Indigénisme universel: L’Oréal supprime de nouveaux mots-tabous comme ‘blanchiment’

Certaines sociétés entreprennent de laver plus noir que noir,alors que les Noirs ne sont que 12,6% (contre 17,6% d’Hispanos/Latinos), effaçant de leurs marques tout stéréotype suspect de racisme

Les géants des cosmétiques anticipent les exigences des mouvements racialisés
L’Oréal n’oppose aucune résistance à la sottise ambiante.

The Original Obama Joker Image | Visit the online store at: … | Flickr

Dernière entreprise en date, après Johnson & Johnson – détentrice de  GlaxoSmithKline, Pfizer, Procter & Gamble et Sanofi-Aventis –  et la filiale indienne d’Unilever, L’Oréal, géant français des cosmétiques, a annoncé samedi le retrait de certains mots-tabous de la description de ses produits cosmétiques sur ses emballages, cédant ainsi aux pressions des indigénistes racisés, dans un contexte mondial de manifestations antiracistes depuis la mort, fin mai, de l’Afro-Américain George Floyd, aux Etats-Unis, et d’instrumentalisation de l’émotion populaire par le candidat démocrate Joe Biden en campagne présidentielle.
Des mots comme « blanchissant », « blanc » ou même « clair » sont devenus obscènes et sont bannis:ils irritent la peau des activistes dérangés….Dans un communiqué publié samedi 27 juin, L’Oréal assure avoir pris l’initiative, annonçant avoir « décidé de retirer les mots blanc/blanchissant (white/whitening), clair (fair/fairness, light/lightening) de tous ses produits destinés à uniformiser la peau » des emballages de ses cosmétiques. L’entreprise ne donne pas plus de détails, notamment sur un retrait immédiat ou non de ses produits des rayons.


L’Oréal, pris à partie

Michelle Obama, bientôt privée 
de son look capillaire occidental 

Après avoir été licenciée en 2017, le premier mannequin clairement transsexuel de L’Oréal UK avait publiquement pointé l’hypocrisie de la marque. Munroe Bergdorf avait dénoncé « la violence raciale des Blancs », après un défilé de l’extrême droite américaine à Charlottesville (ci-dessous). Début juin, L’Oréal avait dit être »solidaire de la communauté noire et contre toute forme d’injustice ». Son message n’avait pas suscité les réactions escomptées, le modèle économique et la publicité du groupe étant axés sur les consommateurs blancs.
Le groupe avait déjà subi la dictature des groupes de pression noir et LGBT. Il avait accepté de présenter des excuses à Munroe Bergdorf, lui proposant même de revenir dans le groupe pour occuper un poste de conseiller de la nouvelle entité britannique chargée de la diversité et de l’inclusion. Offre que le mannequin a acceptée des « hypocrites » blancs. 


Réactions d’Unilever en Inde


Avant L’Oréal, la filiale indienne d’Unilever avait choisi de rebaptiser sa crème éclaircissante Fair & Lovely : l’entreprise anglo-néerlandaise a promis de ne plus recourir au mot fair (« clair »), se disant « engagée à célébrer tous les tons de peau ». 


En Inde, les crèmes éclaircissantes sont recherchées, notamment par des stars de Bollywood. L’une d’elles, Priyanka Chopra, a été prise à partie sur les réseaux sociaux pour avoir soutenu le mouvement ‘Black Lives Matter », tout en gardant son rôle d’ambassadrice pour une de ces marques.Unilever se retrouve régulièrement au centre de controverses Depuis son rachat d’Amora Maille, une partie de la production a été délocalisée en Europe : les vinaigrettes en République tchèque, le ketchup en Turquie, mais la production de vinaigrettes a été rapatriée en France en 2010. Les cornichons vendus sous les marques Amora et Maille, jadis récoltés dans l’Yonne, viennent depuis les années 2000 de Chine ou d’Inde. La filiale d’Unilever qui fabrique les thés Lipton et Eléphant possédait deux unités de production en France. Après la fermeture de l’usine du Havre en 1998, Unilever décide en septembre 2010 de fermer l’usine Fralib de Gémenos, qui emploie 182 personnes, et de transférer la production en Pologne. L’usine, parfaitement rentable, consacrait les deux tiers de ses bénéfices aux actionnaires. Les salariés et leurs organisations syndicales lancent alors une campagne de boycottage ciblé , décident d’occuper l’usine pour le maintien de l’activité (et des revenus des actionnaires?) En mai 2014, après l’annulation par trois fois de son plan social et 1.336 jours d’occupation de l’usine, Unilever conserve la marque mais cède les machines pour un euro et finance la création d’une SCOP. 

De son côté, le géant américain Johnson & Johnson a décidé d’aller plus loin.

Cette semaine, il a interdit la vente de substances éclaircissantes conçues pour l’Asie et le Moyen-Orient. « Le débat des dernières semaines a mis en évidence le fait que certains noms ou promesses figurant sur nos produits Neutrogena et Clean & Clear visant à réduire les taches représentaient la blancheur ou la clarté comme étant meilleures que votre teint, unique », déplore le groupe dans un communiqué cité par la radio publique américaine NPR et le New York Times. « Cela n’a jamais été notre intention : une peau en bonne santé, c’est ça, une belle peau », ajoute Johnson & Johnson, en annonçant la fin de ses lignes Neutrogena Fine Fairness et Clear Fairness by Clean & Clear. 
Après le communiqué de L’Oréal, certains, en France, se sont interrogés sur la décision de supprimer des mots sur des emballages sans toutefois remettre en question l’existence même de ces produits blanchissants. 

Prochaine phase: les Blancs devront se faire pigmenter la peau

Au-delà des cosmétiques, quelques entreprises américaines ont annoncé qu’elles allaient faire disparaître ou modifier leur identité visuelle qui perpétue des stéréotypes raciaux. C’est notamment le cas de Quaker Oats (filiale de PepsiCo), qui va bientôt se débarrasser de sa Tante Jemima, et de Mars, qui dit réfléchir à faire évoluer son célèbre Oncle Ben’s.
Le géant américain des produits d’hygiène et ménagers Colgate-Palmolive a annoncé vouloir « réexaminer » ses dentifrices Darlie vendus en Asie et dont le nom signifie « dentifrice pour personne noire », en chinois. La marque s’appelait, jusqu’en 1989, Darkie, une injure raciale.Mais au-delà d’une image à corriger, les entreprises accusent un retard immense dans la prise en compte de la diversité, notamment au plus haut niveau. D’après un rapport de 2019 du Boston Consulting Group, seuls trois Afro-Américains et 24 femmes sont à la tête des 500 plus grosses sociétés américaines par revenus.
L’information des consommateurs y gagnera-t-elle ?

Lyon : la Gay Pride fera de la provocation dans le bastion de la droite non déviante

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Ils crient «victoire : la marche des fiertés LGBTI passera enfin dans le Vieux-Lyon !»

Association lyonnaise qui organise le défilé annuel de la communauté homosexuelle, bisexuelle, transgenre et intersexe dans la ville de Gérard Collomb, la Lesbian and gay pride (LGP), l’a annoncé ce vendredi.

Le 16 juin, jour de La ‘Fête des Pères’, une partie de la déambulation aura bien lieu sur les quais du 5e arrondissement. «Nous sommes heureuses et heureux car c’est une belle victoire pour les défenseur.e.s des libertés publiques», s’est félicitée la LGP, après la réunion organisée le 6 juin par la préfecture du Rhône avec les différents acteurs concernés par l’événement et avec le soutien du tribunal administratif de Lyon : le tribunal administratif a en effet décidé qu’il y avait eu une «erreur d’appréciation» et a réclamé l’annulation de l’interdiction partielle décrétée par la préfecture l’année dernière, imposant un parcours différent de celui déclaré par la LGP.

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Collomb, sénateur-maire « gay-friendly » de Lyon

Le 30 mai, le tribunal administratif de Lyon avait pourtant décidé de ne pas suivre l’avis du rapporteur public réclamant l’annulation de l’interdiction partielle décrétée par la préfecture l’année dernière. Depuis quatre ans, c’est elle qui a ménagé les convictions des uns et le défi de la LGP. «Nous pensions que la préfecture allait s’appuyer sur cette décision pour refuser une fois de plus» que le défilé se rende sur la rive droite de la Saône, a expliqué David Souvestre, le président de la LGP : «Nous avions préparé plusieurs trajets pour parer leurs arguments, mais nous n’avons même pas eu le temps de les présenter; ils nous ont eux-mêmes proposé un passage dans le Vieux-Lyon, ils ont compris l’importance que cela avait.» un compromis à été trouvé : l’étape sera plus courte que celle souhaitée par la LGP. «Le sens politique d’y manifester est plus fort que la longueur du trajet», s’est réjoui l’association, confiante en l’avenir.

Cette décision fait date et c’est une étape vers la suppression de la dernière sanctuarisation

Résultat de recherche d'images pour Aucune manifestation LGBTI n’avait encore investi ce quartier de la capitale des Gaules depuis 2010. Au centre du bras de fer avec les autorités, la question de l’ordre public: il avait été jusqu’ici jugé inutile d’aller provoquer les sensibilités tout aussi respectables mais pourtant stigmatisée du qualificatif d’extrême droite, du centre historique où ont fleuri des affiches explicites «Pas de défilé par les enfilés», un slogan éculé, déjà repéré en 2000….

Résultat de recherche d'images pour «Le Vieux-Lyon ne doit plus être […] livré à ces groupuscules […], objecte la LGP triomphante. Nous manifesterons de manière festive, revendicative et pacifiquement […] pour dénoncer tous ces actes homophobes, sexistes, racistes et xénophobes et réaffirmer avec détermination que ce quartier ne leur appartient pas.»

Le mot d’ordre de cette 23e marche : «PMA sans conditions, l’égalité n’attend plus.»

La LGBTI « no border » non plus.

 

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