Mélina Boughedir condamnée : la gauche conteste la justice irakienne et sa décision

L’épouse de djihadiste français condamnée à vingt ans de prison pour appartenance à l’EI

La justice a rendu son verdict à l’issue d’une audience de plus d’une heure. La Française Mélina Boughedir, 27 ans – entrée illégalement en Irak pour combattre le régime légitime du côté des rebelles islamistes – a été condamnée dimanche à Bagdad à une peine de vingt ans de prison «pour son appartenance à l’Etat islamique».

Partie en 2015 avec son mari, Maximilien Thibaut, et leurs premiers enfants, Mélina Boughedir a été arrêtée le 8 juillet 2017 à Mossoul, après avoir échappé aux forces militaires légitimistes, en se terrant plusieurs semaines avec ses jeunes enfants dans la cave d’une maison éventrée.

Depuis, la Française nie avoir participé aux activités de l’Etat islamique, notamment au sein des brigades de la police des femmes, la Hisba. En février, l’Irak l’avait condamnée à sept mois de prison pour entrée «illégale» sur son territoire, mais la Cour de cassation a réexaminé le dossier et estimé qu’elle devait être rejugée selon la loi antiterroriste.

De ce fait, l’audience du dimanche 3 juin revêtait un tout autre enjeu. Après s’être entretenus avec leur cliente, les trois avocats français ont participé aux débats sous la forme de questions. Une faveur qu’ils jugent toutefois insuffisante pour garantir, selon eux, les droits de la défense : «Nous n’avons pas eu accès au dossier du président du tribunal; nos observations étaient traduites directement par ses soins [ils ont accepté d’assurer une défense dans un pays étranger dont ils ne parlent pas la langue], et il n’a jamais été expliqué à Mélina le fonctionnement de la justice locale», regrette Vincent Brengarth, l’un des conseils de la Française, comme si ce n’était pas aussi le rôle de la défense.

Le trio d’avocats dénonce les deux condamnations de Mélina Boughedir – celle de février et celle de ce dimanche, ont été prononcées par le même magistrat, celui qui, pourtant, connaît le mieux le dossier…

Un recours va être prochainement déposé devant la Cour suprême irakienne, ouvrant la voie à un possible procès en appel. Une affaire qui se conclura par un compromis diplomatique et sur une base « humanitaire » : l’humanisme reste une valeur sûre en période de terroriste intérieur, en dépit des attentats et des morts innocents.

En attendant que l’eau ait coulé sous les ponts, le secrétaire d’Etat en charge des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner, a déclaré : «La justice irakienne est légitime à juger, elle a pris sa décision.»
Vendredi, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait déjà respecté la justice d’un pays souverain : «Quand on va à Mossoul en 2016, c’est pour combattre. Mme Boughedir sera donc jugée sur les lieux de ses exactions. C’est la logique normale. Elle a combattu contre les unités irakiennes, elle est jugée en Irak

Quand la France déclarait démocratique la justice irakienne

Les trois avocats de la Française, présents à Bagdad, dénoncent l’organisation d’un procès inéquitable. Sur le perron de la cour pénale irakienne, ses avocats français, Mes Bourdon, Brengarth et Pradel, ont dénoncé l’inéquité du procès, tout en se disant «soulagés» que leur cliente ait évité la peine capitale.

La triade et la presse militante s’en prennent à l’Europe.

Dès 2003, l’Union européenne s’est fortement impliquée pour soutenir les efforts de reconstruction de l’Irak en engageant plus d’un milliard d’euros dans les secteurs de l’éducation, de la santé, des services publics et du soutien aux processus électoraux.

L’Union européenne dispose depuis 2005 d’une délégation à Bagdad. La mission de PSDC EUJUST Lex-Irak, dont le mandat s’est achevé le 31 décembre 2013, avait pour but de renforcer l’Etat de droit et de promouvoir le respect des droits de l’Homme en Irak en menant des actions de formation auprès de fonctionnaires irakiens des forces de police, de la justice ou de l’administration pénitentiaire.

L’UE et l’Irak ont signé le 11 mai 2012 un accord de partenariat et de coopération (APC), ratifié par la France le 8 octobre 2014. Cet accord institue un dialogue politique structuré et régulier, prévoit une coopération pour promouvoir et protéger effectivement les droits de l’Homme en Irak et ouvrir la voie vers un approfondissement des relations dans des domaines spécifiques.

Arrière-petit-fils de l’industriel Edouard Michelin, fondateur du groupe Michelin, les pneumatiques, maître William Bourdon à étudié au lycée Janson-de-Sailly (Paris XVIe), avant de se spécialiser dans le droit pénal des affaires et celui de la …communication.

Secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme à la fin des années 90, octobre 2001, il fonda l’association Sherpa, dont l’objet est de « défendre les victimes de crimes commis par des opérateurs économiques ». Sherpa est installée dans les locaux de France Libertés ; William Bourdon est membre du Conseil d’administration de France Libertés et fut avocat de Danielle Mitterrand, épouse du président Mitterrand et groupie du dictateur Fidel Castro.

Il est proche d’associations d’aide aux étrangers en situation irrégulière, notamment la Cimade et spécialisé dans la défense des droits de l’homme (SOS Racisme, opposants chinois, génocide rwandais, Augusto Pinochet et aussi de contestataires, de partisans de la « lutte sociale», ou de militants de l’ultra gauche.

Attentat islamiste de l’Opéra par un Français : le mal est parmi nous. Ne pas le nommer, c’est renoncer à le combattre

blog -islamisme-en-france-carte de la radicalisation 2016
Octobre 2016

Tandis que le pouvoir et la presse se refusent à nommer l’ennemi islamiste, Khamazat Azimov, « réfugié politique » en France, prêtait allégeance à Daech

Le groupe Etat islamique (EI), qui a revendiqué l’attaque au couteau samedi soir à Paris, a diffusé dimanche 13 mai une vidéo sur laquelle apparaît le lycéen de 20 ans présenté comme l’auteur de l’attentat.

La vidéo a été diffusée par Amaq, l’agence de propagande de l’EI, qui a mis en ligne sur Telegram une vidéo où l’on « voit » (!) un individu portant une capuche et dont le bas du visage est caché par un tissu noir.

« La victoire contre les mécréants »

S’exprimant en français et parfois en arabe, Khamzat Azimov prête allégeance au numéro un de l’EI, Abou Bakr al-Baghdadi et le « réfugié politique » déclare que « la victoire est proche » contre « tous ces mécréants se sont coalisés » contre l’EI, qui a revendiqué dans la nuit de samedi à dimanche l’attentat qui a fait un mort et quatre blessés dans la capitale française, selon son agence de propagande, alors que Macron prenait du repos, muré dans le fort de Brégançon, Var.

<br> »L’auteur de cette attaque au couteau à Paris est un soldat de l’Etat islamique [que l’on disait exterminé] et l’opération a été menée en représailles aux Etats de la coalition » internationale antidjihadiste en Irak et en Syrie, a déclaré une « source sécuritaire » à Amaq.

islamisme en France, fiches S, Fichés S carte, musulmans dangereuxL’ « assaillant » – ne surtout pas écrire ‘islamiste‘, ni même ‘terroriste‘ – a été tué par l’un des policiers de base arrivés sur les lieux. Le jeune homme de 20 ans né en Tchétchénie, naturalisé en 2010, et ‘fiché S’ pour radicalisation islamiste depuis 2016.

La radicalisation récente est une excuse facile pour exonérer le pouvoir de sa responsabilité, comme la qualification de ‘déséquilibré’ apposée aux « assaillants »… Quand les « acteurs » politiques cesseront-ils d’établir des classements sans fin en catégories, pour passer à l’action ?

C’est avec un site que le gouvernement dit « Stop-djihadisme »… Il nous en dit tout !

La fiche S (pour ‘Sûreté de l’Etat’) fait partie des 21 catégories du Fichier des Personnes Recherchées (FPR). Cet outil recueille certaines informations sur des personnes susceptibles de troubler l’ordre public : état civil, signalement, parfois une photographie, motifs de recherche, conduite à tenir vis-à-vis de la personne. La fiche S sert également à retracer les déplacements de l’individu fiché. Son objectif général : faciliter les recherches effectuées par les services de police et de gendarmerie (à la demande des autorités judiciaires, militaires ou administratives), sur le territoire français ou au niveau européen (dans le cadre du Système d’Information Schengen). La fiche S a une durée de vie d’un an. Elle peut être renouvelée si la poursuite de la surveillance paraît nécessaire. « La fiche S est subdivisée en divers niveaux matérialisés par des numéros, qui vont de ‘S1’ à ‘S16’. Ces niveaux correspondent aux actions à entreprendre pour le membre des forces de l’ordre qui contrôle cette personne. Mohammed Merah était classé S5. En 2015, 850 combattants djihadistes revenant d’Irak ou de Syrie, dont 140 ayant résidé ou résidant encore en France sont fichés S14. Sur les 20.000 personnes fichées, il en existe 4000 comme étant sur le « haut du spectre » : c’est nouveau , ça vient de sortir… Ils sont inscrits dans le fichier de signalement pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT),  un fichage au large spectre, de la dérive sectaire au djihadisme en puissance. Depuis le , les collectivités locales peuvent même demander aux services habilités d’interroger le fichier national automatisé des auteurs d’infractions terroristes (Fijait) au moment d’un recrutement, afin de prévenir l’embauche d’une personne fichée S. Marine Péquignot, la compagne de Redouane Lakdim, elle est quant à elle connue {une chance !] au fichier TAJ (Traitement d’Antécédents Judiciaires, un temps nommé ARIANEApplication de Rapprochement, d’Identification et d’ANalyse pour les Enquêteurs). Vous suivez toujours ? Tant pis car, attention, précise le gouvernement : « La fiche S n’est pas une preuve de culpabilité. » S’il est en marche, le gouvernement n’a pas pour au.tant avancé.

Avec tous ces moyens (dispersés) à disposition, le cri général est qu’on ne peut rien faire ! Le temps de la dénonciation du « fichage » (comme la vidéosurveillance ) est passé: on les multiplie (comme les ronds-points) pour notre sécurité: les Français courent  désormais moins de risques à 80 km/h sur la route qu’à 3 km/h sur les trottoirs du quartier de l’Opéra…  

Faudrait-il placer ces fichés ‘S’ en rétention administrative, comme envisagé par Manuel Valls (ex-PS) et Laurent Wauquiez (LR) ? Frédéric Péchenard, vice-président LR de la région Ile-de-France et ex-patron de la police nationale, estime que la mesure n’a pas « beaucoup de sens », tant techniquement que juridiquement. Les experts préconisent d’attendre devant les ordis. Et sortir le moins possible. Nous devenons un pays de Français confinés : voyez Macron, à Brégançon pendant le massacre !…

Les informations ne manquent pourtant pas, mais à quoi servent-elles ? Voici une autre  carte de France du djihadisme un peu plus détaillée, réalisée par Olivier Hanne, islamologue (lien).

Les leaders quittent Davos inquiets

(De G à D) Le Pdg de BlackRock Laurence Fink, le ministre brésilien des Finances Joaquim Levy, le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda, Benoit Coeuré, de la BCE, le gouverneur de la Bank of England Mark J. Carney et le vice-directeur général du FMI Min Zhu au Forum de Davos le 24 janvier 2015
Forum de Davos – Le Pdg de BlackRock Laurence Fink, le ministre brésilien des Finances Joaquim Levy, le gouverneur de la Banque du Japon Haruhiko Kuroda, Benoit Coeuré, de la BCE, le gouverneur de la Bank of England Mark J. Carney et le vice-directeur général du FMI Min Zhu, le 24 janvier 2015 (de gauche à droite)

Le forum économique mondial de Davos 2015 s’est achevé samedi dans la morosité, avec la préoccupation des risques, notamment géopolitique, terroriste et cybernétique, qui pèsent sur une économie mondiale en train de ralentir sa progression et où les facteurs d’incertitudes strictement économiques sont déjà nombreux, que ce soit le ralentissement chinois, l’évolution de la zone euro, ou les prix du pétrole.

Dans ce contexte mitigé, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le président français François Hollande ont exhorté les quelque 2.500 leaders économiques et politiques du monde entier à ne pas négliger la menace que représentent des groupes tels que Boko Haram ou l’organisation Etat islamique.

La délégation ukrainienne, conduite par le président Petro Porochenko, issu de la rébellion de Kiev, a aussi mis un coup de projecteur sur la crise ukrainienne, ajoutant ainsi à la dualité des tendances du Forum de Davos, qui cherche l’équilibre entre les sujets d’actualité et les tendances de long terme.

Au-delà des grands discours en tribune, dans les diverses salles de réunion où des patrons venus du monde entier échangent d’autant plus librement que les accès sont parfois fermés à la presse, le message était aussi à la vigilance.

«Les risques pour les chaînes d’approvisionnement augmentent pour toutes les entreprises», relevait ainsi un chef d’entreprise lors d’une des diverses sessions de ces quatre jours de réunion très intenses, avec en tête les ressources énergétiques au Nigéria et leur acheminement à travers l’Ukraine.

Les cybermenaces ont été particulièrement mises en avant, notamment par des patrons de groupes de sécurité informatique.

«Ce que vous appelez l’internet des objets, je l’appelle l’internet des menaces», a lancé lors d’un débat Eugène Kaspersky, de la société de sécurité informatique Kaspersky Lab, en référence à la multiplication des objets connectés.

Dans une autre session, un patron a estimé que « nous ne sommes plus dans une phase de risque, mais dans une phase d’infection », tant les piratages se multiplient, selon lui.

Décision de la BCE

Au-delà de ces débats sur les tendances de fond, les sujets d’actualité ont aussi accaparé leur part d’attention, notamment la décision historique de la BCE de se lancer dans un programme massif de rachat d’actifs, tombée jeudi en plein milieu du forum et qui a été largement commentée.

Une des idées force sur ce dossier, est que cela ne doit en aucun cas dispenser les pays européens de conduire des réformes structurelles indispensables pour relancer la croissance dans les pays de la monnaie unique.
«Avec une faible croissance, un chômage bien établi, des gens éjectés du marché du travail, nous voyons l’ensemble des fondations du projet européen affaiblies, et cela ne peut pas durer trop longtemps», a prévenu Benoît Coeuré de la BCE.

Le niveau des prix du pétrole a aussi été un des gros sujets de Davos, d’autant que, comme l’a reconnu samedi Laurence Finck, le patron de BlackRock, le premier gestionnaire d’actifs au monde, les leaders de Davos n’avaient pas prévu cette évolution, illustrant les difficultés des exercices de prospectives conduits chaque année pendant quatre jours dans la bourgade suisse.
«L’an dernier, à cet endroit même, tout intelligents que nous étions, je crois bien que nous n’avons pas dit un mot du pétrole (…), je ne pense pas que nous ayons entenu le mot Isis (l’organisation de l’Etat Islamique, ou Daesh et Daech), nous n’avons évidemment pas parlé de l’Ukraine (…), nous avions confiance, (…) la tendance à Davos était que l’Europe était en train de se rétablir très rapidement. J’espère que nous ferons mieux cette année», a-t-il ironisé.

Pour le gouverneur de la banque centrale du Japon, Haruhiko Kuroda, il y a deux raisons d’avoir de l’espoir: la baisse des prix du pétrole et l’action de la BCE.

Mais Davos est aussi une formidable occasion pour les grands patrons de nouer des contacts pour de futurs contrats. «J’ai eu un ‘carnet de bal’ très rempli; en deux jours, j’ai rencontré 20 grands patrons pour enclencher une dynamique», s’est ainsi flatté le patron de Véolia, Antoine Frérot.

Algérie: on a retrouvé le corps d’Hervé Gourdel, l’otage français de djihadistes

Le guide français avait été décapité en septembre par un groupe djihadiste

blog -Gourdel HerveLe corps du touriste français Hervé Gourdel a été retrouvé par l’armée algérienne, après plus de trois mois de recherches,après du lieu où il avait été enlevé puis décapité en septembre par un groupe djihadiste, ont annoncé jeudi des sources sécuritaires.
Le corps était enterré sans tête dans la montagne d’Akbil, à 160 km au sud-est d’Alger, où le guide de montagne avait été enlevé par Jund al-Khilafa (« les soldats du califat »), selon ces sources.

Hervé Gourdel, guide de haute montagne de 55 ans originaire du sud de la France, avait été enlevé le 21 septembre -au coeur du massif à aux risques du Djurdjura- par Jund al-Khilafa, provoquant une vive émotion en France.

Le groupe revendiquant l’assassinat a affirmé l’avoir exécuté en représailles à l’engagement de la France dans les frappes contre le groupe djihadiste Etat islamique en Irak, aux côtés des Etats-Unis.

Le commanditaire de l’assassinat a été tué par l’armée algérienne

L’armée avait lancé 3.000 soldats sur les trousses de Jund al-Khilafa après l’exécution de l’otage français.Mercredi, elle a relancé ses fouilles dans les communes voisines d’Abu Youssef et d’Akbil, à la suite d’indications fournies par un islamiste armé. Les recherches étaient conduites par une unité d’élite spécialisée dans la lutte antiterroriste, aidée d’une brigade cynophile.

Le 22 décembre, à Issers (65 km à l’est d’Alger), l’armée algérienne avait tué le chef de Jund al-Khilafa, Abdelmalek Gouri, qui avait revendiqué l’exécution d’Hervé Gourdel.

Anonymous et hackers islamistes s’opposent au nom de Charlie Hebdo

La guerre de religions s’étend au numérique

Le groupe de pirates masqués a lancé la chasse aux défenseurs du djihad en ligne, tandis que des hackers « musulmans » s’en prennent à des milliers de sites français. Les agresseurs posent en victimes et les tueurs tentent de justifier leurs crimes. La confusion est grande, mais le commerce continue. Les anti-libéraux de Charlie hebdo font leur marketing sur l’émotion populaire suscitée par les assassinats de 17 personnes en 3 jours d’horreur par des islamistes en France. Les corps des victimes sont à peine refroidis et ensevelis qu’ils annoncent des records de tirages, 5 millions d’exemplaires sur les 3 semaines qui s’ouvrent aux affaires, en plus des quatre millions de participants à la « marche républicaine » du 11 janvier sur l’ensemble du territoire. Mais c’est selon L’Obs, alors que le ministère de l’Intérieur renonce à tout chiffrage, l’évaluation étant pour elle impossible.

Et déjà l’unité nationale implose.

Une déclaration de guerre en bonne et due forme. « La liberté d’expression a été meurtrie. Charlie-Hebdo, une figure historique  controversée du journalisme satirique, a été pris pour cible par des lâches. Attaquer la liberté d’expression, c’est attaquer Anonymous », assurent les kacktivistes floutés. Nous ne le permettons pas. Toutes entreprises et organisations en lien avec ces attaques terroristes doivent s’attendre à une réaction massive d’Anonymous. Nous vous traquons.« 

Les taupes du groupe de hackers Anonymous se montrent menaçantes. Dans une vidéo, les souriants terroristes du Net annoncent leur volonté de riposter à l’attaque contre le journal « Charlie-Hebdo » qui a fait, non pas 17 morts, comme l’écrit L’Obs, décidément exalté, mais le tout sous la bannière « Opération ‘Charlie-Hebdo' » (ou #OpCharlieHebdo).

Une délation qui rappelle les heures les plus sombres de notre Histoire… Le groupe de snipers, qui dénonce par ailleurs les écoutes téléphoniques et le fichage policier, a ainsi publié une liste noire de 120 comptes Twitter désignés comme « islamistes », puis une liste de 89 comptes Twitter dits « terroristes ». Le réseau social s’est plié aux volontés des activistes, bien qu’ils n’ait aucune légitimité ni représentativité, et ont suspendu la plupart de ces comptes, tandis qu’un document collaboratif vise à tous les recenser (plus de 900 comptes déjà trouvés !). La Stasi est-elle en train de resurgir pour répandre la terreur sur l’hexagone ?

« Tous les moyens pour l’effacer de la Toile »

Parallèlement, les hackers font le sale boulot du ministère de l’Intérieur qui semble couvrir de tels agissements. En toute impunité et au nom de la liberté d’expression, cette milice d’extrême gauche travaille à pirater des sites web identifiés également comme islamistes. Une trentaine de sites ont été bloqués et mis hors ligne. Le site Ansar-alhaqq (qui diffuse de la propagande djihadiste en français) a été attaqué pour remplacer la page d’accueil (on parle de « défacement »), tandis que la page du site Kavkaz Center (site d’information tchétchène se revendiquant « islamiste ») redirige désormais vers le moteur de recherches DuckDuckGo. Sont actuellement visés différents sites se présentant comme « la voix du djihad » (« shahamat »).

Cette brigade d’auto-défense de l’Internet a ainsi publié une liste de 120 comptes Twitter désignés comme « islamistes », puis une liste de 89 comptes Twitter dits « terroristes ». La plupart de ces comptes ont été suspendus illico presto par le réseau social, décidément bien soumis, tandis qu’un document collaboratif vise à tous les recenser (plus de 900 comptes déjà trouvés !). Le pouvoir semble déléguer à ces collabos du 21e siècle, comme à son réseau d’associations et collectifs.

Lorsqu’on tombe sur un site [islamiste], nous tentons d’extraire de sa base de données des adresses et informations de contact, que nous redirigeons ensuite vers les forces de l’ordre« , avoue un Anonymous au journal socialiste Libération (qui héberge les rescapés de l’attentat contre les dessinateurs de Charlie hebdo). Ensuite, « nous utilisons tous les moyens à notre disposition pour l’effacer de la Toile. »

Une cyber-mobilisation que n’apprécieraient pas les forces de l’ordre, embarrassées par la révélation de cette cette sous-traitance. « Ne perturbez pas le travail des policiers enquêteurs en diffusant de fausses informations ou rumeurs« , a faiblement protesté la Police Nationale sur… Twitter !
Olivier Laurelli, expert en sécurité informatique et blogueur répondant au pseudonyme de Bluetouff, souligne qu' »à partir du moment où on attaque les réseaux où [les djihadistes] communiquent entre eux, on interfère dans le travail des enquêteurs. »
« Dans ces comptes, il y a de tout, aussi bien des fondamentalistes que des amateurs« , confirme un enquêteur aux « Echos ». « Il faut aller vérifier. Certains auraient mérité une visite de la gendarmerie ou de la police. »

Anonymous vs. hackers islamistes

blog -Anonymous en guerre contre cyberjihadLoin d’écouter les policiers, les pirates poursuivent leurs attaques numériques, sans être importunés par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. L’excuse: ils ne sont pas seuls et on assiste à une bataille généralisée de hackers, sans pour autant que les « black blocs » (Black Blocks) soient entrés en hibernation.

Des pirates assumant pour la plupart « islamisme » ont massivement attaqué des sites français en tout genre, en réaction aux opérations des Anonymous. Sous la bannière « Opération France » (ou #OpFrance), les hackers islamistes ont piraté des milliers de sites web en quelques jours. Le site spécialisé Zataz évoque plus de 19.000 sites web attaqués par plus de 27 groupes de hackers localisés dans le monde entier (Tunisien, Maroc, Algérie, Mauritanie, Indonésie, Malaisie, Mexique…). Plusieurs se revendiquent notamment des groupes comme le Middle East Cyber Army (MECA), le Cyber Califat, la cyber-force islamique unie ou les Anons Ghost.

Sur les sites piratés, la page d’accueil est modifiée. Bien souvent, elle affiche un fond noir et des slogans tels « Il n’y a de Dieu qu’Allah », « Death to France » (« Mort à la France ») ou « Death to Charlie » (« Mort à Charlie »).
Les sites de plusieurs mairies, conseils généraux, établissements scolaires, universités, églises ou entreprises ont ainsi été piratés. Le site du Conseil général du Lot a ainsi été piraté pendant trois heures par un groupe tunisien dénommé « Fallaga Team » qui renvoyait les utilisateurs vers une adresse diffusant un discours intégriste. Le site du Mémorial de Caen a vu sa page d’accueil afficher un message en arabe et un autre en français affirmant: « J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah. J’atteste que Muhammed est le messager de Allah« . Le prosélytisme musulman est visiblement un fantasme…

Un site piraté par le groupe de hackers Fallaga Team
L’office de Tourisme de Biarritz, le CHU de Strasbourg, le Palais des Papes d’Avignon, l’académie de Créteil, la cathédrale de Nantes, la ville de Tulle, la fondation Jacques Chiracont également été frappés par ces piratages. C’est très nébuleux, on est face à des groupes d’activistes qui se forment et se défont très rapidement.

L’économie du pays est ainsi perturbée. Des filiales de grands groupes français (Carrefour, BNP Paribas, Terraillon…) ont en effet subi des attaques et leur activité ont eu à souffrir de ces « actions concrètes difficiles à comptabiliser mais plusieurs centaines de sites de PME, d’institutions locales ou d’universités auraient été touchés », résume Gérôme Billois, expert du Cercle européen de la sécurité informatique et consultant pour le cabinet Solucom.

« Je suis musulman, je ne suis pas Charlie », clame un site français piraté par AnonGhost

« De mémoire, je n’ai jamais vu une campagne de ‘défacement’ aussi importante dans un temps aussi restreint, poursuit Gérôme Billois. « Les sites touchés sont souvent des structures qui n’ont pas forcément les équipes techniques adéquates pour maintenir le niveau de sécurité nécessaire ou réagir rapidement en cas d’attaque. »

Le site du Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane, consacré à la Seconde Guerre mondiale, s’est ainsi retrouvé affublé d’un texte rouge sur fond noir accusant la France de « racisme » et d’être le « terroriste du Monde », l’invitant à aller « se faire foutre » et signé « Je suis Muslim [musulman] et je [ne] suis pas Charlie« . Charlie hebdo n’en a toutefois pas perdu son sens de l’humour…

On peut parler de cyberjihad. Le ‘défacement’ n’est que la partie émergée de l’iceberg et la moins [physiquement] dangereuse aussi, car elle n’a pas d’autres conséquences que l’affichage d’une idéologie », minimise Thierry Karsenti, directeur technique Europe de l’entreprise de sécurité informatique Checkpoint.
Il indique finement – relayé par la presse irresponsable – que prendre le contrôle de la page d’accueil d’un site mal protégé ou pas correctement mis à jour « n’est pas très difficile à réaliser techniquement et l’attaque peut même être lancée de manière quasi-automatique« .

Entre autres titres de gloire affiché par ces distingués experts et décrypteurs, un groupe de hackers se réclamant de l’Etat islamique a tout de même réussi à pirater les comptes Twitter et YouTube du commandement militaire américaine au Moyen-Orient (le CentCom). « Nous sommes dans vos PC, dans chaque base militaire américaine« , ont défié les pirates sur le compte Twitter du CentCom. Au nom de Dieu, le très bienveillant, le très miséricordieux, le Cyber Califat continue son cyberjihad », se sont-ils également félicité.

Le CentCom piraté par le Cyber Califat

Les hackers semblent très bien infiltrés. Ils ont également publié une liste de généraux de l’armée américaine avec leurs adresses, ainsi que des informations sur des plans militaires concernant la Chine et la Corée du Nord. Parallèlement, le compte YouTube du CentCom a publié des vidéos à la gloire du djihad et de l’Etat islamique, avant d’être suspendu.

« L’islam n’est pas synonyme de terrorisme » !

blog -cyber-jihad-contre-attaqueMalgré leurs nombreuses attaques subversives, les pirates du Middle East Cyber Army (MECA) se prétendent se distinguer des terroristes islamistes, une technique d’agit-prop bien connue des autorités religieuses hexagonales. Avec eux, « un musulman n’est pas un terroriste », clame également notre presse, derrière Manuel Valls qui caresse dans le sens du poil ses flancs gauche et droit alternativement. « C’est exactement l’inverse de l’islam. Notre religion est paisible, toute personne qui a lu le Coran comprend cela« , raconte un le porte-parole de MECA, à qui veut l’entendre, comme Zataz qui relaie. Pour lui, les cyber-attaques contre les sites français visent à « prouver au monde que l’islam n’est pas synonyme de terrorisme ». Tâche ambitieuse !

« Malheureusement, les hackers qui s’en prennent actuellement au web Français ne se soucient visiblement pas de leurs cibles. Ils cherchent à poster leurs messages et leur logo sur n’importe quel site, que ce soit celui d’une école, ou le site d’un petit artisan« , précise un membre des Anonymous au site Mac4ever. « Souvent, ces cibles sont choisies simplement parce qu’une faille a été facilement trouvée et son exploitation demande peu de temps, d’efforts et de ressources, ce qui explique que beaucoup de sites aient été défacés en peu de temps. » Dans un « communiqué », les Anonymous promettent ainsi des ripostes contre ces hackers islamistes. Sont-ils missionnés ?

Reste que le MECA annonce une cyber-attaque massiVE pour le jeudi 15 janvier : 3Nous avons déjà piraté des milliers de sites, mais ce qui va venir le 15 janvier sera beaucoup, beaucoup plus important. »
La cyber-bataille ne fait que commencer.