), c’est l’exécutif qui décide en matière d’intervention militaire et les élus ne sont pas consultés. L’intervention militaire française décidée souverainement par Hollande n’est pourtant pas justifiée par une menace sur « l’intégrité du territoire » ou des Français Dans cette hypothèse, les enlèvements de ressortissants français légitimerait l’attaque de plusieurs états africains, notamment sub-sahariens La cohérence de la politique étrangère de Fabius est prise en défaut, comme sur l’Ukraine où il défend les rebelles du gouvernement transitoire et sans légitimité.