Clandestins : 52 réfugiés du navire ‘Lifeline’ (illégitime, voire dans l’illégalité) sont entrés en France

Un titre de réfugié leur sera délivré à bref délai, clame le patron de l’Ofpra.

FRANCE-EUROPE-MIGRATION-ASYLUMLe bateau allemand ‘Lifeline’ impose 52 clandestins à Macron et aux Français.
Les cinquante-deux réfugiés sont arrivés par avion jeudi matin à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, un peu après 9 heures. Parce que Lifeline a refusé de ramener les 233 migrants à bord de son navire de secours aux gardes-côtes libyens. Et d’autres pris en charge cette fois par l’Aquarius sont également attendus prochainement. 

Les passeurs avaient cristallisé les tensions européennes en instrumentalisant les clandestins, en collaboration avec les « négriers » qui abandonnent les Africains en pleine mer après leur avoir ponctionné leurs économies. Il est donc reproché  aux associations  de faciliter et entretenir le trafic des passeurs. Tous avaient été identifiés dès leur arrivée à Malte par l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) comme relevant d’un besoin de protection au titre de l’asile, selon un communiqué.

La «Mission Lifeline Search and Rescue» a été créée à Dresde (Allemagne) à la fin de l’année 2015. Cette association allemande s’était réparti la tâche avec l’Allemand ‘SOS Méditerranée’. En effet, à l’origine, elle n’intervenait pas en relais des passeurs au large de la Libye, mais sur la «route des Balkans»,  suivie par les clandestins qui pénètrent en Europe depuis la Turquie et qui rejoignent notamment l’Allemagne via la péninsule balkanique. Les activistes de cette organisation en communion d’esprit avec les ‘No border’ prenait la suite des « négriers »  dans les «hotspots» grecs, ces centres d’enregistrement créés par l’Union européenne pour repérer et identifier les personnes en situation irrégulières susceptibles de bénéficier du droit d’asile.

Rapidement, «Lifeline Search and Rescue» a diversifié son activité, d’une part dans les camps à terre et, d’autre part, en mer, à compter d’avril 2016. Le bateau, qui porte le même nom que l’organisation, est devenu opérationnel en septembre 2017. Selon le cahier des charges, le Lifeline doit pouvoir naviguer en haute mer et avoir «assez de places pour des centaines de personnes» sur ses 32m, selon l’organisation, qui précise que «leur mission est seulement possible grâce aux généreuses contributions de personnes physiques et de communautés». Sur son site, Lifeline déclare avoir perçu 41.675 euros sur les 48.000 euros qu’elle espère. 

Il y a quelques jours, Matteo Salvini a parlé sur Facebook de la cargaison de «chair humaine» que transporte le Lifeline. Et d’ajouter: «Rejoindre l’Italie, ils peuvent oublier. Je veux en finir avec le business du trafic et la mafia ». Macron continue… «Nous vous invitons cordialement à vous convaincre que ce sont des êtres humains que nous sauvons de la noyade. Venez voir, vous êtes le bienvenu !», lui ont répliqué dimanche les activistes allemands. 

L’ambiguïté de Lifeline ne concerne pas seulement son action en mer, mais également son pays de rattachement. L’Italie estime en effet que, outre qu’il a été construit en 1968, le bateau bat « illégalement, illégitimement pavillon néerlandais », a indiqué le mouvement Cinq étoiles, l’un des deux mouvements au pouvoir à Rome, avec la Ligue. Or, la représentation des Pays-Bas auprès de l’Union européenne a confirmé dans un tweet que le Lifeline ne navigue pas sous pavillon néerlandais. Avec un autre navire d’une ONG allemande, le Seefuchs, «ils n’apparaissent pas dans les registres navals des Pays-Bas», a-t-elle écrit. Deux sites internet de référence – l’entreprise de crowdsourcing Marine Traffic et la base de données Equasis – estiment quant à eux que le Lifeline est bien néerlandais.  Sans doute savent-ils mieux que le pays concerné au premier chef. La première entreprise a fourni des données diverses sur la crise migratoire méditerranéenne, les mouvements suspects de pétroliers dans le territoire contrôlé par l’Etat islamique, les oligarques russes avec les officiels américains, les allégations de sanctions et les mouvements des investissements maritimes du membre du cabinet américain. La seconde regroupe des informations concernant la sécurité des navires, mais l’Allemagne n’est pas au nombre de ses 10 pays contributeurs.

«Il n’y a pas de mensonge», certifie le porte-parole de l’association, qui précise: «Il existe différents registres dans lesquels on peut enregistrer un navire. Aux Pays-Bas, le Lifeline est enregistré dans le registre des embarcations de plaisance [sic] et non dans celui des navires néerlandais. Par conséquent, il n’a pas le droit d’utiliser les Pays-Bas comme Etat du pavillon, mais le seul drapeau, ça va», explique-t-il, froidement. Me Perrine Gaston, avocate au cabinet d’avocats Raison et associés (Marseille) spécialisé en droit maritime, juge simplement «le pavillon néerlandais … tout à fait recommandable», à la différence de «pavillons dits de complaisance», comme celui «du Panama ou des îles Marshall», polémique-t-elle. «Le pavillon des Pays-Bas est très libéral, » admet-elle toutefois (…) C’est un pays de grande tradition maritime, et les exigences légales sont très limitées», lâche quant à lui un site spécialisé.

Cette opération montre « la solidarité très concrète de la France envers ses voisins européens en première ligne pour les arrivées par voie maritime »s’est expliqué le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, en estimant que la France a été « l’un des premiers pays à s’engager pour cet accueil. »

A la différence de Madrid qui a autorisé le navire Aquarius à accoster à Valence en Espagne, l’Italie a fait opposition à l’accès du Lifeline aux ports italiens et à l’UE. Au terme d’un périple qui a mis sur la place publique les divergences européennes sur l’accueil forcé de clandestins, la France avait proposé, avec le soutien de la solidarité européenne, d’accueillir une partie d’entre eux. Environ 80 illégaux de l’Aquarius sont attendues prochainement.

La France, entre deux eaux

Parmi les 52 arrivants se trouvent « 42 Soudanais et 3 Erythréens », ainsi que (en nombre indéterminé) des ressortissants de Somalie, du Tchad, du Cameroun, du Togo et de Côte d’Ivoire, a précisé Pascal Brice, le directeur général de l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), établissement public administratif dont le directeur (depuis 2012) vient d’être reconduit par Macron. Venu les accueillir à Roissy, « Monsieur Pascal », comme l’appellent les migrants, était déjà sur l’île grecque de Lesbos en 2015 pour mesurer par lui-même le dispositif d’entrée en Union européenne des illégaux.  « C’est un vrai militant de l’asile », qui chuchotait à l’oreille des migrants, comme à celle de Bernard Cazeneuve ou de Manuel Valls, avec un objectif : redorer le lustre de l’asile en France. On notera que tous les pays d’origine des 52 ne sont pas des dictatures… Mieux, la France réunit sur son territoire des citoyens du Tchad ami et d’autres de la province soudanaise en guerre du Darfour… En 2013, le Tchad a envoyé des troupes au nord du Mali pour participer à l’opération Serval.

Les arrivants devraient gagner dans la journée des centres d’accueil, l’un à Toulouse et l’autre en Ile de France, « où ils vont rester de dix à quinze jours ». Ils seront ensuite orientés vers des centres d’accueil plus pérennes, mais non précisés, a indiqué Raphaël Sodini, directeur de l’asile à la Direction générale des étrangers en France, précisant a priori qu’ils obtiendront « très rapidement » le statut de réfugié.

Ils bénéficieront également « d’une formation linguistique et aux valeurs de la République dans le cadre du contrat d’intégration républicaine », sous la houlette de l’Office français d’immigration et d’intégration (Ofii,  placé sous la tutelle du ministère de l’Intérieur), selon le communiqué. L’OFII propose des aides au retour et des aides à la réinsertion dans le pays d’origine. 

Macron a cédé dans une annonce du mardi 26 juin

« Le président de la République a eu des mots très durs à l’encontre de l’ONG propriétaire du Lifeline puisqu’il a dit que le bateau n’a respecté aucune règle, qu’il avait coupé ses radars pour ne pas être visibles des garde-côtes libyens, » rappelle à Rome, le journaliste François Beaudonnet. C’est là le cœur du problème. Jusqu’à présent, les sauvetages en Méditerranée étaient coordonnés par un centre qui se trouve à Rome. Dorénavant, ils seront coordonnés par la Libye.« 

Les ONG s’insurgent contre les décisions de l’Union européenne. Bien qu’elles soient illégitimes, ces ONG associations supranationales ripostent aux Etats souverains et à Macron. Elles portent plusieurs accusations, selon le journaliste : « D’abord, les garde-côtes ont souvent fait preuve de violence au cours des sauvetages. Ensuite, les réfugiés sont ramenés vers la Libye et retournent vers l’enfer qu’ils ont quitté. C’est en tout cas la nouvelle politique européenne, celle qui sera appliquée. »

Les passeurs d’un bateau d’ « Open Arms » introduisent 60 clandestins de plus dans l’UE, via Barcelone

Allemagne ou Espagne, des Etats membres de l’U.-E. assurent le passage de clandestins africains

Le bateau de l’ONG espagnole – plus précisément catalane – Proactiva Open Arms est arrivé mercredi en Espagne, dans le port de Barcelone, avec 60 migrants à bord, après avoir été abandonnés en pleine mer par des camarades « passeurs » au large de la Libye, et refusés par l’Italie.

Deux semaines et demie après l’arrivée de l’Aquarius et de ses 630 migrants débarqués à Valence le 17 juin, ce bateau est entré un peu avant 09h00 du matin dans le port de « la capitale catalane » [sic, l’AFP].

L’Open Arms a effectué le passage de 50 hommes adultes, 5 femmes et 5 mineurs dont 3 non accompagnés  de Libye en Union européenne sur quatre jours.
Il appartient désormais aux autorités catalanes de faire assurer leur examen sanitaire à bord, par l’entremise de trois équipes de la Croix-Rouge, a indiqué le porte-parole des services de l’Etat central en Catalogne.
Logo de l'organisationFormé du Comité international de la Croix-Rouge, créé en 1863, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, créée en 1919, ainsi que des 190 Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge –  dont la Croix-Rouge française (CRf), une association – , le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est le plus important regroupement d’organisations humanitaires au monde.

Résultat de recherche d'images pour "Proactiva Open Arms"Ils seront ensuite débarqués pour y être notamment identifiés par les autorités de la Généralité de Catalogne, présidée par une figure de l’indépendantisme, un élu de ‘Ensemble pour la Catalogne’ de Carles Puigdemont, le président déchu, avant d’être transférés dans des centres d’hébergement.

Ces clandestins imposés à l’U.-E. « vont bien étant donné les circonstances, il n’y a eu aucune urgence médicale « grave » et ils sont contents, car on leur a expliqué que le gouvernement voulait qu’ils viennent ici », a indiqué de son côté Anabel Montes, chef de mission de Proactiva Open Arms. 

Résultat de recherche d'images pour "Proactiva Open Arms"Grâce à des dons de militants internationalistes, sympathisants de ‘No Border’, récoltés sur un site de financement participatif, cette fondation humanitaire catalane privée (‘Bras ouverts‘) s’est fait connaître en , lors de sa première opération mise sur pied à Lesbos pour favoriser le passage sur l’île grecque de réfugiés politiques de Syrie, des opposants au régime légitime et potentiels fauteurs de troubles dans les démocraties européennes. Ces passeurs catalans déploient des embarcations entre la Libye, l’Egypte et l’Italie, ainsi que l’Espagne, désormais.

Après avoir accueilli l’Aquarius, « bateau citoyen » de l’ONG association allemande ‘SOS Méditerranée’, mi-juin, le nouveau gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sanchez a accepté d’ouvrir le port de Barcelone aux migrants de l’Open Arms, eux aussi refusés par l’Italie et son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini (Ligue, extrême droite).

La semaine dernière, le navire de l’ONG association également allemande ‘Lifeline’, cette fois, opérant quant à elle sur la «route des Balkans» (itinéraire suivi par les clandestins qui entrent illégalement en Europe depuis la Turquie, pour rejoindre notamment l’Allemagne, via la péninsule balkanique), avait lui accosté à Malte avec à son bord 234 clandestins. <br>Rome accuse cette organisation de provocation du gouvernement italien, profitant des divisions entre Etats européens et de l’impunité des passeurs, négriers des temps modernes. Le bateau de 32 mètres, construit en 1968, s’est imposé à Malte au soulagement du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur RTL. «La France sera prête, comme elle l’a dit et comme elle l’a fait avec l’Espagne il y a une dizaine de jours, à envoyer une équipe sur place pour traiter les demandes de manière individuelle.»

Après des semaines de tensions, les dirigeants de l’Union européenne assurent être parvenus vendredi à un compromis qui propose la création de « plateformes de débarquements«  de clandestins en dehors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée et encourager le maintien au bled.

Migrants: Merkel leur a tendu la main et ils l’ont mordue…

Le ministre allemand de l’Intérieur, offre de démissionner

Résultat de recherche d'images pour "merkel migrants"Angela Merkel reste sous la menace d’une crise politique intérieure majeure du fait de la pression d’associations supranationales internationalistes illégitimes, en faveur des migrants en tout genre et davantage motivées par la déstabilisation des démocraties européennes que par leurs objectifs humanitaires brandis.

La chancelière allemande et l’aile la plus à droite de sa coalition gouvernementale, l’Union chrétienne-sociale (CSU, Union chrétienne-sociale) bavaroise, doivent se réunir lundi 2 juillet pour une ultime tentative destinée à résoudre le conflit sur les migrants qui menace de faire tomber le gouvernement de coalition.

L’opposition de gauche à la politique  de Merkel instrumentalise les problématiques de flux migratoires.Membre de la coalition gouvernementale mise en place en mars après des mois de difficiles tractations, la CDU (Union chrétienne-démocrate, premier parti de droite) juge Merkel trop laxiste.

Illustration.

Le président de cette formation et ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, qui mène la fronde, a menacé dimanche de démissionner, saisissant l’occasion de l’impasse actuelle, lors d’une réunion de la CSU qui a duré une dizaine d’heures à Munich.<br>Plusieurs de ses proches l’ont toutefois convaincu de ne pas passer immédiatement à l’acte.

H. Seehofer compte donc rencontrer dans le courant de la journée de lundi la chancelière pour une tentative « de la dernière chance » de forger un compromis. A. Merkel et Seehofer devaient se retrouver ce lundi au siège de la CDU, à Berlin.

Le conflit porte sur le traitement des migrants arrivant en Allemagne, mais déjà enregistrés dans d’autres pays de l’Union européenne (UE). Le ministre veut les refouler à la frontière, ce que refuse Angela Merkel pour ne pas créer d’« effet domino » en Europe.

Devant les cadres de son mouvement, Seehofer a évoqué trois scénarios. Il a expliqué qu’il pourrait soit céder à la chancelière et rentrer dans le rang, soit passer outre les objections de cette dernière et imposer de son propre chef les refoulements aux frontières – ce qui entraînerait toutefois son limogeage et l’éclatement du gouvernement de coalition –, soit démissionner. <br>Et il a ajouté, selon des participants, que son choix s’était porté sur cette troisième option.

Les partis politiques allemands rejettent toute « union nationale »

blog -Merkel-Seehofer.jpgS’il devait confirmer lundi son départ, les conséquences pour l’avenir du gouvernement seraient potentiellement graves. La question serait alors de savoir si le parti du ministre quitte la coalition en même temps que son représentant. Dans pareil cas, la chancelière se verrait privée de majorité au Bundestag, avec sans doute à la clé des élections anticipées.

Le parti bavarois pourrait aussi se contenter de remplacer Seehofer, dont les relations avec Angela Merkel étaient devenues exécrables, par une personnalité plus à même de négocier un compromis migratoire avec la chancelière.

Il ne sera pas aisé toutefois lundi de trouver un terrain d’entente entre les deux formations longtemps alliées mais aujourd’hui largement opposées. Angela Merkel reste en effet inflexible. D’autant que, dimanche soir à Berlin, elle a obtenu le soutien quasi unanime des instances dirigeantes de son parti, la CDU. Ces dernières ont, dans une motion, exprimé leur refus de toute décision « unilatérale » nationale pour refouler les migrants, comme celle que souhaite M. Seehofer.

Une chancelière ouvertement contestée

Résultat de recherche d'images pour "merkel migrants"En bloquant le projet de son ministre sur les refoulements de migrants, la  chancelière  a déclenché ce conflit sur les migrants à la fois dans sa coalition précaire et dans le camp conservateur allemand, vers la mi-juin. Mais les frottements sont en réalité quasi permanents depuis la décision controversée prise en 2015 par Angela Merkel d’ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de candidats à l’asile.

Le parti bavarois CSU n’a cessé depuis trois ans de dénoncer ce choix et de peser pour obtenir davantage de fermeté en matière d’asile. Il est, en outre, aiguillonné par la perspective des élections régionales, cruciales pour elle, en Bavière en octobre, où le CSU risque de perdre sa majorité absolue face à la poussée de la droite radicale anti-migrants.

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Le souvenir des agressions sexuelles du Nouvel An 2016 par des migrants à Cologne est resté vif : mobilisation populaire spontanée

Le ministre de l’Intérieur avait fixé un ultimatum au début de juillet à Angela Merkel, prévenant de sa détermination à décider de refoulements aux frontières faute de mesures « équivalentes » au niveau européen. La chancelière, qui tente de gagner du temps jusqu’à l’automne, pensait pouvoir amadouer ce parti rebelle grâce aux mesures espérées lors du dernier sommet européen pour réduire les flux migratoires. Mais le pari est perdu et Seehofer les a qualifiées dimanche d’« insuffisantes ».

Selon l’issue de la crise gouvernementale, Angela Merkel en ressortira forcément plus affaiblie ou politiquement renforcée. Y compris dans le concert européen. Après presque treize années de pouvoir, elle est désormais ouvertement contestée outre-Rhin sur sa politique migratoire et souvent critiquée à l’étranger, notamment en Europe de l’Est et par Donald Trump.<br>Les ONG pourraient donc remporter une victoire.

Migrants : Macron anime un sommet européen qui fait ‘plouf’ …

Après les satisfecit,  l’« accord » migration européen se révèle une coquille vide

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En 2012, le ‘Costa Concordia‘, un navire de la compagnie italienne de croisières Costa, est allé s’échouer sur l’île du Giglio,  en mer Tyrrhénienne, à hauteur de la Corse

Le texte de compromis final conclu dans la nuit de jeudi à vendredi par les Vingt-Huit réunis en sommet à Bruxelles n’apporte pas de réponses opérationnelles très concrètes. La consternation a succédé aux déclarations d’autosatisfactions, suite au pseudo-accord sur les migrations négocié durant la nuit précédente à l’issue du sommet à Vingt-Huit de Bruxelles : cet accord suscite déjà la déception des rêveurs et autres vertueux irresponsables.

Il devait durablement apaiser les tensions entre les pays européens, ceux du bassin méditerranéen, qui réclament davantage de solidarité, et ceux de l’Est qui continuent à protéger leurs populations souvent elles-mêmes défavorisées, mais permettra-t-il d’éviter d’autres scènes désastreuses mises en scène par des organisations qui n’ont d’humanitaire que le nom, puisqu’elles prennent le relais des passeurs sans garantir un port d’accueil aux migrants livrés aux errances de leurs bateaux, tels que l’Aquarius ou le Lifeline, qui ont réussi à médiatiser leur activisme, mais aussi d’autres qui n’ont pas encore organisé, comme eux, d’opération médiatique pour leur promotion et la collecte de dons.  <br>Pour sa fermeté, Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur, est stigmatisé, bien qu’il réponde à la promesse faite à son électorat saturé de clandestins errants partout en Italie : en fermant les ports de son pays aux clandestins, a-t-il déclenché la crise politique dont on l’accuse actuellement en Union européenne, singulièrement en Allemagne, ou a-t-il décillé les yeux de ses membres pour les pousser à une action juste et respectueuse des populations ?

Quelques heures après la conclusion de l’accord, le président du Conseil italien Giuseppe Conte, ci-dessous avec Macron, a fait valoir que la voix de Rome, qui menaçait de bloquer l’ensemble du Conseil européen, a enfin été entendue. « Je suis satisfait. Bien sûr, si j’avais eu à écrire le texte, je l’aurais fait différemment, mais nous étions Vingt-Huit », a-t-il raconté, vendredi matin, avant de lancer, en montant dans sa voiture : « Maintenant, je pars continuer le combat. » Il ne se livre pas à Bruxelles.

« Ce qui m’intéresse ce sont les actes » : encore mieux, s’ils respectent la volonté des peuples !

blog -Conte G-Macron EMais, dès le milieu de matinée, des messages plus négatifs ont afflué : « Aucun engagement contraignant et seulement des choix volontaires pour les demandes italiennes. Un résultat faible. L’Italie affaiblie. Les pays de l’Est crient victoire », analysait le secrétaire par intérim du Parti démocrate (PD, centre gauche). Ainsi, Maurizio Martina, 39 ans, le Hamon péninsulaire, ignorait-il la volonté populaire et le « bien commun » à tous. La défaite de son parti aux élections générales italiennes, le 5 mars 2018, ne lui a rien appris. Seule prévaut la ligne idéologique officielle, intangible : le comble du conservatisme sourd.

A la mi-journée, Salvini lui-même déclarait : « Je ne me fie pas aux paroles, ce qui m’intéresse ce sont les actes. » « Pour une fois, Matteo Salvini a raison. La mission de Conte au Conseil européen a été un véritable flop », répliquait, dans un Tweet, le chef du groupe PD au  Sénat, Andrea Marucci.
 » L’Italie a cédé sur toute la ligne, interprète le socialiste : elle n’a pas obtenu la répartition obligatoire des migrants [sic], mais seulement celle, volontaire, des réfugiés. Elle devra construire des nouveaux camps et elle accepte le principe d’un retour des personnes parties en Allemagne ou en Autriche « , écrivait La Repubblica, quotidien national de gauche. Ces  » hot spots «  de nouvelle génération, avec davantage d’argent européen [lequel? quel montant ? quelle répartition ?] et censés retenir les demandeurs d’asile dont le dossier est à l’examen, devraient être créés sur une base volontaire. Ces structures sont la principale réponse apportée par les Vingt-Huit au refus de l’Italie d’assumer seule la responsabilité des migrants sauvés en mer.

 Les espoirs d’un accord durable sont tombés à l’eau. 

La mise en œuvre de l’accord sera  » difficile « , a admis Donald Tusk, le président du Conseil européen, à Bruxelles. Et d’ajouter, au grand dam des partisans des déficits publics, qu’il est  » bien trop tôt pour parler d’un succès « .

La chancelière allemande, Angela Merkel, reste, elle, dans l’expectative et surtout à l’écoute de son opinion publique :  » C’est un bon signal que nous nous soyons accordés sur un texte commun ; nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue.  » 

L’enthousiasme de Macron, très en pointe pour dégager un compromis acceptable par Rome, était retombé lui aussi, comme un soufflet : désabusé, il a ainsi commenté vendredi après-midi, que le texte  » ne règle en rien, à  lui seul, à la crise que nous vivons, qui est largement politique « .

Résultat de recherche d'images pour "Macron hypocrite"
Mon oeil !

Premier de cordée à prêcher la nécessaire solidarité européenne, tout en refusant fermement d’installer un  » centre contrôlé  » sur son territoireMacron s’est installé dans le carré de tête des hypocrites les plus doués » Quand un bateau doit débarquer – après un sauvetage – , il va vers le port sûr le plus proche. Puis, il y a la règle de Dublin, du pays de première arrivée. C’est pour cela que la France, qui n’est pas un pays de première arrivée, n’ouvrira pas de centre « , a décrété Manu-le-solidaire.

Macron s’est d’ailleurs fait épingler sur ce point sensible, presque en direct, par G. Conte. Celui-ci a démenti que ces centres d’accueil devraient être créés dans les pays de première entrée.  » Macron était fatigué « a raillé le premier ministre de l’Italie, taquinant le petit Qui trop embrasse mal étreint…

Comble de la honte pour Macron, seule la Grèce se serait portée volontaire pour ouvrir des  » centres contrôlés « . Parce qu’elle est déjà passé par là, elle pourrait ainsi  » recycler  » les hot spots qu’elle a dû ouvrir, surtout sur ses îles, au plus fort de la crise de 2015-2016, et recevrait davantage de financement européen.

Les ports italiens seront fermés  » tout l’été «  aux ONG qui assurent le transit de migrants, a prévenu Salvini, vendredi. Résultat de recherche d'images pour "centre ferme"Or, le dénouement de la situation du Lifeline, qui a fini par imposer l’accueil de migrants à Malte, a été mis au point par des diplomates, et non par des techniciens… L’incertitude persiste sur la systématisation de la prise en charge des migrants, que refusent désormais les Italiens.  » L’espoir, c’est surtout que l’on décourage les bateaux des ONG de prendre la mer « lâche un expert. Mais encore faudrait-il encadrer les organisations du type ‘No border’… 

L’idée de  » plates-formes de débarquement  » dans les pays tiers, hors de l’UE, une autre avancée de l’accord – selon les pro-migrants qui ne veulent pas savoir qu’aucun pays n’en veut sur son territoire – semble elle aussi dès à présent mal engagée. Elle se heurte au refus des intéressés du premier rang :  la Tunisie, du Maroc et de la Libye. Pourtant, dans le cadre d’une politique plus générale d’externalisation de l’asile, le Maroc a signé en février 2005 un accord de siège avec l’OIM, l’autorisant à instaurer une représentation sur son territoire, visant à « apporter une contribution efficace à la gestion des questions migratoires au royaume du Maroc ». Les Vingt-Huit ont confié au Conseil et à la Commission l’examen du  » concept « , mais la vérité est que l’issue est plus qu’incertaine. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM, agence intergouvernementale désormais liée à l’ONU) estime que ces centres de gestion des demandeurs d’asile devaient être situés en Europe, et pas à l’extérieur de celle-ci.

Un centre de migrants à Tripoli, le 22 février.Un porte-parole a déclaré que l’agence est  » très heureuse de la solidarité et du consensus qui ont émergé «  du sommet de Bruxelles. Mais  » nous ne parlons pas de centres de traitement à l’étranger, c’est le point crucial « , a ajouté Leonard Doyle. L’OIM a exprimé son inquiétude  » insurmontable «  suscitée par l’ouverture de  » plates-formes de débarquement «  en Libye, du fait de l’insécurité qui y règne et des mauvais traitements qui y sont infligés à des migrants. Il faut rappeler, pour être honnête, que la contribution de la Libye est immense, puisque les Africains du sub-Sahara et les Arabes du Proche-Orient traversent son territoire massivement.  Et que le pays peine à contrôler les réseaux de « passeurs » dont il a été si peu question à Bruxelles.

Résultat de recherche d'images pour "libye carte flux migratoire"Les seuls accords – bilatéraux – un peu concrets pourraient bien être ceux qu’Angela Merkel a commencé à négocier avec deux pays au moins, l’Espagne et la Grèce. Ils devraient permettre de systématiser le renvoi de  » dublinés  » d’Allemagne vers ces deux pays, par lesquels ils sont entrés dans l’Union européenne.
Vendredi après-midi, les corps de trois bébés morts dans un naufrage survenu quelques heures plus tôt, à six kilomètres au large des côtes africaines, ont été récupérés par les gardes-côtes libyens. Seize survivants ont été repêchés et on estime à 100 le nombre de disparus.
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Migrants : le sondage inattendu qui vient soudain conforter les résistances de Macron à leur accueil

Impensable avant la prise de position de Macron : six Français sur dix estiment que la France accueille trop de migrants

blog -trop de migrants-selon six-Francais-sur-dix-juin2018.jpgLes Français auraient jusqu’ici été montrés du doigt, mais Jupiter aurait fait basculer l’opinion ! 

De mieux en mieux : une majorité encore plus large ne fait pas confiance à l’Union européenne pour régler la crise. Alors que les dirigeants de l’Union européenne ont réussi à boucler vendredi 29 juin un accord de principes sur les migrations, une majorité de Français (60%) estime que la France en accueille trop, selon un sondage Odoxa-Dentsu Consulting pour franceinfo et Le Figaro.

Sondage 18 juin 2018.Ils ne sont que 30 % à trouver que le pays accueille le « bon nombre de migrants » et seulement 10 % déplorent qu’on en accueille « pas assez ». Les commentateurs qui se disent « fins observateurs » de notre société vont-ils changer leur fusil d’épaule ? Encore faudrait-il qu’ils se trouvent une idéologie alternative… 

Les sympathisants du Rassemblement national (ex-FN) sont les plus nombreux à juger que les migrants sont accueillis en nombre excessif (98 %); ils sont 76 % chez Les Républicains (LR)42 % parmi La République en marche (LaREM) et 36 % dans les rangs de la France insoumise.

Les migrants ayant quitté un pays en guerre comme la Syrie ou l’Irak inspirent « de l’inquiétude ou de la peur » à 54 % des personnes interrogées (61 % en 2016) et de « la sympathie ou de la compassion » à 45 % d’entre elles (38 % en 2016).

Le gouvernement « pas à la hauteur »

Les Français jugent très majoritairement (73 %) que l’action du gouvernement n’est « pas à la hauteur » des enjeux de la crise migratoire, ils étaient 82 % à exprimer la même défiance sous le précédent quinquennat.

<br>Ils sont également 73 % « à ne pas faire confiance à l’Union européenne pour régler la question » soit davantage qu’en 2015 (+ 7 points). <br>Enfin, 51 % de nos concitoyens sont opposés à des sanctions financières prises contre des pays de l’UE refusant d’accueillir des migrants,  48 % y étant favorables.

Enquête réalisée par internet les 27 et 28 juin 2018, sur un échantillon de 967 Français représentatif de la population française âgée de 18 et plus, selon la méthode des quotas.

Migrants : les chefs d’Etats européens, dont Macron, vont tenter d’accorder leurs violons humanitaires

Les dirigeants des pays de l’UE vont tenter de surmonter leurs divisions face au risque de submersion par les flux migratoires

blog -Macron-Merkel-embarras commun sur sujet migrants-Bruxelles-juin2018.jpgCe jeudi à Bruxelles, a lieu un sommet sous tension durant lequel Macron va défendre des mesures qui ne sont pas appréciées par l’ensemble de ses voisins. S’il ne s’agit pas du seul thème qui sera abordé – le Brexit, les liens commerciaux avec les Etats-Unis ou le budget de la zone euro, entre autres -, durant deux jours, la crise migratoire devrait diviser les chefs d’Etats, car les 28 avancent en ordre dispersé, chacun ayant à l’esprit des propositions différentes concernant le devenir des migrants déjà sur le sol européen. Quelles sont celles de la France ? 

« Est ce que nous voulons des solutions nationales ou des solutions européennes de coopération ? », a interrogé Emmanuel Macron à son arrivée au sommet.

Des « centres fermés » à l’intérieur de l’UE.<br>Le projet a récemment été proposé par la France, et soutenu par l’Espagne. Il s’agirait de créer des « centres fermés » dans l’UE dans lesquels les migrants attendraient l’examen de leur cas. Ces centres permettraient théoriquement de traiter rapidement les demandes d’asile dans des lieux financés avec des moyens européens, d’où une répartition solidaire de ces personnes dans l’UE pourrait être organisée, plaide Macron. <br>Quant aux migrants économiques, ils pourraient être renvoyés directement vers leur pays d’origine. Selon l’Elysée, Paris et Madrid proposent d’installer ces centres essentiellement en Italie, sachant que ses dirigeants les refusent catégoriquement, mais aussi en Espagne, tandis que la France ne serait pas concernée…

Mais le ‘hic’, c’est que la proposition franco-espagnole a été très mal reçue à Rome. On aura compris que c’est le but recherché par les hypocrites… « Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en camp de réfugiés pour toute l’Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement« , a logiquement réagi l’homme fort du gouvernement italien, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, dont la coalition gouvernementale n’a pas été élue pour ça. Jusqu’ici les migrants qui arrivent en Europe ne doivaient pas obligatoirement passer par des centres, ni ouverts ni fermés. S’il existe des « hotspots » en Grèce, généralement non fermés, il n’en existe pratiquement aucun en Italie, pays de transit permanent depuis la Sicile, qui jusqu’ici les refusait aux passeurs de l’humanitaire facile, pour des questions de souveraineté. 

Empêcher les arrivées. <br>La résistance aux arrivées irrégulières est l’un des seuls consensus européens et elle devrait être confirmée au cours du sommet. Notamment en intensifiant les pressions sur les pays d’Afrique afin qu’ils freinent les départs et acceptent plus de réadmissions de leurs ressortissants refusés par l’UE. <br>Les Européens semblent également prêts à poursuivre le renforcement de l’Agence européenne des gardes-frontières, dont la Commission propose de faire une « véritable police des frontières » de l’UE, forte sur le papier de 10.000 agents (contre 1.300 en 2018).

Outre leur lieu d’implantation, reste à régler la question du financement des centres fermés, encore moins consensuelle, comme le montrent les difficultés à mobiliser les fonds promis à la Turquie.

Autre obstacle dressé par les associations, celui du respect des droits.

Il ne s’agit évidemment pas des droits des peuples européens. Bien que supranationales et illégitimes face aux Etats souverains, six « ONG » (ou assimilées) ont en effet accusé jeudi la France de violations à la frontière avec l’Italie. Ainsi, en deux jours, elles disent avoir vu des migrants enfermés dans un local de la police aux frontières de Menton jusqu’à 14 heures d’affilée avant leur reconduite en Italie, « dépassant largement la durée de 4 heures jugée admissible par le Conseil d’Etat en juillet 2017 ». Elles assurent aussi avoir constaté « des contrôles [qu’elles jugent]  au faciès », pourtant prohibés, dans les trains en provenance de Vintimille.

La Cimade, qui avoue avoir bénéficié de fuites de chiffres officiels, a elle aussi dénoncé cette semaine un bond des refus d’entrée en France : le nombre de « non-admissions » s’est élevé l’an dernier à 85.408, soit 34% de plus qu’en 2016 (63.845 refus d’entrée), assure l’association sur la base de chiffres de la police aux frontières. En 2015, année du rétablissement des contrôles aux frontières, 15.849 non-admissions avaient été prononcées.

Résoudre les « mouvements secondaires » que les ONG et passeurs n’assument pas non plus. A l’issue du mini-sommet qui s’est déroulé dimanche dernier à Bruxelles, Emmanuel Macron et Angela Merkel ont mis l’accent sur la nécessité de résoudre le problème des « mouvements secondaires », à savoir des demandeurs d’asile qui se déplacent dans l’UE, au lieu de rester dans le pays par lequel ils sont entrés dans l’attente d’une décision sur leur cas: ce sont notamment les adeptes du  « benchmarking » qui choisissent leur point de chute au « faciès social » des états membres de l’UE. <br>Si la France s’est positionnée sur le sujet, c’est notamment en soutien à la chancelière, dont le ministre de l’Intérieur menace d’instaurer un refoulement unilatéral aux frontières. Pour éviter la mise en péril du fragile équilibre gouvernemental allemand, les deux pays devraient prôner au sommet de nouer des accords entre plusieurs pays pour pouvoir procéder à des renvois rapides.

 

Migrants : l’italien Matteo Salvini dénonce l' »arrogance » de Macron

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A 24 heures d’un mini-sommet européen sur les migrations qui s’annonce agité, Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur, ci-dessus à gauche, a vivement dénoncé l’« arrogance » du président français Emmanuel Macron, samedi.

Enumérant les chiffres d’arrivées des migrants en Italie et le coût que cela a représenté pour ce pays, Salvini, qui est aussi le patron de la Ligue, sorti vainqueur des élections, a dit s’étonner que cette situation ne soit pas considérée comme un problème pour « l’arrogant président français ».

« Nous l’invitons à arrêter les insultes et à démontrer sa générosité avec des faits en ouvrant les nombreux ports français et en arrêtant de refouler des femmes, des enfants et des hommes à Vintimille« , à la frontière entre la France et l’Italie, a déclaré Salvini, cité par sa porte-parole.

« Si l’arrogance française pense transformer l’Italie en camp de réfugiés pour toute l’Europe, peut-être en versant quelques euros de pourboire, elle se fourvoie complètement », a-t-il conclu.

La France et l’Espagne ont proposé la création de centres fermés en Europe pour gérer les migrants débarquant de Méditerranée.

Ce n’est pas la première fois que  Salvini dit son fait à Macron. Il avait dénoncé notamment l' »hypocrisie » du président français après son long silence et des leçons à son voisin italien pour son refus d’ouvrir ses ports récemment à l’Aquarius, un navire de SOS Méditerranée, affrêtée par une triade de passeurs organisée en association supranationale et sans légitimité.

Vendredi, il a de nouveau appelé le président français â plus de retenue après que celui-di eût dénoncé la « lèpre » nationaliste en Europe.

« Nous sommes peut-être des populistes lépreux, mais moi les leçons je les prends de qui ouvre ses ports. Accueillez les milliers de migrants et après on en reparlera« , a lancé vendredi M. Salvini à l’adresse du président qui se croit sorti de la cuisse de Jupiter.

‘Fake news’ en Une de ‘Time’ : la fillette en pleurs n’a pas été séparée de sa famille, révèle le Honduras

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« La fillette, qui va avoir deux ans, n’a pas été séparée » de ses parents

La responsable de la direction de protection des migrants au ministère des Affaires étrangères du Honduras, Lisa Medrano, dénonce ainsi un montage malveillant de la presse américaine. L’enfant n’a pas été retenue avec sa mère dans un centre pour migrants, contrairement à l’affirmation du magazine pro-démocrate.

Le père de la fillette, Denis Varela, a également confirmé au Washington Post que sa femme Sandra Sanchez, 32 ans, n’a pas été séparée de la petite Yanela et que les deux sont actuellement retenues dans un centre pour migrants dans la ville de McAllen, au Texas.

Time a édité la photo de la petite fille pour la montrer seule, sur un fond rouge, et l’image a été largement reprise sur la presse partisane internationale et les réseaux sociaux par les opposants à Trump pour dénoncer sa politique, depuis abandonnée, de séparer les familles d’immigrants clandestins à la frontière.

Cette image, prise par le photographe John Moore, a largement contribué à manipuler l’opinion. « Je savais qu’à la prochaine étape de leur voyage, dans ce centre de rétention, elles allaient être séparées« , a-t-il raconté, laissant penser que Yanela allait subir le même sort que les plus de 2.300 mineurs séparés de leurs parents entre le 5 mai et le 9 juin, en vertu de la politique de « tolérance zéro » du président américain. Un amalgame validé par le magazine américain.

Depuis, Donald Trump a permis à sa femme de se mettre en valeur sur cette politique, très critiquée aux
Etats-Unis et à l’internationale. Il a repris la main en signant mercredi un décret mettant fin à ces séparations.

Une étude du ‘think tank’ socialiste Terra Nova, pour LREM, jugée raciste

« De la mauvaise foi; totalement ridicule », évacue son directeur

Quetionnaire en ligne réalisé pour En marche.Publiée le 8 juin par le groupe progressiste de réflexion Terra Nova, cette étude en ligne destinée à des adhérents de la République en marche, fait rugir les réseaux sociaux et la classe politique française. « De la mauvaise foi », juge le directeur du groupe de réflexion, Thierry Pech, ancien directeur de la rédaction du magazine Alternatives économiques, magazine traitant de questions économiques et sociales de manière biaisée. Juliette Méadel, secrétaire nationale du PS, ex-secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes de François Hollande et porte-parole du  sans avoir jamais été élue députée, a été brièvement, jusqu’au 8 novembre 2013, directrice générale.

« On ne se sent pas chez soi comme avant »« Il y a trop d’immigrés en France »« Les chômeurs peuvent trouver du travail s’ils le veulent vraiment » : le questionnaire en ligne, intitulé « La République en marche, anatomie d’un mouvement » et rédigé par le think tank Terra Nova vise à mieux connaître les adhérents de La République en marche,  mais surtout, la polémique qu’il suscite démontre que la gauche communautariste fait obstacle à la liberté d’expression, singulièrement à tous les sujets qui permettraient une meilleure maîtrise de la crise migratoire. 

Exemple de questions dans le questionnaire de Terra Nova pour La République en marche.
Exemple de questions dans le questionnaire de Terra Nova pour La République en marche. (capture d’écran)

Les quelque 30.000 militants sont invités à réfléchir graduellement à leur positionnement, de « tout à fait en désaccord » à « tout à fait d’accord ». Parmi cet inventaire à la Prévert, on trouve aussi bien  : « La France doit avoir un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections » que « L’islam est une menace pour l’Occident ».

« C’est une rhétorique rance, et c’est extrêmement grave. Je combats cette approche-là, pour moi il n’y a que des Français », déclare Rachid Témal, sénateur du Val-d’Oise, à franceinfo.

Une question révolte particulièrement Rachid Témal, apparatchik socialiste, vice-président du groupe PS au Sénat et sénateur du Val-d’Oise : « Les enfants d’immigrés nés en France sont-ils des Français comme les autres ? »« C’est une rhétorique de l’extrême droite, les Français ‘de souche’ et les Français ‘de papier’. Voilà ce qu’induit cette question. La République en marche assume cette étude », a jugé ce fils d’immigrés chez qui la référence à ses origines suscite un réflexe de plainte pour diffamation et incitation à la haine raciale.

« C’est totalement ridicule », se défend Terra Nova

Le parti La République en marche se défausse en renvoyant à Terra Nova,  qui a proposé, payé et formulé le sondage. A croire que le parti du président n’aurait pas accepté sa diffusion ! Son directeur Thierry Pech dénonce, sur franceinfo, un faux procès : « C’est totalement ridicule. Terra Nova est connu pour des positions en faveur du droit d’asile, d’une politique plus ouverte en matière migratoire. Et aujourd’hui on nous fait un procès en racisme, c’est absurde », a avancé Thierry Pech.

« C’est soit de la mauvaise foi, soit de l’incompétence et de l’ignorance mélangées, » insiste Thierry Pech, directeur de Terra Nova sur franceinfo. Il assume donc cette étude dont les résultats seront connus à l’automne. Pour lui, cette méthode d’étude existe depuis plusieurs années : « Ce sont des questions qui sont notamment posées par le Cevipof. Si vous jugez que cette enquête est raciste, vous jugez que beaucoup d’enquêtes depuis dix ans le sont aussi. Ce n’est pas sérieux », a-t-il conclu.

Améliorer la connaissance du mouvement

Le but de cette étude est officiellement d’« améliorer la connaissance du mouvement » et des 30.000 militants et 400.000 adhérents. Cette étude, menée par le directeur de Terra Nova, Thierry Pech, les chercheurs à Sciences Po Marc Lazar et Thomas Vitiello, et le chercheur au CNRS et au Cevipof Bruno Cautrès, se fonde sur un questionnaire envoyé à quelque 30.000 militants.

Il est aussi demandé dans cette étude de noter de 0 à 10 Emmanuel Macron sur certaines affirmations, du type « Il accepte facilement d’être contredit »« Il est éloquent, il a des talents oratoires », « Il n’est pas assez sensible aux demandes des Français« 

Migrants de l’Aquarius : Macron s’est laissé dicter sa conduite par des organisations supranationales et l’Espagne

La France traitera les demandes « au cas par cas, » concède Benjamin Griveaux…

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« Où sont passées mes lingettes, » demande l’ex-banquier qui, pour une fois, se retient de tripoter son interlocuteur de la main gauche

La France accueillera les migrants de l’Aquarius « s’ils répondent aux critères que nous avons fixés dans la loi, » renâcle le porte-parole du gouvernement lors de l’émission ‘Dimanche en politique’ sur France 3.

Benjamin Griveaux a estimé qu’il est « impossible » de déterminer combien de migrants de l’Aquarius seraient accueillis par la France, qui va examiner les situations « au cas par cas« .

« La France a toujours dit que s’il (l’Aquarius) avait été à proximité des côtes françaises, le droit s’imposerait. L’Espagne a pris ses responsabilités, il n’est pas question de concours », a expliqué B. Griveaux dans l’émission de la chaîne de service public.

On se laisse imposer des vies humaines, on réfléchit après

« On va voir quelles sont les différentes situations »… De force plutôt que de gré, la France « souveraine » accueillera des migrants de l’Aquarius que le nouveau gouvernement de Madrid a attirés  dimanche à Valence (Espagne), sans concertation préalable avec ses partenaires européens. 

« Ils viennent d’accoster, ça prend du temps de savoir de quelle nationalité ils sont, à quel titre ils demandent l’asile…« , tergiverse Griveaux. « On va voir quelles sont les différentes situations, on est sur de l’humain« , a-t-il martelé. Les socialistes espagnols l’ont-ils réalisé ?

Il faut selon lui « d’abord (régler) la question du traitement médical, de l’accueil, de remettre ces gens d’aplomb et ensuite l’examen » des situations, a précisé le porte-parole.

« La France prendra sa part, » a promis ce membre du premier cercle de Macron

Tandis que le président Macron se tient en retrait, c’est l’Espagne qui parle pour lui : La France a proposé d’accueillir une partie des migrants de l’Aquarius, a ainsi annoncé samedi le gouvernement espagnol. Une offre saluée par le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez comme un signe de la « coopération » et de la « solidarité » européennes nécessaires face à la crise migratoire.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (ex-FN), s’est dite dimanche « inquiète » que la France en accueille.

<br>Griveaux a par ailleurs répondu vertement aux députés LREM, dont Sonia Krimi, qui ont osé critiqué le silence de Macron dans l’affaire de l’Aquarius : « un responsable politique doit d’abord ne pas céder à l’émotion (…) J’entends beaucoup d’émotion, pas beaucoup de solutions et d’action« , a-t-il taclé. S. Krimi est l’arbre qui cache la forêt réelle macronienne, outrée par le cynisme de Macron : LIEN 

<br>Savoir si, avec le recul, Macron a cédé à l’émotion lorsqu’il a reproché à l’Italie son « attitude irresponsable » et « hypocrite »

Les mots de Laurent Wauquiez n’ont pas été aussi sévères envers Virginie Calmels, fauteuses de troubles juppéiste sur la place publique : le patron de Les Républicains a apporté une solution. On attend la ré-action de Macron face à l’émotion de Krimi.

L’Espagne accepte les migrants africains de l’Aquarius pour les repasser aux pays du Nord

‘SOS Méditerranée’ assure la livraison, mais ne garantit pas le suivi

 

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Un risque sanitaire non négligeable

Les passeurs ont débarqué leur cargaison dans le port de Valence, mais, après son coup de com’, le gouvernement socialiste tout juste de retour aux affaires appelle les pays du nord à les décharger du fardeau de la pression migratoire qu’il s’est mis.

 

Maintenant que les passagers de l’Aquarius sont arrivés à bon port dimanche matin, après huit jours de périple, navire supranational sans légitimité, flanqué de deux bateaux des garde-côtes italiens qui avaient pris en charge une partie de ses passagers durant les 1.500 kilomètres de traversée, les tensions ne sont pas retombées c’est finalement Madrid qui a débloqué la situation en ouvrant le port de Valence, « pour raisons humanitaires » – mais surtout politiciennes : elles rebondissent.

« Servir de catalyseur », selon les activistes du gouvernement socialiste

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Pourquoi le Datillo italien assure-t-il le débarquement de 274 clandestins à Valence, Espagne, et non pas l’Aquarius ?

 

Le gouvernement socialiste espagnol ignore encore quel sort elle réserve à ces 630 nouveaux clandestins non désirés en Espagne. La porte-parole du gouvernement, Isabel Celaa, avoue que « leur situation sera étudiée au cas par cas », sans exclure d’éventuelles expulsions.

 

Les socialistes espagnols attirent les migrants, mais tentent l’externalisation du 

contrôle des flux migratoires. « Nous espérons que l’initiative espagnole servira de catalyseur qui poussera l’Europe à prendre ses responsabilités, insiste-t-elle, une fois le coup médiatique réalisé. Ce n’est pas une question espagnole, italienne ou grecque. C’est une question européenne qu’il faut affronter entre tous », se dérobe l’Espagnole, après l’initiative gouvernementale, sans concertation avec l’Union européenne.

En revanche très engagé contre les indépendantistes catalans, le ministre espagnol des Affaires extérieures, Josep Borrell, 71 ans, rétropédale : il s’agit d’une décision symbolique , qui vise à provoquer « un électrochoc politique », pour forcer l’Union européenne à « cesser de regarder ailleurs », lâche, cyniquement, cet ancien délégué syndical, en plaidant pour un meilleur travail en amont. 
Et de citer en exemple  la stratégie de l’Espagne au Sénégal, où les aides à l’économie locale, en échange d’une meilleure coopération sur le contrôle des frontières, ont permis de barrer la route à l’immigration irrégulière vers les îles Canaries.

Troisième voie d’accès en Europe par le Sud

Des migrants à bord de «l'Aquarius», le 12 juin.
Une mise en scène promotionnelle de ‘SOS Méditerranée’

L’Espagne est la troisième voie d’accès en Europe par le sud, après la Grèce et l’Italie, avec plus de 22.000 personnes entrées par la mer en 2017, en transit. Pendant que toutes les caméras se focalisent sur l’arrivée de l’Aquarius, encore près de 1.000 migrants à la dérive sur de petites embarcations ont été repêchés au large de la côte andalouse ces derniers jours, loin des projecteurs. L’opération menée par SOS Méditerranée n’était qu’un coup de pub d’activistes qui ne règlent rien : les passeurs se déchargent sur les instances institutionnelles.
D’autres sont à venir : un appel d’air médiatisé par des irresponsables sans moralité, ça fait des dégâts humains qui n’ont rien de symboliques…

Que l’accueil de l’Aquarius se confirme ou non être un coup d’éclat sans lendemain, il n’annonce pas nécessairement un virage dans la politique espagnole en matière d’immigration. « La tendance a été au renforcement et à la militarisation des frontières ces dernières années, avec un système de surveillance électronique dans le détroit de Gibraltar et des patrouilles conjointes pour faciliter le retour dans les pays émetteurs », constate Itziar Ruiz-Gomez, professeur de sciences politiques à l’université autonome de Madrid. 

Mais le gouvernement Sanchez sait-il où il va et comment il va se sortir seul de ce mauvais pas ? L’Europe n’est pas obligée de céder à tous les coups de pub de ses membres.

Protection universelle

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Tout laisse à penser que la ligne sécuritaire de Rajoy ne va pas varier avec Sanchez, même si les socialistes du nouveau gouvernement viennent de donner des signes d’assouplissement, pour les uns, mais d’inconscience, pour les autres.

Madrid a annoncé vendredi le rétablissement du droit à la protection universelle, qui donnera accès à la santé pour les sans-papiers et peut fixer les Africains en péninsule ibérique.<br>Il pourrait aussi donner satisfaction aux organisations de défense des droits de l’homme en décidant du retrait les lames tranchantes sur les hauts barbelés frontières de Ceuta et Melilla, les deux enclaves espagnoles en Afrique du nord. Mais les internationalistes des Droits de l’homme et le gouvernement populiste de Pedro Sanchez trouveront-ils le soutien de la population espagnole ?

Reste qu’en toute hypothèse, les Espagnols passeront le relais à la France et aux autres européens. <br>D’ores et déjà, certains adeptes du « benchmarking » dénoncé par Gérard Collomb doivent être accueillis en France, après l’examen de leur situation en Espagne, avait annoncé le gouvernement espagnol samedi. L’Espagne a annoncé ce samedi qu’elle accepte l’offre de la France [sic] d’accueillir les clandestins de l’Aquarius « qui répondraient aux critères du droit d’asile ». La France acceptera les migrants qui « exprimeront leur désir de rejoindre ce pays », a annoncé Madrid !

Clandestins de l’Aquarius : « la panique gagne » l’Europe, raille Taubira

Mais c’est pour la Guyanaise l’occasion de critiquer l’UE qui résiste à la pression des ONG cherchant à lui imposer des migrants non désirés

blog -Taubira-colereChristiane Taubira dénonce l’attitude de l’Europe vis-à-vis de l’Aquarius. Dans une tribune parue dans le JDD, elle assure que, par le passé, « la société ne s’est pas effondrée » en accueillant des migrants.

Les migrants clandestins de l’Aquarius, qui ne sont pas victimes d’abord d’un imbroglio diplomatique entre l’Italie et Malte, mais avant tout de conditions de vie difficiles dans leurs pays de naissance – essentiellement l’Erythrée – , vont débarquer en Union européenne par l’Espagne, à Valence, dimanche. Or, l’altermondialiste Christiane Taubira trouve le moyen de déplorer l’attitude de l’Europe, via une tribune parue au Journal du dimanche.

Description de cette image, également commentée ci-aprèsPays de langues arabe et du tigrinia et de religions, pour moitié, chrétienne et musulmane (sunnite), le territoire érythréen a accepté  en 1962 son annexion par l’Ethiopie qui connut une révolution militaire socialiste, avec le soutien des Soviétiques. Une fois le régime d’Hailé Sélassié renversé en 1974, elle instaura en  la République populaire démocratique d’Éthiopie qui n’empêcha pas la poursuite de la guerre civile éthiopienne et qui fut de surcroît marquée par la guerre érythréenne de sécession. Suite à la victoire des mouvements de guérilla contre le régime militaire du du Derg, le Gouvernement de Transition d’Ethiopie (GTE) s’installa en mai 1991 et proclama l’indépendance de l’Erythrée en 1993. En, fut proclamée la République fédérale démocratique d’Ethiopie. Depuis le début des années 2000, l’Erythrée  dirigé par Isaias Afwerki, né en Erythrée italienne sous administration britannique, exerce une gouvernance répressive et autoritaire envers sa population, notamment via son service militaire, qui provoque un mouvement d’émigration important et aboutit à plusieurs descriptions du pays comme une « prison à ciel ouvert ». L’Erythrée n’a aucun lien historique avec l’Espagne ou la France, mais bien avec le Royaume Uni et l’Italie qui donne à la France des leçons que Macron accepte.

« La panique gagne » l’Europe, estime Taubira, militante indépendantiste

Partisane du « non » lors du référendum français sur le traité établissant une constitution pour l’Europe, elle déclare aujourd’hui que « l’Europe avait une occasion d’exister, de retrouver son magistère éthique sur une scène internationale pleine de fracas, où prospèrent la crânerie, la fourberie, l’ivresse de l’impunité, le désarroi. Elle avait l’opportunité et la capacité de prouver que ses chartes et conventions ne sont pas que chiffons de papier« , écrit l’ex-garde des Sceaux contestée des socialistes François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

Christiane Taubira pointe du doigt notamment l’Allemagne qui « recule », l’Italie qui « bascule », et la France qui « fait des gammes sur la misère du monde ». « La panique gagne » le continent, résume-t-elle. « Dans toute l’Europe, cette impuissance fait la courte échelle aux extrémistes irresponsables et fanfarons, » assure-t-elle, méprisante des peuples qui manifestent leurs rejets de la dictature des ONG en leur imposant une immigration non choisie. L’ancienne ministre socialiste parle de l’Espagne, dont le gouvernement socialiste a accepté d’accueillir l’Aquarius, comme de « notre lueur ». <br>Ce gouvernement a accédé au pouvoir sur une motion de censure déposée par le socialiste Pedro Sánchez, dont  le secrétaire général du parti centriste Ciudadanos, José Manuel Villegas, dit que « la solution n’est pas l’opportunisme de Sánchez, qui semble vouloir arriver à La Moncloa par n’importe quel moyen ».

« La société ne s’est pas effondrée ». « Jamais dans l’histoire, lorsqu’il fallut accueillir une part du monde, la société ne s’est effondrée ni même affaiblie », raconte Christiane Taubira, rappelant à grands traits l’histoire des Espagnols fuyant le franquisme, mais occultant que l’Espagne a dû résister à plusieurs invasions mauresques, les « boat people » venus du fuyant le Vietnam [maoïstes] et le Cambodge [Khmers rouges], ou encore les victimes de la guerre des Balkans [empire ottoman], qui ont pu trouver un accueil en dehors de leur pays d’origine. Mais c’était avant les ravages de la Grande Guerre ou durant la Guerre froide et avant la crise financière et économique de 2008 ou la montée de l’islamisme avec son cortège de morts innocents par attentats terroristes.

« Il n’est pas question de dire ici qu’il est simple d’accueillir. Il ne s’agit ni d’enjoliver, ni de banaliser, ni même de dédramatiser (…) Mais le fait est : la société ne s’est ni effondrée ni même affaiblie, » selon elle. Elle absorba une part du monde et s’en épanouit, dans sa langue, sa gastronomie, ses arts, ses artisanats, sa littérature… », en conclut Christiane Taubira, sans sourciller.<br>Quand, en  avril 2002, elle ne craint déjà pas le ridicule en se portant candidate du Parti radical de gauche à l’élection présidentielle, elle obtint 2,32 % des voix au premier tour, réalisant l’essentiel de son score en France d’outre-mer, notamment en Guyane. <br>Selon un sondage Yougov/Le Huffington Post/CNEWS des 27-28 septembre 2017, elle obtient 13% d’opinions positives.

Migrants sur l’Aquarius : le silence de l’Elysée « vaut complicité avec l’Italie et Malte » ?

Macron défend-il sa population ? Auquel cas, Trump aurait déteint sur lui…

Spain Europe MigrantsAlors que les 629 migrants à bord de l’Aquarius – navire précaire et illégitime d’association – ne savent toujours pas quel port va pouvoir les prendre en charge, l’opposition d'(extrême) gauche s’indigne aussitôt du silence de l’Elysée sur cette affaire, notamment Eric Coquerel, le député insoumis de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis.

L’Aquarius, le navire affrété par l’association ‘SOS Méditerranée’, soutenue par des associations de trois pays européens, est allé au-devant de migrants clandestins au large des côtes libyennes. Mais on ne sait pas encore où il va pouvoir accoster, puisqu’ils posent problème à une Italie qui a élu une coalition de droite dont le programme n’est pas favorable à une surcharge de sa dette publique et Malte qui a simplement annoncé un ravitaillement du navire. Le problème reste entier, après les offres de gascons de la ville de Palerme ou celle de la Corse qui sait pertinemment qu’elle n’a pas la légitimité pour les recevoir.

Et l’Elysée, si bavard sur tous les sujets internationaux, reste muet.

Ni communiqué, ni tweet : y a-t-il quelqu’un aux manettes  ? Silence radio sur l’Aquarius au plus haut niveau de l’Etat, ce qui interpelle, puisqu’Emmanuel Macron se prend pour le sauveur du monde et qu’il se montre généralement hyper-réactif sur les sujets européens. Mais, 11 juin, aucune communication n’était encore venue de l’Elysée, du Quai d’Orsay ou du ministère de l’Intérieur, à la différence du gouvernement allemand qui, en demande de main d’oeuvre peu qualifiée, appelait depuis Berlin l’Italie et Malte à la « responsabilité humanitaire ». Edouard Philippe s’est fendu d’un  commentaire : pour lui, comme pour l’immense majorité des Français, l’immigration est un défi pour l’Europe…

L’opposition meuble bruyamment le silence jupitérien

La gauche et l’extrême gauche – qui se disent attentives aux plus défavorisés déjà établis en France – se sont portés sur le devant de la scène humanitaire. Le socialiste Boris Vallaud, porte-parole du PS et époux de la franco-algérienne Najat Vallaud-Belkacem, dénonce un « silence assourdissant« , phrase toute faite, l’Insoumis Eric Coquerel, LFI, s’est fendu d’un tacle assassin via Twitter. « Honte à la France [plutôt qu’à Macron?] dont le silence vaut complicité avec l’Italie et Malte« . Coquerel est-il en désaccord avec Mélenchon : celui-ci, en effet, n’est-il plus favorable au maintien des clandestins au pays ? Les cris d’orfraie du politicien Coquerel sentent fort du bec le populisme !

Il est vrai que les passagers de l’Aquarius n’entrent pas dans le cadre de l’immigration maîtrisée voulue par Macron et incarnée par Gérard Collomb, mais surtout votée avec la loi asile et immigration. 

Le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs évoqué des régions « submergées par les flux de demandeurs d’asile ». Il avait aussi condamné le « benchmarking » et les migrants qui font leur marché parmi les pays européens les mieux-disant en matière d’aides sociales.

Des convictions en accord avec la majorité des Français, souligne un sondage Ifop : 59% d’entre eux sont contre la répartition en Europe des migrants qui débarquent en Grèce et en Italie, clandestinement, et à ce que la France en accueille.

Les villes portuaires à gauche, portes ouvertes aux migrants méditerranéens

Les 629 migrants de l’«Aquarius» vont être conduits en Espagne

19260334_1969061346700180_2671281506149445672_nA peine le premier ministre Mariano Rajoy a-t-il été renversé le 2 juin que, le 11, le socialiste Pedro Sánchez (50,3% des voix socialistes) invite plus de 600 migrants en Espagne où la plupart ne resteront pas.

Les 629 clandestins de l’«Aquarius» étaient bloqués en mer, dans l’attente d’un port d’accueil… Parmi eux, sept femmes enceintes : pour le droit du sol ? Le sort des migrants de l’Aquarius est donc enfin fixé.  Avant de choisir leur destination finale, quelque part en Union Européenne, ils vont être transbordés sur des navires italiens pour être conduits en Espagne, où le gouvernement de Pedro Sanchez a proposé de les accueillir, sans recevoir l’accord de ses partenaires européens.

Le port de Valence devrait accueillir les migrants de l’Aquarius dans les prochains jours

SOS Méditerranée

Des navires italiens vont prendre le relais de l’Aquarius, navire de l’association européenne de sauvetage en mer depuis la Libye ‘SOS Méditerranée’, qui ne réunissait pas les conditions de sécurité suffisantes pour aller jusqu’en Espagne.
L’Aquarius est géré par la compagnie maritime allemande Jasmund Shipping, en partenariat avec ‘Médecins du Monde’ jusqu’en avril 2016, puis avec ‘Médecins sans Frontières’ (section Amsterdam) depuis mai 2016. Seize députés français, principalement issus du Parti socialiste et du Parti radical de gauche, donnèrent alors une partie de leur réserve parlementaire à SOS Méditerranée et financèrent ainsi une semaine d’intervention.
‘SOS Méditerranée’ est un réseau international créé le 9 mai 2015 et présidé par Francis Vallat, président d’honneur fondateur du Cluster Maritime Français
, qui coordonne 18 clusters nationaux de l’Union européennequi dynamise les solidarités entre 400 entités maritimes françaises et co-organise les Assises de la mer, rassemblant 1.800 responsables de la vie maritime française, dont le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement), ainsi que le Salon « Euromaritime ».

Francis VallatFrancis Vallat, 72 ans, a derrière lui cinquante ans de carrière dans le domaine de la mer. Bien qu’après trente ans, il fut licencié en 1997 de la présidence de Van Ommeren Tankers, un important armateur pétrolier néerlandais, il est la personnalité la plus importante du monde maritime français : on le retrouve au conseil national de la Lloyd’s, la célèbre compagnie d’assurances britannique, ou au comité international du bureau Veritas, le leader mondial de la certification des normes, et a été vice-président d’Intertanko, le groupement mondial des tankers pétroliers.
Francis Vallat a été vice-président de l’Agence européenne de sécurité maritime. Il a fondé en 2006 le Cluster maritime français (CMF), regroupement de toutes les entreprises du secteur. Plus de 5.000 cadres et dirigeants d’entreprises sont passés par le Cluster. 400 entreprises ou entités maritimes y adhèrent. Ses Assises de la mer ont attiré jusqu’à 2.000 personnes, dont des ministres.
Depuis quatre ans, Francis Vallat a passé la main. Mais
 il est toujours président d’une autre « grappe maritime », l’European Network of Maritime Clusters, qui rassemble les clusters de dix-sept pays européens… Francis Vallat a aussi été président de l’Institut français de la mer. Sans compter ses SCI, ses multiples engagements associatifs ou sportifs toujours dans le même domaine de la mer.

Rien d’étonnant à retrouver Francis Vallat dans les allées du pouvoir. Au tournant du millénaire, c’est le ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot, qui le décore de la Légion d’honneur. En janvier 2012, il prend la parole à une journée thématique de l’UMP où il explique entre autres aux organisateurs « qu’ils sont nuls en communication »… On peut aussi croiser Francis Vallat dans les couloirs de Bruxelles : il a même droit à une page entière sur le site internet de la Commission européenne avec sa biographie en anglais.
C’est donc cet homme qui préside SOS Méditerranée, que la presse présente comme une association citoyenne, une initiative militante née entre la poire et le fromage, quelque part entre Berlin et Marseille. Son association revendique 11.200 donateurs.

« Des vivres seront livrés sous peu à l’Aquarius par un navire italien », a précisé l’association sur Twitter. Le centre de commandement des secours de Rome « planifie de transborder les rescapés plus tard sur des navires italiens après quoi nous mettrons le cap ensemble sur Valence », a-t-elle ajouté.
L’Aquarius était bloqué en mer à la suite d’un bras de fer entre l’Italie et Malte, qui refusaient tous deux d’ouvrir leurs ports aux migrants en situation irrégulière. Dans l’impasse, l’Aquarius avait alors reçu une proposition du socialiste Pedro Sanchez, nouveau premier ministre espagnol pour accoster au port de Valence.

<br>Le maire de Palerme ouvre l’Europe aux migrants, mais en garde très peu en Sicile

Pour éviter de garder à sa charge des milliers d’Africains passés par la Libye, une seule solution pour le maire de la capitale sicilienne, dès 2015 : la liberté d’entrer légalement dans l’UE. « Si les Syriens, en tant que personnes provenant d’un pays en guerre, ont droit de toute façon au statut de réfugié, pourquoi leur interdire de prendre un billet d’avion Istanbul-Paris, par exemple et les obliger de passer par la Libye, la traversée de la Méditerranée« , s’était-il interrogé.
En 2017, Leoluca Orlando, un maire de centre-gauche, en était à vouloir « abolir le titre de séjour pour les migrants ». Il se justifie : « Je ne comprends pas pourquoi les frontières existent. L’Union européenne était l’occasion rêvée pour dire « nous sommes au delà des nations, nous ne sommes qu’un ensemble de minorités. » Selon lui, chacun doit pouvoir décider de ce que devrait être sa terre natale

La Corse propose l’ouverture de ses ports

Ce mardi, le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a également proposé d’accueillir sur l’île le navire affrété par l’ONG SOS Méditerranée. « Manque de vivres, mauvaises conditions météo, et port espagnol trop éloigné : face à l’urgence, le conseil exécutif de Corse propose à @SOSMedFrance d’accueillir l’#Aquarius dans un port #corse », a tweeté l’élu nationaliste qui a été l’avocat d’Yvan Colonna, condamné pour l’assassinat du préfet en exercice Claude Erignac.

Une offre appuyée par le président nationaliste de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, ancien avocat spécialisé dans la défense de  nationalistes corses,  notamment des militants ayant participé à la lutte armée à travers le FLNC.

En revanche, le nouveau ministre italien de l’Intérieur avait mené sa campagne des législatives sur le thème de la fermeture des frontières aux migrants

Le ministre, Matteo Salvini, ex-patron de la Ligue, a prévenu qu’une fois au pouvoir, il ferait tout pour empêcher ces débarquements, particulièrement lorsqu’ils sont le fait des ONG qui patrouillent au large de la Libye.

L’Italie, qui a vu quelque 700.000 migrants débarquer sur ses côtes depuis 2013, a régulièrement reproché aux Européens d’avoir détourné les yeux et de l’avoir laissée seule face à la crise migratoire.

<br>Mélenchon est-il candidat à Marseille pour ouvrir les vannes ?

Le principal opposant d’extrême gauche entretient le suspense sur sa candidature, mais son parachutage sur cette ville ouverte sur la Méditerranée suggère un plan politique de facilitation de l’entrée de tous les migrants venus d’Afrique et du Proche Orient.

Né à Tanger, Mélenchon, qui se considère comme un « indépendantiste français » face à l’Union européenne, condamne la volonté d’Emmanuel Macron d’appliquer pleinement l’accord avec la Turquie sur les migrants.  Dans un communiqué, le député des Bouches-du-Rhône a estimé le chef de l’Etat « poursuit la fuite en avant sur les conditions d’accueil des réfugiés » : il confie, selon lui, le traitement des demandeurs d’asile à un régime dictatorial ». Mélenchon accuse « l’Union européenne [qui] continue de pousser les populations africaines au départ en forçant les États à signer des accords et libre-échange« . 

L’ancien sénateur renvoie dos à dos ceux, à droite ou au gouvernement, qu’il juge trop fermés et ceux, plus à gauche, ses alliés de l’extrême gauche, dont il dénonce l’idéalisme naïf. «Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire? Le rejeter à la mer? Non, c’est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu’ils restent chez eux. Je suis fatigué de ces discussions où les fantasmes s’affrontent les uns et des autres. Entre ceux qui hurlent sans réfléchir et s’en remettent à des expédients sécuritaires sans consistance et ceux pour qui il est normal que tout le monde puisse venir où il veut, quand il veut». Des propos qui prolongent ceux tenus par le fondateur du parti de gauche dans Le Monde le 24 août dernier : «Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Mais est-ce que s’il venait 10.000 médecins s’installer en France, ce serait une chance? Oui».  Entre l’immigration au « faciès » universitaire de Mélenchon et le « benchmarking » de Collomb, la France va devoir choisir…

 

Paris : début du démantèlement du camp de migrants de la Villette

Mercredi 30 mai aux aurores, les forces de l’ordre ont lancé  l’opération d’évacuation du plus gros campement de migrants parisien

blog -migrants evacués du camp du Millenaire-30mai2018.jpgLes associations dites humanitaires y avaient conduit quelque 1.117 clandestins, sur les 1.700 recensées au nord-est de la capitale, dans le XIXe arrondissement. L’opération a débuté peu après 6 heures du matin au « Millénaire », campement au coeur d’une bataille politique entre le gouvernement et la mairie socialiste de Paris, qui claironne sa volonté d’accueil de migrants en situation irrégulière.

35e organisée dans la capitale depuis trois ans, cette évacuation « conduira à l’hébergement temporaire des personnes concernées dans une vingtaine de sites de Paris et de la région parisienne« , a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, dans un communiqué. Parmi eux, 64 vulnérables (femmes isolées, couples, familles, mineurs isolés) se sont vu proposer une solution d’hébergement temporaire, annonce la préfecture de police de Paris.

Originaires essentiellement du Soudan, de Somalie et d’Erythrée, sans aucun lien historique avec la France, ces migrants étaient installés dans des conditions de très grande précarité sous des tentes serrées le long du canal de Saint-Denis, sous le périphérique, encadrés par des membres d’associations également en périphérie de la loi.
Paris, le 30 mai 2018. - Evacuation des migrants du campement du Millénaire à Paris (XIXe).Dans l’attente de leur évacuation, tous les migrants étaient sortis de leurs tentes et attendaient dans le calme, leur sac à la main. « On ne sait pas trop où on va. Ici, c’était dur« , a avoué Issam, un musulman libyen arrivé ici il y a sept mois, son sac pour tout bagage sur le dos et sans-papier, candidat potentiel à une violence vindicative.

Près de 24 structures d’accueil, essentiellement des gymnases, détournés de leur fonction sportive et, semble-t-il, superflus, ont été mobilisés en Ile-de-France, des solutions de fortune, en attente pour accueillir les migrants, a indiqué la préfecture de police.

Deux autres camps bientôt évacués
Résultat de recherche d'images pour "campement du "Millénaire""« Si un dispositif calibré de pré-accueil n’existe pas sur l’ensemble du territoire, ce type de phénomène va recommencer« , a assuré Pierre Henry directeur général de l’ONG France terre d’asile,. Surtout si cette association les dirige à nouveau vers l’emplacement du camp du Millénaire.
Deux autres campements sont par ailleurs installés depuis des mois à Paris : canal Saint-Martin où vivent quelque 800 clandestins (surtout des Afghans) et porte de la Chapelle avec 3 à 400 personnes en situation irrégulière. « Ils seront évacués dès que possible et si possible la semaine prochaine », a annoncé à la presse le préfet de l’Ile-de-France, Michel Cadot. Ces trois campements concentraient en tout près de 2.700 personnes, précise le préfet.

Quel avenir pour les clandestins  du Millénaire ?

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Centre de pré-accueil des clandestins à Paris : 450 places

Dans ces 24 hébergements temporaires, les mille cent dix-sept illégaux du Millénaire mis à l’abri ce mercredi  pourront rester plusieurs jours, le temps de se reposer, de voir un médecin et d’être pris en charge. Leur situation administrative sera  examinée, afin de savoir de quelle réglementation, de quel statut, ils relèvent. Se trouvent parmi eux, aussi bien des primo-arrivants demandeurs d’asile que des « dublinés« A terme, les premiers pourront être orientés dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA) ou un centre d’accueil et d’orientation (CAO), afin d’obtenir le statut de réfugiés. Pour les seconds en revanche, la situation est plus complexe.

Les ‘dublinés » sont les migrants qui, en vertu du règlement Dublin de l’Union européenne, doivent faire leur demande d’asile dans le premier pays européen où ils ont été contrôlés, pas toujours celui dans lequel ils ont été acheminés. Ce mercredi, ces « irréguliers » ont aussi été mises à l’abri : il n’y a pas eu de « tri dans la rue », comme le souhaitait la mairie de Paris. Néanmoins, ils restent sous la menace d’un renvoi dans le pays où ils ont laissé leurs empreintes ou d’un retour …dans les rues parisiennes.

« Le rôle de la Ville de Paris sera essentiel, prévient le ministre de l’Intérieur, car si les campements se reconstituent, cette 35e opération n’aura servi à rien ». Mais concrètement comment éviter la reconstitution de nouveaux campements ? « On ne va pas faire de Paris, une ville grillagée où même les Parisiens ne pourront plus se promener sur les avenues sous prétexte que des migrants pourraient s’y installer« , riposte Dominique Versini, adjointe à la maire de Paris en charge notamment de l’accueil des réfugiés, qui prône davantage d’ouvertures de lieux d’accueil ou le retour de la « bulle » humanitaire.

Résultat de recherche d'images pour "Dominique Versini Raffarin"Selon Dominique Versini, née au Maroc et ancienne secrétaire d’Etat (2002-2004) dans les gouvernements Raffarin, puis Défenseur des enfants (« l’Etat a le droit de ne pas vouloir ce dispositif d’un centre humanitaire, mais par contre l’Etat a le devoir de mettre en place un dispositif assez solide pour accueillir tous ceux qui arrivent au jour le jour, et voir leur situation examinée et éviter ainsi les campements de rue ».

En mars, le centre de premier accueil des migrants​ a fermé Porte de la Chapelle. Un second pourrait-il bientôt ouvrir à Paris ?
Les reconductions à la frontière ne sont pas envisagés.

 

Une association pro-migrants appelle à la démission de Gérard Collomb

« Il faut que Gérard Collomb démissionne », selon une association

FRANCE-MIGRANTS-REFUGEESLe ministre de l’Intérieur aurait confié à des proches laisser traîner la situation des migrants à Paris pour faire du tort à Anne Hidalgo à deux ans des municipales. On imagine pourtant mal que des proches du ministre aient fait cette révélation qui n’a pas manqué de faire bondir les associations de clandestins à Paris. Les plus populistes rappellent qu’il s’agit d’êtres humains en souffrance.

Résultat de recherche d'images pour "Yann Manzi"Yann Manzi, le fondateur et co-président de l’association Utopia 56, juge « incroyables » de telles déclarations. « Ce sont des êtres humains laissés dans l’insalubrité pour faire de la politique, c’est lamentable », s’indigne-t-il d’abord. « C’est horrible ce qu’il dit, ce sont des vies humaines; c’est une honte d’être gouvernés par des personnes pareil, poursuit-il, visiblement animé par son orientation politique. C’est inhumain« 

Cette association bretonne du Morbihan (56) organise du bénévolat pour aider les clandestins à Paris, à Calais et partout. 

« Gérard Collomb joue avec Anne Hidalgo, c’est minable », repart Yann Manzi qui rappelle que les demandeurs d’asile – mais ils ne le sont pas tous – sont sous la responsabilité de l’Etat et non de la mairie.

Depuis plusieurs semaines, la maire PS de la capitale appelle l’Etat à agir après la dégradation de la situation des illégaux à Paris. 

Collomb assume de ne pas se mettre en quatre pour les migrants clandestins

Ce mois-ci, deux illégaux ont perdu la vie dans  deux canaux parisiens différents. Ni Collomb, ni Hidalgo, Brossat (PCF) ou Julliard (PS) ne leur a appris à nager. De plus, et c’est connu depuis des années sans empêcher les migrants de pénétrer en France illégalement, les conditions de vie dans ces campements improvisés sont « déplorables », selon Yannick Le Bihan, directeur des opérations France de Médecins du monde, proche du PCF. Il s’agit de « personnes qui ont vécu des choses assez dures et qui vivent dans des conditions d’accueil pas dignes » ce qui a un impact négatif sur « la santé et la santé mentale », répète-t-il, sans un mot pour les risques sanitaires encourus par les riverains. Ces morts sont « la conséquence d’un endroit qui n’a pas lieu d’exister« , analyse-t-il.

 Contrairement au gouvernement, la mairie a agi pour les migrants, estime Yann Manzi,.

Ce que confirme Médecins du monde. La mairie de Paris « a installé des points d’eau et des toilettes », mais du côté de l’État, « les services ont mis du temps à réagir », accusent-ils, et pour le moment « rien n’a été fait », raconte Yannick Le Bihan. Et d’ajouter, tout en nuances : « On s’interroge sur le délai et la lenteur de la réaction », tandis que « les populations de réfugiés sont de la responsabilité de l’Etat et non des élus« .

En revanche, la constitution de ghettos de rues ne serait-elle pas la responsabilité d’associations qui les concentrent dans quelques lieux, parfois à risques.

Gérard Collomb piétine les droits de l’Homme et les droits de l’enfant

Yann Manzi, fondateur de l’association Utopia 56

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Le ministre de l’Intérieur a promis l’évacuation du camp mercredi matin, mais les associations s’interrogent sur leur mise à l’abris une fois le lieu dégagé. Même si elles sont d’accord pour dire « qu’ils ne peuvent pas rester là », la question est de savoir « quelles conditions d’hébergement leur seront réservées ».

Jeudi 17 mai, déjà, un ensemble d’associations poussait un cri d’alarme sur la situation des 2.400 migrants vivant en campement à Paris. Le fondateur d’Utopia 56 raconte alors qu’il y a deux jours, « des bus de CRS embraquaient des migrants » devant eux, afin de, selon lui, « appliquer la loi (asile et immigrationndlr), les renvoyer en masse pour flatter l’électorat du Front national ».

Il rappelle alors que cette loi, adoptée le 22 avril dernier, est vivement critiquée par de nombreuses instances comme le Défenseur des droits, la Ligue des droits de l’Homme, le Conseil de l’Europe…« On accueille mal pour que les autres ne viennent pas et éviter ce fameux appel d’air », critique encore Yann Manzi qui conclut : Gérard Collomb « piétine les droits de l’Homme et les droits de l’enfant »« il faut qu’il démissionne ».

Dommage que Médecins du Monde, puis Utopia 56 aient claqué la porte du centre humanitaire d’accueil des migrants au printemps…

Migrant noyé à Paris: le maire adjoint communiste au logement met en cause l’Etat

« Nous demandons une opération de mise à l’abri (…) sinon il y aura d’autres morts »

blog -migrants-campement Paris canal St Martin-fev2018Ian Brossat, adjoint PCF au Logement à la mairie de Paris a fait ce misérable chantage le vendredi 11 mai, alors que la noyade accidentelle d’un migrant – la deuxième – exacerbe les tensions entre la Ville et l’exécutif.

« Bien sûr que ça aurait pu être évité », s’est exclamé l’élu communiste récupérateur de tous les drames du monde, sur RMC, interrogé sur la noyade d’un homme, survenue dans la nuit de lundi à mardi dans le canal Saint-Martin, haut lieu des actions dites « humanitaires » auprès des sans-abris du monde.

D’après les témoignages recueillis par la police, le jeune homme, probablement âgé de 20 à 25 ans, serait de nationalité afghane. « Fortement alcoolisé« , il aurait « par jeu ou par défi » voulu traverser le canal.
« Nous demandons une opération de mise à l’abri (…) Ca ne peut pas continuer comme ça sinon il y aura d’autres morts« , a prévenu Brossat.

La maire PS de Paris Anne Hidalgo avait déjà interpellé le gouvernement dans la semaine, dans les mêmes termes que son aboyeur, appelant à mener « au plus vite » une opération de « mise à l’abri des migrants » des campements du nord de la capitale.

Le ministre de l’Intérieur a répondu mercredi à l’ex-« frondeuse » socialiste

blog -migrants-campements Canal St Martin et canal St DenisDéfendant la mobilisation « sans faille » de l’Etat, l’ex-socialiste Gérard Collomb a invité la maire socialiste Anne Hidalgo à faire usage de ses « compétences » et à « entamer les procédures judiciaires«  pour permettre à l’Etat de « mener à bien » l’évacuation.

« C’est une compétence de l’État, personne ne peut nous dire (…) que c’est à nous de faire le job », s’est défendu Brossat, dont on rappelle qu’il est l’adjoint d’Aubry au Logement. « La maire de Paris a écrit au préfet en identifiant six sites qui permettraient de créer des centaines de places d’hébergement, pourquoi l’Etat ne fait rien ?« , a-t-il contre-attaqué.

L’adjoint à la maire, a également cité un décompte de France Terre d’Asile « mardi » selon lequel « 2.348 réfugiés »  – ou plutôt des clandestins – vivraient dans ces campements »« Bon nombre de gens dorment à même le sol, n’ont même pas de tente, même pas de matelas« , a observé le populiste Brossat, les bras ballants.

« Je finis par me dire qu’un certain nombre de responsables politiques jouent le pourrissement, » a violemment accusé l’élu d’extrême gauche. (…) Le rôle de l’Etat, c’est pas de compter les morts, c’est de faire en sorte qu’on en finisse avec le chaos », a pointé Brossat, en évitant de préciser, en revanche,  ce qu’est le rôle d’un adjoint au logement.

La mairie de gauche et l’Etat en sont à leur deuxième clandestin mort par noyade

Les Enfants de Don Quichotte amenaient déjà des SDF au bord du Canal Saint-Martin : le 15 décembre 2006, l’association y  installa un village de 200 tentes 

Ce campement inédit du Canal Saint-Martin avait été médiatisé, à l’initiative de Jean-Baptiste Legrand, président des « Enfants de Don Quichotte », avec le soutien (désintéressé ?) de plusieurs personnalités politiques (Hollande, Bayrou, Delanoë…), ainsi que des personnalités du monde du spectacle, comme l’acteur nanti Jean Rochefort, notamment le jour de Noël 2006, en pleine pré-campagne présidentielle. Ce campement finira par être définitivement levé trois mois et demi plus tard, début avril 2007, après l’ouverture de 27.100 places pour les SDF et le vote de la loi sur le droit au logement opposable (DALO).
Résultat de recherche d'images pour "Ian Brossat migrants"A
vec la crise migratoire et l’intensification des flux Sud-Nord, la fermeture de la « Jungle » de Calais et les multiples démantèlements de campements de migrants à Paris ont entraîné la mise à l’abri de quelque 35.000 migrants en un peu plus d’un an. Résultat, le débat s’est installé entre ceux qui affirment que l’accueil des migrants se fait désormais au détriment des SDF nationaux et ceux qui demandent l’accueil pour tous, quelle que soit la situation et le passif du demandeur . « Dire que ce qu’on fait pour les migrants, on ne le fait pas pour les SDF, c’est un mythe, » se défendit Emmanuelle Cosse dans une interview au Dauphiné libéré le 20 novembre. 

Dans une lettre datant du 27 octobre adressée aux préfets, la ministre du Logement Emmanuelle Cosse écrivait ainsi, en toute inconscience et irresponsabilité: « Sans-abri, mal logés, migrants, nous devons et nous pouvons offrir à chacune et chacun un accueil digne et humain. »  Elle avait bien parlé…

Les migrants clandestins ne meurent pas seulement en mer, entre la Libye et la Sicile.

Résultat de recherche d'images pour "Ian Brossat migrants"En l’espace de trois jours, deux hommes ont été retrouvés morts dans le canal Saint-Denis et le canal Saint-Martin, à Paris. L’identité du premier, dont le « corps flottant [a été] trouvé dans un état de décomposition avancé », dimanche, selon la préfecture, n’a pas encore été élucidée. L’homme n’avait pas de papiers sur lui. Le deuxième est l’Afghan déjà cité dont France Bleu a révélé la perte de la vie mardi après-midi.  Le point commun entre les deux hommes : leurs corps ont été découverts à proximité de campements de migrants conduits en ces lieux historiquement symboliques par les associations.

Migrants : une ministre LREM regrette d’avoir évoqué leur « shopping de l’asile »

La ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, a tenté de rattraper sa bavure

blog -Loiseau N perron Elysee.jpgElle a reconnu, jeudi, son emploi « malheureux »de l’expression « shopping de l’asile« , qui a suscité de nombreuses réactions d’indignation. « J’ai utilisé hier (mercredi) lors d’un débat au Sénat l’expression ‘shopping de l’asile’. Cette expression est malheureuse », écrit la ministre, 54 ans, dans une réaction transmise à l’AFP.

« Lorsqu’on arrive du Sud-Soudan, on peut décider de faire du shopping de l’asile et décider qu’on est mieux en Suède qu’en Italie. Mais enfin tout de même !« avait déblatéré N Loiseau au Sénat.

Ces propos ont aussitôt suscité de vives réactions.

La sénatrice écologiste Esther Benbassa, universitaire franco-turco-israélienne, qui avait posé la question à la ministre, a dénoncé sur Twitter un « vocabulaire indécent ». « Le mépris de la misère, une constante de ce gouvernement », a-t-elle ajouté, quand son collègue Bernard Jomier qualifiait les propos de « choquants et déplacés ».

« Non, Mme Loiseau, les réfugiés ne font pas du shopping de l’asile, mais fuient la mort, les persécutions et la misère », a réagi la maire PS de Lille Martine Aubry, quand Boris V

allaud, porte-parole du PS, a fustigé des propos « honteux ».

Tête de liste d’Europe Ecologie Les Verts aux élections régionales 2010, le député LREM Matthieu Orphelin n’a, quant à lui, eu qu’indulgence pour l’expression, la qualifiant de « formule très malheureuse et surtout si lointaine de la réalité de ces destins brisés« …

« Votre expression n’est pas malheureuse, elle est honteuse », a pour sa part tweeté Eric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis.

Demandeur d’asile, réfugié, migrant ou clandestin, c’est kif-kif ?

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L’expression « est pourtant communément utilisée par les institutions et les spécialistes européens du droit d’asile », a cependant soutenu Loiseau. « Elle désigne une pratique constatée, a-t-elle insisté : le fait que contrairement au droit européen en vigueur, certains demandeurs d’asile effectuent leurs démarches non pas dans le pays européen dans lequel ils sont entrés mais dans un autre Etat-membre, en fonction des conditions d’accueil ou de la probabilité de succès de leur démarche. Elle désigne aussi la pratique consistant pour un demandeur d’asile débouté dans un Etat-membre à introduire une demande dans un autre« , ajoute-t-elle. La misère du monde a le choix de son coin de paradis.

« La lutte contre ce qui est désigné par l’expression « shopping de l’asile » est considérée et affichée comme un objectif de la révision du régime européen d’asile. La France est favorable à une réforme du droit européen en matière d’asile qui permette d’harmoniser les procédures, de préciser les responsabilités de chacun et la solidarité entre Etats-membres pour une politique de l’asile humaine et efficace« , indique la ministre dans un courriel de ses services.

Cette perruche a exercé la plus grande partie de sa carrière au ministère français des Affaires étrangères. Elle est même devenue directrice générale de l’administration du Quai d’Orsay, par la grâce d’Alain Juppé, avant  d’accepter la direction de l’Ecole nationale d’administration à Strasbourg, proposée par Hollande, qui n’en est pas à une gaffe près.  Cerise sur le gâteau, cette « cynique » est lauréate du Prix de la Femme d’Influence 2014, dans la catégorie Politique…

Calais : violences policières contre les clandestins: c’est « le rapport qui matraque », pas les flics!

Le journal de Jean-Paul Sartre est passé du côté de la matraque…

Document photo aseptisé proposé par Libération: soleil et cohabitation paisible

ONG supranationale et illégitime,  Human Rights Watch a réalisé une sélection de témoignages édifiants qui dénoncent des « exactions » policières « de routine ».

«Passages à tabac», «attaques au gaz lacrymogène», «exactions de routine», y compris sur des femmes et des mineurs. Des vieillards aussi ? Mais le journal socialiste Libération a pris le parti de ridiculiser le rapport d’Human Rights Watch qui, d’une part, « fait les gros yeux » (sic) et, d’autre part, non pas à Hollande, Valls et Cazeneuve, mais « à la France. » Ce document, d’une ONG dont le but est de dénoncer, dénonce effectivement ce mardi matin  les mauvais traitements des forces de l’ordre sur « les migrants », donc tous les migrants, dont il faut rappeler, pour tout dire, que ce sont des clandestins, certes sans abris, mais, en vérité, sans papiers, pour commencer. Ils se trouvent bloqués à la frontière calaisienne, dans l’espoir de passer en Grande-Bretagne « en se glissant dans les camions », pour pénétrer illégalement en pays étranger.

Izza Leghtas
Izza Leghtas

Izza Leghtas (ci-contre), « chercheuse » de l’ONG, porteuse d’un prénom d’origine berbère, bilingue anglais-arabe, a interrogé 44 illégaux – dont trois enfants. « Dix-neuf personnes, dont deux enfants, ont déclaré que la police les avait maltraitées. Huit ont eu des membres fracturés ou d’autres blessures visibles. Vingt et un, dont deux enfants, ont confié que la police les avait aspergés de gaz lacrymogène », raconte-t-elle dans son communiqué. Se posent alors les questions de l’authenticité des incriminations et de la fiabilité de la chercheuse. Les uns sont parties prenantes et l’autre, du fait de son appartenance militante, n’est pas neutre,

Exemple ? Rosa, 25 ans, Erythréenne, et donc africaine de l’Est sans connexion aucune avec la France, déclare que des policiers l’ont battue quand ils l’ont trouvée dans un camion sur l’autoroute.«J’ai dit poliment : “S’il vous plaît, aidez-moi”,mais ils m’ont battue et je me suis effondrée devant le camion. Ils m’ont rouée de coups de pied sur le sol.» Elle a déclaré avoir perdu connaissance et s’être réveillée dans la salle des urgences à l’hôpital.

Aziz, Afghan de 29 ans, qui ne peut se prévaloir d’aucun lien de son pays d’Asie avec la France : «Un policier m’a poussé, j’étais par terre, ils m’ont aspergé[de gaz lacrymogène] et quand je me suis retourné, ils m’ont frappé. J’avais du sang sur le visage, sous mon œil, sur le nez et le genou. Je n’ai rien vu parce qu’ils m’ont d’abord aspergé puis ils m’ont frappé aux jambes, sur tout le corps

Un Soudanais de 26 ans : «Les policiers vous aspergent comme si vous étiez un insecte.»

Un Iranien de 20 ans : «J’étais seul. Les policiers ont ouvert la porte et avant de dire quoi que ce soit, ils m’ont aspergé le visage; je ne pouvais rien voir et deux fois ils m’ont frappé avec leurs bottes et leurs mains

Une Erythréenne de 25 ans : «Nous voulions aller dans [le camion], les policiers sont venus, ils ont dit “Allez ! Allez !” et m’ont aspergée dans les yeux, je suis tombée.»
L’ONG « indique », selon Libé (mais dénonce) que la préfecture et la police nient. Elle demande à la France d’enquêter.

Le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, se défend sur France Info ce mardi. Il reconnaît «un nombre important de blessures», mais assure que «La première cause» sont «les conflits violents entre réseaux de passeurs, entre nationalités», et la seconde, «les migrants qui se blessent pendant les tentatives de passage». Il dénonce des «témoignages pas circonstanciés et anonymes». Jusqu’ici, aucune plainte n’a été déposée, argue l’État. Et pour cause : on imagine mal des migrants en situation irrégulière déposer plainte contre la police.

L’ONG new-yorkaise met le doigt sur « un problème ancien »

Ce qui change tout des faits et responsabilités actuels ! Les violences policières envers les migrants de Calais existent depuis l’ouverture du centre de la Croix-Rouge à Sangatte en 1999, fait finement valoir la journaliste correspondante à Lille, sans rappeler que c’est sous le gouvernement Jospin (PS) et par son ministre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement: il ne faut pas trop en demander à Libé !
Elles connaissent un nouveau pic avec la fermeture du centre, fin 2002, quand le ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, « pense résoudre le problème en dispersant les migrants« , selon l’interprétation partisane de la journaliste, mais en fait sous la pression de son homologue britannique, David Blunkett.
La jungle de Calais connaît un second pic d’agitation animée par les associations lors de sa destruction, en septembre 2009, par le ministre de l’Immigration Eric Besson. « Police, problem » est le slogan le plus souvent répandu à l’époque par les clandestins, à l’instigation des collectifs, si on songe que ces deux mots sont franco-anglais et à portée internationale… « Coups, abris détruits, couvertures imbibées de gaz lacrymogène et chasses à l’homme », résume Libé, à la hache, quand il ne s’agit plus de la période socialiste.

Libération se concentre sur la période 2008-2012…

En 2008 déjà (sic, et à l’attention de Sarkozy), La loi des jungles, un rapport, commandé par le GISTI (Groupe d’information -juridique- et de soutien des immigrés) aux universitaires Karen Akoka (sociologue dédiée aux réfugiés) et Olivier Clochard (géographe) pour la Coordination française pour le droit d’asile (CFDA), qui rassemble une vingtaine d’organisations nationales engagées dans la défense et la promotion du droit d’asile, avait documenté les violences.
Puis en 2011, un rapport -à charge- remis par les activistes No Border ( réseau transnational -comme Human Rights Watch- de collectifs et d’individus investis dans les luttes pour la liberté de circulation et l’abolition des frontières: tout à fait inapproprié au moment de la montée du risque djihadiste) au Défenseur des droits de l’époque raconte les squats détruits, les points d’eau contaminés au gaz lacrymogène, l’urine (de policiers?) sur les couvertures. Dominique Baudis dénonce des «abus» et demande «qu’il soit mis fin à ces pratiques».

Hollande, le changement maintenant? Elles n’ont pas cessé. «Les violences sont moins flagrantes aujourd’hui, assure d’abord Christian Salomé, de l’association L’auberge des migrants, à Calais. « Mais elles continuent, admet-il, contraint et forcé. Avant, c’était fait de façon ouverte, en se moquant de tout le monde».«Depuis le rapport des No Border, quelque chose a changé. Ça se passe à l’abri des regards»! A l’abri des regards, comme avec Kebrom, Erythréen de 15 ans, rencontré en juin (Libération du 4 juillet 2014), le lendemain d’une tentative de passage, une plaie au bras : «Hier soir, trois policiers, j’étais seul. Ils m’ont frappé avec un bâton quand ils ont ouvert la porte du camion. J’essaie de ne plus y penser, mais je n’y arrive pas. Ça donne envie de mourir.» Même après toutes les difficultés imposées par les passeurs et endurées depuis la corne de l’Afrique jusqu’à la pointe nord de la France ?

L’ONG dénonce aussi le manque de place pour les demandeurs d’asile qui vivent dans les jungles avec ceux qui veulent passer en Angleterre. Dénoncer, sans proposer, ni faire… «Le gouvernement français doit intensifier ses efforts (et donc les Français, leurs sacrifices) pour que tous les demandeurs d’asile soient logés sans délai comme l’exige la législation européenne», revendique l’ONG.
Elle exige aussi des «conditions d’accueil adéquates» pour les autres. Parmi les 2.300 « migrants » de Calais, dont des femmes et des enfants (bis) qui vivent dans des squats et sous des tentes de fortune, certains sont là depuis huit mois. Ils vivent de la soupe populaire, un repas par jour, et n’ont en ce moment presque pas d’accès aux douches du Secours Catholique, vandalisées (par la police ?). Les seules douches sont offertes par Médecins du Monde, une cinquantaine par semaine. En avril, l’association Vie active, financée par l’Etat, proposera 1 500 douches par jour.

Lundi soir, les températures «ressenties» étaient négatives et la préfecture a ouvert un bâtiment chauffé, avec duvets et matelas, pour 500 personnes. Les autres exilés ont dû faire avec le vent, la pluie, la boue, et le froid. Le seuil climatique pour cette ouverture est -5°: la collectivité a donc fourni un effort spécial et… circonstancié, avec la sortie du rapport.C’était pour le pathos.

Ni Libération ou sa correspondante locale, ni le Gisti ou Human Rights Watch n’a un mot de compassion, en revanche, pour les habitants excédés de Calais et de sa région…
A aucun moment, ces professionnels de l’information ou de l’agit prop n’évoquent, pour des motifs différents, les violences inter-communautaires, telle celle entre clandestins africains et afghans, à Calais: dans la nuit du réveillon du 31 décembre 2014, 200 « migrants » se sont affrontés, faisant sept blessés, nécessitant l’intervention de CRS.