Manifestation politique : Mélenchon va-t-il réussir à rassembler, samedi 26 mai ?

Mélenchon va-t-il réussir à rassembler une « marée populaire » samedi ?

Jean-Luc Mélenchon, ici manifestant à Marseille mi-avril, remet ça samedi.

Une soixantaine d’organisations est appelée à manifester son opposition à la politique sociale d’Emmanuel Macron.

Alors que la contestation joue la durée et l’usure, tout se jouera sur le nombre de participants : une démonstration de force ferait taire ceux qui clament que la mobilisation s’essouffle ou n’a jamais eu une chance.

Mélenchon met en jeu son statut de « principal opposant » à Macron

Tout l’enjeu est là : combien de personnes défileront samedi dans plusieurs villes de France à l’appel de plus de 60 organisations, syndicats et partis de la gauche de la gauche mêlés ? Après l’échec des mobilisations de l’automne contre la réforme du Code du travail et celles des cheminots et des fonctionnaires, les opposants à la politique d’Emmanuel Macron tentent une nouvelle fois d’inverser le rapport de force le 26 mai.

Jean-Luc Mélenchon veut croire que c’est une « marée populaire » qui va descendre dans la rue, notamment à Paris, entre la gare de l’Est et la place de la Bastille. Le député de La France insoumise Alexis Corbière a même salué sur Public Sénat une « montée en puissance » de la mobilisation, fait « nouveau », selon lui.

En soi, le rendez-vous est déjà une réussite pour la gauche radicale : 60 syndicats, associations ou partis qui s’unissent le temps d’une manifestation, ce n’est pas concevable. « C’est pas vrai de dire que ça ne s’est jamais passé dans l’Histoire, mais c’est un petit événement« , s’est félicité le révolutionnaire trotskiste Olivier Besancenot, l’homme aux deux casquettes anti-républicaines NPA et SUD (Solidaires) sur RTL. « Quand d’un côté vous avez la politique qui (…) consiste à donner aux plus riches parmi les plus riches et qu’au reste de la population vous demandez de se serrer la ceinture, ça agace, ça énerve et de fait ça crée une convergence« , a-t-il estimé. Dans ce contexte, « les mobilisations, elles sont encore devant nous, pas derrière ».

Mélenchon veut un « Front populaire »

Réussite dérangeante, la CGT, syndicat  aux abois, a accepté de défiler avec un parti politique, la France insoumise, ce qu’elle refusait de faire jusqu’alors. Un petit succès qui fait que Jean-Luc Mélenchon évite de tirer la couverture à lui.

Une première depuis des décennies, mais qui vaut à ses alliés syndicalistes d’être accusés de franchissement de la ligne blanche qui sépare le syndical et le politique. Un Rubicon.

Présenté comme premier opposant à Emmanuel Macron, selon la presse et selon un sondage commercial Ifop pour le JDD, qui arrange Macron, le député des Bouches-du-Rhône prétend la jouer collectif. Ainsi, il défilera sur le Vieux-Port, à Marseille dont il vise la mairie, et non pas à Paris : autre démonstration qu’il joue sa carte personnelle, la dernière de sa carrière.

Dans sa « Revue de la semaine » diffusée sur YouTube, il a récusé la « caricature » selon laquelle le vieux routier de la politique ne pense plus qu’à sauver une carrière personnelle tapageuse émaillée d’erreurs et d’échecs. « Je n’ai jamais dit que je ne voulais m’entendre avec personne, ni que les membres de la France insoumise ne veulent s’entendre avec personne, c’est le contraire, ils passent leur temps à s’entendre avec tout le monde« , a-t-il raconté. Mais il a tout dit et son contraire…

Sur son blog, mardi, le leader insoumis estime que « le décloisonnement du social et du politique se réalise le 26 mai. Mieux, dans le respect de l’identité et des finalités d’action de chacun » ! Surtout, pour Mélenchon, samedi, c’est donc une « marée populaire », « massive » qui défilera et qui « déclenchera une onde de choc », et d’évoquer même la probable constitution d’un « Front populaire ».

Le problème, c’est que Mélenchon et les Insoumis se sont trompés plusieurs fois dans leurs prédictions sur l’ampleur des mobilisations :

  •  – Pour la « Fête à Macron », il avait salué un « immense élan populaire », avec « 160.000 participants ». Ils étaient 40.000 selon la police.
  • – En septembre, lors d’une mobilisation contre la réforme du droit du travail, la France insoumise avait comptabilisé 130.000 manifestants et Mélenchon avait noté un « succès ». Ils étaient 30.000 selon les forces de l’ordre.
  • Mélenchon avait alors espéré « un million » de personnes sur les Champs-Elysées, manifestation qui n’a jamais pu être organisée.

Pour marquer un point samedi, il faudra donc être bien plus nombreux.

Doubs: le pseudo « front républicain », vrai piège socialiste tendu à la droite

L’UMP va-t-elle faire à nouveau le jeu d’une « union de la gauche » de circonstance ?

Sans états d’âme, Juppé voterait pour le PS et le Front de gauche

Il n’est pas allé soutenir le candidat UMP dans le Doubs et, maintenant, l’ancien Premier ministre Alain Juppé appelle à « faire barrage au Front national » au deuxième tour de l’élection législative partielle dans le Doubs où la candidate Sophie Montel, arrivée en tête dimanche au premier tour, affrontera le socialiste Frédéric Barbier.
« Je vois clairement que désormais notre principal adversaire politique est devenu le FN. Il a quelques raisons de se prétendre le premier parti de France. Son arrivée aux responsabilités nationales n’apparaît plus tout à fait comme une hypothèse d’école« , explique Alain Juppé dans un message mis en ligne lundi soir sur son blog.

La photo du 1er février 1935 occultée ci-dessous: négationnisme et censure vs. devoir de mémoire !
La photo du 1er février 1935 qui passe mal ci-dessous
répétée pour le cas d’occultation:
négationnisme et censure vs. devoir de mémoire !
François Mitterrand,
le 1er février 1935, à la manifestation de l’Action française:
à la manifestation de l’Action française
contre « l’invasion métèque »

« Ce serait à mes yeux une catastrophe pour notre pays (…) Il faut donc faire barrage au FN », assure le maire de Bordeaux, candidat déclaré à la primaire à droite pour l’élection présidentielle de 2017.

Le « oui, mai » d’un Alain Juppé qui n’assume pas

Philippe Pétain, à gauche, et François Mitterrand, à droite

Singulièrement embarrassé, et donc ambigu, il manie la contradiction, en affirmant qu’il n’entend pas pour autant s’engager « dans un front républicain qui scellerait une alliance avec le PS ».

Et le Front de gauche… « Le sens de mon combat, c’est de réussir l’alternance, c’est-à-dire de rompre avec la politique conduite depuis 2012 et qui a plongé notre pays dans le marasme« , dit-il.

Mais, ajoute-t-il, « si j’étais électeur de la 4e circonscription du Doubs, je sais ce qu’en mon âme et conscience je ferais: pour barrer la route à une candidate FN qui croit, entre autres choses, ‘en l’évidente inégalité des races’, je ne m’abstiendrai pas, je voterai pour le candidat qui l’affronte, c’est-à-dire le candidat PS. »

La décision collective de l’UMP sera prise ce mardi en bureau politique réuni autour de son président, Nicolas Sarkozy. L’UMP penche vers une stratégie « ni front républicain, ni front national » qui ne fait cependant pas l’unanimité à droite.

Juppé milite pour l’extrême gauche

Maurice Thorez, secrétaire général du PCF depuis 1930,
ici au centre, lors d’une manifestation du front populaire, en 1936.
Au cours du siècle dernier, la gauche a été plus souvent au pouvoir que la mémoire collective ne l’admet. On oublie souvent le raz de marée radical de 1906
ou la victoire du Front républicain en 1956 .
Trois dates en effet restent symboliques de l’accession de la gauche au pouvoir : 1924 avec la victoire du Cartel des gauches, 1936 avec celle du Front populaire et 1981 avec l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République.

C’est l’effet Charlie hebdo ?

La gauche – PS inclus – n’a eu de cesse de salir l’UMP

Effet attentats sur Paris de djihadistes de France
Retour de flamme ?
l’effet attentats sur Paris de djihadistes de France
Ce qui plaît à Juppé chez Riss,
caricaturiste et collaborateur, puis directeur de la rédaction de Charlie Hebdo
Dessin non signé, en hommage aux électeurs du FN, publié par Charlie hebdo
Dessin non signé, en hommage aux électeurs du FN, publié par Charlie hebdo

Juppé assume-t-il la fonction que lui dévolue Charle hebdo ?