Macron raille ceux et celles qui sont à 50 euros près

Le président des (très) riches s’en prend à « ceux qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL »
blog -Macron moite-Nlle Caledonie-mai2018Pour avoir critiqué dans un documentaire « ceux qui pensent que le summum de la lutte c’est les 50 euros d’APL » Emmanuel Macron s’est attiré les foudres de l’opposition lundi : elle dénonce son mépris social en leur opposant les « valeurs » morales pour lesquelles le colonel Beltrame a donné sa vie lors des attentats islamistes de Trèbes.
« Le colonel Beltrame est mort parce que la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d’une guerre qui le dépasse« , explique le chef de l’Etat, dans un documentaire qui doit être diffusé lundi soir sur France 3.
Or, selon lui, « les gens qui pensent que la France, c’est une espèce de syndic de copropriété où il faudrait défendre un modèle social qui ne sale plus (sic =  trop fade !), une République dont on ne connaît plus l’odeur », et où l' »on invoque la tragédie dès qu’il faut réformer ceci ou cela, et qui pensent que le summum de la lutte, c’est les 50 euros d’APL… Ces gens-là ne savent pas ce que c’est que l’histoire de notre pays, » estime-t-il.

Pour définir cette histoire, le président énumère « une histoire d’absolu, (…) un amour de la liberté au-delà de tout, c’est une volonté de l’égalité réelle : c’est ça, la France », dit-il dans ce documentaire réalisé par Bertrand Delais, intitulé « Emmanuel Macron, la fin de l’innocence ».
« Nous sommes la France, et la France est un pays qui ne se réforme pas. On est un pays qui se cabre« , constate-t-il encore, avec le sentiment qu' »il y a en nous un goût romantique pour la lutte qui fait que, quand bien même ces statuts ne sont pas pour nous, on vit dans l’idée de pouvoir un jour les obtenir; on aime la lutte de celui qui les protège ». « Ça fait partie de la vie politique française, il faut le regarder avec respect et amour de notre histoire », estime-t-il.

« Petit », « misérable », selon  l’ex-banquier

Avant même sa diffusion, les propos que tient Macron dans le documentaire suscitent la polémique.
« Emmanuel Macron méprise les gens qui se sont indignés pour la baisse des APL. C’est petit et indigne de sa fonction« , a tweeté le député de La France insoumise, Alexis Corbière sur Twitter.

« Se servir de la magnifique figure du colonel Beltrame pour salir ceux qui luttent pour leurs droits est misérable« , a tweeté de son côté le PCF, tandis que le porte-parole du PS, Boris Vallaud, juge « petit d’opposer les héros des plus pauvres », estimant que « ceux qui sont à 20 euros près ne méritent pas ce mépris« .

Pour le président LR du Sénat Gérard Larcher, « on ne peut pas avoir des mots raccourcis. L’APL est un sujet important pour des millions de familles françaises et il faut qu’on le traite avec équité », a-t-il insisté sur LCI.
<br>Sur Radio Classique, la présidente du FN, Marine Le Pen, y voit une « indécence. Les préoccupations de ceux qui n’arrivent à pas à finir leurs fins de mois ne l’intéressent pas. Ce n’est pas son monde« .

« La petite phrase (…) montre sa haute considération pour les gens qui ont peu ou pas grand-chose », note Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, sur BFMTV, ce qui est « à l’image de sa première année. »

La baisse à l’automne dernier des aides personnalisées au logement (APL), de 5 euros mensuels pour 6,5 millions de ménages bénéficiaires, avait été vivement critiquée par les ONG – supranationales et illégitimes – de défense des mal-logés, les bailleurs sociaux et certains syndicats.

Dimanche, le secrétaire d’État à la Cohésion des territoires, Julien Denormandie, a reconnu que cette baisse a été une « mauvaise décision » et promis qu’il n’y « aurait plus aucun perdant » en matière d’APL.

blog -Schiappa Marlene rondeLe Premier ministre Edouard Philippe avait qualifié de « pas intelligent » ce coup de rabot, qui représente une économie mensuelle de 32,5 millions d’euros pour l’Etat. Il l’avait justifié par la nécessité de réaliser les économies prévues dans le budget 2017 par la majorité précédente, argument évidemment repris par Richard Ferrand, chef de file des députés de La République en marche (LREM), lundi, pour qui la mesure était « une connerie inévitable ».

Dans les propos fustigés lundi, Macron dénonce « les gens qui instrumentalisent cela politiquement », a synthétisé la secrétaire d’Etat à l’Egalité femmes-hommes (ci-contre) l’inculte Marlène Schiappa sur …France Culture.

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Un « beauf » arrive à la tête de la CGT

Philippe Martinez appelle aussitôt à une journée de mobilisation…

A peine installé dans le bureau que Thierry Lepaon a rénové à grands frais avant d’être démissionné de force,

blog -CGT-Martinez Philippe succede a Thierry Lepaon-fev2015
Beauf de la CGT
Beauf de Cabu
Beauf de Cabu

le nouveau patron de la CGT a annoncé une journée de mobilisation au début du printemps contre l’austérité, si possible avec d’autres syndicats.

Au lendemain de son élection aux forceps à la tête de la CGT, Philippe Martinez (ci-dessus à droite) a annoncé la couleur rouge mercredi: la CGT sera offensive et lancera une journée de mobilisation au début du printemps contre l’austérité, si possible avec d’autres syndicats, rejoignant un voeu de Force ouvrière. « La CGT décide d’une journée nationale interprofessionnelle de mobilisation au début du printemps, en créant les conditions d’une unité syndicale la plus large possible, afin de redonner espoir aux salariés« , a déclaré Philippe Martinez, lors de son premier rendez-vous avec la presse.
La journée d’action vise à « contester la politique d’austérité » du gouvernement, à réclamer une augmentation des salaires et la réduction du temps de travail, a-t-il précisé, reconnaissant que Jean-Claude Mailly, leader de FO, qui tient son congrès à Tours, propose à « peu près la même chose ». Jean-Claude Mailly a évoqué la perspective d’une journée de grève et de manifestation.

Avant ou après les départementales ?

La stratégie n’est pas nouvelle.
En 2014, la CGT avait organisé plusieurs journées d’action peu suivies, mais Philippe Martinez observe que la situation est aujourd’hui « différente ». Pendant que Hollande surfe sur la mobilisation obligée contre les attentats de djihadistes de France à Paris, la montée des « luttes revendicatives » – conflit des routiers, mobilisations des cheminots et des salariés de l’énergie – permet à cette journée d’être une étape pour « faire converger » les luttes et leur donner « une visibilité ». Assez vicieusement, la CGT lance aussi à la CFDT son appel à l’unité d’action, Philippe Martinez sachant que la centrale réformiste (surtout envers le pouvoir socialiste car soumise au PS) a « des divergences » politique et qu’il vaut mieux « le dire plutôt que de faire semblant ».

Un « acteur du dialogue social »
Pour autant, Martinez dément tout durcissement de la ligne de la CGT : « Peut-être qu’elle était déjà dure et que vous ne vous en étiez pas aperçus ! », ironise-t-il à l’adresse des culs bénis de la presse.
La CGT sera toujours « acteur du dialogue social », mais son numéro 1 se réjouit de la fin des grandes conférences sociales qui montrent « l’échec de la méthode du gouvernement de façonner le dialogue social en fonction d’objectifs prédéfinis par le patronat ».

Élu dans la douleur par « le parlement » de la CGT mardi pour succéder à Thierry Lepaon, contraint à la démission après les révélations sur son train de vie, Martinez dément toute « crise de confiance » à la CGT. « Il y a des interrogations » chez les militants, mais le nombre de cartes déchirées est « marginal » et la CGT va lancer une « grande campagne de syndicalisation », a-t-il assuré.

« Pas de détournement d’argent »

Le nouveau secrétaire général reconnaît que, dans les dépenses effectuées par la CGT pour Th. Lepaon -rénovation de son appartement et de son bureau, versement d’indemnités -, « il y a eu des dysfonctionnements, les valeurs de la CGT ont été mises à mal ». Mais, ajoute-t-il, « il n’y a pas eu d’enrichissement personnel ni de détournement d’argent ».
Il refuse « tout amalgame » avec « les parachutes dorés » de certains patrons ou avec des élus socialistes « qui ne paient pas leurs impôts »
dans une allusion à l’ex-secrétaire d’État Thomas Thévenoud qui ose toujours paraître dans l’hémicycle, sous l’oeil bienveillant de Bartolone, son patron. « Les syndiqués peuvent compter sur nous pour apporter des réponses à des problèmes qui sont réels », a assuré ce fils d’immigrés espagnols anti-franquistes accueillis en France.

De son côté, la nouvelle trésorière, Colette Duynslaeger, a admis que sa première tâche sera de « remettre des règles de transparence dans la gestion des cotisations des syndiqués », en clair : de contrôler les dépenses de la confédération.

Philippe Martinez n’a PLUS sa carte au PCF, mais est entouré de responsables « proches » du Front de gauche dans son équipe. Il a affirmé que la question du rapport au politique avait été débattue mardi et mercredi au « parlement » de la CGT. « Notre conception n’a pas changé : on ne s’interdit pas de discuter avec les organisations politiques« , mais « chaque chose à sa place« , a-t-il estimé, plaidant pour « un mouvement syndical fort et rassemblé pour peser sur la politique du gouvernement« . Il n’a pas affirmé que la CGT s’est affranchie de la tutelle communiste.