Corse : Gourault valide la notion de «prisonnier politique»

Le terme est tabou : grosse bourde ou volonté délibérée?

blog -Gourault J-MoDem et sous ministre de CollombC’est celui utilisé par les nationalistes qui revendiquent le rapprochement dans l’île de ces détenus  n’est pas reconnu par le gouvernement. Depuis quelques années, les dirigeants français – Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Manuel Valls… – n’ont de cesse de rappeler qu’il n’y a pas de « prisonnier politique » en France, et encore moins lié à l’île de Beauté. Une notion de droit lourde de sens, jusqu’à ce mardi où, tout en légèreté, Jacqueline Gourault, la Miss Corse « Madame Corse » du gouvernement, dépassé son seuil d’incompétence, en validant la sémantique des nationalistes qui demandent régulièrement le rapprochement – voire l’amnistie – de ces détenus. Du parlement  au gouvernement, le principe de Peter fait des ravages.

Dans un entretien  avec France Inter sur l’inscription de la région dans la Constitution, la ministre auprès du ministre de l’Intérieur a tenté de démontrer à quel point il est faux de dire qu’aucune des revendications des élus corses n’a encore été entendue. Et de lâcher cet exemple : « Il y a eu récemment des prisonniers politiques rapprochés en Corse » même si, a-t-elle précisé, « on n’a pas non plus à fanfaronner sur les toits quand des prisonniers rentrent sur le territoire corse, comme trois récemment (…) La Corse est un territoire français comme d’autres territoires français, ce n’est pas un Etat, c’est une région. » Une précision d’autant plus utile qu’au même moment, sur Twitter, bon nombre notaient son égarement.

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Magnifique bourde de Jacqueline Gourault ce matin, qui met le gouvernement dans un merdier improbable. Le terme de prisonnier politique dans la bouche de Jacqueline Gourault va faire parler.</p>&mdash; Julien Pernici (@JulienPernici) <a href= »https://twitter.com/JulienPernici/status/1014048240973631489?ref_src=twsrc%5Etfw »>3 juillet 2018</a></blockquote>
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La gourance de Gourault n’est pas prise pour une simple erreur de grosse gourde.

« S’ils existent, c’est un scandale d’état. Si c’est, comme je le pense, une erreur de la ministre, c’est qu’elle ne connaît pas ses dossiers et qu’elle n’est pas apte à remplir sa fonction ! » commente un internaute, quand d’autres parlent de « grosse bourde ». <br><br>Il n’a pas échappé non plus aux réseaux sociaux que cette vice-présidente du MoDem de François Bayrou  reprend à son compte l’expression « d’abord utilisée par Léa Salamé », la journaliste franco-libanaise qui vient de rappeler que l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni a boycotté la réunion parisienne de la veille avec Edouard Philippe.

L’ex-frontiste Florian Philippot prend très au sérieux le ralliement de Madame Corse aux indépendantistes.  Il a demandé « une condamnation rapide du Premier ministre », jugeant le propos de la ministre « honteux ». D’autant qu’il fut un temps où la gaffeuse était professeur d’histoire-géographie…

<center><blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>La ministre <a href= »https://twitter.com/hashtag/Gourault?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#Gourault</a&gt; évoque des « prisonniers politiques » en Corse, soit exactement les contes, le vocabulaire des séparatistes ! « Prisonniers politiques » les assassins du préfet Erignac ?…<br>Propos honteux qui appelle une condamnation rapide du 1er ministre. <a href= »https://t.co/GSZck2gNAZ »>https://t.co/GSZck2gNAZ</a></p>&mdash; Florian Philippot (@f_philippot) <a href= »https://twitter.com/f_philippot/status/1014041640795811841?ref_src=twsrc%5Etfw »>3 juillet 2018</a></blockquote>
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La ministre a tenté de corriger le tir : « Evidemment, je ne m’approprie pas l’expression « prisonniers politiques » ! Il s’agit de détenus de droit commun. Les rapprochements se font au cas par cas, la Chancellerie examine un par un chacun des dossiers. »

Et le président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, de se féliciter des propos de l’adjointe de Collomb<br> « La reconnaissance par Jacqueline Gourault de la notion de « prisonniers politiques », à mi-chemin entre le lapsus freudien et le coup de chapeau involontaire à Gramsci [membre fondateur du Parti communiste italien] (« il faut remporter la bataille des idées »)… »

<br>Sur le fond, l’autonomiste est ressorti déçu la veille de son rendez-vous à Matignon. Gilles Simeoni a en effet déploré lundi soir « une situation de crise et de blocage » entre la Corse et Paris malgré le fameux rapprochement de certains détenus concernés – jusqu’alors maintenus loin de leur famille – et une avancée sur le statut fiscal de l’île.

Le nationaliste s’est en effet réjoui de voir cette « revendication historique ( …) validée pour la première fois par le Premier ministre » car « le statut fiscal permet de prendre en compte les contraintes liées à l’insularité ». Mais de préciser : « Cela ne veut pas dire systématiquement des exonérations ou des privilèges ! » Plutôt « des dispositifs qui vont encourager l’activité productive, qui vont soutenir l’exportation, compenser les contraintes liées à la continuité territoriale… » a-t-il raconté.

Gourault, de l’ombre à la lumière

Comme Jacques Mézard, Stéphane Travert ou Agnès Buzyn, l’ex-sénatrice (et  vice-présidente du Sénat !) Jacqueline Gourault (67 ans) était une inconnue des électeurs. Mais les uns comme les autres auraient gagné à rester dans l’ombre : le président de la République et son premier ministre les ont choisis pour « réparer » la France, selon les termes du premier ministre Edouard Philippe, qui n’est pas non plus le dernier en termes de gaffes. Ce ne sont « pas des professionnels de la parole politique », avait toutefois admis Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, estimant qu’il a fallu le temps pour qu’ils « s’accaparent et s’approprient leur délégation ». Philippe et Castaner ont donc ainsi commis une autre erreur de jugement. <br>Or, à la constitution de ce gouvernement de branquignols, Le Courrier Picard avait estimé que si « les Mézard, Travert, Buzyn et Gourault restent des anonymes pour le grand public, Macron aura échoué. »  Ils sont entrés dans la lumière pour le pire et, dans ce cas de figure aussi, Macron a échoué.

Pour mémoire, la sous-ministre n’en est pas à son premier dérapage.

Alors que le débat sur le projet de loi Asile et immigration provoquait de grosses turbulences à l’Assemblée nationale, dans la soirée du mercredi 19 avril 2018, la ministre auprès du ministre de l’Intérieur avait perdu son sang-froid au douzième coup de minuit.

Des élus LR, notamment Fabien Di Philippo (Moselle) et Pierre-Henri Dumont (Pas-de-Calais), avaient eu l’audace de vouloir  savoir si le gouvernement avait un « plan caché de 40.000 régularisations » de sans-papiers, un chiffre évoqué par un élu de la majorité dans un article du Monde

<blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>Asile et immigration : la grosse colère de la ministre <a href= »https://twitter.com/j_gourault?ref_src=twsrc%5Etfw »>@j_gourault</a&gt; face aux &quot;méthodes autoritaires&quot; des députés LR.<br>&gt;&gt; <a href= »https://t.co/lYvP9M6EPa »>https://t.co/lYvP9M6EPa</a&gt; <a href= »https://twitter.com/hashtag/DirectAN?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#DirectAN</a&gt; <a href= »https://twitter.com/hashtag/PJLAsileImmigration?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw »>#PJLAsileImmigration</a&gt; <a href= »https://t.co/L3SdKBPfnB »>pic.twitter.com/L3SdKBPfnB</a></p>&mdash; LCP (@LCP) <a href= »https://twitter.com/LCP/status/986744168352329728?ref_src=twsrc%5Etfw »>18 avril 2018</a></blockquote>
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Une demande d’un complément d’information qui avait irrité Jacqueline Gourault, laquelle a disjoncté en s’adressant au chef de file des députés Les Républicains : « Monsieur Jacob, vous allez laisser continuer ces méthodes pendant longtemps ? Obliger un ministre à répondre ? Ce sont des méthodes autoritaires qui ne sont pas acceptables en démocratie. Qu’est-ce que c’est que ces méthodes ?« , avait-elle lancé. 

« Une honte » : Jean Lassalle pique une grosse colère à l’Assemblée nationale en plein débat

Le député Jean Lassalle s’est indigné mercredi soir d’avoir été empêché de s’exprimer à l’Assemblée nationale lors d’un débat sur la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU). « C’est une honte !« , a dénoncé Jean Lassalle, debout, en pleine séance de débat parlementaire.

L’ancien candidat à la présidentielle a débattu pendant plusieurs minutes avec la présidente de séance, Carole Bureau-Bonnard (députée LREM de l’Oise, vous l’aviez deviné). Celui qui est député de la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques a fustigé le fait de ne pas pouvoir s’exprimer comme il le souhaitait.

Député « non-inscrit » au sein d’un groupe parlementaire, il dispose d’un temps de parole différent de celui de ses pairs « inscrits« . Mais cette fois-ci, les députés « non-inscrits » n’étaient pas autorisés à prendre la parole…du tout. « 

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Une sortie théâtrale

Les rappels à l’ordre et les tentatives d’apaisement de Carole Bureau-Bonnard n’ont pas suffi à apaiser Jean Lassalle. « Si vous aviez été là au tout début de la séance, vous auriez entendu que les ‘non-inscrits’ n’ont plus de droit de parole et vous faites partie des ‘non-inscrits’« , a-t-elle maladroitement reproché. « Je ne sers à rien ! Il y a 50 députés ici qui ne servent à rien !« , a alors tonné le député. Jean Lassalle a finalement été poussé à quitter l’hémicycle avec un dernier mot empreint de théâtralité : « Mesdames et messieurs les censeurs, bonsoir ! « . On peut être journaliste (‘Brut’ est son nom : de décoffrage?) du service public (France Télévisions) et manquer totalement de références culturelles.

En fait, ‘Brut’ est un média fondé par le producteur Renaud Le Van Kim et destiné exclusivement aux réseaux sociaux: pour passer avec eux un accord, nul besoin, selon la régie publicitaire de France Télévisions, de placer haut la barre ? A quoi bon leur dire que ce cri de gueule est une citation de Maurice Clavel à la télévision française en 1971: la presse institutionnelle n’a que mépris pour les blogueurs et les réseaux sociaux…

Jean Lassalle est un député sexagénaire qui a conservé la confiance de son électorat pendant quatre législatures : respect, non ?

Eric Woerth, mis en examen, reçoit le soutien de la Commission des Finances

Le député Les Républicains (LR) Eric Woerth a reçu mercredi un soutien appuyé

des membres de la Commission des Finances, au lendemain de sa mise en examen dans l’enquête sur une campagne électorale de l’ex-président Nicolas Sarkozy.

La justice s’intéresse à l’ancien ministre dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse en 2007, contre la socialiste Ségolène Royal.

Lors d’une réunion de sa commission mercredi matin, Eric Woerth a proposé aux membres d’évoquer le sujet, se disant « prêt à parler avec quiconque le souhaite, en groupe ou seul » et à « entrer dans le fond des faits qui (lui) sont reprochés ».

Vice-président du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée, Gilles Le Gendre  lui a aussitôt fait part de son soutien.

blog -Le Gendre G-LREM.jpgJournaliste à Europe 1 et à L’Usine nouvelle (1983), G. Le Gendre a été successivement journaliste (1984), chef de service, rédacteur en chef adjoint, rédacteur en chef du Nouvel Economiste (1993-1994) ; rédacteur en chef adjoint de L’Expansion (1991-1993) ; directeur de la rédaction de L’Evénement du jeudi (1994). Directeur de la rédaction de Challenges (1995-2001), il est nommé président du directoire du groupe Expansion et directeur général des rédactions. <br>En , il est à l’initiative de la création d’un Observatoire de l’élection présidentielle, dont il est le président : une quarantaine de journalistes, enseignants, médecins et cadres d’entreprises s’attribuait la tâche d’interpeller, sur la scène publique, les candidats pendant la campagne électorale. <br>En 2002, peu après l’accession de François-Henri Pinault au conseil de surveillance de PPR (précurseur de Kering, groupe mondial de luxe), il rejoint la FNAC, entre au conseil de surveillance de PPR en tant que directeur de la communication et membre du comité exécutif. 

« Nous considérons que vous êtes absolument légitime à la tête de cette commission », a dit le député de Paris (5e et 6e). « C’est la position de notre groupe, elle ne variera pas. »

Résultat de recherche d'images pour "Valérie Rabault"Hors commission, la présidente du groupe ‘Nouvelle gauche’ Valérie Rabault a marqué la différence socialiste du parti présidé par Olivier Faure. Cette diplômée des Ponts et Chaussées a jugé pour sa part que la présidence de la commission des Finances confère à Eric Woerth « des pouvoirs importants pour aller faire des saisies à Bercy et ne pas avoir de secret fiscal qui soit opposable« . « C’est à lui d’en juger ou au bureau de l’Assemblée », a expliqué l’élue socialiste devant l’Association des journalistes parlementaires.

Patrick Mignola, vice-président du groupe MoDem et apparentés, ne partage pas la position socialiste. « Notre conviction, c’est qu’on ne peut pas vivre dans une société où soupçon vaut mise en examen et mise en examen vaut culpabilité« , a-t-il dit, déclenchant à son tour les applaudissements d’une grande partie de la salle.

« Nous vous renouvelons notre soutien. La présomption d’innocence est un point important et la séparation des pouvoirs judiciaire et législatif doit pleinement être mise en oeuvre et s’exercer », a jugé pour sa part l’élue LR de l’Orne, Véronique Louwagie, expert-comptable et de commissaire aux comptes. 

Le rapprochement UMP-Centre prôné par Juppé provoque de vives réactions

La troïka intérimaire prend des initiatives intempestives
Laurent Wauquiez a qualifié le rapprochement de l'UMP et du centre, défendu par Alain Juppé, de "grave erreur".
Alain Juppé avait émis l’idée d’une « plateforme commune » entre l’UMP et l’UDI de Jean-Louis Borloo et le MoDem de François Bayrou, en réaction à la victoire du FN lors des élections européennes, dimanche 25 mai. Cette hypothèse  émise par le maire de Bordeaux, qui d’une part a déjà favorisé l’accession de Bayrou à la mairie de Pau et d’autre part  n’assure que le partage d’intérim à la tête de l’UMP avec François Fillon et Jean-Pierre Raffarin suite à la démission de Jean-François Copé, ne rencontre qu’une faible adhésion.
Le président de l’UDI, Yves Jégo, ne semble pas très emballé, à en croire ses propos dans Le Figaro de ce samedi.
« L’UDI n’est pas à vendre« , répond le député de Seine-et-Marne, avant d’ajouter : « Il n’y a pas urgence à se précipiter dans les bras de tel ou tel leader potentiel de l’UMP ». Mais à terme, il reconnaît tout de même que la question pourrait se poser. « Quand l’UMP aura fait son travail de reconstruction, il sera temps d’engager des discussions qui devront forcément réunir toute l’opposition républicaine pour mettre fin à l’expérience socialiste », poursuit celui qui assure l’intérim de Jean-Louis Borloo. Pour lui, l’idée d’une primaire avec des candidats UMP et des centristes n’est pas à exclure en vue de la présidentielle de 2017.
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