Des musulmans menacés par des militants de l’ultra droite : la violence appelle-t-elle la violence ?

Quand des musulmans se disent menacés, l’Intérieur lance un coup de filet contre le groupuscule soupçonné 

afo_0_0.jpegQue nous dit-on de ce coup de filet ?

Les interpellations ont été menées par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) le 23 juin 2018, lors d’un vaste coup de filet antiterroriste.  Dix personnes soupçonnées de projeter des actions violentes contres des musulmans ont été interpellées samedi dans plusieurs endroits en France.

Elles gravitaient dans l' »ultra droite radicale », « ultra » signifiant déjà « radical »…  Dimanche soir, ces individus étaient encore en garde à vue. Lorsqu’ils appartiennent à l’ultra gauche, ces « individus » sont des « personnes »… Comme le prévoient les textes en matière de lutte antiterroriste, leurs gardes à vue peuvent durer jusqu’à 96 heures. 

Qui sont les personnes interpellées ?

Selon les informations du  service public de France 2, les suspects se regroupaient autour d’un groupuscule baptisé AFO, pour « Action des forces opérationnelles« . Parmi eux se trouvent des trentenaires, des quinquagénaires et des sexagénaires : une indication qui ne fait guère sens ! Aucun des interpellés n’est actuellement encarté au Rassemblement national (ex-FN), déplorent les sources proches de l’enquête à France 2.

Un retraité de la police figure parmi les dix personnes arrêtées. Sans doute l’arbre qui cache une forêt… D’après des sources proches de l’enquête citées par l’AFP,  il s’agit du chef de file de ce réseau. Il « avait la volonté d’en faire un groupe plus dur« , croit pouvoir affirmer une des sources anonymées ou fantasmées. Il est âgé de 65 ans et vit en Charente-Maritime, avance Le Parisien.

Où ces interpellations ont-elles eu lieu ?

Les suspects ont été arrêtés en Ile-de-France, en Charente-Maritime, dans la Vienne et en Corse, par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L’opération antiterroriste s’est également déroulée dans le Cher, d’après Le Parisien. Une géolocalisation qui suggère une menace diffuse dans quatre des coins de l’hexagone…

Que leur reproche-t-on ?

Ces « individus » envisageaient un passage à l’acte qualifié de « violent », malgré des « contours mal définis à ce stade« , selon des sources proches – mais non précisées – de l’enquête, mais celles-ci affirment toutefois qu’ils projetaient de s’attaquer à des musulmans. Ils étaient surveillés depuis plusieurs semaines après avoir commencé à effectuer des repérages autour de mosquées et établi une liste d’imams à cibler, suppute l’AFP. Des explosifs et des grenades artisanales auraient été retrouvés dans un appartement de la région parisienne, avancent des sources toujours aussi « proches », mais inconnues, de l’enquête, selon France 2.

Dans un communiqué, comme il en produit chaque mois pour donner l’illusion de son efficacité à détecter des « projets avortés », le ministre de l’Intérieur a précisé qu’une information judiciaire était ouverte depuis le 14 juin. « Après un important travail de renseignement conduit par la DGSI, la section antiterroriste du parquet de Paris décidait le 13 avril dernier d’ouvrir une enquête préliminaire pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes contre les personnes », assure Gérard Collomb.

Selon TF1-LCI, qui a révélé le coup de filet, les suspects ciblaient notamment des imams radicaux, des détenus islamistes sortant de prison, mais aussi des femmes voilées, choisies au hasard dans la rue : la réponse du berger à la bergère radicalisée.

L’Agence française de presse ne nous dit pas tout…

blog -guerre civile a craindre-embrasement Tour Eiffel-VA.jpgDes mercenaires au premier plan de l’image ci-dessus, des avions et des bombes au second, des chars d’assaut sur l’esplanade du Trocadéro, la Tour Eiffel noyée dans une fumée noire : le site internet qui héberge AFO est sans équivoque, tout comme son titre – «Guerre de France. Préparation des citoyens-soldats français au combat sur le territoire national», mais rien qui précise jusqu’ici la cible désignée par la presse aux ordres du pouvoir.

Des onglets y désignent «les adversaires», détaillent une «formation militaire» (mais les Femen’ font de même) et les méthodes de «renseignement» à adopter, proposent divers liens bibliographiques et vidéos. <br>L’un de ces onglets est consacré à AFO, qui propose notamment des «fiches réflexe» sur les comportements à tenir «face à la police et la justice», ce que pratiquent pareillement la mouvance ultra des gauches, mais aussi le «matériel de crise» nécessaire et les attitudes en cas d’«hostilités graves» (émeutes, affrontements). Toujours rien, donc, qui cible spécifiquement les « musulmans » qui recèlent des éléments terroristes en leur sein. 

Parmi les adversaires, ils comptent aussi  » les milices gauchistes, anarchistes, zadistes, antifas etc…, aux ordres de la « nébuleuse d’extrême gauche », mais « les instructions viennent peut être de très haut dans les rouages de l’Etat »: « un exemple frappant avec les émeutes de Nantes (février 2017). Si cela démarre au moment opportun et s’arrête de la même manière, c’est bien que des ordres sont donnés ».

Ils nomment enfin « les bataillons boboïdes des « humanistes », « droitsdelhommistes », bizounours, idiots utiles etc… Certes, à la moindre gesticulation, ce sera l’envolée de moineaux, mais les avoir dans les pieds, et surtout dans le dos, en cas d’encerclement de ZUS [zones urbaines sensibles, dévoreuses d’aides sociales]. Leur principal inconvénient est que leur masse permet des infiltrations, diversions et manipulations par ou au profit des combattants adverses, en particulier dans la manipulation de la population.« 

Avatars des événements d’Algérie ?

blog -Camus JY-Observatoire radicalites.jpgSur le portail, «on retrouve toute une littérature sur l’imminence de la guerre civile ethnique» et d’un conflit de civilisation[s] qui a fleuri depuis le 11-Septembre, interprète le politologue Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités, dédié à l’extrême droite, ce qui est réducteur… Celui-ci a le sentiment que «les attentats [jihadistes en France : « djihadistes », si on est Français] ont confirmé chez ces personnes [sur la base de quels éléments justifiant cette assertion?] l’idée qu’ils avaient raison avant l’heure [citation étayant cette affirmation?], que le scénario de l’apocalypse se vérifiait, que l’action violente est la seule solution» [même Wikipedia réclamerait des preuves de ces assertions ; en effet, Camus étudie de manière biaisée l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien en France, du seul point de vue arabe, alors que la France, comme le reste du monde, est pourtant sous le choc des actes de haines et d’ actions terroristes sanglantes].

«L’arrivée des migrants a rajouté une raison pour eux de passer à l’action, lâche-t-il, car ils sont persuadés [subjectivité de l’un comme des autres] que cette vague d’immigration est une cinquième colonne de l’islam,» raille encore J.-Y. Camus, un démocrate grand teint qui prôna néanmoins l’interdiction de la Ligue de défense juive – classée depuis 2001 organisation terroriste par le gouvernement – , alors que la France, comme le reste du monde, est pourtant profondément marquée par les …attentats islamistes du 11 septembre aux Etats-Unis. Son épouse journaliste -antisioniste vertueuse- a travaillé pour la radio BFM où elle réalisa et présenta la revue de presse des magazines et collabora à Témoignage Chrétien, très résolument situé à gauche

Les ennemis désignés par AFO sont d’abord les «tenants du système islamique» [désignés sous le sigle TSI], à savoir «principalement des musulmans d’origine ou convertis», auxquels se greffent d’autres soutiens «par affinité et « esprit de quartier »», par «haine partagée de la police (et donc de l’armée) et des blancs», mais aussi par «intérêts financiers dans les trafics». Camus participe désormais au site d’information Rue89 (appartenant au Groupe L’Obs) et a repris une chronique dans …Charlie Hebdo.

Les premières demandes de dissolution, initiées par le … MRAP en 2002, furent relayée dans une pétition de 2009 par les révolutionnaires trotskistes et anti-capitalistes du NPA, les altermondialistes des Verts et l’extrême gauche du  Parti de gauche : à la satisfaction de Camus ?

En toile de fond, «il y a une sorte de remake de la guerre d’Algérie, , raconte Jean-Yves Camus, toujours à charge, de la lutte entre la France et des gens qui sont vus comme les continuateurs de l’ennemi du temps de cette guerre», des victimes des « éternels néo-colonialistes », selon ce directeur de l’Observatoire des radicalités politiques, émanation de la Fondation Jean-Jaurès, un think tank proche du Parti socialiste et dirigé par le franc-maçon Henri Nallet, octogénaire et ancien ministre de l’Agriculture du président Mitterrand. «La guerre récente qui se rapproche le plus du problème militaire posé est sans nul doute la Guerre d’Algérie», peut-on ainsi lire sur le site : «L’ennemi a sensiblement les mêmes origine, mentalité, éducation familiale, religion que les terroristes du FLN».

Cette frange d’extrême droite s’oppose au communautarisme et aux  » zones de ‘non-France’ « 

Mars 2017

«Il y aussi le sentiment que l’Etat ne fait pas son travail», relaie Jean-Yves Camus : «Ces gens, pour ceux qui viennent des forces de sécurité, considèrent qu’ils sont – même à la retraite – chargés de la mission de « nettoyage » que l’Etat ne fait pas», écrit Camus. Face à ceux qui veulent «imposer l’islam et la charia sur les « zones de non-France »» (ZNF), le groupuscule veut développer une «garde territoriale» aux connaissances militaires précises, explique encore cet observateur « impartial » mais membre du conseil scientifique de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme (DILCRA), présidé par Dominique Schnapper, 83 ans, une fille de… et elle-même sociologue et politologue.

 

Dans cette «guerre asymétrique» et non-déclarée, le site souligne également l’importance du renseignement à mener «pour déterminer les contours des ZNF, localiser les lieux de commandement, de stockage des armes, les planques, l’identité et les lieux de vie des radicalisés et chefs militaires…». Lien source

Le site propose divers textes à toutes et tous comme un mode d’emploi «de survie urbaine en zone occupée», un texte sur «contre-insurrection et action psychologique», des notes pour déjouer les techniques de surveillance policière (géolocalisation et traçabilité par les portables ou le GPS: c’est dire le niveau !)… Le parfait manuel idéologique et stratégique pour une guerre de civilisation. Car «si le camp loyaliste perd cette guerre, est-il écrit, c’en est fini de ce pays merveilleux qu’est la France et de notre civilisation».

Un couple islamiste interpellé en France : revient-il de Syrie avec un projet d’attentat?

Garde à vue dans les locaux de la DGSI

Un couple de Tchétchènes, soupçonné d’avoir séjourné en Syrie, a été interpellé en France par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et placé en garde à vue mardi 5 juin, selon une « source proche de l’enquête », vendredi 8 juin 2018.

Leur arrestation s’est déroulée pour l’un dans le Puy-de-Dôme et pour l’autre, en Moselle. Elle a été menée dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le Parquet de Paris en février dernier pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crime d’atteinte aux personnes ».

Le couple est en garde à vue dans les locaux de la DGSI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). L’enquête doit permettre de déterminer si l’un des deux mis en cause ou les deux ont séjourné en Syrie.

L’attentat de l’Opéra Garnier à Paris, commis un homme d’origine tchétchène.

La République tchétchène a fourni un grand nombre de djihadistes parmi les étrangers partis rejoindre les rangs de Daech.

En France, le dernier attentat djihadiste a été commis par un Franco-russe d’origine tchétchène de 20 ans suivi pour radicalisation, Khamzat Azimov. Armé d’un couteau, il a tué un passant de 29 ans et blessé cinq autres personnes dans le quartier de l’Opéra Garnier à Paris.

Un ami de ce dernier, Abdoul Hakim Anaiev, a été mis en examen et incarcéré pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de préparer des crimes d’atteintes aux personnes ». L’attaque a été revendiquée par le groupe islamiste.