Doubs: près de 50% des électeurs ont voté contre le candidat de la gauche

Courte victoire en trompe-l’oeil du PS

A 800 voix près, le PS conserve sa majorité

« Nous gagnons 2.600 voix par rapport au second tour de 2012, alors que le PS perd 6.000 voix », s’est félicitée la candidate frontiste.

L’appel du PS à un « front républicain » a été peu entendu et Frédéric Barbier a remporté » son duel contre la candidate du Front National d’une courte tête.
Test électoral national dans la perspective des élections départementales des 22 et 29 mars, la législative partielle de la quatrième circonscription du Doubs a conforté le Front National qui confirme sa poussée en séduisant quelques 6.000 nouveaux électeurs. Le candidat socialiste Frédéric Barbier a obtenu 51,43 % et Sophie Montel, sa rivale frontiste, seule contre tous, a atteint 48,57 % qui l’autorisent à se réjouir.

« Les résultats ce soir, ça se joue à pas grand chose, à peine quelque 500 voix d’écart. […] C’est une voie royale pour 2017. Il nous reste deux ans et demi pour convaincre les électeurs, pour gagner 1%. »

Sur i-télé, elle a ajouté :

« Ce soir, nous entrons dans une nouvelle ère, à savoir la fin du tripartisme, une bipolarisation de la politique française avec d’un côté le Front national (…), de l’autre côté le reste, incarné par l’UMPS, les centristes, les verts qui se montrent à l’évidence incapables de gagner seuls. »

Seulement 863 voix séparent en effet les deux candidats.

« Les socialistes n’ont pas à fanfaronner, le grand vainqueur ce soir, c’est le Front national », a souligné la candidate frontiste, Sophie Montel.
Le candidat victorieux ne pavoisait d’ailleurs pas dimanche soir.Il a reçu le message de défiance que les électeurs de cette région à l’industrie sinistrée a voulu envoyer au pouvoir socialiste responsable d’une politique désastreuse d’austérité. « Je ne me réjouis pas, je ne pavoise pas. Ce succès je le dois aux forces républicaines. A ce rythme, l’ascension du FN vers le pouvoir doit être prise très au sérieux« .

L’élu socialiste a tenu à remercier les membres de l’opposition Juppé, NKM, Larcher, Bayrou qui ont pris position au second tour en faveur d’un exécutif dont ils dénoncent par ailleurs la politique.
Il a aussi tenu des propos violents à l’encontre de l’UMP dont le candidat du 1er tour aurait, selon lui, été « lynché par la direction de son parti » qui avait laissé à ses électeurs la liberté de voter blanc ou de s’abstenir, dimanche 8 février (ni-ni).

Participation en forte hausse

L’effet Charlie avait déjà radicalisé le scrutin au premier tour, trois semaines après les attentats de Charlie Hebdo, envoyant les extrêmes au second et reproduisant ainsi le clivage de la société. Dimanche dernier, la participation a bondi de près de dix points: 49,07 % contre 39,5 % lors du 1er tour.

Le gouvernement socialiste a encore fait monter la pression dans le Doubs. Durant l’entre-deux-tours, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, est venu une fois et le Premier ministre, deux, Manuel Valls, usant ainsi de sa position pour faire gagner le candidat socialiste.

Le Front National en restent donc à deux députés, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard, élus en 2012 dans des triangulaires.

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Pierre Moscovici, dont l'abondon du siège met la majorité socialiste en grand péril
Pierre Moscovici, dont l’abondon du siège met la majorité socialiste en grand péril

Un député PS qui abandonne son siège pour une ambition personnelle,<br>une circonscription frontalière frappée par la désindustrialisation depuis de longues années et par la politique de casse de Montebourg depuis mai 2012: cette législative à haut risque pourrait être favorable au FN et sa candidate, Sophie Montel. Traditionnellement ancrée à gauche, cette région sinistrée ne cesse de s’en remettre au Front national, élection après élection. La législative partielle du 1er et 8 février prochains marquera-t-elle un coup d’arrêt à cette progression? Depuis les attentats sanglants de Paris, le PS a repris espoir, à la faveur de l’unité nationale de circonstance et de sondages IFOP à chaud, sous le coup de l’émotion. La manipulation éclatera-t-elle en février?

« Les attentats qui ont frappé la France ont (peut-être) bouleversé la donne, » écrit le Huffington Post. Si la majorité socialiste à bout de souffle reprend des couleurs dans le malheur, le Front national n’attend pas après, indépendamment de la polémique autour de la marche républicaine du 11 janvier ou de la mini-crise interne provoquée par l’eurodéputé Aymeric Chauprade. Les électeurs n’en ont pas connaissance ou sont conscients qu’elles sont montées en épingle. Les travailleurs n’en ont strictement rien à faire.

Les résultats dans la 4e circonscription du Doubs auront valeur de test, voire de crash-test pour le parti d’extrême droite qui lutte sur le terrain pour renverser la table en envoyant un troisième élu à l’Assemblée nationale, si on compte maître G. Collard.<br>Démissionnaire, le 4 novembre 2014, de son poste de député de la 4e circonscription du Doubs, le socialiste Pierre Moscovici, ancien ministre désastreux de l’Economie, a depuis rejoint la Commission européenne, entraînant la tenue d’une législative partielle les 1er et 8 février.

Les  responsables nationaux défilent 

L’exécutif a bien perçu l’importance de l’enjeu. En cas de défaite, le parti majoritaire perdrait la majorité absolue de 289 sièges à l’Assemblée nationale, bien qu’elle soit déjà en sursis avec le départ probable d’un député socialiste vers le groupe RRDP. Manuel Valls ira mettre son poids de Premier ministre pour soutenir le candidat PS Frédéric Barbier.

Charles Demouge, candidat UMP
Charles Demouge, candidat UMP

Le secrétaire général de l’UMP, Laurent Wauquiez, est venu inaugurer la permanence du candidat Charles Demouge, conseiller régional de Franche-Comté (photo), et le nouveau président du parti, Nicolas Sarkozy se réserve le droit  d’une visite entre les deux tours.

Ce vendredi 23 janvier, c’est Marine Le Pen qui a fait le déplacement, avec tractage devant l’usine PSA-Peugeot, face à face avec des militants Front de Gauche pour les caméras, tandis que c’est …à huis clos que le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, est allé exprimer des regrets aux « illettrés » de l’entreprise GAD ! Marine Le Pen bénéficie d’une bonne dynamique. Pour la première fois de son histoire? Le Front national  A deux élus au Sénat, outre Marion Maréchal-Le Pen, députée du Vaucluse depuis 2012, à 22 ans.  En mars 2014, le FN a ravi 11 mairies, notamment Béziers, le VIIe secteur de Marseille ou Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), mais aussi Mantes-la Ville. Le parti compte désormais 24 eurodéputés sur les 74 que la France envoie au Parlement européen. «Nos voix ont été multipliées par trois, jusqu’à par dix», selon les départements, par rapport au nombre initial de grands électeurs FN, a affirmé Marine Le Pen fin septembre 2014.

La présidente du FN a beau jeu de pointer « l’échec de l’UMPS » en matière de chômage et d’économie et de dénoncer la menace actuelle que posent le « communautarisme » et la montée de l’islamisme en France, comme l’ont démontré les attentats djihadistes de Paris qui ont fait 17 morts. Cette somme de mauvais points du pouvoir de gauche pourrait faire basculer le siège de député de la 4e circonscription du Doubs, dans un bassin industriel meurtri par un chômage de masse et de pauvreté.<br>Au 2e tour de 2012, Pierre Moscovici avait fait son plus mauvais score depuis 2002. La candidate FN, Sophie Montel, approchait les 25%.