Maurice Szafran juge Michel Onfray : il « sombre dans le conspirationnisme »

Le journaliste bobo appelle à l’ostracisation du philosophe !

« Ses lecteurs, et nous en sommes » – ‘nous’, c’est Safran, en majesté ! – « se souviendront que Michel Onfray s’est longtemps défini comme «  libertaire de gauche « .

Puis il évolua, pourquoi pas… (première sentence), vers les thèses souverainistes, se rapprochant ainsi de Jean-Pierre Chevénement, ce qui est fort respectable (deuxième bon point). L’internationalisme en prenait certes un coup, mais le philosophe avait choisi -ce qui est son droit le plus strict (autre jugement) – de se replier sur  » le terroir  » et non pas exclusivement sur  » son terroir « , le bocage normand. » Le parisien (du XVIe) Szafran serait-il méprisant de la France profonde ?

« Mais il se trouve que Michel Onfray écrit – à toute vitesse – plusieurs livres par an et, dans la foulée, se dégote de nouvelles idoles, des références historiques, idéologiques et culturelles parfois inattendues. » Szafran est nettement plus laborieux et figé dans ses certitudes. « Ainsi Onfray s’est-il soudain pris de passion pour le… général de Gaulle. Un choix certes rituel puisque, selon la formule consacrée,  » tous les Français ont été, sont ou seront gaullistes « , mais un alignement qui aura tout de même exigé un sacré tour de cadran.

En réalité, il suffit de lire l’interview que Michel Onfray vient d’accorder à L’Express pour saisir que le néo-gaullisme de Michel Onfray est d’abord circonstanciel. Un outil de combat. Une arme de destruction politique. Ses cibles? Les deux  » monstres  » dont le seul objectif est de détruire la France! Cela n’exige guère d’efforts pour reconnaître… François Mitterrand… et son fils légitime… Emmanuel Macron… Là voilà donc, la thèse  » sérieusement  » défendue dans un journal  » de référence  » par un intellectuel influent ayant à l’accoutumée sa place réservée dans les colonnes du Point et du Figaro, à la table de Ruquier et d’Ardisson, mais qui se plaint volontiers d’être  » ostracisé « – la bonne blague. » Safran n’a pas les lèvres gercées!

Intellectuel-« communicant  » de premier ordre, Onfray sait faire ronfler et claquer les formules. On peut y déceler un artifice, car Safran est perspicace; ça ne manque toutefois pas d’efficacité, puisque Michel Onfray est désormais l’un des intellectuels organiques de la… droite identitaire et conservatrice! Une consécration disons inattendue pour un  » libertaire de gauche « .

« La haine du général »

Dernier exemple en date puisé dans L’Express:  » Macron a beau se réclamer du général de Gaulle, il est l’héritier en ligne directe de Mitterrand qui n’eut qu’une seule ligne claire dans sa vie: la haine du général (…). Mitterrand n’a connu qu’un seul idéal : sa petite personne. Ce en quoi le Macron égotiste (…) se montre une fois encore le digne héritier de Mitterrand qui, après avoir renoncé à la gauche, en 1983, s’est entiché d’une Europe dont il savait de façon cynique qu’elle détruirait définitivement la France gaullienne. Avec la vente de la nation au consortium maastrichtien, l’homme de la francisque pouvait triompher face à l’histoire [l’Histoire ?]: il a tué l’œuvre de l’homme du 18 juin.

Politiquement, Macron, c’est Mitterrand, la francisque en moins « . Bref, Mitterrand assassin [victime: la France], Macron complice!

Peut-être faudrait-il renoncer à discuter, à commenter, à critiquer non pas de ces inepties, mais ce système clos et en boucle, cette réflexion de nature conspirationniste visant à diaboliser la construction européenne, à en faire une hydre diabolique ayant pour seul et unique objectif, le malheur, l’asservissement et, enfin, la disparition des peuples et d’Europe. Rien à voir avec l’euro-scepticisme de Jean-Pierre Chevénement ou du défunt Philippe Séguin.

Les mots utilisés, le ton, la vindicte, la haine qui affleure sans cesse, oui cet Onfray là fait peur, son influence aussi car il est en réalité plus efficace, beaucoup plus, que le Front National et Marine Le Pen.

« La France est morte en 1992 »

Citations, à nouveau:

-« La France est morte en 1992, date du traité de Maastricht par lequel nous avons renoncé à notre souveraineté au profit d’une supranationalité libérale » – qu’elle ne soit pas socialiste n’est pas son moindre défaut- « gérée par un dispositif très autocratique qui dispose de l’argent, donc des médias  » – mais aussi Szafran fut employé de François Pinault – « , donc de l’opinion – ce que je nomme l’État maastrichtien ».

-« Le dispositif de l’Etat maastrichtien est de nature totalitaire ». Que répliquer, et comment, à ce slogan, creux comme toutes les formules passe-partout?

En rhétoricien habile, Michel Onfray s’empare du « peuple ». » Un travers communiste… Comme le Parti socialiste s’accapare du social et de l’humanisme ! « Il parle au nom du « peuple »; le « peuple » lui appartient ; le « peuple », a-t-il décrété, est entré en résistance contre la «dictature maastrichtienne». » Et celui qui écrit ces mots est un journaliste membre d’une caste s’arrogeant le droit de parler au nom des Français, en fait, de leur laver le cerveau à la lessive gouvernementale !

« En France, rien ne l’indique, notamment pas les résultats des récentes élections. Mais Michel Onfray fait partie de ceux, à l’extrême-droite comme à la gauche de la gauche, qui remettent en cause la légitimité de l’élection présidentielle, qui ne reconnaissent pas la légitimité d’Emmanuel Macron « boy de l’oligarchie maastrichtienne ». Cette assertion disqualifiante interdit par définition tout débat ouvert et argumenté. On ne bataille pas avec le diable et Onfray passe son temps à diaboliser et à disqualifier tous ceux qui ne pensent pas comme lui. » Il fait donc du Szafran ! « Il va de soi que Macron [ne] peut pas être (intellectuellement) honnête puisqu’il a pour fonction de détruire la France et la République.

C’est comment le conspirationnisme, donc ?

blog -Nestlé-Maurice tu pousses le bouchon un peu loin.pngC’est comme ça. C’est comme Onfray. »
Ce serait comme Szafran que ce serait négligeable. Le microcosmique Szafran, c’est la soumission braillarde et la diffamation méchante.

ONPC: Michel Onfray prend à contre-pied la classe politique formatée

Le binaire Aymeric Caron, animateur à fiches, désarmé par les nuances du philosophe Michel Onfray

Ruquier, hôte grossier, qui pointe ses invités du doigt...
Ruquier, hôte grossier, qui pointe ses invités du doigt…

Michel Onfray était l’invité d' »On n’est pas couché » du 17 janvier 2015, émission de France 2 animée par le divertisseur Laurent Ruquier, suite à la tribune du philosophe dans Le Point sur les tueries  -« nôtre » 11 septembre (dixit Ruquier, ci-contre, concentré de tous les travers du moment)- suscités par les provocations des dessinateurs de Charlie Hebdo, le 7 Janvier 2015 à Paris.
Le violent chroniqueur Aymeric Caron, qui mange végétarien pour ne pas s’user les dents sur la viande animale, mais plutôt humaine, et ne pas finir en prison ou en hôpital psychiatrique, ne s’est pas seulement montrer incapable de tolérance, mais aussi de la subtilité requise au débat qu’a tenté de mener Onfray avec son interlocuteur enkysté dans ses certitudes archaïques.

L’altermondialiste a laissé des plumes face à l’invité qui lui est pourtant proche, comme de Jean-Luc Mélenchon. Il s’est d’ailleurs platement situé, invitant Onfray à ne pas l’écorcher vif, lui rappelant qu’il « partage en commun » (sic) bien des idées avec « Michel »:

Le philosophe épingle les journalistes en sur-commentaires et jugements permanents, mais incapables de recul, de mise en perspective et de réflexion et qui préfèrent se vautrer dans le pathos;

« Les attentats ont à voir avec l’islam » et le Coran, estime Onfray à contre-courant de la pensée unique et citant à l’appui des sourates dérangeantes (misogynes, phallocrates, antisémites ou homophobes);

Pour apporter la contradiction, Léa Salamé, la chroniqueuse d’ONPC amalgame les Ancien et Nouveau Testaments de la Bible dans son ensemble pour ne se fonder que sur l’Ancien Testament et ignorer – après deux mille ans – l’avancée que constitue le Nouveau… Elle illustre précisément ce que Onfray condamne, les prélèvements sélectifs à des fins polémiques. Mais lui-même juge au besoin la Bible sur ce qu’en pensent ou font certains, comme Hitler… Le débat suggère ainsi que nos contemporains chrétiens seraient aussi des assassins…
qui sont les victimes, les dessinateurs inconséquents et morts ou les tueurs fanatiques (comme l’indique Hollande);

Caron prélève pourtant allègrement en suivant ses fiches, pour considérer en dépit des carnages à Paris ou en Afrique, que le Coran appelle à la miséricorde, mais c’est à la différence des islamistes;

Caron refuse de questionner le positionnement de l’Iran et le binaire accuse Onfray de faire le partage entre les bons et les mauvais musulmans, mais Onfray souligne d’une part que 85% des musulmans de la planète ne sont en capacité que de lire des traductions du Coran et que les musulmans français ne comprennent pas les prêches en arabe de leurs imams et d’autre part Charlie hebdo affiche son athéisme, ce que ses soutiens ne savent que rarement;
Onfray affirme que nous (les libéraux!) avons créé l’islamisme et Salamé insiste sur le problème de l’intégration des scolaires.

Radu Mihaileanu, bi-national français et roumain, reproche à Onfray de suggérer que les croyants musulmans seraient de « potentiels fascistes », mais ne parvient pas à surmonter son obsession du fascisme, de l’internationalisme et de la responsabilité des aînés;

Salamé aborde la question de la « théorie du complot » en laquelle croient les jeunes musulmans, prétexte, ou non, aux violences communautaires; esquisse d’un lien au dogme marxiste de la responsabilité du social, en excuse; allusion aussi aux violents affrontements internes entre Sunnites et Chiites;

évocation des positions d’Alain Finkielkraut sur l’éducation; enseigner le fait religieux, comment et par qui?; responsabiliser les jeunes scolaires;

Caron évoque la peur des communautés juive et musulmane et non pas celle de l’ensemble des Français face au risque de colonisation liée à la démographie galopante des musulmans polygames, pour, au final, lancer à Onfray son ultime accusation, avec l’intention de décrédibiliser son interlocuteur, amalgamant son »adoubement » de Michel Houellebecq, son soutien à la « théorie du grand remplacement » et sa prise de position en faveur de Zemmour… Et de l’antisémitisme;

L’aigre individu laiteux se retranchant derrière son rôle de questionneur, campe sur la position iréniste des « islamophiles béats », selon les termes du philosophe anti-libéral. Pour terminer, Caron confesse alors son incapacité à tout raisonnement qui ne serait pas ou blanc ou noir, simpliste, manichéen.