Arrêtons de dire que nous sommes Charlie Hebdo

Faut-il que l’émotion de l’horreur amalgame liberté d’expression et provocation ?

blog -Charlie hebdo 1012-amour plus fort que haine-LuzDans la foulée de l’horrible fusillade au deuxième étage des bureaux du journal satirique Charlie Hebdo, un hashtag a envahi l’Internet: #JeSuisCharlie. Certes, la formule signifie « Je suis libre », une affirmation qui rassemble massivement contre la barbarie, mais il faut savoir que dans d’autres pays démocratiques que la France, notamment aux Etats-Unis, si les journalistes et dessinateurs de Charlie hebdo avaient essayé de se vendre, ils auraient été accusés de discours de haine. Le pouvoir aurait coupé les aides de l’Etat.

Rares sont ceux qui partagent la philosophie anarcho-libertaire de Charlie hebdo. blog -Charlie hebdo-amour plus fort que haine-pour rire-SniffC’est évident au regard de la chute des chiffres de ventes. Sauf qu’en France, la ministre de la… Culture a promis de renflouer le journal d’extrême gauche: les Français qui ont un emploi et qui sont imposables vont contribuer -qu’ils le veuillent ou non- à hauteur d’un million d’euros, au sauvetage d’un hebdomadaire ordurier et provocant.

Des voix s’élèvent qui osent dire « Je ne suis pas Charlie ». Elles sont aussitôt pointée par la masse des gens qui hashtaguent l’inverse, sans avoir jamais vu ne serait-ce qu’une seule Une de ce Charlie. Combien l’ont acheté? Qui le lisait encore? La plupart en ont entendu parler pour des scandales à répétition, mais auraient reculé devant une grande partie de ce que Charlie Hebdo osait effectivement imprimé. Nombre de gens qui apportent aujourd’hui leur soutien à Charlie aurait pu aussi bien manifester leur indignation devant l’immeuble de Charlie deux semaines plus tôt.blog -attentats au depart de Charlie hebdo-delire pro palestinien de Autain clementine-tweet 10jan2015

blog -Mahomet maltraite par Coco-LHumanite et LObsAu fond d’eux-mêmes, la plupart d’entre nous ne veulent pas être Charlie Hebdo. La plupart d’entre nous ne se reconnaît pas dans le genre d’humour délibérément choquant qui est la marque de fabrique de ce journal. Ce que nous voulons, c’est une liberté d’expression auto-régulée qui aurait pu éviter à temps les tueries de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) ou de Vincennes (Paris) à partir des assassinats dans les bureaux de Charlie Hebdo. Ne s’imposer aucune limite et s’entêter dans la provocation et l’irrespect des religions, au nom de la laïcité, a conduit à des boucheries qui ont saisi le monde entier d’horreur.

Est-ce cela blog -Charlie hebdo-aux chiottes ttes les religions-Cabul’exception culturelle française? C’est en France, république laïque, qu’un cercle étroit de journalistes et de dessinateurs, poussés à la fuite en avant de la provocation par une élite auto-proclamée de bobos-intellos, s’est enlisé dans l’intolérance au nom de la tolérance et de la liberté d’expression, fût-elle agressive et insultante. Etre tolérant de la parole, comme des croyances, que nous n’aimons pas dans l’Autre, semblait à certains incompatible avec leur philosophie politique et donc insupportable et intolérable. La presse dans son ensemble a renoncé à l’exigence d’objectivité de l’information et de respect de la vérité. Son objectif sera de revenir aux fondamentaux. Informer sans dissimulation ni de ses préférences politiques, ni de ses sources. Sans volonté non plus de se faire craindre des élus, ni même d’en imposer à ses concitoyens. Que chacun soit libre de ses opinions, sans risque de représailles. S’opposer sans essayer de stigmatiser, de salir et d’exclure.

blog -Charlie hebdo-derniere Une de Charb-tjs pas attenta en France-jan2015L’émotion derrière #JeSuisCharlie est belle. La formule est certes rebattue, voire usée à force d’avoir beaucoup servi en toutes circonstances, et donc peu digne au final. Mais le plus difficile dans nos sociétés libres occidentale n’est pas la défense de la liberté d’expression, mais l’usage qui en est fait. Les sauvages qui la menacent nous le rappellent aujourd’hui, temps de laisser-aller, d’individualisme et de démagogie. Une liberté d’expression débridée rend aussi difficile la vie en collectivité que les incivilités de la vie quotidienne, du vol à l’arraché à l’insulte perverse ou banalisée, répétée, insidieuse, et à l’invisibilité excluante.

blog -Charlie hebdo-mort de rireIl faut cesser de demander l’impossible aux minorités silencieuses. Tout en continuant de rejeter la faute sur l’Autre, la France de la rue, des acteurs politiques et des journalistes ou des dessinateurs fait l’expérience que maltraiter par les armes, l’indifférence, les mots ou le crayon, c’est s’exposer un jour à la révolte d’un individu ou d’une communauté.

Peut-on rire de tout ?
Assumer ses responsabilités.

Violences conjugales en augmentation, constate Vallaud-Belkacem

Qui sont les conjoints auteurs de 121 meurtres de femmes en 2013 ?

Les violences conjugales ont fait 146 morts en 2013.

Les victimes sont des femmes, au nombre de 121. Les 25 autres sont quantité négligeable selon la presse. Elle n’en fait pas cas, parce que le ministère qui mobilise aujourd’hui les media est celui des Droits des femmes et que le cinquième occulté est constitué d’hommes, lesquels ne sont donc pas seulement des bourreaux haïssables, selon une étude publiée mercredi 7 mai par les services de Najat Vallaud-Belkacem, conjointement à ceux de l’Intérieur qui semble craindre les féministes et s’efface derrière leur battage.

Peut-on en outre prétendre honnêtement que ces chiffres sont « en baisse par rapport à l’année précédente », comme le clame avec audace une dépêche de l’AFP soumise à NVB et que reprennent en choeur les organes de presse assujettis à l’une comme à l’autre ?
Les pouvoirs socialistes font dire ce qu’ils veulent aux chiffres comme aux mots. En 2012, 148 femmes et 26 hommes avaient succombé à des violences conjugales, soit une baisse de …deux, en 2013. Encore en 2012 étaient dénombrées 540.000 victimes, dont plus de 400.000 femmes.

Les exploits de Najat Vallaud-Belkacem sautent-ils aux yeux?
Ou l’AFP intoxique-t-elle ses confrères comme la population?

Les victimes de la violence conjugale ont représenté près de 20% des homicides de toute nature répertoriés

au cours de l’année écoulée, selon cette étude du ministère de l’Intérieur.

« Dans plus de trois quarts des cas, les agresseurs ont utilisé une arme, blanche ou à feu », et « dans 50% des cas, la victime avait déjà subi des violences sous diverses formes au sein du couple ».

Mais dans plus de la moitié des cas, « la présence de substances (alcool, stupéfiants, médicaments psychotropes) susceptibles d’altérer le discernement de l’auteur ou de la victime au moment des faits » a été constatée.

L’étude souligne également que 13 enfants ont été victimes de violences mortelles exercées par leur père ou leur mère (contre 9 en 2012), ce qui ne corrobore pas le jugement hâtif d’une baisse et que 23 enfants ont été témoins d’un tel crime (contre 20 en 2012).

Que dit la propagande gouvernementale

L’école joue-t-elle son nouveau rôle d’éducation?

L’école joue-t-elle son nouveau rôle d’éducation?
La « baisse » officielle serait « le signe d’une prise de conscience de la société »
« Ces chiffres en baisse, insiste la presse aux ordres, sont le signe d’une prise de conscience de la société ». On ne s’étonnera pas que, selon le communiqué des ministères de l’Intérieur et des Droits des femmes, ils « encouragent le gouvernement à poursuivre son action ». Mais faut-il, en démocratie, que les media reprennent servilement les commentaires ministériels, sans aucune réserve, tandis qu’un plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes a justement été présenté en novembre 2013 ?

Les appels mensuels au 3919, numéro gratuit destiné aux femmes victimes de violences, sont passés de 4 000 à 7 000 en six mois. Sans faire vraiment chuter le nombre des victimes… Depuis le 1er janvier, ce numéro gratuit est accessible 7 jours sur 7.

Le projet de loi pour l’égalité femmes-hommes généralise aussi « le téléphone grand danger », qui permet aux victimes de violences d’accéder rapidement aux forces de l’ordre. Ce dispositif de téléphone portable d’urgence pour les femmes en très grand danger est déjà déployé dans dix départements.

Question éludée

Aucune statistique des violences communautaires

Ces chiffres sont sujets à caution, s’il est vrai que les femmes les plus pauvres sont quatre fois plus victimes, que la crise ne faiblit pas et que l’austérité crée une pauvreté grandissante.

Outre que les cas de violences ne sont pas tous déclarés, le tissu social a aussi terriblement évolué et se pose donc la question de l’origine sociale et ethnographique des meurtriers de 2013.

Les départements des Alpes-Maritimes (11 cas), du Nord et de la Seine-Saint-Denis (8 cas chacun) ont été les plus touchés par ces violences, suivis du Pas-de-Calais (7), des Yvelines (6) et des Bouches-du-Rhône, de l’Indre-et-Loire et de la Guadeloupe (5 chacun).

Quelques exemples ont marqué les esprits, à la décharge des communautés nouvellement arrivées qui ont une culture de domination de la femme par l’homme.

Prenons le monde politique et la gauche moralisatrice arrivée au pouvoir.

Vert pas tendre du tout, Stéphane Pocrain tabassait sa concubine : ses violences conjugales lui valent le sursis: lien PaSiDupes

Yacine Chaouat, adjoint au maire PS du 19e arrondissement de Paris, écroué pour violences conjugales aggravées: condamné en première instance, puis en appel, en septembre 2012 – lien Le Parisien

Thuram et Ségolène Royal, au temps de sa campagne 2007

Et pour la bonne bouche, celle qui au gouvernement se frite avec tous ses collègues un peu masculin, dont Cahuzac. L’ex-compagnon d’Aurélie Filippetti, actuelle ministre de la Culture, l’économiste Thomas Piketty est un grand esprit frappeur: lien PaSiDupes

Dès lors que le président Hollande honore de la Légion d’honneur un mari violent, Lilian Thuram, accusé de violence conjugale à l’encontre de Karine Lemarchand, que peut-on attendre de Vallaud-Belkacem et de l’AFP ?

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