Yassine Belattar s’estime « plus français » que Manuel Valls

Nommer l’humoriste au ‘Conseil présidentiel des villes’ est une « faute » et une « faiblesse » de Macron, dénonce l’ancien premier ministre.

Marianne et Belattar : la fabrication d'un ennemi

Souvent controversé et parfois attaqué, l’humoriste Yassine Belattar est notamment considéré comme un infiltré par certains militants de la laïcité dénonçant sa proximité avec l’islam politique. En 2015, il accepta en effet d’animer le gala du CCIF, tout en prétendant venir « en tant que républicain et non en tant que musulman », bien que ce ‘Collectif contre l’islamophobie en France’ soit l’objet de critiques sur sa proximité avec des islamistes (dont les Frères musulmans) ou sur l’instauration d’une approche de concurrence victimaire. Au mois de mars dernier, Manuel Valls avait d’ailleurs réagi à la nomination de Yassine Belattar au Conseil présidentiel des villes par Emmanuel Macron.  

blog -Belattar Y

Dans son édition du 14 décembre, l’hebdomadaire Marianne a diffusé un article mettant en garde contre l’humoriste engagé, et ses semblables que le microcosme sort du néant pour servir d’alibi politique. Mais tel est pris qui croyait prendre, car le comique est plus retors que la moyenne des saltimbanques du rire. On commence à l’accuser d’attenter au modèle républicain et laïc. On ne l’avait pas pris au sérieux, mais Marianne ne s’est pas laissé tromper : son discours est chargé  en  « déni de l’islamisme », » discours sur «les Blancs» et les autres »… Présenté comme « shooté au néoracisme » (celui des « pétitions d’intellos fourvoyés » et des « ateliers pour ‘racisés’ « ), il est pour le magazine un « Houria Bouteldja en bouffonne »« le PIR [Parti des indigènes de la république (« anti-impérialiste et antisioniste »), dont Bouteldja est la porte-parole] en pitre. » 

Des accusations qui ont poussé dans un nouvel affrontement du Franco-marocain né dans les Yvelines avec l’ancien Premier ministre, les deux hommes s’invectivant régulièrement  lors d’apparitions médiatiques. Et c’est ainsi qu’à peine interrogé sur cette dispute par Thierry Ardisson sur le plateau de « Salut les Terriens! », Yassine Belattar a remis une pièce dans la boîte à claques.

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 « Le plus français de nous deux c’est moi: je suis né à Conflans-Sainte-Honorine et je n’ai connu que la France, lui est arrivé en France à 18 ans et ne savait même pas conjuguer le verbe être », a lancé Yassine Belattar, déclenchant les rires de l’animateur et du plateau.

Quant à la formule sur la « faute » et le « signe de faiblesse », celui qui est aussi présentateur sur Radio Nova a là encore préféré verser dans la xénophobie, glissant avec malice: « C’est pas grave, les Espagnols sont comme ça… »

« Quand Valls veut m’emmener dans un mano a mano, c’est lui le toréador, moi je ne suis pas le taureau. Il est tout seul. »

Et de terminer avec une nouvelle blague de stand-up, dans le style de Jamel Debbouze, autre comique ambigu  : « Je voulais dire à Manuel Valls que je suis plus proche des frères Bogdanov que des frères musulmans.« 

L’intégralité du passage de Yassine Belattar dans SLT:

A voir également sur Le HuffPost

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VOIR et ENTENDRE aussi son échange avec David Pujadas sur le thème du terrorisme :<center>
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« Charlie Hebdo, c’est pas mes copains. Qu’ils crèvent ! » Guy Bedos a été exaucé…

Sombre idiot, Guy Bedos regrette en évoquant le contexte.

Cette agression verbale avait consterné les amis de ce clown triste, tout comme les provocateurs de Charlie Hebdo.
Bizarrement, ces voeux de mort de fin 2012 avaient été étouffés par la presse pourtant si prompte à buzzer, mais le massacre de 12 personnes par des djihadistes dans les locaux du journal, le 7 janvier 2015, a fait soudain ressortir et l’offense et son caractère odieux.

Le 19 septembre 2012, une vive polémique naît à la suite de la publication de caricatures du prophète Mahomet, en pleine polémique causée par la diffusion du film L’Innocence des musulmans, avec la volonté délibérée, donc, de jeter de l’huile sur le feu. Des instances religieuses tels que le Conseil français du culte musulman (CFCM) ou encore le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) les avaient condamnées. Certains dirigeants politiques aussi, avec parfois l’ambiguïté d’un Jean-Marc Ayrault, premier ministre socialiste qui rappela à la fois que « la liberté d’expression constitue l’un des principes fondamentaux de la République» et que « sa désapprobation face à tout excès» n’a pas faibli.

Interrogé par Varmatin.com, l’humoriste avait exprimé son ras-le-bol de l’équipe de Charlie à propos de la publication à caractère provoquant de caricatures de Mahomet.


Elles constituaient une récidive à la publication en France en 2006 d’une série… danoise par douze dessinateurs parue le 30 septembre 2005 dans le quotidien danois Jyllands-Posten : elles avaient produit l’effet escompté pour les finances du journal satirique, enflammant la France et bien au-delà.
« Charlie Hebdo, ce n’est pas mes copains ! » avait alors lançé Bedos en 2012, avec véhémence. « Qu’ils crèvent ! Ils ont pris des risques sur la peau des autres, et en plus, ce n’est pas drôle… »

VOIR et ENTENDRE l’imbécile heureux de 78 ans en 2012:

Bedos explique que c’était leur manière de se parler, une façon un peu trop directe, certes, mais sans penser à mal ! « C’était le langage de Charlie , le mien… On se disait des horreurs, mais on était copains et on pouvait boire un coup juste après. »

La crise de Bedos avait de multiples raisons

L’une d’entre elles est le départ de Siné de Charlie hebdo qui l’avait brouillé avec l’équipe en 2012: l’humoriste confus et le journal anarcho-révolutionnaire n’étaient plus sur la même longueur d’onde : Bedos ne se reconnaissait plus dans l’humour antisémite de Charlie Hebdo, déplorant notamment le licenciement du dessinateur Siné, un vieil ami qui provoqua un psychodrame dans le petit milieu libertaire. En 1982, la LICRA avait pourtant accusé Siné d’incitation à la haine raciale pour des propos jugés antisémites. Les relations des deux hommes se distendirent donc avec Cabu et Wolinski, des anti-sionistes et pro-palestiniens avérés.

« Depuis que Reiser est mort, depuis que Siné n’est plus là, ils ne me font pas rire », se justifie Guy Bedos dans Varmatin.com. L’humoriste n’accepte pas non plus la trahison, à ses yeux, de Philippe Val, qui a dirigé le journal pendant des années avant de rejoindre l’équipe de Radio France au côté de Jean-Luc Hees. « Je n’ai pas de leçon d’insolence à recevoir de gens qui se sont couchés, poursuit le comique. Notamment Philippe Val, qui s’est couché devant Nicolas Sarkozy pour devenir directeur de France Inter. Dans la résistance, on n’aurait pas été dans le même réseau. »

blog -Bedos G-clown tristeLe clown se repent

Bedos estime aujourd’hui que les brouilles de 2012 sont une vieille histoire.Il parle d’éthique et se dit profondément affecté par les assassinats islamistes de ceux qu’ils considéraient comme faisant partie de « sa famille« , celle qui prône la liberté d’expression. A tel point qu’il n’avait pas envie de s’épancher, après le drame, à la télé ou à la radio. « Je pleu­rais comme un gosse de douze ans, avoue-t-il. Ça m’a boule­versé. Je le suis toujours et je n’avais pas envie d’aller me montrer…« 

Et puis l’humoriste est encore subitement revenu sur ses propos cette semaine, en déplorant qu’on ait pu le soupçonner de vouloir vraiment la peau de la rédaction du journal satirique.

Les provocateurs pardonnent aux tireurs et aux humoristes

« Je regrette d’avoir dit ça, évidemment, a-t-il reconnu sur BFM TV. Mais ça n’a pas le sens qu’on veut lui donner aujourd’hui. Qu’ils crèvent ! Ah bon !? J’aurais pensé ça ? Pas du tout, ça voulait dire qu’ils aillent se faire foutre ! » Une expression malheureuse, donc, lancée sans arrière-pensée pour signifier qu’il n’avait plus rien à leur dire à cette époque. A 80 ans, Guy Bedos n’a toujours pas trouvé équilibre et sérénité.