Migrants: Orban, pas décidé à s’en laisser compter chez Merkel

Si tout ce qui n’est pas socialiste est populiste, tout ce qui est excessif est insignifiant

Balog Zoltán; Orbán Viktor; MERKEL, Angela; Matolcsy György
Orban « fait le travail pour nous », se félicite Merkel, avec cynisme

Viktor Orban rencontre jeudi Angela Merkel à Berlin lors d’une visite dans la dynamique de sa victoire. La ligne dure sur l’immigration pourrait finir par triompher en Europe contre la volonté des responsables dominants en place. Ainsi la chancelière allemande a-t-elle dû  s’aligner sur la position ferme de son ministre de l’Intérieur.

« Le vent a changé de direction en Europe », s’est récemment félicité le journal hongrois ‘Magyar Idok’, proche du pouvoir à Budapest, soulignant que la chancelière allemande a  été contrainte à une « retraite » sur la politique d’asile.

Angela Merkel et le chef du gouvernement hongrois se sont longtemps affrontés sur la question au niveau européen et ont incarné des années durant des pôles opposés en matière de maîtrise des flux migratoires en Europe: accueil humanitaire de demandeurs d’asile fuyant la guerre en Syrie en 2015, puis laxisme populiste, d’un côté; refus déterminé de l’immigration, de l’autre, au nom de la défense de la culture chrétienne de l’Europe.

Les deux antagonistes sont désormais contraints de s’écouter et collaborer.  

C’est la première invitation de Viktor Orban à Berlin en presque trois ans, soit depuis la décision controversée de la chancelière d’ouvrir les portes de son pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile en 2015.

Le sens de l’Histoire s’est inversé. Il y a peu, Orban dénonçait « l’impérialisme moral » de la chancelière allemande, tandis qu’Angela Merkel critiquait encore en 2016 la fermeture par Budapest de la « route des Balkans », alors empruntée par la plupart des musulmans opposants à leurs régimes politiques pour gagner depuis la Grèce les pays de la généreuse Union européenne.

Finalement, du bout des lèvres le mois dernier, elle a cyniquement rendu hommage à son homologue hongrois qui, « d’une certaine façon, a fait le travail pour nous«  avec ses contrôles très stricts à la frontière avec la Serbie.

Peu à peu,  les faits – notamment les opinions des populations – sont parvenus à imposer une partie de l’agenda de Viktor Orban au reste de l’UE sur les questions migratoires et de porosité des frontières – quand il ne s’agit pas d’appels d’air – , à la faveur de votes démocratiques qui ont amené au pouvoir  dans plusieurs pays des majorités opposées au laisser-passer, comme en Autriche ou en Italie, et par ses percées dans d’autres comme l’Allemagne.

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Les nuances de brun en Europe, selon Le Monde (mars 2018)

La droite radicale participe en Autriche, en Finlande et en Bulgarie à un gouvernement de coalition, et même dans le cas slovaque… avec un parti de gauche.

Le sommet européen consacré la semaine dernière aux migrations a constitué une forme de consécration pour Viktor Orban

Le Hongrois a parlé d' »immense succès » pour sa ligne politique. L’Europe s’est en effet résolue à mettre l’accent sur le renforcement des contrôles aux frontières et les moyens de conserver les migrants au pays, tels que les plateformes de débarquement en Afrique du Nord.<br>Le 2 juillet, le chancelier autrichien Sebastian Kurz s’est prononcé contre l’option d’ouvrir aux migrants la possibilité de demander l’asile dans l’UE depuis les « plateformes régionales de débarquement » que les dirigeants des 28 envisagent de créer hors du continent européen. « Je fais partie de ceux qui disent que si l’on autorise les demandes d’asile [depuis ces plateformes], cela va créer un facteur d’attraction incroyable« , a déclaré sur la radio Ö1 le chef du gouvernement, dont le pays vient de prendre pour six mois la présidence tournante de l’UE.

Dans le même temps, A. Merkel a dû définitivement enterrer son projet de quotas de répartition des demandeurs d’asile dans l’UE, face notamment à l’opposition des pays d’Europe centrale et de l’Est.

Depuis ce sommet, la position hongroise sur l’immigration est devenue celle « de l’UE », a clamé V. Orban cette semaine dans le quotidien allemand Bild. « C’est lui qui dicte ses conditions » à la chancelière, commenta récemment l’hebdo maire allemand Der Spiegel qui parle d’« orbanisation » de la politique migratoire de Mme Merkel.

La « chancelière des réfugiés » est devenue celle « de la forteresse » Europe, éructe le quotidien Süddeutsche Zeitung, même si l’intéressée se défend d’avoir « hissé le pont-levis« .

M. Orban arrive à Berlin alors que, cette semaine, Angela Merkel a dû remballer sa politique d’accueil généreuse amorcée en 2015, sous la pression du vote populaire qui l’a contrainte à  une coalition gouvernementale.<br>La chancelière a accepté que les migrants déjà enregistrés dans d’autres pays de l’UE soient désormais placés dans des centres de transit à la frontière allemande, puis éventuellement expulsés vers l’Etat d’entrée dans l’UE. Elle a besoin pour cela de passer des accords bilatéraux avec les pays concernés, parmi lesquels la Hongrie.

Merkel a dû céder à son ministre de l’Intérieur Horst Seehofer, président du CSU bavarois, qui menaça de claquer la porte de la coalition gouvernementale allemande. Chef de file de l’intransigeance en matière migratoire, H. Seehofer entretient depuis des années sa proximité avec Viktor Orban, avec lequel il s’est plusieurs fois affiché en Bavière. Orban qualifie en retour sa relation avec le parti du ministre de « fraternité d’armes extraordinaire« .

Jeudi, H. Seehofer a du reste indiqué s’être entretenu la veille au téléphone avec le Premier ministre hongrois, en prévision de sa rencontre avec la chancelière.

Migrants: Merkel leur a tendu la main et ils l’ont mordue…

Le ministre allemand de l’Intérieur, offre de démissionner

Résultat de recherche d'images pour "merkel migrants"Angela Merkel reste sous la menace d’une crise politique intérieure majeure du fait de la pression d’associations supranationales internationalistes illégitimes, en faveur des migrants en tout genre et davantage motivées par la déstabilisation des démocraties européennes que par leurs objectifs humanitaires brandis.

La chancelière allemande et l’aile la plus à droite de sa coalition gouvernementale, l’Union chrétienne-sociale (CSU, Union chrétienne-sociale) bavaroise, doivent se réunir lundi 2 juillet pour une ultime tentative destinée à résoudre le conflit sur les migrants qui menace de faire tomber le gouvernement de coalition.

L’opposition de gauche à la politique  de Merkel instrumentalise les problématiques de flux migratoires.Membre de la coalition gouvernementale mise en place en mars après des mois de difficiles tractations, la CDU (Union chrétienne-démocrate, premier parti de droite) juge Merkel trop laxiste.

Illustration.

Le président de cette formation et ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, qui mène la fronde, a menacé dimanche de démissionner, saisissant l’occasion de l’impasse actuelle, lors d’une réunion de la CSU qui a duré une dizaine d’heures à Munich.<br>Plusieurs de ses proches l’ont toutefois convaincu de ne pas passer immédiatement à l’acte.

H. Seehofer compte donc rencontrer dans le courant de la journée de lundi la chancelière pour une tentative « de la dernière chance » de forger un compromis. A. Merkel et Seehofer devaient se retrouver ce lundi au siège de la CDU, à Berlin.

Le conflit porte sur le traitement des migrants arrivant en Allemagne, mais déjà enregistrés dans d’autres pays de l’Union européenne (UE). Le ministre veut les refouler à la frontière, ce que refuse Angela Merkel pour ne pas créer d’« effet domino » en Europe.

Devant les cadres de son mouvement, Seehofer a évoqué trois scénarios. Il a expliqué qu’il pourrait soit céder à la chancelière et rentrer dans le rang, soit passer outre les objections de cette dernière et imposer de son propre chef les refoulements aux frontières – ce qui entraînerait toutefois son limogeage et l’éclatement du gouvernement de coalition –, soit démissionner. <br>Et il a ajouté, selon des participants, que son choix s’était porté sur cette troisième option.

Les partis politiques allemands rejettent toute « union nationale »

blog -Merkel-Seehofer.jpgS’il devait confirmer lundi son départ, les conséquences pour l’avenir du gouvernement seraient potentiellement graves. La question serait alors de savoir si le parti du ministre quitte la coalition en même temps que son représentant. Dans pareil cas, la chancelière se verrait privée de majorité au Bundestag, avec sans doute à la clé des élections anticipées.

Le parti bavarois pourrait aussi se contenter de remplacer Seehofer, dont les relations avec Angela Merkel étaient devenues exécrables, par une personnalité plus à même de négocier un compromis migratoire avec la chancelière.

Il ne sera pas aisé toutefois lundi de trouver un terrain d’entente entre les deux formations longtemps alliées mais aujourd’hui largement opposées. Angela Merkel reste en effet inflexible. D’autant que, dimanche soir à Berlin, elle a obtenu le soutien quasi unanime des instances dirigeantes de son parti, la CDU. Ces dernières ont, dans une motion, exprimé leur refus de toute décision « unilatérale » nationale pour refouler les migrants, comme celle que souhaite M. Seehofer.

Une chancelière ouvertement contestée

Résultat de recherche d'images pour "merkel migrants"En bloquant le projet de son ministre sur les refoulements de migrants, la  chancelière  a déclenché ce conflit sur les migrants à la fois dans sa coalition précaire et dans le camp conservateur allemand, vers la mi-juin. Mais les frottements sont en réalité quasi permanents depuis la décision controversée prise en 2015 par Angela Merkel d’ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de candidats à l’asile.

Le parti bavarois CSU n’a cessé depuis trois ans de dénoncer ce choix et de peser pour obtenir davantage de fermeté en matière d’asile. Il est, en outre, aiguillonné par la perspective des élections régionales, cruciales pour elle, en Bavière en octobre, où le CSU risque de perdre sa majorité absolue face à la poussée de la droite radicale anti-migrants.

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Le souvenir des agressions sexuelles du Nouvel An 2016 par des migrants à Cologne est resté vif : mobilisation populaire spontanée

Le ministre de l’Intérieur avait fixé un ultimatum au début de juillet à Angela Merkel, prévenant de sa détermination à décider de refoulements aux frontières faute de mesures « équivalentes » au niveau européen. La chancelière, qui tente de gagner du temps jusqu’à l’automne, pensait pouvoir amadouer ce parti rebelle grâce aux mesures espérées lors du dernier sommet européen pour réduire les flux migratoires. Mais le pari est perdu et Seehofer les a qualifiées dimanche d’« insuffisantes ».

Selon l’issue de la crise gouvernementale, Angela Merkel en ressortira forcément plus affaiblie ou politiquement renforcée. Y compris dans le concert européen. Après presque treize années de pouvoir, elle est désormais ouvertement contestée outre-Rhin sur sa politique migratoire et souvent critiquée à l’étranger, notamment en Europe de l’Est et par Donald Trump.<br>Les ONG pourraient donc remporter une victoire.

Migrants : Macron anime un sommet européen qui fait ‘plouf’ …

Après les satisfecit,  l’« accord » migration européen se révèle une coquille vide

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En 2012, le ‘Costa Concordia‘, un navire de la compagnie italienne de croisières Costa, est allé s’échouer sur l’île du Giglio,  en mer Tyrrhénienne, à hauteur de la Corse

Le texte de compromis final conclu dans la nuit de jeudi à vendredi par les Vingt-Huit réunis en sommet à Bruxelles n’apporte pas de réponses opérationnelles très concrètes. La consternation a succédé aux déclarations d’autosatisfactions, suite au pseudo-accord sur les migrations négocié durant la nuit précédente à l’issue du sommet à Vingt-Huit de Bruxelles : cet accord suscite déjà la déception des rêveurs et autres vertueux irresponsables.

Il devait durablement apaiser les tensions entre les pays européens, ceux du bassin méditerranéen, qui réclament davantage de solidarité, et ceux de l’Est qui continuent à protéger leurs populations souvent elles-mêmes défavorisées, mais permettra-t-il d’éviter d’autres scènes désastreuses mises en scène par des organisations qui n’ont d’humanitaire que le nom, puisqu’elles prennent le relais des passeurs sans garantir un port d’accueil aux migrants livrés aux errances de leurs bateaux, tels que l’Aquarius ou le Lifeline, qui ont réussi à médiatiser leur activisme, mais aussi d’autres qui n’ont pas encore organisé, comme eux, d’opération médiatique pour leur promotion et la collecte de dons.  <br>Pour sa fermeté, Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur, est stigmatisé, bien qu’il réponde à la promesse faite à son électorat saturé de clandestins errants partout en Italie : en fermant les ports de son pays aux clandestins, a-t-il déclenché la crise politique dont on l’accuse actuellement en Union européenne, singulièrement en Allemagne, ou a-t-il décillé les yeux de ses membres pour les pousser à une action juste et respectueuse des populations ?

Quelques heures après la conclusion de l’accord, le président du Conseil italien Giuseppe Conte, ci-dessous avec Macron, a fait valoir que la voix de Rome, qui menaçait de bloquer l’ensemble du Conseil européen, a enfin été entendue. « Je suis satisfait. Bien sûr, si j’avais eu à écrire le texte, je l’aurais fait différemment, mais nous étions Vingt-Huit », a-t-il raconté, vendredi matin, avant de lancer, en montant dans sa voiture : « Maintenant, je pars continuer le combat. » Il ne se livre pas à Bruxelles.

« Ce qui m’intéresse ce sont les actes » : encore mieux, s’ils respectent la volonté des peuples !

blog -Conte G-Macron EMais, dès le milieu de matinée, des messages plus négatifs ont afflué : « Aucun engagement contraignant et seulement des choix volontaires pour les demandes italiennes. Un résultat faible. L’Italie affaiblie. Les pays de l’Est crient victoire », analysait le secrétaire par intérim du Parti démocrate (PD, centre gauche). Ainsi, Maurizio Martina, 39 ans, le Hamon péninsulaire, ignorait-il la volonté populaire et le « bien commun » à tous. La défaite de son parti aux élections générales italiennes, le 5 mars 2018, ne lui a rien appris. Seule prévaut la ligne idéologique officielle, intangible : le comble du conservatisme sourd.

A la mi-journée, Salvini lui-même déclarait : « Je ne me fie pas aux paroles, ce qui m’intéresse ce sont les actes. » « Pour une fois, Matteo Salvini a raison. La mission de Conte au Conseil européen a été un véritable flop », répliquait, dans un Tweet, le chef du groupe PD au  Sénat, Andrea Marucci.
 » L’Italie a cédé sur toute la ligne, interprète le socialiste : elle n’a pas obtenu la répartition obligatoire des migrants [sic], mais seulement celle, volontaire, des réfugiés. Elle devra construire des nouveaux camps et elle accepte le principe d’un retour des personnes parties en Allemagne ou en Autriche « , écrivait La Repubblica, quotidien national de gauche. Ces  » hot spots «  de nouvelle génération, avec davantage d’argent européen [lequel? quel montant ? quelle répartition ?] et censés retenir les demandeurs d’asile dont le dossier est à l’examen, devraient être créés sur une base volontaire. Ces structures sont la principale réponse apportée par les Vingt-Huit au refus de l’Italie d’assumer seule la responsabilité des migrants sauvés en mer.

 Les espoirs d’un accord durable sont tombés à l’eau. 

La mise en œuvre de l’accord sera  » difficile « , a admis Donald Tusk, le président du Conseil européen, à Bruxelles. Et d’ajouter, au grand dam des partisans des déficits publics, qu’il est  » bien trop tôt pour parler d’un succès « .

La chancelière allemande, Angela Merkel, reste, elle, dans l’expectative et surtout à l’écoute de son opinion publique :  » C’est un bon signal que nous nous soyons accordés sur un texte commun ; nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue.  » 

L’enthousiasme de Macron, très en pointe pour dégager un compromis acceptable par Rome, était retombé lui aussi, comme un soufflet : désabusé, il a ainsi commenté vendredi après-midi, que le texte  » ne règle en rien, à  lui seul, à la crise que nous vivons, qui est largement politique « .

Résultat de recherche d'images pour "Macron hypocrite"
Mon oeil !

Premier de cordée à prêcher la nécessaire solidarité européenne, tout en refusant fermement d’installer un  » centre contrôlé  » sur son territoireMacron s’est installé dans le carré de tête des hypocrites les plus doués » Quand un bateau doit débarquer – après un sauvetage – , il va vers le port sûr le plus proche. Puis, il y a la règle de Dublin, du pays de première arrivée. C’est pour cela que la France, qui n’est pas un pays de première arrivée, n’ouvrira pas de centre « , a décrété Manu-le-solidaire.

Macron s’est d’ailleurs fait épingler sur ce point sensible, presque en direct, par G. Conte. Celui-ci a démenti que ces centres d’accueil devraient être créés dans les pays de première entrée.  » Macron était fatigué « a raillé le premier ministre de l’Italie, taquinant le petit Qui trop embrasse mal étreint…

Comble de la honte pour Macron, seule la Grèce se serait portée volontaire pour ouvrir des  » centres contrôlés « . Parce qu’elle est déjà passé par là, elle pourrait ainsi  » recycler  » les hot spots qu’elle a dû ouvrir, surtout sur ses îles, au plus fort de la crise de 2015-2016, et recevrait davantage de financement européen.

Les ports italiens seront fermés  » tout l’été «  aux ONG qui assurent le transit de migrants, a prévenu Salvini, vendredi. Résultat de recherche d'images pour "centre ferme"Or, le dénouement de la situation du Lifeline, qui a fini par imposer l’accueil de migrants à Malte, a été mis au point par des diplomates, et non par des techniciens… L’incertitude persiste sur la systématisation de la prise en charge des migrants, que refusent désormais les Italiens.  » L’espoir, c’est surtout que l’on décourage les bateaux des ONG de prendre la mer « lâche un expert. Mais encore faudrait-il encadrer les organisations du type ‘No border’… 

L’idée de  » plates-formes de débarquement  » dans les pays tiers, hors de l’UE, une autre avancée de l’accord – selon les pro-migrants qui ne veulent pas savoir qu’aucun pays n’en veut sur son territoire – semble elle aussi dès à présent mal engagée. Elle se heurte au refus des intéressés du premier rang :  la Tunisie, du Maroc et de la Libye. Pourtant, dans le cadre d’une politique plus générale d’externalisation de l’asile, le Maroc a signé en février 2005 un accord de siège avec l’OIM, l’autorisant à instaurer une représentation sur son territoire, visant à « apporter une contribution efficace à la gestion des questions migratoires au royaume du Maroc ». Les Vingt-Huit ont confié au Conseil et à la Commission l’examen du  » concept « , mais la vérité est que l’issue est plus qu’incertaine. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM, agence intergouvernementale désormais liée à l’ONU) estime que ces centres de gestion des demandeurs d’asile devaient être situés en Europe, et pas à l’extérieur de celle-ci.

Un centre de migrants à Tripoli, le 22 février.Un porte-parole a déclaré que l’agence est  » très heureuse de la solidarité et du consensus qui ont émergé «  du sommet de Bruxelles. Mais  » nous ne parlons pas de centres de traitement à l’étranger, c’est le point crucial « , a ajouté Leonard Doyle. L’OIM a exprimé son inquiétude  » insurmontable «  suscitée par l’ouverture de  » plates-formes de débarquement «  en Libye, du fait de l’insécurité qui y règne et des mauvais traitements qui y sont infligés à des migrants. Il faut rappeler, pour être honnête, que la contribution de la Libye est immense, puisque les Africains du sub-Sahara et les Arabes du Proche-Orient traversent son territoire massivement.  Et que le pays peine à contrôler les réseaux de « passeurs » dont il a été si peu question à Bruxelles.

Résultat de recherche d'images pour "libye carte flux migratoire"Les seuls accords – bilatéraux – un peu concrets pourraient bien être ceux qu’Angela Merkel a commencé à négocier avec deux pays au moins, l’Espagne et la Grèce. Ils devraient permettre de systématiser le renvoi de  » dublinés  » d’Allemagne vers ces deux pays, par lesquels ils sont entrés dans l’Union européenne.
Vendredi après-midi, les corps de trois bébés morts dans un naufrage survenu quelques heures plus tôt, à six kilomètres au large des côtes africaines, ont été récupérés par les gardes-côtes libyens. Seize survivants ont été repêchés et on estime à 100 le nombre de disparus.
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Dette: l’ambiguïté de la France entre Grèce et Europe

L’hypocrisie, moteur deux-temps de la diplomatie selon Hollande

Le dialogue s’engage mal entre le nouveau gouvernement d’Alexis Tsipras, élu de l’extrême gauche anti-libérale et anti-européenne, et les grands argentiers européens qui ont proposé à la Grèce une aide pour son redressement.Croyant trouver une oreille attentive à ses arguments, le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, devait passer par la France lundi 2 février, alors que, le 31 janvier, Angela Merkel et son ministre des Finances Wolfgang Schaüble ont redonné un message de grande fermeté pour le remboursement de la dette grecque, laquelle représente 177% de son PIB.

En recevant, vendredi, le président de l’Eurogroupe, Yanis Varoufakis, a prévenu d’emblée son invité: le ministre grec des Finances refuse de dialoguer avec la troïka, BCE (Banque centrale européenne), l’U.E. (Union européenne et FMI (Fonds monétaire international) qui représente les trois principaux créanciers de la Grèce. «La Grèce veut bien dialoguer, mais pas avec le comité branlant de la troïka», a lancé Varoufakis (ci-dessous à droite, désinvolte, main dans la poche). «Ignorer les accords n’est pas le bon chemin à prendre», a rétorqué le ministre néerlandais des Finances, Jeroen Dijsselbloem (ci-contre à gauche).
Le Néerlandais a fait un rapport immédiat de son entretien avec son homologue grec à l’entourage de François Hollande et d’Angela Merkel, qui vont devoir trouver une ligne commune pour faire entendre raison au gouvernement grec, très braqué sur le fond et la forme, avant même que la discussion sur la dette n’ait réellement commencé.
Hier samedi, dans les colonnes du Hamburger Abendblat, la chancelière allemande a exclu un «nouvel effacement» de la dette de la Grèce. (…) Il y a déjà eu un renoncement volontaire des créanciers privés, les banques ont déjà renoncé à des milliards de créances sur la Grèce», rappelle-t-elle.

Yanis Varoufakis se rend donc à Paris dès aujourd’hui, alors qu’il était initialement prévu qu’il vienne ce lundi. Lors d’un entretien avec son homologue Michel Sapin vers 17 heures, il ouvrira la voie au premier ministre, Alexis Tspiras, qui se déplace mercredi. Le programme exact de sa visite dans la capitale française n’est pas encore connu, mais devrait porter sur les moyens d’aplanir les tensions créées par le nouveau pouvoir grec qui, pour donner des gages à son électorat, a d’entrée braqué l’U.E.
Mais la France n’est pas l’interlocuteur privilégié de la Grèce que décrit notre presse. Outre mon beau Sapin et également dimanche, Y. Varoufakis doit rencontrer le ministre français de l’Economie, Emmanuel Macron, avant de se rendre à Londres où il s’entretiendra lundi avec son homologue britannique George Osborne et des représentants des milieux d’affaires de la City.
C’est certes auprès du gouvernement socialiste français que le gouvernement grec croit deviner l’oreille la moins insensible à ses récriminations. «Une restructuration de la dette grecque est absolument nécessaire», a déclaré Matthieu Pigasse, dirigeant de la banque Lazard, laquelle a conseillé le gouvernement grec. «Je pense qu’il faut réduire de moitié la dette détenue par les institutions publiques en Grèce», a déclaré le banquier, classé à gauche, sur BFM. Soit une ardoise de 100 milliards d’euros à partager entre les contribuables de la zone euro.
Pigasse a été conseiller technique au cabinet du ministre Dominique Strauss-Kahn en 1998, puis directeur adjoint du cabinet du ministre Laurent Fabius, chargé des questions industrielles et financières, en 1998. Et comme le monde est petit et l’internationale socialiste efficace, ce « banquier de gauche » qui conseilla Ségolène Royal en 2007 avec le succès que l’on sait puisque Sarkozy la battit alors à plate couture, a pris le contrôle du quotidien « indépendant » Le Monde avec d’autres socialistes multi-milliardaires, Pierre Bergé (YSL et banquier de la candidate S. Royal à la présidence) et Xavier Niel (Free).

Le bras de fer entre les Européens et Syriza est suivi avec inquiétude par les marchés. Les plus pessimistes voient le scénario de «Grexit» – « exit la Grèce »: sortie précipitée de la Grèce de l’euro – revenir en force. Les investisseurs privés se débarrassent en hâte du peu de titres grecs – dettes ou actions – qu’il leur reste. Le taux d’emprunt de la Grèce à 10 ans a grimpé à 10,79 %. Plus inquiétant encore, le coût d’emprunt à 5 ans a bondi à plus de 15 % ce vendredi. Cela signifie qu’aux yeux des investisseurs, le risque de défaut de paiement grec augmente.

La Grèce, dont les banques se vident à vive allure, est artificiellement maintenue sous perfusion financière par la BCE qui lui a accordé une ligne de crédit d’urgence pour les alimenter. Cela permet aux Grecs d’aller retirer leurs économies en billets aux guichets ou aux distributeurs. Mais cette bouée de sauvetage ne tient qu’à la bonne volonté de la BCE, l’un des piliers de la troïka, qu’attaque le gouvernement Syriza en pensant adopter la meilleure défense, mais dont il ne pourra se passer très longtemps. Sauf à précipiter une crise bancaire, et une sortie de l’euro.
Michou Sapin se présentera-t-il col ouvert, en débraillé à la grecque, pour faire plus populaire -et démago- que jamais ?

Les nouveaux dirigeants grecs semblent bien décidés à s’affranchir de la tutelle de la troïka

Ils l’ont dit et répété haut et fort et le nouveau premier ministre Alexis Tsipras a de nouveau promis la fin de l’austérité et réclamé une restructuration de la dette grecque. La gauche française se prend à rêver.

Bien que des Clémentine Autain (FdeG) soient capables d’affirmer, « les yeux dans les yeux » comme J.Cahuzac, que le gouvernement grec reçoit de l’Europe des fonds dont le peuple ne voit pas la couleur et que, pire, il doit mettre lui-même la main à la poche, c’est oublier que les Grecs ont participé à l’effondrement de l’économie de leur pays en fraudant le fisc pendant plusieurs générations, profitant du clientélisme et de la corruption grandissants du pouvoir, qu’il soit de droite ou de gauche. Aujourd’hui, de nombreux Grecs refusent d’accueillir en sauveurs ces experts représentant la troïka, et les considèrent comme l’incarnation d’une politique d’austérité dont ils ne veulent plus, estimant que cette austérité n’a fait qu’aggraver leurs conditions de vie. Le déni de leur responsabilité partagée a amené Tsipras au pouvoir, augmentant les risques de coulage de leur péninsule.

Négocier sans cette troïka, comment est-ce perçu ?
La question a été posée ce samedi à une sélection d’Athéniens. « S’il n’y a pas de plan B, dit Fotis Paraskavopoulos, alors, on peut nourrir quelques inquiétudes. Mais le fait de ne plus vouloir traiter avec la troïka, cela ne me pose aucun problème. Ce que j’espère quand même, c’est que le gouvernement a une solution de rechange ».

Fotis Paraskavopoulos
Fotis Paraskavopoulos

Il ajoute: « Je ne sais pas s’il faut être inquiet, ajoute pour sa part Sophia Simonek. Ce que je sais, c’est que les gens n’en peuvent plus. Et c’est pour cela qu’ils ont voté pour Syriza. J’espère que les choses vont s’arranger et que les dirigeants savent ce qu’ils font ». Ce témoin pris dans la foule anonyme est… professeur d’université: le hasard fait bien les choses… Olivier Péguy, journaliste à EuroNews, pouvait-il l’ignorer?

La Grèce pourra-t-elle passer outre les engagements de la Grèce envers ses créanciers ?
Non, a estimé ce vendredi le président de l’Eurogroupe. Pour le faire fléchir, le gouvernement grec a donc entamé ce samedi une tournée européenne pour faire valoir ses vues. Le ministre des Finances Yanis Varoufakis vient donc dès ce samedi chercher à Paris le soutien d’un gouvernement de gauche, avant une visite du Premier ministre, mercredi. Alexis Tsipras fera aussi escale à Rome, où le président du Conseil des ministres depuis le 22 février 2014, est Matteo Renzi, ex-secrétaire du Parti démocratique (PD), à la tête d’une coalition PD (centre gauche)-NCD (Nouveau Centre-droit)-SC (centriste et libéral) et PI (démocrate-chrétien). Surnommé « Le démolisseur », il a pour objectif de rechercher des soutiens susceptibles, selon lui, de faire infléchir la position allemande en matière d’orthodoxie budgétaire.

Le socialiste Hollande adopte pourtant la même intransigeance que Merkel

Tsipras ne peut ignorer que François hollande et la chancelière allemande Angela Merkel sont en convergence sur le dossier grec. C’est une déclaration de l’entourage du président français qui l’affirme. La chancelière et le président, principaux détenteurs de la dette grecque, ont dîné ensemble vendredi soir dans un restaurant strasbourgeois, une rencontre informelle destinée à harmoniser leurs points de vue sur les « questions d’actualité » et l’avenir de l’Europe, à l’issue de laquelle ils n’ont fait aucune déclaration. L’attitude commune à adopter face au nouveau gouvernement grec a donc été au coeur de leur discussion, suite à leur information par le président du Parlement européen, Martin Schulz, de la teneur de ses entretiens avec Alexis Tsipras à Athènes. Les deux dirigeants « ont convergé sur le fait qu’il est à la fois important de respecter les choix du peuple grec et de respecter les engagements » (de la Grèce envers ses créanciers), a assuré un proche du chef de l’Etat. « Il faut être dans une position de dialogue et d’échange pour bien comprendre les intentions du gouvernement grec », a-t-il insisté.
Quant à Martin Schulz, il a révélé au journal allemand Die Welt ses efforts pour lui faire policer ses propos: « Je lui ai recommandé [Tsipras] avec insistance de désarmer sur le plan verbal. Cela ne lui apporte rien », lui conseillant aussi de « cesser ses attaques contre Angela Merkel ».
Mais dans la partie de bras de fer engagé, le gouvernement grec sentira derrière lui la foule des manifestants du parti d’extrême gauche que, dans un souci de rassemblement, la presse française de gauche qualifie de « radicale », « Podemos« , l’équivalent espagnol de Syriza, qui étaient au moins 100.000 samedi dans les rues de Madrid pour dire leur volonté de changer les règles du jeu européen.

Alexis Tsipras se fera recevoir mercredi prochain par le rétropédaleur de l’Elysée. Le premier comptait sur le soutien de la « gauche molle » dans son intention affichée de renégocier la dette grecque mais le second misait sur une opération prestige en attirant à Paris le Grec qui défie l’Union européenne. Lundi 26 janvier, alors qu’on l’interrogeait sur la restructuration de la dette grecque, l’ambigu Hollande évoquait à la fois la « solidarité » et la « responsabilité ». Le président français a ensuite éclairci sa pensée lors d’une conférence de presse commune avec son homologue colombien Juan Manuel Santos, estimant que « des engagements ont été pris » par la Grèce à l’égard de ses créanciers et jugeant qu’ils devaient « être tenus ».Mais il embrouilla aussitôt les choses, affirmant que « la Grèce est dans la zone euro, la Grèce veut rester dans la zone euro et la Grèce restera dans la zone euro »… Tsipras a donc quelque raison de venir tirer au clair la question du positionnement de Hollande.

Et, à bien d’autres égards, Hollande n’est pas clair dans sa tête

Gouvernement de coalition en Grèce
A. Tsipras (Syriza, gauche socialiste) a recherché l’alliance avec Panos Kammenos (à gauche)
(AN.EL), droite souverainiste…

Tandis que l’extrême gauche française de Jean-Luc Mélenchon (PdeG) et de Pierre Laurent (PCF) exulte à l’annonce du chiffe de 100.000 manifestants « radicaux » samedi dans les rues de Madrid pour dire leur volonté de changer les règles du jeu européen, tous, PS inclus, occultent l’entente de gouvernement que Syriza et Tsipras ont passé avec la droite souverainiste grecque de Panos Kammenos. Si les divergences sont nombreuses entre ces derniers et Syriza, ils sont au moins d’accord sur une politique anti-européenne qu’ils souhaitent mettre en place contre l’austérité. Ils ont obtenu 17 sièges de députés quand la gauche extrême en a gagné 149. »Je veux annoncer qu’à partir de ce moment, la Grèce dispose d’un gouvernement, » a expliqué Panos Kammenos, après une rencontre avec Alexis Tsipras à Athènes. « Les ‘Grecs indépendants’ voteront la confiance au Premier ministre Alexis Tsipras. Il y a un accord de principe. »

Le PS grec est laminé, mais Hollande se montre ravi. 

Le parti d’extrême gauche, Syriza, mené par Alexis Tsipras, a raté de peu la majorité absolue des sièges aux législatives en Grèce du 25 janvier. Avec près de 36,5% des voix, il devance de près de neuf points le parti conservateur de la Nouvelle démocratie et du Premier ministre sortant, Antonis Samaras, mais le désaveu le plus cinglant est surtout adressé au Pasok, « parti de gauche« , comme le décrit le jeune journaliste, stagiaire jusque 2011 (20minutes et Slate), Vincent Matalon (Francetvinfo), avec une extrême discrétion.

Le PS grec en déroute

Imaginez une Assemblée nationale française avec seulement 28 députés PS sur 577 ! C’est à peu près ce qui est arrivé dimanche au Pasok, parti social-démocrate historique, membre du Parti socialiste européen et de l’Internationale socialiste. Avec 4,68% des suffrages exprimés, derrière le parti d’extrême droite Aube dorée. Le Parti socialiste grec est le grand perdant de ce scrutin: il n’obtient que 13 sièges à la Vouli.
Avec leur impudence coutumière, les analystes socialistes se livrent à des commentaires osés. Ainsi, selon le prometteur journaliste sus-nommé, le « PS » grec serait victime… Comme s’il avait été au pouvoir? « Pasok paie les pots cassés de la rigueur. » Ce qui est vrai, c’est que les socialistes, alors menés par Georges Papandréou, étaient en effet aux affaires lorsque la crise de la dette a éclaté en 2010 et président de l’Internationale socialiste (IS) depuis 2006. Son père, Andréas Papandréou est fondateur du Pasok et a été deux fois premier ministre, pendant dix ans. Il a aussi été mêlé en 1965 à l’affaire Aspida, une conspiration menée par de jeunes officiers de gauche qui provoqua la chute du gouvernement de Geórgios Papandréou, père d’Andréas et grand-père de Georges… Une commission d’enquête parlementaire se pencha sur les accusations de corruption et d’écoutes téléphoniques illégales portées en 1990 contre Andréas Papandréou, qui fut acquitté en 1992. C’est Georges Papandréou, né aux USA en 1952 et arrivé au pouvoir en 2009, qui, le premier, a dû mettre en œuvre les mesures d’austérité réclamées par la troïka en 2010 et qui ont largement pesé sur le niveau de vie moyen des Grecs. Il a ensuite gouverné au côté de la droite en poursuivant cette politique nécessitée par le clientélisme et la corruption endémiques du pouvoir dont profita un temps le peuple. Il a divisé son score par dix en six ans : il avait obtenu 44% des voix aux législatives de 2009.

Hollande félicite Tsipras, Mélenchon applaudit, tous veulent tirer partie de cette dynamique

Plusieurs responsables de gauche et d’extrême gauche, socialistes, écologistes et du Front de gauche (PdG et PCF), se sont réjouis de l’entente de la carpe et du lapin grecs, qui envoie, selon eux, un signal au reste de l’Europe.

François Hollande a ainsi fait part « de sa volonté de poursuivre l’étroite coopération entre nos deux pays, au service de la croissance et de la stabilité de la zone euro, dans l’esprit de progrès, de solidarité et de responsabilité qui est au cœur des valeurs européennes que nous partageons ». Beaucoup de mots pour peu de sincérité, mais la volonté politicienne de tirer argument de cette entente contre nature dans l’optique d’un rassemblement opportuniste de la gauche qui profiterait au PS dès les élections départementales de mars prochain.