Manifestation de retraités : quand la presse gouvernementale instrumentalise les internautes

Troisième descente dans la rue: Macron met les seniors à rude épreuve.

blog -retraites defendent leurs pensions ds la rue-juin2018.jpg« Certains trouvent que ce comportement est exagéré, » selon Le Figaro. « Et de trois ! » écrit, railleur, mais tout respect gardé, ce quotidien de centre droit, apprécié des personnes âgées. Mais Le Figaro est moins à l’écoute de son lectorat que du pouvoir. 

Les retraités manifestent ce jeudi 14 juin à l’appel de neuf syndicats (CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR-FP, LSR, Ensemble & Solidaires-UNRPA) en France. Après une première mobilisation le 28 septembre et une seconde le 15 mars, ils protestent contre le gel des pensions, la suppression de la demi-part des veuves, le décalage de la revalorisation des retraites pour augmenter le minimum vieillesse… Leurs griefs ne manquent pas et leur détermination à ne pas se laisser pourrir leurs dernières années surprend le président Macron qui pourtant partage sa vie avec une retraitée de 65 ans. Sans doute n’est-elle pas représentative de sa catégorie : Brigitte Trogneux est issue d’une famille aisée de chocolatiers amiénois. Elle a affirmé, en août 2017, souhaiter « lutter contre les exclusions, notamment ce qui touche au handicap, à l’éducation et à la maladie », mais, à en juger par ses tenues improbables, sa peur du grand âge semble  voiler son regard sur la vieillesse.

Le Figaro a fait en sorte de trouver des retraités qui trouveraient que les retraités doivent faire un minimum d’efforts. 

Le quotidien n’est pas allé loin pour faire son marché : il a pioché parmi les hébergés de son « plus.lefigaro.fr »… Sont-ils représentatifs de l’ensemble des retraités ?

«Les retraités actuels ont bénéficié de tout» <br>Merou, retraité, est affligé par cette manifestation : «Ma génération voit tout ce qu’ils n’ont pas, mais pas ce qu’ils ont. Qu’ils arrêtent de pleurer sur leur sort. Ceux nés avant 1950, pour une grande majorité [il a ses propres statistiques], ne sont pas les plus à plaindre. Un petit effort de notre part ne me semble pas injustifié au regard de la situation de notre descendance.» Fait-il allusion aux ‘Trente glorieuses’ ?<br>Pour Lo, dont on aimerait voir la tête, «c’est normal que les retraités passent à la caisse ! Ils ont bénéficié de tout.»<br>Pour Chris R, c’est «de l’indécence. Personne pour leur expliquer que les générations suivantes cotisent des montants plus élevés pendant plus longtemps pour une retraite plus faible?» <br>Pilet, lui, y voit «une justice fiscale car il est logique que le taux de CSG des retraités soit aligné sur le taux de CSG des salariés».

«Il est important de descendre dans la rue pour se faire entendre»

Yves assure qu’il «manifestera car il est injuste de supprimer les pensions de réversion, surtout en faveur des femmes qui ont dû cesser de travailler pour élever leurs enfants.» Selon Auzarmes, défaitiste (!), il est «important de descendre dans la rue pour se faire entendre. Cependant, c’est peine perdue car Emmanuel Macron ne lâchera rien». 

JPR assure de son côté que «nous serons peut-être peu dans la rue, mais nous serons des millions dans les urnes la prochaine fois». <br>Enfin, pour Colette,«l’augmentation de la TVA aurait été plus équitable car je supporterais mieux cette réforme si ça ne partait pas dans un puits sans fond. Que Macron engage vraiment un chantier d’amélioration des dépenses publiques et je serai d’accord pour participer à l’effort demandé!». Mais Macron éprouve l’impérieuse urgence de renouveller les moeurs politiques la vaisselle de l’Elysée, se déplace en jet présidentiel pour faire quelque 100 kms (avec l’onction de journalistes de Paris Match et de BFMTV qui approuvent que ne soit pas simplement mobilisé un hélicoptère en cas de nécessité d’exfiltration face à la contestation populaire ! ) 

Et ça, ça fait un article à valeur déontologiquement informative ?  

Mamoudou Gassama refuse d’être un phénomène de foire pour Ruquier

Le héros refuse l’épreuve d’un passage à ‘On n’est pas couché’

Mamoudou Gassama se dérobe.

blog -Gassama Mamoudou assis ElyseeSon entourage craint que la performance du jeune Malien soit assombrie par plusieurs zones d’ombre sur les circonstances et le met à l’abri de la polémique sur une possible instrumentalisation politicienne de ses aptitudes physiques.

Consacré héros depuis son sauvetage d’un bébé qui se serait rattrapé dans sa chute à la rembarde du balcon de l’étage inférieur, restant suspendu à un balcon, pendant quatre minutes, il ne donne pas suite à l’invitation d’On n’est pas couché (ONPC).

Il a pourtant fait le tour des plateaux, de Quotidien à Touche pas à mon poste ! en passant par C à vous… mais il n’ira pas sur celui d’On n’est pas couché ! Plus dangereux que l’escalade d’une façade à mains nues.

Mamoudou Gassama, jeune Malien de 22 ans devenu en quelques heures un héros après avoir escaladé quatre étages d’un immeuble du 18e arrondissement de Paris par la façade et secourir le bébé, avec une sidérante aisance.

Le héros est fatigué : il évitera les réponses aux questions embarrassantes que les réseaux sociaux se posent.

Laurent Ruquier et ses chroniqueurs resteront sur leur faim. Mais surtout ceux qui soupçonnent un montage politicien à la veille du démantèlement du camp insalubre de migrants clansestins de La Villette.

Dans un portrait que consacre Libération au sauveteur comparé à Spiderman, on apprend que l’entourage de Mamoudou Gassama a effectivement fait barrage pour qu’il n’aille pas s’installer dans le fauteuil face à Christine Angot et Yann Moix. Certains auraient aimer savoir que ce n’est pas l’exécutif qui craint un aveu ou deux du jeune travailleur au noir.

Pour Djeneba Keita, adjointe au maire de Montreuil où réside Mamoudou Gassama, « il n’est pas prêt et il n’est pas là pour ça. On lui demande d’avoir des avis, de prendre position sur la politique d’immigration de Macron, mais ce n’est pas son rôle« .

Un refus qui aurait mis la productrice de l’émission dans une colère noire.

Catherine Barma, la productrice d’ONPC, ne comprend pas comment ce jeune Malien peut oser lui opposer une fin de non-recevoir.
Mamoudou Gassama s’est rendu sur tous les plateaux de télévision parisiens, sauf le sien. En effet, lundi, le jeune homme a connu une véritable journée marathon.

Emmanuel Macron a mis le grappin sur le jeune clandestin en situation de faiblesse, le matin. Il s’est rendu le soir sur les plateaux de C à vous, sur LCI, à Quotidien et TPMP. La guerre fût d’ailleurs rude entre les différents talk-shows et toutes les méthodes furent bonnes pour tenter de l’avoir en premier.

Selon Libération, les chauffeurs de moto taxis chargés de conduire Mamoudou Gassama se sont presque battus pour qu’il aille d’abord à Quotidien plutôt qu’à Touche pas à mon poste ! et vice-versa…

Une anecdote visant à détourner l’attention du fond du problème. Pourquoi un adulte dans la force de l’âge participe-t-il à la mise en scène depuis l’appartement voisin sans intervenir efficacement : rôle d’appoint laissant la vedette au migrant idéal.

Macron critiqué pour la naturalisation de Mamoudou Gassama

Une « récupération éhontée » dénoncée par les associations

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Le Mali ne revendique pas l’héroïsme de son ressortissant, mais des associations se sentent …dépouillées !

« Reconnaissance » envers un « héros » ou « hypocrisie » politique ? La promesse de naturalisation française émise par Emmanuel Macron au Malien ayant sauvé la vie d’un enfant a été dénoncée par les associations d’aide aux migrants comme une « récupération » masquant mal « la dureté » de sa politique migratoire. « On a un sentiment général de récupération politique éhontée » et « d’utilisation d’un fait divers pour faire de la communication et de l’affichage« , a affirmé Jean-Claude Mas, le secrétaire général de la Cimade.

Un valeureux monte-en-l’air

Mamoudou Gassama, migrant malien de 22 ans arrivé clandestinement en France en septembre, s’est vu promettre une naturalisation expresse par le chef de l’Etat lors d’une rencontre lundi à l’Elysée. M. Gassama avait escaladé samedi la façade d’un immeuble parisien et sauvé un garçon de quatre ans suspendu à un balcon dans le vide. Un acte manifeste de bravoure, mais qui interpelle sur les circonstances exactes. 

Des associations polémiquent 

Si elles se félicitent de l’avenir qui s’éclaircit désormais pour le jeune clandestin, les associations n’en oublient pas pour autant le tour de vis sur l’immigration, selon elles, initié par le chef de l’État, qui avait fixé le cap dès septembre en estimant que « nous reconduisons beaucoup trop peu« « C’est une façon de donner le change et des gages, pour compenser une politique endurcie sur le contrôle, le tri et la reconduite à la frontière« , estime Jean-Claude Mas. Mais « cela pose beaucoup de questions quand on sait ce que fait ce gouvernement« , a-t-il insinué, évoquant le sort des migrants en situation irrégulière « pourchassés, maintenus dans la précarité, non-reconnus dans leurs droits ».

En octobre, Emmanuel Macron avait souhaité « que nous reconduisions de manière intraitable celles et ceux qui n’ont pas de titre » de séjour, ce qui englobe potentiellement une population nombreuse, le nombre de sans-papiers ayant récemment été estimé à 300.000 par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.

Or, ces sans-papiers jouent un rôle crucial dans des secteurs comme l’hôtellerie ou le bâtiment notamment, estiment les associations. Mamoudou Gassama travaillait d’ailleurs « au noir dans le bâtiment », avoue son frère.

Le « camp du bien » se sent floué

Y a-t-il « une part d’hypocrisie ou de cynisme » dans le geste du chef de l’Etat, s’interroge Claire Rodier du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), en dénonçant « le contraste » avec une « politique répressive » qui « broie des dizaines de milliers de personnes ».

L’acte de bravoure du jeune Malien intervient quelques jours avant la présentation mercredi 30 en Commission des lois du Sénat du projet de loi sur l’asile et l’immigration, très contesté par les associations pour le durcissement de l’accès à la procédure d’asile et l’allongement de la rétention. Le texte avait donné lieu à des débats homériques à l’Assemblée. 

Ce fait en date du samedi 26 a été largement médiatisé comme il se doit, avec cette réserve que le président Macron s’est quelque peu précipité pour se porter sur le-devant de la scène en invitant le jeune héros à l’Elysée : la rencontre devait avoir lieu lundi 28 dans la plus grande discrétion, deux jours plus tard (avant que l’enquête ait même permis d’en savoir plus sur les faits et les protagonistes), mais les caméras de la presse étaient présentes…
Ensuite, mais probablement pas enfin, le gouvernement a déclenché une vaste opération d’évacuation de migrants clandestins mercredi 30 au petit matin. Un agenda et un tempo qui posent la question d’un possible montage politico- médiatique d’envergure tendant à démontrer que si Collomb est une « brute », Macron serait un « tendre ».

Lors de sa rencontre avec le jeune homme, visiblement dépassé par le tourbillon politique et médiatique suscité par son agilité à grimper à une façade d’immeuble, Emmanuel Macron a affirmé: « Vous êtes devenu un exemple car des millions de gens vous ont vu. C’est normal que la nation soit reconnaissante ». Mais il s’agit là d’une « décision exceptionnelle », a-t-il commenté. De l’importance d’être vu…

Le président s’ « achète à bon compte une image de bienveillance », s’agace Claire Rodier. Les critiques étaient également indignées sur les réseaux sociaux et dans la classe politique, le mouvement Génération.s de Benoît Hamon parlant de « sommet d’hypocrisie« , tandis que la sénatrice écologiste franco-turco-israélienne et antisioniste Esther Benbassa parlait de « com à l’état pur ».

Cet éloge d’un acte héroïque par un migrant malien, passé par la Libye et l’Italie, contribuera-t-il à apaiser le débat sur la question clandestin et travailleur au noir qui fait l’objet de nombreuses crispations? Claire Rodier n’hésite pas à occulter les actes de violences physiques et les abus sexuels, ainsi que les menaces sur l’ordre public, comme les risques sanitaires pour les riverains liés aux regroupements d’hommes clandestins organisés par les associations, rappelant que « ce n’est pas la première fois » que l’on assiste à ce genre d’histoires « qui se décline avec des variantes »…

Le 9 janvier 2015, Lassana Bathily, un demandeur d’asile malien, avait été naturalisé pour son ralliement au camp des habitués de l’HyperCacher qui l’employait, et avait caché une quinzaine de clients, dont un enfant et un nourrisson, dans le congélateur situé au sous-sol, lors de la prise d’otage djihadiste. Deux mois plus tard, Armando Curri, un Albanais de 19 ans désigné meilleur apprenti menuisier de France, avait été régularisé in extremis pour aller chercher sa décoration au Sénat. « A chaque fois, cela n’a pas déclenché un processus changeant le regard sur les sans-papiers« , raconte la responsable du Gisti. En octobre 2015, quand des orages violents s’abattirent sur les Alpes-Maritimes, notamment à Vallauris, près de Cannes, un employé au noir du BTP, Nizar Hasnaoui, un Tunisien en situation irrégulière, sauva sous ses fenêtres quatre personnes prisonnières de leurs voitures bloquées par les pluies torrentielles, et avec un ami,  les accueillit chez lui en attendant les secours. Onze mois plus tard, en septembre 2016, Nizar Hasnaoui obtint des papiers en règles.

« Humanitaire », mais partisane, la responsable du Gisti ne veut pas entendre parler de l’agression au couteau qui, quatorze jours plus tôt, le samedi 12 mai, a fait deux morts et quatre personnes blessées à Paris, du fait d’un migrant Tchétchène, criant ‘Allah Akbar’.

On a en avait beaucoup fait pour Théo. 
69832fb71079b77d969fd77b06fb0Le président Hollande avait trouvé le temps d’aller à son chevet, car on le disait outrageusement blessé, avec pénétration, par un policier à Bobigny. Son Premier ministre avait trouvé le temps de recevoir des soutiens de Théo. A-t-il reçu des membres du comité de soutien à Marin ?

marin2Marin, 20 ans, avait été frappé à mort sur le crâne à coups de béquilles pour avoir défendu un couple qui s’embrassait.  Aujourd’hui, au bout de trois semaines, il est sorti du coma, mais chaque effort lui demande une énergie considérable et ses nombreuses lésions annoncent une rééducation longue et compliquée. La presse parle peu de cette tragédie et de la page Facebook qui lui est consacrée :  « jesoutiensmarin ». Les journalistes qualifient ses agresseurs barbares de « jeunes »ou de « racailles » ordinaires. Les humanitaires de la Cimade et du Gisti ont-ils eu une pensée pour la courageuse victime ? Ce héros a pour seul défaut d’être originaire de Lyon.

L’acte héroïque d’un africain récupéré pour la défense des migrants clandestins

Mamoudou Gassama, l’homme qui a escaladé un immeuble pour sauver un enfant, est un Malien sans papier 

Et ça change tout ? 

Le jeune homme de 22 ans qui a sauvé, samedi soir, un enfant de quatre ans suspendu dans le vide au 4e étage d’un immeuble du 18e arrondissement de Paris, se nomme Mamoudou Gassama et vit à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Il est aujourd’hui célébré par le monde politique et les media, mais si l’opinion est admirative, c’est de son acte de bravoure.

Résultat de recherche d'images pour "ian brossat"Or, pour les communicants de la gauche auto-proclamée « humaniste », l’important est de faire d’un cas particulier un phénomène général.  Ainsi, dès ce dimanche 27 mai, le frêle adjoint PCF à la maire PS de Paris, ci-contre, chargé du logement, de l’habitat durable et de l’hébergement d’urgence, Ian Brossat,  retient-il avant tout que le  jeune sauveur est un sans papier et qu’il est originaire du Mali. Tout à coup, le politicien ne craint plus les amalgames… Tous les Maliens clandestins sont des héros…

Résultat de recherche d'images pour « Le jeune homme qui a sauvé un bébé rue Marx-Dormoy en escaladant trois étages est sans papier arrivé du Mali en Septembre. Avis à ceux qui crachent sur les migrants à longueur de journée. Merci Mamoudou Gassama », a tweeté l’adjoint PCF à la maire de Paris, en charge du logement.

Et l’élu populiste d’insister dans un second tweet. « Il m’a expliqué être arrivé du Mali il y a quelques mois en rêvant de construire sa vie ici. Je lui ai répondu que son geste héroïque est un exemple pour tous les citoyens et que la Ville de Paris aura évidemment à cœur de le soutenir dans ses démarches pour s’établir en France ».

Un peu avant, Anne Hidalgo s’était empressée de féliciter le jeune homme.

« Un grand bravo à Mamoudou Gassama pour son acte de bravoure qui a permis de sauver hier soir la vie d’un enfant. J’ai eu plaisir à m’entretenir avec lui aujourd’hui par téléphone, afin de le remercier chaleureusement », a réagi sur Twitter, la maire absente.

Le héros n’a rien demandé pour lui, ni médaille, ni papiers

Félicité par de nombreux media pour son héroïsme, Mamoudou Gassama est désintéressé. Il a raconté à BFMTV avoir « vu beaucoup de monde en train de crier, et des voitures qui klaxonnaient« . « Je suis sorti, j’ai couru pour regarder les solutions pour le sauver. J’ai réussi à attraper le balcon, je suis monté comme ça et Dieu merci, je l’ai sauvé« , a-t-il encore réagi, en toute simplicité.

Les faits se sont déroulés dans le XVIIIe arrondissement vers 20h.

blog -Malien sauve enfant en escaladant facade immeuble Paris18-27mai2018.JPGLa scène, impressionnante, où l’on voit le jeune homme escalader à mains nues et en 30 secondes environ quatre balcons de la façade de l’immeuble jusqu’au 4e étage, pour récupérer l’enfant qui se trouvait suspendu par une main, dans le vide, à l’extérieur du balcon, a été filmée par des passants stupéfaits.

A la suite de ce sauvetage, le père de l’enfant a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête ouverte du chef de « soustraction à une obligation parentale« , qui a été confiée à la brigade de protection des mineurs, a-t-on précisé de source judiciaire.

Ian Brossat a-t-il fait de la récupération, avec la même insistance et le même empressement, lorsqu’un autre héros, le colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, a donné sa vie pour sauver celle d’une employée du Super U de Trèbes, prise en otage au cours de l’attaque terroriste islamiste du 23 mars 2018.  L’assassin, qui s’est lui-même revendiqué de Daech, était un terroriste islamiste, Redouane Lakdim, et ce Franco-marocain né au Maroc a semé la terreur aux abords de Carcassonne, Aude, tuant trois personnes.

Scandale d’Etat: Guéant dénonce les fuites venant de l’Elysée dans l’affaire Tapie

Instrumentalisation d’une justice indépendante ou justice politique?

L’ex-ministre accuse la présidence socialiste d’organiser les fuites
 

instrumentalisées pour salir le camp Sarkozy aujourd’hui.

Entendu par la Brigade financière en garde à vue trois jours, entre lundi et mercredi, dans le cadre de l’affaire Tapie, Claude Guéant a dénoncé  « un scandale d’État » dimanche 1er juin sur Europe 1, accusant l’Élysée d’instrumentaliser la justice.
Durant la garde à vue, les policiers « m’ont produit des archives qui appartiennent à Nicolas Sarkozy, données par la présidence actuelle », a indiqué l’ancien ministre de l’Intérieur. « Il est tout à fait anormal que la présidence d’aujourd’hui livre des archives du précédent président », a-t-il déclaré, rappelant que « les archives appartiennent à la personne qui en est détenteur ou aux archives nationales ».
 
Une source « proche du dossier« , mais néanmoins anonyme, soutient que ce seraient les juges d’instruction qui auraient demandé à l’Élysée, en mars 2013, de leur envoyer « tous documents » conservés à la présidence de la République en lien avec le litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais. 
VOIR et ENTENDRE la mise en cause des services de l’Elysée par Claude Guéant:
 
Toujours selon la même source, l’Élysée répondait en avril 2013 que concernant Claude Guéant, son « fonds d’archives papier » n’avait pas été versé aux Archives nationales et qu’il n’en avait pas été trouvé trace à la présidence de la République. En clair, que les archives du plus proche collaborateur de Nicolas Sarkozy à l’Elysée avaient disparu.
Les trois juges financiers chargés du dossier Tapie enquêtent sur les conditions dans lesquelles les pouvoirs publics avaient utilisé leur droit, en 2007, de recourir à un tribunal arbitral plutôt qu’à la justice ordinaire pour mettre un terme au conflit entre l’hommes d’affaires et le Crédit Lyonnais sur la vente d’Adidas dans les années 90. Ils soupçonnent que cette décision a été motivée par une volonté de favoriser Tapie, alors que la Cour de cassation avait cassé en 2006 une décision de la Cour d’Appel de Paris lui octroyant 135 millions d’euros de dommages et intérêts.
Concernant l’arbitrage, Claude Guéant s’est borné à répéter qu’il avait été rendu « en conformité » et que Bernard tapie a bien été « lésé » dans le conflit qui l’opposait au Crédit lyonnais. « Nous étions tous favorables à cet arbitrage« , a-t-il précisé, estimant que « soupçonner, émettre l’idée, que le gouvernement, l’Elysée, aient pu tremper dans un arbitrage truqué est monstrueux ».
Cinq protagonistes (voir ci-dessous) sont mis en examen pour « escroquerie en bande organisée »: l’homme d’affaires lui-même; son avocat Maurice Lantourne; l’un des juges arbitres, Pierre Estoup; l’ancien patron du CDR, l’organe chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais, Jean-Pierre Rocchi; et l’ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, qui a conservé la confiance du FMI qu’elle dirige, et Stéphane Richard.
Un régime policier consacré aux politiques et négligeant les djihadistes ?
« Je suis venu pour parler d' »un scandale d’État », a dit Claude Guéant. « Nous savons aujourd’hui, qu’il y a au sein de l’État, une organisation qui est faite à coup de violation du secret de l’instruction et de l’enquête et à coup d’instrumentalisation de la justice pour dénigrer et détruire Nicolas Sarkozy et ses principaux collaborateurs », a dénoncé Claude Guéant au micro d’Europe 1.
 
Claude Guéant a indiqué avoir « quelques idées à titre personnel » de qui pourrait être à la manœuvre mais s’est refusé à en dire davantage. Assurant « savoir des choses », il a dit avoir « la certitude que quand je voyage à l’étranger la DGSE m’observe ».
 
L’ancien ministre de l’Intérieur de 2011 à 2012, avait été placé en garde à vue lundi à la Brigade financière, où il était retourné mardi, puis mercredi après des suspensions. Il s’agissait du deuxième placement en garde à vue de l’ancien ministre, déjà soumis à cette mesure fin 2013 dans l’affaire des primes en liquide quand il dirigeait le cabinet de Nicolas Sarkozy place Beauvau. Harcèlement « normal »?
 
Après trois jours d’interrogatoires, l’ancien secrétaire général de l’Élysée est ressorti mercredi sans être déféré devant les juges d’instruction.