Une association pro-migrants appelle à la démission de Gérard Collomb

« Il faut que Gérard Collomb démissionne », selon une association

FRANCE-MIGRANTS-REFUGEESLe ministre de l’Intérieur aurait confié à des proches laisser traîner la situation des migrants à Paris pour faire du tort à Anne Hidalgo à deux ans des municipales. On imagine pourtant mal que des proches du ministre aient fait cette révélation qui n’a pas manqué de faire bondir les associations de clandestins à Paris. Les plus populistes rappellent qu’il s’agit d’êtres humains en souffrance.

Résultat de recherche d'images pour "Yann Manzi"Yann Manzi, le fondateur et co-président de l’association Utopia 56, juge « incroyables » de telles déclarations. « Ce sont des êtres humains laissés dans l’insalubrité pour faire de la politique, c’est lamentable », s’indigne-t-il d’abord. « C’est horrible ce qu’il dit, ce sont des vies humaines; c’est une honte d’être gouvernés par des personnes pareil, poursuit-il, visiblement animé par son orientation politique. C’est inhumain« 

Cette association bretonne du Morbihan (56) organise du bénévolat pour aider les clandestins à Paris, à Calais et partout. 

« Gérard Collomb joue avec Anne Hidalgo, c’est minable », repart Yann Manzi qui rappelle que les demandeurs d’asile – mais ils ne le sont pas tous – sont sous la responsabilité de l’Etat et non de la mairie.

Depuis plusieurs semaines, la maire PS de la capitale appelle l’Etat à agir après la dégradation de la situation des illégaux à Paris. 

Collomb assume de ne pas se mettre en quatre pour les migrants clandestins

Ce mois-ci, deux illégaux ont perdu la vie dans  deux canaux parisiens différents. Ni Collomb, ni Hidalgo, Brossat (PCF) ou Julliard (PS) ne leur a appris à nager. De plus, et c’est connu depuis des années sans empêcher les migrants de pénétrer en France illégalement, les conditions de vie dans ces campements improvisés sont « déplorables », selon Yannick Le Bihan, directeur des opérations France de Médecins du monde, proche du PCF. Il s’agit de « personnes qui ont vécu des choses assez dures et qui vivent dans des conditions d’accueil pas dignes » ce qui a un impact négatif sur « la santé et la santé mentale », répète-t-il, sans un mot pour les risques sanitaires encourus par les riverains. Ces morts sont « la conséquence d’un endroit qui n’a pas lieu d’exister« , analyse-t-il.

 Contrairement au gouvernement, la mairie a agi pour les migrants, estime Yann Manzi,.

Ce que confirme Médecins du monde. La mairie de Paris « a installé des points d’eau et des toilettes », mais du côté de l’État, « les services ont mis du temps à réagir », accusent-ils, et pour le moment « rien n’a été fait », raconte Yannick Le Bihan. Et d’ajouter, tout en nuances : « On s’interroge sur le délai et la lenteur de la réaction », tandis que « les populations de réfugiés sont de la responsabilité de l’Etat et non des élus« .

En revanche, la constitution de ghettos de rues ne serait-elle pas la responsabilité d’associations qui les concentrent dans quelques lieux, parfois à risques.

Gérard Collomb piétine les droits de l’Homme et les droits de l’enfant

Yann Manzi, fondateur de l’association Utopia 56

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Le ministre de l’Intérieur a promis l’évacuation du camp mercredi matin, mais les associations s’interrogent sur leur mise à l’abris une fois le lieu dégagé. Même si elles sont d’accord pour dire « qu’ils ne peuvent pas rester là », la question est de savoir « quelles conditions d’hébergement leur seront réservées ».

Jeudi 17 mai, déjà, un ensemble d’associations poussait un cri d’alarme sur la situation des 2.400 migrants vivant en campement à Paris. Le fondateur d’Utopia 56 raconte alors qu’il y a deux jours, « des bus de CRS embraquaient des migrants » devant eux, afin de, selon lui, « appliquer la loi (asile et immigrationndlr), les renvoyer en masse pour flatter l’électorat du Front national ».

Il rappelle alors que cette loi, adoptée le 22 avril dernier, est vivement critiquée par de nombreuses instances comme le Défenseur des droits, la Ligue des droits de l’Homme, le Conseil de l’Europe…« On accueille mal pour que les autres ne viennent pas et éviter ce fameux appel d’air », critique encore Yann Manzi qui conclut : Gérard Collomb « piétine les droits de l’Homme et les droits de l’enfant »« il faut qu’il démissionne ».

Dommage que Médecins du Monde, puis Utopia 56 aient claqué la porte du centre humanitaire d’accueil des migrants au printemps…

Hollande pourra-t-il aller au bout de son mandat ?

Une majorité battue à deux scrutins reste-t-elle légitime?  
Et son président à 3% dans un sondage ?
Media et politiques s’interrogent. 

Christian Delporte décrypte la situation après les échecs du PS aux européennes: et si François Hollande n’allait pas au bout de son mandat ?

Invité de BFM-TV au lendemain de la débâcle des européennes, François Bayrou a eu un sursaut de désir d’avenir, lâchant « François Hollande n’ira pas au bout de son mandat. Il va y avoir un coup de foudre d’ici là. On ne peut pas durer trois ans dans la situation où on se trouve. »

Selon une étude OpinionWay réalisée en exclusivité pour Le Figaro Magazineles Français ne sont plus que 3% à préférer François Hollande comme candidat du PS à la prochaine présidentielle de 2017. En dépit de la force des institutions, l’hypothèse de voir François Hollande démissionner est-elle désormais crédible?

La démission du leader qui n’a plus la confiance du peuple est une vieille question, théorisée par…les bolcheviks ! Sur le plan institutionnel, rien n’oblige François Hollande à partir. L’impopularité mesurée par les sondages (même si l’actuel Président bat des records, sur ce plan) ou l’échec aux élections intermédiaires ne suffiront pas, sauf s’il en décidait lui-même ainsi, à le pousser à la démission. A cet égard, ses prédécesseurs ont eu la même attitude. Seule une situation exceptionnelle de chaos (manifestations et grèves massives, pays bloqué, violences…) pourrait l’y conduire. Nous n’en sommes pas là. Quand on est à la tête de l’Etat, on croit toujours, même si on s’illusionne parfois, qu’on finira par rebondir et reconquérir l’opinion. La démission, pour un homme politique, a fortiori exerçant les plus hautes fonctions, est une extrémité inadmissible. Seuls l’épuisement ou la contrainte sous une forte pression l’y mènent éventuellement. En attendant, les leaders de l’opposition peuvent bien poser la question du départ de Hollande, c’est bon pour mobiliser leur électorat qui attend un tel discours. Mais, en leur for intérieur, ils savent, par expérience, que cela ne se produira pas. 

Cette situation serait-elle inédite dans l’histoire politique?

Le Président Mac Mahon a démissionné en 1877, après avoir dissout la Chambre, finalement poussé dehors par la nouvelle majorité républicaine qui refusait de gouverner avec lui. Alexandre Millerand fut dans la même situation en 1924. D’autres chefs de l’Etat ont démissionné sous la IIIe République: Jules Grévy, en 1887, emporté par un scandale, Jean Casimir-Périer, en 1895 (après 6 mois et 6 jours, par dépit), Paul Deschanel, en 1922 (pour des raisons de santé bien connues): mais, à l’époque, comme disait De Gaulle, les présidents « inauguraient les chrysanthèmes » [Et une rupture de confiance avec le peuple n’impactait pas aussi lourdement le pays que sous la VIe République]. Le Général, justement, est parti en 1969, désavoué par le peuple lors d’un référendum où il avait mis son mandat en jeu. Dans ces deux cas, le départ résulte de l’expression du suffrage universel [Et on comprend donc ce qui fonde l’aversion de Hollande pour le référendum]. Mais, malgré lui [suffrage universel], Mitterrand, à deux reprises (1986, 1993) et Chirac (1997) ont préféré la cohabitation à la démission [le socialiste avait choisi la stabilité contre le chaosrendant ainsi hommage à la Constitution de 1958…]. On se rappelle aussi qu’en 1968, De Gaulle avait écarté l’hypothèse de sa démission, préférant dissoudre l’Assemblée nationale, provoquer des législatives anticipées et, ainsi, poser la « question de confiance » au peuple français [et préférer le dialogue direct]

L’Express titre en une cette semaine, « Encore trois ans », tandis que Valeurs actuelles pose la question « Doit-il partir? » 

Ces Unes sont-elles le reflet d’une fragilité réelle du pouvoir ou contribue-t-elle à le déstabiliser?

Valeurs actuelles s’adresse à une clientèle de droite, tandis que L’Express vise un public plus large, mais les deux se rejoignent, simplement parce qu’ils traduisent l’air du temps. Je ne me lancerai pas dans la théorie de la poule et de l’œuf. La presse [Libération? Le Monde ?] évoque le départ de Hollande, parce que son impopularité bat des records et que, pour vendre, il ne faut jamais trop s’éloigner de ce que pensent ses lecteurs…Mais, du coup, répétée, reprise, l’idée du départ fait son chemin. La presse est généralement opportuniste et panurgienne. 

Le chrysanthème manque d’eau

Souvenons-nous de l’époque de Nicolas Sarkozy, d’abord porté aux nues, ensuite jeté aux orties. La mode est au Hollande-bashing, pratiqué jusqu’à l’intérieur du PS (au moins dans les couloirs). Si Hollande remonte, même timidement, dans les sondages, il n’est pas exclu que quelques magazines le trouvent soudain formidable et s’interrogent sur sa réélection, avec des titres, du genre: «Et s’il réussissait son pari?»… Ainsi va la presse.

François Hollande bat des records d’impopularité et ne dispose plus d’une majorité solide. Dans ses conditions, comment peut-il tenir? De quelles options politiques dispose-t-il encore?

Il n’a pas beaucoup d’options. Je ne crois guère à la dissolution. Elle pourrait être contrainte, si le désaveu des « rebelles » du PS se traduisait par un vote de défiance à l’Assemblée. Mais les députés du PS se feront-ils hara-kiri? Combien reviendraient au Palais-Bourbon? Les Verts, dont la plupart des députés le sont grâce au PS qui leur a laissé des circonscriptions, y perdraient toutes leurs plumes. 

Pour le sport, imaginons la dissolution surprise. Elle se fonderait sur un pari risqué: l’échec aux législatives, la cohabitation avec l’UMP [union nationale obligée, suggérée par BHL], l’usure de la nouvelle majorité et une nouvelle virginité politique dans l’opinion (à l’instar de Mitterrand et de Chirac) lui ouvrant les portes de la réélection en 2017. Franchement peu vraisemblable. Le plus évident pour Hollande, c’est de miser sur le retour de la croissance [ce qu’il n’a cessé de faire, dans les zig-zag d’une politique affolées par les vents contraires], dont les signes sont présents dans plusieurs pays d’Europe [nous assure-t-on, sans qu’elle se précise, ni en Allemagne, ni aux USA]. Son seul atout, c’est le temps, ces trois ans qui nous séparent de l’échéance présidentielle. C’est là-dessus qu’il mise.

François Hollande, s’il ne démissionne pas, a -t-il encore une chance d’être candidat à sa propre succession en 2017 ?

Valls éclipse Hollande dans les sondages
Tout président élu pour un premier mandat rêve d’en accomplir un second, tout en se gardant de le dire. Difficile pour le PS de lui contester une deuxième candidature [et c’est bien pourquoi les primaires sont une arme à double tranchant], sans provoquer une crise qui ferait resurgir brusquement le spectre de 2002. Cependant, le contexte jouera également. En cas d’impopularité forte, la presse testera d’autres noms [que Hollande situé à 15% par les …sympathisants socialistes] ceux de Valls [40%], Aubry [16%], Montebourg [3%] ou d’autres. Si les sondages le donnent perdant à coup sûr, alors qu’un socialiste pourrait l’emporter, une incroyable pression s’exercera sur lui, à laquelle il lui sera rude de résister.

La solution ne pourra venir que des oppositions. Ou de la rue !