Le report du « plan pauvreté » n’améliore pas les affaires de Macron

Les députés de Macron ne sont pas les seuls amateurs, l’exécutif aussi 

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Les clandestins ont faim

La décision du gouvernement de reporter a suscité une vague de critiques de l’opposition, qui a dénoncé « le cynisme » et le sens des priorités de l’exécutif. Les pauvres du président des (très) riches » devront attendre la rentrée pour la présentation du plan pauvreté, initialement prévue pour début juillet. Combien encore pour sa mise en oeuvre et ses effets ?
Quelques heures après l’annonce du report de la réforme de l’hôpital, l’Elysée a confirmé mercredi que la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté n’était pas au point, après plus d’un an de quinquennat, en raison d’arbitrages encore en cours.
France Inter fait sourire jaune en assurant que cette décision serait liée à un possible télescopage en cas de qualification de la France, vendredi, pour les demi-finales de la Coupe du monde de football….

La vague de critiques ne vient même pas des bancs de la majorité.

Seule l’opposition a dénoncé « le cynisme » et le sens des priorités de l’exécutif.
« On apprend, ce qui est quand même assez consternant, que le plan contre la pauvreté est repoussé parce qu’il n’y a pas de créneau médiatique pour que le président de la République s’exprime et, comme il y a le match de foot, on fera le plan sur la pauvreté en automne« , a grondé le président des Républicains (LR) Laurent Wauquiez sur CNews jeudi matin.
« J’ose l’espérer [qu’il y a une autre raison] parce que c’est tellement représentatif de ce tout-communication qui s’est installé« , a-t-il ajouté.

La veille, lsur Twitter, la porte-parole du principal parti d’opposition, Lydia Guirous, avait dénoncé « le cynisme de Macron ». « Sachant qu’il n’aura aucune visibilité, il préfère sacrifier le dossier fondamental de la pauvreté. La République des inégalités En Marche ! », avait-elle écrit.

Image associéeMême indignation à gauche, notamment dans les rangs de La France insoumise qui a dénoncé le sens des priorités et un « deux poids deux mesures » de la part d’Emmanuel Macron, qui reste perçu par une majorité de l’opinion comme le « président des riches ».
« Même quand il jette des miettes de brioches (photo) sur le passage de son carrosse, les pauvres doivent attendre et attendre ! Pour les milliards des riches, c’est toujours dans l’urgence« , a dénoncé le député LFI François Ruffin sur Twitter.

« ‘Panem et circenses’. Du pain et des jeux suffisaient à tenir le peuple selon les empereurs romains. Emmanuel Macron a tranché : le pain attendra« , a abondé Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération.s et candidat malheureux du Parti socialiste à l’élection présidentielle.

Au Secours Catholique, l’heure est aux interrogations. « Tout était prêt. Je ne sais pas quelles sont les raisons de ce report », a dit sa présidente, Véronique Fayet, sur RCF. « La pauvreté n’attend pas : il y a des mesures à prendre d’urgence ».
Mercredi matin, avant l’annonce du report, le Secours Catholique avait fait savoir qu’il attendait « un vrai choc de participation pour que les plus pauvres soient vraiment entendus et associés aux politiques publiques. »

En France, le taux de pauvreté est passé de 14,2% en 2015 à 13,9% en 2016, selon l’Insee, qui dénombre 8,7 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté monétaire – soit 1.015 euros par mois.

« J’espère que (le plan du gouvernement) sera ambitieux », a dit le secrétaire général de Force ouvrière (FO) Pascal Pavageau sur France Inter jeudi. « L’objectif, (…) c’est que ce soit une victoire pour la redistribution et la solidarité et qu’on passe à une entraide supplémentaire, plus efficiente, pour que ces 14% (de taux de pauvreté) tombent à zéro », a-t-il ajouté.

Le plan pauvreté sera mis en oeuvre « au 1er janvier 2019 comme prévu, » promet Griveaux

 

« La mise en oeuvre » du plan pauvreté n’a pas été décalée d’une seule journée », affirme le porte-parole du gouvernement, après 14 mois de pouvoir, mais il interviendra « au 1er janvier 2019 », a assuré vendredi  Benjamin Griveaux.

blog -migrants-la faim.jpgLe pouvoir d’achat des pauvres est, on le sait, dépendant des résultats de l’équipe de France au Mondial, l’annonce du plan étant initialement attendue le 10 juillet, jour éventuel de la demi-finale des Bleus à laquelle le prince de l’Elysée s’est engagé à assister. Mais son porte-parole a condamné les critiques sur Europe 1 estimant que « si quelqu’un peut sérieusement penser qu’on reporte un plan aussi important en raison du foot, c’est qu’il est dans la polémique« . <br>« Le président de la République veut faire [du plan pauvreté] un temps important à la rentrée« , raconte encore Griveaux et « le temps de la mise en oeuvre sera au 1er janvier 2019 comme prévu », a-t-il prétendu.

Interrogé sur les vraies raisons du report de l’annonce des mesures, il a fait valoir la « concertation importante avec l’ensemble du monde associatif », qui pénalise les pauvres, et le fait que « c’est aussi un sujet de discussion avec les départements, qui ont un rôle important à jouer sur les questions de RSA, d’aide sociale à l’enfance ». Or, aujourd’hui, « on discute âprement avec les départements car ils sont face, eux, à des situations financières difficiles« , a-t-il noté.

Il a trouvé normal le fait que « ce plan (…) prenne quelques semaines supplémentaires pour que l’ensemble des acteurs – le monde associatif, les collectivités locales, l’Etat – soit réellement au rendez-vous de cette bataille contre la pauvreté ».

« L’essentiel, c’est que la mise en oeuvre n’a pas été décalée d’une seule journée, selon lui. C’est ça qui sera dans la vraie vie des vrais gens » qui ne sont rien, a-t-il estimé.

Il ne s’agira pas simplement de mesures d' »ajustement », de « saupoudrage », qui s’attaqueraient « simplement aux symptômes », mais d’un « plan global qui attaque la pauvreté à la racine », a-t-il assuré, pompeusement, en jugeant « évidemment important de poursuivre la lutte contre la pauvreté lorsque celle-ci s’est déclarée », mais aussi « d’empêcher (les gens) de tomber dans la précarité ».

Les associations n’ont pas masqué leur déception, ni retenu leurs critiques sur la « communication désastreuse » du gouvernement.

Le lancement en grande pompe de la concertation remonte à fin 2017 et le plan sera lancé plus d’un année plus tard.

« En même temps », mercredi, la ministre des Solidarités Agnès Buzyn avait déclaré que « nous verrons si l’équipe de France est en demi-finale ou pas », cette dinde évoquant une question de « disponibilité » d’Emmanuel Macron, qui s’est engagé à aller en Russie soutenir les Bleus s’ils arrivaient à ce stade de la compétition.

« Le football n’est évidemment pas la seule raison pour un report. Mais c’est sûr qu’on ne fait pas une annonce de cette ampleur un jour de foot« , avait abondé une source gouvernementale.

La piscine des Macron à Brégançon ne fait grincer que l’opposition, selon le HuffPost

Et ça continue : « Après la polémique sur la vaisselle de l’Elysée, le prétexte était trop tentant, » estime le site socialiste…

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« Le souhait caprice du couple présidentiel de faire installer une piscine hors-sol dans les jardins du fort de Brégançon, où ils passeront cette année leurs vacances d’été, a sans surprise été accueilli par des commentaires grinçants de la part de l’opposition. D’autant que cette initiative, encore à l’étude selon l’Elysée, intervient après une série de polémiques touchant à la politique sociale d’Emmanuel Macron et au train de vie du président de la République.

Déjà désigné comme le « président des ‘très) riches » par ses détracteurs [dont n’est pas le HuffPost], le chef de l’Etat a récemment défrayé la chronique scandalisé en qualifiant le s’attaquant au montant des aides sociales [le qualifiant] de « pognon de dingue« . Dans le même temps, le gouvernement a été contraint de se justifier sur [sa décision d’] une baisse mécanique de la valeur des aides au logement (APL), qui ne sont plus indexées sur l’inflation.

Dans ce contexte chargé, [la majorité présidentielle reste impavide]

L’installation d’une piscine a immédiatement suscité des critiques, à gauche comme à droite. Sur l’antenne de Sud Radio, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a évoqué des « symboles cruels« . Emmanuel Macron « rabote encore les APL et, en même temps, se fait construire une piscine au fort de Brégançon. Sa piscine sera hors-sol comme sa politique« , a-t-il attaqué, reprenant une critique récurrente sur la déconnexion présumée entre l’action de la majorité et les attentes sociales du pays.

Et ceci est Brégançon, vu de haut, toujours .... et sous VGE, en 1979.Dans un communiqué, la section socialiste du Var, département qui accueille le fort de Brégançon, a invité Emmanuel Macron à « aller à la rencontre de tous les Varois qui attendent un logement ». « Le Var a besoin qu’Emmanuel Macron sorte de son château de Brégançon pour découvrir la réalité de notre territoire, pas qu’il réfléchisse à la couleur du Lino de la future piscine présidentielle. »

Côté Les Républicains, c’est la porte-parole du parti, Lydia Guirous qui s’est chargée de porter l’estocade [coup d’épée, dans la mise à mort du taureau…] en rappelant la succession de polémiques qui ont visé le train de vie du président de la République ces dernières semaines. « Le comportement dispendieux du Président choque au moment où il demande toujours plus d’efforts au Français« , s’indigne Lydia Guirous en citant tour à tour la commande d’un nouveau service de vaisselle auprès de la Manufacture de Sèvres pour le palais de l’Elysée ou le recours à un avion Falcon présidentiel pour effectuer le court trajet de 110 kilomètres.

Une piscine, « c’est parce que le Président Coty ne l’avait pas fait? », a ironisé le député France insoumise Bastien Lachaud, en citant un argument brandi par le gouvernement pour justifier le rachat du nouveau service de vaisselle de l’Elysée.

 

Le coût d’une piscine hors-sol de grande taille se situe entre 10.000 et 15.000 euros. [A L’Express, une rédactrice en chef peut en avoir une à 5.000 euros… ] Ce coût, si tant est que le projet voie le jour, devrait être intégré dans l’enveloppe annuelle de 150.000 euros dédiée à l’entretien et la rénovation du fort de Brégançon, résidence de la République. [Car la piscine est un ‘must’ incontournable pour accueillir la famille de madame -enfants et petits-enfants – aux frais de la princesse. En acceptant de louer l’Elysée à Macron, les Français réalisent-ils une promesse du candidat de leur faire prendre en famille les rejetons de Brigitte ?]

Le plus choquant reste le silence complice des ‘godillots’ de la majorité présidentielle

Jupiter est au-dessus des mesquineries de la populace.

Pour l’anecdote, la conseillère presse de Nicolas Sarkozy, Véronique Waché, a souhaité bon courage aux communicants d’Emmanuel Macron, en rappelant qu’en son temps, elle avait dû affronter les foudres de la presse et de l’opposition après l’installation… de deux fours d’un montant de 75.000 euros dans l’avion présidentiel, rebaptisé « Air Sarko One », et devenu le symbole du caractère « bling-bling » du président.

Les parlementaires LREM sont prêts à avaler toutes les couleuvres.
Sont-ils élus pour ça ?

L’envoyé spécial de BFMTV Matthieu Coache raconte ce jeudi 21 juin sur la chaîne télé macronienne : « Alors oui, c’est confirmé, mais dans l’entourage du président, on ne parle pas de « piscine », mais de l’intégration d’un bassin hors-sol ». Il se livre ensuite à un savant « décryptage » : il s’agit « sûrement (d’) une façon de rendre cette piscine le moins glamour possible. »

Le couple Macron en Une de Paris Match, le 11 août 2016
Ils s’étaient exhibés à la faveur de Photoshop, mais ils exigent désormais de l’intimité

Au-delà de la question de l’usage, ou non, du terme « piscine », le journaliste diffuse les autres éléments de langage proposés par l’Elysée pour justifier la construction de la piscine. Sur le fond, il s’agit, explique l’entourage d’Emmanuel Macron, de permettre aux petits enfants de Brigitte Macron de se baigner cet été en toute intimité et sécurité : « La raison principale évoquée, c’est de préserver l’intimité de la famille, en particulier des petits enfants du couple Macron, une famille qui devrait investir ce fort de Brégançon dans les tous premiers jours du mois d’août, pour les vacances », raconte encore l’envoyé spécial de BFM.

Autre bobard : le coût sera limité et sera pris en charge sur le budget de fonctionnement du fort de Brégançon [une résidence d’Etat est pourtant entretenue sur des crédits issus de l’impôt…] ; et si cela ne suffisait pas, « la future boutique souvenirs de l’Elysée pourra(it) servir à financer cette piscine », raconte encore l’entourage d’Emmanuel Macron cité par l’envoyé spécial de BFM.

Et les élu(e)s LREM ne trouvent rien à redire !

 

Divorce Calmels-Wauquiez : Pécresse (LR) refuse d’«entrer dans ces querelles»

La ligne majoritaire garde le cap

blog -Wauquiez Pecresse.jpgAprès un week-end agité chez Les Républicains, ce lundi, les passions s’apaisent.

Damien Abad, vice-président du parti, a jugé « inéluctable » ce limogeage « compte tenu de la semaine que nous avons vécue », a-t-il déclaré sur France Info. Le « principe de loyauté » est « d’autant plus fort qu’on appartient à l’équipe dirigeante », a-t-il souligné.

Valérie Pécresse, la présidente LR de l’Ile-de-France, refuse d’«entrer dans ces querelles», disant vouloir au contraire privilégier «le débat d’idées».

Elle a toutefois renouvelé son regret d’un «rétrécissement» de la droite «depuis six mois» avec l’élection à la tête des Républicains de Laurent Wauquiez, avec 74,64%. Celui qui, de Virginie Calmels, avait dit : « Virginie Calmels a fait un « choix débile » en s’alliant avec Wauquiez, n’était pas favori de Pécresse, mais elle s’affiche aujourd’hui avec Maël de Calan, candidat de Juppé (9,25% des voix) et député recalé dans la 4e circonscription du Finistère (47,86% au second tour des législatives de juin 2017).

«Je me suis inquiétée il y a six mois du rétrécissement de notre famille politique, c’est un danger, une menace pour la droite française, et ce danger, cette menace, existe depuis six mois», a-t-elle répété lors d’une conférence de presse présentant le projet européen de son mouvement, «Libres !», au lendemain du limogeage par Laurent Wauquiez de sa n° 2, Virginie Calmels. Pécresse refuse elle-même de soutenir la ligne politique du nouveau patron des Républicains, tout en restant dans le parti.

« Je ne suis pas cheffe de parti »

«Les Français en ont assez des querelles politiciennes». Face à la «montée des populismes», «nous, c’est sur les idées que vous nous trouverez pour élargir la droite et rassembler les deux droites», a dit l’ancienne ministre, dont le mouvement créé en 2017 est associé à LR, Les Républicains.

A la question de savoir si Laurent Wauquiez devait conduire la liste aux élections européennes, Valérie Pécresse a répondu : «Cela fait du sens. Maintenant, je ne suis pas cheffe de parti. Donc ce n’est pas ma décision.»

« Laurent Wauquiez a eu raison de faire preuve de fermeté, il s’est comporté en chef de notre famille politique », a asséné Nadine Morano, invitée sur France Info ce lundi matin. La ligne politique de Wauquiez « a été choisie par 75 % de nos adhérents », fait-elle valoir. Et qui plus est, « le numéro 2 est là pour épauler le numéro 1, pas pour nuire au parti », insiste-t-elle.

« Lorsque l’on est membre d’une équipe, on ne peut pas toujours tirer des buts contre son camp », ont fait observer en choeur Laurence SaillIet et Lydia Guirous, porte-parole des Républicains. Ajoutant que « pour vivre (la réalité) au quotidien, je peux vous dire qu’il y a du débat et des échanges ». Il n’y a «pas de place pour les diviseurs», insiste l’eurodéputé et vice-président du conseil régional d’Ile-de-France.

Renouvellement et société civile

Virginie Calmels n’avait pas obtenu la tête de liste LR aux Européennes : elle exprime aujourd’hui sa déconvenue. L’ancienne ministre de la Santé, Michèle Delaunay, élue socialiste de Bordeaux et première adjointe d’Alain Juppé, s’est mêlée de ce qui ne la regarde pas en lâchant cette interrogation rhétorique sur Twitter : « N’ayant pas obtenu la tête de la liste européenne, Virginie Calmels a-t-elle provoqué son limogeage avec son article au canon dans Le Parisien ? » 

Pour la tête de liste, «il y a des parlementaires qui ont fait un magnifique travail à Bruxelles. Donc, mon objectif n’est pas de dire : sortez les sortants. Mais je pense qu’il nous faut d’abord sur la liste du renouvellement, de la société civile, c’est très important, on ne peut pas laisser le monopole de la société civile à Emmanuel Macron», estime Pécresse. Calmels est cheffe d’entreprise, mais ni députée, ni sénatrice: elle n’est que conseillère régionale et le reste.