Une étude du ‘think tank’ socialiste Terra Nova, pour LREM, jugée raciste

« De la mauvaise foi; totalement ridicule », évacue son directeur

Quetionnaire en ligne réalisé pour En marche.Publiée le 8 juin par le groupe progressiste de réflexion Terra Nova, cette étude en ligne destinée à des adhérents de la République en marche, fait rugir les réseaux sociaux et la classe politique française. « De la mauvaise foi », juge le directeur du groupe de réflexion, Thierry Pech, ancien directeur de la rédaction du magazine Alternatives économiques, magazine traitant de questions économiques et sociales de manière biaisée. Juliette Méadel, secrétaire nationale du PS, ex-secrétaire d’Etat chargée de l’Aide aux victimes de François Hollande et porte-parole du  sans avoir jamais été élue députée, a été brièvement, jusqu’au 8 novembre 2013, directrice générale.

« On ne se sent pas chez soi comme avant »« Il y a trop d’immigrés en France »« Les chômeurs peuvent trouver du travail s’ils le veulent vraiment » : le questionnaire en ligne, intitulé « La République en marche, anatomie d’un mouvement » et rédigé par le think tank Terra Nova vise à mieux connaître les adhérents de La République en marche,  mais surtout, la polémique qu’il suscite démontre que la gauche communautariste fait obstacle à la liberté d’expression, singulièrement à tous les sujets qui permettraient une meilleure maîtrise de la crise migratoire. 

Exemple de questions dans le questionnaire de Terra Nova pour La République en marche.
Exemple de questions dans le questionnaire de Terra Nova pour La République en marche. (capture d’écran)

Les quelque 30.000 militants sont invités à réfléchir graduellement à leur positionnement, de « tout à fait en désaccord » à « tout à fait d’accord ». Parmi cet inventaire à la Prévert, on trouve aussi bien  : « La France doit avoir un homme fort qui n’a pas à se préoccuper du Parlement ni des élections » que « L’islam est une menace pour l’Occident ».

« C’est une rhétorique rance, et c’est extrêmement grave. Je combats cette approche-là, pour moi il n’y a que des Français », déclare Rachid Témal, sénateur du Val-d’Oise, à franceinfo.

Une question révolte particulièrement Rachid Témal, apparatchik socialiste, vice-président du groupe PS au Sénat et sénateur du Val-d’Oise : « Les enfants d’immigrés nés en France sont-ils des Français comme les autres ? »« C’est une rhétorique de l’extrême droite, les Français ‘de souche’ et les Français ‘de papier’. Voilà ce qu’induit cette question. La République en marche assume cette étude », a jugé ce fils d’immigrés chez qui la référence à ses origines suscite un réflexe de plainte pour diffamation et incitation à la haine raciale.

« C’est totalement ridicule », se défend Terra Nova

Le parti La République en marche se défausse en renvoyant à Terra Nova,  qui a proposé, payé et formulé le sondage. A croire que le parti du président n’aurait pas accepté sa diffusion ! Son directeur Thierry Pech dénonce, sur franceinfo, un faux procès : « C’est totalement ridicule. Terra Nova est connu pour des positions en faveur du droit d’asile, d’une politique plus ouverte en matière migratoire. Et aujourd’hui on nous fait un procès en racisme, c’est absurde », a avancé Thierry Pech.

« C’est soit de la mauvaise foi, soit de l’incompétence et de l’ignorance mélangées, » insiste Thierry Pech, directeur de Terra Nova sur franceinfo. Il assume donc cette étude dont les résultats seront connus à l’automne. Pour lui, cette méthode d’étude existe depuis plusieurs années : « Ce sont des questions qui sont notamment posées par le Cevipof. Si vous jugez que cette enquête est raciste, vous jugez que beaucoup d’enquêtes depuis dix ans le sont aussi. Ce n’est pas sérieux », a-t-il conclu.

Améliorer la connaissance du mouvement

Le but de cette étude est officiellement d’« améliorer la connaissance du mouvement » et des 30.000 militants et 400.000 adhérents. Cette étude, menée par le directeur de Terra Nova, Thierry Pech, les chercheurs à Sciences Po Marc Lazar et Thomas Vitiello, et le chercheur au CNRS et au Cevipof Bruno Cautrès, se fonde sur un questionnaire envoyé à quelque 30.000 militants.

Il est aussi demandé dans cette étude de noter de 0 à 10 Emmanuel Macron sur certaines affirmations, du type « Il accepte facilement d’être contredit »« Il est éloquent, il a des talents oratoires », « Il n’est pas assez sensible aux demandes des Français« 

Le décret sur les routes secondaires à 80 km/h publié au JO, en dépit de l’opposition générale

Après des mois de controverse, la limitation de vitesse s’appliquera

Sont visées les routes secondaires à double sens, sans séparateur central, à compter du 1er juillet

Le décret d’application abaissant de 90 km/h à 80 km/h la vitesse maximale autorisée sur 400.000 kilomètres de routes secondaires à partir du 1er juillet a été publié dans la nuit de samedi à dimanche au Journal officiel, après des mois de controverse.

Cette limitation de vitesse s’appliquera sur les routes secondaires à double sens sans séparateur central (muret, glissière), soit 40% du réseau routier français. Source de sempiternelles querelles, cette mesure vise à réduire la mortalité routière qui, après le plus-bas historique de 2013 (3427 morts, métropole et Outremer confondus), est repartie à la hausse entre 2014 et 2016. Cette tendance s’est inversée en 2017 (3684 morts, -1,4% par rapport à 2016).

Annoncée le 9 janvier dans le cadre d’un plan gouvernemental visant à faire baisser le nombre de morts sur les routes, cette mesure suscite une vive contestation de la part d’associations d’automobilistes et de motards, d’élus locaux et même de ministres doutant de son efficacité. Dans un sondage publié en avril, 76% des Français s’y déclaraient opposés.

Conscient du tollé qu’il allait susciter son entêtement, le Premier ministre Edouard Philippe s’est toujours dit « prêt à assumer l’impopularité » de cette disposition qui permettra, selon lui, de sauver 300 à 400 vies par an. 

Une « clause de rendez-vous » fixée au 1er juillet 2020

« Réduire le nombre de morts et de blessés sur les routes françaises est un véritable enjeu de politique publique« , a-t-il ainsi répété le 18 mai, alors que la veille, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, avait préféré brandir un « joker » quand un élu l’avait interrogé sur le sujet.

Une « clause de rendez-vous » est fixée au 1er juillet 2020. « Si les résultats ne sont pas à la hauteur de nos espérances, (…) le gouvernement prendra ses responsabilités », a promis Edouard Philippe.

Face à la colère de leurs administrés, des sénateurs ont créé un groupe de travail pour évaluer « l’utilité et l’efficacité » de la mesure.

Ils préconisaient une application « décentralisée et ciblée », avec des routes limitées à 80 km/h choisies au niveau des départements en fonction de leur dangerosité. L’option n’a pas été retenue par le chef du gouvernement qui tient absolument à donner son nom à une loi ou décret.

Coût de l’ego d’Edouard : jusqu’à 12 millions…

« Le prix moyen pour changer un panneau est de 200 euros: 80 euros pour le panneau sorti d’usine, auxquels s’ajoutent 120 euros pour la pose », confie  Julien Vick, délégué général du Syndicat des équipements de la route (SER), qui regroupe notamment les principaux fabricants de panneaux de signalisation.

Ce sont les collectivités qui paient…  Le ministère précise sans honte que cette enveloppe de 6 à 12 millions d’euros ne comprendra pas l’installation de nouveaux radars.<br>Mieux, la facture ne sera pas payée directement par l’Etat, mais par les collectivités qui gèrent ces routes nationales et départementales.  Et les collectivités, c’est qui ? Double peine pour l’automobiliste et les autres, qu’ils empruntent ou non la route.