Campagne présidentielle de Macron : ouverture d’une enquête pour « détournements de fonds publics »

Une enquête préliminaire a été ouverte après le dépôt d’une plainte par des élus de droite.

blog -Girier-Macron-Lyon.jpgPlusieurs fois pointé du doigt ces dernières semaines, le financement de la campagne d’Emmanuel Macron fera bien l’objet d’une enquête judiciaire, au moins pour sa partie lyonnaise. Vendredi 22 juin, le Parquet a ouvert une enquête préliminaire après une plainte contre X pour détournements de fonds publics, financement irrégulier de campagne électorale, abus de biens sociaux et recel.

Une plainte évidemment déposée par des élus d’opposition

La plainte a été déposée par des élus Les Républicains : le maire de Caluire, Philippe Cochet, président (venu de l’UDF) du groupe Les Républicains à la métropole de Lyon, et son homologue à la ville, Stéphane Guilland.<br>Qui étaient les invités de la grande réception organisée le 2 juin 2016 à l’hôtel de ville de Lyon en l’honneur d’Emmanuel Macron ? Etait-ce un accueil républicain ouvert à tout le monde ou seulement réservé aux soutiens d’Emmanuel Macron ? La réception a été financée par la métropole et la ville, cela pose donc un problème.« Au total, pour 950 invités, la facture s’élevait à un peu moins de 20.000 euros, en conformité avec les tarifs habituels », explique la métropole en fournissant les factures. <br>Résultat de recherche d'images pour "Jean-Marie Girier Collomb"La situation de Jean-Marie Girier, collaborateur de Gérard Collomb, engagé dans la campagne pour le candidat de La République en marche ? « Ses activités ont entraîné la modification de son contrat de travail, avec passage à temps non complet à hauteur de 70 % du temps réglementaire à compter du 17 octobre 2016, puis une rupture totale du contrat le 6 décembre 2017 », répond le nouveau président de la métropole, David Kimelfeld. <br>Les locaux de la métropole de Lyon à Paris ont-ils été utilisés par le candidat Macron ? « Depuis sa création, en 1991, la métropole de Lyon dispose, comme d’autres métropoles françaises, telles que Nice et Toulouse, d’une représentation au cœur de la capitale dont la vocation est double : permettre au président, aux vice-présidents, aux services de disposer d’un lieu de travail. Mais aussi mettre en œuvre une démarche d’information, et de valorisation et de promotion des réalisations et projets lyonnais », indique encore la collectivité. Les questions, posées en séance publique le 16 mars, ont reçu une réponse le 19. Ces réponses n’ont pas convaincu Philippe Cochet, maire LR de Caluire et président des élus LR à la métropole.

Des moyens de la ville de Lyon auraient été détournés ? Image associéeCes élus de Lyon révèlent que “des moyens publics (humains, matériels et financiers) sous le contrôle de la ville et de la métropole de Lyon” (alors dirigée par Gérard Collomb) ont été “indûment détournés et mis à disposition” d’Emmanuel Macron, alors candidat à la présidentielle. <br>Ils dénoncent notamment une importante réception organisée le 2 juin 2016 à l’Hôtel de Ville de Lyon. blog -Macron-Girier.jpgLa plainte concerne également l’ancien chef de cabinet de G. Collomb à la métropole de Lyon, et directeur de campagne d’Emmanuel Macron, Jean-Marie Girier (ci-contre, au côté de Macron), qui a joué un rôle actif dans la campagne d’E. Macron avant de rejoindre le ministère de l’Intérieur.

L’entourage de Gérard Collomb nie

blog -Girier JMarie.jpgL’entourage du ministre de l’Intérieur a déjà réagi, rejetant ces accusations : “il n’y a rien de nouveau dans ces informations dont le seul objet est de jeter le discrédit.

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Jean-Marie Girier, au centre, à la droite de G. Collomb, en route pour le Niger

La plainte des élus Les Républicains de Lyon reprend une polémique que l’opposition locale tente d’alimenter depuis plusieurs mois. La collectivité a eu l’occasion de leur répondre dans le détail à plusieurs reprises”, se défend tant bien que mal l’entourage de Collomb.

 

Plusieurs articles ont en outre déjà fait état de diverses ristournes dont aurait bénéficié Emmanuel Macron pendant sa campagne. L’équipe d’En Marche a toujours nié en bloc toute malversation.

La police judiciaire a été chargée de l’enquête et la Justice aura (peut-être) l’occasion de  faire la démonstration de son indépendance.

Un ministère de Hollande avait traité avec Bygmalion

Najat Vallaud-Belkacem accuse l’ex-ministre J.-F. Lamour d’avoir signé ce contrat

Les faits remontent à une dizaine d’années, sous la présidence de Jacques Chirac. Or, la société spécialisée dans l’événementiel, Event &amp; Cie, qui est au coeur de l’affaire visant l’UMP n’appartenait pas encore à Bygmalion qui en a fait l’acquisition par la suite.

Le contrat portait sur l’organisation d’une manifestation annuelle, les Journées jobs d’été, pour 50.000 euros. L’édition 2014 a eu lieu en mars. 

Valérie Fourneyron, la ministre de la Jeunesse qui a précédé NVB l’avait renouvelé pour trois ans jusqu’en 2015, a-t-on encore précisé.

Vallaud-Belkacem a finalement décidé de dénoncer le contrat passé par  Fourneyron

En toute hâte, le ministère a rompu ce contrat avec la filiale de Bygmalion, a-t-on appris mercredi. Depuis mars, Event &amp; Cie fait l’objet d’une enquête préliminaire du Parquet de Paris pour faux, abus de biens sociaux et abus de confiance

Un autre marché a été dénoncé par une commune du Val-de-Marne. 

Le maire de Saint-Maur-des-Fossés, successeur du centriste Henri Plagnol, a décidé de mettre fin au contrat liant la ville à une autre filiale du groupe Bygmalion, pour un marché de communication de la communeIdéepôle est soupçonné depuis un an de favoritisme et détournements de fonds publics.

Bygmalion est une agence de communication co-fondée par Bastien Millot qui est devenu avocat au barreau de Marseille en 2014 et a dû alors cesser ses activités de chroniqueur à Europe 1 et BFM TV et offrir ses services de conseil à la candidate socialiste à la mairie de Paris, Anne Hidalgo.