Les Maliens Lassana Bathily et Amédy Coulibaly se connaissaient-ils ?

Un faisceau d’éléments interpelle

Naturalisation française pour un Malien musulman 

Hollande a fait accélérer la procédure de naturalisation de l’employé malien musulman du magasin de la porte de Vincennes où a eu lieu la prise d’otages sanglante en lien avec l’attentat précédent contre les dessinateurs de Charlie hebdo qui provoquaient le monde musulman avec ses caricatures du prophète Mahomet. Lors de cet attentat du djihadiste, Lassana Bathily a, pense-t-on, risqué sa vie face à l’islamiste Amédy Coulibaly.
« Au lendemain de l’acte de bravoure de M. Lassana Bathily, né en 1990 à Bamako (Mali), lors de la prise d’otage du 9 janvier dernier, le ministre de l’Intérieur a demandé l’instruction en urgence de la demande de naturalisation qu’il avait déposée le 7 juillet 2014 », indiqua un communiqué des services de Bernard Cazeneuve. La récupération du jeune Africain exemplaire est patente. « M. Bernard Cazeneuve présidera en son honneur une cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française mardi 20 janvier », ajoutait ce communiqué.

« J’ai pas caché des juifs, j’ai caché des êtres humains », a raconté jeudi Lassana Bathily. Le jeune homme a le regard abattu et ne veut pas parler de l’étiquette de « héros » qu’on lui appose. « Peut-être, je ne sais pas. Je suis Lassana, j’ai sauvé des gens. Je ne vais pas prendre la grosse tête ». Le coup de fil du président français François Hollande n’y fait rien : depuis ce vendredi 9 janvier, le jeune Malien se sent dépassé par ces excès d’honneurs. « Je suis triste. Un ami est parti et il était très jeune ». Il parle de Yohan Cohen, 20 ans, son collègue. Un des quatre juifs assassinés par Amédy Coulibaly.
L’islamiste a été abattu par la police qui a libéré tous les otages qu’il y retenait. Le vendredi de la tuerie, jour de prière, Lassana Bathily était arrivé à 07h00, une demi-heure avant l’ouverture, le temps de laver le sol. A 11h55 GMT, au sous-sol, le jeune homme est en train d’ouvrir la porte d’une chambre froide pour y stocker une palette de marchandises quand des coups de feu claquent « en haut ». « J’ai tout de suite pensé à Charlie Hebdo », avoue-t-il. Dans la minute, « je vois tout le monde descendre en criant ». Dix, quinze personnes. ‘Je leur dit +venez, venez!’  » et il cache un groupe dans la chambre de congélation. Un autre dans la chambre dédiée au « frais ». Une femme se dissimule dans des toilettes, elle y restera quatre heures, jusqu’à l’assaut final, précise-t-il.
Dans sa chambre froide, les otages lui demandent « s’il y a une issue de secours. Je leur dis qu’il y a une possibilité : le monte-charge ». Un grand monte-charge assez large pour accueillir tout le groupe. Il mène au rez-de-chaussée, là où se trouve le preneur d’otages. « A 1m50, il y a une porte de secours où on peut se sauver », leur explique-t-il. « Ils n’ont pas voulu »; ça va faire du bruit, le preneur d’otages pourrait les cueillir. « Je n’ai pas insisté ».
A ce moment-là, envoyé par Amély Coulibaly, une collègue du Malien descend pour faire monter tout le monde. Le groupe refuse. Lassana Bathily sent qu’il faut bouger, « vite ». « J’ai éteint le froid et je leur ai dit : ‘Restez calmes ! Moi je vais partir’ « , raconte-t-il. Puis, « j’ai appuyé sur le bouton du monte-charge » qui était un étage au-dessus. « Quand il est arrivé, j’ai cru que (Coulibaly) était dedans ». Mais le monte-charge est vide. Pendant la remontée de l’appareil, « J’ai prié que Dieu me sauve ». Là-haut, « j’ai ouvert la porte et je suis sorti en courant ».
La sortie soudaine du Malien affole les policiers, qui hurlent en sa direction. « J’ai peur et je n’ai pas peur », dit-il. Des policiers le mettent en joue, mais « je sais que je ne suis pas menaçant ». Il se couche par terre, les mains sur la tête. Il aide ensuite les policiers d’élite à dessiner le plan de la supérette. Avant d’assister à l’assaut, à quelques mètres de distance, enveloppé dans une couverture de survie dorée de la Croix-Rouge.
Le soir, il arrive à une heure du matin dans son foyer de travailleurs migrants du nord de Paris. Ses amis l’acclament. Dimanche, François Hollande l’appelle : « Vous avez été courageux ». Le Malien raconte son histoire, puis les deux hommes parlent de la nationalité française. Le président lui promet d’intervenir. Lassana Bathily a obtenu une carte de séjour en 2011, cinq ans après son arrivée sur le territoire français. « La France est un beau pays où tu peux vite t’intégrer », estime d’ailleurs cet amateur de football.

Les liens de Coulibaly avec les frères Kouachi

L’épouse algérienne du malien Coulibaly

Les terroristes islamistes Chérif et Saïd Kouachi ainsi qu’Amédy Coulibaly sont irrémédiablement indissociables dans les attentats des 7, 8 et 9 janvier à Paris. Les complices du Malien Coulibaly, Tonino, Christophe et Willy, mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes », ont connu l’islamiste durant leur jeunesse, à Grigny où il était considéré comme « un grand » frère, et quant au quatrième suspect, c’est en prison qu’il a croisé la route de l’assassin de la policière de Montrouge et de quatre personnes au supermarché. Dans cette cité de Grigny, classée zone de sécurité prioritaire (ZSP), Tonino, Christophe et Willy (28 ans, colosse d’1m95 au crâne rasé, suspecté d’avoir fourni la moto), « c’est des mecs qui font dans la violence. On peut les retrouver dans les règlements de compte. » L’enquête a d’ailleurs révélé que les trois hommes se sont rendus à plusieurs reprises, fin décembre, dans des armureries de Paris et de la petite couronne. Ils avaient alors acheté librement du matériel pour le compte de Coulibaly, notamment des gilets tactiques, plusieurs couteaux et un… Taser, pistolet à impulsion électrique, comme la police nationale, la police municipale et la gendarmerie. Les trois suspects sont également mis en cause dans l’achat de la Renault Megane, dont Coulibaly s’est servi pour se rendre à la supérette de la porte de Vincennes.
Surnommé Boubou et présenté comme un peu « bêta », Willy possède un casier judiciaire chargé : il a été condamné cinq fois pour vol aggravé, conduite sans permis, outrage à personne dépositaire de l’ordre public et rébellion. En 2013, il avait été condamné à de la prison ferme pour avoir refusé de s’arrêter à un contrôle douanier à Fleury-en-Bière (Seine-et-Marne), alors qu’il transportait quatre fusils de chasse et des munitions volées, mais sa peine avait finalement été aménagée.
Christophe Raumel, 25 ans, est lui aussi un habitué de la justice. Il a été condamné six fois « pour conduite sans permis, violence aggravée, vol aggravé et recel », selon le procureur de Paris François Molins. Mais sa dernière condamnation remonte à 2009. Selon une connaissance, ce père d’une petite fille, surnommé « Hook » par ses amis, est originaire de la cité des Aunettes, à Fleury-Mérogis, près de la Grande-Borne. « Sa femme aussi est restée quatre jours en garde à vue », affirme cette connaissance, selon laquelle le jeune homme vit « du RSA ».
Tonino Gonthier, 22 ans, a un casier judiciaire vierge. Le cadet des mis en examen vit près de la place du Miroir, au cœur du secteur sensible de la Grande-Borne, où se concentrent les trafics. Les policiers n’ont croisé sa route qu’à une seule reprise, en 2014, pour un contrôle d’identité. « Il est rigolo, calme et serviable », certifie une mère de famille qui le connaît…
Mickaël, le compagnon de prison. Il n’est pas un ami d’enfance d’Amedy Coulibaly. Il se sont rencontrés lors d’une incarcération, pour trafic de stupéfiants. Il est suspecté d’avoir entretenu un contact régulier avec le terroriste, notamment dans les 48 heures qui ont précédé les attaques. L’étude des relevés téléphoniques permet d’établir qu’ils s’étaient échangés, au cours de l’année passée, plus de 360 messages, ainsi que 13 appels. Le 6 janvier, veille de l’attentat contre Charlie Hebdo perpétré par les frères Kouachi, les contacts se sont multipliés, les deux hommes se sont en effet appelés 18 fois. Le 5 janvier, ils se sont retrouvées pendant plus de six heures. Son ADN, retrouvé sur un gant qu’Amedy Coulibaly avait avec lui lors de la tuerie de la porte de Vincennes a permis de remonter jusqu’à lui. Ces ADN ont également été retrouvées sur deux armes saisies dans la planque du terroriste, à Gentilly, dans le Val-de-Marne.
Ces cinq terroristes ont collaboré en étroite collaboration, mais aussi en lien avec les frères Kouachi, abattus par les forces de l’ordre, le vendredi 9 janvier, suite à l’attentat du 7 janvier contre le journal libertaire.

L’islamiste Coulibaly collaborait au réseau des frères djihadistes

Saïd et Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly sont les trois terroristes islamistes de France qui ont fait 17 morts entre le 7 et le 9 janvier. C’est à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis que le plus jeune frère, Chérif Kouachi, rencontra Amedy Coulibaly entre 2005 et 2006. Il était incarcéré pour vol armé, alors que Chérif Kouachi enait d’être condamné pour sa participation dans la filière djihadiste dite des Buttes-Chaumont.

Saïd et Chérif Kouachi étaient surveillés depuis 2011
Sous la houlette de Djamel Beghal, un ancien membre du GIA algérien, les deux musulmans fondamentalistes es pratiquaient ensemble un islam rigoriste. Chérif Kouachi s’est rendu au Yémen en 2011, sous la bannière noire d’Al-Qaïda. Saïd et Chérif Kouachi étaient surveillés depuis 2011. Mais depuis l’été dernier, le dispositif avait été levé. Une défaillance reconnue par les autorités. En France, il y aurait 5.000 personnes dont le profil justifie une surveillance.

Un musulman employé d’un magasin casher

Lassana Bathily est d’origine… malienne, comme Coulibaly (photo).

Comme son compatriote, il est musulman pratiquant. Or, il travaille depuis quatre ans dans ce supermarché casher de l’Est parisien avec des juifs, pour des Juifs.

Il est le seul à ne pas avoir peur de Coulibaly: il prend seul le risque de monter du sous-sol en monte-charge pour s’échapper. Etait-il la taupe du réseau Kouachi ?

La coordination entre les frères djihadistes et l’islamiste Coulibaly était également assurée par les épouses. L’épouse franco-algérienne de Chérif Kouachi avait envoyé plus de 500 SMS à celle de Coulibaly, Hayat Boumedienne, photo voilée en entraînement au tir, mariée devant l’imam sans passer devant le maire républicain, s’était mise à l’abri en Syrie (via l’Espagne) avant les attentats contre les dessinateurs de Charlie hebdo. http://api.dmcloud.net/player/embed/4e7343f894a6f677b10006b4/54b19a94947399217fd12040/9376881ad20d4bc59a45a77b4f4fcbd0?exported=1
La filière était très organisée.
Ne serait-elle pas plus étendue que ce qu’en pense le président Hollande qui, sous la pression des événements et le coup de l’émotion, a réagi à chaud pour faire un coup médiatique en précipitant la naturalisation de Lassana Bathily ?

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Armées: Hollande rétro-pédale sur la baisse des effectifs

Le gouvernement PS recrée des postes de militaires qu’il avait supprimés

En avril 2013, Hollande voulait faire disparaître 20.000 postes supplémentaires d’ici 2019

L’Armée, à la croisée des chemins

Le Livre blanc de la Défense remis à François Hollande prévoyait une baisse des effectifs de l’armée française de 5.000 postes par an entre 2016 et 2019. Les effectifs de l’ armée devaient ainsi diminuer de 20.000 personnels au total, rapportait le quotidien Les Echos.

Selon le quotidien, ce Livre blanc prévoyait en outre un budget de la Défense de 179,2 milliards d’euros hors pensions sur la période 2014-2019 couverte par la loi de programmation militaire suivante. Les Echos soulignait béatement que ce montant était à peu près conforme à la promesse faite le mois précédent (mars 2013) par François Hollande de geler les crédits militaires 2014 à leur niveau de 2013.

Mais cette enveloppe « cache en fait une baisse réelle des crédits budgétaires puisqu’elle va incorporer au moins 4,5 milliards de recettes exceptionnelles« , affirmait tranquillement le journal, sans se préoccuper de la provenance de ces « recettes exceptionnelles« .
Or, début juillet 2014, les deux commissions chargées de la défense, à l’Assemblée et au Sénat alertèrent sur le manque de 1,5 milliards d’euros de recettes exceptionnelles (REX) en 2015, alors qu’elles étaient prévues par le loi de programmation militaires (LPM) 2014-19.
Et la majeure partie de ces ressources devait provenir en 2015 et 2016 de la mise aux enchères de la bande de fréquences hertziennes des 700 MHz, qui devait être affectée à la téléphonie mobile des amis du pouvoir (Free et Numéricable). Mais il y eût encore un ‘mais, car les contrôles des députés et des sénateurs firent apparaître que les recettes de cession des fréquences de la bande des 700 MHz ne seraient pas disponibles avant, au mieux, la fin 2015. D’où un manque de 1,5 milliard d’euros pour financer l’exécution de la LPM en 2015, en particulier le programme d’équipement des forces armées.

Le Livre blanc cherchait une justification à ses estimations en rappelant que la baisse des effectifs de l’armée avait été amorcée par Nicolas Sarkozy, qui avait prévu la suppression de 54.000 postes sur la période 2008-2015.
Or, la politique extérieure de Sarkozy était au désengagement. En 2008, Sarkozy avait  assuré la protection de l’aéroport de N’Djamena lors de l’évacuation des ressortissants français au Tchad. En décembre 2008, des militaires français avaient apporté leur participation à l’opération européenne « Atalante » contre la piraterie au large des côtes de Somalie. Le 4 avril 2011,  des forces françaises (Licorne) à Abidjan (Côte d’Ivoire) se mobilisèrent en appui des forces de l’ONU (ONUCI) contre le président sortant Laurent Gbagbo, membre de l’Internationale socialiste, accusé d’utiliser des armes lourdes contre des populations civiles. En octobre 2011,  Sarkozy mit un terme à l’Opération « Harmattan » en Libye. En 2012, le coût des opération extérieures (OPEX) de la France s’étaient chiffrées à 870 millions d’euros, contre 1, 2 milliard en 2011. Le projet 2012 de la loi de finances pour 2013 prévoyait une dépense de 630 millions, avant l’intervention au Mali…


Les Echos ne précisent pas en revanche que Hollande a lancé trois interventions extérieures en deux ans: au Mali, l’opération « Serval » en janvier 2013, suivie de l’opération Barkhane, le 1er août 2014, en République centrafricaine, l’opération Sangaris, le 5 décembre 2013. Le 18 septembre 2014, le président Hollande engagea encore des troupes française en appui aérien aux autorités irakiennes pour « porter des coups à l’organisation terroriste« , Daesh.

Opération Centrafrique : le VBCI au service de la force Sangaris

Selon Europe 1, le détail des coupes dans le budget aux armées devait être le suivant :
– Armée de terre : 7.000 hommes en moins, soit l’équivalent d’une brigade de combat.
– Armée de l’air : grosse réduction d’effectif également comme pour l’armée de terre et 50 avions de moins, soit 20% de ses capacités
– Marine : peu de coupes, car détentrice de la dissuasion nucléaire.
– Forces spéciales : peu de coupes puisqu’elles ont montré leur intérêt sur les champs de bataille à l’étranger, comme récemment au Mali. Les forces stationnées en Afrique sont aussi épargnées.

A noter encore que ce Livre Blanc (décidément très flou) ne rentrait pas dans le détail précis des régiments supprimés. De crainte de déclencher la colère des municipalités et des commerçants frappés par ces pertes de revenus. C’était la Loi de programmation militaire (LPM) qui s’en chargerait.

Hollande veut maintenant freiner la baisse des effectifs qu’il avait lui-même décidée

Coup de tonnerre, le 14 janvier après-midi, sur le porte-avions « Charles-de-Gaulle » en partance pour le Golfe, puis l’océan Indien. Le chef de guerre socialiste y a présenté ses voeux aux forces armées, y annonçant sa décision de mettre un frein aux restructurations au sein de la Grande Muette, mais « à budget constant ». « La situation exceptionnelle que nous connaissons doit nous conduire à revenir sur le rythme des réductions d’effectifs qui avait été programmé dans la loi de programmation militaire sur les trois prochaines années. Ce rythme doit être revu et adapté« , a-t-il déclaré devant plusieurs centaines de marins.

France: projet de loi de finances rectificative 2013

Et Jean-Yves Le Drian, le ministre de la Défense, va avancer à marche forcée, assure-t-on, indépendamment de la capacité de ses conseillers à lui remettre des propositions substantielles d’ici à la fin de la semaine, dans l’optique d’un Conseil de défense planifié mercredi prochain. « Je prendrai aussitôt mes décisions », a lancé le chef de l’Etat, d’un ton martial.

Des armées en état de surchauffe et aux matériels obsolètes

Les militaires ont le moral au plus bas, voyant les régiments et les bases aériennes fermer les unes après les autres, d’autant que, dans le même temps, le pouvoir politique leur demande toujours plus, bien qu’ils aient dû subir des retards de paiements de soldes dûs aux bugs du logiciel de Louvois.

François Hollande a alourdi la facture des Armées de 24.500. Cette année, ce sont 7.500 postes qui devaient être supprimés, et à peu près autant les deux années suivantes.

Si François Hollande a décidé de battre en retraite sur les coupes sombres, c’est sous la pression des événements, les attentats terroristes de djihadistes de France qui ont endeuillé le pays. En moins de trois jours, 10.500 militaires ont été déployés pour participer au renforcement du plan Vigipirate. « Un rythme inédit », a-t-il salué, mais qui a exténué l’ensemble des forces laissées à disposition sur le sol national. Avec les 8.500 hommes ou femmes en opérations extérieures, le constat est sans appel : l’armée est au bord de l’implosion.

Dans une lettre adressée mardi, le député UMP de l’Aisne Xavier Bertrand a demandé à François Hollande de « surseoir » aux baisses d’effectifs. « Je suis convaincu qu’une telle décision serait largement approuvée et que vous pourriez compter sur le soutien de l’opposition dans un esprit d’unité nationale », a-t-il écrit dans le texte révélé par Le Figaro.

Reste le problème du financement

En décembre 2014, la France empruntait à des taux historiquement faibles, nous disait-on. Sur dix ans on avait  atteint le plancher de 0,845%, malgré une conjoncture économique toujours aussi morose et des perspectives d'amélioration plutôt faibles. Alors ?
En décembre 2014, la France empruntait à des taux historiquement faibles, nous disait-on. Sur dix ans on avait atteint le plancher de 0,845%, malgré une conjoncture économique toujours aussi morose et des perspectives d’amélioration plutôt faibles. Alors ?

Les contraintes budgétaires pèsent en effet très fortement sur les crédits militaires. Moins de suppressions de postes, ce sont évidemment des charges plus lourdes. François Hollande a réaffirmé hier que les 31,4 milliards d’euros prévus pour 2015 seraient au rendez-vous, mais il n’en a pas promis davantage et il manque 400 millions d’euros. Il va donc falloir serrer la ceinture des fonctionnaires et des vieux…

Le chef de l’Etat a aussi décrété que soit « mis en oeuvre cette année » le projet de location de matériels militaires, (via la création de sociétés de projet public-privé) destiné à pallier l’absence des 2,2 milliards de recettes exceptionnelles. Faute de quoi la trésorerie de l’armée va passer dans le rouge. Le Parlement va devoir actualiser la loi de programmation militaire pour 2015 de toute urgence. Les promesses de François Hollande font monter la pression sur les élus.

Le regain de popularité de François Hollande: un feu de paille ?

Le professionnalisme des forces de l’ordre booste la cote du président Hollande

blog -monde de merde-bis-AurelLes éléments de langage proposés par l’Elysée à la presse ont fait mouche

Attribué au président de la République par les media militants après les attentats de djihadistes de France à Paris, le « sans-faute » doit beaucoup aux forces de police (Raid et GIGN) dont le professionnalisme n’est pas salué comme il se devrait par les thuriféraires du pouvoir. Comment leur rendre justice en effet sans dépouiller Hollande de sa peau d’âne ?

Le malaise vient aussi d’un rebond opéré sur un drame que ses services de renseignement n’ont pas su prévenir, en dépit des annonces à répétition de complots déjoués et du fait de négligences, puisque l’un des islamistes tueurs, Chérif Kouachi, sous contrôle judiciaire, avait interdiction de quitter le territoire français quand il s’est rendu au Yemen et avait bénéficié d’un non-lieu en 2013. Son aîné, Saïd Kouachi, était fiché aux Etats-Unis et interdit d’entrée sur le territoire américain après s’être entraîné au Yemen…

La cote de popularité de François Hollande bondit de 21 points -à chaud- dans la dernière enquête d’opinion Ifop-Fiducial.

blog -cote de popularite de Hollande bondit suite aux attentats djihadistes-Ifop-17jan2015
Plus dure sera la rechute

Ce regain de satisfaction vient d’abord saluer le travail du Raid et du GIGN, actifs et efficaces dans l’ombre, tandis que les politiciens occupaient le devant de la scène par des apparitions incessantes et redondantes. Ce détournement d’attention par les trois principaux leurres, Hollande, Cazeneuve et Valls, était probablement souhaitable, afin de faciliter la tâche des brigades anti-terroristes, mais la récupération qui est faite du travail de fond réel risque de ne pas s’inscrire dans la durée.
blog -sondage popularite de Hollande suite attentas--Ifop-Fiducial pour Match« Bond historique », selon 20minutes, « dépassant François Mitterrand qui avait bondi de 19 points entre janvier et mars 1991, lors de la guerre du Golfe« , s’esbaudissent les flagorneurs de la presse. Au final, l’opération Daguet fera dix morts et 33 autres militaires blessés. Le compte des morts de l’opération Serval au Mali est aussi lourd -en 18 mois (mars 2013-octobre 2014), mais ni les sondés, ni 20minutes ne l’a gardé en mémoire. Quant à la maladie du président, elle n’était pas encore publique. En politique, la guerre serait donc une bonne affaire pour les sondages ? Plus sûre que l’inversion de la courbe du chômage…

Après la compassion, le retour des passions, mais aussi la remontée de la pression des réalités.

Lassana Bathily, héros de la prise d’otages à l’Hyper Cacher, sera naturalisé français

Une distinction méritée que ternit le pouvoir par sa récupération grossière

Accélération justifiée de la procédure mais promesse d’une cérémonie pompeuse

Lassana Bathily, Malien de 24 ans, a sauvé plusieurs otages de la supérette Hyper Casher en les cachant dans la chambre froide (Tim Stewart News/REX/REX/SIPA)Lassana Bathily, l’employé malien de la supérette casher qui a risqué sa vie en aidant des clients à se dissimuler dans la chambre froide pendant la prise d’otages de la Porte de Vincennes à Paris associée au carnage de Charlie hebdo, sera naturalisé français mardi, a publié le ministre de l’Intérieur.

En France depuis 2006, Lassana Bathily, 24 ans, avait déposé en juillet 2014 une demande de naturalisation. Une « cérémonie d’accueil dans la citoyenneté française » aura lieu mardi à 18h30 au ministère, a précisé Bernard Cazeneuve, qui a loué son « acte de bravoure« .
Si le comportement du jeune Malien est en effet courageux et méritant, le terme de « héros » est peut-être excessif: il sera porté au compte de l’émotion.
Et d’une récupération politicienne éhontée.

L’intervention de Hollande au Mali fait un 8e militaire mort et deux blessés français

Un militaire meurt, sans autorisation

Le jeudi …8 mai, un militaire français a été tué en opération dans le nord du Mali

révèle l’Elysée. 

Ce sous-officier du 2e régiment étranger de parachutistes de Calvi porte à huit le nombre de pertes françaises au Mali depuis le début des opérations. Le président socialiste ne manque pas de mots… « Le chef de l’Etat exprime son grand respect pour le sacrifice de ce légionnaire français », peut-on lire dans un communiqué de l’Elysée. 

A l’origine de l’envoi de soldats français, Hollande exprime sa « totale confiance » [ce qui, en la circonstance, n’a aucun sens] aux forces françaises engagées dans la lutte « contre les groupes armés terroristes« .

 

Le véhicule du soldat tué a été détruit sous l’effet d’un « engin explosif improvisé » placé par un groupe djihadiste, a affirmé, sans preuve, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, sur BFM-TV et RMC

A l’issue des cérémonies commémorant le 8 mai 1945, le président Hollande a aussi indiqué que deux soldats ont été blessés par cette explosion.

 

Comme la courbe du chômage en France, la situation se serait néanmoins stabilisée dans le sud du Mali. Des groupes islamistes sont toujours actifs dans le Nord, a-t-il admis. « Il est mort pour la liberté du Mali, la sécurité du Mali, mais aussi pour la liberté, la sécurité de l’Europe [rien que ça !] et de la France », a-t-il estimé.

 

Hollande annonce la fin de l’ingérence française

 

Jean-Yves Le Drian a indiqué que l’opération Serval au Mali est « en train de se terminer dans sa phase de guerre frontale contre les groupes djihadistes « .

 

Le ministre annonce un désengagement français. « Nous sommes en train de nous réorganiser pour avoir une conception régionale du contre-terrorisme« , a expliqué le ministre, précisant que 1.000 soldats français vont être concentrés près de Gao et 3.000 autres sur la « bande sahélo-saharienne », face aux islamistes d’Al-Qaïda AQMI.

Pourtant, en novembre 2013, « le calendrier de réduction de présence des forces françaises » n’était pas « remis en cause ». Fixé par François Hollande, lors de sa visite à Bamako le 19 septembre, le chef de l’Etat disait alors : « vous serez environ 2.000 en novembre prochain. Vous aurez à cœur de permettre que le scrutin des élections législatives (24 novembre et 15 décembre) se tienne dans les meilleures conditions. Ensuite, il y aura un désengagement et vous serez 1.000 à la fin du mois de janvier [2014]. » Des sources militaires n’excluaient pas alors qu’il puisse y avoir encore près de 1.500 hommes début février, le temps de plier bagage. En mai 2014, ils sont encore 4.000

La France est intervenue militairement en janvier 2013 aux côtés des forces maliennes, à la façon de la Russie de Poutine, en soutien aux Ukrainiens de l’Est, pour déloger les combattants islamistes (comme les insurgés de Kiev) qui contrôlaient alors les deux tiers du pays et menaçaient la capitale, Bamako.


L’exception démocratique française


Les députés français n’ont pas les pouvoirs de leurs homologues anglo-saxons, mais pas une voix ne s’élève dans la chambre rose actuelle.
 En juillet 2013, les élus de la Chambre des Communes, l’équivalent de l’Assemblée nationale au Royaume-Uni, ont voté « non » à une intervention militaire en Syrie et  le Premier ministre conservateur, David Cameron, a suivi leur avis sans broncher. Rien de tel en France où la presse vient conforter cette passivité des parlementaires complices sur l’envoi de troupes en Afrique. Et les admirateurs du président américain Barack Obama n’ont éprouvé aucun état d’âme lorsqu’il a  ordonné qu’aucune frappe ne soit dirigée contre Damas tant que le Congrès ne lui aurait pas donné son aval. 

Dans l’hexagone, à la différence de Marylise Lebranchu ou J.-J. Urvoas, ses collègues du Finistère, seule la députée socialiste, Patricia Adam, présidente de la Commission de la Défense à l’Assemblée nationale, a regretté que « la France (soit) l’une des rares exceptions en Europe où le Parlement s’exprime a posteriori« . 

En France, où le chef de l’Etat est aussi le « chef des armées » (article 15 de la Constitution) et le seul « garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités«  (article 5) – ce qui n’est pas en cause au Mali – et où le Premier ministre est « responsable de la Défense nationale«  (article 21), c’est l’exécutif qui décide en matière d’intervention militaire et les élus ne sont pas consultés. L’intervention militaire française décidée souverainement par Hollande n’est pourtant pas justifiée par une menace sur « l’intégrité du territoire » ou des Français Dans cette hypothèse, les enlèvements de ressortissants français légitimerait l’attaque de plusieurs états africains, notamment sub-sahariens La cohérence de la politique étrangère de Fabius est prise en défaut, comme sur l’Ukraine où il défend les rebelles du gouvernement transitoire et sans légitimité.