Les passeurs d’un bateau d’ « Open Arms » introduisent 60 clandestins de plus dans l’UE, via Barcelone

Allemagne ou Espagne, des Etats membres de l’U.-E. assurent le passage de clandestins africains

Le bateau de l’ONG espagnole – plus précisément catalane – Proactiva Open Arms est arrivé mercredi en Espagne, dans le port de Barcelone, avec 60 migrants à bord, après avoir été abandonnés en pleine mer par des camarades « passeurs » au large de la Libye, et refusés par l’Italie.

Deux semaines et demie après l’arrivée de l’Aquarius et de ses 630 migrants débarqués à Valence le 17 juin, ce bateau est entré un peu avant 09h00 du matin dans le port de « la capitale catalane » [sic, l’AFP].

L’Open Arms a effectué le passage de 50 hommes adultes, 5 femmes et 5 mineurs dont 3 non accompagnés  de Libye en Union européenne sur quatre jours.
Il appartient désormais aux autorités catalanes de faire assurer leur examen sanitaire à bord, par l’entremise de trois équipes de la Croix-Rouge, a indiqué le porte-parole des services de l’Etat central en Catalogne.
Logo de l'organisationFormé du Comité international de la Croix-Rouge, créé en 1863, de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, créée en 1919, ainsi que des 190 Sociétés nationales de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge –  dont la Croix-Rouge française (CRf), une association – , le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est le plus important regroupement d’organisations humanitaires au monde.

Résultat de recherche d'images pour "Proactiva Open Arms"Ils seront ensuite débarqués pour y être notamment identifiés par les autorités de la Généralité de Catalogne, présidée par une figure de l’indépendantisme, un élu de ‘Ensemble pour la Catalogne’ de Carles Puigdemont, le président déchu, avant d’être transférés dans des centres d’hébergement.

Ces clandestins imposés à l’U.-E. « vont bien étant donné les circonstances, il n’y a eu aucune urgence médicale « grave » et ils sont contents, car on leur a expliqué que le gouvernement voulait qu’ils viennent ici », a indiqué de son côté Anabel Montes, chef de mission de Proactiva Open Arms. 

Résultat de recherche d'images pour "Proactiva Open Arms"Grâce à des dons de militants internationalistes, sympathisants de ‘No Border’, récoltés sur un site de financement participatif, cette fondation humanitaire catalane privée (‘Bras ouverts‘) s’est fait connaître en , lors de sa première opération mise sur pied à Lesbos pour favoriser le passage sur l’île grecque de réfugiés politiques de Syrie, des opposants au régime légitime et potentiels fauteurs de troubles dans les démocraties européennes. Ces passeurs catalans déploient des embarcations entre la Libye, l’Egypte et l’Italie, ainsi que l’Espagne, désormais.

Après avoir accueilli l’Aquarius, « bateau citoyen » de l’ONG association allemande ‘SOS Méditerranée’, mi-juin, le nouveau gouvernement socialiste espagnol de Pedro Sanchez a accepté d’ouvrir le port de Barcelone aux migrants de l’Open Arms, eux aussi refusés par l’Italie et son ministre de l’Intérieur Matteo Salvini (Ligue, extrême droite).

La semaine dernière, le navire de l’ONG association également allemande ‘Lifeline’, cette fois, opérant quant à elle sur la «route des Balkans» (itinéraire suivi par les clandestins qui entrent illégalement en Europe depuis la Turquie, pour rejoindre notamment l’Allemagne, via la péninsule balkanique), avait lui accosté à Malte avec à son bord 234 clandestins. <br>Rome accuse cette organisation de provocation du gouvernement italien, profitant des divisions entre Etats européens et de l’impunité des passeurs, négriers des temps modernes. Le bateau de 32 mètres, construit en 1968, s’est imposé à Malte au soulagement du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, sur RTL. «La France sera prête, comme elle l’a dit et comme elle l’a fait avec l’Espagne il y a une dizaine de jours, à envoyer une équipe sur place pour traiter les demandes de manière individuelle.»

Après des semaines de tensions, les dirigeants de l’Union européenne assurent être parvenus vendredi à un compromis qui propose la création de « plateformes de débarquements«  de clandestins en dehors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée et encourager le maintien au bled.

Migrants : Macron anime un sommet européen qui fait ‘plouf’ …

Après les satisfecit,  l’« accord » migration européen se révèle une coquille vide

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En 2012, le ‘Costa Concordia‘, un navire de la compagnie italienne de croisières Costa, est allé s’échouer sur l’île du Giglio,  en mer Tyrrhénienne, à hauteur de la Corse

Le texte de compromis final conclu dans la nuit de jeudi à vendredi par les Vingt-Huit réunis en sommet à Bruxelles n’apporte pas de réponses opérationnelles très concrètes. La consternation a succédé aux déclarations d’autosatisfactions, suite au pseudo-accord sur les migrations négocié durant la nuit précédente à l’issue du sommet à Vingt-Huit de Bruxelles : cet accord suscite déjà la déception des rêveurs et autres vertueux irresponsables.

Il devait durablement apaiser les tensions entre les pays européens, ceux du bassin méditerranéen, qui réclament davantage de solidarité, et ceux de l’Est qui continuent à protéger leurs populations souvent elles-mêmes défavorisées, mais permettra-t-il d’éviter d’autres scènes désastreuses mises en scène par des organisations qui n’ont d’humanitaire que le nom, puisqu’elles prennent le relais des passeurs sans garantir un port d’accueil aux migrants livrés aux errances de leurs bateaux, tels que l’Aquarius ou le Lifeline, qui ont réussi à médiatiser leur activisme, mais aussi d’autres qui n’ont pas encore organisé, comme eux, d’opération médiatique pour leur promotion et la collecte de dons.  <br>Pour sa fermeté, Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur, est stigmatisé, bien qu’il réponde à la promesse faite à son électorat saturé de clandestins errants partout en Italie : en fermant les ports de son pays aux clandestins, a-t-il déclenché la crise politique dont on l’accuse actuellement en Union européenne, singulièrement en Allemagne, ou a-t-il décillé les yeux de ses membres pour les pousser à une action juste et respectueuse des populations ?

Quelques heures après la conclusion de l’accord, le président du Conseil italien Giuseppe Conte, ci-dessous avec Macron, a fait valoir que la voix de Rome, qui menaçait de bloquer l’ensemble du Conseil européen, a enfin été entendue. « Je suis satisfait. Bien sûr, si j’avais eu à écrire le texte, je l’aurais fait différemment, mais nous étions Vingt-Huit », a-t-il raconté, vendredi matin, avant de lancer, en montant dans sa voiture : « Maintenant, je pars continuer le combat. » Il ne se livre pas à Bruxelles.

« Ce qui m’intéresse ce sont les actes » : encore mieux, s’ils respectent la volonté des peuples !

blog -Conte G-Macron EMais, dès le milieu de matinée, des messages plus négatifs ont afflué : « Aucun engagement contraignant et seulement des choix volontaires pour les demandes italiennes. Un résultat faible. L’Italie affaiblie. Les pays de l’Est crient victoire », analysait le secrétaire par intérim du Parti démocrate (PD, centre gauche). Ainsi, Maurizio Martina, 39 ans, le Hamon péninsulaire, ignorait-il la volonté populaire et le « bien commun » à tous. La défaite de son parti aux élections générales italiennes, le 5 mars 2018, ne lui a rien appris. Seule prévaut la ligne idéologique officielle, intangible : le comble du conservatisme sourd.

A la mi-journée, Salvini lui-même déclarait : « Je ne me fie pas aux paroles, ce qui m’intéresse ce sont les actes. » « Pour une fois, Matteo Salvini a raison. La mission de Conte au Conseil européen a été un véritable flop », répliquait, dans un Tweet, le chef du groupe PD au  Sénat, Andrea Marucci.
 » L’Italie a cédé sur toute la ligne, interprète le socialiste : elle n’a pas obtenu la répartition obligatoire des migrants [sic], mais seulement celle, volontaire, des réfugiés. Elle devra construire des nouveaux camps et elle accepte le principe d’un retour des personnes parties en Allemagne ou en Autriche « , écrivait La Repubblica, quotidien national de gauche. Ces  » hot spots «  de nouvelle génération, avec davantage d’argent européen [lequel? quel montant ? quelle répartition ?] et censés retenir les demandeurs d’asile dont le dossier est à l’examen, devraient être créés sur une base volontaire. Ces structures sont la principale réponse apportée par les Vingt-Huit au refus de l’Italie d’assumer seule la responsabilité des migrants sauvés en mer.

 Les espoirs d’un accord durable sont tombés à l’eau. 

La mise en œuvre de l’accord sera  » difficile « , a admis Donald Tusk, le président du Conseil européen, à Bruxelles. Et d’ajouter, au grand dam des partisans des déficits publics, qu’il est  » bien trop tôt pour parler d’un succès « .

La chancelière allemande, Angela Merkel, reste, elle, dans l’expectative et surtout à l’écoute de son opinion publique :  » C’est un bon signal que nous nous soyons accordés sur un texte commun ; nous aurons encore beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue.  » 

L’enthousiasme de Macron, très en pointe pour dégager un compromis acceptable par Rome, était retombé lui aussi, comme un soufflet : désabusé, il a ainsi commenté vendredi après-midi, que le texte  » ne règle en rien, à  lui seul, à la crise que nous vivons, qui est largement politique « .

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Mon oeil !

Premier de cordée à prêcher la nécessaire solidarité européenne, tout en refusant fermement d’installer un  » centre contrôlé  » sur son territoireMacron s’est installé dans le carré de tête des hypocrites les plus doués » Quand un bateau doit débarquer – après un sauvetage – , il va vers le port sûr le plus proche. Puis, il y a la règle de Dublin, du pays de première arrivée. C’est pour cela que la France, qui n’est pas un pays de première arrivée, n’ouvrira pas de centre « , a décrété Manu-le-solidaire.

Macron s’est d’ailleurs fait épingler sur ce point sensible, presque en direct, par G. Conte. Celui-ci a démenti que ces centres d’accueil devraient être créés dans les pays de première entrée.  » Macron était fatigué « a raillé le premier ministre de l’Italie, taquinant le petit Qui trop embrasse mal étreint…

Comble de la honte pour Macron, seule la Grèce se serait portée volontaire pour ouvrir des  » centres contrôlés « . Parce qu’elle est déjà passé par là, elle pourrait ainsi  » recycler  » les hot spots qu’elle a dû ouvrir, surtout sur ses îles, au plus fort de la crise de 2015-2016, et recevrait davantage de financement européen.

Les ports italiens seront fermés  » tout l’été «  aux ONG qui assurent le transit de migrants, a prévenu Salvini, vendredi. Résultat de recherche d'images pour "centre ferme"Or, le dénouement de la situation du Lifeline, qui a fini par imposer l’accueil de migrants à Malte, a été mis au point par des diplomates, et non par des techniciens… L’incertitude persiste sur la systématisation de la prise en charge des migrants, que refusent désormais les Italiens.  » L’espoir, c’est surtout que l’on décourage les bateaux des ONG de prendre la mer « lâche un expert. Mais encore faudrait-il encadrer les organisations du type ‘No border’… 

L’idée de  » plates-formes de débarquement  » dans les pays tiers, hors de l’UE, une autre avancée de l’accord – selon les pro-migrants qui ne veulent pas savoir qu’aucun pays n’en veut sur son territoire – semble elle aussi dès à présent mal engagée. Elle se heurte au refus des intéressés du premier rang :  la Tunisie, du Maroc et de la Libye. Pourtant, dans le cadre d’une politique plus générale d’externalisation de l’asile, le Maroc a signé en février 2005 un accord de siège avec l’OIM, l’autorisant à instaurer une représentation sur son territoire, visant à « apporter une contribution efficace à la gestion des questions migratoires au royaume du Maroc ». Les Vingt-Huit ont confié au Conseil et à la Commission l’examen du  » concept « , mais la vérité est que l’issue est plus qu’incertaine. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM, agence intergouvernementale désormais liée à l’ONU) estime que ces centres de gestion des demandeurs d’asile devaient être situés en Europe, et pas à l’extérieur de celle-ci.

Un centre de migrants à Tripoli, le 22 février.Un porte-parole a déclaré que l’agence est  » très heureuse de la solidarité et du consensus qui ont émergé «  du sommet de Bruxelles. Mais  » nous ne parlons pas de centres de traitement à l’étranger, c’est le point crucial « , a ajouté Leonard Doyle. L’OIM a exprimé son inquiétude  » insurmontable «  suscitée par l’ouverture de  » plates-formes de débarquement «  en Libye, du fait de l’insécurité qui y règne et des mauvais traitements qui y sont infligés à des migrants. Il faut rappeler, pour être honnête, que la contribution de la Libye est immense, puisque les Africains du sub-Sahara et les Arabes du Proche-Orient traversent son territoire massivement.  Et que le pays peine à contrôler les réseaux de « passeurs » dont il a été si peu question à Bruxelles.

Résultat de recherche d'images pour "libye carte flux migratoire"Les seuls accords – bilatéraux – un peu concrets pourraient bien être ceux qu’Angela Merkel a commencé à négocier avec deux pays au moins, l’Espagne et la Grèce. Ils devraient permettre de systématiser le renvoi de  » dublinés  » d’Allemagne vers ces deux pays, par lesquels ils sont entrés dans l’Union européenne.
Vendredi après-midi, les corps de trois bébés morts dans un naufrage survenu quelques heures plus tôt, à six kilomètres au large des côtes africaines, ont été récupérés par les gardes-côtes libyens. Seize survivants ont été repêchés et on estime à 100 le nombre de disparus.
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Migrants de l’Aquarius : Macron s’est laissé dicter sa conduite par des organisations supranationales et l’Espagne

La France traitera les demandes « au cas par cas, » concède Benjamin Griveaux…

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« Où sont passées mes lingettes, » demande l’ex-banquier qui, pour une fois, se retient de tripoter son interlocuteur de la main gauche

La France accueillera les migrants de l’Aquarius « s’ils répondent aux critères que nous avons fixés dans la loi, » renâcle le porte-parole du gouvernement lors de l’émission ‘Dimanche en politique’ sur France 3.

Benjamin Griveaux a estimé qu’il est « impossible » de déterminer combien de migrants de l’Aquarius seraient accueillis par la France, qui va examiner les situations « au cas par cas« .

« La France a toujours dit que s’il (l’Aquarius) avait été à proximité des côtes françaises, le droit s’imposerait. L’Espagne a pris ses responsabilités, il n’est pas question de concours », a expliqué B. Griveaux dans l’émission de la chaîne de service public.

On se laisse imposer des vies humaines, on réfléchit après

« On va voir quelles sont les différentes situations »… De force plutôt que de gré, la France « souveraine » accueillera des migrants de l’Aquarius que le nouveau gouvernement de Madrid a attirés  dimanche à Valence (Espagne), sans concertation préalable avec ses partenaires européens. 

« Ils viennent d’accoster, ça prend du temps de savoir de quelle nationalité ils sont, à quel titre ils demandent l’asile…« , tergiverse Griveaux. « On va voir quelles sont les différentes situations, on est sur de l’humain« , a-t-il martelé. Les socialistes espagnols l’ont-ils réalisé ?

Il faut selon lui « d’abord (régler) la question du traitement médical, de l’accueil, de remettre ces gens d’aplomb et ensuite l’examen » des situations, a précisé le porte-parole.

« La France prendra sa part, » a promis ce membre du premier cercle de Macron

Tandis que le président Macron se tient en retrait, c’est l’Espagne qui parle pour lui : La France a proposé d’accueillir une partie des migrants de l’Aquarius, a ainsi annoncé samedi le gouvernement espagnol. Une offre saluée par le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez comme un signe de la « coopération » et de la « solidarité » européennes nécessaires face à la crise migratoire.

Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (ex-FN), s’est dite dimanche « inquiète » que la France en accueille.

<br>Griveaux a par ailleurs répondu vertement aux députés LREM, dont Sonia Krimi, qui ont osé critiqué le silence de Macron dans l’affaire de l’Aquarius : « un responsable politique doit d’abord ne pas céder à l’émotion (…) J’entends beaucoup d’émotion, pas beaucoup de solutions et d’action« , a-t-il taclé. S. Krimi est l’arbre qui cache la forêt réelle macronienne, outrée par le cynisme de Macron : LIEN 

<br>Savoir si, avec le recul, Macron a cédé à l’émotion lorsqu’il a reproché à l’Italie son « attitude irresponsable » et « hypocrite »

Les mots de Laurent Wauquiez n’ont pas été aussi sévères envers Virginie Calmels, fauteuses de troubles juppéiste sur la place publique : le patron de Les Républicains a apporté une solution. On attend la ré-action de Macron face à l’émotion de Krimi.

L’Espagne accepte les migrants africains de l’Aquarius pour les repasser aux pays du Nord

‘SOS Méditerranée’ assure la livraison, mais ne garantit pas le suivi

 

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Un risque sanitaire non négligeable

Les passeurs ont débarqué leur cargaison dans le port de Valence, mais, après son coup de com’, le gouvernement socialiste tout juste de retour aux affaires appelle les pays du nord à les décharger du fardeau de la pression migratoire qu’il s’est mis.

 

Maintenant que les passagers de l’Aquarius sont arrivés à bon port dimanche matin, après huit jours de périple, navire supranational sans légitimité, flanqué de deux bateaux des garde-côtes italiens qui avaient pris en charge une partie de ses passagers durant les 1.500 kilomètres de traversée, les tensions ne sont pas retombées c’est finalement Madrid qui a débloqué la situation en ouvrant le port de Valence, « pour raisons humanitaires » – mais surtout politiciennes : elles rebondissent.

« Servir de catalyseur », selon les activistes du gouvernement socialiste

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Pourquoi le Datillo italien assure-t-il le débarquement de 274 clandestins à Valence, Espagne, et non pas l’Aquarius ?

 

Le gouvernement socialiste espagnol ignore encore quel sort elle réserve à ces 630 nouveaux clandestins non désirés en Espagne. La porte-parole du gouvernement, Isabel Celaa, avoue que « leur situation sera étudiée au cas par cas », sans exclure d’éventuelles expulsions.

 

Les socialistes espagnols attirent les migrants, mais tentent l’externalisation du 

contrôle des flux migratoires. « Nous espérons que l’initiative espagnole servira de catalyseur qui poussera l’Europe à prendre ses responsabilités, insiste-t-elle, une fois le coup médiatique réalisé. Ce n’est pas une question espagnole, italienne ou grecque. C’est une question européenne qu’il faut affronter entre tous », se dérobe l’Espagnole, après l’initiative gouvernementale, sans concertation avec l’Union européenne.

En revanche très engagé contre les indépendantistes catalans, le ministre espagnol des Affaires extérieures, Josep Borrell, 71 ans, rétropédale : il s’agit d’une décision symbolique , qui vise à provoquer « un électrochoc politique », pour forcer l’Union européenne à « cesser de regarder ailleurs », lâche, cyniquement, cet ancien délégué syndical, en plaidant pour un meilleur travail en amont. 
Et de citer en exemple  la stratégie de l’Espagne au Sénégal, où les aides à l’économie locale, en échange d’une meilleure coopération sur le contrôle des frontières, ont permis de barrer la route à l’immigration irrégulière vers les îles Canaries.

Troisième voie d’accès en Europe par le Sud

Des migrants à bord de «l'Aquarius», le 12 juin.
Une mise en scène promotionnelle de ‘SOS Méditerranée’

L’Espagne est la troisième voie d’accès en Europe par le sud, après la Grèce et l’Italie, avec plus de 22.000 personnes entrées par la mer en 2017, en transit. Pendant que toutes les caméras se focalisent sur l’arrivée de l’Aquarius, encore près de 1.000 migrants à la dérive sur de petites embarcations ont été repêchés au large de la côte andalouse ces derniers jours, loin des projecteurs. L’opération menée par SOS Méditerranée n’était qu’un coup de pub d’activistes qui ne règlent rien : les passeurs se déchargent sur les instances institutionnelles.
D’autres sont à venir : un appel d’air médiatisé par des irresponsables sans moralité, ça fait des dégâts humains qui n’ont rien de symboliques…

Que l’accueil de l’Aquarius se confirme ou non être un coup d’éclat sans lendemain, il n’annonce pas nécessairement un virage dans la politique espagnole en matière d’immigration. « La tendance a été au renforcement et à la militarisation des frontières ces dernières années, avec un système de surveillance électronique dans le détroit de Gibraltar et des patrouilles conjointes pour faciliter le retour dans les pays émetteurs », constate Itziar Ruiz-Gomez, professeur de sciences politiques à l’université autonome de Madrid. 

Mais le gouvernement Sanchez sait-il où il va et comment il va se sortir seul de ce mauvais pas ? L’Europe n’est pas obligée de céder à tous les coups de pub de ses membres.

Protection universelle

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Tout laisse à penser que la ligne sécuritaire de Rajoy ne va pas varier avec Sanchez, même si les socialistes du nouveau gouvernement viennent de donner des signes d’assouplissement, pour les uns, mais d’inconscience, pour les autres.

Madrid a annoncé vendredi le rétablissement du droit à la protection universelle, qui donnera accès à la santé pour les sans-papiers et peut fixer les Africains en péninsule ibérique.<br>Il pourrait aussi donner satisfaction aux organisations de défense des droits de l’homme en décidant du retrait les lames tranchantes sur les hauts barbelés frontières de Ceuta et Melilla, les deux enclaves espagnoles en Afrique du nord. Mais les internationalistes des Droits de l’homme et le gouvernement populiste de Pedro Sanchez trouveront-ils le soutien de la population espagnole ?

Reste qu’en toute hypothèse, les Espagnols passeront le relais à la France et aux autres européens. <br>D’ores et déjà, certains adeptes du « benchmarking » dénoncé par Gérard Collomb doivent être accueillis en France, après l’examen de leur situation en Espagne, avait annoncé le gouvernement espagnol samedi. L’Espagne a annoncé ce samedi qu’elle accepte l’offre de la France [sic] d’accueillir les clandestins de l’Aquarius « qui répondraient aux critères du droit d’asile ». La France acceptera les migrants qui « exprimeront leur désir de rejoindre ce pays », a annoncé Madrid !

Les villes portuaires à gauche, portes ouvertes aux migrants méditerranéens

Les 629 migrants de l’«Aquarius» vont être conduits en Espagne

19260334_1969061346700180_2671281506149445672_nA peine le premier ministre Mariano Rajoy a-t-il été renversé le 2 juin que, le 11, le socialiste Pedro Sánchez (50,3% des voix socialistes) invite plus de 600 migrants en Espagne où la plupart ne resteront pas.

Les 629 clandestins de l’«Aquarius» étaient bloqués en mer, dans l’attente d’un port d’accueil… Parmi eux, sept femmes enceintes : pour le droit du sol ? Le sort des migrants de l’Aquarius est donc enfin fixé.  Avant de choisir leur destination finale, quelque part en Union Européenne, ils vont être transbordés sur des navires italiens pour être conduits en Espagne, où le gouvernement de Pedro Sanchez a proposé de les accueillir, sans recevoir l’accord de ses partenaires européens.

Le port de Valence devrait accueillir les migrants de l’Aquarius dans les prochains jours

SOS Méditerranée

Des navires italiens vont prendre le relais de l’Aquarius, navire de l’association européenne de sauvetage en mer depuis la Libye ‘SOS Méditerranée’, qui ne réunissait pas les conditions de sécurité suffisantes pour aller jusqu’en Espagne.
L’Aquarius est géré par la compagnie maritime allemande Jasmund Shipping, en partenariat avec ‘Médecins du Monde’ jusqu’en avril 2016, puis avec ‘Médecins sans Frontières’ (section Amsterdam) depuis mai 2016. Seize députés français, principalement issus du Parti socialiste et du Parti radical de gauche, donnèrent alors une partie de leur réserve parlementaire à SOS Méditerranée et financèrent ainsi une semaine d’intervention.
‘SOS Méditerranée’ est un réseau international créé le 9 mai 2015 et présidé par Francis Vallat, président d’honneur fondateur du Cluster Maritime Français
, qui coordonne 18 clusters nationaux de l’Union européennequi dynamise les solidarités entre 400 entités maritimes françaises et co-organise les Assises de la mer, rassemblant 1.800 responsables de la vie maritime française, dont le Premier ministre et d’autres membres du gouvernement), ainsi que le Salon « Euromaritime ».

Francis VallatFrancis Vallat, 72 ans, a derrière lui cinquante ans de carrière dans le domaine de la mer. Bien qu’après trente ans, il fut licencié en 1997 de la présidence de Van Ommeren Tankers, un important armateur pétrolier néerlandais, il est la personnalité la plus importante du monde maritime français : on le retrouve au conseil national de la Lloyd’s, la célèbre compagnie d’assurances britannique, ou au comité international du bureau Veritas, le leader mondial de la certification des normes, et a été vice-président d’Intertanko, le groupement mondial des tankers pétroliers.
Francis Vallat a été vice-président de l’Agence européenne de sécurité maritime. Il a fondé en 2006 le Cluster maritime français (CMF), regroupement de toutes les entreprises du secteur. Plus de 5.000 cadres et dirigeants d’entreprises sont passés par le Cluster. 400 entreprises ou entités maritimes y adhèrent. Ses Assises de la mer ont attiré jusqu’à 2.000 personnes, dont des ministres.
Depuis quatre ans, Francis Vallat a passé la main. Mais
 il est toujours président d’une autre « grappe maritime », l’European Network of Maritime Clusters, qui rassemble les clusters de dix-sept pays européens… Francis Vallat a aussi été président de l’Institut français de la mer. Sans compter ses SCI, ses multiples engagements associatifs ou sportifs toujours dans le même domaine de la mer.

Rien d’étonnant à retrouver Francis Vallat dans les allées du pouvoir. Au tournant du millénaire, c’est le ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot, qui le décore de la Légion d’honneur. En janvier 2012, il prend la parole à une journée thématique de l’UMP où il explique entre autres aux organisateurs « qu’ils sont nuls en communication »… On peut aussi croiser Francis Vallat dans les couloirs de Bruxelles : il a même droit à une page entière sur le site internet de la Commission européenne avec sa biographie en anglais.
C’est donc cet homme qui préside SOS Méditerranée, que la presse présente comme une association citoyenne, une initiative militante née entre la poire et le fromage, quelque part entre Berlin et Marseille. Son association revendique 11.200 donateurs.

« Des vivres seront livrés sous peu à l’Aquarius par un navire italien », a précisé l’association sur Twitter. Le centre de commandement des secours de Rome « planifie de transborder les rescapés plus tard sur des navires italiens après quoi nous mettrons le cap ensemble sur Valence », a-t-elle ajouté.
L’Aquarius était bloqué en mer à la suite d’un bras de fer entre l’Italie et Malte, qui refusaient tous deux d’ouvrir leurs ports aux migrants en situation irrégulière. Dans l’impasse, l’Aquarius avait alors reçu une proposition du socialiste Pedro Sanchez, nouveau premier ministre espagnol pour accoster au port de Valence.

<br>Le maire de Palerme ouvre l’Europe aux migrants, mais en garde très peu en Sicile

Pour éviter de garder à sa charge des milliers d’Africains passés par la Libye, une seule solution pour le maire de la capitale sicilienne, dès 2015 : la liberté d’entrer légalement dans l’UE. « Si les Syriens, en tant que personnes provenant d’un pays en guerre, ont droit de toute façon au statut de réfugié, pourquoi leur interdire de prendre un billet d’avion Istanbul-Paris, par exemple et les obliger de passer par la Libye, la traversée de la Méditerranée« , s’était-il interrogé.
En 2017, Leoluca Orlando, un maire de centre-gauche, en était à vouloir « abolir le titre de séjour pour les migrants ». Il se justifie : « Je ne comprends pas pourquoi les frontières existent. L’Union européenne était l’occasion rêvée pour dire « nous sommes au delà des nations, nous ne sommes qu’un ensemble de minorités. » Selon lui, chacun doit pouvoir décider de ce que devrait être sa terre natale

La Corse propose l’ouverture de ses ports

Ce mardi, le président du conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, a également proposé d’accueillir sur l’île le navire affrété par l’ONG SOS Méditerranée. « Manque de vivres, mauvaises conditions météo, et port espagnol trop éloigné : face à l’urgence, le conseil exécutif de Corse propose à @SOSMedFrance d’accueillir l’#Aquarius dans un port #corse », a tweeté l’élu nationaliste qui a été l’avocat d’Yvan Colonna, condamné pour l’assassinat du préfet en exercice Claude Erignac.

Une offre appuyée par le président nationaliste de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, ancien avocat spécialisé dans la défense de  nationalistes corses,  notamment des militants ayant participé à la lutte armée à travers le FLNC.

En revanche, le nouveau ministre italien de l’Intérieur avait mené sa campagne des législatives sur le thème de la fermeture des frontières aux migrants

Le ministre, Matteo Salvini, ex-patron de la Ligue, a prévenu qu’une fois au pouvoir, il ferait tout pour empêcher ces débarquements, particulièrement lorsqu’ils sont le fait des ONG qui patrouillent au large de la Libye.

L’Italie, qui a vu quelque 700.000 migrants débarquer sur ses côtes depuis 2013, a régulièrement reproché aux Européens d’avoir détourné les yeux et de l’avoir laissée seule face à la crise migratoire.

<br>Mélenchon est-il candidat à Marseille pour ouvrir les vannes ?

Le principal opposant d’extrême gauche entretient le suspense sur sa candidature, mais son parachutage sur cette ville ouverte sur la Méditerranée suggère un plan politique de facilitation de l’entrée de tous les migrants venus d’Afrique et du Proche Orient.

Né à Tanger, Mélenchon, qui se considère comme un « indépendantiste français » face à l’Union européenne, condamne la volonté d’Emmanuel Macron d’appliquer pleinement l’accord avec la Turquie sur les migrants.  Dans un communiqué, le député des Bouches-du-Rhône a estimé le chef de l’Etat « poursuit la fuite en avant sur les conditions d’accueil des réfugiés » : il confie, selon lui, le traitement des demandeurs d’asile à un régime dictatorial ». Mélenchon accuse « l’Union européenne [qui] continue de pousser les populations africaines au départ en forçant les États à signer des accords et libre-échange« . 

L’ancien sénateur renvoie dos à dos ceux, à droite ou au gouvernement, qu’il juge trop fermés et ceux, plus à gauche, ses alliés de l’extrême gauche, dont il dénonce l’idéalisme naïf. «Une fois que les gens sont là, que voulez-vous faire? Le rejeter à la mer? Non, c’est absolument impossible. Donc il vaudrait mieux qu’ils restent chez eux. Je suis fatigué de ces discussions où les fantasmes s’affrontent les uns et des autres. Entre ceux qui hurlent sans réfléchir et s’en remettent à des expédients sécuritaires sans consistance et ceux pour qui il est normal que tout le monde puisse venir où il veut, quand il veut». Des propos qui prolongent ceux tenus par le fondateur du parti de gauche dans Le Monde le 24 août dernier : «Je n’ai jamais été pour la liberté d’installation et je ne vais pas commencer aujourd’hui. Mais est-ce que s’il venait 10.000 médecins s’installer en France, ce serait une chance? Oui».  Entre l’immigration au « faciès » universitaire de Mélenchon et le « benchmarking » de Collomb, la France va devoir choisir…